Peut-on parler encore de victoire ?, par Michel Leis

Billet invité.

La victoire du PS aux législatives du Doubs n’est pas forcément une très bonne nouvelle. Ce qui fut vraiment une élection test va conforter les partis dans une stratégie simpliste pour 2017 : être le candidat qui sera au deuxième tour opposé à Marine Le Pen. Au-delà de quelques considérations spécifiques à cette élection partielle, comme le manque d’implantation locale de la candidate FN, les réticences d’un certain nombre d’électeurs à voter pour le candidat FN au second tour apparaissent comme du pain béni pour les différents partis politiques.

Il est à craindre que les coups volent bas lors de l’élection de 2017, avec pour principale ambition de tacler le candidat PS ou UMP, suivant la rive sur laquelle on se situe (encore que sur le plan des idées, les deux rives sont plutôt celles d’un ruisseau que d’un fleuve ou d’une rivière). Les atermoiements tactiques de l’UMP avant ces élections en disent long sur ce qui se prépare.

En 2017, on peut déjà anticiper qu’il n’y aura donc pas de programme pour les partis de pouvoir, pas de débat d’idée, juste quelques discours attrape-tout et populistes, qui ne risquent pas d’attirer des électeurs largement lassés du TINA (there is no alternative – il n’y a pas d’alternative). Le risque reste grand de voir Marine Le Pen remporter ces élections. Deux ans c’est long, et la capacité de Marine Le Pen à se positionner face aux crises européennes à venir peut lui permettre d’engranger des points.

Au final cette absence prévisible de débats de fond en 2017 me paraît totalement insupportable. Comment faire revenir une confrontation des programmes sur le devant de la scène ?

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123 réflexions sur « Peut-on parler encore de victoire ?, par Michel Leis »

  1. @ AntoineY.

    Je n’ai rien contre  » plus de proportionnelle, de démocratie participative voire même dans certains cas de tirage au sort ». Sauf ou à condition si vous préférez, d’être plus claire alors pour les « certains cas de tirage au sort » (et pourquoi pas d’autres cas…?), de la définition du pouvoir de la démocratie participative dans la prise de décision réelle et d’application administrative, etc, en dernier ressort, tout comme de la notion d’une dose de promotionnelle, quant à être sur que tout cela respect la représentativité réelle de toutes les couches sociales « sociétales » de la société et leurs aspirations, se confrontant souvent… Sauf à être sur aussi et alors que pour les cas de tirages au sort les gens tirés au sort reçoivent une formation digne de ce nom (pluralisme des idées, des sciences des méthodes des pédagogies, etc) afin d’être pleinement autonome dans leur pouvoir de décision, de contrôle, etc pour ne pas être influencé par les même tenants-es… Qu’ils ne servent pas de roues de secours, de voix d’appoints, aux partis en place, et/ou a neutraliser des avancés sociales environnementales, pour tous-tes (comme la fin de la domination de la finance, de la monnaie privée, de la spéculations sur les dérivés, etc)… comme cela pourrait aussi être le cas de la dose de proportionnelle, dans le système constitutionnel actuel.

  2. Pour ceux qui savent que Le Pen a passé une partie de sa vie à vendre des disques de chants nazis , dictature qui envoyait des millions de travailleurs français au STO.
    Pour ceux qui pressentent que le chômage début 2017 sera plus élevé qu’à la mi 2012 et que donc Hollande ne pourra pas se représenter.
    Pour ceux qui pensent qu’on ne peut pas raconter n’importe quoi en politique, du style  » En France il y a l’apartheid… », même si des sondages bidon et basés fortement sur l’électorat de droite accordent une bonne cote de popularité.
    Pour ceux qui pensent que ni Juppé, ni encore moins Sarkozy ou un autre ponte de l’UMP ou des « centristes » ne peuvent redresser la situation.
    Pour ceux qui ont du mal à attendre que le Front de Gauche fasse 50,1% des voix, surtout qu’il est passé récemment de 11 à 6% des voix.
    Pour ceux qui n’attendent pas une troisième guerre mondiale pour résoudre les problèmes…
    Il y a une solution qui reste, compte tenu qu’existe la proportionnelle à l’intérieur du PS, c’est de renforcer l’aile gauche du PS. Depuis 83, c’est toujours les courants droitiers qui ont été majoritaires: ça peut évoluer.

