Regardez comme c’est beau du Longwy !

Regardez comme c’est beau du Longwy !

Longwy

Vous voyez comme c’est beau ? C’est quand même quelque chose le patrimoine artistique d’un pays, non ?

Mais voilà que ça ne se vend plus parce qu’il n’y a plus de listes de mariage, parce que les gens ne se marient plus !

Alors, le Blog de Paul Jorion va faire quelque chose de tout à fait inédit : nous allons racheter les émaux de Longwy pour que ces chefs-d’oeuvre ne disparaissent pas ! (40 salariés à la rue si nous sommes complètement nuls !)

Comment allons-nous faire ? Eh bien, discutons-en !

P. S. L’un d’entre vous attire mon attention sur le fait que ces faïences ont un prix quasiment inabordable. Je m’étais enthousiasmé à la vue simplement des objets, me disant que c’était peut-être cher, mais « cher » par rapport à ce que moi j’appelle « cher », disons 50€ à 100€ : un très beau cadeau pour une occasion rare. Mais quand je vois certains prix, liés surtout au fait qu’on ajoute de l’or et du platine, sans raison esthétique particulière, je m’inquiète. Quand je lis que seuls 10% de la production sont vendus à l’étranger alors que c’est manifestement le marché des très riches étrangers qui est visé je crois comprendre ce qui s’est passé : c’est comme pour tout le reste, on a vendu son âme pour devenir très riche, et ça n’a pas marché. Il faudrait d’abord retrouver son âme, mais à ça, les millionnaires et les milliardaires ne pourront pas aider : ils ont déjà vendu la leur il y a très longtemps, à moins que ce ne soient déjà leurs parents, ou leurs grands-parents !

Partager :

63 réflexions sur « Regardez comme c’est beau du Longwy ! »

  1. Qu’on laisse aux milliardaires le matérialisme, il n’est que monétisation du possible de ceux qui sont passés outre.

  2. Il y a une Ex Ministre de la Culture qui pourrait s’occuper de sa Région au lieu de tourner autour de Montebourg. D’autre part, comme La République reçoit des visiteurs, nombreux au lieu de toujours passer commande à Sèvres elle pourrait aussi leur donner du boulot. Alors Filippetti au lieu de Fronder au boulot. Le Député du coin c’est un PS : Jean-Marc Fournel… Il y a bien des mécènes de l’autre côté de la frontière avec tout le fric qu’ils ont détourné…

  3. Pour les céramiques, j’ai chez moi des oeuvres d’Alain Vagh (en face de Jussieu, une boutique, la base vers Salernes).
    Voir ici : http://www.alainvagh.fr/vava.htm
    Et le reste… un brin provoc’ des fois.
    Les prix étaient du genre 20 ou 30 euros pour un carreau de 14×14 cm à peu près, donc s’en payer un tableau de 9 était abordable, (on peut s’amuser à les permuter de temps en temps), une partie « figures imposées » dans leur catalogue, et qqs uns « figures libres », dessin envoyé par la poste (inspiration Giotto…) , et confiance pour le retour.

    Un des usages de beaux objets solides comme la céramique pourrait être de « marquer » des endroits que nous voulons « dignifier » ou réhabiliter. Je ne sais plus où j’avais lu, sans doute pour un hosto longue durée ou un truc comme le centre Marmottan (détox ?) que dans des beaux meubles (genre acajou) les gens faisaient bien moins de déprédation qu’avec du conforama, et qu’au total on s’y retrouvait. Evidemment, les mairies n’ont pas le sou pour mettre ce genre de clin d’oeil « beau-durable » pour rehausser leur intérieurs, dira-t-on aujourd’hui. Pourtant dans les faubourgs de Glasgow pas les plus riches, ou dans les Flandres, on trouve de beaux vitraux aux entrées de maison etc. avec ce même effet : la valeur ajouté conserve, force à l’entretien de façon « irrationnelle », et non sur la base du constat « c’est sale » ou « c’est dégradé »… Bref de la céramique médiatrice entre les gens, les temps les lieux. J’arrête les vapeurs de plomb après ce message, c’est juré.

