UNE LIBERTÉ TRÈS CONDITIONNELLE, par François Leclerc

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« Les Grecs vont avoir des difficultés à expliquer l’accord à leurs électeurs », a commenté Wolfgang Schäuble », qui n’en semble pas mécontent, tandis que Yanis Varoufakis se félicite des « degrés de liberté » supplémentaires qu’il accorde. Dans les faits, le gouvernement grec reste coincé dans un étau financier et a obtenu comme principale concession la promesse d’une flexibilité sur les objectifs précédents d’excédent budgétaire de cette année.

Il va lui falloir attendre pour bénéficier du versement de la dernière tranche de l’aide financière qui était en suspens, sans filet de sécurité. La principale préoccupation étant de contenir les retraits des banques grecques, la BCE ayant fait savoir que des mesures de contrôle de capitaux étaient désormais hors de question. La reprise des facilités de prêt de la BCE aux banques précédemment supprimées – qui permettront aux banques de financer le gouvernement en achetant des bons du Trésor – n’allant pas nécessairement être immédiate et pouvant être plafonnée.

Dans un tel contexte, la liste des mesures que le gouvernement grec doit soumettre pour approbation lundi prochain va devoir être pesée afin d’éviter qu’elle ne soit rejetée, ce qui impliquerait la réunion d’un nouvel Eurogroupe dès mardi. Il lui faudra ensuite se soumettre à une étude détaillée de celles-ci avant accord final, pendant une période pouvant aller jusqu’à la fin avril. Dans ces conditions, le « degré de liberté » est chichement mesuré !

S’il augure d’un nouveau round de discussions difficile pour le plan qui devra succéder à cette extension des accords précédents, qui se terminera en juin à la veille d’importantes échéances de remboursement à la BCE, il ne règle aucune des deux grandes questions auxquelles le gouvernement grec a tenté d’apporter une réponse cohérente : quels objectifs réalistes d’excédent budgétaire doivent être adoptés pour l’avenir ? comment la dette doit-elle être restructurée pour devenir soutenable ? Ces questions ne réclamant pas une réponse immédiate, on devine qu’il sera tenté de leur apporter une nouvelle fois une réponse économiquement irréaliste. Mais elle sera politiquement correcte…

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36 réflexions sur « UNE LIBERTÉ TRÈS CONDITIONNELLE, par François Leclerc »

    1. C’est plus qu’une déception, je dirais de l’écœurement ! L’emprisonnement que vous illustrez très justement, n’est pas ressenti que par les grecs, en tout cas en ce qui me concerne.

  1. Ce doit être que Marianne est aussi dans la cage.
    Etre ou ne pas être dans la cage là est la question, car on ne traite pas avec le lion. Varoufakis s’est déjà fait mangé une main. Espérons qu’il préserve la seconde.

  2. il n’y a pas de place pour une solution réformiste dans le contexte de a crise générale du capitalisme. Le gouvernement syriza devra choisir entre trahir ses engagements ou s’appuyer sur la mobilisation populaire dans un processus qu’on ne peut nommer autrement que révolutionnaire et qui aura pour objectif le contrôle des banques et des mouvements de capitaux.

  3. Quand à la conclusion que tout le monde refuse d’énoncer clairement, c’est qu’une porte ne peut être qu’ouverte ou fermée.

    Soit le grexit, soit la domination du plus fort.

    Quand on pense que le mot « souveraineté » est considéré comme politiquement incorrect, il y a de quoi se taper la tête contre les murs, du coup pour la Grèce qui l’a perdue, ce qui se passe est tout à fait correct.

    On marche cul par dessus-tête.

    1. « la domination du plus fort »
      certainement, mais l’Eurogroup continuera à alimenter la Grèce quelque seraient les circonstances en juin prochain, il le feront pour maintenir l’unité de la zone Euro, pour des raisons géostratégiques, pour ne pas affoler les marchés financiers, pour ne pas perdre la confiance des investisseurs…… On ne peut virer la Grèce de l’Euro, cela tracasse certains mais cette clause procure une position de force au gouv. grec. Et si l’on tenterait de la virer, elle n’hésitera pas de jouer au cruxifié.
      Tous se sont renfermés dans un piége fatal (dont la Grèce fait partie).

      1. Bien entendu.

        Mais cette stratégie peut atteindre un point limite, celui du soulèvement des populations dès qu’une majorité a plus à perdre qu’à gagner dans ce jeu là.

        Alors le risque de voir s’installer des états policiers sera grand.

        A se demander si ça n’est pas le but de toute cette provocation, difficile à dire surtout au regard de l’instabilité dans laquelle est plongée l’Europe, cernée qu’elle est au sud par L’EI et Daesh et à l’Est par la Russie.

