Les classes moyennes, une supercherie politique, par André Fontaine

Billet invité.

Les « classes moyennes » sont actuellement la tarte à la crème des journalistes, des politiques et des sociologues. Les derniers, plus conséquents, s’efforcent d’en donner des définitions dont ils reconnaissent eux-mêmes l’équivoque. On se demande donc à quel objectif peut bien correspondre l’engouement présent.

On commence par poser les questions : comment aujourd’hui définir les « classes sociales » et à la moyenne de quoi faut-il se référer? Après avoir examiné certaines réponses de sociologues, on essayera, suivant une remarque de Pierre Bourdieu, d’envisager le problème sous l’angle politique. Après un aperçu historique, on analysera la nouvelle division sociale qui a pris son élan en France à la fin de la Deuxième guerre mondiale et on constatera que, les sociologues, en n’intégrant pas ces changements, se condamnent à en rester à l’édredon des classes moyennes  pour couvrir leur cécité et les enjeux politiciens.

Les « classes moyennes » ?

Si le mot classe est déjà sujet à discussion, il n’est guère étonnant que les « classes moyennes » aient pris, au long de l’histoire, un visage sans cesse remodelé et sujet à une grande diversité de points de vue. Ce concept a reçu tant de définitions variables suivant la personnalité de l’analyste qu’il en a perdu toute efficacité pour la compréhension de la société actuelle et des forces politiques. On ne reviendra pas sur les « classes moyennes » distinguées par le passé et on examinera rapidement la façon dont elles sont aujourd’hui envisagées.

Il est certain que le mot classe, qui indique la recherche de regroupements homogènes d’objets en fonction d’une ou plusieurs caractéristiques, se prête à une grande généralité d’emploi. Pour les politiques ou les sociologues, la classification porte sur le rôle des individus dans la société à laquelle ils appartiennent. Mais tout homme est un microcosme dont les actions obéissent à un nombre considérable de paramètres ; il faut donc les condenser et les hiérarchiser pour s’en tenir à ceux qu’on déclare primordiaux.

Comme on le sait, Adam Smith fut un des premiers à remarquer qu’au sein des entreprises industrielles naissantes, le patron, pour augmenter la « rente », s’efforce de remplacer dans le processus de fabrication certains ouvriers par des machines ou par d’autres ouvriers plus compétitifs, engendrant ainsi une nouvelle division du travail. Marx a généralisé cette analyse en liant chaque type de société à un mode de production caractérisé par une division sociale au sein de laquelle la classe qui organise la production domine la société toute entière. Chacune cherchant à maintenir ou améliorer sa position, il en résulte des luttes des classes qui sont le moteur de l’Histoire. On sait combien cette philosophie a imprégné le mouvement social sous la forme simplifiée de la Doctrine communiste au point que beaucoup d’analystes se croient toujours obligés de se présenter comme détachés du marxisme.

Dans son long article Le retour des classes sociales (Département des études de l’OFCE, cellule de sociologie IEP et OSC . Octobre 2001), Louis Chauvel, pour s’opposer au nouvel air ambiant, essaye de donner une définition telle qu’elle puisse englober celle de la plupart des analystes et il distingue deux approches possibles des classes :

– l’une qualifiée de marxienne («”Marxien” qualifie ici une tradition intellectuelle marquée par l’évaluation critique»), adjectif qui lui évite d’être traité de « marxiste », dans le sens d’adepte de la Doctrine communiste ,

– l’autre de weberienne.

La première « est parfois qualifiée de holiste (holos = tout) parce qu’ici, la totalité est plus que la somme des individus ». La seconde « suppose que les classes sociales sont des groupes d’individus semblables partageant une dynamique probable similaire ».

Immédiatement, Chauvel ajoute « Une définition (des classes), implicitement présente chez les sociologues souhaitant disposer de critères empiriques, peut être explicitée, définition qui présente l’intérêt de sortir de nombreuses apories.

         1) inégalement situées – et dotées – dans le système productif

         2) marquées par une forte identité de classe, dont trois modalités peuvent être spécifiées :

   – l’identité temporelle …

– l’identité culturelle …

– l’identité collective … »

Comme le dit l’auteur lui-même : cette définition est à la fois marxienne et weberienne. Elle ouvre la porte à tous les développements imaginables et couvre les sociologues dans leur démarche tous azimuts. Qu’importe ! La véritable préoccupation est de « disposer de critères empiriques » et, à partir de là, de pouvoir proposer des hypothèses, dérouler des considérations en utilisant et, au besoin, en inventant des types d’ensembles sociaux, susceptibles d’être soumis à des statistiques. Les discussions se concentrent alors sur d’innombrables pourcentages.

Dans son article, Louis Chauvel s’appuie en premier lieu sur les catégories socioprofessionnelles de l’INSEE  qui, pour lui, satisfont à son premier point : la place dans le système productif. Ensuite, même si, dans un titre, il s’interroge sur « les indéfinissables “classes moyennes”? », il multiplie les analyses de résultats statistiques de différents critères. La répartition des revenus est largement commentée, mais bien d’autres sujets (par exemple l’homogamie) sont explorés pour étayer la thèse de l’article : si les Trente glorieuses « ont vu l’effacement d’une partie du contenu objectif des classes sociales … depuis, au contraire des inégalités structurées se reconstituent … »

Les réticences n’empêchent pas la diffusion accrue du concept de « classe moyenne », par exemple Chauvel lui-même publie La dérive des classes moyennes (2006) et plus récemment Serge Bosc Sociologie des classes moyennes (2008).  Tous deux s’inscrivent dans la continuité d’un courant de pensée ancien qui porte sur le problème de l’existence éventuelle de classes au sein des ensembles salariés

Pourquoi donc se polariser sur des »classe moyennes » qui suivant leur dénomination partagent des caractères communs avec les classes inférieures ou supérieures qui les encadrent? Mais, c’est là tout l’intérêt du concept : il est tellement flou qu’il englobe de multiples « caractères empiriques » faisant l’objet de statistiques dont l’intérêt principal est de proposer des nombres pour étayer des hypothèses ou des qualités aussi peu quantifiables que, par exemples : la « conscience de classe » ou « l’identité culturelle ». La sociologie qui se veut science, certes sociale mais science, ne peut exister sans se donner une auréole qui la valorise ; elle se croit obligée de s’appuyer sur un déluge de nombres dont la seule vertu est d’être des nombres. Les sociologues n’échappent pas à leur époque et à la ferveur numérique qui autorise tout un chacun à se penser savant.

« Le commencement de toutes les sciences, c’est l’étonnement de ce que les choses sont ce qu’elles sont. » (Aristote – Métaphysique). Or, le propre du sociologue est bien d’éliminer son « étonnement » devant la réalité sociale qu’il étudie pour en donner une appréciation la plus tangible possible. Il serait temps d’en finir avec cette propension à ériger tout domaine en science : histoire, sociologie, économie … Les sociologues devraient être les premiers à s’engager dans cette croisade pour un retour à un rationalisme raisonnable. Ces prétendues sciences sociales ne font qu’apporter un obscurantisme de type religieux à des considérations qui pourraient être pertinentes, si elles restaient dans des débats nuancés au lieu d’être assénées comme vérités indiscutables puisque scientifiques. Comme pour l’économie, on est en présence d’un domaine qui veut se présenter sous un jour d’objectivité grâce à des statistiques.

