La VUB assigne Paul Jorion devant le Tribunal du travail

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La Vrije Universiteit Brussel a l’intention de m’assigner devant le Tribunal du travail pour demander à celui-ci de mettre fin au contrat qui nous lie. La VUB entend arguer que je ne suis pas le chercheur de haut niveau en science économique qu’elle avait cru nommer, la preuve en étant que durant les trois années durant lesquelles j’ai été détenteur de la chaire « Stewardship of Finance », j’ai été incapable de publier un seul article (à l’exception d’un texte de quatre pages) dans une des grandes revues de science économique.

Il est encore dit que la médiocre qualité de mon enseignement et de mes travaux a porté discrédit à la VUB qui réclamera, à titre provisionnel, 1 euro de dommages-intérêts et 1.320 euros couvrant les frais d’assignation.

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203 réflexions sur « La VUB assigne Paul Jorion devant le Tribunal du travail »

  1. La VUB n’attaque-t-elle pas avant d’être attaquée par vous-même ? Il me semble qu’en Justice on ne peut juger qu’une fois à propos d’un conflit. Ténébreuse affaire en tous cas. Tenez bon M. Jorion.

  2. J’ai le sentiment qu’une volonté de montrer patte blanche face aux grands de l’économie dominante pousse la VUB à vouer aux gémonies toute voix dissidente…

  3. En voulant jeter l’opprobre sur Paul Jorion, la VUB s’est elle-même discréditée. Encore un signe décadent de  »l’évolution de l’espèce » !

    Avec tout mon soutien depuis l’étranger.

  4. Quito, Ecuador, le 13 octobre 2015

    1. C´est frappant de voir que Paul Jorion, la personne qui est et qui sera tellement en ligne avec la défense des intérets des pauvres, comparable avec par example Angus Deaton, venant de gagner le prix Nobel de l´économie, a été puni par une construction dans laquelle Allianz figure parmi les financiers de sa chaire.

    En plus, c´est particulierement Angus Deaton qui vient d´alerter l´opinion publique ici en Ecuador, disant que les enquetes sur la pauvreté en Amérique Latine ne valent RIEN. Que ni les enquetes, ni les enqueteurs/euses, ni les réponses ne valent rien.

    Rien, il l´a bien dit, je repete, RIEN.

    Paul Jorion nous a dit cela depuis ses études en Bretagne, étudiant la formation de prix.

    C´est précisément LA ou il y a ce choque des relations de forces, comme Jorion nous a dit depuis de decennies.

    2. C´est tres illustratif, pour cette raison, de bien lire une publication récente d´Allianz… lisez la bien svp… cette grande peur des pauvres… cette lutte fanatique de defendre les intérets de la classe quasi magique moyenne… cette meme peur qui alimente Hillary Clinton et tous ces clowns de la troisieme voie, n´étant rien autre qu´une forme plus trompeuse, plus menteuse du néo-libéralisme. (cfm les avertissements d´Immanuel Wallerstein).

    Lisez la bien cette publication d´Allianz, ce mépris ouvert de la pauvreté, ce rejet, lisez la construction séductrice et intelligente de ´window dressing´ du coté de cette multinational Allemande.

    https://www.allianz.com/en/press/news/company/point_of_view/151013-too-many-people-are-left-behind/

    Soyez le bienvenu en Amérique Latine, cher et estime Paul Jorion.

    Bien a tous,
    JL

  5. PJ:  » La VUB entend arguer que je ne suis pas le chercheur de haut niveau en science économique qu’elle avait cru nommer  »

    Dans leur logique , un chercheur de haut niveau en science économique , nobélisable de surcroît , se caractérise par sa capacité à expliquer le lendemain , dans les médias adéquats, pourquoi il s’est lamentablement planté la veille dans ses prévisions avec ses modèles mathématiques fonctionnant modulo la bonne volonté de la puissance publique( <= parce qu'il faut quand même exhiber un coupable ) .

