Trends – Tendances, Connaissez-vous les Cassitérides ?, le 24 septembre 2015

J’ai l’habitude d’attendre la semaine suivante avant de publier ici ma chronique dans le magazine belge Trends – Tendances. Je fais aujourd’hui une exception, le thème étant d’actualité. Ouvert aux commentaires.

Connaissez-vous les Cassitérides ? Non ? Pourtant c’est un endroit de villégiature qu’adorent les familles belges ! Quand ma sœur et moi avons découvert les Cassitérides en 1955, nous avons dit à nos parents : « C’est là que voulons aller en vacances ! Toutes les vacances. Et pour toujours ! » Et c’est là d’ailleurs que je réside en ce moment.

« Cassitérides » vient de Κασσίτερος qui veut dire « étain » en grec, et on pense aujourd’hui que ces îles mythiques de l’Antiquité étaient la Bretagne et la région des Cornouailles en Grande-Bretagne où se trouvait l’étain dont les Phéniciens assuraient le commerce dans la Méditerranée.

Pourquoi les danses et la musique bretonnes et kurdes traditionnelles sont-elles à ce point semblables ? S’il y avait vraiment une centaine de mines d’étain aux Cassitérides, il n’y avait peut-être pas assez de main d’œuvre locale, ou bien le travail était trop dur au goût des gens du cru, et la paie trop maigre.

Mais tout cela est assez hypothétique, et il y a des histoires plus récentes que l’on connaît mieux. Mon père, dès qu’il était question des Gaulois disait : « Oui, mais nous les Jorion, nous somme des Francs ! ». Pourquoi disait-il cela ? Il n’en savait rien mais pour la même raison sans doute que chaque fois qu’il était question de Gaulois, son propre père le disait, et le père de celui-ci avant lui, etc. Et si l’on consulte la carte, il n’y a là rien d’invraisemblable : la famille Jorion se trouve toujours concentrée au sein du triangle Mons-Tournai-Valenciennes, à l’endroit précis où les Francs saliens de Clodion vinrent s’établir vers 440, en provenance de la région au sud du Zuyderzée en Hollande, où ils ne s’étaient d’ailleurs installés que quarante ans plus tôt.

À quoi ressemblaient ces « invasions barbares » ? Les grandes batailles sont venues plus tard, et il s’agissait sans doute plutôt de foules en mouvement sur les routes, n’ayant avec elles pas grand-chose de plus qu’un baluchon parce qu’il faut porter les bébés et les enfants fatigués, et qui finissent par s’arrêter quelque part parce qu’ils sont tous épuisés, incapables d’aller plus loin.

Pourquoi ces gens se déplaçaient-ils en masse ? Certains pour des raisons économiques : pour travailler dans les mines par exemple. Rappelez-vous des morts du bois du Cazier à Marcinelle en août 1956 : 136 Italiens aux côtés de 95 Belges ; on lit sur Wikipédia : « les mineurs calabrais étaient souvent engagés par villages entiers ». Ou poussés par les guerres : parce qu’ils fuyaient des troupes semant la mort. Les Francs saliens arrivent dans l’Ouest de la Belgique et dans le Nord de la France, pressés dans le dos par les Vandales, les Suèves, les Burgondes, fuyant eux devant les Huns d’Attila. Huit siècles plus tard, d’autres populations fuiront en masse devant Genghis Khan. Et aujourd’hui d’autres encore fuient à cause d’autres personnages dont le nom s’étale à la une de votre journal ou magazine préféré.

Pourquoi vous raconter ces histoires de l’ancien temps ? Pour vous rappeler qu’après un grand tumulte, les aventures des grandes migrations finissent bien en général.

L’herbe ne repoussait pas là où Attila était passé, dit-on. Alors, quand on a une famille, on fait comme les aïeux Jorion : on prend ses jambes à son cou ! Et on se retrouve un jour à camper pendant des semaines dans un champ détrempé, d’où l’on aperçoit la première cathédrale de Tournai en train d’être bâtie. Avec ses valises crevées, et son espérance d’un monde où l’on puisse vivre autrement que dans l’horreur.

Ces réfugiés là n’ont pas trop mal réussi. Ils se sont « intégrés » comme on dit. Au point même de donner leur nom à un pays grand comme la France. Et c’est comme ça en réalité que se terminent d’habitude les « invasions barbares ».