  4. A l’évidence l’Allemagne sait tordre le bras aux récalcitrants. Que restera t il, sans doute quelques assouplissements aux mesures les plus pénalisantes pour la population (smic, retraite). La leçon: le rouleau compresseur est bien là et sauf à vouloir prendre des risques et sauter le pas de l’Euro aucune issue. TINA et rien que Tina, aucun pays ne peut y déroger, Jusqu’où l’Europe va t elle s’enfoncer. Avec plus de 12 millions de personnes sous le seuil de pauvreté en Allemagne, il y a là pour les peuples matière à réflexion mais seule la résignation semble pour le moment prévaloir. La Boëtie et son magnifique texte sur la servitude volontaire sont plus qua jamais d’actualité.

  5. L’arme des ATM et le pressing de Tusk :

    European Union officials said one reason Greece had to cut a deal now and not delay was that confidential calculations showed the banking system had risked running out of money when it reopens on Tuesday. Extra emergency funding authorized by the ECB on Wednesday would not have been compensated for this.

    Tsipras had called for a emergency summit of EU leaders on Sunday if the finance ministers had failed to agree. However, this idea was rejected by European Council President Donald Tusk, increasing pressure for a deal before the banks reopened. (Ekathimerini-Reuters)

  6. Face à des butors, il suffit parfois d’ oppposer l’ élégance ou la rêverie.
    Alors on se retourne vers la bibliothèque et on se souvient que s’ y trouvent, deux petits livres, jamais vraiment lus mais parcourus, au très jolis titres ; du trop de réalité, appel d’ air. L’ auteure en est Annie Le Brun. Une femme a l’ air discret et sensible, ces gens rares.
    Autrement dit, Pablos Iglesias a raison quand il dit : ils sont laids, (… dans leurs costumes étriqués).
    Ne portez jamais la cravate, messieurs Valoufakis ou Tsipras, car vous dénotez, une certaine élégance, un peu de rêve, …. dans une Europe gangrénée par son fric.
    Ne leur ressemblez jamais.

  7. Le gouvernement grec a accepté, l’objectif d’un excédent primaire de 4,5 % du PIB en 2016. Cet objectif irréaliste est en contradiction frontale avec sa promesse de campagne, de mettre fin à l’austérité.
    Attendons lundi pour savoir s’il s’agit vraiment d’une reddition en rase campagne…

  8. L’occasion est trop belle pour les dictateurs de l’UE de montrer qui décide vraiment !! Que cela serve de leçon aux autres qui auraient la fâcheuse idée de suivre Syriza. Ce qu’ils nous disent en substance, c’est « votez pour qui vous voulez, de toute façon, ce ne sont que des pantins qui n’ont aucun levier, car c’est NOUS qui les détenons ». Cela ne semble d’ailleurs aucunement provoquer de tollé dans cette europe où la servitude volontaire est de mise, et où toute pensée dissonante, ou qui n’est pas au service de « la pieuvre » est vouée à être annihilée.

    «Nous prenons une décision, puis nous la mettons sur la table, et nous attendons un peu pour voir ce qui se passe. Si elle ne provoque ni tollé, ni émeutes, parce que la plupart des gens ne comprennent rien à ce qui a été décidé, nous poursuivons – pas à pas, jusqu’au point de non-retour». Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, 1999.

    1. La Grèce c’est 10 millions d’habitants.
      Sans soutien des autres nations, bien loin d’être acquis à ce jour, ses dirigeants font du près serré face à des vents furieux et vraiment contraire.
      Ce bord de près leur permet de tenir 4 mois supplémentaires. Espérons qu’ils sauront l’utiliser pour gagner au vent plutôt que d’avoir à affaler et se mettre en fuite.

      L’espoir, c’est de les voir tenir assez longtemps pour permettre à Podemos les rejoindre dans la lutte et, qui sait, de voir d’autres nations réputées gouvernées « pour le peuple » se lever aussi…

      L’alternative est trop flippante pour l’admettre comme inévitable, à ce stade de la partie.

  9. Schauble n’est pas censé etre stupide quand même, alors c’est quoi exactement ce numéro et cette déclaration, du sadisme ?
    remarque , c’est amusant que ce soit le gardien de l’orthodoxie financière qui va se prendre un mur d’un tout autre type d’orthodoxie dans la tronche s’il insiste…

    1. Rototo, voir le post de Jacquesson pour la réponse à votre question.
      Nous sommes 75 ans en arrière, les allemands dominent l’europe, c’est effectivement le 4ème reich.

  10. Bon on peut tourner la chose dans tous les sens il est indéniable que sur ce coup les Grecs ont complètement baissé pavillon et n’ont quasi rien obtenu de nouveau.
    La question, comme le fait fort pertinemment remarquer M. Schauble, c’est de savoir comment la rue va prendre ce cruel retour aux réalités. Il me semble que le mandat donné à Syriza était assez clair – je serais curieux de connaître les moyens de pression dont disposent « les institutions » pour pareillement avoir anéanti les velléités helléniques.