    Vous avez dû les décevoir ! Fallait pas l'inviter 😉

  6. Sur le fond, je suis également entièrement d’accord avec les propos de Vigneron. Mais, nous ne sommes pas dans un cabinet d’avocat et nous ne débattons pas de la ligne de défense qui sera adoptée et nous n’avons absolument pas à débattre de cela sur le blog, c’est clair. Il me semble qu’il s’agit plus effectivement d’échanges, de reflexions et de messages de soutiens à M Jorion. Un bon juriste sait faire la part des choses, rien n’est tanké, mais il faut être prudent effectivement à l’avenir, qui connait les spécifités du droit belge sur ce blog ?
    Oui, entièrement d’accord, un arrangement à l’amiable est toujours préférable à un procès…. Et oui, prudence, attention, trop de publicité peut effectivement devenir contre productif. C’est à M Jorion de prendre conseil auprès de son avocat, et de décider de la ligne de défense qui lui paraitra le mieux adapté en fonction de l’évolution de la situation.

  7. Je perçois que vous êtes touché par cette nouvelle injustice du système universitaire.
    Dans tous les cas sachez que je prends plaisir à m’instruire auprès de vous.
    Accrochez vous et ne désespérez pas.
    Cordialement.

  8. Bonsoir Paul, je viens d’apprendre la nouvelle de ton assignation par la VUB.
    Donc, soit la justice belge se discrédite en donnant raison à la VUB et à ses arguments absurdes et fluctuants, soit elle discrédite la VUB en la déboutant…
    Comme disent les québécois « les cornichons ne sont pas tous dans des pots ! »

  9. Alors ça, ça me la coupe !!
    La VUB recruterait n’importe qui, sans savoir, sans se renseigner? et demander à la Justice d’avaliser cette carence me paraît un risque… calculé ?
    C’est dire le sérieux de cet organisme, universitaire de surcroit !
    Je crois que les vraies raisons, que l’on découvrira à la lecture des archives dans cinquante ans [!] sont tout autres, et les universitaires se grandiraient en les donnant, parce qu’on a bien dû discuter de tout ça avant de prendre la décision de licenciement, à l’initiative de qui, sur quels arguments, comme ça, clandestinement ?
    Et puis, derrière les acronymes, il doit bien y avoir des êtres humains, avec des noms, que l’on pourrait interroger.

    La VUB révèle là un comportement qui n’a rien d’universitaire, mais qui est tellement répandu dans la « Caste »… C’est dire l’état de ce monde … morticole…
    Des universitaires auraient débattu, auraient entamé un dialogue, avancé des arguments, autre qu’un argument d’autorité.

    « Tricherie, Mensonge, Corruption(s)*, Cynisme et… Bonne Conscience » sont les principes qui agitent ce monde, c’est peut-être pourquoi il va si mal…
    [*par (s), j’entends au delà de la corruption par l’argent, les corruptions : culturelle, politique, philosophique et morale]

    À suivre…

    1. Je me demande sans, être paranoïaque, s’il ne faudrait pas rapprocher ce qui se passe à la VUB de l’action du prix dit Nobel de sciences économiques de 2014, qui restera moins célèbre par ses travaux que par ce qu’il a écrit à Madame Fioraso en décembre 2014 qui était la secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur : il a réussi à empêcher que soit créée une seconde section d’économie (plus tournée vers les sciences humaines, moins « scientiste » et non moins scientifique), à coté de celle des économistes académiques (je préfère « pompiers », dans tous les sens du terme), allant quasiment jusqu’à traiter ses confrères d’obscurantistes :
      « Il est impensable pour moi que la France reconnaisse deux communautés au sein d’une même discipline.
      Il est indispensable que la qualité de la recherche soit évaluée sur la base de publications, forçant chaque chercheur à se confronter au jugement par les pairs. C’est le fondement même des progrès scientifiques dans toutes les disciplines.
      Chercher à se soustraire à ce jugement promeut le relativisme des connaissances, antichambre de l’obscurantisme. » etc.
      Quand on sait que la très grande majorité des postes est tenue dans l’université française par les économistes scientistes, qui donc jugent leurs collègues, leurs travaux, leurs avancements… on voit très bien l’enjeu : la disparition de l’économie « hétérodoxe ».
      C’est une attaque qui participe au nettoyage scientifique de toutes les têtes qui dépassent en économie, on se croirait revenu en URSS aux bons vieux temps de Lyssenko.
      Bernard Maris avait écrit « Les théoriciens de l’économie industrielle sont une secte, dont l’obscurantisme et le fanatisme donnent froid dans le dos. Il n’est pas difficile de repérer le taliban sous l’expert, et le fou de Dieu sous le fou de l’incitation. »
      Cette secte est évidemment internationale…
      http://www.marianne.net/quand-nobel-francais-economie-pete-plomb-290115.html

