Les bonnes lectures de Yanis Varoufakis

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Yanis Varoufakis, le récent ministre grec des Finances, a l’art consommé jusqu’ici de prendre tous ses interlocuteurs (lire : « adversaires ») à contre-pied. Il est tout particulièrement jubilatoire de le voir qualifier de « pure et simple grossièreté » le style d’entretien de la bonne dame de la BBC qui l’interroge, sachant que celle-ci se félicite probablement tous les soirs avant de s’endormir de la qualité admirablement « incisive » de son talent, alors qu’il ne s’agit effectivement de rien d’autre que de grossièreté de sa part.

Est-ce la familiarité de Varoufakis avec la théorie des jeux qui explique – se demande-t-on – sa technique du contre-pied ?

J’ai une autre hypothèse : sa lecture de L’art de la guerre (VIème siècle av. J-C) de Sun-Tzu :

Quand ton ennemi croit que tu es dans la montagne, sois dans la plaine. Quand ton ennemi croit que tu es dans la plaine, sois dans la montagne.

Vas-y Yanis ! n’oublie pas non plus que

Le ridicule de ton ennemi est le premier pas dans sa défaite.

(Bon d’accord, ça c’est de moi !)

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30 réflexions sur « Les bonnes lectures de Yanis Varoufakis »

  1. Yanis Varoufakis est probablement le seul à pouvoir tenir tête à tous et à toutes. J’ai une grande admiration pour ce Nouveau ministre, et puis lui est professeur d’économie, cette fois personne ne pourra le contrer sur le sujet.
    Si Paul Jorion et Yanis Varoufakis se croisent et s’apprécient, tout n’est peut-être pas perdu.

  2. Bonjour Paul,

    Varoufakis est vraiment un héros, comme le dit Schneidermann. (« Enfin un héros! » )

    Je n’ai pas lu L’art de la guerre de Sun-Tzu et je ne connais pas la théorie des jeux.
    Cependant, l’art négociatoire de Varoufakis me fait penser aux pratiques de Milton H. Erickson, auxquelles j’ai été modestement et profitablement initié dans ma vie d’enseignant (fin de mon billet http://condrozbelge.com/?p=1807.)

    Il y a peu de bonnes présentations écrites faisant la synthèse de la méthode éricksonienne, qui est largement un art et une pratique. Paul Watzlawick, qui s’en rapproche et dont j’ai lu cinq livres dans le passé, est à mon sens lourdaud et peu utile.
    Il y a un bon livre sur le sujet, cité dans mon billet plus haut: Guide du voyageur perdu dans le dédale des relations humaines, de Jacques-Antoine Malarewicz (ESF, 1992)

    Les trois aspects suivants des prestations de Varoufakis font écho aux techniques éricksoniennes:

    – l’effet de contrepied que vous avez relevé correspond à la parole paradoxale et « basique ». Basique, c’est le côté « le roi est nu », et paradoxale, c’est ce qui correspond à, et n’est efficace qu’à condition de s’adosser à:

    – un récit autre que celui de l’interlocuteur, prenant l’ensemble de la situation en compte, construit très rapidement et présent dès les premières interactions. On est ainsi ailleurs que nous suppose l’autre partie, et ce, en permanence! Ce récit global n’est pas livré comme tel, mais discernable progressivement, voire jamais complètement, au cours de la relation. D’où de fructueux effets de surprise. L’imprédictibilité est une valeur et une quasi-règle de conduite. Évidemment, l’issue heureuse et le but de nos efforts sont que l’interlocuteur adopte une bonne partie de notre position. La métaphore guerrière ne semble donc pas ici la plus adéquate. Mais l’attitude est déterminée et la manipulation est une partie assumée de l’action. En effet:

    – un autre élément éricksonien majeur extrêmement efficace est la position basse, qui permet de manipuler l’interlocuteur qui s’est mis, ou que l’on place, en position de maîtrise. Je ne vois pas très bien si Varoufakis utilise la position basse, sinon qu’elle est présente dans le titre même de ses recommandations, « Modestes propositions » , que vous connaissez sans doute et pour lesquelles des liens ont été donnés par un lecteur sur votre blog (Pierre Lang.) Dans la mesure où Yanis Varoufakis peut être considéré comme modeste malgré l’énormité de son défi (qui nous réjouit et se trouve être, à bien des égards, une espèce de minimum), il serait en ce sens aussi éricksonien.

    Bien à vous !