Sans doute peut-on faire des statistiques en distribuant les éléments d’un ensemble dans différentes boîtes dont une, appelée « moyenne », regroupe les éléments dont les caractères ne sont pas suffisamment affirmés. Mais lorsque cette boîte moyenne est la plus importante ou seulement une des plus copieuses, on en déduit que les caractères choisis pour l’analyse sont mal adaptés à l’obtention d’une classification pertinente. Qui plus est, quand cette boîte porte une dénomination plurielle (les classes moyennes) qui signifie le regroupement de plusieurs classes mal définies, on n’en voit plus l’intérêt et on pense à la formule de Coluche : « Les statistiques, c’est comme le bikini : ça donne des idées mais ça cache l’essentiel ! » Que cachent « les classes moyennes » ? Essentiellement ce qu’elles ne disent pas : quelles sont leurs limites supérieures ou inférieures ? Extensibles à volonté, elles envahissent toute la sphère sociale ; les classes qui les entourent sont réduites à leur plus simple expression. Parfois même le concept de classe, à proprement parler, est abandonné. Comme conclut Xavier Molénat dans son article “Les classes moyennes” (n°188 -décembre 2007 du magazine Sciences Humaines) : « … mais d’une certaine manière  tout le monde est un peu “moyen”- donc plus personne ne l’est. »

Plutôt que de savoir s’il existe des « classe moyennes », ne serait-il pas plus sensé de se tourner vers la classe dominante, puisque c’est elle qui révèle la nature du mode de production dominant ? Rien n’a-t-il vraiment changé depuis  au moins deux siècles dans la société, pour qu’on continue de la décrire avec les mêmes vocables : capitalisme, bourgeoisie, certes parfois complétés par des adjectifs comme dans « capitalisme financier » « haute bourgeoisie ». Mais où placer ces salariés grassement rémunérés qui font partie des directions des entreprises ou des services ? Et pour ceux qui se situent en dessous  des « classes moyennes », faut-il parler de prolétaires ou de « classes populaires » ? Personne ne veut plus être taxé de marxiste, mais tous reviennent au vocabulaire éculé de la Doctrine communiste en intercalant entre bourgeois et prolétaires ceux qu’ils dénomment les « moyens ». Comme le remarquait Pierre Bourdieu : « … l’enjeu des débats autour de la notion de classe sociale est en effet d’ordre politique, l’hétéronomie du champ des sciences sociales ayant pour conséquence que la recherche en sciences sociales reste enfermée dans une retraduction pseudo-savante de problèmes et de divisions politiques. » (Propos sur le champ politique. Presses universitaire de Lyon 2000 – p. 94)

La critique est sévère et oriente la réflexion, non sur la définition des « classes moyennes », mais sur l’étude, l’analyse, la compréhension, la définition du champ politique de notre époque, champ qui porte l’empreinte de l’actuelle division sociale, mais aussi de relents de la Doctrine communiste, même si cette dernière est discréditée et amplement décriée.

Au cœur du problème

Le Manifeste du Parti communiste est un des textes les plus importants qui ait fondé les objectifs d’un parti sur une analyse sociale, étayée par une philosophie de l’Histoire conçue comme une succession de modes de production mue par les luttes des classes et le développement des forces productives. Mais la philosophie reléguée dans l’ombre, la perspective politique est devenue une « Doctrine » futuriste, écran sur lequel fut projeté le film d’un avenir radieux, dont les machinistes allaient tirer avantage. L’histoire en a montré la temporalité et la nuisance

Au moment de sa parution, en 1848, dans une industrie composée pour l’essentiel de fabriques, la relation patron-ouvrier illustrait sans ambiguïté la contradiction bourgeoisie-classe ouvrière et n’avait pas lieu d’être contestée. Elle était au centre des relations sociales induites par les forces productives de l’époque. On voulait croire que ces forces productives allaient croître inchangées jusqu’à englober le monde entier ; personne ne pouvait prévoir les perturbations que des progrès techniques insoupçonnés apporteraient aux relations sociales elles-mêmes.

Aujourd’hui, il est facile de suivre les évolutions qui ont conduit à mettre en évidence certaines réalités, occultées ou minimisées. Dans le Manifeste,  le modèle social  est  réduit  à  son  squelette  par  le  mot  “prolétaires”  qui englobe tous les exploités et les rassemble grâce au vocabulaire dans le combat antibourgeois, alors que beaucoup ne sont que les résidus des classes dominées des modes de production antérieurs et ne participent pas directement à la contradiction bourgeoisie-classe ouvrière, comme le montrera le rôle de la paysannerie dans l’accession au pouvoir de Napoléon III. De même, sans nier le rôle des ingénieurs et cadres, l’analyse de la fabrique dans le Capital, n’en montre pas le caractère crucial qui fit que le pouvoir de cette couche ira augmentant avec le volume des usines mécaniques.

Dés 1880, dans Socialisme utopique, socialisme scientifique, Engels relevait : « Appropriation des grands organismes de production et de communication, d’abord par des sociétés par actions, puis par des trusts, ensuite  par l’État. La bourgeoisie s’avère comme une classe superflue ; toutes ses fonctions sociales sont maintenant remplies par des employés rémunérés. » Pour lui, cette constatation ne faisait que conforter la Doctrine et rendre plus urgente la deuxième partie du texte fondateur, intitulée « prolétaires et communistes », qui soulignait le rôle essentiel des communistes comme étant « la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui entraîne toutes les autres ; sur le plan de la théorie, ils ont sur le reste du prolétariat l’avantage d’une intelligence claire des conditions, de la marche et des résultats généraux du mouvement prolétarien. ».

Si la classe dominante était devenue superflue, toutes les relations sociales auraient dues être chamboulées. Quelques doutes se firent jour : est-on vraiment sur les rails d’un socialisme conduisant au communisme ? Les fondateurs disparus, il revint à Lénine d’institutionnaliser la Doctrine en organisant son église : le Parti. Dans le contexte particulier de la Russie de 1917, il réussira à installer les bolcheviks au pouvoir. Sans entrer dans les détails d’une histoire bien connue, on peut cependant remarquer que, dès les années 30 comme l’écrit Anton Ciligua (in Lénine et la révolution, Spartacus 1978), « Staline déclara que les spécialistes sans parti et l’intelligentzia en général étaient des “bolcheviks sans parti“. » L’auteur souligne ce retour aux réalités de la division sociale, car il pensait que les spécialistes élimineraient du pouvoir le Parti communiste. Il n’en fut rien, la stasicratie (mot forgé par moi pour signifier « pouvoir du Parti ») subsista en URSS grâce au primat de l’industrie lourde jusqu’à ce que l’organisation de la production mise en place ait fait la preuve de son inefficacité.

Malgré l’ébranlement de la Révolution russe et le coup d’accélération donné aux forces productives par la Grande guerre, la bourgeoisie affaiblie et dénoncée dans la Doctrine résista encore face au Parti. La division sociale continua à s’approfondir, notamment en raison de à la large diffusion de l’énergie grâce aux réseaux électriques et au moteur à explosion, créant les conditions d’une nouvelle classe dominante.

« Une araignée fait des opérations qui ressemblent à celles du tisserand, et l’abeille confond par ses cellules de cire l’habileté de plus d’un architecte. Mais ce qui distingue dès l’abord le plus mauvais architecte de l’abeille la plus experte, c’est qu’il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. Le résultat auquel le travail aboutit préexiste idéalement dans l’imagination du travailleur. Ce n’est pas qu’il opère seulement un changement de forme dans les matières naturelles ; il y réalise du même coup son propre but dont il a conscience, qui détermine comme loi son mode d’action, et auquel il doit subordonner sa volonté. » (Karl Marx, La production de valeurs d’usage, in Le Capital, livre 1,  chap. VII)

De cette célèbre citation, il ressort que l’essence de l’aliénation produite par la division du travail commence par le fait que le but de la production et la loi de son mode d’action n’appartiennent plus au travailleur. Dans la course à la productivité, on en vint à tronçonner la fabrication au point d’en arriver dans l’industrie mécanique taylorisée à des ouvriers spécialisés dans un seul geste. En contrepartie, ceux qui décident des buts et des modes d’action concentrent de plus en plus de pouvoirs. Dans la manufacture et la fabrique, ce furent les possesseurs des moyens de production. Dans les grandes entreprises de l’industrie mécanique, les propriétaires sont peu à peu dessaisis de ce pouvoir par les ingénieurs et cadres.

Les processus s’amplifient et se généralisent. Des machines automatiques s’insèrent de plus en plus au sein de la production. Les ouvriers perdent la spécificité de leur travail et, avec elle, leur possibilité de résistance. Un nouveau mode de production se met en place caractérisé par la contradiction entre la classe compétente, apte à décider de la loi et du mode d’action, et la classe exécutante, vouée à des tâches dépourvues d’initiative.