    1. Les moyens ?

      Ca commence à devenir illimité en méiose. On assiste cahin-caha à la naissance d’un Etat. Bon devant la tête du bébé c’est vrai que beaucoup on envie de reculer ou de le foutre à la poubelle. Mais faut reconnaître, au début un bébé, surtout à l’écho c’est jamais bien beau, c’est assez moche en fait (sauf quand c’est le sien, là c’est trop mignon, trop chou). Laissons le et aidons le à grandir je dirais, c’est trop tard pour l’avortement, on pourra au pire l’ euthanasier en dernier ressort (c’est pas les docteurs qui manqueront pour l’opération, les viandards) …

  11. N’importe comment, la partie n’est pas terminée.

    1. La lourde pression de la crise européenne est toujours intacte, et elle va continuer d’exercer ses effets.

    2. Après quelques jours intenses à l’international, retour au pays du centre de gravité de la crise grecque. C’est de là que tout est parti, wait and si. (…la rime.)

    3. Et il y a les autres pays de la zone euro. Vous avez vu comme les Belges s’énervent ? 🙂 http://cadtm.org/Saisie-mobiliere-chez-BNP-Paribas

  12. C’est clair, Syriza n’avait pas de plan B comme l’a dit Varoufakis, c’est à dire qu’ils ne s’étaient pas préparé à sortir de l’Euro. Difficile une semaine après les élections. D’où le timing qui leur a été imposé. Ils n’ont gagné qu’une chose: 4 mois de gouvernement. En 4 mois, on peut faire beaucoup de choses, à condition de trouver des appuis internationaux, de ne pas perdre la confiance du peuple grec et surtout de ne pas perdre son âme.
    Tout le monde aura noté que de Minsk à Bruxelles, Merkel ne sort pas sans son chien…notre « président normal ».

  13. Pour toutes sortes de raisons Syriza, n’a pas voulu, pas osé sortir du cadre et partir sur des routes inconnues qui, si on ne sait si elles auraient été plus douloureuses que celles qui viennent d’être acceptées, auraient au moins eues, pour elles, d’avoir été décidées en toute liberté…
    Cette défaite qui ne veut pas dire son nom chez les vaincus, il n’est qu’à voir les rodomontades abjectes du ministre allemand, laissera des traces…

    Nous verrons bien vite si un sursaut a lieu ou si la résistance aura duré moins d’un mois…

    Les faits sont durs et leur analyse lucide et conséquente ne peut avoir aujourd’hui qu’une conclusion, envisager de retrouver un tant soit peu de souveraineté au sein de la zone euro est non seulement une illusion mais un contresens…

    Et tous ceux qui tentent de continuer à nous le faire croire soit se mentent, soit nous mentent, soit les deux et/ou n’osent aller à la conclusion qui ferait éclater leur représentation du monde…
    Aujourd’hui se rebeller réellement contre TINA, c’est accepter littéralement de s’engager sur une route éventuellement mortelle pour ceux prêts à l’emprunter…
    Y sommes-nous prêts ?

      1. Il n’y a là rien de contradictoire malheureusement…
        Il semble bien plus commun aujourd’hui de voir des millions se laisser mener à l’abattoir comme vous dites que de brebis égarées ou s’évadant et essayant ne serait-ce que de mordiller les propriétaires de l’abattoir…
        Et comme vous le savez certainement les propriétaires de l’abattoir n’ont nullement l’intention de se laisser déposséder de leur bien…
        D’où le type de choix que j’évoquais…

  14. Les gros contribuables grecs en retard de paiement de leurs impôts (76 milliards d’arriérés répertoriés au 31 12 2013… l’équivalent de 800 milliards en France…) saluent le gvt Tsipras : ils viennent d’obtenir une annulation des pénalités et intérêts sur leur dette fiscale, plus une réduction de moitié du principal, plus un échelonnement sur 100 mois…
    Une seule condition : envoyer très vite un peu de monnaie (dans les quatre mois ?).
    Rapports de force dites-vous ?

  15. Mais enfin !

    Vous étes aveugles ou vous faites semblant ?

    Bruxelles, sous la dictée de Berlin, est engagé dans une grande manoeuvre pour faire sortir la Grèce de la zone euro.

    Non pas dans quatre ou six mois, mais maintenant et dès la fin du mois.

    Athénes se doit de présenter un train de contre réformes lundi. Comment croire une minute que ces « réformes » vont satisfaires.

    Merkel à Paris a annoncé la couleur : C’est au parlement allemand que reviendra le dernier mot (accessoirement celui d Estonie, Pays bas, et Finlande).

    Il est dans ces conditions impossible à la Grèce d esperer vendre quoi que se soit à des parlements nationaux chauffés à blanc contre Athénes.

    L’histoire retiendra une fois de plus, que les gouvernements bourgeois de type bonapartiste savent quant il le faut utiliser leurs parlements croupions, pour assumer la sale besogne.

    La Grèce sort avant la fin du mois, ce n’est que le début.

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