  3. Amsterdam, le 4 février 2015

    Cette journaliste, est une ‘dame’ avec une préoccupation préoccupante… Emily Maitlis, née au Canada, éduquée à Cambridge, est une fanatique.
    (http://en.wikipedia.org/wiki/Emily_Maitlis)

    Cela n’a rien avoir avec une théorie de conspiration, mais à mon avis bien sûr avec l’emploi d’une stratégie de pouvoir.

    L’élite a envoyé un de ses missils les plus agressifs avec un but très précis: détruire la voix de l’alternative

    A lire:

    http://www.standard.co.uk/lifestyle/esmagazine/emily-maitlis-diary-6414739.html

    Bien à vous,

    JL

    1. Très éclairant cet article…

      Syriza a été élu pour remettre un peu de justice sociale, pas sur un programme d’émancipation. Mais pour entrainer la population, il faut pouvoir lui présenter un projet, une perspective. Et en ce domaine, il y a un vrai déficit de réflexion et d’élaboration.

      Inutile de dévoiler tout son jeu dès maintenant, et il n’est donc pas certain qu’il s’agisse d’un déficit de réflexion pour l’avenir. Ils doivent bien avoir quelques idées…

  4. Quand ton ennemi croit que tu es dans la montagne, sois dans la plaine. Quand ton ennemi croit que tu es dans la plaine, sois dans la montagne.

    Il y a aussi…

    Pour gagner à un jeu, il faut jouer avec ses propre règles…

    Quand j’étais petit, mon frère gagnait à tous les coups, car chaque fois que je menais, il imposait une modification des règles… Il m’a beaucoup appris !

    Concernant Paul Watzlawick, c’est vrai il est un peu difficile à suivre. Cependant les thérories de la communication, de l’utilisation de la confusion et du changement de cadre de référence (par ex: boulverser les codes) sont redoutables et on les voit à l’oeuvre (école de Palo Alto et Erickson, c’est choux vert et vert choux).

    1. A mon avis , à chaque fois qu’un interlocuteur politique , par nature incompétent ou/et biaisé par ses « conseillers » en économie , lui parle en langue « T.I.N.A. » , il lui répond en langue « T.A.T.A. » .
      Il est donc toujours en position de force au deuxième coup…..

      1. La  » langue T.i.N.A  » , j’aime
        cette expression.
        Par contre la  » langue T.A.T.A.  »
        je ne vois pas du tout…
        Pouvez-vous m’éclairer ?

        Merci.

    2. Même s’il y a sans doute moyen d’aller plus loin que les « modestes propositions »,il conviendra
      de toujours les appeler « modestes propositions ».A défaut les ignorants parmi les « élites »
      tremblant devant l’inconnu continueraient de bêtement freiner des quatre fers,comme
      d’habitude….Sans tarder,un peu de sérénité et d’ouverture d’esprit.Dans la mesure où les
      « gaulois » sont dans la plaine-ou la montagne,selon,les choses devraient évoluer dans le
      bon sens et sans faire de vagues inutiles…..

  5. Dès la première semaine au gouvernement Tsipras et lui adoptent des positions maximalistes et tous azimuts à la fois pour déstabiliser l’adversaire et pour se donner des marges de manoeuvre. Pour évoluer sur un terrain beaucoup plus grand, et donc avec de possibles appuis insoupçonnés, de manière à contourner les obstacles dressés par le camp adverse. J’insiste sur Tsipras, car sans lui et Syriza, nous n’aurions jamais connu ce Vafourakis, Cet ovni de la politique européenne. Il y a une expression en chinois qui dit : « viser le haut, obtenir le milieu ». D’autre part, ils sont très mobiles sur le terrain, lancent des fusées éclairantes sur des portions de terrain qu’ils ne pratiqueront pas, en mettent plein la vue au public, ce qui donne un écho retentissant à leurs manoeuvres qui ne laisse pas de surprendre et sans doute d’effrayer leurs adversaires. Mais toujours bien déterminés quand au but final des opérations. On pourrait dire aussi, frapper fort, faire un boucan du diable, pour montrer qu’on est bien là, et retenez-nous, sinon on fait un malheur, il n’y aura pas de quartier !

    Bref, première semaine ils renversent la table des négociations, les règles du jeu ce sont eux qui les imposent Le fameux cadre éclate, et, apothéose, à Athène lors d’une conférence de presse fameuse la Troïka est flinguée. Le représentant de la commission a la mine défaite. Il n’aura fallu qu’une semaine, seulement avec des mots, pour renverser le courant. Car un rapport de force, à la base, ce sont des mots. Ce sont les mots qui donnent ses contours à la réalité, avec leurs charges d’affect. D’autres mots prononcés, ou plutôt des mots jamais prononcés dans un certain contexte, ont un pouvoir. La Troïka n’était qu’un château de sable. Encore fallait-il le dire. Et le faire.

