LE TEMPS QU’IL FAIT LE (JEUDI) 16 AVRIL 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le (jeudi) 16 avril 2015. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le jeudi 16 avril 2015, et d’habitude, je fais cette vidéo, vous le savez, un vendredi, parfois au prix d’efforts désespérés pour y arriver, et demain, c’est absolument impossible, donc je la fais jeudi. Pourquoi ? Parce que demain, je serai essentiellement dans le train, avec un petit séjour à Paris, entre la Bretagne et Bruxelles. Pourquoi Bruxelles, eh bien parce que lundi, je donne un cours à la V.U.B. (Vrije Universiteit Brussel), c’est à 16h, c’est ouvert au public et ce sera consacré à la crise des subprimes. Et samedi, samedi nous avons une réunion au Vicomte, à Ixelles, à 17h30, [de] 17h30 à 22h. Nous nous réunissons, et, bon, on est [dans la troisième ou peut-être même] dans la quatrième année, mais ça marche, ça marche bien, et venez si vous êtes par là.

Mon séjour à Paris, mon petit séjour à Paris entre la Bretagne et Bruxelles, ce sera pour discuter d’un projet de nouveau livre. Et ce projet de nouveau livre, j’en parle plus ou moins dans des billets déjà, j’évoque ça aussi parfois déjà dans des vidéos, mais le fait est que j’ai changé. Depuis que j’ai mis les idées sur le papier, que j’en ai fait une sorte de sommaire qui allait me guider, une table des matières, eh bien, ma conception de ce qu’il faudrait faire a évolué et c’est de ça que je voudrais vous parler.

Le blog existe depuis un peu plus de [huit] ans. Qu’est-ce que j’ai essayé de faire ? Eh bien, j’ai essayé de convaincre le public – avec l’aide des billets invités – de convaincre le public que les politiques que nous avons en économie et d’un point de vue politique proprement dit, que ça ne marche pas, et j’essaye de convaincre de changer de cap, de faire autre chose. Et ma méthode, en fait, on peut bien la résumer par une phrase que j’ai trouvée chez John Maynard Keynes, quand il veut s’adresser à un de ses correspondants et qu’il dit : « Je désespère personnellement d’obtenir des résultats par tout autre moyen qu’en disant la vérité violemment et brutalement ; cela finira par marcher, même si c’est avec lenteur. »

Si j’ai bon souvenir, c’est à Kingsley Martin qu’il écrit ça, quelqu’un qui dirigeait pour lui – parce qu’il en était en réalité le propriétaire – le New Statesman, une publication qui existe toujours et qui représente les idées de la gauche en Grande-Bretagne. Et donc, voilà sa conviction : il faut marteler, il faut répéter inlassablement ce qui est la vérité – du moins comme on la découvre soi-même – en espérant que ça marche. Alors, est-ce que ça a marché dans le cas de Keynes lui-même ? Très partiellement. Très partiellement. Je dirais, peut-être pour les choses un peu inoffensives, mais pas véritablement sur le fond, et, bon, je dirais, c’est le sujet, essentiellement, du bouquin sur Keynes qui va paraître en septembre chez Odile Jacob et qui est bien avancé puisqu’on travaillait hier sur la quatrième de couverture – ce qui est toujours un très bon signe !

Ça n’a pas vraiment marché pour Keynes, ça n’a pas vraiment marché pour moi, je dirais, au cours des huit dernières années. Oui, on m’écoute, oui, on m’invite parfois à la radio, à la télévision, oui, il y a un nombre invraisemblable maintenant de vidéos où on peut m’écouter dire ce que je pense, mais est-ce que les politiques prises par les gouvernements ont été influencées ? Eh bien non. Et cela, en soi, ça aurait pu me convaincre. Ça aurait pu me convaincre que je suis dans la mauvaise direction, que ce n’est pas comme ça qu’il faut faire.

Mais en fait, le changement de cap, il n’est pas venu, je dirais, de la persuasion, de l’auto-persuasion qui aurait pu me venir des faits, il est venu en fait d’un article. Un article que j’ai lu il y a quelques temps, et que j’ai déjà montré au petit groupe des amis du blog de Paul Jorion, et ça a déjà suscité de bonnes discussions, et j’espère qu’à la suite de ma petite vidéo, il y a une partie de ces discussions internes, je dirais, qui vont apparaître en surface et qui seront publiées ici. Cet article, c’est un article qui s’appelle : Testing Theories of American Politics. Voilà. Et ce n’est pas fait par des petites pointures, c’est fait par Monsieur Gilens et par Monsieur Page, et Monsieur Gilens qui a un CV à rallonge, est professeur à Princeton University, bon, ce qui est déjà pas mal, et Professor Page, lui, il est professeur à Northwestern. Vous ne connaissez peut-être pas Northwestern, mais c’est une des grandes universités de Chicago, et c’est une grande université à l’échelle américaine, de très bonne réputation.

Et donc, dans ce papier, qu’est-ce qu’ils essayent de faire, dans cet article qui a paru en septembre 2014 ? Eh bien, ils essayent d’évaluer dans quel type de démocratie nous évoluons. Et ils ont différentes catégories qu’ils testent à partir de, eh bien, ils regardent un très grand nombre d’opinions qui sont exprimées – c’est de l’ordre de 1000 ou de près de 2000 – et ils regardent quel résultat ça a. Est-ce qu’il y a des applications de ces politiques, oui ou non, etc. Et ils arrivent à la conclusion – et cette conclusion est très intéressante – la conclusion, c’est la suivante : « les préférences de l’américain moyen semblent avoir un impact sur les politiques qui sont suivies minuscule, proche de zéro et non significatif sur un plan statistique ».

Bon. C’est-à-dire que l’opinion de la majorité est ignorée dans les décisions qui sont prises. Ce n’est pas ça qui compte. Et ça ne se retrouve pas dans les politiques qui sont prises. Si, disent-ils, ça se retrouve parfois, dans la mesure où l’opinion du public en général, l’opinion majoritaire, coïnciderait avec celle d’une petite, toute petite minorité. (Euh… il y a encore quelques passages que je voudrais vous lire… Ah oui !) Ils se demandent si les groupes d’intérêts d’origine citoyenne – par exemple comme les syndicats, les organisations de consommateurs – si leurs opinions se retrouvent, sont appliquées. Alors, ils disent oui, dans une certaine [mesure], elles sont appliquées. Le problème, c’est qu’elles ne coïncident pas, généralement, avec [celles] de la majorité de la population. C’est que les groupes, ces groupes d’intérêts censés nous représenter ont souvent (comment dit-on ?) des objectifs qui sont les leurs et qui ne correspondent pas à ceux de la majorité.

Alors, oui, comme je vous ai dit tout à l’heure, ça ne veut pas dire que l’opinion des citoyens ordinaires ne se retrouve jamais représentée – mais en réalité, uniquement si elle coïncide avec celle d’une petite minorité. Est-ce que ça veut dire que l’opinion de la majorité sur ce qu’il faudrait faire est discutée et puis est rejetée par une majorité de parlementaires ? Non. Ce qui se passe, c’est que les demandes, les souhaits de la majorité de la population ne se retrouvent même jamais exprimés au niveau du Congrès, du Sénat américain, c’est-à-dire en fait, au niveau du Parlement et du Sénat ici. Et alors, une petite phrase qui est là : « la majorité ne dirige pas les affaires », et le « ne » est en italique. C’est un peu le résumé de cet article.

Alors, cet article n’est pas écrit, vous l’aurez compris, n’est pas écrit par des révolutionnaires professionnels. Ce sont des gens qui essayent de faire un boulot – ça ne veut pas dire qu’ils n’ont pas des opinions, ils ont sûrement des opinions – mais ils essayent de faire un boulot de scientifiques, et ça a l’air d’être fait selon les règles de la statistique.

Et qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que même si, comme j’essaye de m’en convaincre, et comme, heureusement, il y a quand même quelques signes qui vont dans cette direction-là, même si les opinions qui sont exprimées ici, sur le blog, représentent celles d’une majorité de la population, comme notre système n’est probablement pas très différent de celui qui existe aux Etats-Unis – il suffit de voir le remplacement des gouvernements les uns après les autres, élus sur des plates-formes différentes, sur des programmes différents, et de s’apercevoir qu’ils font exactement les mêmes politiques – en fait, c’est sans doute exactement cela qui se passe. Les auteurs ne parviennent pas à définir exactement qui est ce petit groupe, ce petit groupe qui dirige les affaires, mais enfin, bon, c’est un tout petit groupe.

(Je voulais regarder encore autre chose). Ils suggèrent que ce tout petit groupe est dominé par les « powerful business organisations » et un petit nombre d’Américains extrêmement riches. Voilà. Bon, ce n’est pas précis d’un point de vue statistique, mais enfin ça nous dit clairement de quoi il s’agit.

Et donc, qu’est-ce que ça veut dire ? Eh bien, vous le voyez, c’est écrit un peu partout : nous pouvons dire ce que nous voulons, nous pouvons crier dans toutes les directions, et ça n’a pas d’importance, parce que nos systèmes ne sont plus faits pour représenter les opinions majoritaires. Ce qui se passe, ce qui est décidé représente les intérêts d’un tout petit groupe : milieux d’affaires plus quelques personnes très fortunées. Voilà.

Alors, est-ce que ça dément l’opinion de Keynes : « obtenir des résultats en disant la vérité violemment et brutalement, cela finira par marcher, même si c’est avec lenteur » ? Euh, oui, probablement, oui probablement. C’est pour ça que ça remet en question la manière dont j’ai envisagé les choses dans mon prochain bouquin. Qu’est-ce que je vais faire ? Je voulais – et vous m’avez vu faire ça cent fois, mille fois – dire : « Ça y est les amis, on sait ce qu’il faut faire, retroussons nos manches, eh bien allons-y ! allons-y gaiement ! chantons une petite chanson scoute et on va arriver à quelque chose ! » Hmm ! Eh bien, ça, ça ne marchera pas.

Ça ne marchera pas. Qu’est-ce qu’il faut faire d’autre ? Euh, j’ai une idée. J’ai une idée : il faut faire honte. Voilà, il faut faire honte. Il faut faire honte à ces gens, voilà, les grands dirigeants du business etc. Est-ce que ça va marcher ? Je ne sais pas. Mais ce que je vais faire : je vais leur dire la chose suivante. Au lieu de dire : « [Retroussons] nos manches ! », je vais dire la chose suivante. Je vais dire : « Voilà où on en est. » Voilà où on en est : si on continue tout droit, c’est le précipice, c’est la fin de l’espèce humaine. Il y aura peut-être, oui, peut-être que dans cent ans, il y aura encore des petites poches ici ou là, bon, ça arrive, mais ce ne sera plus du tout avec des villes de dix millions d’habitants comme on fait maintenant.

C’est quelqu’un qui faisait la réflexion hier, en disant : « Dans une ville comme les nôtres, après trois jours sans électricité, il n’y a plus d’eau dans les robinets. » Bon, euh, il faut savoir ça. Il y a une capacité de désorganisation des systèmes dans lesquels nous sommes qui est tout à fait considérable. Alors, qu’est-ce que je vais faire ? Eh bien, je vais dire : « Voilà : il y avait un truc qui s’appelait ‘l’espèce humaine’, ça a fonctionné comme ça. »

Nous, nous ne sommes apparemment pas du tout outillés pour faire face à un danger comme celui de l’extinction. Notre capacité à faire face à un danger comme celui-là, malgré notre capacité de réflexion, est probablement égale à [celle] des dinosaures, nous ne savons pas ce qu’il [faut] faire et nous allons droit vers… Si ! Nous savons exactement ce qu’il faut faire ! C’est ça la distinction que je fais parfois entre le Prince et le Philosophe. Je crois que le philosophe sait ce qu’il faut faire alors que le prince, oui, il le sait aussi, mais il fait le contraire parce que ça ne l’arrange pas ! Mais si on laisse les princes faire les choses, eh bien, c’est le précipice, ça se terminera.

Alors, je n’aurai pas vraiment de conclusion dans mon livre, je dirai : « Voilà, c’est ça hein, on est comme ça, euh, on fonctionne de cette manière-là, on n’est vraiment pas outillés – jusqu’ici ! – on n’a pas la preuve qu’on est outillés pour faire face à une extinction comme celle qui nous menace à l’échelle de deux ou trois générations (ce sont les calculs des physiciens, des chimistes, des paléontologues, etc.) Nous ne sommes pas outillés pour le faire, nous ne le ferons probablement pas, mais je mets les choses noir sur blanc, sur le tapis. C’est notre choix maintenant. On le fait ou on ne le fait pas ! » Bon, avec l’idée de, non pas, comme je le disais, peut-être plus de convaincre les « z’élites », entre guillemets, qui nous conduisent au précipice, mais leur dire : « Voilà la donne ! » Et devant l’opinion : « Si vous ne changez pas de cap, si vous continuez à faire toutes vos petites magouilles, votre électoralisme, vos machins, ceci-cela, eh bien c’est terminé, voilà, c’est terminé ! »

Le problème ne se posera pas après de savoir que… c’est uniquement, je dirais, c’est uniquement aux yeux des robots qu’on saura que ces gens-là ont empêché que ça aille dans la bonne direction, que l’espèce survive, et dans les livres que les robots écriront et qu’ils liront eux-mêmes, ils sauront que, voilà, qu’il y avait des gens qui gueulaient et qui voulaient pas que ça se passe de cette manière-là, pour une raison, comme je l’ai déjà dit, je ne pourrais pas trop la justifier mais enfin bon, c’est une sorte d’attachement, je dirais, sentimental [au genre] humain, parce que les gens que j’aime bien y appartiennent…

On va essayer de faire les choses comme ça, et non pas, non pas, comme je le disais avant, « esprit boy-scout », ça c’est terminé, parce que l’article de Messieurs Gilens et Page nous montre qu’on n’est pas dans un système où ça peut changer par des décisions qui sont prises par les parlements et autres choses. Les intérêts qui sont représentés là, ce ne sont pas ceux de la majorité. La majorité ne dirige pas les affaires, et en général, quand une opinion est celle de la majorité, c’est le contraire de ce qui va être fait : ce qui sera fait sera le contraire de l’opinion majoritaire.