  3. Qui a une idée sur les grands traits d’un programme susceptible de rassembler plus de la moitié des Français ?

    1. et en écho
      qui a une idée pour qu’un tel programme soit sur toutes les chaines de TV dans toutes les radios, à la une de tous les journaux . . . en boucle . . . en boucle . . . en boucle

      1. RV, vous voulez en sortir avec du marketting ?

        Ca va être coton, parce que le « bon » programme….il est pas très  » fun « …

      2. Je constate simplement le matraquage d’un discours dominant et les effets indéniables de ce matraquage, les effets indésirables de ce matraquage. Alors, oui, il ne faut pas sous estimer le « faire savoir ». Il ne suffit pas de penser (avoir raison, ou des solutions) il faut pouvoir confronter, se confronter.
        Le système médiatique empêche le débat, confisque le débat.
        Ca va être coton, oui, mais par manque d’accès à l’expression.

    2. Egalité, média citoyen, citoyenneté encouragée, laïcité, ouverture sur les savoirs, reprise en main de l’économie au niveau national, enrichir la nation et augmenter les salaires, ponctionner les bouygues et autre bolloré, arrêt progressif du nucléaire, euh 12h/semaine de travaux obligatoires pour les chômeurs (assainir les terres…) etc.

      Ah! mais pour se faire élire !! Ah non alors une distribution d’iphones pour les militants, un peu de charisme, quelques vraies promesses faites aux riches pour qu’ils le rendent bien, des fausses aux pauvres parce qu’on s’en fou (sont un peu bêtes) et une capacité folle à être inconsistant (sans détermination sincère), tout ça devrait suffire. J’en oublie sûrement mais … un programme… et puis quoi encore.

      1. Pour la dernière partie du commentaire : 🙂

        Mais pour reprendre en main notre propre gestion économique, il faudrait avoir un dirigeant qui n’a pas peur, comme Tsipras par exemple. Et ça, ça court pas les rues … de l’Ena !

      2. Edith, ne me dites pas que vous attendez un sauveur ! :
        Ces gens là (les sauveurs) ne font que suivre le mouvement,
        Le mouvement c’est nous…ça fait pas bezef…
        Et personne ne remue beaucoup…Bref même si il est bien tard,
        Il est encore trop tot….

    3. J’en ai un edith, un beau et en bronze, façon buste Louis XIV, avec ‘Grandeur de la France’ inscrit en dessous :
      – supprimer l’impôt sur le revenu
      – améliorer les services publics en virant une bonne partie des fonctionnaires
      – la sécu gratuite
      – mettre tous ces fainéants de chomeurs au taf, c’est pas ça qui manque (les chomeurs, pas le taf)
      – que l’état nous lâche la grappe ! (moins de taxes !)
      – canal +/beIn Sports nationalisé (pour voir les matchs de foot gratuits et sans décodeurs)
      etc …
      On peut remplacer aussi ‘français’ par ‘allemands, ‘slovaques, ‘portugais’, … ça marche aussi.

      1. Ah, quel bonheur !

        Mais vous avez oublié d’ouvrir le programme sur la première page : effacement DES dettes.

        Moyen en quoi, tout le reste coule de source. 🙂

    4. L’on pourrait reprendre le slogan du M.O.U. de pierre Dac: pour tout ce qui est contre et contre tout ce qui est pour ^_^

    5. Qui a une idée sur les grands traits d’un programme susceptible de rassembler plus de la moitié des Français ?

      Plafonner les retraites à 350euros/mois, supprimer la Sécurité sociale, et taper dans les comptes bancaires.

      1. Le travail aussi était un droit…

        Le pire est que, tout comme on l’a démontré avec le chômage massif, si les choses évoluent avec suffisamment de douceur, on pourrait bien accepter tout ça.
        D’ailleurs, ça avance. Le chômage a commencé il y a plus de 40 ans, les réductions d’assurance maladie depuis 20 ans, les retraites diminuent depuis 10 ans, …

    6. Laissons nous oser le réveil du vote de 50 % de la population par le paiement conséquent de la carte électorale, carte qui deviendrait aussi obligatoire pour toutes les autres « formalités » sociales, et par des amendes pour les non votants, le vote blanc étant comptabilisé. Les ressources iraient proportionnellement au financement des partis, cet intéressement des partis à leurs électeurs serait peut être un levier de modification de leur comportement.
      Car s’il y a abstentionnisme des électeurs, c’est d’abord et avant tout parce que les partis ne s’intéressent plus du tout à leurs électeurs, leur financement n’étant plus un souci, les politiciens sont devenus tout simplement des fonctionnaires sans aucun risque , les cumuls venant amortir les aléas. La longévité est d’ailleurs exemplaire et le renouvellement commence à devenir quasiment héréditaire. L’élection n’est plus démocratique car elle a été complètement dévaluée par les subventionnements publics et privés. Avez-vous déjà rencontré des politiques qui cherchent à vous convaincre, à vous recruter, à vous proposer des cartes de leur parti ? ce qui devrait être leur travail permanent. Des financements par conférences ici ou là par exemple sont plus juteux pour les micros partis qu’un travail d’approche et de pédagogie de l’électorat.D’ailleurs qui pourrait nous proposer un comparatif édifiant après une collecte des conditions d’adhésion et de soutien ? Chez certains c’est décourageant contre toute attente ( les verts notamment, pour ne l’avoir pas oublié).
      Les conférences autrefois avaient lieu sous les préaux des écoles, oui mais à la République et à la Démocratie tous, élus et électeurs, y croyaient.
      .
      .