    1. Ouah c’est très joli ce que fait Vava !
      Cela me fait penser: imaginez une société ou tant d’artisans et d’artistes de qualités et de talents ne seraient plus dans l’ombre …

  4. Et si il s’agissait de sacraliser les conceptions : l’idée de l’urne funéraire est sympa et en plus on pourrait imaginer 2 marchés cibles : Suisse et Belgique en se mettant en relation avec les établissement pratiquant l’euthanasie.( un brin cynique mais on ne se refait pas !)

  5. Quelques réflexions dans le désordre:

    il est impératif de commencer par répondre à la question « d’où vient le problème chez cette entreprise » (problème interne ou externe)? Mon expérience m’incite à penser que même sur les métiers les plus difficiles sur les marchés en décroissance, il y a moyen de trouver de la croissance en se réinventant. Mais ça demande beaucoup de talent et des sacrifices. Utile aussi de mettre entre parenthèses les idéologies….

    1- essayer d’écrire une analyse SWOT de cette société pour mettre en avant ses atouts et ses problèmes, ses perspectives…. Peut-être que son marché n’existe plus, en tout cas n’est plus assez grand/dynamique que pour justifier l’existence de très petits acteurs. Avoir le courage de se demander si l’offre proposée (je parle de la production) est encore en adéquation avec la demande (je trouve perso. qu’elle est très chargée).

    2- faire l’analyse du compte de résultats, du bilan et du tableau de cash. Pourquoi les problèmes de la société? Pas assez de chiffre d’affaires? Trop de coûts? Et même si les bénéfices sont là, quid du cash flow? Est-il suffisant que pour couvrir les investissements? Comment ont évolué ces investissements par rapport aux amortissements……? Bref, les questions classiques de l’analyse financière. Elles mettront en lumière les défits.

    3- quid de l’international? Si la croissance existe hors Europe, le repreneur a-t-il les moyens et les compétences d’y (re)développer cette petite société? Si oui, comment? Avec quels moyens financiers et humains?

    4- Au GD Luxembourg, pas loin de Longwy, la faïencerie Villeroy&Boch a fermé en 2010 son usine pour cause de marchés difficiles en Europe. Intéressant de voir comment la société s’est adaptée à ce marché, quelles sont ses pratiques commerciales, sa rentabilité…..

    5- Pour alimenter la future stratégie (pas de reprise sans stratégie), jeter un oeil à la stratégie dite de « l’Ocean Bleu » (il en existe bien d’autres).

  6. Evidemment, l’appel de l’ami Paul ne m’a pas laissé indifférent et « pourquoi pas? » me suis je dit…
    Premier regard sur le catalogue et, en restant gentil, il n’y a pas de quoi s’extasier: ça me fait penser à la production de bibelots de l’ex Allemagne de l’Est destinée aux cadeaux de départ à la retraite des apparatchiks si je veux faire le méchant!
    Regardons un peu ce qui se fait et a du succès aujourd’hui, par exemple SELETTI, marque italienne, made in China…manifestement l’échec est dû à un manque de créativité, de modernité, une absence de signature, de ligne, d’ensemble…
    Ensuite est-il bien raisonnable de continuer à fabriquer à l’ancienne des objets décoratifs alors que l’on ne sait plus caser le vaisselier de la grand mère dans les appartements modernes, et que de surcroît l’imprimante 3D et les logiciels qui vont bien sont l’avenir ?
    donc, s’il y a quelque chose à faire, c’est bien de faire table rase et d’innover : une gamme entièrement nouvelle avec la signature d’un nom de l’art contemporain, une fabrication révolutionnaire et décentralisée, une commercialisation via internet ?
    Là, ça pourrait marcher, mais une telle technologie est – elle déjà opérationnelle ?
    si c’est le cas c’est le produit qui créera le marché ( cf le walkman ) et c’est le désir qui fera le succès
    conclusion: il faut réunir un rêveur, le créatif, un comptable pour les sous, et un salaud ( pour les brevets….
    Bonne année à toutes et à tous!
    A vous les studios!