Alors voilà. J’espère qu’il y aura un débat. Je vais mettre évidemment le lien vers cet article. J’encourage les gens qui ont déjà discuté de cet article à l’intérieur des amis du blog de Paul Jorion [à] me tirer des papiers de leurs discussions pour qu’on les publie, et vous aussi, vous aussi, intervenez, vous pourrez intervenir au niveau des commentaires, et vous pouvez aussi intervenir comme vous le faites tous les jours, en fait, en me disant : « Voilà, j’ai écrit ceci, et j’aimerais bien que ce soit publié comme billet invité. Est-ce que vous pourriez le regarder et prendre la décision de le publier ou non, et, si vous le prenez pas, en m’expliquant la décision ‘pourquoi non’ ? »

Voilà. Alors, on va faire comme ça. Euh, c’est un autre type d’approche. On va voir. On va peut-être encore changer de cap, ou bien, comment dire, mettre la clef sous le paillasson et aller cultiver les betteraves quelque part dans la montagne, dans la plaine ou ailleurs, en attendant que ça se passe.

Voilà. Allez, à bientôt ! À la semaine prochaine !

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112 réflexions sur « LE TEMPS QU’IL FAIT LE (JEUDI) 16 AVRIL 2015 – (retranscription) »

  1. Quand je lis Henri Guillemin , je me rends bien compte que même si la majorité de la population veut quelque chose , contraire aux intérêts de ceux qui ont accaparé le pouvoir , cette volonté du peuple ne sera jamais exaucée par ceux -ci ? qui au contraire , mettent en place des stratégie pour persuader le peuple que son intérêt est de suivre aveuglément « l’élite » .

    Les seuls périodes de l’histoire où le peuple a eu ce qu’il désirait , c’est quand le peuple a pris le pouvoir . Les Révolutions françaises sont les périodes où le peuple est monté à l’assaut du pouvoir en masse ( quand on y va seul ou en tout petit nombre , soit on se fait corrompre , soit se fait bloquer , un peu comme la Grèce en ce moment avec la TroÏka actuellement ) .

    Guillemin montre toutes les techniques , toutes les paroles utilisées par « l’élite » pour tenir le peuple en laisse . Hautement instructif .

    Seule une nouvelle Révolution , avec donc rébellion , violence de la lutte , pour y parvenir , à mon sens , mais pour cela , il faut préparer les gens . Deux moyens : liberté d’expression ( combien de siècles a-t-il fallu pour faire reculer le fanatisme et l’intolérance ?) et incurie du système mis en place par « l’élite » allant de catastrophe en catastrophe . Et puis un jour , l’étincelle . Comme ce fameux 13 Juillet 1789 où le cours du pain avait monté si haut que le peuple avait compris qu’il était littéralement condamné à mourir de faim par une « élite » inconsciente même de tuer la poule aux oeufs d’or en tuant économiquement ce bas peuple qu’elle croyait née pour la servir .
    Quand vous comprenez que vous êtes condamné le 13, le 14 , vous n’avez plus rien à perdre .

  2. Waaoooo, le scoop, c’est pas la majorité qui décide !!!!? Non, allez, pas possible ???
    Les décisions sont prises en fonction des intérêts d’une petite élite ? Rhooo, alors, là, j’en suis tout bouleversé…
    Et vous avez eu besoin d’un papier d’universitaires US pour en être convaincu ?
    Rassurez moi, vous aviez quant même un léger soupçon, non ?

    Pardon mais avons nous vraiment besoin d’un nième « Syndrome du Titanic »…?
    Il me semble que d’autres ont essayé, depuis au moins trente ou quarante ans, et avec le succès que l’on connait… Si j’osais, je dirais même que le « j’vous l’avais bien dis, na !!! » me semble un peu immature …

    Quid du projet « Comment fonctionner sans le libre arbitre pour les nuls » ? Ça avait une autre gueule, quant même…

    1. @bluegreen

      « Pardon mais avons nous vraiment besoin d’un nième « Syndrome du Titanic »…?
      Il me semble que d’autres ont essayé, depuis au moins trente ou quarante ans, et avec le succès que l’on connait… »

      Pas faux, cela dit comme le précise M jorion , marteler pour décoller la cire des oreilles, ça peut le faire.
      De plus, entre temps, les évènements se précisent ( montées en puissances des toxicités de leurs programmes politiques et économiques et des pollutions diverses et variées etc..) .

      Donc oui, se faire entendre, et même en faire des tonnes; avant que les masques des oligarques finissent de tomber ……avec les conséquences mortifères que nous sommes de plus en plus nombreux à constater ! sera toujours un acte utile.

      1. « Marteler pour décoller la cire des oreilles », je me marre …
        Je vais vous faire une confidence:
        ce n’est pas de la cire, qu’ils ont dans les oreilles, en fait. Ce sont des intra-auriculaires Beats greffés directement sur le nerf vestibulocochléaire, qui leur hurlent chaque jour qu’ils sont forts, qu’ils règnent et que cela durera mille ans …
        Vos murmures ne les atteindront jamais.

        Ecrire des livres qui disent « voilà où on en est » est proprement inutile aujourd’hui, et même contre-productif. Cela renforce le jeu des puissants, qui n’attendent que ça pour serrer un peu plus la vis, « pour notre propre bien  »

        Mettre son expérience, sa sensibilité et sa très grande culture au service du peuple pour l’aider à comprendre et à s’en sortir par lui-même, voilà un projet utile.

        « Comment fonctionner si le libre arbitre n’existe pas ? » « Comment reconstruire une psychologie sans libre arbitre ? »
        En voilà une question qu’elle est bonne…

    2. Paul tire la bonne conclusion: plus moyen de convaincre beaucoup de « têtes éclairées » de la classe dominante. Il faut s’opposer de façon tranchante à la barbarie capitaliste, avec la conviction qu’il faut s’organiser et se préparer. Mais en continuant à batailler pour leur « faire honte », et surtout rassembler sur des alternatives. Pour l’un et l’autre, une bonne source, nouvelle, mais nourrie, informant et attaquant sous tous les angles: http://www.anti-k.org/

    3. @bluegreen

      Sachez qu’E. Kant dans son opuscule  » qu’est-ce que les Lumières » , fait preuve de cette même prétendue naïveté : si on laisse la liberté d’expression , les hommes y compris l’élite prendront petit à petit conscience que le pays doit être dirigé en vue du bien public .

  3. Je résume pour moi : les politiques ne sont pas La Solution. Ils sont Le Problème…..non ? ( Et pourquoi pas la Démocratie directe par tirage au sort ).

    1. Le tirage au sort, ce n’est pas de la démocratie directe, mais de la démocratie indirecte. Ce qu’on appelle actuellement démocratie indirecte par l’élection n’est en réalité pas une démocratie, mais un régime représentatif électif, c’est-à-dire de type « aristocratique » ou « oligarchique » (choix des meilleurs, ou gouvernement du petit nombre). Le tirage au sort… tout dépend ce qu’on en fait. Si une assemblée législative est tirée au sort, alors c’est un système représentatif de type démocratique (sélection basée sur le strict principe d’égalité, principe de délibération etc.). Cela reste une démocratie « indirecte ». Tous les usages du tirage au sort ne se valent pas. Proposer le TAS en soi, cela ne veut rien dire. Cela dépend de comment on l’utilise, dans quelle proportion et selon quelles modalités.

      Il ne faut par ailleurs pas oublier que si on instaure un TAS, il faut créer des lieux d’éducation populaire. Il me semble que Paul Jorion fait de l’éducation populaire sur son blog : néanmoins, cela ne touche qu’une partie infinitésimale de la population. Donc tout cela mérite un peu d’attention, mais ce n’est pas suffisant. Par ailleurs, on ne peut pas se contenter de demander un changement de régime. On doit aussi, me semble-t-il, agir au quotidien.

      1. Sur l’expérimentation du tirage au sort et sa bonne utilisation, voir le livre de Jacques Testart « L’humanitude au pouvoir. Comment les citoyens peuvent décider du bien commun ». J’ai assisté à une soirée débat avec lui. Fort intéressant.

  4. Si vous me pardonnez ma franchise, s’adresser au Prince relève d’une mentalité de caniche…
    Ou, dans le meilleur des cas, le révélateur qu’on est intellectuellement encore au Moyen-Âge.

    Cela fait au moins depuis les Lumières que l’on sait que le Philosophe véritable s’adresse au peuple, pour lui fournir les moyens d’imposer sa volonté au Prince, ou de directement déposer celui-ci.

    1. @LR

      « Si vous me pardonnez ma franchise, s’adresser au Prince relève d’une mentalité de caniche… »

      chacun est libre ou pas et d’apprécier ou pas les pitbulls………..

       » Ou, dans le meilleur des cas, le révélateur qu’on est intellectuellement encore au Moyen-Âge. »

      vous connaissez mal le moyen age et sa richesse…………dommage

      « Le moyen age est la période comprise entre l’Antiquité et l’Age classique, c’est-à-dire allant de la chute de l’Empire romain (en 476) à la chute de l’Empire Byzantin (en 1453). C’est l’humaniste Giovanni Andrea qui utilisa pour la première fois le terme de « Moyen age » en 1469. Mais ce n’est qu’au cours du XVIIe siècle que le mot devint d’usage courant. Il était alors utilisé dans un sens dépréciatif et désignait le millénaire séparant la disparition de la culture antique et la Renaissance »

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Philosophie_m%C3%A9di%C3%A9vale

      « Cela fait au moins depuis les Lumières que l’on sait que le Philosophe véritable s’adresse au peuple, pour lui fournir les moyens d’imposer sa volonté au Prince, ou de directement déposer celui-ci »

      au fond du ravin , vin, vin ??

      l’affaire est en cours….de traitement. :-)))

    2. Malheureusement , les philosophes étaient des bourgeois pour la plupart d’entre eux et quand ils pensaient  » peuple  » , ils pensaient en réalité , haut du panier , autrement dit , que c’est à la bourgeoisie de diriger le pays , en écrasant le peuple s’il se rebellait . L’histoire n’a fait que confirmer cela . Vouyez comment la Révolution de 1789 , 1830 et 1848 ont été confisquées par la bourgeoisie ( dans le cas de 1848 , c’est effarant , on y apprend toutes les manoeuvres en détails chez Guillemin et les discours tenus par notre élite contemporraine reprend au mot près le discours tenus par l’élite d’alors ) .

  5. MERCI M JORION.

    L’espoir 🙂

    https://www.youtube.com/watch?v=GgVqllJgymk

    https://www.youtube.com/watch?v=iw6gRSm2iNs

    j vous cite :
    « Le problème ne se posera pas après de savoir que… c’est uniquement, je dirais, c’est uniquement aux yeux des robots qu’on saura que ces gens-là ont empêché que ça aille dans la bonne direction, que l’espèce survive, et dans les livres que les robots écriront et qu’ils liront eux-mêmes, ils sauront que, voilà, qu’il y avait des gens qui gueulaient et qui voulaient pas que ça se passe de cette manière-là, pour une raison, comme je l’ai déjà dit, je ne pourrais pas trop la justifier mais enfin bon, c’est une sorte d’attachement, je dirais, sentimental [au genre] humain, parce que les gens que j’aime bien y appartiennent… »

    et

     » On va essayer de faire les choses comme ça, et non pas, non pas, comme je le disais avant, « esprit boy-scout », ça c’est terminé, parce que l’article de Messieurs Gilens et Page nous montre qu’on n’est pas dans un système où ça peut changer par des décisions qui sont prises par les parlements et autres choses. Les intérêts qui sont représentés là, ce ne sont pas ceux de la majorité. La majorité ne dirige pas les affaires, et en général, quand une opinion est celle de la majorité, c’est le contraire de ce qui va être fait : ce qui sera fait sera le contraire de l’opinion majoritaire. »

    ça me va !

     » Nous ne sommes pas outillés pour le faire, nous ne le ferons probablement pas, mais je mets les choses noir sur blanc, sur le tapis. C’est notre choix maintenant. On le fait ou on ne le fait pas ! » Bon, avec l’idée de, non pas, comme je le disais, peut-être plus de convaincre les « z’élites », entre guillemets, qui nous conduisent au précipice, mais leur dire : « Voilà la donne ! » Et devant l’opinion : « Si vous ne changez pas de cap, si vous continuez à faire toutes vos petites magouilles, votre électoralisme, vos machins, ceci-cela, eh bien c’est terminé, voilà, c’est terminé ! »

    bref, si vous continuez à pourrir nos esprits et notre milieu de vie, ce sera THE END !

    c’est clair !

    Amicalement votre.

