DEXIA ou l’arroseur arrosé, par Marc Le Son

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Le Rapport d’information n° 58 enregistré à la Présidence du Sénat le 14/10/2015 précise (en page 40), que les services du ministère des finances avaient connaissance du fait que les indemnités de remboursement anticipé (IRA) des emprunts les plus sensibles (ceux indexés sur le franc suisse) représentaient 150% de l’encours restant dû (avant la remontée brutale du franc suisse le 15/01/2015).

Maurice Vincent, Sénateur, écrit donc :

« Ainsi, dans une note au ministre, en date du 25 février 2013, la direction générale du Trésor écrit que, pour cette catégorie d’emprunt, l’encours (ou capital restant dû) s’élève à 1,6 milliard d’euros tandis que l’indemnité de remboursement anticipé pourrait atteindre 2,7 milliards d’euros. »

Le rapport IRA/CRD serait donc de 2,7/1,6 = 1,6875, ce que nous affirmons être impossible, mais ce qui retiendra l’attention est l’encart situé en page 41 non seulement parce qu’il confirme une hypothèse envisagée ici évoquant l’indemnité compensatrice dérogatoire inventée pour se substituer à l’IRA mais encore parce que la situation décrite serait risible si elle n’était aussi dramatique.

Voici ce qu’on trouve dans cet encart :

Conformément aux principes de maîtrise du risque en matière bancaire, la banque qui a structuré le prêt s’est normalement « couverte » contre une évolution défavorable du taux d’intérêt. Par exemple, dans le cas d’un prêt indexé sur l’évolution du taux de change euro/franc suisse, elle a acheté auprès d’une autre institution financière un produit dérivé, dit swap, qui fonctionne comme une assurance la protégeant contre les fluctuations du taux de change.

Si, au vu de l’évolution du taux d’intérêt, l’emprunteur veut rembourser son crédit par anticipation, il doit s’acquitter d’une indemnité (IRA : indemnité de remboursement anticipé).

Le calcul de l’IRA dépend à la fois de la durée résiduelle du prêt mais aussi (et surtout) du montant que la banque doit elle-même débourser pour annuler le swap qu’elle a souscrit en vue de couvrir son risque. Or le coût de cette annulation peut se révéler particulièrement élevé en fonction des conditions de marché.

C’est évidemment l’emprunteur qui aurait pu (ou du) se prémunir contre une variation défavorable du franc suisse car, une fois remis les fonds, le contrat de prêt ne comporte plus d’obligations qu’à sa charge : Une assurance n’est souscrite que pour couvrir un risque.

Cet encart laisse donc perplexe sur la nature du risque ayant conduit Dexia à souscrire un swap (si c’est vrai).

En effet :

Au regard du contrat de prêt, à quel risque était exposée Dexia puisqu’une rémunération minimale lui était assurée jusqu’à une « barrière », l‘emprunteur supportant seul l’aléa des variations d’indice ?

On peut imaginer que ce risque serait la garantie de la rémunération à terme de la créance qu’elle détenait contre son client pour en tirer le meilleur prix quand elle l’a cédé à une contrepartie.

C’est alors la cession du titre qui eut été susceptible d’être couvert par un swap (contrairement à la Belgique, Dexia n’était pas une banque de dépôts en France et devait financer sur les marchés ou auprès de la BEI les prêts qu’elle accordait aux collectivités).

Si la banque a souscrit un tel swap, on peut penser qu’au lieu de conserver la créance entre ses mains, elle l’a cédé à une banque de contrepartie (Goldman Sachs, JP Morgan, UBS ou autres…) et garanti la valeur.

C’est là que le bât blesse car les actes de prêt intuitu personae de Dexia sont tous construits de la même manière : en aucun d’eux, l’emprunteur n’a autorisé la banque à céder sa créance à un tiers ni s’est engagé à supporter le risque de couverture d’un prix de cession que la banque n’a pas partagé avec lui.

Puisque le client ignorait tout de la cession de créance qui, en outre, ne lui a pas été dénoncée, comment la banque pourrait elle exiger paiement d’une opération faite à son profit exclusif et l’Etat en faire supporter le débouclement aux contribuables ?

La question ne mériterait t’elle pas une vérification élémentaire ?

Ce rapport rappelle que le sinistre de Dexia aura déjà coûté environ 13 milliards d’euros aux contribuables français et 6,9 milliards à la Belgique et qu’ainsi « Actuellement le coût de cette faillite bancaire peut donc être évalué à environ 20 milliards d’euros » ?

Avec la fuite de tant de liquidités, qui osera rire de l’arroseur arrosé ?

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53 réflexions sur « DEXIA ou l’arroseur arrosé, par Marc Le Son »

  1. La cour des comptes a fait son enquête sur le sujet en juillet 2013, la messe a été dite de façon officielle :
    https://www.ccomptes.fr/Publications/Publications/Dexia-un-sinistre-couteux-des-risques-persistants.
    Une messe est dite, l’absolution a été donnée, les collectivités locales ne peuvent plius se retourner contre Dexia car Dexia nationalisée, c’est nous.
    Mr Richard va bien, il vous salue et vous remercie. Il me fait penser à une grenouille inexpérimentée qui se voulait plus grosse que le boeuf et qui n’y a pas laissé de plume. Avez-vous déjà vu une grenouille plumée ?
    Zéro pointé…

    1.  » On ne frappe pas un homme à terre. […] C’est 800 pages mini à lire attentivement, pas après le repas.  »

      Lorsque des milliers et des milliers d’hommes à terre (déjà passablement « frappés ») éprouvent des difficultés à avoir leur repas, est-ce que leur demander de lire 800 pages évitera qu’ils se révoltent par simple réflexe, même tardif et peut-être violent ?