    Varoufakis n’a jamais semblé être à la peine. Il a mesuré au plus près l’état des rapports de forces, et a agi en conséquence, en mettant toutes ses forces sur les points de faiblesse de l’équilibre instable de la Troïka néo-libérale pour le faire basculer dans le sens idoine, pourvu qu’on prononçât les bonnes formules (avec en arrière plan bien sûr une analyse sérieuse de la situation, le rapport de force qui se modifie outre atlantique, etc ..) , avec le ton qui convient. Ensuite il n’y avait plus qu’à se laisser porter par la dynamique, irrésistible.

    Un type qui se déclare marxiste libertaire, qui voyage en classe économique, ne porte pas de cravate devant les puissants de ce monde, ne peut être tout à fait mauvais ni tout à fait incompétent ! 😉 Varoufakis c’est vraiment the right man at the good place.

    1. J’ai adoré quand il a cité son article « Europe needs An hegemonic Germany» dans le Handelsblatt en 2013. Du Soros pur jus (c’était le débat sur les Eurobonds à l’époque)…
      Sinon j’ai trouvé l’interview excellente. La blonde n’a pas eu les déclarations choc du « non very serious man » qu’elle voulait mais on a eu celles du « very serious man » qu’on attendait. Good job.

    2. Je suis un peu(?) refroidi par l’analyse suivante piquée chez QUATREMR d’un contributeur(Maragojipe) généralement bien au fait des arcanes européennes :

      … » « Si on résume la tactique préconisée par Varoufakis vis à vis des autre États membres dans le cadre de l’Union européenne, elle consiste à « utiliser ou menacer d’utiliser son droit de veto » au Conseil « sur toutes les décisions » jusqu’à ce que les autres changent de politique.

      Le problème est que les décisions soumises à veto (à l’unanimité) ne sont plus qu’au nombre de quatre (impôts et ressources du budget, social, diplomatie et action militaire commune). Un veto grec ne changerait rien puisqu’aucune, ou quasiment aucune décision n’est prise dans ces domaines, précisément parce qu’il y a toujours deux ou trois vetos.

      Il cite le veto britannique qui aurait protégé la City d’une règlementation financière. Les trente six lois de ré-règlementation de la finance votées depuis 2009 l’ont été à la double majorité du Parlement et du Conseil : Pas de veto. En outre, le gouvernement britannique, tout en poussant en public des cris d’amour pour la City, a souvent soutenu des positions plus fortes que celles des autres gouvernements. Souvenez vous de la question de la scission entre banque de dépôt et banque d’affaire…

      Quelle législation européenne pourrait être bloquée par un gouvernement Syriza ? Le détachement de travailleurs ? L’assiette commune de l’impôt sur les sociétés ? La lutte contre les franchises fiscales ? Par Syriza ? Vraiment ?
      Restent les sanctions contre les copains de Poutine. On lui ferait cadeau de 50 ou 100 milliards pour ça ?

      Un professeur d’économie au Texas qui devrait mettre à jour ses connaissances du fonctionnement de l’UE post-Lisbonne avant de négocier.

      Bref : Back to square one. Haircut on the debt and internal reform in Greece… » « …

      1. Otromeros, merci de nous livrer votre revue de presse de chez Quatremer.

        Il y a pour moi une franche erreur de perspective dans ce commentaire – je souligne:
        Si on résume la tactique préconisée par Varoufakis vis à vis des autre États membres dans le cadre de l’Union européenne, elle consiste à « utiliser ou menacer d’utiliser son droit de veto » au Conseil « sur toutes les décisions » jusqu’à ce que les autres changent de politique.

        Ce « jusqu’à » dans sa crispation n’est pas du tout selon moi le mode d’intervention de Varoufakis et Cie, qui se caractérise au contraire par la souplesse. Il appartient à la lecture du lecteur.

  6. Bonjour,

    Je ne connais pas non plus la théorie des jeux. YV c’est la théorie des jeux à somme nulle.

    Or à la base il se fait que l’économie est un jeu à somme nulle. Il y a toujours une contrepartie. Ce qui est produit (P) est consommé (C), Débit = crédit, etc.

    MAIS on a voulu en faire un jeu à somme non nulle en utilisant le crédit comme effet de levier, c’est à dire incorporer le futur (F) dans le présent.