  6. Puisqu’il est proposé de… proposer. Je propose !

    Quoi faire ? Se réapproprier la citoyenneté au quotidien

    La convergence des « crises » (climatique, économique, politique) combinée aux grandes mutations du monde contemporain (la « crise de la complexité » mise en lumière par Paul Jorion) nous obligent à ne pas rester passifs face aux évènements. Le plus grand enjeu, décrit ici maintes fois, celui de la survie de l’espèce humaine, n’est pas de ceux que l’on peut raisonnablement mettre de côté en se disant que tout cela est de la science-fiction et que cela ne mérite pas l’attention.

    Seulement, voilà que se pose immédiatement la question de l’agir : Quoi faire ? Elle a été posée par Paul Jorion et jusqu’ici, aucune réponse viable et concrète n’a été adoptée (même si nombreuses ont été les propositions). Il y a ceux qui, d’un côté, font : Paul Jorion et les amis de Paul Jorion, et les autres, qui réfléchissent sans doute qui agissent probablement à titre individuel mais sans nécessairement savoir quoi faire. Mais la question que peut-on faire en nombre ? reste toujours en suspens. Il me semble toutefois possible de commencer tout de suite à agir, sans que nous ayons besoin d’une grande organisation ou coordination, sans qu’aucun chef ni sauveur ne soit à la tête de l’action. Il s’agit de se réapproprier la citoyenneté au quotidien, c’est-à-dire de n’en faire plus un simple élément accessoire de nos vies mais un fil conducteur d’autant plus important que les enjeux le nécessitent. Parlons concrètement : il s’agit de remettre sur la table la question politique dans les discussions avec les autres : nous devons les réveiller (et nous réveiller, les brusquer (et nous brusquer également) si nécessaire. Afin de favoriser cette « insurrection des consciences » pour reprendre une expression de Pierre Rabhi.

    La matrice de toutes les crises et celle de la démocratie, et en définitive de notre citoyenneté.

    De toutes les crises, il y en a une qui n’est pas nécessairement la plus grave, mais qui est sans doute la matrice de toutes les autres. C’est celle de la démocratie. Cette crise est celle d’un régime représentatif qui représente surtout certains intérêts plutôt que ceux du grand nombre, elle est celle de la passivité citoyenne (l’action citoyenne se résumant à mettre un bulletin dans une urne pour choisir un candidat qui, s’il le veut bien, appliquera peut-être la politique qu’il a promise). L’article de Martin Gilens and Benjamin I. Page (Testing Theories of American Politics: Elites, Interest Groups, and Average Citizens, Perspectives in Politics, September 2014) ne fait que mettre en lumière scientifique une situation que nous constatons tous les jours.


    Agir par la citoyenneté.

    Il ne s’agit plus seulement de réfléchir à ce que l’on pourrait changer dans les institutions pour enfin obtenir une démocratie exigeante, efficace. Cette réflexion est utile et importante, mais ce n’est pas l’objet de ce qui nous intéresse ici : que faire. Réfléchir est absolument fondamental, mais ce n’est qu’une étape. De plus, la question de la démocratie ne se réduit pas à une simple question juridique et institutionnelle (même si le droit est évidemment son instrument de réalisation le plus puissant). La question de la démocratie est aussi celle de la citoyenneté. De tous ces éléments, il en ressort que nous pouvons commencer à agir avant d’attendre un changement institutionnel, nous pouvons déployer notre citoyenneté (et c’est en réalité le préalable à la survenue de ce changement institutionnel).

    Sans elle, il n’y aura pas de bouleversement. Il n’y aura pas de démocratie. Et donc, il n’y aura pas de transition écologique, il n’y aura pas de reprise en main de l’économie : nous laisserons d’autres que nous gouverner dans leurs propres intérêts, ou nous laisserons, comme Paul Jorion le répète, par les robots le faire à notre place. Les Syriza et Podemos sont des mouvements avant tout portés par des mouvements citoyens assis sur des prises de consciences des enjeux politiques (et souvent une prise de conscience brutale, comme la situation de crise humanitaire en Grèce). Nous ne devons pas attendre qu’une « avant-garde éclairée » décide pour nous. C’est seulement en étant citoyens, ni plus ni moins, que nous pourrons agir.

    Retisser (facilement !) du lien politique

    La citoyenneté, ce n’est pas seulement agir de manière citoyenne, c’est-à-dire par l’engagement associatif, écologique, par le civisme, même si tous ces éléments sont, là encore, fondamentaux. La citoyenneté, c’est aussi être concerné par la chose politique. Non pas la politique politicienne, la question des partis, mais plutôt la question des idées (ce qu’on appelle classiquement « le politique »). Nous devons absolument tisser du lien politique avec les autres. Et nous pouvons le faire en dehors de toute association, en dehors de tout système organisé. Retisser du lien politique, c’est la première étape vers la démocratie.

    Pour cela, nous pouvons commencer par des choses très simples, nécessitant peu de coûts, peu d’organisation, pas de centralisation. Rien d’original, rien d’innovant, rien d’insurmontable. Il s’agit de reprendre une idée, d’ailleurs proposée par d’autres[1] : instaurer des réunions politiques en invitant, pour commencer, tous ceux qui pourraient être intéressés par la chose – et puis, pourquoi pas, par inviter tous ceux qui sont réticents à parler politique mais qui ressentent le besoin de le faire. « Réunions politiques », c’est un peu martial et formel : ça n’a pas à l’être. Ce peut être des « apéritifs politiques », des « soirées politiques » ou des « moments de convivialité politique » (on peut remplacer politique par citoyen), ou tout autre nom qu’on voudra leur donner. La forme importe peu, en définitive, au contraire du fond. Même s’il ne s’agit, d’ailleurs, que de « café du commerce », l’importance du lien politique est déjà une avancée fondamentale. Parler politique, c’est aujourd’hui presque tabou : trop sérieux, trop sujet à discorde. Alors déjà, rien que de convaincre des gens de commencer à parler politique, c’est beaucoup. Et puis, l’idée, n’est pas de se chamailler sur tel ou tel parti politique.

    Mais ces discussions n’ont pas forcément à être de simples « cafés du commerce ». Elles peuvent être plus élaborées : par l’instauration de thèmes, par des préparations préalables, par de la documentation. Elles peuvent ainsi être des lieux d’information plus approfondies que dans les médias. Le grand avantage, c’est que chacun peut organiser ces réunions comme ils le souhaitent. Voilà donc une idée qui est applicable par tous, dès maintenant. Une idée concrète et utile.

    Le Blog de Paul Jorion support d’aide

    Enfin, le Blog de Paul Jorion peut avoir deux rôles liés à cette idée. Le premier, c’est d’en faire la promotion. Voilà donc une idée qui n’a pas besoin de passer les fourches caudines institutionnelles ! Et cette promotion est très simple à faire, il suffit juste d’en parler. Le second peut-être relatif aux documentations à fournir. Avec internet – mais en réalité même sans ! – l’information est pléthorique, surabondante. On s’y noie aisément. Le blog pourrait alors être un endroit où par thématique seraient regroupés les documentations importantes sur un sujet, avec, disons, deux ou trois degrés d’approfondissement : un article de présentation de l’enjeu, une liste d’articles importants sur le sujet, enfin, une sélection de travaux importants mais peut-être plus poussés. Ces documents et listes auraient un titre purement indicatif, un pur partage. Des réunions politiques sont, de toute manière, organisée librement.

    Cette idée, évidemment, n’a pas vocation à être l’alpha et l’oméga de l’action citoyenne : elle n’est qu’un instrument parmi d’autres. Mais compte tenu de la facilité avec laquelle elle peut être mise en œuvre et de l’importance qu’elle revêt en termes de perspective citoyenne, on ne voit pas vraiment de raison de s’en passer. Vous n’avez d’ailleurs même pas besoin d’attendre que le Blog prenne des initiatives particulières : vous pouvez le faire dès maintenant !

    [1] Elle l’a été récemment par un homme politique de gauche : parce qu’elle n’est pas nouvelle et parce qu’il ne s’agit pas d’une question partisane, on préférera ne faire de publicité.

    1. Mais ces discussions n’ont pas forcément à être de simples « cafés du commerce ». Elles peuvent être plus élaborées : par l’instauration de thèmes, par des préparations préalables, par de la documentation. Elles peuvent ainsi être des lieux d’information plus approfondies que dans les médias. Le grand avantage, c’est que chacun peut organiser ces réunions comme ils le souhaitent. Voilà donc une idée qui est applicable par tous, dès maintenant. Une idée concrète et utile.

      Il y a 50 ans (une éternité), les membres de ma famille étaient presque tous communistes, et ce type de structures s’appelait des cellules (nom ambigu)
      Je n’ai jamais adhéré à cette idée que l’on pouvait « changer les mentalités »
      On voit d’ailleurs ce qu’il en est aujourd’hui
      Le communisme est mort (pour l’instant, mais en tant que religion ça peut revenir, demandez à Badiou)
      D’autres reprennent le flambeau sous d’autres noms et d’autres modalités
      Pourquoi cela n’a pas marché (Marchais ?)
      Pourquoi cela marcherait-il aujourd’hui ?
      Et puis il y a des Podemos, des Syriza, des 5 étoiles…à qui l’on souhaite bon vent

      Comme vous le dites, la documentation, la littérature… (sur les crises..) est surabondante et internet est un vecteur d’accélération des flux.
      Alors oui pourquoi pas structurer un peu tout cela.

      J’ai juste l’idée que le poisson ne mord que s’il a faim

      1. J’ai juste l’idée que le poisson ne mord que s’il a faim

        Et que quelque chose à mordre soit à sa portée. Or tout est fait pour qu’il ignore les nourritures autres que la soupe qu’on lui sert quotidiennement.

        Pour ce qui est du communisme, on peut imaginer des formes bien différentes, et humaines, de ce qui a déjà existé. Le terme « communisme » a été vidé de son sens pour le réduire à Staline, Marchais, etc.
        Il est absurde de considérer que tout aurait déjà été inventé. C’est de l’intérêt des actuels dominants de nous le faire croire…

  7. Et pourquoi pas se lancer dans la construction, la construction de coopératives intégrales?
    Si les coopératives intégrées issues du socialisme utopiques ont échoué à changer le monde, malgré quelques très belles réussites comme le familistère de Godin qui a vécu une centaine d’années, les coopératives intégrales ne présentent pas les mêmes inconvénients, n’enfermant pas l’individu dans une pseudo-secte.

    1. @Michel Martin 22 avril 2015 à 13:30

      Et pourquoi pas se lancer dans la construction, la construction de coopératives intégrales?

      Cela ne résout pas le problème de fond, à savoir que ces coopératives sont tributaires du système économique dominant, car elles ne disposent pas des Ressources nécessaires à une indépendance suffisante et durable. (sauf « retour à la bougie »)
      Par contre ce serait pertinent à l’échelle de la France !

      1. « …elles (les coopératives intégrales) ne disposent pas des Ressources nécessaires à une indépendance suffisante et durable. (sauf « retour à la bougie ») »
        La CI de Barcelone qui a inspiré cette forme d’action par le bas ne prétends pas vivre en autarcie, mais elle mutualise tout ce qui peut l’être de façon pragmatique, ce qui abaisse les coûts de beaucoup de ses activités, la rendant en définitive, très « compétitive », elle s’invente en marchant et est plutôt sur une stratégie d’essaimage plutôt que de prise de pouvoir par le haut.

      2. Il y a des SARL qui fonctionnent en parfaite coopération, et des scoops qui sont de vraies dictatures…..

        A mon avis,

        C’est pas les structures qui doivent changer en premier mais les volontés individuelles.

        Les structures suivent.

      3. elle mutualise tout ce qui peut l’être de façon pragmatique, ce qui abaisse les coûts de beaucoup de ses activités, la rendant en définitive, très « compétitive », elle s’invente en marchant et est plutôt sur une stratégie d’essaimage plutôt que de prise de pouvoir par le haut.

        Oui, le principe est bon, c’est un chemin à suivre.

        Ce n’est pas un reproche que je leur fait, mais actuellement elles sont soumises à un impératif de compétitivité vis à vis des entreprises du système dominant dont elles ne peuvent se passer. Cela réduit notablement leurs marges de manœuvres en matière d’innovation sociale ou écologique, dès lors que leurs compétitivité en pâtirait trop.

        Si ce type de structures, était généralisé, et indépendant du capitalisme dominant, il serait possible d’établir des normes radicalement progressistes…
        Cela fait partie des solutions auxquelles je crois.

      4. @Thomas,
        « C’est pas les structures qui doivent changer en premier mais les volontés individuelles.
        Les structures suivent. »

        Vous avez une méthode?

        Changer de culture (coopératives ou autoritaires) n’est souvent pas une mince affaire. La volonté sans savoir faire conduit à peu près certainement à l’échec. De même que sans la volonté de changer, ça ne marche pas. Mais le mode pratique d’organisation, de mode de prise de décision, consolident une culture. On dispose aujourd’hui d’assez d’exemples et de méthodes qui marchent pour savoir comment s’y prendre pour mettre en place et stabiliser une culture coopérative.

      5. @Michel Martin

        Non, non, je n’ai pas de méthode, mais d’après votre lien, les « coopératives intégrales » naissent en Espagne récemment (2009) et donc avec un chomage à 20 et quelques pourcents.

        Quand vous avez une personne sur cinq en carafe, ce que j’appelle « les volontés individuelles » change assez vite. Et la mutualisation se met alors en place, non pas parce que untel l’a imposé, ou proposé, ou même parce que ce principe était disponible, non, mais parce que c’est le seul moyen de faire bouffer tout le monde.