    1. @ Dominique Gagnot dit : 23 octobre 2015 à 21:24

      « jducac, cherchez l’intrus. »

      L’intrus à combattre est l’idée fausse que vous avez introduite dans la phrase suivante :
      « Supposons que l’on consomme moins, et que les économies réalisées soient réinvesties dans du capital productif. On pourrait en effet produire plus. »

      Le problème à résoudre est de consommer ce que l’on produit préférentiellement à ce que produisent les autres.
      Il ne s’agit pas de produire plus, mais de produire moins cher, à service rendu équivalent, de sorte à amener nos concitoyens à consommer ce qui est produit par les producteurs de notre pays. Actuellement les improductifs de notre pays ou ceux qui sont insuffisamment productifs, y compris les personnes qui vivent grâce aux aides qu’elles reçoivent, ont intérêt à acheter les productions étrangères puisqu’elles leurs sont présentées à des prix plus avantageux.

      Tant que le pays sera dans cet état il mangera son capital, s’appauvrira et verra la misère progresser.

      J’attends votre contre argumentation.

      1.  » produire moins cher, à service rendu équivalent, de sorte à amener nos concitoyens à consommer ce qui est produit par les producteurs de notre pays.  »

        Produire moins cher, c’est réduire les coûts de productions, et donc le coût du travail, car le reste est incompressible (sauf innovation, qui donne aussi avantage a la concurrence innovante…)

        Réduire le coût du travail = réduire le pouvoir d’achat.
        Car les consommateurs sont majoritairement des « travailleurs ».
        On tourne en rond, ou alors quelque chose m’échappe dans votre logique.

      2. @jducac,
        On ne frappe pas un homme à terre.
        Conseillons à Dominique de lire JM Keynes pour le rendre plus percutant dans son combat. C’est 800 pages mini à lire attentivement, pas après le repas.

      3. @ Yves Vermont 24 octobre 2015 à 19:31

        Notre époque n’a rien à voir avec celle de Keynes.
        Quelle myopie…

      4. @ Dominique Gagnot dit : 24 octobre 2015 à 18:06

        « On tourne en rond, ou alors quelque chose m’échappe dans votre logique. »

        Non Dominique, ça n’est pas ma logique, c’est celle qui nous est imposée par la nature.
        C’est celle qui s’impose à l’espèce vivante qui s’appelle « l’humanité », contrainte de vivre de ce qu’elle produit par son travail dans « son territoire », limité à l’espace terrestre.
        Certes les échanges que les humains ont su développer au-delà de leurs frontières nationales, permettent de mieux répartir les richesses produites, mais ils ne peuvent s’établir et se maintenir qu’à condition qu’ils présentent de l’intérêt pour chacune des parties concernées.

        Or, parce qu’on vit sur terre, dans un espace où la gravité règne, c’est la loi du moindre effort, donc celle de la moindre dépense d’énergie qui s’impose.

        En vertu de cela, quand vous faites un achat, vous avez intérêt, pour un même service rendu, à acheter le moins cher, surtout quand vos ressources financières sont limitées. Ce faisant vous mettez au chômage ceux qui produisent le même bien rendant le même service pour plus cher. Vous et votre vendeur contribuez à mettre au chômage ceux qui produisent plus cher, même si ce sont ceux qui contribuent par leur travail à payer les aides pour les plus pauvres et les impôts pour permettre aux secteurs protégés, les administrations entre autres, de survivre même si elles sont moins productives que celles des pays concurrents.

        Ces compatriotes nouvellement mis au chômage, devront alors être aidés, ce qui pèsera d’autant sur les coûts des productions encore maintenues en vie pour un temps, mais devenues de ce fait moins compétitives, engendrant une spirale infernale conduisant à l’anéantissement du pays.

        Quand on pouvait dévaluer la monnaie nationale de temps en temps, un pays comme la France pouvait se remettre à flot, mais ça n’est plus possible.
        Une solution pouvait consister à augmenter la TVA (dite sociale) mais l’idéologie du pouvoir en place s’y est opposée…pour un temps au moins, car François Hollande regrette, mais bien trop tard, d’avoir abrogée la TVA sociale voulue par Nicolas Sarkosy……

        http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/explicateur/2015/09/02/29004-20150902ARTFIG00247-tout-comprendre-sur-la-tres-regrettee-tva-sociale.php

        Ces incapables d’analyse logique ont amené 7ans de retard à leur pays qui, pendant ce temps, a vu ses organes de production mis hors jeu dans la compétition mondiale pour la survie. L’industrie, l’agriculture et les populations qui en vivaient et faisaient une grande partie de la richesse du pays, ont été mises au tapis pour longtemps , d’autant que le retard pris risque de ne jamais pouvoir être rattrapé alors que l’humanité prend conscience qu’elle entre dans le sprint final……pour la survie.

        Je vous souhaite néanmoins un excellent dimanche de RTT, après avoir travaillé à réfléchir logiquement, bien plus qu’idéologiquement.