    Du coup, pour une année donnée, P = C est remplacé par P = C + F – D (si D sont les dettes)

    Le jeu ne redevient à somme nulle que le jour où toutes les dettes sont remboursées.

    Si l’on a joué longtemps au jeu de la dette (une croissance artificielle du PIB obtenue en lui incorporant du PIB venu du futur), avec une croissance du crédit et de la dette, on ne sait plus faire marche arrière sans provoquer une récession/déflation.

    Si l’économie ne sait pas croître indéfiniment dans un espace-planétaire fini (ressources limités), la dette ne sait pas croître non plus dans l’espace-temps fini (du temps ou d’une vie), sauf si l’on accepte l’idée que toutes les dettes ne doivent pas être remboursées ou que leur durée de remboursement devient infinie.

    Je pense que l’on peut démontrer qu’à partir du moment où la dette ne sait plus être remboursée (en France la dette totale public + privée est de 200% = deux années de travail pendant lesquelles il faut manger pour survivre), en créer davantage par des astuces financières revient au même que créer de la monnaie ex nihilo, puisqu’il arrive un moment où la contrepartie de la dette (son remboursement) disparaît dans l’infini du futur. Paul Jorion peut-être réagir à cette remarque ?

    Bonne journée !

    1. Votre commentaire appelle, à ce que je connais, une rectification.

      À mon sens, la « théorie des jeux » peut servir, pour des stratèges, à comprendre et envisager le résultat de la combinaison des choix qui s’offrent aux acteurs en concurrence, en opposition ou en coopération dans une situation MICROéconomique simple. Et cela à condition que ces acteurs partagent bien la même définition de la situation et un paradigme (=cadre d’axiomes et de pré-pensée) donné.
      Ce que s’efforce de mener le gouvernement grec, par des actions d’apparence imprévue et paradoxale, c’est un changement de cadre systémique (et de paradigme) qui rendrait caduc les précédentes supputations de stratèges armés de la théorie des jeux.
      Dans un cadre MACROéconomique où vous vous situez, la théorie des jeux ne sert à rien et risque de trop simplifier. Par exemple, votre équation suppose que la dette est exprimée en une monnaie à valeur constante, néglige le gaspillage, la surproduction et suppose des prix fixes (des « justes prix » ?) invariables dans le temps, dans une monnaie qui est elle-même, fixe.

      Il a été souvent déploré dans ce blog, que nous ne disposions pas des outils intellectuels pour comprendre l’ « économie ».
      Pour ma part, cela tient je pense :
      à la complexité née de l’explosion démographique (on ne comprend pas le fonctionnement économique d’un système mégalopole avec les outils de compréhension d’un système-village)
      à la multiplicité infinie des facteurs qui peuvent peser et du génie humain à en créer régulièrement de toute pièce des nouveaux (les modes sont un exemple, qui viennent même bousculer la hiérarchie des besoins),
      à la relativité générale de la « valeur », y compris celle des unités de compte-monnaies.

      Bref, on attend un nouvel « Einstein-économiste« , et je serais très étonné qu’il s’inspire de la théorie des jeux !

      1. On ne comprends pas tout loin delà, mais en s’appuyant sur certaines bases aisément démontrables, on peut déjà comprendre les phénomènes de fond.

        Par exemple le fait que le gonflement perpétuel de la dette est un moyen pour les plus riches d’accumuler toujours plus de ressources physiques.
        La seule émission monétaire permanente, pour rembourser les dettes précédentes, assure le flux mortifère. (la masse monétaire ne cesse de gonfler)

        L’argent créé finit fatalement dans les poches des plus riches qui l’utilisent pour acheter, et accumuler ainsi, des ressources physiques, qui sont LA richesse réelle.

        Ce n’est pas un hasard si « on » a choisit de financer les états toujours plus par ce moyen, et toujours moins par l’impôt, il y a plus de 40 ans, déjà.
        C’est surtout ça qu’il faut retenir du mécanisme de la dette.

  7. Ou comment peut se passer une interview avec un journaliste intelligent. Beaucoup plus court mais tellement plus clair et structuré. Note: c’était quelques jours avant la tempête des élections:
    https://www.youtube.com/watch?v=FJP1Ysx47fo

    En quelques lignes:

    Comment seront les 100 premiers jours de gouvernement Syriza?

    3 axes

    1.S’attaquer à la crise humanitaire. Ce sont des mesures élémentaires mais qui coûtent peu et ont une importance symbolique, sociale et morale.