        Connaitre le principe d’un nouveau système est important, mais rien ne bouge tant que les conditions individuelles ne changent pas. C’est tout ce que je voulais dire.

      6. @Michel Martin , Dominique et Thomas

        j’ai entendu parler de ce mode de vie en autogestion, je trouve que c’est une excellente idée, cela dit pourriez vous développer ?
        Connaissez vous des individus qui font partie d’une CI ?
        Quels sont les retours d’expériences concrètes ?

        « Connaitre le principe d’un nouveau système est important, mais rien ne bouge tant que les conditions individuelles ne changent pas. »

        Cela fait parti des associations ou groupements d’individus nés initiatives citoyennes.
        Ce mouvement va en s’accroissant et il est vrai que plus les conditions sont défavorables plus les individus bougent, du moins ceux et celles qui sont de plus en plus conscient et décident de prendre leur avenir en main.
        CF livre de Bénédicte Manier que j’évoquais dans un précédent billet blog de PJ

        «  »Ces révolutions, j’ai l’impression de les connaître depuis toujours, confie-telle. J’ai croisé des quantités de domaines liés au développement local et j’ai profité de mes déplacements personnels pour ne pas passer des vacances idiotes. Je suis donc allée voir sur place ce dont j’ai entendu parler ».

        L’auteur confirme ainsi son intuition : ces initiatives se multiplient partout à l’identique – ou presque – en dépit de leurs domaines d’application très variés (habitat, santé, consommation, etc.) et de leurs conditions de développement, dans les pays industrialisés ou émergents. « Certains de ces mouvements existent depuis trente ans, mais la crise accélère le développement des alternatives », note la journaliste pour qui les inspirations à l’origine de ces révolutions sont également les mêmes où que l’on soit. « Les citoyens répondent au même désir, et nous avons affaire à une effervescence de terrain qui concerne des millions de personnes dans le monde », explique l’auteur.

        Pour elle, ces évolutions ne sont pas marginales : elles se développent au cœur des sociétés et les classes moyennes qui sont au cœur du changement. Et elles posent une question : qu’est-ce qui fait que les gens mettent en place des alternatives identiques sans se connaître ? »

        http://alternatives.blog.lemonde.fr/2012/11/28/ce-million-de-revolutions-tranquilles/

        merci à vous !

      7. Bonjour Gudule (Je suis également Fan de Boris)

        J’ai rencontré un des pilier de cette scierie du plateau des milles vaches

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Ambiance_Bois

        Où le président est tiré au sort, le comptable empile aussi des planches, et le scieur conduit des camions, la plupart sont à temps partiel, pour pouvoir mettre de nouveau du temps en commun dans les jardins potagers… la construction des habitats….

        La bas si j’y suis là dessus :

        http://la-bas.org/spip.php?page=article&id_article=498

        C’est assez concret.

      8. @ GUDULE 24 avril 2015 à 13:23

        ces évolutions ne sont pas marginales : elles se développent au cœur des sociétés et les classes moyennes qui sont au cœur du changement.

        Elles ne sont peut être pas marginale en ce qui est du nombre de personnes concernées, mais elles restent en marge du système qui, lui, concentre le Capital.

        Ces entreprises ont bien peu de moyens, (sauf exception) puisque leurs propriétaires sont généralement fauchés.
        Le jour ou les grandes entreprises qui capitalisent des milliards d’euros seront autogérées, on en reparlera…

        En fait on en revient toujours à la propriété du Capital.

  8. Chacun réalise bien la signification de la belle expression « arc republicain », destinée à marginaliser les éclaireurs de conscience… puisque remettre en cause les institutions, par définition, revient à sortir ou à ne pas intégrer l’arc républicain.

    Faire de P.J un dangereux terroriste avide de changer le cadre institutionnel lui-même, ou de chercher des solutions en dehors de son approbation possible par ce cadre institutionnel lui-même (les syndicats en font parti), et donc le placer sous surveillance.

    Car bien sur, les lois liberticides qu’on nous prépare ne sont pas faites pour les terroristes mais pour les gens comme vous… Il suffit de lire c’est écrit en toutes lettres. Ils ne se gênent même pas.
    Charlie aura rendu de bien bons services à l’oligarchie.

    1. Qu’ils se rassurent, Grand Schtroumpf n’a strictement rien à cirer des états d’âme des Schtroumpfs grognons.

  9. LA CRITIQUE NE SUPPRIME PAS LE SYMPTOME …
    Il arrive même qu’elle le renforce parce qu’elle rend le sujet plus intéressant, voire plus influent s’il s’agit d’une institution.
    Rejeter le mal c’est l’empirer. Refuser le faux c’est le fausser. Combattre le laid c’est l’enlaidir…
    « Non pas combattre l’illusion – car la combattre, c’est l’affirmer -, mais passer dessous » nous dit le Tao. La voie tao est le non-agir ; ni persistance, ni résistance. Seulement existence.
    D’où la profondeur et l’acuité de cette grande leçon de la sagesse taoïste : lorsque l’on tombe dans un fleuve comme l’on tombe dans la vie, il faut d’abord apprendre à nager, ensuite ne jamais nager à contre-courant.
    Ne pas combattre, ne pas agir. Refuser d’être obligé de choisir entre deux solutions quand on sait qu’elles sont inadaptées. Un enchevêtrement de mauvaises solutions ne font qu’aggraver le problème au lieu de le résoudre.
    Le non-agir, le wu-weï en chinois, est tout sauf l’inactivité, la passivité et la facilité. C’est tout au contraire, faire un saut quantique jusqu’au niveau immédiatement supérieur pour sortir de l’impasse.

    Extrait de : NOO DU GREC NOOS : connaissance, esprit, intelligence
    http://www.neadigital.com/noo/

    1. @James Bernard

      « Le non-agir, le wu-weï en chinois, est tout sauf l’inactivité, la passivité et la facilité. C’est tout au contraire, faire un saut quantique jusqu’au niveau immédiatement supérieur pour sortir de l’impasse.

      Extrait de : NOO DU GREC NOOS : connaissance, esprit, intelligence
      http://www.neadigital.com/noo/

      et

      « ENTRE IMBECILITE OU DELIRE : LA VOIE DU MILIEU

      Selon René Thom, mathématicien contemporain : « La voie de crête entre les deux gouffres de l’imbécilité d’une part et le délire d’autre part n’est certes ni facile ni sans danger, mais c’est par elle que passe tout progrès futur de l’humanité ».
      La voie du sage du Tao se place sur la fine ligne qui sépare la zone du yin et la zone du yang, la voie du milieu, qui est tout ce que l’on voudra sauf la voie du compromis et de la compromission.
      D’une part l’intériorité : accomplissement personnel, grandir, se déployer, s’épanouir.
      D’autre part l’extériorité: intégration, reliance aux autres, à la Nature, au cosmos.
      Négliger l’intériorité c’est devenir esclave des autres, du paraître, du jugement, c’est renoncer à son oeuvre propre
      Négliger l’extériorité c’est devenir esclave de ses caprices, de ses envies, de ses pulsions, c’est sombrer dans l’égotisme, dans le narcissisme, dans le nombrilisme.
      Vivre, c’est optimiser, à chaque instant, la rencontre entre les potentialités que l’on porte en soi, et les opportunités qu’apporte le milieu.
      Ce que l’on appelle conscience n’est que l’interface entre ce dedans et ce dehors. »

      et

      COLLABORER OU ENTRER EN CONCURRENCE ?

      La théorie des systèmes complexes appliquée à la biodiversité attire notre attention sur le fait qu’il ne suffit pas de considérer les espèces isolément pour comprendre leur organisation et leur dynamique au sein des communautés.
      Ainsi, l’invasion ou l’extinction d’une espèce, dont l’espèce humaine, dépend non seulement des caractéristiques de cette espèce, mais aussi de celles de la communauté où elle se trouve.
      La vie est faite de coopération bien plus que de compétition. Les interprétations hâtives du « Struggle for life » Darwinien, représentant la vie comme une lutte, privilégiant la concurrence et la compétition sont à remplacer par des concepts plus pertinents : l’exploration des possibles, la diversité, la coopération, la reconnaissance.
      L’espèce humaine n’est-elle pas issue d’un écosystème complexe, la forêt, où se côtoient et coopèrent des dizaines de milliers d’espèces communiquant entre elles de mille manières différentes ?  »

      Thanks a lot !

  10. « Voici donc notre réponse. Quand vous allongerez ces mains dont vous vantez la force pour saisir nos palais et notre aisance dorée, nous vous montrerons ce que c’est que la force. Nous broierons vos révolutionnaires sous notre talon et nous vous marcherons sur la face. Le monde est à nous, nous en sommes les maîtres, et il restera à nous. Quant à l’armée du travail, elle a été dans la boue depuis le commencement de l’histoire, et j’interprète l’histoire comme il faut. Dans la boue elle restera tant que moi et les miens et ceux qui viendront après nous demeureront au pouvoir. Voilà le grand mot, le roi des mots, le Pouvoir ! Ni Dieu, ni Mammon, le Pouvoir ! Ce mot-là, retournez-le sur votre langue jusqu’à ce qu’elle vous cuise.
    Le Pouvoir !  »
    JACK LONDON, Le Talon de fer

  11. J’ai une idée : il faut faire honte. Voilà, il faut faire honte. Il faut faire honte à ces gens, voilà, les grands dirigeants du business etc. Est-ce que ça va marcher ? Je ne sais pas

    Je crains fort que cela ne marchera pas ! Car, pour que ces « gens-là » éprouvent de la « honte », encore faudrait-il qu’ils soient bien conscients qu’un être humain est, indivisiblement, un corps individuel et un corps collectif.

    Or, l’ultra libéralisme étant un ultra individualisme, ces « gens-là »dicothomisent totalement leur être (c’est le dualisme cartésien sujet-objet poussé à l’extrême), en faisant de sa première part une substance absolue et de sa seconde ou un néant absolu (Mme Tatcher ne disait-elle pas que « la société n’existe pas » ?) ou seulement un monde d’objets dépourvus de toutes valeurs humaines collectives (le Bien, le Beau et le Vrai), manipulables au gré de leur caprice et de l’optimisation de leur seule utilité à eux (ces « gens-là »)(c’est l’utilitarisme poussé à son extrême).

    Il me paraît donc vain d’essayer d’inculquer à des « gens-là » « la culture de la honte ». Les voit-on «s’attabler à la table de la société » (façon de parler) et « perdre la face » (c’est cela la « honte ») en reconnaissant publiquement que, dans le cadre de leur profession, ils ont toujours manqué aux règles élémentaires de savoir-vivre en société ? Au pire (première branche de l’option ci-dessus), ils se répandront en grossièretés (du genre : « Ce sont nous les vainqueurs et ce sont vous, les vaincus, qui, seuls, devriez avoir honte d’être ce que vous êtes : des vaincus ») ; au mieux (deuxième branche de l’option ci-dessus) … ils sortiront leur carnet de chèques, en conformité avec la théorie ultra libérale « Law and Economics » (lire, à ce sujet et entre autres, le dernier livre, magistral, de Alain Supiot « La gouvernance par les nombres »).

    Est-ce à dire que nous n’avons plus aucun moyen de remettre ces « gens-là » à leur place ? Non ! Il faut leur inculquer, à coups de poings dans la g… s’il le faut, « la culture de la faute » et pas n’importe laquelle, pas la « faute » morale (le péché) , mais bien la bonne et vieille « faute » civile et, surtout, pénale, seule chose qu’ils sont en mesure de comprendre, seule chose dont ils ont peur.

    Je sais bien que ce n’est pas une voie facile puisque « nous » les 99 % nous ne sommes pas entendus et écoutés d’ « eux » les 1% , alors que ce sont « eux » qui disposent du pouvoir (notamment de légiférer). Comme toujours, le combat à mener est uniquement politique : « nous » les 99 % sommes-nous prêts à prendre le pouvoir, de préférence sans violence (comme Syriza l’a fait) ? Tabler, en total désespoir de cause, uniquement sur « la culture de la honte » et plus sur la « culture de la faute », c’est renoncer à ce combat.

  12. Je dois être comme l’aristocratissime Keynes, plus je lis le blog Jorion et plus j’apprécie Burke…

      1. Lesquels britishs , à défaut de perdre leur bicamérisme , semblent bien en passe , comme relevé par François Leclerc , de perdre le bipartisme et se préparer à des difficultés de leadership gouvernemental .

        C’est peut être bien ainsi que le verrouillage politique institutionnel est le plus menacé .

        Pour le pire ., le mieux ou le moins pire ?

    1. « Pour que le mal triomphe seule suffit l’inaction des hommes de bien. »
      Paul ajoute :« Et la honte des hommes mauvais. »
      Trop fort n’a jamais manqué…

    2. @ vigneron

      Burke (que je découvre via Wiki):
      « Au nom d’une philosophie de la nature, Burke rejette le contrat social rousseauiste; pour lui la légitimité d’une constitution est fondée sur la prescription, non sur la convention ». « Pris d’un vertige volontariste, les révolutionnaires français… »
      Devoir vs vouloir? Platon vs Aristote?

      « Burke soutient que l’œuvre législative française est fondée sur des idées théoriques et intemporelles alors que les réformes doivent toujours être particulières au contexte spatio-temporel. »
      Génétique vs épigénétique? Cause matérielle vs cause efficiente? Y s’emmêle pas un peu les pinceaux, le Burke?