      5. jducac,

        Résumé de ce que vous avez dit:

        -L’espèce humaine est contrainte de vivre de son travail dans son territoire.
        -La loi du moindre effort s’impose,
        -On achète au moins cher, et ce faisant on met au chômage ceux qui produisent plus cher, éventuellement pour payer le chômage…
        -Ces nouveaux chômeurs seront de nouvelles charges, néfastes à la compétitivité,
        -On pourrait mettre une TVA sociale mais le gvt veux pas.
        -Nous sommes donc de plus en plus en retard dans la compétition mondiale.

        Et bien jusque là nous sommes d’accord !!

        Il y a bien looooongtemps que j’ai compris cela,
        mais réduire le coût du travail n’est pas non plus une solution !!!

        Illustration:

        Soit une fabrique de bidules, française, en concurrence avec les bidules étrangers.

        Elle vend ses bidules 100 euros, qui sont répartis comme ceci :

        50 euros pour payer les employés et les charges
        50 euros pour payer les frais financiers, les dividendes et investissements, et les frais fixes divers (bâtiments, énergie, fournitures)

        La concurrence vend au même prix, (elle s’aligne aisément, car elle paye ses employés 1 bol de riz/jour)

        Les bidules sont vendus à tous les employés français.

        Supposons que l’on divise le cout du travail dans toute la France par 2, pour gagner en compétitivité.

        On peut alors vendre les bidules 75 euros.
        La concurrence s’aligne, si bien que notre part de marché ne change pas.
        Par contre, le pouvoir d’achat a été divisé par 2.

        Bilan :

        a) Avant la baisse du coût du travail, un employé gagnait par exemple 300 euros,
        Les bidules étaient vendus 100 euros
        L’employé pouvait acheter 3 bidules.

        b) Après avoir divisé par 2 le coût du travail, le même employé gagnait 200 euros,
        Les bidules sont vendus 75 euros,
        L’employé ne peut plus acheter que 2 bidules.

        Conclusion :
        il faut mettre 1/3 du personnel au chômage!

        Comme quoi réduire le coût du travail n’est pas non plus une solution.

        On peut ainsi baisser le coût du travail au bol de riz/jour que plus personne, excepté les rentiers, n’achètera !!!

        En fait, il n’y a que une solution:

        Imposer les mêmes règles sociales et autres, à toutes les entreprises, comme on le faisait avant l’ouverture des marchés. (30 glorieuses)

        Mais c’est impossible dans un marché mondialisé.

        La mondialisation fait bien baisser les prix, mais détruit le monde du travail. Seuls ceux qui possèdent en profitent… !
        Étonnant, non?

      6. jducac,

        Résumé de ce que vous avez dit:

        -L’espèce humaine est contrainte de vivre de son travail dans son territoire.
        -La loi du moindre effort s’impose,
        -On achète au moins cher, et ce faisant on met au chômage ceux qui produisent plus cher, éventuellement pour payer le chômage…
        -Ces nouveaux chômeurs seront de nouvelles charges, néfastes à la compétitivité,
        -On pourrait mettre une TVA sociale mais le gvt veux pas.
        -Nous sommes donc de plus en plus en retard dans la compétition mondiale.

        Et bien jusque là nous sommes d’accord !!

        Il y a bien looooongtemps que j’ai compris cela,
        mais réduire le coût du travail n’est pas non plus une solution !!!

        Illustration:

        Soit une fabrique de bidules, française, en concurrence avec les bidules étrangers.

        Elle vend ses bidules 100 euros, qui sont répartis comme ceci :

        50 euros pour payer les employés et les charges
        50 euros pour payer les frais financiers, les dividendes et investissements, et les frais fixes divers (bâtiments, énergie, fournitures)

        La concurrence vend au même prix, (elle s’aligne aisément, car elle paye ses employés 1 bol de riz/jour)

        Les bidules sont vendus à tous les employés français.

        Supposons que l’on divise le cout du travail dans toute la France par 2, pour gagner en compétitivité.

        On peut alors vendre les bidules 75 euros.
        La concurrence s’aligne, si bien que notre part de marché ne change pas.
        Par contre, le pouvoir d’achat a été divisé par 2.

        Bilan :

        a) Avant la baisse du coût du travail, un employé gagnait par exemple 300 euros,
        Les bidules étaient vendus 100 euros
        L’employé pouvait acheter 3 bidules.

        b) Après avoir divisé par 2 le coût du travail, le même employé gagne 150 euros,
        Les bidules sont vendus 75 euros,
        L’employé ne peut plus acheter que 2 bidules.

        Conclusion :
        il faut mettre 1/3 du personnel au chômage!

        Comme quoi réduire le coût du travail n’est pas non plus une solution.

        On peut ainsi baisser le coût du travail au bol de riz/jour que plus personne, excepté les rentiers, n’achètera !!!

        En fait, il n’y a que une solution:

        Imposer les mêmes règles sociales et autres, à toutes les entreprises, comme on le faisait avant l’ouverture des marchés. (30 glorieuses)

        Mais c’est impossible dans un marché mondialisé.

        La mondialisation fait bien baisser les prix, mais détruit le monde du travail. Seuls ceux qui possèdent en profitent… !
        Étonnant, non?

      7. @ Dominique Gagnot dit : 25 octobre 2015 à 15:56

        « Il y a bien looooongtemps que j’ai compris cela,
        mais réduire le coût du travail n’est pas non plus une solution !!!3 »

        L’objectif est de s’obliger à consommer ce que l’on produit dans son pays, tout en consommant le moins possible.