  7. Les émaux de Longwy, c’est la classe absolue de la faience, et c’est aussi d’excellents souvenirs : à l’époque où mon père finançait mes études en faisant de la brocante tous les week-ends, j’ai été happé par la beauté de ces pièces magnifiques, qui évoquent des vitraux. Il y a quelques années de cela, je suis repassé par Longwy, au retour des vacances, et j’ai été frappé par la grisaille de la ville où l’on produisait des objets aussi beaux et aussi colorés. Bien sûr, les prix de ces faiences est prohibitif, mais il doit être relativisé : d’abord, parce que c’est le genre de pièce qu’on ne va pas acheter en dizaine d’exemplaires, à moins d’être un très riche collectionneur. Ensuite, quand on connait la procédure de fabrication, le savoir faire et la main d’oeuvre nécessaire pour fabriquer une pièce, on se rend compte que ce n’est pas si cher que ça.

  8. Après les événements qui se sont déroulés hier, il n’est pas facile de reprendre le fil de la conversation, je vais néanmoins essayer de contribuer un peu au débat. Je suis artiste et je le suis parce que j’aime l’art. Je me souviens du jour ou je suis entré avec une forte émotion dans une œuvre d’art. C’était à Assise et quelques jours plus tard à Padoue. Dans ces deux cités Italienne il y a un bâtiment religieux qui contient l’œuvre de Giotto. J’ai pleuré devant la puissance magique de ce peintre, mais ce n’est pas le contenu qui me touchait, on peut être atteint en profondeur par une œuvre narrative sans que l’histoire au premier degré ne vous influence, car il y a un second et un troisième degré, un sens caché. Donc j’aime l’art et j’aime vivre dans une œuvre. Parfois j’achète, mais pour des sommes modeste et ensuite avec bonheur je contemple en voyageant dans le tableau.
    L’art est acheté par des amateurs éclairés qui comme moi aime voyager en regardant les œuvres qu’ils possèdent. Certains collectionneurs ont les murs de leurs maisons couverts de dessins et peintures, sur le sol des sculptures et sur les meubles des objets. Ils vivent dans l’art et l’art est dans leur vie. Tout l’argent qu’ils gagnent est investi dans l’amour qu’ils vouent à l’art. ils ont un budget, et lorsqu’une œuvre leur plaît, s’ils le peuvent, ils l’achètent. Celle-ci peut coûter de 100 à 10000 ou 15000 €, au delà on entre dans une autre catégorie, celle des investisseurs. Eux ils veulent faire de l’argent, ils achètent principalement pour le profit qu’ils espèrent en faire plus tard. Voyez « Jeff Koons », ce pur produit de l’investisseur gagneur à milliard. Mais tout ceci concerne ce que l’on appel l’Art.
    Pour le sujet qui nous intéresse ici, nous sommes en présence d’un artisanat hautement qualifié dont il faut préserver le savoir faire. Rare sont les collectionneurs qui achèteront ces travaux. Il leur manque un designer de renom ou de goût. En conséquence leur coût est trop élevé car il n’est pas en adéquation avec la qualité créative. Il y a un grand savoir faire mais une faible qualité artistique. Il faudrait demander a « Pierre Alechinsky » par exemple ou quelqu’un de cette renommée, malheureusement il est probable que lui ou un autre ne soit pas intéressé. Il reste la solution de revenir a quelque chose de plus classique, une ligne ancienne à ressusciter ou une ligne nouvelle mais dans un style plus traditionnel, car les objets que j’ai pu voir sur internet sont trop pour faire « moderne », et du évidemment ça le fait pas, c’est très banal. Néanmoins le prix demeure un obstacle, s’il n’y a pas une « griffe », et il n’est plus guère à la mode de présenter un tel objet dans un magnifique vaisselier de chez « Trotel ».

Les commentaires sont fermés.