Les premières analyses vinrent des Etats-Unis, pays le plus avancé dans la nouvelle organisation du travail. Dès 1941, J. Burnham publiait  L’ère des organisateurs où, pour ainsi dire, l’essentiel était analysé : naissance d’une nouvelle classe dirigeante. JK Galbraith n’est pas aussi explicite mais sa notion de technostructure (1961) se place dans la même vision. Suite à sa victoire de 1945, l’impérialisme états-uniens exporte son système au delà des frontières. Dès 1967, Guy Debord publie La  société du spectacle. D’autres, comme Serge Mallet parlent de Nouvelle classe ouvrière (1969) ou comme Nico Poulantzas de nouvelle petite bourgeoisie (1974). Au PSU, à partir de 1975, le courant C tente sans grand succès de rallier les militants à son analyse des classes compétente et exécutante. Les nouvelles relations sociales sont au cœur des débats politiques.

Cependant, leur étude est vite délaissée et les cent fleurs des « classes moyennes » vont fleurir avec toutes les couleurs qu’elles peuvent prendre, alors que d’importants événements politiques ponctuent les mutations sociales. La IVRépublique, est renversée par le coup d’État du général de Gaulle, la France entre dans un “capitalisme d’organisation”, suivant l’expression de Marcuse. En 1964, la CFDT est créée. En mai 1968, la révolte étudiante jette dans les rues des foules considérables et déclenche la plus grande grève générale que le pays ait jamais connue. Beaucoup ne veulent y voir qu’une exigence de libéralisation des mœurs alors que les grévistes visaient l’organisation du travail et des rapports sociaux dans les entreprises au nom de l’autogestion, car, comme l’écrivit plus tard la CFDT (1972 – Syndicalisme Magazine n°1415) : « Dans une société autogérée, ils (les travailleurs) retrouveront leur véritable dignité basée sur la compétence. » L’idéal d’autogestion s’évanouira. Mais, le mot avait son importance, il traduisait l’intuition que le problème n’était plus de produire mais de gérer, il portait l’espoir que chaque individu y gagnerait une part de souveraineté.

Depuis lors, les entreprises continuent à s’automatiser. Les ouvriers voient leur qualification effacée par des machines aux performances supérieures en précision et en rapidité, ils ne sont plus que des exécutants voués à les surveiller, à les alimenter en matières premières et à en évacuer les produits. Les possesseurs des grands moyens de production, actionnaires de sociétés anonymes, sont sans pouvoir réel sur l’organisation et laissent la gestion aux mains des compétents. Les progrès de l’informatique accentuent la division du travail qui se propage dans les sociétés de service où le travail intellectuel se borne à des opérations standardisées exigées par les logiciels vendus avec les ordinateurs. Les employés ne sont plus que des exécutants aliénés par les compétents, concepteurs des logiciels.

Toutes les classes sont sous la domination compétente, l’air du temps est à la gestion, à l’économisme et à l’individualisme.

Comme l’avait analysé JK Galbraith (La société économique et l’intérêt général, NRF, Gallimard 1974 et Les mensonges de l’économie, Grasset et Fasquelle, 2004), les grandes entreprises sont devenues des sociétés anonymes où les productions matérielles, non encore automatisées, sont confiées à des sous-traitants. Pour l’économiste américain, les pays développés se scindent en un secteur planificateur formé de multinationales et en un secteur de marché laissé à de petits producteurs. Les mots parlent d’eux-mêmes : le secteur de marché est soumis à la concurrence, tandis que le secteur planificateur grâce à sa puissance et sa connivence avec l’État planifie la production et les échanges à son profit. Les grandes entreprises ne tirent plus directement leurs bénéfices de la plus value sur le travail, mais de contrats léonins passés avec les sous-traitants.

Où en est-on ?

Ce court panorama historique depuis le Manifeste relate un changement de mode de production né du développement des forces productives, avec lequel interfère le changement de mode de production découlant de la Doctrine. Résumons :

– –  depuis la Révolution française, le mode de production bourgeois domine. À la fin du 19ème siècle, il atteint son apogée et ouvre la voie à ses concurrents, en faisant de la bourgeoisie une classe superflue.

– –  dans les conditions particulières de la Russie de 1917, le mode de production stasicratique se met en place imposé d’une main de fer par Lenine et Staline, le Parti devient la classe dominante de l’Union soviétique.

– –  au 20ème siècle, les trois modes de production bourgeois, stasicratique et compétent coexistent chacun s’efforçant d’éliminer les deux autres,

–  pendant la première moitié du siècle, la bourgeoisie nationale française se maintient face au Parti moyennant des avantages sociaux octroyés aux travailleurs, comme par exemple lors du Front populaire et de la Libération,

–  après la Deuxième guerre mondiale, le mode de production compétent entre en lice. Le combat comprend alors trois protagonistes qui se révèlent dans les affrontements de mai 68. Ces Événements sont le fait politique majeur du 20ème siècle. Ce furent de belles empoignades entre les manifestants, le gouvernement et le Parti. Sur le plan politique, la bourgeoisie nationale gaulliste et le Parti se rétablirent, mais sur le plan idéologique, ils ont perdu la bataille.

–  peu à peu, le mode de production compétent élimine en quelques décennies ses concurrents en les utilisant eux-mêmes pour détruire leurs propres valeurs : l’humanisme et le marxisme.

Dès 1968, Edgar Faure s’attaque à l’éducation nationale, créant l’Université de Vincennes et américanisant les méthodes pédagogiques. Pompidou fait entrer la Grande-Bretagne dans le Marché Commun et Chirac porte sur les fonds baptismaux l’Europe de Maastricht. Trahie par ses représentants, la bourgeoisie nationale a perdu le rempart de la nation et laisse le champ libre aux multinationales.

Le Parti Communiste s’accroche bec et ongles à la Doctrine. Il n’abandonne la “dictature du prolétariat” que contraint par le grand frère soviétique. Las, ce dernier, entré en pérestroïka, dénonce la Doctrine. Le Parti Communiste perd sa raison d’être et entraîne dans sa déconfiture le matérialisme historique : plus personne ne pourra momentanément se recommander du marxisme.

La Section Ouvrière de l’Internationale Socialiste meurt de sa belle mort, faute de classe ouvrière. Un nouveau parti est créé en 1969, on lui donne le nom de socialiste. Mitterrand en devient secrétaire général et, par là, lui-même socialiste. En 1974, la “deuxième gauche” rejoint le PS ; issue des rangs de mai 68, elle l’imprègne de l’idéologie compétente et en fait le parti de la classe de même nom. Vivent le libéralisme et le traité de Maastricht ! Les gouvernements socialistes vendent les services publics et démantèlent l’école “bourgeoise” : J. Lang introduit  l’anglais à l’école  primaire, Mme Fiorazo  légalise l’université française anglophone, Mme Vallaud-Belkacem supprime le latin au collège. Le Parti Socialiste, parti de la classe dirigeante, se rallie à M. Valls pour s’écrier : « J’aime l’entreprise ».

Notre mode de production est un mode de production compétent où les petites entreprises capitalistes sont sous tutelle de grandes sociétés anonymes. À force de se cacher cette réalité sociale, débats, projets, analyses politiciennes n’ont plus de sens. Le champ politique est la proie de tous les obscurantismes. Tel Diogène cherchant un homme, les sociologues errent à la recherche des classes d’antan.

Pourtant des faits concrets et visibles ont jalonné les 19ème et 20ème siècles. Autour des années 1900, les découvertes scientifiques ont complètement bouleversé notre vision de la nature et ont été suivies de réalisations techniques qui ont changé nos conditions de vie et de penser. Qui ne sait pas que les mines de charbons et de fer ont été fermées en France, que d’énormes barrages ont maîtrisé le Rhône, que le territoire s’est couvert de centrales nucléaires, que la paysannerie a fondu, que l’industrie est en voie de démantèlement, que le secteur tertiaire est en expansion, que la numérisation atteint toutes les activités … ? Qui ne sait pas que la stasicratie soviétique a jeté l’éponge !

Tout le monde le sait, personne ne cherche à comprendre. Une contradiction philosophique traverse l’idéologie actuelle. D’un coté, le marxisme est marginalisé et on oublie les luttes des classe ; d’un autre il est, pour ainsi dire, approuvé dans sa déviance doctrinaire et la société est envahie par un économisme sans réplique. Sans doute, Marx et Engels avaient-ils qualifié l’économie politique de scientifique, donnant ainsi, dans une époque positiviste, une valeur incontournable aux perspectives politiques du prolétariat, mais, le véritable triomphe éclate quand, comme il est écrit dans le Larousse illustré de 1973 : « les économistes ont récemment substitué à l’expression ECONOMIE POLITIQUE celle de SCIENCE ECONOMIQUE ».