        Hélas je crains que vous n’ayez pas vu que de la TVA sociale favorise l’atteinte de ce double objectif qui me semble essentiel.

        La TVA sociale qui s’appuie sur la consommation, incite d’autant plus à consommer moins que l’on consomme beaucoup. Cela constitue un ralentisseur auto freinant l’épuisement des ressources de la planète. Il est d’autant plus puissant que l’on consomme beaucoup.

        Ce faisant, cela récompense d’autant plus ceux qui, animés d’un esprit capitaliste (sans être forcément gros capitalistes), s’efforcent de consommer moins dans l’objectif d’ épargner et de capitaliser, permettant ainsi l’investissement ; par exemple, dans des d’économie d’énergie ou dans des investissements visant à capter l’énergie sur des flux naturellement entretenus (solaires et autres)

        Cette TVA sociale contribue donc à freiner la consommation de ceux qui consomment le plus, sans pénaliser ceux qui capitalisent afin de mieux préparer le futur.

        Cela ne correspond-il pas à ce que vous souhaitez vous-même ?

        Inutile donc de se livrer à une suite de calculs sur des bases purement hypothétiques, comme vous le faites.

        Ceux qui ne consomment qu’un bol de riz constitueront peut-être, s’il faut en arriver jusque là, la souche à partir de laquelle l’humanité survivra.

        Leurs successeurs leur en seront probablement reconnaissants, comme nous devrions être très reconnaissants à nos ancêtres inconnus qui ont certainement supporté des épreuves à l’extrême limite du supportable à seule fin de permettre à leurs successeurs de vivre et à l’humanité de survivre.

      8. jducac,

        Dans le système que vous défendez, les plus fortunés économisent (ils n’ont pas le choix, car il leur est impossible de tout consommer. Ils gagnent des millions/jour!) et capitalisent donc la totalité des Ressources, dont ils ne font rien.
        Ils sont assis dessus, et leur fortune s’accroit toute seule de par la rente que ça leur procure.

        A l’autre bout, ceux qui peinent à boucler les fins de mois…

        Vous raisonnez comme si les revenus de tous les citoyens étaient du même ordre.
        Mais Arnault ou Bettencourt gagnent 100 000 fois plus qu’un français moyen. Vos théories sont inapplicables avec de pareils déséquilibres!

        Désolé de vous le dire, mais vous êtes complètement à l’ouest…

      9. J’ai omis de préciser que la TVA sociale pourrait en effet soulager notre cout du travail, mais au profit… des propriétaires !

        A supposer une TVA sociale, ils auraient beau jeu, grâce à la concurrence entre travailleurs, de faire pression sur les salaires, ce qui reviendrait à récupérer pour eux seuls les bénéfices de la TVA sociale!

        Voyez jducac, que par là aussi c’est sans solution.
        Les propriétaires sont TOUJOURS en position de force.

      10. @ Dominique Gagnot dit : 25 octobre 2015 à 22:14

        « Vous raisonnez comme si les revenus de tous les citoyens étaient du même ordre. »

        Pas du tout ! D’ailleurs je le dis explicitement, on peut être animé d’un esprit capitaliste (épargner son argent c’est également épargner la planète) sans nécessité d’être un gros capitaliste.

        C’est une question de formation de l’état d’esprit. Ceux qui, dès leur plus jeunes âge, ont été sensibilisés aux vertus cardinales, notamment la tempérance, souffrent moins que les autres (surtout au niveau de la conscience) de devoir tempérer leur consommation au présent de sorte à permettre aux générations suivantes d’aborder dans de moins mauvaises conditions les difficultés promises à aller croissant.

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Temp%C3%A9rance

        Le précepte populaire: « il est sage de se garder une poire pour la soif » que Paul Jorion a probablement entendu prononcer lorsqu’il était au plus prêt des pêcheurs et des sauniers bretons, témoigne de son profond ancrage chez les petites gens à l’époque où, dans ce milieu là, comme dans les milieux plus aisés, on s’honorait, bien plus qu’aujourd’hui, de ne pas laisser que des dettes et une perspective de vie plus dure aux générations suivantes que celle connue par les générations contemporaines.

        « Désolé de vous le dire, mais vous êtes complètement à l’ouest… »

        Il ne vous ait jamais venu à l’idée que ma préconisation pourrait être bien plus bénéfique pour l’avenir de l’espèce humaine, que la vôtre qui incite les plus pauvres à s’en prendre, par solution de facilité, aux plus riches qu’eux, au lieu de les inciter à corriger leur conduite irresponsable au regard de l’histoire.

        Il y a toujours eu des plus riches que d’autres et il est probable qu’il en sera ainsi jusqu’à la fin des temps. Cultiver une attitude valeureuse de prise en compte du futur, chez tout le monde, chez les riches comme chez les pauvres me semble bien moins critiquable que d’attiser la haine des uns contre les autres .

        http://maliactu.net/les-10-personnalites-les-plus-riches-de-lhistoire-de-lhumanite/

        Quand à être à l’ouest, comme pourrait le dire Octobre, je m’en balance!

    2. Sauf que si une poignée d’hyper riches possèdent la Terre entière, les autres auront beau travailler comme des malades, qu’ils n’auront rien.
      Et c’est déjà le cas…

      Vous êtes juste incapable de comprendre que le travail sans capital ne produit rien, sauf de l’épuisement.