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38 réflexions sur « Trends – Tendances, Connaissez-vous les Cassitérides ?, le 24 septembre 2015 »

  1. Merci, Paul ! Ma maman est née ici, en Belgique, après la deuxième guerre mondiale, d’un père polonais et d’une mère tchèque ou slovaque, va savoir, les histoires sont parfois silencieuses… Puis, il y a mes cousins, belgo-polonais d’un côté et congolais de l’autre. Mon parrain, roumain, et les nombreux frangin de rue négro-bougnoulesques. Alors, face aux cadavres, face à la détresse, face au dégueulis de paroles racisto-connes, putain, ça fait du bien !

  2. Lors du festival « le livre sur la place » annuel de Nancy (pas de livres de PJ en rayon!), il y eut un débat entre Françoise Chandernagor et Edgar Morin sur l’exil de populations à la fin de l’empire romain. L’intégration s’est bien faite précisaient-ils. Le problème était davantage intérieur, entre autre, par le nombre d’esclaves affranchis et par l’intégration massive des exilés dans l’armée, laquelle s’est retournée, dans un deuxième temps, en faveur de l’arrivée de populations ayant pour but d’envahir. La retransmission était disponible sur le web mais je ne la retrouve plus. L’opéra de Nancy était plein à craqué

  3. Je suis né à Brest mais sans mes ancêtres en Normandie et en Lorraine.
    Suis-je Breton ?
    Je suis né en France, donc je suis Français…
    Je suis né en Europe, je suis donc Européen…
    Mais avant tout, je suis né sur Terre, donc je suis Terrien !

    1. Ça me disait vaguement quelque chose ton commentaire, Bruno, …
      et pis paf ! J’ai retrouvé !
      https://www.youtube.com/watch?v=7ObocW8-c38
      Y’a de jolies photos de St-Malo.
      Et à propos de St-Malo … « Malouin d’abord, Breton ensuite… et Français s’il en reste » et y’a aussi « Ni Français, ni Breton, Malouin suis. »
      https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_de_Saint-Malo

      Autre chose, des fois je me dis qu’à force que les invasions viennent de l’est, en Bretagne nous sommes la plus belle compile de loosers de l’Histoire.

    2. @La belette :
      Il y a une commentatrice qui a La Baleine pour pseudo , et avec qui j’ai parfois eu plaisir à échanger .
      Mais je ne la crois pas bretonne!

      1. Argh, les bretons sont en force ici !
        Et le pays des cigales et du vin y a pas ? Il est étonnant d’être à ce point attaché à une terre, ses rochers, ses arbres, ses odeurs, son ressac. Est-il possible de « divorcer » de sa terre ?

  4. Cette ‘invasion’ d’aujourd’hui (un peu plus qu’hier et bien moins que demain…) n’est elle pas un signe tangible, humain, de « l’effondrement » ? Non plus un signe chiffré (démographie, biodiversité, CO2, Bourse, peakoil…) mais un boulversement du fonctionnement social ?
    Et oui, les invasions se terminent bien… mais souvent dans un monde qui s’est écroulé, et où tout recommence à zéro : les francs ont renversé les restes du monde romain et se sont imposé à d’autres peuplades envahissantes (les burgondes…) ou y ont fait des ‘razzias’ (en Aquitaine). D’ailleurs, précédant les peuplades de femmes et d’enfants, il y avait des hommes en armes et à cheval.

  5. Concernant le folklore breton/celtique, le festival interceltique de Lorient ne cesse de démontrer année après année la proximité culturelle bretonne avec de nombreuses autres régions à travers l’Europe et même au delà, à travers les musiques, les danses, les costumes et même parfois les langues.

    De simples noms de régions nous renseignent d’ailleurs déjà pas mal à ce sujet, entre le pays gallo que vous connaissez par cœur pour y vivre Paul, en passant évidemment par le Pays de Galles au Royaume-Uni, par la Galice espagnole et jusqu’à la Galicie ukrainienne ou encore la Galatie turque. La faute aux celtes notamment, qui, faut-il le rappeler, furent un peuple pan-européen (un vrai, pour le coup).

    A ce propos, il est à déplorer que le dernier billet de Jean-Pierre Pagé soit essentiellement constitué d’arguments réfutés depuis plusieurs mois déjà par un F. Lordon ou un J. Sapir, pour ne citer que ces deux là. Ce n’est certainement pas comme ça que le débat peut avancer.