      « L’état naturel n’est autre que la vie en société, parvenant graduellement à la civilisation. Le perfectionnement et le progrès de la société conservent les acquis.
      Evolution continue ou non des sociétés? Discutée au dernier Vicomte:
      « Peut-on penser qu’une fraction massive de la population acceptera chroniquement une telle situation sans qu’un changement radical ne se produise à un moment donné ? Dans la négative, quelles seront les conditions de ce changement, se déroulera-t-il dans l’harmonie ou dans la douleur, sera-t-il brusque ou progressif? »

      Pouvez-vous développer votre « plus je lis le blog Jorion et plus j’apprécie Burke… »?

  13. Quelle etait la constitution sociologique du Peuple durant la révolution française ? C etait le peuple urbain donc un pourcentage minoritaire de la population à l époque. Minoritaire, mais organisé vu le résultat.
    Je crois plutôt qu’il y a des forces mobilisées, et des forces inexistantes parce que atomisees.
    Chacun gueule dans son coin derrière son écran.
    Ce qui convient parfaitement aux dominants. La force des doninants vient de la faiblesse des dominés. Revoir l histoire d’après 1945, le CNR, ….
    Ceci dit, je nage dans la même panade que tout le monde.
    Les problèmes paraissent tellement insurmontables, tellement incompréhensible, tellement inappropriables, tellement urgent que pour dépasser cette impuissance, il faut je crois commencer par faire du petit, du local … pour voir une efficacité de l’action.

    1. Le chemin pour y aller, l’état de la rivière, de l’eau et du poisson…

      Tout vous ramènera aux sociopathes….

      1. @Thomas

        Mon point était de faire remarquer (un peu trop subtilement peut-être) qu’il y a à peu près autant de chances de faire honte à un sociopathe, qui par définition se fout éperdument des conventions sociales, que d’attraper le dahu. Autrement dit, choisir ce type de solution est probablement le plus sur moyen de ne jamais obtenir le moindre résultat. Dans ces conditions, autant se désintéresser du sujet pour consacrer son temps à des choses plus réjouissantes.

      2. Oh c’est clair…mais il y a longtemps déjà que le  » Bon, c’est bien joli tout ça, mais qu’est-ce qu’on fait ??? »

        Revient ici de façon plus ou moins lancinante.

        Alors Paul va aller jouer du clairon, Vous serez peut-être à la pêche, moi, avec les brebis, jardin,

        enfants des écoles….je crois que la vanité de ces actions n’échappe à aucun de

        nous, les forces de la physique sont contre nous, mais c’est ça qui est beau, non ?….

  14. Ben moi ce soir, j’ai pensé à quelques lois originales.

    La première je la nommerais la loi PARTAGE

    Elle obligerait toute multinationale commerçante sur nos terres d’offrir la possibilité a des indépendants , petits marchands de pouvoir disposer de l’afflux de clientèle pour eux aussi pouvoir vendre qq chose. Je pense par exemple au parking d’une grande firme de meubles IKE

    La seconde loi se nommerait DROIT DE RECIPROCITE

    Lorsqu’un petit commerçant fait une affaire avec une grande entreprise aux conditions générales difficiles, il pourrait bénéficier de la réciprocité automatique.
    Par exemple si un fleuriste vend à BELGACOM les délais de paiement serait d’office identiques par réciprocité.. Si les conditions d’une partie sont plus forte elles serait d’office égalisées.

    EGAUX DEVANT LA LOI

    nous sommes tous égaux devant la loi mais pas face à ses effets lorsqu’ils sont financiers
    une amende pour un chômeur est pire que la même amende pour une personne qui gagne dix mille euros.

    Une obligation de préciser tous les produits contenant des pesticides plutôt que des étiquettes incompréhensibles.

    Des charges professionnelles adaptées aux chiffre de vente par ouvrier.
    Un restaurateur n’est plus rentable s’il coupe ses oignons lui même car son plat couterait trop cher. d’où, obligation d’acheter de l’industriel pour être rentable. avec des charges adaptées au ca, il pourrait a nouveau cuisiner du bon

    voila des idées, j’invite tous les participants au blog à proposer des lois pour faire avancer les choses sinon, dans cent ans nous serons encore là a constater les problèmes en disant ce qui ne va pas.

    J’aimerais pouvoir voter pour des décisions et mois pour des personnes.

  15. Depuis 8 ans, je suis chaque nuit les papiers de Paul JORION et de ses invités ( http://www.pauljorion.com/blog/) sans jamais prendre le risque de commenter des articles dont la tenue dépasse, et de loin, mes compétences.

    Pour une fois, je me jette à l’eau à partir d’un article du maître qui fera date. Pour ceux qui n’ont pas le courage d’aller sur le site, je résume et trahis le développement.

    L’article de sept 2014 de GILENS et PAGEC qui s’appelle : « Les théories de test de la politique américaine ». ces deux grosses pointures universitaires américaines (selon P.J. ) essayent d’évaluer dans quel type de démocratie nous évoluons. Ils en concluent que : « Les préférences de l’américain moyen semblent avoir un impact sur les politiques qui sont suivies, minuscule, proche de zéro et non-significatif sur un plan statistique ». Cependant disent-ils, ça se retrouve parfois, dans la mesure où l’opinion majoritaire, coïnciderait avec celle d’une petite minorité. Ils se demandent si les groupes d’intérêts d’origine citoyenne comme les syndicats, les organisations de consommateurs – si leurs opinions se retrouvent, sont appliquées.
    C’est que ces groupes d’intérêts censés nous représenter ont souvent des objectifs qui sont les leurs et qui ne correspondent pas à ceux de la majorité.
    Est-ce que ça veut dire que l’opinion de la majorité sur ce qu’il faudrait faire est discutée et puis est rejetée par une majorité de parlementaires ? Non. Ce qui se passe, c’est que les demandes, les souhaits de la majorité de la population ne se retrouvent même jamais exprimés au niveau du Parlement et du Sénat ici. « La majorité ne dirige pas les affaires », et le « ne » est en italique.
    Les auteurs ne parviennent pas à définir qui est-ce petit groupe qui dirige les affaires, mais ce qui est décidé représente les intérêts d’un tout petit groupe : milieux d’affaires plus quelques personnes très fortunées.
    « J’ai une idée, dit P.J. : il faut faire honte. »

    Je n’irai pas plus loin dans le relevé des infos qui me semblent essentielles.

    Le public de Paul Jorion rassemble des militants politiques passés, présents ou en déshérence. Prendre connaissance d’un travail qui sort des habituelles opinions de bistrot pour ne pas être blessant avec nos think tanks habituels et bien convenus.

    *Le mandat politique qui s’inscrit dans une carrière et non pas dans un « sacerdoce » laïc et temporaire ne semble plus retenir l’attention des militants.

    *L’abandon des palais nationaux au bénéfice de lieux d’habitation et de travail ordinaires n’est pas une marque de démagogie facile, mais une façon d’être plus favorable aux échanges.

    *La prise de conscience que le combat contre « le petit groupe des maîtres du monde » ne se résoudra pas par une storytelling illusoire et que l’on nous a déjà mis en boucle, mais par la montée en charge d’intérêts basiques et convergeants.

    Le PS, mon parti, car aucun autre n’est plus vivant à gauche, gagnerait à comprendre cette démarche essentielle que MPF aurait saisie au vol.

    1. J’ai honte de dire que j’ai rien compris

      Mais ça doit venir de la traduction transformée en trahison .

  16. bonjour,

    en URSS aussi une infime minorité gouvernait à son profit et contre la volonté des citoyens. En URSS et en Europe de l’Est les gouvernements disposaient de moyens de répression plus « développés » que ceux de nos « démocraties ». Mais quand les citoyens ont dit « ça suffit », le système s’est effondré d’un coup. Alors pourquoi désespérer ?
    La différence avec la situation actuelle est qu’ils avaient sous les yeux le modèle de rechange… le nôtre, qui –lorsqu’il n’a plus été freiné dans ses excès suite à l’effondrement du communisme– s’est empressé de courir au précipice. Ironie de l’histoire.
    Par ailleurs l’histoire nous apprend que le genre de changement auquel nous aspirons sur ce blog ne se produit généralement pas avant qu’on soit au bord du gouffre. Avec pour corollaire que tout doit se faire très vite. En conséquence, il est essentiel que les solutions ou règles nouvelles soient prêtes. Quel dommage qu’au moment de Lehman les politiques n’aient pas eu en mains le mode opératoire qu’il eût suffi d’appliquer pour effacer d’un coup les capitaux flottants qui cancérisent l’activité réelle et redonner le pouvoir aux gouvernements tout en garantissant un montant (plafonné) de dépôt des particuliers. En transformant la dette privée et spéculative en dette bien réelle des états, puis en imprimant de la monnaie à tout va, ils ont fait tout le contraire.
    L’occasion était belle, et personne ne sait quand elle se représentera. Bien que, au rythme où vont les choses, cela devrait venir assez vite !!! Alors, concocter ET faire connaître un ensemble de mesures à prendre la prochaine fois reste LA priorité. Il faut plutôt accélérer et approfondir que lever le pied…. Alors, comment faire ? Le blog a plusieurs fois évoqué les clubs ou sociétés qui se sont multipliés à l’époque de la révolution française. N’avons-nous pas là un chantier à développer ?

    1. ….ils ont fait tout le contraire.

      Et comment ferez-vous à la prochaine crise, pour que « ils » ne fassent pas à nouveau tout le contraire, et que « ils » s’en aillent (planter des betteraves) ?

      L’ennemi est bête : il croit que c’est nous l’ennemi alors que c’est lui !
      Pierre Desproges

    2. Bonjour,

      le genre de changement auquel nous aspirons sur ce blog

      Quels sont ces changements ? A part l’interdiction de la spéculation, je n’en vois guère sur lesquels nous soyons majoritairement d’accord (je parle de changements CONCRETS – pas de belles déclarations sur un monde ‘plus juste’). En outre, j’ai des doutes sur l’efficacité de l’interdiction de spéculer..

  17. @ bourby

    Je vois l’effondrement de l’URSS comme le résultat d’une catastrophe de conflit entre deux façons de concevoir la société, l’URSS perdant au profit des USA.
    Puis ce fût la pax americana, la mondialisation à marche forcée selon la « bonne » conception américaine de la société.
    Pour moi le capitalisme est une conception prédatrice du monde (« struggle for life »): ayant « mangé » le communisme, le capitalisme affamé n’a plus à manger que lui-même! C’est ainsi que je vois la spirale de concentration de la richesse.
    Pour Thom « Le prédateur affamé est sa propre proie » est à la base de l’embryologie animale. Il lui associe la catastrophe « fronce », archétype des catastrophes de bifurcation.
    Nous sommes psychologiquement préparés à affronter les catastrophes de conflit: il y a un adversaire, des rapports de forces, cela rassure, même si l’issue est incertaine. Il en va autrement des catastrophes de bifurcation: l’ancien monde se dérobe sous nos pieds et nous ne savons pas de quoi l’avenir sera fait.

    Que faire?
    1. Elargir le cadre de pensée (il ne s’agit pas de changer seulement de cadre de pensée car il ne s’agit pas d’une catastrophe de conflit). Là PJ a fait un boulot remarquable que je salue.
    2. Elaborer une nouvelle constitution dans ce nouveau cadre. Compte tenu de mon triangle éthique « Je veux, je dois, je peux » dans cet ordre, ma position est:
    Titre I: dire ce que l’on veut;
    Titre II: dire ce que l’on doit;
    Titre III: dire ce que l’on peut, ce qui est possible, ébaucher le cadre logistique permettant d’atteindre les objectifs figurant dans le titre I sous contrainte de ceux du titre II.

    Dans l’actuelle constitution française les articles 5 à 8 du titre « De la souveraineté » montrent que le pouvoir a sa signification usuelle, et donc qu’il s’agit d’une démocratie représentative, un oxymore dit PJ. Autrement dit il ne s’agit pas d’une constitution démocratique.

    Je pense que toute constitution qui attribue au « pouvoir » son sens « mainstream » ne peut qu’être qu’une dictature en puissance (et à la fin en acte!).

      1. Il y a bien longtemps,que nous n’avions pas entendu parler de Thom.
        Thom 1,Thom2,Thom 3…,c’est l’encyclopédie universelle.
        Pour le coup pas de bifurcation,une monomanie rassurante,grand merci au relayeur .

        « 

        Je vois l’effondrement de l’URSS comme le résultat d’une catastrophe de conflit entre deux façons de concevoir la société, l’URSS perdant au profit des USA. »

        Grand merci pour cet éclairage.

      2. @ Piotr

        « Il y a bien longtemps,que nous n’avions pas entendu parler de Thom. »

        Bonsoir Piotr. Il y a bien longtemps que je ne vous avais vu sur ce blog.
        Vous y faites un retour fracassant! 🙂

  18. Ce matin, Valls invité sur France Inter justifie sa loi de surveillance généralisée par une montée générale des périls : il nous agglomère gentiment risque terroriste et risque climatique par exemple….

    Paul, votre « projet  » de livre renforce le jeu des dominants.

    1. L’alternative étant la version Naomi Klein ?
      « Puisque ça va péter avec le capitalisme en roue libre, c’est le moment de lui clouer le bec et on prouvera que ça ne pète pas par la même occasion. »

      1. Moi pas compris, désolé…
        Il me semble qu’entre écrire un livre « on va tous mourir, j’ai peur !!! » et occuper autrement son temps, on doit bien pouvoir trouver d’autres alternatives que celle citée (que je n’ai pas compris, donc), non ?
        Enfin, moi ce que j’en dis, c’est juste que Paul demande notre avis, hein.
        Sinon, merci pour les criquets !!