  2. Hors sujet, relevé dans la retranscription de Le temps qu’il fait le 23 octobre 2015:

    « anglo-saxons » est un peu choquant. Dans la bouche de de Gaulle, je me souvient du ton et de la mimique du visage, c’était méprisant.
    Que dirait-on si un anglophone caractérisait les français et belges de « celto-gaulois » ?
    Les errances et migration des peuples à la fin de l’empire romain sont complexes; les points de départ sont bien souvent perdus dans le brouillard d’une géographie inconnue ou fantaisiste. L’écriture et les scribes manquaient, la préservation d’une épigraphie sur bois ou parchemin très incertaine.
    Mais on sait que les saxons, partant sans doute des plaines à l’ouest de l’Oural se sont dispersés dans toute l’Europe pedibus mais aussi par mer et rivière jusque sur les cotes atlantiques en France, pas seulement dans le centre de l’Angleterre.
    Les Angles, partant de la Cornouaille anglaise, ont pendant 20 ans émigrés leur trop plein en Bretagne.
    Y sont-ils restés ? Probable qu’ils ont été assimilés et en 2 générations sont-ils disparus.
    (Une vue précieuse de la période dans « Les empereurs gaulois » par Maurice Bouvier-Ajam. Tallandier, 1984)

    Bref, les brassages de population étaient et sont encore permanents. Les destinations et points de départ que l’Histoire a retenus sont arbitraires et rarement permanents.
    Les « anglo-saxons » n’existent pas.
    A la place on pourrait dire « anglo-américains », « britanno-américains » seraient plus juste mais passe mal.
    En reconnaissance de la force unificatrice de la culture basée sur la langue anglaise, et de son dynamisme, on pourrait dire « anglophone »…

    La démonstration de Paul sur les livres édités dans l’indifférence en français et prenant tout leur intérêt quand traduits en anglais est la preuve de ce dynamisme étonnant, et pas seulement culturel, des peuples de langue anglaise…

    1. Vraiment il est juste et bon de reconnaitre l’incontestable supériorité mondiale du « bouche à oreille » anglo-saxon. Toutefois, il ne faut pas sous-estimer le « bouche à bouche », mondialement reconnu sous le vocable de « french kiss », qui, selon certains experts en communication, peut vous ouvrir toutes grandes toutes sortes de portes et d’esprits cadenassés. Le « french kiss » peut être un accélérateur efficace, à la condition d’en user avec modération et … précaution. Aucune contre-indication particulière n’est à signaler hormis l’extrême prudence de l’usager face à un groupe de résistantes « Femen » en mission.

      Le chant des « Femen », Dieu soit loué, n’est heureusement pas comparable, à celui des sirènes du détroit de Sicile.

  3.  » Avec la fuite de tant de liquidités, qui osera rire de l’arroseur arrosé ?  »

    Ces fuites de liquidités sont certainement plus graves que celles des centrales nucléaires…
    D’autant que, depuis ce soir, elles sont « colmatées ».
    Les filtres l’étaient déjà pas mal dans la journée.
    Affaire bouclée, revenons aux € $ £… au nerf de la guerre, quoi !

    1. @adoque
      Dexia, pas très malin de Richard. Il voulait jouer dans la cour des grands avec le fric de l’Etat. Il est passé à la trappe, a gagné un peu d’argent. L’Etat ne l’a pas puni.
      On l’oubliera vite; Il se morfond dans son trou, a honte de ce qu’il n’a pas réussi à faire.
      Paix à son âme ! Au suivant.
      Au passage, nous y avons laissé 6Md €, soit 100 € par habitant, soit 400 € par famille. Je propose que l’Etat crée ex-nihilo 400 € par famille avec la connivence de la banque de France en faisant une entorse à la loi de 19xx rectifiée par celle de janvier 1973, et verse une prime de 2000 € aux 3 millions de familles les plus pauvres, soit exactement 6 Md €.
      Ce n’est que justice non ! Et le compte est bon.

      Vous vous rendez compte quel soulagement pour ces familles. Qui plus est c’est 0,3% de croissance en plus, cadeau sans rien faire.
      Je cherche un contradicteur avec qui polémiquait sur ce blog !

  4. Tout est permis dans le monde de la Finance, car les priorités du Système sont :

    1 – Empêcher l’effondrement du Système, en soutenant les bourses, et banques systémiques,

    2 – Que les hyper-friqués puissent s’engraisser sans limite,

    3 – Tenir les peuples via l’endettement et la précarité économique.

    Les banques centrales peuvent injecter tout le fric nécessaire, là ou elles le veulent (en déguisant ces injections, de sorte à ne choquer personne), pour que ça dure indéfiniment.

    A supposer que les entreprises cotées en bourse, soient toutes des coquilles vides, rien empêcherait que le jeu continue malgré ça. Le marché pourrait continuer à s’échanger des titres, globalement toujours en hausse, grâce aux injections des banques centrales!
    Y a t-il une limite à ça?

    1. J’ajouterais que avec cette masse de fric, les hyper friqués rachètent tout ce qui a une valeur tangible, (les Ressources primaires !), injectant au passage un peu d’argent dans l’économie réelle, très vite récupéré par la dette. (on le voit tous les jours, avec les infrastructures privatisées les une après les autres)

      Tant qu’il y a des choses à racheter, de l’argent est donc injecté… , ensuite les injections cesse. L’économie réelle se réduit aux monnaies locales, sans pouvoir accéder aux ressources essentielles.