    2.Réformer vraiment et concrètement le pays en s’attaquant à son triangle des péchés: corruption par endogamie du secteur privé/public – prépondérance des banquiers faillis – medias en faillite chronique sur le plan comptable et financés pour être la courroie de transmission de l’oligarchie.

    Objection: quid de la liberté de presse. Justement, la presse aujourd’hui n’est pas libre mais instrumentalisée et orientée.

    Concrètement comment agir par rapport à l’oligarchie: détruire la base qu’ils on tissée au fil des années et sur laquelle ils ont assis leur main-mise sur ce pays. Règler le problème de l’immunité fiscale (il accentue l’usage d’immunité p.r. évasion)

    3.renégocier le cadre de la dette grecque

    A 3m il assène TINA!
    Pas d’alternative dans la lutte contre les forces qui vident le concept de démocratie de sa substance.

    Attitude par rapport au pouvoir:
    Toute personne abordant l’accession au pouvoir sur base de l’ambition plutôt que la réticence devrait être d’office disqualifiée. Le pouvoir est une charge que l’on assume comme un service public.

    Que diriez-vous à vos partenaires européens?
    Le moment de parler vrai est venu, parler du déni de ces dernières années et du caractère non soutenable de la situation

    Quelles sont les chances que la Grèce soit exclue de l’euro:
    Zéro (lit)

    Quelles perspectives pour la zone Euro si rien ne change?
    Foutue en quelques années. Impossible d’envisager sa survie si elle ne se dote pas d’outils flexibles lui permettant d’amortir les chocs et d’un mécanisme de recyclage des surplus.

    Pourquoi?
    Il est illusoire de prétendre voir durer une zone monétaire qui espère sortir d’une crise économique majeure en prêtant toujours plus aux pays en déficit tout en leur imposant de réduire leurs revenus.

  8. Bonjour à toutes et à tous,

    Serait-il possible de traduire l’interview de M. Yanis Varoufakis, ministre grec des Finances par cette journaliste anglaise, Emily Maitlis ?

    Je comprends bien qu’il y a ici un  » cas d’école  » et je désespère d’en comprendre toutes les subtilités.

    Merci pour celles & ceux qui pourront traduire cet interview .

    Cela me semble très important de traduire les paroles qui s’échangent … qui s’échangent comme des balles verbales si j’ai bien compris. Et j’ai bien compris que c’était Emily Maitlis qui tenait la Kalachnikov de la Nov-langue mais que M.Varoufakis portait un gilet pare-balles et qu’il pratiquait les arts martiaux hérités de l’ère de Sun-Tzu avec brio et professionnalisme. Sans intention nullement de tuer son adversaire mais de lui botter l’esprit.

    Je ne néglige pas la peine et les efforts en ce qui concerne la traduction française qu’accompliront les personnes anglophones pour la décence commune.

    Qu’ils en soient ici vivement remerciés.

    1. En attendant qu’une âme bienveillante avec du temps devant elle traduise proprement, vous pouvez toujours essayer sur youtube en activant les sous-titres automatiques (en cliquant sur « cc » et en choisissant le français). C’est (très) loin d’être parfait, mais c’est mieux que rien.

  9. Cet interview est une vraie pause dans l’indignation…
    Un responsable, élu, par un pays, en charge de représenter les intérêts de, justement, ceux qui l’ont élu, face à une harpie du système…
    Et le bougre ne cherche pas à convaincre l’inconvaincable, mais donne les signes de connivence et lance des références bien au delà des possibilités des journalistes (« Monty Pythons » anyone…), garde son aplomb, néglige les bassitudes et parle à la majorité…
    Enfin, qu’ils réussissent à faire bouger les lignes, mettent la pâtée aux oligarchies, fassent de la politique,… vraiment nous avons besoin de leur réussite…
    Parce que sinon…
    Dernière chance…

  10. J’adore le billet de PJ et Y Varoufakis mérite en effet l’admiration, non inconditionnelle cela va de soi, mais d’autant plus fervente. Vive les économistes de ce calibre! Art de la guerre ou théorie des jeux, peu importe. Merci à son compère Tsipras et leurs camarades du vent frais qu’ils font souffler sur l’UE et j’adhère à 200% à la paraphrase de W.C. Fields « Un type qui se déclare marxiste libertaire, qui voyage en classe économique, ne porte pas de cravate devant les puissants de ce monde, ne peut être tout à fait mauvais ni tout à fait incompétent ! 😉 Varoufakis c’est vraiment the right man at the good place. »

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