La classe compétente dispose là de l’outil qui ferme la bouche à toutes les critiques, qui justifie sa domination et ses privilèges. Aux objections du peuple,  on répond, comme dans Tartuffe, « et l’économie ? ». Ce dieu nouveau est l’objet d’une vénération quasi religieuse. Il engloutit des sommes énormes pour l’honorer, dans l’éducation nationale, dans les universités, dans de grandes écoles, dans les médias, dans les sociétés de conseil … On accepte que la classe dirigeante s’attribue des rémunérations de 1000 fois le SMIC. La raison s’incline devant une idole : la science économique. Les pages des medias sont pleines de ses oracles.

La formule de Protagoras « L’homme est la mesure de toute chose » n’a plus cours. On est entré dans l’ère d’un obscurantisme engendré par la foi en une science qui n’est pas scientifique.

Si on revient à l’article de Louis Chauvel, on constate qu’il est sensible à l’évolution générale : les Trente glorieuses ont vu l’effacement d’une partie du contenu objectif des classes sociales … depuis, au contraire des inégalités structurées se reconstituent ..

En effet, un nouveau mode de production affaiblit les classes anciennes dont les limites sont de moins en moins claires, puis son empreinte s’accroissant, il fait apparaître les inégalités propres à la nouvelle contradiction. Louis Chauvel ajoute : « Lorsque sera trouvée la synthèse entre les deux fractions des classes populaires que sont les ouvriers et les employés, ce discours de classe pourrait avoir un impact important. En attendant, des décennies peuvent aussi bien passer dans un contexte de réactivation de la pensée néo-conservatrice populaire, ou dans l’abstention électorale massive du peuple. » (p. 356). Que ne se tourne-t-il vers l’automatisation de toutes les activités, qui engendre une forme de travail identique chez les ouvriers et les employés, les réunissant dans la classe des exécutants ?

Pourtant, il ne peut ignorer que Marx a écrit : « Mais l’essence humaine n’est pas une abstraction inhérente à l’individu singulier. Dans sa réalité, c’est l’ensemble des rapports sociaux. » (6ème thèse sur Feuerbach,) et a souligné, tout au long de son œuvre, la subordination des concepts de l’économie politique aux rapports sociaux. « Dans toutes les formes de société, c’est une production déterminée et les rapports de cette dernière qui assignent à toutes les autres productions et à tous les autres rapports leur rang et influence. » (Karl Marx – Contribution à la critique de l’économie politique – Les éditions sociales, 2014, p. 53 ). Mais Louis Chauvel préfère rester dans le champ politique habituel, aussi dépassé soit-il. Il se condamne à ne pas discerner le mode de production dominant, à recourir aux classes moyennes, concept sans pertinence, fourre tout où disparaissent les véritables questions.

La soumission du sociologique au politique, comme l’a noté Pierre Bourdieu, transparaît dans cette cécité. Les classes moyennes ne sont mises à toutes les sauces que pour éviter de révéler ce qui pourrait fâcher la classe au pouvoir : l’analyse de son existence et la désignation de son soutien politicien, le Parti socialiste. Comment sortir de cet engrenage social où perdurent non autonomes les classes du Manifeste dans un système de marché esclave d’un système planificateur dans lequel la classe compétente justifie ses privilèges au nom de l’économisme et de l’individualisme ? Toute réflexion est viciée par la pression de la classe dominante que les sociologues se gardent de définir. La raison reprendra-t-elle des couleurs ?

D’après Guillaume Fondu, une lueur d’espoir apparaît.

«  Ainsi, les sciences sociales contemporaines, après des années de vide théorique assumé, semblent s’interroger de nouveau sur les concepts qu’elles mobilisent et par lequel elles modélisent leur objet. Dans la plupart des disciplines, il semble en effet que l’impérialisme de la formalisation mathématique par exemple, qu’il soit installé de longue date (comme en économie) ou fraye encore sa route vers l’hégémonie (comme par exemple dans certains pans de la sociologie), soit contesté et ce du point de vue de la théorie elle-même. » (Postface de Contribution à la critique de l’économie politique, K. Marx, Les éditions sociales, 2014, p. 246)

André Fontaine, auteur de Les socialismes : l’Histoire sans fin, Spartacus, 1992, Mai 68 dans l’Histoire, L’Harmattan, 2010

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95 réflexions sur « Les classes moyennes, une supercherie politique, par André Fontaine »

      1. J’aurais pu aussi , car j’ai eu à connaître d’abord comme lieutenant colonel , puis comme organisateur de la sécurité du G8 d’Evian en 2003 , Denis Favier qui est le membre du GIGN qui pénètre le premier dans l’avion Alger -Paris à Marseille , lors de l’assaut !

        A l’IGN , j’ai pillé deux agents de catégorie B spécialisés dans la numérisation cartographique ,dans les années 88-89, où Bercy trouvait déjà qu’il y avait trop de fonctionnaires , et que l’on pouvait facilement se débarrasser d’agents aussi « subalternes » et « techniciens » ( Beurk!). Ils m’ont fait en six mois un travail colossal ,qui nous a valu la visite ultérieure de pas mal de collectivités ou entreprises qui se réveillaient enfin à la géolocalisation .

        Je ne sais pas comment André Fontaine a vécu de son côté cette période , et quelle représentation il en fait dans la fresque qu’il retrace ici .

        PS : à propos de Bercy et des fonctionnaires inutiles , il faut s’attendre en 2016 à la disparition de Bison Futé .

      2. @arkao :

        A propos , quid des classes ( dont » moyennes ») depuis homo sapiens ( voire avant) jusqu’à « l’homme moderne »? Quid de la « classe féminine  » sur la même période ?

  1. Réflexion escherienne ou mandelbrotienne ou Borgesienne :
    Les sciences sociales ont leur « habitus », elles révèlent quelque chose sur la société qui les construits autant que ce qu’elle prétend révéler en elle-même (voire plus).
    Je comprends (en diagonale) le présent appel un peu comme, mutatis mutandis, le tahafut al tahafut
    (https://en.wikipedia.org/wiki/The_Incoherence_of_the_Incoherence)
    d’Averroès… (on pourra relire la nouvelle correspondante de Borges dans son recueil El Aleph : la quête d’Averroès
    https://fr.wikipedia.org/wiki/L'Aleph#La_qu.C3.AAte_d.27Averro.C3.A8s)

  2. Je suis désolé de faire ça comme ça, j’étais en train de rédiger quelque chose pour le précédent article ouvert aux commentaires
    http://www.pauljorion.com/blog/2015/11/16/la-bonne-gouvernance-du-chaos-par-roberto-boulant/
    et au moment d’envoyer les commentaires se sont fermés. En m’excusant auprès d’André Fontaine dont j’ai pas encore lu l’article.

    « Ce n’est pas un souhait, c’est un constat, et une conclusion logique suite à l’intervention de Gattaz. »

    C’est ce qui m’est venu à l’esprit en lisant cette brève. Ce type m’a semblé au dessus de tout ça. Ce qui arrive ici bas ne l’atteint pas, ce n’est pas son monde. Compris comme ça, je ne pense pas qu’Agnès ait souhaité la mort de quiconque.
    En fait, ce monsieur m’a fait un peu pitié, je l’imaginais menacé par un volcan, pris dans un tsunami ou à l’aplomb d’une météorite, toujours répétant inlassablement « qu’il ne faut pas laisser partir à vau-l’eau les dépenses publiques ».

    J’ai failli écrire deux choses, et maintenant c’est fait, d’abord que Daech avait été vraiment trop cruel avec lui puisqu’il (Daech) provoquait des dépenses publiques supplémentaires; et l’autre, que Gattaz sifflait la fin de la récré et qu’il fallait revenir aux choses sérieuses.

    Juste des impressions sur lesquelles on essaie de mettre des mots.