      La société se fige alors en une poignée possédant la totalité des Ressources, et un océan de misère.
      Game over.

      1. @Dominique,

        Ce n’est pas parce qu’on a raison qu’il faut l’asséner ! A l’action Dominique ! Quel serait votre premier conseil ? Voici mon mail yves.vermont@nimportequoi.com… Le n’importequoi est le plus gros des collecteurs de pub sur internet, rachète à tour de bras toutes les start-up qui ont réussi. La poste c’est aussi bien.

      2. Je ne connais pas la stratégie de ceux qui ont les moyens techniques et financiers d’influencer les cours de la bourse.
        Et à défaut, on a toutes les chances de se faire plumer.

    2. J’ajouterais que avec cette masse de fric, les hyper friqués rachètent tout ce qui a une valeur tangible, (les Ressources primaires !), injectant au passage un peu d’argent dans l’économie réelle, très vite récupéré par la dette. (on le voit tous les jours, avec les infrastructures privatisées les une après les autres)

      Tant qu’il y a des choses à racheter, de l’argent est donc injecté… , ensuite les injections cesse. L’économie réelle se réduit aux monnaies locales, sans pouvoir accéder aux ressources essentielles.

      La société se fige alors en une poignée possédant la totalité des Ressources, et un océan de misère.
      Game over.

      Ils peuvent ensuite détruire l’argent, devenu inutile puisqu’ils possèderaient tout!

  5. Désolé mais la version de l’IRA qui vient couvrir la perte du collatéral par Dexia lors de la sortie anticipée de swaps me parait infiniment plus crédible que la fiction d’une vente à valeur garantie de sa créance à « GS, JPM, UBS ou autre »…
    Une dette en franc suisse à 60 centimes d’euro c’est juste pas tout à fait comme une dette en franc suisse à 95 centimes d’euro.

    1. Serait-il pédant mon petit vigneron. En clair, ça veut dire quoi ?
      La dernière phrase, je comprends. La première demande à être traduite en prose française !

    2. Si le prêt est libellé en euros financés auprès de la BEI également en euros par Dexia (DCL) , quel est le risque bancaire nécessitant une couverture par un swap ?

      Apparemment, seul l’emprunteur supporte l’aléa de variation de l’indice (le franc suisse en l’occurrence).

      Voilà la question posée… qui reste en suspens à défaut de réponse.

      1. La BEI n’a rien à voir là-dedans, c’est à court et très court terme que Dexia refinançait son portefeuille de prêts . Les annuités des emprunteurs de Dexia sont bien swapées, et à taux toujours plus désavantageux. Dexia doit ce flux d’annuités à ses contreparties et à bloqué des milliards d’actifs en collatéral et appels de marges successifs. Pas moyen de sortir des swaps sans grosse IRA.
        Dexia doit sensiblement ce que doivent les collectivités, point.

      2. Il y a deux choses à distinguer :

        1/ Le contrat, dont l’IRA vise à maintenir l’équilibre initial et pourrait donc en théorie être versée aussi bien par l’un ou l’autre des deux cocontractants.
        2/ Le refinancement à court terme d’un portefeuille de prêts à long terme, qui n’intéresse que la gestion de la banque.

        Si la banque a utilisé un instrument de couverture (un swap), ce n’est pas dans le cadre du contrat de prêt (libellé en euros), mais dans celui de la gestion globale de son risque.

        On perçoit alors que si l’emprunteur qui réalise le remboursement anticipé prévu au contrat doit supporter le coût d’une opération (l’IRA) qu’il a décidé seul, il n’a pas à supporter la charge d’une opération qui est étrangère à son engagement (le swap).
        Si Dexia a décidé de souscrire un swap, le fait que le coût de son débouclement puisse excéder la valeur de l’IRA ne regarde pas l’emprunteur : seul compte pour lui l’engagement scellé dans son acte de prêt.

        Une fois encore, l’IRA n’a pas pour objet de couvrir le préjudice économique réel ou éventuel de l’une des parties mais d’assurer la rémunération fixée du contrat de prêt, qu’un remboursement anticipé intervienne ou pas.

        Faire supporter à l’emprunteur le coût de débouclement d’un swap souscrit par la banque pour les besoins de sa gestion serait donc étendre ses engagements au delà du contrat.

        Pour faire payer à l’emprunteur ce qu’il ne doit pas, il fallait échapper à la définition de l’IRA et la requalifier d’Indemnité Conventionnelle Dérogatoire au contrat.

        C’est exactement ce qui est en train de se passer dans les « transactions » qu’impose le fonds de soutien pour accorder son aide.

      3. Une fois encore, l’IRA n’a pas pour objet de couvrir le préjudice économique réel ou éventuel de l’une des parties mais d’assurer la rémunération fixée du contrat de prêt, qu’un remboursement anticipé intervienne ou pas.

        C’est bien le cas ici, puisque la « rémunération fixée du contrat » contenait aussi la couverture des risques de taux et de change correspondants portés par le prêteur tels qu’ils apparaissent matèrialisés en engagements au passif du bilan de Dexia à la date du remboursement anticipé.

  6. Nous sommes dans une impasse. Parce que dans un monde où l’Etat-providence n’est pas inscrit dans les institutions mais est un luxe que nous nous autorisons quand il y a croissance, l’Etat peut dire alors : « L’intérêt général c’est qu’il me reste encore des sous, quelles que soient les entourloupes à quoi cela m’oblige ». Mais un « intérêt général » conçu de cette manière là n’a plus rien à voir avec le bien commun.