      1. @Troncal

        Jamais vu un prix Nobel avec aussi peu d’aura au delà de son prés carré de compétences sur lequel je suis incompétent pour me prononcer. Je n’en danserais plus la tyroliénne ! Blague facile mais qui ne fait que traduire mon exaspération vis à vis de qui vous savez !

  10. Attention, en justice ce ne sont pas des faits qui sont jugés, mais des preuves de ces faits, présentables dans la forme et selon les procédures recevables par la justice. Aussi inepte que cela puisse paraître, il faut par exemple prouver que vous parlez anglais, et cela ne va pas de soi… même se mettre à parler un anglais parfait à l’audience ne prouve rien, surtout si le président ne le parle pas ou peu… et s’il n’est pas entièrement de bonne foi (ce qui est rare bien sûr).
    Pareil pour les autres « faits » reprochés, je pense qu’il faudrait accumuler toutes les preuves matérielles possibles : copies des vidéos des cours et des mails etc.

    1. Ce que la fac avancera peut-être comme argument majeur: que Paul Jorion n’ait pas publié beaucoup d’articles au nom de la fac. Je sais que les profs d’université publient énormement, de qualité très variable, pour se faire une réputation ou pour la cimenter. Faudrait voir si un objectif en terme de publications est stipulé dans le contrat.

    2. Attention à la charge de la preuve : c’est d’abord à la VUB d’apporter les preuves, si elle ne le fait pas (et si au surplus Jorion montre le contraire) c’est bien la VUB qui risque de payer des dommages-intérêts (et pas que 1 euro s’agissant d’un prof ! ).

  11. Ce que je ne comprends pas: ladite Université connaissait vos travaux, vos points forts, vos centres d’intérêt…..Elle ne vous a jamais parlé d’un mécontentement vous concernant?
    « Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage »
    Molière, « Les femmes savantes »

  12. Une raison plausible (parmi d’autres) serait que la VUB essaie simplement de se sortir d’une situation délicate dans laquelle elle s’est mise sans vraiment s’en rendre compte ; il devient certainement très délicat de vous garder vu le discours que vous portez sans compromis ; elle tente peut-être simplement de sauver les meubles, en espérant par ces méthodes en venir à un accord à l’amiable qui (si c’est comme en droit français) vous obligerait à ne plus dire aucun mal de l’établissement.
    Autrement, pourquoi en effet ne pas vous auraient-ils pas simplement licencié sans procès ?
    « Un bon accord vaut mieux qu’un mauvais procès », certes pour M. tout le monde.
    Vous, vous avez une importante notoriété et (j’aime à croire) influence.

    1. Blob
      je ne vois vraiment pas à quel genre de compromis Paul Jorion pourrait être amené. Clairement la balle est dans le camp de la VUB.
      Paul Jorion devrait-il dire qu’il parle moyennement bien l’anglais, qu’il regrette de ne pas avoir publié dans les bonnes revues, ou même qu’il aurait dû mettre une sourdine à son blog, qu’il aurait du se raser la barbe pour ne pas rappeler la figure d’un illustre révolutionnaire ? 😉
      La VUB au lieu de sauver les meubles s’enfonce un peu plus.
      Les syndicalistes qui accompagnent ceux qui font l’objet de procédures de licenciement vous diront souvent : un patron qui licencie pour un motif acadrabrantesque après avoir commis une première erreur, dans la précipitation, l’absence de recul, en commet ensuite souvent une seconde ou même plusieurs.