    1. « Juste des impressions sur lesquelles on essaie de mettre des mots. »

      C’est ça, mettez les mots. MAIS, « conseil amical », comme ils sont en train de lâcher les pits et que dans mon taf, j’en ai vu des comme vous et comme CERTAINS d’entre eux n’ayant pas la lumière à tous les étages et qui n’ont aucun état d’âme et surtout quand ils sont A FOND, remontés, sous pression et sur les dents , BONJOUR LE COCKTAIL..

      Ouvrez vos esgourdes et surfez un peu intelligent et vous verrez qu’il y en a en ce moment qui se retrouvent devant le bureau du juge pour NE PAS PAS AVOIR SU SE TAIRE…..Et m^me bourrés, ils ne sont pas passé à travers les mailles du filet, alors si vous êtes à jeun, idiot et que vous la ramenez, YES que du bonheur ! Le » gattaz-man » se déchainera very easy…TOI COMPRENDO ?

      Et les juges et les flics sont heureusement pour vous , sont loin, très loin, d’être tous « chtarbé » !

      Alors, les ptis loulous, « au pays de Candy », faites un peu fonctionner ce qui vous reste de neurones ACTIFS, par ce que là , on passe en mode parano et hystérie en « live direct » et que ça peut faire trés mal si VOUS vous n’avez rien dans le ciboulot, que vous ne savez pas vous CALMER et que vous la ramenez pour approbation du populo à vos âneries et pour mousser vos égos en mal de reconnaissance, sur le net ou dans la rue.

      EN FACE, PARFOIS, hélas, il peut y avoir le m^me topo, le QI d’une moule et en « mode hystérique » , trés énervé et avec des pouvoirs (merci le nabo de tes bons conseils..qui ont été « entendu ») et des possibilités que vous n’avez pas… vous savez ceux qu’ont un gentil joujou à la ceinture et qui N ONT ABSOLUMENT AUCUN SENS DE L HUMOUR en CE MOMENT ! Et pour cause….

      Les policiers pourront porter leur arme 24 heures sur 24

      http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/11/19/01016-20151119ARTFIG00092-les-policiers-pourront-porter-leur-arme-24-heures-sur-24.php

      Ha bon , pas « calmés » ?

      Qui est ce qui n’a rien pigé et qui n’a rien dans le citron avec sa psychologie de caniveau au pays de Candy les
      2 moineaux ?

      « On fait le malin » et « on pleure » au poste de police et devant le juge, des i-di-ots ! J’en ai vu plus d’un !

      Voili, voilou et des exemples comme celui là, il va y en avoir à la pelle dans les jours à venir…
      Mode « état d’urgence », une paille….

      Désolée de vous avoir réveillé et sorti de votre bubulle, vous pouvez retourner pioncer tranquillou. Bonne nuit les petits.

      « Comparution immédiate »

      « Placé en garde à vue, il était est jugé ce mardi en comparution immédiate pour apologie du terrorisme et outrages. Finalement, le tribunal correctionnel de Rouen estime qu’il n’a pas fait l’apologie du terrorisme, au sens où il n’a appelé personne à approuver ce qu’ont fait les frères Kouachi. Mais l’homme a quand même été condamné à 2 mois de prison ferme pour outrage à agent. »

      un fifrelin..

      https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/relaxe-partielle-pour-le-jeune-homme-juge-pour-apologie-du-terrorisme-rouen-1447775277

      http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaques-du-13-novembre-a-paris/plusieurs-condamnations-pour-apologie-du-terrorisme-apres-les-attaques-de-paris_1178839.html

      Et un MEGA MERCI à Vigneron ! Simply the best ..!
      Love from Gudule Deboute .

    2. Merci, Le Belette, c’est exactement ça.

      (Je ne sais pas ce qu’elle prend, Gudule, ni qui la fournit, mais j’en veux, c’est de la bonne! Oups! Après « apologie du terrorisme » et « appel au meurtre », elle va courir me dénoncer en trépignant pour « incitation à la consommation de substances illicites »!)

      Fin de la parenthèse, je retourne à l’article d’André Fontaine, prendre le temps de bien le lire.

      1. Pour mémoire, Agnès, dites vous bien que si Gattaz bénéficie d’une protection rapprochée 24/24, ce qui reste à voir, ce n’est en aucun cas ce que lui procure Radiall en revenu qui lui permettrait de la payer, à moins d’y consacrer l’essentiel.

  3. Bonsoir à tous
    Il y a des millions d’ostraca qui ont été collationnés au moyen orient, cad des tablettes d’argile gravées par les civilisation akkado sumériennes. 99% sont des trucs de comptables: des décomptes de boeufs, de jarres etc…Le reste, l’essentiel, c’est l’Enuma Elish, l’épopée de Gilgamesh et le code d’Hammourabi:
    très succinct par rapport au reste! Enfoui dans les milliers de recensions comptables.
    Nous avons des problèmes pour connaître les sociétés gauloises archaïques, car l’essentiel pour eux ne devait pas être écrit.
    Maurice est camerounais; quand je l’ai connu, il était chauffeur dans une société de voirie à Douala. Là, il appartenait à la « classe sociale » inférieure tant par le statut que par le revenu. Mais il lui suffisait de faire 300km pour que, sans que ses moyens financiers soient changés le moins du monde, il retrouve son statut de Prince en entrant sur la terre de sa nation et là, il faisait partie de la « classe dirigeante ».
    Un de mes frères par élection,Karim Muhammad Turay venait de Sierra Léone. Ses compatriotes le regardaient de haut car il était de complexion plus sombre qu’eux , métis de Peuls. Cependant son statut était très particulier car il était imperméable aux balles: pour atteindre à cet état, le rite implique la consommation de chair humaine. A part cela c’était un excellent charpentier de marine. A quelle classe sociale marxiso- engelo européenne appartient -il?
    La France est un pays de statut. Comme la Chine est un pays d « Face », ce qui n’est pas sans similitudes .Ce n’est pas l’appartenance à une classe sociale qui détermine les rapports sociaux chez nous, mais le statut. Où se situe Frank Ribéry ou le présentateur du journal de 20h qui, tout en étant un salarié est payé des fortunes pour faire passer les couleuvres ?

    La notion statistique de classe sociale est particulièrement utile pour déterminer l’assiette de l’impôt. A part cela c’est une vanité de comptable social.
    Si le tangible à des avantages, l’essentiel réside dans l’intangible.
    Lao Tseu ( librement résumé)

    Je vous prie de bien vouloir accepter l’expression de mes sentiments normés, comptabilisés conformes dans la moyenne de la courbe de Gauss pertinente.

    1. Je sens que les références données vont réveiller les anthropologues du blog , même s’il me semble qu’il y a déjà dans le billet d’André Fontaine , plus qu’une allusion au « positionnement social » par d’autres critères que l’économie !

      PS : un frère d’élection , qu’est ce ?

  4. Depuis un certain temps déjà, les « classes moyennes » regressent, perdent leur « personnalité » sous la pression des changements économiques et sociologiques, font place à une évolution vers une société bipolaire: il y aura invariablement des privilégiés, possédant un emploi, bénéficiant d’un revenu régulier ou supérieur; ils habitent dans des quartiers soignés, en centre ville, consomment »bio », partent en vacances………
    Et vous aurez ceux qui n’ont autre choix que de s’exposer à la précarité constante, aux emplois faiblement rémunérés et instables, désavantagés en matière d’habitat et de conditions de vie.
    Ce sera la somme de la robotisation de plus en plus radicale de la production, de la concurrence globalisée aussi – elle joue un rôle déterminant dans déformation des classes moyennes; le fatalisme des gens fait le reste.

  5. J’ai beaucoup de mal avec ces penseurs du passé (Marx, etc.), ainsi qu’avec ceux qui s’y réfèrent. Je ne vois pas l’intérêt de s’encombrer avec ça, sinon pour se faire des nœuds dans le cerveau, ou briller en société.
    On peut aussi observer le vrai monde des vrais gens à notre époque.

    Déjà, les classes dominantes ne possèdent pas seulement les « outils de production », mais les Ressources en général, à commencer par le sol! (surtout là ou il a de la valeur, évidement…).