      2. @Timiota

        L’alternative étant la version Naomi Klein ?
        « Puisque ça va péter avec le capitalisme en roue libre, c’est le moment de lui clouer le bec et on prouvera que ça ne pète pas par la même occasion. »

        ça me va, oui même dans la nature le vent tourne……………. :-))

        amicalement votre

      3. @ bluegreen
        La version Naomi Klein, c’est le dépassement de deux contradictions en utilisant la force de conviction de l’une pour s’affranchir de l’autre.
        Le climat ne pouvant qu’être détraqué par les capitalistes (« il faut maintenir le cours des actions d’Exxon par une quantité de réserve prouvées suffisantes, que voulez-vous, on ne s’arrêtera pas d’extraire tout le carbone »), lutte contre le climat étant davantage ressenti comme une nécessité, on doit utiliser cette lutte néessaire pour défaire ce qui nous fait trop carboner, et le nom de l’Hydre carbonisante est… le capitalisme.

        Faisons d’une pierre deux coups !

        C’est en effet d’un autre niveau (qu’on approuve ou pas) que la pensée Placé-Duflot.

  19. Je vois l’effondrement de l’URSS comme le résultat d’une catastrophe de conflit entre deux façons de concevoir la société, l’URSS perdant au profit des USA.
    Puis ce fût la pax americana, la mondialisation à marche forcée selon la «bonne» conception américaine de la société.
    Pour moi le capitalisme est une conception prédatrice du monde

    Il y a eu en concurrence deux versions de capitalisme prédateur:
    – Le capitalisme colonial qui a semblé avoir triomphé au XIXéme siècle mais qui a fortement régressé quand au milieu du XXéme il a perdu le pouvoir d’exploiter directement ses empires coloniaux.
    – Le capitalisme des États-Unis qui a su exploiter à outrance un territoire immense et presque vide et qui a séduit le reste du monde (y compris l’URSS, l’Asie, etc) à cause du niveau de richesse atteint.

    Ce modèle triomphant a permis une forte croissance dans de nombreux autres pays grâce à son indiscutable efficacité, si bien qu’à mon avis on ne comprend rien à ce qui s’est passé si on ne prend pas en compte cette exceptionnelle efficacité.

    La complexité résultant de la mondialisation et surtout la surexploitation des ressources indispensable à la croissance dont ce modèle ne peut se passer font que les classes moyennes sont de plus en plus inquiètes et les pauvres de plus en plus pauvres en Europe comme aux États-Unis…

    Note importante: non c’est pas la faute aux américains! Les européens ont suivi en gros la même voie. Depuis l’effondrement de l’URSS même les russes et les chinois s’efforcent d’en faire autant. C’est vraiment la (catastrophique) efficacité à court terme du capitalisme qui a séduit tous le monde.

    1. C’est vraiment la (catastrophique) efficacité à court terme du capitalisme qui a séduit tous le monde.

      Tout est dit.
      Capitalisme = Cancer, car pour développer tout et n’importe quoi, il n’y a pas plus efficace.
      Le problème est que sur le long terme, c’est un désastre absolu.

      Le plus étonnant est que si peu de monde ne se pose la question de savoir comment un tel système évolue à terme. On est capable d’analyser des phénomènes infiniment plus compliqués…

      Pourquoi des types assez intelligents pour faire polytechnique ou l’ENA, ne voient pas ça?
      Comment expliquer ce hiatus d’un point de vue psychiatrique?

      1. « Pourquoi des types assez intelligents pour faire polytechnique ou l’ENA, ne voient pas ça?
        Comment expliquer ce hiatus d’un point de vue psychiatrique? »

        m’enfin si on doit ressortir la carte du pathologique et du psychopathologique à chaque pet de mouche…………!

        Un trou noir ne doit pas être confondu avec un trou blanc ni avec un trou de ver.

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Trou_noir

      2. Oui, c’est un trou noir. Mais on peut essayer de comprendre pourquoi:
        Il est donc un fait que nous sommes dans un système, une sorte de véhicule qui nous est familier et nous emmène vers l’avenir. On s’y sent bien (du moins ceux qui n’en sont pas tombés, et excepté ceux qui se font balloter à l’arrière).

        Dans ce véhicule il y a 3 types de passagers:

        – Ceux qui n’ont pas idée de se demander ou on les emmène, ils sont là, bercés par ceux qui conduisent, bref c’est le bonheur pas compliqué. Il y a aussi ceux qui en bavent, mais tout le monde sait que ça va s’arranger.
        Ce sont sans doute les plus nombreux.

        – Ceux qui ont compris que personne ne savait ou on va. Mais qui font mine de rien, car ils cherchent à tirer leur épingle du jeu, en cachant soigneusement qu’ils savent. Ils occupent les premières places, derrière le chauffeur qu’ils conseillent.

        – Ceux qui ont compris que ça va mal finir, qui s’accrochent au signal d’alarme, et dont tout le monde se moque. En général ceux là se calment rapidement, et font comme tout le monde pour ne pas se faire éjecter.

        Le tout est de deviner dans quel camp se trouve nos interlocuteurs. Pour certains, j’ai une idée assez marquée…

    2. Ce modèle triomphant….

      . marche bien dans un espace « ouvert », aux ressources « illimitées », et avec une population restreinte.
      Maintenant nous sommes dans un système fermé (Gaïa), avec 7 , bientôt 9 ou 10 milliards d’habitants en concurrence pour un niveau de vie élevé. Et il n’y en n’aura pas pour tout le monde.

      Donc deux voies possibles:
      * Un mode de vie « frugale » avec technologie de pointe (scanners, satellites, internet, échanges limités au strict nécessaire, éco-villages, énergie solaire, recentrage sur les activités productives et économes en eau/matériaux/énergie..), + changement d’organisation politique, financière, démocratique…
      * Un effondrement programmé d’ici 15, 20, 30 ans ?

      La solution n°1, mis à part le changement – très improbable – de mentalité, nécessite d’énormes investissements, chez nous (ex revoir l’habitat…) mais surtout dans les pays « du sud », maintenant que la Chine et l’Inde sont sur les rails.

      Qui peut décider de cela ? That is the question.

      D’où la conclusion pessimiste d’un bouquin comme 10 milliards (Stephen Emmott)
      D’où l’espoir un peu fou mais bien crédule (religieux ?) que la technologie y pourvoira.

      1. 3 milliards d’habitants aux États-Unis ?

        Ca parrait une idiotie mais la densité de population serait alors de 300 habitants au km² au lieu de 30 actuellement. Elle serait donc inferieure à celle de la Belgique (360), un peu supérieure à celle de la Grande-Bretagne (250.) Pour le Bangladesh c’est plus de 1000 habitants au km².

        Les États-Unis sont passés de 3 millions d’habitants en 1800 à 300 millions vers l’an 2000. Cette multiplication (par 25 au 19éme siècle, par 4 au 20éme siècle) semble pourtant leur poser déjà quelques problèmes puisque, comme l’Angleterre du 18éme, ils ne savent pas trop quoi faire de leurs pauvres (En 2012, environ 2,2 millions de personnes étaient incarcérées aux États-Unis.)

        Ces chiffres, qui ne tiennent pas compte des avantages que peut procurer la puissance militaire et le dollar dans les échanges economiques, suggèrent que prendre les États-Unis comme modèle universel est une absurdité.

      2. Quand je lis Gaïa je sors mon Gould :

        More generally, I like to apply a somewhat cynical rule of thumb in judging arguments about nature that also have overt social implications: When such claims imbue nature with just those properties that make us feel good or fuel our prejudices, be doubly suspicious. I am especially wary of arguments that find kindness, mutuality, synergism, harmony – the very elements that we strive mightily, and so often unsuccessfully, to put into our own lives – intrinsically in nature. I see no evidence for Teilhard’s noosphere, for Capra’s California style of holism, for Sheldrake’s morphic resonance. Gaia strikes me as a metaphor, not a mechanism. (Metaphors can be liberating and enlightening, but new scientific theories must supply new statements about causality. Gaia, to me, only seems to reformulate, in different terms, the basic conclusions long achieved by classically reductionist arguments of biogeochemical cycling theory.)

        There are no shortcuts to moral insight. Nature is not intrinsically anything that can offer comfort or solace in human terms – if only because our species is such an insignificant latecomer in a world not constructed for us. So much the better. The answers to moral dilemmas are not lying out there, waiting to be discovered. They reside, like the kingdom of God, within us – the most difficult and inaccessible spot for any discovery or consensus.

        Source:1997. Stephen Jay Gould, Kropotkin was no crackpot. Natural History 106 (June): 12-21;
        Transcribed: for marxists.org in May, 2002.

      3. je préfère sheldrake :

        Ruppert Sheldrake
        Champs morphiques et causalité formative

        Jusqu’aux années 1960, les physiciens ont cru, pour la plupart, que l’univers était éternel – l’univers, mais aussi les propriétés de la matière et des champs, ainsi que les lois naturelles. Ces éléments avaient toujours été et seraient toujours identiques à eux-mêmes. Mais on considère désormais que l’univers est né à la suite d’une explosion primitive. il y a quelque quinze milliards d’années, et qu’il n’a cessé de croître et d’évoluer depuis lors.

        Aujourd’hui, la physique théorique est en pleine effervescence. Des théories relatives aux premiers instants de la création voient le jour. Plusieurs scientifiques avancent des conceptions évolutionnistes de la matière et des champs, d’un type novateur.

        Le cosmos apparaît plus comme un organisme en pleine croissance et en pleine évolution que comme une machine éternelle. Dans ce contexte, des habitudes sont sans doute plus naturelles que des lois immuables.

        A partir de phénomènes réels mais inexplicables par les paradigmes actuels de la science, il a élaboré une théorie complexe, qui certes, demande une étude approfondie pour être validée, mais qui semble prometteuse, en tout cas « elle semble tenir la route ».

        En simplifiant beaucoup :

        Le tout est plus que la somme des parties. Il remet en cause également l’aspect purement mécanique de la biologie au profit d’une causalité formative à la base de la morphogenèse, la biochimie et la génétique n’intervenant qu’à posteriori.

        Cette causalité formative s’exprimerait par les champs morphogénétiques.

        Les champs morphiques façonneraient les atomes, les molécules, les cristaux, les organelles, les cellules, les tissus, les organes, les organismes, les sociétés, les écosystèmes, le système planétaire, le système solaire, la galaxie etc.

        Dans cette complexité croissante, les champs morphogénétiques contiendraient une mémoire inhérente acquise par un processus de résonance morphique, composant la mémoire collective de chaque espèce ( idée émise par l’éminent psychologue suisse Carl Gustav Jung ).

        Ainsi, le cerveau, trop petit pour contenir la mémoire, n’est pas un organe de stockage mais un organe de liaison avec la banque de données du champ morphogénétique dans laquelle se mêlent passé, présent et futur.

        http://www.inrees.com/articles/Les-dogmes-de-la-Science-remis-en-cause-par-Rupert-Sheldrake/

      4. @Vigneron

        La tourte voyageuse était présente en très grand nombre sur le continent nord-américain au début du xixe siècle (espèce endémique de ce continent), leurs effectifs étant estimés à trois voire cinq milliards d’individus, selon certaines estimations, rien que dans les États de l’Indiana, de l’Ohio et du Kentucky. L’espèce fut décimée en seulement quelques dizaines d’années principalement par les agriculteurs qui la considéraient comme nuisible pour leurs récoltes.

        Les Amérindiens chassaient déjà, il y a des milliers d’années, ces oiseaux sans mettre l’espèce en péril.

        Les tourtes voyageuses étaient si nombreuses qu’il paraissait sans doute impensable que l’espèce s’éteigne un jour. Mais les vols compacts et spectaculaires qu’offraient ces oiseaux les rendaient tout particulièrement exposés et vulnérables lorsque les occidentaux et leurs descendants commencèrent à les chasser. Il était en effet très facile d’atteindre ces oiseaux : il suffisait de pointer un fusil vers le ciel et de presser la détente à l’aveuglette et de manière répétée. On organisa des compétitions de chasse dont l’une d’elles offrait une récompense aux chasseurs qui abattaient plus de 30 000 oiseaux

        http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Tourte_voyageuse#Extinction

      5. @ GUDULE
        Et moi je préfère Thom!
        J’ai lu rapido wiki. Les idées de Sheldrake me semblent dans le droit fil de celles de Thom qui a repris la notion de champ morphogénétique et l’a replacée (et exploitée¹)dans un cadre mathématique. Ils sont tous deux lamarckiens. La vision qu’a Thom du monde me semble a priori incomparablement plus complète et cohérente que celle de Sheldrake.