      Au lieu d’en être resté aux motifs fantaisistes de licenciement l’employeur met en cause maintenant purement et simplement la compétence du titulaire de la Chaire, plus seulement pour l’anglais, mais pour le contenu de l’enseignement lui-même en alléguant que Paul ne serait pas un chercheur de haut niveau. Le droit c’est le droit, mais que je sache il n’échappe pas à la logique la plus élémentaire. Et Paul des preuves du caractère scientifique de sa démarche, il peut en apporter à la pelle.

      L’enjeu c’est pas qu’il soit dit du mal ou pas de la VUB, l’enjeu c’est oui ou non Paul a-t-il fait le job pour lequel il a été payé à la VUB. Si Paul Jorion peut être rangé dans la catégorie de ceux qui font de la science.
      Paul n’a plus grand chose à perdre, tout à gagner (sauf hélas sa réintégration), la VUB, elle, peut encore aggraver son cas.

      Il me semble aussi qu’au point où on en est, au delà de la question simplement de droit on se situe maintenant sur un terrain symbolique. Et là la VUB s’expose encore un peu plus en venant sur ce terrain dont elle elle évalue sans doute très mal les contours, étant incapable de raisonner autrement que dans le cadre étroit du dogme.

      1. Ce qui est visé avant tout : faire taire l’intellectuel, le lanceur d’alertes, Paul Jorion, en utilisant tous les moyens, même les plus sordides. « On » veut casser sa réputation, lui enlever tout crédit et l’éloigner de tous les média.

        « On » a décidé en hauts lieux, qu’il constituait un danger et tout est mis en oeuvre. Même la réputation de la VUB est considérée comme secondaire. Il est même possible que des forces obscures cherchent à punir la VUB d’avoir engagé Paul Jorion. La liberté d’expression, la recherche de la vérité, oui mais pas trop, juste assez pour faire illusion ou pour mobiliser les diplômés apeurés derrière des chefs d’Etat.

  13. Il est certes possible que « des forces obscures en haut lieux » regardent le dossier de Paul de prêt et tente de le faire taire, mais il me semble bien plus probable que ce soit de l’auto-censure de la part VUB pour rester dans le rang (peut-être après une petite remarque extérieure).

    Dans cette hypothèse, j’entends que la VUB essaie de sauver ses meubles à elle, sans ménagement pour l' »employé », avec un bluff par tentative d’intimidation.
    Dans cette hypothèse la balle serait plutôt du coté de Paul, les arguments de la VUB étant ridicules.
    Le choix que Paul peut faire (j’imagine), c’est de demander sa réintégration, vu l’impact qu’aurait une telle décision si elle était prise par le tribunal, et de l’importance de son enseignement (bien qu’à la VUB qui a sali sa réputation).

  14. À part ça, t’as des nouvelles d’Annie Le Brun ?
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    « Ô Paresse, mère des arts et des nobles vertus, sois le baume des angoisses humaines ! »
    Paul Lafargue

  15. Cher Paul,
    Ils n’ont rien compris, et leur conduite les ridiculise.
    Je côtoie le milieu ULB VUB et le gigantesque reproche dirimant qui t’est fait est : « il ne publie pas ses sources », ce qui reste à prouver. Donc VUB n’a pas capté que tu n’étais pas économètre, n’a pas capté que tu étais anthropologue, n’a pas compris la source essentielle de ton jugement, qui est -comme moi- d’être tombé dans le chaudron de la finance quand tu étais petit. Et surtout tu te permets d’être doublement outrecuidant : d’abord parce que tu as raison dans tes analyses, ensuite parce que tu ne mâches pas tes mots vis-à-vis de la profession. Et tu as raison sur toute la ligne. On esste fait paces: d’aelle tque ta bain de finance . Et n’a pas, de nerégu

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