      1. Ça revient au même: On n’en finira pas avec ce débat en énonçant des arguments dors-et-déjà invalidés. Trouvez mieux ou rendez vous à l’idée qu’une « autre Europe possible », c’est une chimère.

        Par ailleurs on pourrait très mal interpréter cette volonté d’en finir, comme une forme d’autoritarisme. Ce texte témoignerait alors d’un européisme à bout de souffle qui n’a plus que la muselière à proposer à ses contradicteurs. Pas très reluisant…

      2. Si on oublie la monnaie , en matière de pan-européisme , si tant est que ce terme ait une signification, les celtes d’origine indo-européenne somme toute assez récente ,ne sont pas vraiment un exemple de réussite et leur échec , en grande partie due à leur incapacité à se fédérer , est à examiner de près .
        Les Roms , d’origine sub-indienne, ces  » migrants » perpétuels pudiquement rebaptisés « gens du voyage » , comme aussi le peuple juif , sont plus intéressants car ils sont toujours là , vivante incarnation des conflits entre « nomades » et  » sédentaires » .
        Un peu l’intuition que dans le monde à permettre , en sus de concilier local et mondial , il faut concilier nomade et sédentaire , y compris dans le même individu .
        Avec ou sans Europe, avec ou sans Occident et Orient et d’Autres .
        Mon choix pour ce que je connais , me pousse cependant à penser que , faute d’une organisation mondiale harmonieuse et efficace , un territoire et une force politique homogène au moins européenne , sont nécessaires à notre « bien » et à l’avancée de l’histoire dans la résolution de ses paradoxes .

      3. Dans le système actuel, basé sur la propriété privée, les proprios n’ont de cesse de diviser les non propriétaires, pour en tirer le plus grand profit.

        A l’intérieur de chacun des pays, c’est déjà la guerre de tous contre tous, ne serait ce que pour se trouver un emploi!
        Alors l’Europe dans ces conditions, quelle fumisterie.
        Il faut vraiment être à l’abri, pour y croire.

        Commençons par collectiviser les Ressources primaires, à l’échelle européenne, et ensuite on en reparlera. Mais le moins qu’on puisse dire est que ce n’est pas (encore) dans l’air du temps.

      4. Ma remarque concernant les celtes visait plutôt à mettre en évidence le fait qu’à ce jour, il n’existe de fait pas de peuple européen constitué. Leur évaluation en terme de réussite ou d’échec (selon quels critères d’ailleurs?) ne m’intéresse pas vraiment.

        Concernant le nomadisme, il faudrait préciser de quel nomadisme parle-t-on. Le nomadisme qui consiste à être domicilié en Bretagne et à travailler en Belgique – pour prendre un exemple pas tout à fait au hasard – ne semble pas déranger les institutions, bien au contraire cette pratique qu’on nomme pudiquement « mobilité professionnelle » est assez nettement promue depuis plusieurs années, malgré l’aberration écologique qu’elle représente. En revanche le nomadisme ethnique tel que celui des Roms, relativement insoumis aux pouvoirs politiques locaux est pour sa part effectivement très mal accepté.

        Quant à la nécessité d’une structure supranationale enfin, si le principe peut en être admis à peu de frais, c’est son mode de réalisation qui pose encore et toujours un problème à ce jour non résolu.

      5. @dissonance :
        C’est bien parce qu’ils n’ont pas su accéder au niveau  » supra » que les Celtes se sont fait tailler des croupières .

        Sur le peuple européen ( ou tout autre soit disant peuple) pas « constitué » : Il n’y a de peuple , justement , que par sa « Constitution » , qui est la trace visible d’une volonté de lier son destin à d’autres dans des conditions définies .
        A défaut de Constitution mondiale chère à certain ( mais c’est peut être une solution trop directe et théorique, sans s’être donné la peine de parcourir le chemin qui y mène , de contradictions résolues en contradictions résolues ) , on pourrait déjà tenter de rendre la multitude des constitutions plus « compatibles » .
        En l’absence de Constitution et de ce qu’elle suppose , il n’y a que des tribus (celtes ) aléatoires , proies faciles .