        1: PJ aussi, qui utilise les chréodes de Waddington mathématisées par Thom dans « Principes des Systèmes Intelligents »

      6. @ GUDULE

        « Le tout est plus que la somme des parties. Il [Sheldrake] remet en cause également l’aspect purement mécanique de la biologie au profit d’une causalité formative à la base de la morphogenèse, la biochimie et la génétique n’intervenant qu’à posteriori. Cette causalité formative s’exprimerait par les champs morphogénétiques. »

        C’est dans le droit fil de la vision de Thom. Quelques citations:

        « L’hypothèse réductionniste devra peut-être un jour être retournée: ce sont les phénomènes vitaux qui pourront nous expliquer certaines énigmes de la matière et de l’énergie. »

        « La synthèse entrevue des pensées « vitaliste » et « mécaniste » en Biologie n’ira pas sans un profond remaniement de nos conceptions du monde inanimé. On use sans trop de scrupule en Biologie (et surtout en Biologie moléculaire!) de vocables anthropomorphes tels que information, codes, programmes… En pure Physico-Chimie l’usage de ces vocables serait considéré comme la manifestation d’un anthropomorphisme délirant. »

        « Les situations dynamiques qui régissent l’évolution des phénomènes naturels sont fondamentalement les mêmes que celles qui régissent l’évolution de l’homme et des sociétés. L’emploi de vocables anthropomorphes en Physique s’en trouve ainsi justifié. »

        « Sur le problème général des rapports entre le langage et le monde, nos modèles apportent quelques précisions; si notre langage nous offre une description relativement correcte du monde c’est qu’il est -sous forme implicite et structurale- une Physique et une Biologie. Une Physique parce que la structure de toute phrase élémentaire est isomorphe (isologue) à celle des discontinuités phénoménologiques les plus générales sur l’espace-temps. Une biologie, parce que tout concept à caractère concret est isologue à un être vivant, un animal. »

        Platon (Timée): « On doit admettre comme vraisemblable que ce monde [notre univers] est un animal véritablement doué d’une âme et d’une intelligence par la Providence divine. »

        Rq: Thom est platonicien alors que PJ refuse énergiquement (c’est le moins qu’on puisse dire!) le platonisme. Je suis toléré sur ce blog, adoubé par le chef lui-même (un motif de fierté) au rang de « troll inoffensif »…

  20. Le prix de l’inégalité selon Stiglitz : inefficacité et démocratie en dange

    http://place-publique.fr/article/le-prix-de-l-inegalite-selon

    La prise de contrôle de la démocratie par les Corporations
    Noam Chomsky

    http://www.chomsky.fr/articles/20100203.html

    et l Blondiaux : http://www.franceculture.fr/emission-r%C3%A9inventer-la-d%C3%A9mocratie-45-la-d%C3%A9mocratie-participative-2009-05-07.html

    M Jorion avez vous une traduction du document de Gilens and Page (pdf) que vous avez mis en lien ?

    D’avance , merci.

    cordialement

  21. « Note importante: non c’est pas la faute aux américains! Les européens ont suivi en gros la même voie. Depuis l’effondrement de l’URSS même les russes et les chinois s’efforcent d’en faire autant. C’est vraiment la (catastrophique) efficacité à court terme du capitalisme qui a séduit tous le monde. »

    Oui et surtout, tous ces systèmes ont démontré leur limites, les « essais », qu’ils soient démocratiques ou pas ont prouvé par les faits que sans un changement profond de conscience et d’état d’esprit le temps du bricolage est terminé……………

  22. démocratie collaborative ?
    http://blogs.mediapart.fr/blog/romain-lacuisse/090310/obama-et-la-participation-v-la-democratie-collaborative-pour-le-mei

    ou autre mode démocratique

    extraits cf lien ci dessous

    « L’horizontalité, c’est le refus de toute organisation hiérarchique, c’est l’atomicité individuelle qui choisit d’abdiquer pour une cause commune. Pas de l’argent, pas des avantages sociaux, pas une cause humanitaire, juste pour changer l’avenir, choisir l’avenir. La vraie démocratie maintenant, disent-ils en Espagne, en écho à la démocratie exigée dans les rues arabes. Cette liberté nouvelle, c’est de ne pas s’assujétir à un organigramme, à un chef, à un programme, à un système, à une doctrine. »

    « C’est l’inverse de l’organisation de « révolutionnaire professionnelle, avant-garde du prolétatriat » de Lénine toujours phantasmée par l’extrême gauche. C’est l’inverse su consensus mou, toujours revendiqué par la social-démocratie réaliste. C’est l’inverse du syndicalisme archaïque et corporatiste avec ses défilés si souvent sclérosés et ritualisés, c’est l’inverse de l’égoïsme nationaiste qui prévaut dans toutes les analyses économiques, c’est l’inverse de tout ce qui vient d’en haut, les modes et les mots d’ordre, les idées qui n’en sont pas. Les slogans ne sont écrits par personne et chantés par tous. »

    « Lorsque la majorité silencieuse l’est de moins en moins et que l’organisation ne dépend plus d’une stratégie, lorsque la manipulation des élites se fait par la masse, que le monde se retourne pour ne plus marcher sur la tête, alors la Révolution a lieu. Elle n’est plus celle des barricades, mais celle, numérique, de l’organisation horizontale. Elle s’étend et se répand, en sites miroirs et occupations de places. Ce n’est pas une mode, mais un mode d’organisation nouveau, que nos vieux dirigeants restent incapables de comprendre. »

    « Comme dans une révolution culturelle, il va falloir apprendre à désapprendre, pour enfin comprendre que pour regarder vers le futur, il ne suffit plus de lever les yeux au ciel, mais de les poser sur toi. »

    http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-marc-gavanon/230511/la-democratie-horizontale

  23. Piste de réflexion : Comment ont été créé les restos du coeur ?

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Restos_du_c%C5%93ur

    Création

    Le secrétaire et factotum de Coluche, Jean-Michel Vaguelsy, raconte comment l’idée a germé un jour de février 1985. Alors que Coluche vient de signer au fisc un chèque de 3 millions de francs aux impôts, il s’exclame : « Tu te rends compte, avec tout le pognon que je donne, si tous les mecs qu’ont du blé comme moi s’y mettaient, on pourrait régler le problème » . Quand sa cuisinière Anita lui apprend qu’un repas revient à quinze francs, l’humoriste calcule qu’avec l’argent de ses impôts, il peut offrir 200 000 repas5.

    S’étant engagé contre la famine en Éthiopie en interprétant avec d’autres artistes, la chanson SOS Éthiopie, l’humoriste est interpellé par des lettres et un auditeur d’Europe 1 sur la nouvelle pauvreté en France6. Le 26 septembre 19857, Coluche, en direct sur Europe 1, se révolte contre les gaspillages alimentaires d’une société de consommation et dénonce la destruction des surplus agricoles en France et en Europe :

    « Quand il y a des excédents de nourriture et qu’on les détruit pour maintenir les prix sur le marché, on pourrait les récupérer et on essaiera de faire une grande cantine pour donner à manger à tous ceux qui ont faim (…) J’ai une petite idée comme ça (…) si des fois il y a des marques qui m’entendent, s’il y a des gens qui sont intéressés pour sponsoriser une cantine gratuite qu’on pourrait commencer à faire à Paris et puis qu’on étalerait dans les grandes villes de France, nous on est prêts à aider une entreprise comme ça, qui ferait un resto qui aurait comme ambition au départ de faire 2 000 ou 3 000 repas par jour gratuitement »

    L’idée est lancée. Dès le 14 octobre, les statuts de l’association sont déposés. La médiatisation et l’organisation des premiers centres régionaux de distribution ainsi que leur approvisionnement sont assurées par des étudiants des écoles de commerce, fédérés par l’un de leurs camarades, Alexandre Lederman, fils de l’imprésario de Coluche8. Le premier restaurant du cœur ouvre ses portes en France le 21 décembre 1985 sous une tente dans un terrain vague du 19e arrondissement de Paris. Quinze jours plus tard, sont mises en place une vingtaine d’antennes régionales qui distribuent 60 000 paniers-repas jusqu’au 21 mars5.

    1. Attention, la géniale idée de Coluche ne peut fonctionner que pour l’alimentation.

      On pourrait lancer un appel pour dire « tout ceux qu’on un appart libre à Paris, qu’ils le donnent aux logements du coeur », ça m’étonnerait que ça marche…

      Ou plus généralement « tout ceux qu’ont du pognon en trop, qu’ils le donnent aux banques du cœur… »

      Bref, il faut se méfier de la charité, ça n’a jamais rien résolu sur le fond. ça sert juste à faire oublier les problèmes.

      1. la géniale idée de Coluche

        Pas si géniale que cela
        Puisque 30 ans plus tard, les restaus sont plus indispensables que jamais, et la masse des demandeurs bat chaque année record sur record, et ce n’est pas près de s’infléchir.

        Pour les missiles antimissiles, il y a les impôts. Pour le cancer, on fait la quête.
        Desproges

        Bref, il faut se méfier de la charité, ça n’a jamais rien résolu sur le fond.

      2. Oui, de ce point de vue c’était pas génial.
        Il voulait prendre les problèmes un par un, car « on peut pas faire plusieurs choses à la fois, et il avait commencé par le plus urgent. Ensuite il voulait justement s’attaquer au chômage, et entendait bien mettre les pieds dans le plat du système, et tout ça avec les gros médias chez qui il faisait un max d’audimat. Il avait commencé à expliquer : « le problème c’est pas le chômage, c’est l’argent… » Hélas, on connait la suite.

      3. @d gagnot et @Merlin

        en fait ma piste de reflexion et le parallèle sur cet exemple visait à faire remarquer COMMENT étaient né les restos du coeur; c’était spontané de la part de Coluche et puis cela s’est mis en place progressivement.

        J’ai pris cet exemple à titre d’illustration, rien n »était préparé d’avance et par la suite tout s’est articulé autour de ce projet UTILE.

        Vouoilà.

        « Bref, il faut se méfier de la charité, ça n’a jamais rien résolu sur le fond. ça sert juste à faire oublier les problèmes. »

        Pas d’accord, allez dire à ceux qui ont la dalle et qui n’ont vraiment pas de quoi se nourrir…………,

        D’accord ; ce qui doit être dénoncé : la récupération et l’instrumentalisation d’une bonne idée qui ne devait être qu’une mesure provisoire voire d’urgence.

      4. Pas d’accord, allez dire à ceux qui ont la dalle et qui n’ont vraiment pas de quoi se nourrir…

        Évidemment, mais c’est une béquille, et ça n’a pas résolu le problème, puisqu’il faut toujours cette béquille, 30 ans plus tard.

        Comme vous le dites, les restos ont été récupérés pour faire de la charité bizness, et évacuer le problème.

    2. je voulais dire un truc, mais je ne trouve pas les mots, sur le fait que ce sont les gros médias qui en fait décident de ce qui est bon ou pas, d’enterrer ou de promouvoir, etc.
      Si Paul Jorion choisissait les sujets du 20h de Tf1, les choses ne seraient pas ce qu’elles sont…

      L’étrange est que ce n’est même pas imaginable, et il est intéressant de se demander pourquoi.

  24. @d gagnot

    « Pourquoi des types assez intelligents pour faire polytechnique ou l’ENA, ne voient pas ça? »

    Un jour, un professeur d’université se rendit dans les hautes montagnes du Japon pour parler à un moine zen renommé.

    Lorsqu’il le trouva, il se présenta, énonça ses diplômes et demanda à être instruit sur le zen.

    « Vous voulez un peu de thé? » demanda le moine.

    » Oui, volontiers », répondit le professeur.

    Le vieux moine commença à remplir la tasse jusqu’au bord, puis continua de verser. Le thé déborda sur la table, puis coula par terre.

    « Arrétez! » cria le professeur, « ne voyez-vous pas que la tasse est déjà pleine?
    Elle ne peut rien contenir de plus! »

    Le moine répliqua : « Comme cette tasse, vous êtes déjà plein de connaissances et d’idées préconçues. Pour pouvoir apprendre, commencez par vider votre tasse ».

    Cette version d’une histoire zen traditionnelle est tirée de l’ouvrage « Le Guerrier Pacifique »

      1. grain de sel passait par là………………..

        il y avait longtemps………….

        pour vous, traitement de faveur , ce sera la theière sur la tête …

    1. Mais à l’X il y a aussi des professeurs de zenitude qui leur racontent des histoires d’amphores à remplir avec des matériaux divers et de taille très variées .

      Et le chinois de service leur enseignent ainsi qu’il faut commencer par les plus gros cailloux , si on veut remplir son amphore au maximum .

      1. Ca devient des amphores en maths.
        Mais si leur morale reste aussi sous le bouchon.
        Je ne connais pas de tire-bouchon en forme de X.

      2. @ juannessy et vigneron
        A propos de l’enseignement dispensé à l’X: l’exemple de Jean Petitot.
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Petitot_%28philosophe%29L

        VOILA CE QU’ON MET DANS LA TÊTE DES FUTURES « ELITES » !

        MONUMENT DE SCIENTISME
        extrait de « Auto-organisation, criticité et temporalité » http://www.carnetsnord.fr/colloques/cerisy-2007/pdf/cerisy2007_1_petitot.pdf
        p. 42:
        « Est-il éthiquement préférable de contrôler socialement l’évolution de la science au nom d’anticipations définies par les fins de l’homme, ou bien est-il préférable de la laisser évoluer librement de façon à engendrer une histoire à laquelle nous nous adapterons sans pouvoir la prévoir?
        Pour ma part [Petitot, pas moi!] je penche pour la deuxième solution. C’est un principe éthique de ne pas prophétiser l’histoire. »
        http://www.wikiberal.org/wiki/Jean_Petitot (Petitot se revendique hayekien)

        p.43: « La science doit rester l’acteur majeur de la catallaxie. Elle n’a pas à abdiquer sa souveraineté et la déléguer au politique, à l’Etat, aux contre-pouvoirs citoyens et aux églises. »

        VOUS AVEZ BIEN LU!

        N’hésitez pas à jeter un coup d’oeil au reste de sa « production »!

      3. @Basic Rabbit :

        Venant de l’X j’ai eu l’occasion d’en lire de pires et d’autres extraordinaires . Parfois dans la même année .