    Il y a 3 catégories:

    – Ceux qui possèdent les Ressources, donc, et peuvent en tirer un grand profit. Les plus riches dominent (les « 200 familles »).
    Ils contrôlent tout.
    – Ceux qui détiennent un savoir « utile », et peuvent en tirer un certain profit,
    – Les autres, le plus grand nombre et de loin, dont l’avenir est très aléatoire, et d’autant plus qu’ils sont inutiles aux Propriétaires.

    On comprend :

    – que les Proprios n’ont pas du tout envie de changer de Système (capitaliste des rentiers qu’ils sont),
    – que ceux « qui savent » (il n’y a pas que des mathématiciens!) se portent très bien dans leur rôle de larbin des possédants,
    – que les autres ne peuvent que subir, avec plus ou moins de fortune, selon les hasards de l’existence.

    1. La classe sociale des larbins, encore appelés collaborateurs, est essentielle, de par son rôle interface entre les Proprios, et le peuple.

      Les grands larbins sont aux postes clés: chefs d’état, ministres, et leurs conseillés, présentateurs vedettes de journaux télévisés et autres directeurs des « grands » médias papier, experts attitrés que l’on voit partout, etc. Ils sont les représentants du Système « universel ».

      Ils ont été sélectionnés par le Système pour leur capacité à en adopter spontanément les valeurs, et à le défendre avec l’arrogance des « savants », quel que soit le sens du vent. Ils sont inconscients de ce qu’ils ont été sélectionnés pour leur veulerie, mais imaginent que l’on a reconnu en eux des êtres d’exception. Les plus orgueilleux seraient même des élus de Dieu. Ils en sont très fiers, et aussi très bien rémunérés.

      En dessous on trouve les larbins moyens appréciés des entreprises, qui leur confiront des postes à « responsabilité ».

      Encore en dessous, les « petits chefs »…

      1. Merci Monsieur Gagnot pour cette synthèse percutante.
        Le modèle larbiniste est chaque jour confirmé dans la vie professionnelle et politique.

  6. Franchement, y’a une autre province reculée en ce monde où on peut encore trouver ce genre de tentatives réanimatoires de sociologie marxiste ?

      1. En fait, il n’a pas du supporter de s’entendre traiter de « compétent » !
        Pourtant la tonalité CFDTiste qui accompagne ce billet et le gouvernement Valls-Macron , aurait du le rendre plus magnanime et moins pressé dans son analyse .

        Sur le fond du billet , je prends le temps de réfléchir . A chaud cependant , autant j’adhère à la première moitié , qui en arrive à pointer qu’il y a plus à comprendre et agir en s’intéressant à ce qui se passe « en haut » , plutôt » qu’au milieu » ou  » en bas », ( on pourrait d’ailleurs en dire autant de la « classification des nations ) autant je reste sur ma comprenette sans faille dans la reconstitution historico-philosopho–sociologique de la deuxième partie .
        Je réfléchis, mais je crains de réinventer ce que des esprits plus dédiés que moi ont pu transpirer ce dernier siècle .

  7. Partant de l’idée que les classes sociales sont une opération classification un peu subjective à laquelles les scientifiques cherchent des critères empiriques (cfr Bruno Latour), mais que ce sont aussi des constructions sociales autoréalisatrices par les groupes qui les composent, qui en contruisent la culture propre (J.P Colleyn, dans son Eléments d’antropologie, mais aussi dans une émission RTBF Nuances, très pertinente) et la permanence dans un temps d’évolution ; et qu’elles se construisent le plus souvent dans une configuration binaire et hiérarchisée avec domination (1), les classes « moyennes » ont un statut très particulier.
    Du temps de Zola, il y a un employé aux écritures entre les quelques patrons et les milliers de mineurs. La question des classes moyennes ne se pose pas. Elles apparaissent un peu comme un magma inclassable, ne se polarisant pas, entre les deux classes ‘antagonistes’. Et cela est vrai très longtemps. Ce n’est que quand des groupes vont se différencier nettement au sein du prolétariat, avec les employés et fonctionnaires, puis que l’explosion des statuts contractuels et l’affaiblissement mortel des bastions prolétaires (Merci Thatcher et merci Gorbatchev) vont advenir, que la question de « les classes moyennes » va être à la mode. Mais ce groupe (présenté au pluriel !) veut-il se construire une classe, avec une unité culturelle et une permanence ? et contre quelle autre classe et dans le but de quelle domination qu’il aurait à subir/dénoncer ? Les opérations de classification par des observations empiriques peuvent continuer longtemps, le contexte n’est pas réuni pour une ‘autoréalisation’. Quand on sait que le salaire mensuel de 3000 euros (bruts en France, je crois, donc 2.200 net en Belgique à peu près) désigne le dernier percentile (les 10 % les plus riches) du salariat, une telle classe ne serait qu’une faible portion sociale. Sans doute le système économique (et médiatique !) a-t-il intérêt à ‘miroiter’ une classe de ‘distinction par les signes extérieurs de consommation’ qui va de l’ouvrier de grande entreprise avec son 4×4, au médeçin spécialiste de grande ville, tous prisonniers du ‘Lifestyle’.
    J’ai lu l’article d’André Fontaine avec intérêt, mais en construisant une divergence qui m’en a éloigné.
    (1) Cette esquisse de configuration binaire avec hiérarhisation, je la construis en la décalquant du ‘Système du genre » qui a construit ces classes les hommes/les femmes et leurs cultures propres et entre eux/elles des relations normées, laissant en marge les gens hors critères (les trans…) et hors normes de relations (les gays et lesbiennes) qui sont donc des ‘classes moyennes’. Mais je ne l’évoque qu’en note, pour ne perdre qu’au dernier moment les lecteurs masculins, comme Marx a vu fuir les lecteurs bourgeois qui n’ont pas voulu entendre la lutte des classes.

  8. Bourdieu : notre position sociale dépend de notre capital économique, symbolique et culturel. C’est la théorie dite des champs sociaux. Elle a été critiquée par les marxistes orthodoxes qui lui reprochent de ne pas être téléologique car elle ne fait que constater des rapports de force, et donc elle ne prescrit pas un modèle de société idéale, en l’occurrence chez Marx l’instauration de la société sans classes après la victoire du prolétariat. Elle a été critiquée aussi par les individualistes méthodologiques, qui lui reprochent son déterminisme, de ne pas laisser une place à l’invention, tout se rapportant à des questions d’habitus. Pourtant, il me semble que l’on peut objecter à cela que précisément la théorie des champs du fait même qu’elle raisonne en termes d’habitus sociaux, ne préjuge pas de l’existence de champs sociaux prédéterminés puisque ces champs sociaux résultent des rapports structuraux qui s’établissent entre eux dans une globalité. Il n’y a donc pas d’a priori quand aux objets étudiés dans l’analyse sociale.
    Si maintenant je rapproche habitus et mémoire il n’y a aucune solution de continuité entre la théorie bourdieusienne et l’approche de Paul Jorion, au contraire, ce dernier l’enrichit.

    Il y a bien un a priori anthropologique chez Bourdieu, c’est que rien de ce qui est humain n’échappe aux rapports de domination. C’est une vision pessimisme de la « nature humaine ». La seule chose dont nous soyons alors capables c’est alors d’objectiver les rapports sociaux de sorte que nous élucidions les illusions qui nous retiennent dans le statut quo d’un rapport social. La prise de conscience de l’aliénation permet de s’en abstraire. Ou du moins c’est l’étape nécessaire.

    Il s’agit donc d’abord de déconstruire les représentations qui sous-tendent les rapports de domination de tous ordres. Cette sociologie ne prescrit rien politiquement, elle est pourtant progressiste parce qu’elle implique que rien n’est jamais gagné définitivement, que la politique est toujours à faire.
    Rien n’empêche donc les politiques, les citoyens de prescrire ce qu’il leur semble être la réponse institutionnelle, constitutionnelle adaptée à une situation. Les rapports de domination se jaugent à une structure globale mais aussi dans les détails. Le jeu des petites différences au sein d’un champ social qui déterminent une hiérarchie.
    Le politique prend alors le relais de l’analyse sociologique sans s’y confondre.
    Faut-il voir l’attitude de la deuxième gauche dans cette posture intellectuelle ou bien est-elle également compatible avec une approche plus radicale (sans être révolutionnaire) ?