        Sur les différentes formes de nomadisme , c’est peut être en les étudiant toutes , qu’on trouvera justement l’articulation satisfaisante entre nomade et sédentaire .
        Si j’étais ( beaucoup) plus jeune , j’irais proposer un tel sujet de Chaire à la VUB avec des sponsors Roms , juifs , palestiniens , albanais, arméniens, sénégalais , voire chinois …liste longue .
        Avec un sous chapitre sur les diaspora.

      6. La mobilité professionnelle est promue, car elle maximise la concurrence entre « travailleurs » … ce qui profite aux proprios,
        alors que la mobilité ethnique n’est source que de troubles sociaux, (qui ne servent en rien les intérêts des proprios.)

        C’est très simple. Tout, – absolument tout – , s’explique au regard de l’intérêt des proprios. (par proprios j’entends bien sur ceux qui vivent de leurs propriétés, de leur capital en général)
        Les non proprios subissent. Point.

      7. Notez que parfois, la mobilité ethnique est promue… lorsqu’elle sert les intérêts des proprios. Comme par exemple après guerre, lorsqu’il fallait reconstruire.
        Les africains (ou autres) étaient alors les bienvenus !

        Maintenant on installe des murs de barbelés.

      8. Dissonance
        « Quant à la nécessité d’une structure supranationale enfin, si le principe peut en être admis à peu de frais, c’est son mode de réalisation qui pose encore et toujours un problème »

        Pour les proprios, il n’y a pas de problème! D’ailleurs ils ont fait « l’Europe » qui leur convenait !
        Là ou ça coince, c’est que les non proprios en font les frais.

        Mais ce n’est absolument pas une histoire de nationalité ou d’ethnie. Le problème est que l’Europe des proprios aggrave la paupérisation des non proprios, du fait de leur mise en concurrence…
        Bref, tant que les proprios décideront des structures supranationales, il y aura fatalement des problèmes.

        Il semble que ce soit tabou de voir ça sous cet angle, proprios/non proprios.

      9. Dans le lien Universalis ci dessus , pointer plus particulièrement le lien  » histoire des migrations » et sur la littérature de Paul-André Wisental .

  6. Juste pour rire, Eugène Sue, les Mystères du Peuple, notes du chapitre I.

    §

     » … Une chronique de 1119, citée dans l’excellent ouvrage d’Augustin Thierry (Hist. des Temps mérovingiens, v. I, p. 47), s’exprime ainsi en parlant de la Gaule :

    « De là vient qu’aujourd’hui cette nation appelle Francs dans sa langue ceux qui jouissent d’une pleine liberté ; et quant à ceux qui, parmi elle, vivent dans la condition de tributaires, il est clair qu’ils ne sont pas Francs par droit d’origine, mais que ce sont des fils de Gaulois assujettis aux Francs par droit de conquête. »

    Maître Charles Loyseau (Traité des charges de la Noblesse, 1701, p. 24) dit à son tour :

    « Pour le regard de nos François, lorsqu’ils conquestèrent les Gaules, c’est chose certaine qu’ils se firent seigneurs des biens et des personnes d’icelles ; j’entends seigneurs parfaits, tant en la seigneurie publique qu’en la seigneurie privée. Quant aux personnes, ils firent les Gaulois serfs. »

    Plus tard, le comte de Boulainvilliers, un des plus fiers champions de l’aristocratie et de la royauté française, écrivait (Histoire de l’ancien gouvernement de France, p. 21 à 57, citée par A. Thierry) :

    « Les Français conquérants des Gaules y établirent leur gouvernement tout à fait à part de la nation subjuguée. Les Gaulois devinrent sujets, les Français furent maîtres et seigneurs. Depuis la conquête, les Français originaires ont été les véritables nobles et les seuls capables de l’être, et jouissaient, à raison de cette noblesse, d’avantages réels, qui étaient l’exemption de toutes charges pécuniaires, l’exercice de la justice sur les Gaulois, etc., etc. »

    Plus tard encore, Sieyès, dans sa fameuse brochure : Qu’est-ce que le Tiers-État ? qui sonna le premier coup de tocsin contre la royauté de 89, disait :

    « Si les aristocrates entreprennent, au prix même de cette liberté dont ils se montrent indignes, de retenir le peuple dans l’oppression, le tiers-état osera demander à quel titre ; si on lui répond à titre de conquête, il faut en convenir, ce sera remonter un peu haut ; mais le tiers-état ne doit pas craindre de remonter dans les temps passés. Pourquoi ne renverrait-il pas dans les forêts de la Germanie toutes ces familles qui conservent la folle prétention d’être issues de la race des conquérants, et d’avoir succédé à leurs droits de conquête ? La nation épurée alors pourra se consoler, je pense, d’être réduite à ne plus se croire composée que des descendants des Gaules. » … »

    §

    Un test de stratigraphie des ADN migrants sur un échantillon de l’ENA ? (lol) .