        Et d’entendre parfois des élèves argumenter contre leurs professeurs avec talent .

        D’ailleurs les cours sont faits pour ça .

      4. @ juannessy

        « Venant de l’X »

        Vous n’avez pas besoin de le préciser: ça se voit à des kilomètres! 🙂

        « Et d’entendre parfois des élèves argumenter contre leurs professeurs avec talent . »
        N’hésitez surtout pas à nous faire part de vos talents! 🙂 🙂

      5. @Basic Rabbit :

        La passion vous aveugle et vous fait interpréter trop vite les ambiguïtés de la syntaxe .

        Le doute scientifique et la rigueur mathématique devraient pourtant vous éviter ces emballements et vous faire un meilleur serviteur de Thom .

        Comme la reconnaissance des faits économiques et sociaux devraient éviter les emballements des gouvernants .

        A chacun ses impasses , et je ne crois pas que la honte soit un levier .

        En tant qu’il pratique l’analyse , je m’étonne d’ailleurs un peu que Paul Jorion ait pensé qu’il y avait là une issue .

      6. @ juannessy

        Et si vous arrêtiez de vous poster en arbitre des élégances sur ce blog? D’arbitre des élégances à flic de la pensée il n’y a qu’un pas.

        Prenez le risque de donner votre point de vue (et donc de vous exposer à la critique).

      7. Au passage , la devise de l’X étant  » Pour la patrie , les sciences et la gloire » , et dans la mesure où nos philosophes et psychanalyses opposent la gloire et la honte , ne comptez pas  » faire honte  » à un X ( comme à toutes celles et ceux qui se sentent dans la gloire ) .

        Je note aussi que je ne connais pas de psychanalystes qui cherchent à  » faire honte  » , mais plutôt à la décrypter et souvent la faire évanouir , quand elle existe , pour « faire grandir » leur patient .

      8. @ juannessy 24 avril 2015 à 09:07

        je ne connais pas de psychanalystes qui cherchent à » faire honte » , mais plutôt à la décrypter et souvent la faire évanouir , quand elle existe , pour « faire grandir » leur patient .

        Ce que vous dites est absurde. Jamais une personne coupable de faire des choses honteuse n’ira voir un psychanalyste, sauf à ce qu’elle ait perçu son erreur et qu’elle en ait honte. C’est seulement à ce stade qu’elle ira éventuellement se faire soigner.
        La honte résulte de la perception d’une erreur.

        La devise de polytechnique indique que patrie et gloire passent avant la reconnaissance de la réalité, pas toujours glorieuse. Tout s’explique.

        La devise de polytechnique aurait pu être « Arrogance », mais bon.

      9. @ BasicRabbit 23 avril 2015 à 22:58

        Ne venant pas de l’X mais ayant beaucoup fréquenté, tant dans les entreprises d’Etat que dans l’industrie privée, les ingénieurs qui y ont reçu leur formation initiale, souvent complétée au sein d’écoles d’application, notamment à l’époque, celles spécialisant dans l’armement et l’aéronautique, je dirais qu’on trouve de tout parmi les anciens de l’X.

        On y trouve, tout comme ailleurs, le meilleur comme le pire. C’est assez normal, quand on pense qu’il faut de tout pour faire un monde.

        Le pire que j’ai rencontré correspond assez bien à l’histoire qui est racontée ici :

        http://www.lemonde.fr/idees/chronique/2010/03/04/un-imbecile-qui-marche-ira-toujours-plus-loin-qu-un-philosophe-assis_1313996_3232.html

        Le handicap qui est mis en évidence n’est pas l’apanage des gens issus de l’X. On le rencontre chez tous ceux qui doivent décider et agir et qui le font sans avoir été, au préalable confrontés à la pratique des choses et à la sanction du résultat.

        C’est souvent le cas de ceux qui vivent toute leur vie dans le monde protégé des structures de l’Etat. Leur incapacité à décider judicieusement et à conduire des opérations de sorte à ce qu’elles soient, en final, jugées comme pertinentes et efficaces, est très souvent masquée et jamais sanctionnée. Elle ne se mesure, au bout du bout, qu’au constat de la progression ou du recul du pays par rapport aux autres. La compétitivité intervient partout et à tous niveau.

        Le déclin de la France est largement imputable à la médiocrité de ceux qui la dirigent à tous les niveaux et dans tous les domaines, depuis nos modestes écoles primaires jusqu’aux plus prestigieuses écoles d’ingénieurs, de politiciens et d’administration dont est issue notre oligarchie.

      10. @Jducac :

        Ne venant pas de l’X non plus , je peux partager avec vous l’idée que la pratique enrichit la théorie et réciproquement , et en partie votre critique des X Armements . Pour le reste de vos affirmations , je l’impute davantage au désir de se mettre à l’abri de ses propres faiblesses .

        Plus largement , j’aurais envie de dire aux allergiques aux X , aux ENA , ou aux Normale sup , ou HEC , ou Sciences Po , ou d’autres ,qu’ils se renseignent davantage , et , pour reprendre l’expression de ¨Piketty à Lordon , qu’ils « ne se trompent pas d’ennemi  » qui s’amuse de leurs réflexes épidermiques .

        @ Dominique Gagnot : Pour le cas où vous ne l’auriez pas compris , Paul Jorion se propose ( je lui donne le rôle du psy ) de « faire honte » à des patients qui ne se manifestent pas auprès de lui ( mercredi peut être ?) ou qui n’éprouvent pas de honte . Et c’est en cela que j’avance qu’il a tort en tant que psy . Si le patient en manifeste déjà un peu , ça devient plus intéressant , mais il ne s’agit plus de « faire honte » , mais de dérouler ce qu’elle cache , même à faible dose .C’est donc ma « critique » . J’ai aussi cherché et trouvé ça pour éclairer l’apparente opposition entre honte et gloire , et pour mieux définir et l’une et l’autre :

        http://www.psychanalyse67.fr/accueil/myFiles/70_72679I53BB.pdf

        @Basic Rabbit :

        Pour ce qui est de mes critiques réelles ou absentes , je n’ai que le jugement des autres commentateurs et des tenants du lieu .

        Pour ce qui est de leur pertinence ou de leur niveau de pénibilité , même réponse .

        Mais j’ai bien noté que Thom , ou en tous cas Basic Rabbit ,ne résiste pas à la pratique , chère à Jducac ( et à moi ) .

  25. Le Monde titre :
    « L’économie française va mieux, les patrons reprennent confiance ».

    On s’en fout. Il y a plus urgent et il y a plus important.

  26. Il y a une sorte d’escroquerie intellectuelle à vouloir enfermer les députés dans un hémicycle.
    L’amphithéâtre me parait plus honnête dans son objectivation de la proximité des extrêmes.

  27. @Basi Rabbit

    merci beaucoup pour toutes ces informations, précieuses (si si j’insiste me concernant elles le sont) , je découvre René Thom et sa poétique des mathématiques.

    Aristote et Platon sont des esprits universels, j’ai plus étudié et lu Platon, bien que je ne connaisse pas l’intégralité de son oeuvre , loin de là.. Je connais Aristote à travers des ouvrages de philosophie médiévale, mais je ne l’ai pas du tout étudié.

    Je ne suis point étonnée que la pensée de Sheldrake rejoigne celle d’un autre scientifique tel que René Thom, car en fait ils font parti de ces scientiques qui décloisonnent leur esprit et donc leur pensée et que , de ce fait, j’ai envie de connaitre et de lire , passionnant.

    Ainsi, ce qui me passionne, ce sont plus les esprits qui établissent ou qui tel que je le conçoit ont une vision claire des rapports des ponts entre leur domaine de prédilection et d’autres domaines, philosophie, biologie, mathématique et spiritualité, etc…

    C’est le cas notamment de Me Annick de Souzenelle, entre autres, qui a fait d’excellent travaux de recherches et d’analyse , tant sur le plan de la symbolique, que celui de la psychologie (jungienne) la science (elle est scientifique de formation, en mathématique).

    Je cite : Annick de Souzenelle, née le 4 novembre 1922, est un écrivain d’inspiration jungienne.

    On la dit jungienne car ses écrits s’inscrivent et s’inspirent de la psychologie jungienne, mieux nommée psychologie analytique. Cette psychologie a été fondée par Carl Gustav Jung (1875 – 1961).

    Après des études de mathématiques, Annick de Souzenelle a longtemps été infirmière anesthésiste, puis psychothérapeute. Anciennement catholique, elle se reconvertit en 1958 à la religion orthodoxe, et apprend la théologie, ainsi que l’hébreu1. Elle poursuit depuis une trentaine d’années un chemin spirituel d’essence judéo-chrétienne, ouvert aux autres traditions.

    Elle est l’auteur de nombreux ouvrages de spiritualité.  »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Annick_de_Souzenelle

    Je suis trés heureuse de vous connaître, et je trouve votre esprit pétillant, drôle, et pas Troll.:-)

    PS: JE vais commander un livre de R Thom, encore merci, mais là concrétement je n’ai pas fini le pdf de Uexkuelle et j’ai aussi « sur le feu » cynismes d’ onfray sur ma tablette, merci googl :-))

    et puis il faut essayer de dormir des fois :-)))

    au plaisir d’échanger , que du bonheur !

    et merci à tous !

    1. @ GUDULE

      Merci à vous d’ouvrir le jeu: taoïsme, Sheldrake, Souzenelle, … Je suis heureux que ces ouvertures soient compatibles avec ma monomanie thomienne.

      Concernant la spiritualité Thom a dessiné une carte du sens qu’il a ensuite commentée (fin de « Prédire n’est pas expliquer »):
      http://strangepaths.com/forum/viewtopic.php?t=41

      On y voit clairement quelle est sa religion! Cela m’a conduit à écrire ceci en commentaire d’un billet sur Dieu:

      Dans le pythagorisme, le mot « symbole » désigne une parole, un enseignement secret, avec sa double face : une expression énigmatique et un sens profond. Idéal pour une religion athée!
      Les mathématiques comme métaphysique réaliste? C’est déjà le cas avec la physique théorique de l’inanimé. Les mathématiques comme métaphusique réaliste, autrement dit comme métabiologie? C’est la voie que propose Thom. Et la connexion se fait avec la physique de l’inanimé si la coupure galiléenne se referme, et si de plus le « y » s’efface devant le « u » de phusis, alors c’est la cerise sur le gâteau!
      Si ça parle du vivant et du beau, si c’est énigmatique et profond, alors je crois que ça peut être le terreau sur lequel peut naître une religion laïque.

      Chant d’entrée:
      Le prêtre et la prêtresse de la religion laïque (chantant ensemble): cosinus a plus b égale
      Les ouailles (à voix basse): cosinus a cosinus b moins sinus a sinus b …

      Coeur de l’office.
      Le prêtre et la prêtresse: célébrons maintenant le mystère des catastrophes élémentaires de codimension supérieure à trois.
      Commençons par celles de codimension 4 que seuls les initiés peuvent expliquer.
      La prêtresse: D’abord la catastrophe papillon …
      Le prêtre: Puis la catastrophe ombilic parabolique¹ …

      Le point culminant de la messe:
      Le prêtre et la prêtresse: Terminons maintenant par le centre organisateur de toute chose que tout humain peut comprendre (addition de deux fronces) mais que nul humain, même initié, ne peut expliquer (ex-plicare, déployer) car de codimension 8: la catastrophe de double fronce qui symbolise l’union de l’Homme et de la Femme. Symbolique de l’union, bisou.

      C’est pas du laïc, que du laïc, ça? Merde alors! Et en plus on y célèbre sur un même pied d’égalité la Femme et l’Homme!

      Trêve de plaisanterie. C’est exactement comme ça que je vois le réalisme platonicien².

      1: aussi appelée catastrophe champignon (phallus impudicus). Thom: « Si le phallus a cette forme c’est parce que c’est la forme structurellement stable la plus simple permettant le transport des gamètes. »

      2: Je reresignale qu’il y a une correspondance entre catastrophes thomiennes et solides platoniciens (théorème du russe Vladimir Arnold): cf. « Leçons de mathématiques contemporaines » pour les musiciens de l’IRCAM, par Yves André, fin du chapitre 5. http://www.entretemps.asso.fr/maths/Livre.pdf

      Petit complément.

      Catastrophe fronce: potentiel V(x)=x⁴. Déploiement W(x)=x⁴+ux+v (codimension 2). Signification thomienne: auto-prédation (le prédateur affamé est virtuellement sa propre proie). Pour moi typique du « système » actuel en cours d’auto-destruction.

      Catastrophe de double fronce: on ajoute les potentiels de deux catastrophes fronces indépendantes:
      V(x,y)=x⁴+y⁴. Le déploiement n’est pas de codimension 2+2=4 mais de codimension 8: le tout est plus que la somme des parties, il y a synergie. Lors du couplage des potentiels, autrement dit lors de l’accouplement, chacun des partenaires est virtuellement la proie de l’autre: du xx et du xy. Il n’y a plus auto-destruction mais … Elle est pas belle la vie?

      juannessy
      j’ose à peine vous demander quelle symbolique vous associez au 69 d’olivier 69 .

      BasicRabbit
      @ juannessy

      Je pensais au taeguk pour la symbolique de l’union. Le 69 s’en approche pas mal.

      Je suis un peu déjanté. 🙂

  28. N’écoutez pas Jorion mais faites comme lui: mettez Politico dans vos favoris…
    Quatremer peut fermer sa p’tite boutique. Ou appeler Kaminski…

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