    Il me semble que chacune des attitudes peut s’en réclamer. Le rapport de domination renvoie à notre agressivité. Mais d’autre part, nous sommes aussi des êtres sociaux du fait de notre capacité à nous entraider (philia). La philia ne fait pas disparaître l’agressivité propre à l’espèce, mais elle atteste des relations symétriques qui font que les rapports de forces d’un certain niveau organisationnel peuvent être résorbés, ou neutralisés par l’instauration d’un niveau d’organisation supérieur, inédit. Je pense bien sûr à la proposition de constitution pour l’économie de Jorion : l’entrée de l’économie dans le domaine de la moralité (structurellement déterminée par certains interdits) ne fait pas disparaître l’agressivité en tant que telle, mais en l’élimine certains aspects.

    Reste à savoir si la deuxième gauche s’emploie sérieusement à déconstruire les rapports sociaux ? L’histoire du socialisme dans notre pays depuis deux ou trois décennies, m’incline à apporter une réponse négative. Les Nicole Notat, Rocard et aujourd’hui Macron ont contribué plus à détricoter nos systèmes sociaux qu’à les renforcer, fussent-ils animés des meilleures intentions.

    Ah oui j’oubliais, les classes moyennes. Bien c’est intéressant comme variables statistiques, lorsque l’on s’intéresse au niveau des revenus, mais effectivement cela n’explique pas grand chose.
    Une autre chose qui n’a pas été dite dans ce billet très intéressent : pour Marx une classe se définit en soi et pour soi. C’est donc une conscience de classe. Or aujourd’hui si nouvelle conscience il doit y avoir elle sera d’abord conscience des enjeux planétaires en tant qu’être humains. C’est dans ce cadre là qu’il s’agit d’appréhender les rapports de domination. Il faut donc supposer une nouvelle philia, qui soit l’antithèse des rapports de domination qui se structurent au travers de l’économie et de la finance mondiale, et c’est bien ce qui nous préoccupe sur ce blog.

  9. Quelques remarques sur ce texte touffu mais parfois aussi confus.

    Pour reprendre la référence qui est faite aux travaux de Louis Chauvel et en particulier à son ouvrage « la dérive des classes moyenne » celui-ci, insiste dans son introduction sur la différence entre les acceptions sociologiques anglo-saxonne et française de « classe moyenne » et finalement se rallie à la vision majoritaire française…
    Pour faire court, la sociologie anglo-saxonne considère que ce qui détermine l’appartenance à la classe moyenne, c’est l’exercice
    d’une fonction de contrôle et de participation à la domination des classes populaires. Ce qui n’est pas le cas de la vision « française » pour laquelle c’est la situation dans l’échelle des revenus qui la caractérise… Ce qui permet d’intégrer des carpes et des lapins dans une même catégorie fourre-tout et extensive… Bien sur cela aide à occulter la dimension idéologique forte de cette acception. Cette interprétation permet de diluer (ou noyer c’est selon) cette « classe moyenne dans un vaste marais où pourrait se retrouver à peu près la moitié de la population et non plus un dixième seulement… avec l’immense avantage pour la deuxième gauche d’en finir enfin avec les antagonismes sociaux… reliques d’un passé désormais révolu…
    On comprendrait alors le désarroi ou le déni des malheureux qui se croyant encore dans la bonne catégorie bien neutre, bien moyenne se retrouveraient de facto dans celle des dominés, à défaut d’assumer le fait d’être dans celle des complices actifs ou passifs des dominants…

    Pour rebondir sur le commentaire de Pierre-Yves Dambrine:  » Il y a bien un a priori anthropologique chez Bourdieu, c’est que rien de ce qui est humain n’échappe aux rapports de domination. C’est une vision pessimisme de la « nature humaine ». » J’ai la sensation que Bourdieu est une fois de plus victime d’un contresens massif et qu’une fois de plus la partie est prise pour le tout, car si « rien de ce qui est humain n’échappe aux rapports de domination », cela ne veut pas du tout dire que tout ce qui est humain ou rapport humain n’est que rapport de domination… ou s’y trouverait finalement réduit…
    Cette réduction déterministe trop souvent reprochée à Bourdieu qui ferait finalement de lui une sorte d’adepte d’un « C’est ainsi… C’est écrit… C’est ton destin » … me semble particulièrement contredite à la fois par tout son travail de chercheur et par son attitude dans ses combats publics et ce que l’on peut savoir de plus personnel…

    Enfin pour ce qui est d’en finir avec un certain monde et ses rapports de domination, et sans illusions sur l’apparition imminente d’une nouvelle philia, je ne peux que conseiller la lecture des contributions à l’ouvrage collectif « Autonomie ou Barbarie » très récemment paru qui fait à la fois référence au travail magistral de Cornélius Castoriadis et le prolonge …

    1. On remarque surtout en socio comparée que les anglo-saxons causent d’une fuckin working class entre middle et lower class…

  10. Mon classement sociologique
    Ceux qui meurent de faim
    Ceux qui survivent avec une bouffe dégueulasse
    Ceux qui vivent avec quelques bananes bio
    Ceux qui vivent tout bien tout bio
    Ceux qui se gavent de tout et vomissent sur les autres

      1. Vigneron,
        prends les références très solides qui sont dans le bouquin de Pochon « Le scandale de l’agriculture folle », dans lequel il fait des comparaisons.
        Tu peux aussi te référer au projet Gamour de la réunion.
        Si tu dépenses moins et que tu produis autant, alors le durable devient rentable.

      2. @Vigneron :
        Dans la plupart des cas effectivement le « bio » coûte plus cher à produire . A vendre c’est déjà un peu moins vrai .
        Par ailleurs un peu de raison dans la quantité mangée rééquilibre les comptes , fait moins d’obèses , et une part de l’économie rapatriée « au pays » .
        Il y a par ailleurs de pauvres montagnards qui mangent bio tous les jours et ne s’en plaignent pas .
        Fernand Reynaud avait déjà plaint ces malheureux parisiens ( de toutes classes ) qui ne savaient pas ce qu’était une myrtille , une airelle , parce que « ça ne supportait pas le voyage . »

      3. Non Michel, you’re a serious man, prends les céréales, qui nourrissent le monde, les coûts de production à l’ha sont à peine moindre (les intrants pèsent peu à coté des postes méca et MO) et les rendements deux fois moindres et donc des coûts de production à la tonne qui peuvent être en moyenne de l’ordre du double en blé bio. Résultat: ya des gros malins qui sont prêts à payer du blé bio 400€ ka T (0,40€ le kg !!!) contre 170 le conventionnel. Et on importe un bon tiers (50 000 T) du blé bio pour la viande bio…

      4. Vigneron,
        même pour les céréales, le LER (Land Equivalent Ratio) est presque toujours supérieur en cultures associées sur sol vivant qu’en conventionnel. Mais pour le moment, tout le système est calé sur de la monoculture, aussi bien la PAC que les machines de récolte, de tri, etc… mais avec le temps, les coûts moindres en agroécologique (à nouveau, je n’ai pas dit bio, sauf s’il est issu de culture agoécologique) vont s’imposer, d’autant que les externalités négatives (écologiques et sanitaires) finiront bien par être intégrées dans ces coûts.
        Pochon gagnait 1.30€ par kg de boeuf sur pied produit en durable (agroécologique, bien que le mot soit venu après), contre 0.25€ en conventionnel (ce sont de chiffres de 2009, le prix de vente était d’environ 2.5€ par kg dans les deux cas).

      5. Si si tu as dit bio Michel. Agroécologie ou agroforesterie (tout à fait mécanisable et intensifiabke au demeurant) sont des systèmes de culture alternatifs qui n’impliquent pas nécessairement un label bio.

  11. Pas de lien direct avec les classes moyennes, encore que…
    Mais ce matin je ne peux m’empêcher de me faire cette réflexion :

    Aujourd’hui il ne fait pas bon avoir un point de vue anticonformiste…

    L’économiste Paul Jorion viré de la VUB

    http://www.lesoir.be/987042/article/economie/2015-09-11/l-economiste-paul-jorion-vire-vub

    Le dernier billet du “Yéti” sur Politis

    http://yetiblog.org/index.php?post/1503

    Les dissidents du système sont mis à l’écart, en attendant d’être mis à l’index ?

    Et cela ne va pas s’arranger dans ce contexte “martial”, la première victime de toute guerre étant comme c’est bien connu : la vérité.