    La solution : inscrire l’Etat-providence dans les institutions, et en l’absence de croissance, prendre l’argent où il est.

    1. A M P Jorion:
       » prendre l’argent où il est. »
      Discours classique de petite politique qu’on entend trop (et ne fait jamais).
      Plus original serait de désigner concrètement ceux que, ce que, comment et qui confisquerait.
      Je suppose que vous visez « les riches ». Mais ils disposent d’une arme absolue et gratuite, auto-déclenchée: le nationalisme (cfr le rapprochement des extrêmes en France, le flamingantisme en Belgique, le délitement de l’union européenne etc..).

    2. « Inscrire l’Etat-Providence dans les institutions  »

      « La Déclaration universelle des Droits de l’Homme » ne vise -t-elle pas déjà à inscrire l’Etat-Providence dans les institutions ?
      http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/DUDH.pdf

      Cela ne suffit pas manifestement. Pourquoi ? On ne construit pas, chaque jour, la démocratie ou l’Etat de droit avec des êtres qui ne se sentent pas responsables de leurs actes ou qui pensent ne jamais être punis pour leurs « entourloupes ».

      Ce qui nous fait défaut : le courage de dire NON à l’injustice, comme le met en avant la philosophe Cynthia Fleury.

      http://www.unige.ch/communication/Campus/campus102/invite/invitee.pdf

      1. Sauf que le pouvoir réel est à ceux qui possèdent, on aura beau être très courageux, ce seront toujours les plus riches qui feront la loi… pour eux.

        Et la DUDH sacralise la propriété privée illimitée! (article 17)

        Les propos de C. Fleury me paraissent bien naïfs.

  7. @Adoque, c’est bien que ce l’on nous propose mais il y a une autre solution possible que je voudrais tester aujourd’hui.
    On raisonne à dette constante, et seule les plus pauvres peuvent s’endetter au fur et à mesure que les plus riches se désendettent.
    On restructure immédiatement la dette des plus pauvres sans l’annuler : taux d’intérêt nul et remboursement différé tant que leurs revenus ne dépassent pas 1,5 fois le smic.
    Vous voyez l’astuce ? Comptablement c’est aussi parfait que les prêts subprimes les 2 premières années, au delà c’est bien mieux.

    Avec un peu d’imagination, en respectant les règles incontournables de la comptabilité en partie double, on peut faire des miracles, tout comme les as de la finance.

    Qu’en pensez-vous ? Applicable ? Inapplicables ? A quelles conditions ?

    @Dominique : oui ? non ? à quelles conditions ?

    1. @Yves Vermont
       » Qu’en pensez-vous ?  »

      Et bien, plus cela va (aller étant un bien grand mot), plus je pense que nous n’y pourrons rien: que nous n’arriverons pas à instaurer un jubilé mondial, simplement parce que le pouvoir n’y a pas intérêt, ni à court terme, ni à moyen terme.
      Il y a cependant quelques signes qui iraient dans le bon sens, mais ces signes ne font que révéler une aspiration vers quelque chose d’utopique: c’est en soi une manifestation de l’espoir…
      Espoir qui, pour devenir réalité, demande au moins cette condition remplie:
      que le moteur domination, sous prétexte de la loi « naturelle » de la jungle, que ce moteur s’emballe une bonne et dernière fois, entrainant son système dans la disparition.
      A ce moment, la dette n’aura plus de sens… la porte sera ouverte pour mettre en place autre chose, possiblement en mieux 🙂 …
      et rien ne doit nous empêcher de nous y préparer.
      Certains devront faire leur deuil de « l’avoir », les comptables seront peut-être moins recherchés, la loi de la spécificité « humaine » peut reprendre le dessus.
      Voilà, en quelques mots, pourquoi je calcule de moins en moins 😉
      Paradoxalement, je ne suis pas hostile à certains progrès technologiques, exemple:
      http://www.itele.fr/monde/video/materiau-le-plus-leger-du-monde-bientot-des-avions-poids-plume-140530

    2. Même réponse que adoque.

      Il n’y a pas de solution dans le système économique actuel.

      Et puisqu’il est hors de question d’envisager autre chose, qui remettrait nécessairement la propriété des Ressources en question, on ne peut que attendre une catastrophe d’ampleur suffisante, pour construire autre chose…

  8. Et là : merci pour le lien m Jorion, excellent !
    La Richesse cachée des nations, Enquête sur les paradis fiscaux
    par Gabriel Zucman

    « Mais ce livre ne se contente pas de chiffrer le scandale. Il propose aussi un plan d’action cohérent et réaliste pour lutter contre l’opacité financière : mettre en œuvre des sanctions commerciales, élaborer un cadastre financier à l’échelle mondiale, instaurer un impôt global sur le capital. Les paradis fiscaux sont au cœur de la crise économique et démocratique, mais les nations ont la possibilité de réagir : aucun territoire ne peut s’opposer à la volonté commune des États-Unis et des grands pays de l’Union européenne. »

    ….. il n’y a rien ?

    si l’UE est de moins en moins timorée (certes un peu moins…), les Us quand ils sanctionnent font moins dans la dentelle :

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/07/14/les-dix-plus-grosses-amendes-infligees-par-les-etats-unis-aux-banques-en-trois-ans_4456986_3234.html#

      1. oui merci vigneron, et que devient l’argent des amendes ?