    Il est très probable que si la France et les Nations européennes ont le devoir moral d’accueillir, elles ne s’en donneront pas les moyens, laissant ainsi « champ libre » à la , ainsi rendue nécessaire, solidarité des réseaux économiques déviants, lesquels débarqueront ensuite, et avec lesquels les nôtres s’entendront très bien.

  7. Que l’Europe accueille ces migrants n’est il le meilleur démenti à opposer à daesh et à sa propagande.
    L’Europe n’est certe pas irréprochable dans ses actes passés, Irak, Afghanistan, Lybie…. mais elle peut le meilleur

  8. Ce, à quoi nous assistons tous, c’est à la fin d’une civilisation. Tous les indicateurs sont au rouge. Monde fini. Fin de la croissance. Urgence écologique, disparition des espèces, raréfaction des matières premières. Urgences humanitaires : montée des eaux, conflits guerriers insolubles…L’occident se croyait à l’abri. Non. « Qui sème le vent, récolte la tempête. »
    La planète en a vu d’autres des chutes d’empire. Espérons qu’elle en voit d’autres après nous.
    Un vieil homme très malade me disait récemment : « Nous avons eu une belle vie heureuse, nous avons toujours fait ce que nous voulions avec plaisir. Nous nous rendons compte aujourd’hui (face à la mort) que nous laissons un monde à l’agonie aux générations futures (ils ont beaucoup de petits enfants) et cela nous fait très mal »
    Alors accueillons les ces réfugiés du monde entier, nous sommes prêt à embarquer dans l’arche de Noe, et nous avons besoin d’eux, pour naviguer dans le nouveau monde à construire. Faisons-le pour nos enfants et leurs enfants et leurs enfants…

    1. « Ce, à quoi nous assistons tous, c’est à la fin d’une civilisation. Tous les indicateurs sont au rouge. Monde fini. Fin de la croissance. Urgence écologique, disparition des espèces, raréfaction des matières premières. Urgences humanitaires : montée des eaux, conflits guerriers insolubles… »

      Ah ça, j’en suis convaincu!
      Le monde de dans 10ans (je prends une bonne marge), n’aura rien à voir avec l’actuel.
      Soit nous serons passés de la nuit au jour, soit nous serons tous morts ou presque, auquel cas je n’envie pas les survivants.

      « L’occident se croyait à l’abri »
      Pas tout l’occident. Je n’y ai jamais cru, et ne suis pas le seul. Seulement nous on ne fait pas parti des « milieux autorisés »…
      On a du faire profil bas.

  9. je voulais poster sur le billet du 11 sept, mais c’était fermé.
    Donc, dans un premier temps, après avoir écouté votre vidéo du temps qu’il fait de ce jour, 25 spt, je suis contente de voir que vous reprenez le dessus. En toute modestie, je pense que vous avez fait le bon choix, celui qui me parait le plus sage et le plus intelligent. Autant consacrer votre temps et votre énergie à de nouveaux projets constructifs et aller de l’avant !

    J’ai vécu et traversé, ben que différemment, des moments difficiles sur le plan professionnel. J’ai été (nous devras je dire..) harcelé (moral) par un chef de service ayant des problèmes psy avérés (en fait nous étions plusieurs et c’est ce qui m’a aidé à obtenir gain de cause, comme j’étais le leader j’ai essuyé les plâtres). Au bout de 3 ans, « de matraquage »,je n’avais plus rien à perdre… Intérieurement j’étais morte et complètement détruite voire brisée. Durant ces 3 années, j’ai eu plusieurs dialogues avec ma hiérarchie, de la drh au dgs (au dessus ce sont les élus). N’étant pas encartée, j’ai été trés étonnée de voir en face de moi des responsables hiérarchiques, fermes mais ouverts au dialogue et intelligents, contrairement à ce qui m’avais été annoncé. Ils ont mené leur enquête, plusieurs collègues (dont plusieurs autres chefs de service de cette m^me direction) ont parlé de ce qu’il se passait. Celui qui aurait du agir, le dirlo (qui le connaissant avait refusé sa « nomination », n’avait pas bougé par ce que ce chef de service « malade » était un manipulateur (un PN) qui s’était fait pistonné par un proche d’élu pour avoir le poste ! Vive le clientélisme !