  4. II serait intéressant d avoir un état de la sociologie des votes et des abstentions.
    En attendant, vu la situation économique et l état d’esprit des dirigeants de l’europe, la pente actuelle va se poursuivre durant les 2 prochaines années. Le bilan en 2017 va être catastrophique au niveau social.
    Le FN risque bien d être majoritaire et élu par 25% des citoyens. Surtout qu’ Hollande risque de se représenter pour poursuivre son oeuvre, et que Sarkozy ne pense déjà plus qu à ça.
    Sauf si, peut être, les 50% se bougent ?
    Sauf si les US font pression sur les dirigeants européens ?

      1. Raah non, s’il vous plaît, pas uniquement, on le fait depuis trop longtemps ça !
        Parler aux gens encore et encore, revoir les bases, les interroger, ça peut servir aussi.

  5. Je vois presque partout en Europe la gauche modérée en retrait – et notamment les partis social-démocrates. Le SPD allemand est devenu une mauvaise copie des conservateurs (CDU), le PS francais se bat avec ses incohérences et divisions………… En Hongrie, en Grèce…..les socialistes ont fini aux ténébres.
    Le FN en France est le résultat logique de la fameuse « fracture sociale », qui est un processus dynamique, que l’on observe d’ailleurs dans tous les anciens pays industriels. Les gens veulent enfin des perspectives, une sorte de délivrance qui les libère du désespoir. Rien n’est pire que de pas voir le bout du tunnel La classe politique dans son ensemble s’est contentée jusqu’à présent de faire des discours, de raconter aux gens qu’il fera mieux demain, que les mesurettes feront leur effet. Je crains que les mesures projettées par le gouvernement actuel ne seront pas efficaces, et qu’elles viennent bien tard. Exemple: Ce n’est que maintenant que le ministre francais du travail se préoccupe des chômeurs de longue durée. Pourquoi seulement maintenant?

    1. Ce n’est que maintenant que le ministre francais du travail se préoccupe des chômeurs de longue durée. Pourquoi seulement maintenant?

      Vous êtes sans doute jeune car c’est la 4èm fois qu’il s’en préoccupe. Tous les 10 ans en fait, et toujours avec des « formations ».

    1. Merci pseudo cyclique d’avoir remis en ligne cette magnifique interview. Boris Cyrulnik y évoque le livre de Victor Klemperer : LTI, la langue du IIIe Reich (édité en Pocket) : oui ce livre est extraordinaire ! Il faut absolument le lire.

    2. Pour ne pas tomber dans le fanatisme, il dit qu’il faut éduquer les jeunes des banlieues défavorisées, avec du théâtre, etc.
      Je ne suis pas certain que ça suffise à pallier les dégâts psychologiques produits par la misère économique chronique, infligée par le capitalisme des rentiers. (on en revient toujours là, de même pour expliquer le nazisme)

      1. Mais ça contribue à ‘pallier’ ces dégâts, les exprimer, y réfléchir etc. De toutes manières ils s’exprimeront.

      2. Mais ça contribue à ‘pallier’ ces dégâts,

        D’un autre côté, il faut atteindre un certain niveau de catastrophes pour que la prise de conscience nécessaire au renversement du système actuel se fasse. Or les palliatifs ne font que retarder cette échéance ou pire, faire que jamais elle ne se produise car on finit par s’habituer à tout, comme aux États unis…

      3. Détrompez-vous ! Pour une prise de conscience, comme moyen d’exister, comme partage et soulagement, l’art rend service à ‘la cité’, même et surtout dans la notre !
        Il ne faudrait pas réduire ce que cite M. Cyrulnik (théâtre etc) à un simple palliatif, ou à un ‘égarement’ … (vieux débat?)

  6. Si l’on oublie le Doubs , est ce que l’alternative n’est pas en train de remodeler son décor , en faisant que « quelque part » , « on  » a décidé de se donner les moyens de donner une chance d’avancer au scenario B ?

    1. Scénario B, Juan ? Pas du B selon Jean Maxence Granier j’imagine… Ben tu vois, dans l’Jura comme dans ton « quelque part », y’a du Sapin, bleu ou rose, et ça y sent, au Sapin.

      1. C’est pourtant bien au B de Granier que je pensais , en écho aux interrogations sur les informations qui deviennent scandales ( maîtrisés) .

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