        Banques américaines : où va l’argent des amendes

        « Depuis 2012, aux États-Unis, les banques se seront acquittées de près de 100 milliards de dollars pour réparer les conséquences des subprimes chez leurs clients. Généralement les amendes sont partagées entre le département de la Justice et les États dont les procureurs ont participé aux poursuites. Le plus souvent, l’État de New York est le mieux servi car la plupart des grandes banques visées ont des activités importantes dans la ville même de New York. Dans le cas des sanctions pour des affaires de crédits «subprime», près de la moitié des pénalités financent des programmes soulageant les emprunteurs victimes des abus. C’est le cas pour Bank of America: quelque 7 milliards de dollars du total versé par Bank of America serviront ainsi à alléger les mensualités de foyers surendettés ou à restaurer des biens immobiliers dévaluées. »

        http://www.lefigaro.fr/societes/2014/08/22/20005-20140822ARTFIG00164-banques-americaines-o-va-l-argent-des-amendes.php

        Comme quoi, quand il y a une volonté politique et des moyens mis en oeuvre : l’UE serait bien inspirée de s’inspirer concrètement et avec autant d’efficacité de cet aspect positif de la volonté politique américaine de sanctionner. Sur le lien, que tu as posté, on voit clairement que le nombre et le montant total des amendes a diminué pour 2015 (à confirmer..)….donc…. Un bon début, je pense qu’on peut mieux faire et continuer d’aller dans ce sens, de façon vraiment plus audacieuse comme le suggère g Zucman, il y a de la « matière »……

  9. Extraits de « La Richesse cachée des nations. Enquête sur les paradis fiscaux »
    LES ECHOS | LE 06/12/2013 À 09:50

    « Faire plier les paradis fiscaux. Il faut « frapper sur le plan des échanges de biens ». « Les paradis fiscaux ne peuvent pas se priver de l’ouverture commerciale », car les exportations « pèsent 50 % du PIB en Suisse, jusqu’à 200 % au Luxembourg, à Singapour et à Hong Kong ». « Il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas d’une “saine” concurrence fiscale,h mais d’un vol pur et simple : la Suisse, le Luxembourg ou Singapour offrent aux contribuables qui le souhaitent la possibilité de voler leurs gouvernements. »

    « Un cadastre financier mondial. « Une fois que les paradis fiscaux auront accepté de coopérer, il faudra bien s’assurer qu’ils le font. » Le cadastre financier du monde ? « Un registre indiquant qui possède l’ensemble des titres financiers en circulation… afin de permettre aux administrations fiscales de vérifier que les banques, onshore et surtout offshore leur transmettent bien toutes les données dont elles disposent. » « Le FMI me semble être l’organisation la mieux placée pour s’en occuper. »

    http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-86092-extraits-de-la-richesse-cachee-des-nations-enquete-sur-les-paradis-fiscaux-1000962.php#

    1. Le problème est que le FMI, comme a peu près tous les gouvernements de la planète, sont dirigés par des personnages sélectionnés (via les médias et leur intoxication de masse) par ceux qui profitent des paradis fiscaux, et qui possèdent les gros médias.

      C’est insoluble.

  10. Accord de principe à Washington pour éviter le défaut de paiement

    Par Pierre-Yves Dugua Mis à jour le 27/10/2015 à 11:20 Publié le 27/10/2015 à 10:56
    « Le compromis négocié par le républicain John Boehner – «Speaker» démissionnaire de la Chambre des représentants lassé de tenter de s’entendre avec les radicaux du «Tea Party»- et la Maison-Blanche, ne conviendra pas à un grand nombre d’élus de l’aile droite des Républicains. Il ne pourra donc être adopté que si une majorité des Démocrates s’y rallie. Si la Chambre des représentants et le Sénat, appelés à voter dans les prochains jour, ne valident pas l’accord, le Trésor sera alors contraint de ne payer que certains de ses créanciers, aux dépens d’autres, situation de «défaut sélectif», inimaginable pour la première puissance mondiale émettrice de la monnaie internationale de réserve. »

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/10/27/20002-20151027ARTFIG00097-accord-de-principe-a-washington-pour-eviter-le-defaut-de-paiement.php

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/10/15/20002-20131015ARTFIG00504-pourquoi-un-defaut-de-l-amerique-doit-etre-a-tout-prix-evite.php

  11. justement pas ! l’IRA, c’est autre chose :
    L’examen des contrats dont l’équilibre est à préserver ne révèle pas à la charge de l’emprunteur « la couverture des risques de taux et de change correspondants portés par le prêteur » comme vous l’écrivez.
    il s’agit d’un taux indexé sur les variations d’un indice monétaire, rien de plus.

    1. Et cette indexation est en grande partie matérialisée dans les engagements au passif de Dexia. On tourne en rond. Les emprunteurs sont les assureurs de Dexia en dernier ressort au terme du contrat, terme anticipé ou pas. Ça c’est très clair et ça n’a pas pu être mis en cause.

      1. @ Vigneron
        Rien ne permet de dire que « les emprunteurs sont les assureurs de Dexia en dernier ressort ».

        Vous présentez cela comme une évidence résultant des termes du contrat ? Vérifiez donc cela aux actes et vous constaterez qu’il n’en est rien.

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