    Après plusieurs entretiens, également de plusieurs heures avec la psy de la drh, on m’a proposé un changement de poste au sein de ma CT.
    La réadaptation » a été trés trés longue, quasiment aucun arrêt de travail, je voulais continuer à bosser contre l’avis de mon toubib, j’étais encore vivante, bizzarement, alors il fallait continuer , ni plus ni moins.

    Mes nouveaux collègues et responsables hiérarchiques ont été formidables. Personne ne m’a jamais considéré comme une victime, heureusement, et j’ai eu un vrai soutien (pas de psy, je n’en voulais pas) de proches et de pas mal de collègues, remplie de pudeur et d’une belle humanité. Actuellement, depuis ce changement, mes compétences sont reconnues et appréciées, je travaille dans un service (le social; et certains anciens collègues de mes débuts, dont je n’aurais jamais du partir..) avec une petite équipe et une hiérarchie « intelligente » réactive , humaine, ouverte et NON SCLEROSEE; où paradoxalement il y a pas mal d’esprits libres et je ne suis toujours pas encartée … Je pense aussi que dans le social , le médico social, les hostos, les flics, la justice (malgré les petites guéguerres interadmins, quand on se cotoie on sait de quoi on parle sur le plan humain , on cotoie les m^mes types de misères .
    En tant que fonctionnaire, on n’est concrètement « à part », en toute modestie,on se tape un boulot parfois pas simple, donc si on la ramène (et si c’est argumenté, « ils » ouvrent leurs 2 oreilles par ce qu’ils savent ce qu’on voit et ce qu’on vit….
    Des pare feux ?…. 🙂

    Tout cela pour vous dire, que je ressens beaucoup d’émotion pour ce que vous avez traversé. Comme vous, j’aurais eu de quoi leur coller le TA, Y avait du lourd , comme on dit. Les faits et collègues ont « plaidé » en ma faveur (il ya avait du lourd question témoignages) ce qui a « facilité » la transition vers une réaffectation.
    Le harceleur , pour info, est « mort » sur le plan professionnel, pour la Ct où je bosse (plus de 5000). En outre , j’ai appris qu’il avait fait un AVC ( à 42 ans) et qu’il venait de divorcer , l’autodestruction….

    M Jorion, la vie continue, matériellement; il n’y a pas que le loyer à payer…il ne faut pas faire un peu de pub, mais BEAUCOUP de pub ++++, et puis les médias (télé,radios, etc.;) faut aller sur BFM et LCI, les plus populaires. Je vais acheter votre livre et je vais en parler à des proches, votre propos est humain réaliste et intelligent, ça fait du bien !

    Et puis…. il y a enfer et enfer, que sont nos enfers face à cette humanité errante qui vient se cogner aux murs et se viander sur les barbelés de la plus détestable connerie humaine ?

    Voilà pourquoi je voulais vous dire, je comprends, c’est tout. Ce n’est plus pareil, mais la vie continue, vous êtes quelqu’un de bien, pour moi c’est tellement EVIDENT !

    Vous n’êtes pas seul ! Ce comment est assez long . En tout cas merci si mon comment est publiable. Un témoignage paisible, ni plus, ni moins.

    Sans transition , en lien avec le billet intéressant de Zébu :

    ENTRETIEN
    « Le soufisme peut être un rempart à l’islam radical »
    Propos recueillis par Joan Tilouine

    Le Monde.fr Le 04.03.2015 à 12h51 • Mis à jour le 04.03.2015 à 13h40

    « Faouzi Skali est un chercheur qui conjugue ses travaux universitaires avec sa quête spirituelle. Docteur en anthropologie et sciences des religions, il est l’un des plus grands spécialistes du soufisme, tradition ésotérique de l’islam. Auteur entre autres de Jésus dans la tradition soufie (Albin Michel, 2013), il est lui-même adepte d’une confrérie, la Butchichya. Il a fondé et dirigé pendant vingt ans le célèbre festival des musiques sacrées dans sa ville natale de Fès. »

    http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/03/04/le-soufisme-un-rempart-a-la-barbarie-des-extremistes_4587212_3212.html

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