  12. Pour classer les objets d’une collection, il faut leur attribuer des étiquettes, avec un certain nombre de critères de distinction. Plus on essaye d’être analytique, plus il faut multiplier les critères à cocher, et plus on identifie de classes différentes. Pour limiter le nombre de rayons de classement, il devient alors nécessaire de faire des regroupements, mais alors, quelles sont les caractéristiques à retenir est celles à supprimer.
    C’est le problème du coiffeur qui pour réussir une coiffure parfaite, veut distinguer soigneusement toutes les mèches. Une fois qu’il aura fait une raie entre chaque cheveu, pour aller plus loin, il lui faudrait couper les cheveux en quatre dans le sens de la longueur.
    S’il veut limiter le nombre de raies, il va buter sur le problème suivant : combien faut-il de raies au total, et combien en faut-il respectivement en long, en large et en oblique, et où les placer ?
    Ce n’est pas un analyste qui peut répondre. C’est plutôt un travail d’artiste. Mais comment distinguer entre une coiffure artistique et un ébouriffement arbitraire ? Encore un problème de classement !

  13. Mais que c’est bavard, pour dire des choses si simples…
    Certains ont tendance à confondre ce blog avec leur éditeur…
    Les classes moyennes, c’est ce qui sépare les pays à peu près ou très développés, des autres, où n’existent que quelques très riches, et beaucoup de crève la faim. Et le passage au sein d’une population d’une courbe de revenus gaussienne à une courbe bimodale excluant la possibilité d’existence d’une communauté pérenne.

    1. ça, c’est la définition réduite à l’aspect « consommateur », abondamment répandue par les médias larbins du Système.
      Elle est inodore, incolore, et sans saveur.

      Et surtout elle n’appelle pas la réflexion, ce qui est sans doute le but recherché.

  14. « … vision pessimiste de la nature humaine… « 

    On peut:
    faire appel à tous les penseurs, philosophes, statisticiens…
    et/ou
    n’y faire aucune référence…

    pour toucher du doigt ce point crucial de la nature humaine: ce penchant vers la domination,
    assorti de cet attribut spécifique qu’est la conscience.

    Il est vrai que ce « penchant » est entretenu par les dominants et crée, comme le dit Paul Jorion, une « réaction positive », amenant l’emballement. Entretenu par tous les moyens qui affaiblissent la conscience, par exemple en fournissant autant de gourous que nécessaire satisfaisant toutes les sensibilités avec pour conséquence la délégation de la liberté et de la responsabilité à penser par soi-même.

    Pour accéder à « … vision optimiste de la nature humaine… « , il nous faut passer par ce changement de paradigme qui consiste à réactiver cet attribut fondamental qui permet de s’affranchir de la loi de la jungle aggravée par la « réussite »(*) des processus dominateurs.

    Est-ce possible en l’état actuel du système ?

    (*) temporaire !!! car « emballement »…

  15. Foin de grands discours!
    Le concept de classes moyennes-à géométrie très variable-est un outil utilisé par ceux qui trouvent qu’ils payent trop d’impôts sur le revenu et qui s’opposent donc au principe de progressivité et de redistribution. Il est intéressant d’associer alors à leur cause le plus grand nombre possible par une clé d’identification: la classe moyenne matraquée.
    L’évolution de la conceptualisation des notions de classe pourrait être comparée avec celle des taux d’imposition; question de rapport de force?

  16. Deuxième « à chaud »:

    Si l’on admet , comme c’est un de mes credo, que notre société ( au sens planète) , s’organise autour de la « politique » ( qui devrait être la démocratie ) et du « marché » , l’évolution historique qui me parait faire sens , c’est l’asservissement de la politique par le marché via tout ce qu’on veut , mais qui aboutit à , et se nourrit de, la sacralisation de l’individu responsable de rien et jouisseur de tout .

    Dès lors , si l’on veut raisonner en termes de « classes », il n’y en a plus que deux :
    celle qui organise et pompe le marché (devenu fou et autonome),
    celle qui consomme au niveau où les intérêts de la précédente veulent bien la laisser consommer ou crever .

    Tous les « corps intermédiaires » , ou ce qu’Attali appelait les aristocraties paysannes , ouvrières , d’ingénieurs ,d’enseignants , de chercheurs ,d’artistes , deviennent inutiles et même « gênantes ».

    Il ne s’agirait alors de se battre , non pas pour une classe « basse » et/ou moyenne , mais pour une démocratie remettant le marché à sa place consentie et pas plus , pour échapper:
    – au repli sur soi rapidement mortifère,
    – à la précarisation générale portée par le capitalisme libéral,
    – à la sociale démocratie de marché dont les vaines tentatives de régulation par la seule fiscalité sont vouées à l’échec .

    Je reconnais que ce diagnostic ne fait pas l’ordonnance , mais il m’évite les fausses médecines .

      1. Oui et revenir à plus de solidarité , je viens de terminer la lecture de misère de la pensée économique de P Jorion.
        Une analyse et « déformatage » libérateurs et qui ouvre sur des perspectives utiles et pétries d’ humanisme , ça change.. .

    1. Le corps intermédiaire n’a pas disparu, c’est pire.
      Ceux qui le constituait ont été remplacés par des larbins. (Dont fait partie Attali. Il suffit des lire ses proses du passé, présentes et sans doute à venir, qui se contredisent allègrement, pour s’en convaincre. Son problème est de se positionner par rapport au vent)

    2. C’est bisounours de vouloir remettre le marché à sa place par la démocratie, ou plus de solidarité!
      De quel pouvoir disposez vous ?? Aucun.
      « Ils » les ont tous pris.

      La seule option, très ténue, est de faire élire un Président de la République pour réunir une Assemblée constituante, digne de ce nom…

      Si je me trompe, qu’on me le dise, clairement de préférence.

    1. Cette « brève » n’appelle pas non plus à la réflexion.
      Il est remarquable que ces catastrophes sociales soient relatées sans jamais s’interroger sur ce qui en est la source. (le capitalisme des rentiers)
      Ignorance, ou autocensure ?

      Un peu comme si on relatait simplement qu’une centaine de personnes sont mortes au Bataclan.

      1. Si c’est ça la réflexion de Dominique Gagnot , cette « brève  » description journalistique d’un fait , aurait effectivement mieux fait de n’appeler à rien .

      2. Qu’entends tu par là (si je peux me permettre le tu) ?

        (Les petites phrase laconiques, ça défoule, mais le problème est qu’on peut en émettre 36 hypothèses.)

      3. Sinon, Juan tu aurais aussi pu dire « je ne comprends pas ce que tu veux dire, peux tu expliquer ? »…

        Voici donc :

        A l’occasion de cet article concernant le Brésil, je fais un parallèle entre les catastrophes sociales, qui conduisent parfois à la mort (suicide au moins social), et celle du Bataclan (j’aurais pu aussi prendre l’exemple d’un accident d’avion).

        Dans le premier cas, l’enquête se limite à constater un ralentissement de la croissance parce que bla bla, sans jamais se poser la question de la pertinence du système économique qui est à l’origine de tout ça, un peu comme s’il était Dieu. En clair, on s’en fout.

        Dans le second cas, une enquête menée par des spécialistes
        (le BEA pour les accidents d’avions) est menée de sorte à faire un diagnostic complet, et d’en tirer les conséquences, sans limite aucune. (si ce n’est quand même remettre en question du système économique… , là on touche au sacré )

      4. J’ai encore assez d’agilité d’esprit pour avoir anticiper ce « parallèle » , mais outre qu’il me semble encore un peu indécent , je n’en vois pas l’intérêt dans le cadre de ce billet , autre qu’une jérémiade .

      5. Et doit on émettre des petites phrases pleines de sous entendus chaque fois que l’on est pas d’avis d’un commentaire?

        Pour ce qui est de la décence et de l’indécence, quand aux morts, elle dépend beaucoup de la catégorie sociale concernée… Comme quoi on est encore dans le sujet.

      6. Pour bien me faire comprendre, je trouve étrange que alors qu’on respecte « nos » morts, et qu’on met des moyens infinis pour éviter que cela ne se reproduise,

        on laisse crever les réfugiés et les pauvres en général, dans une indifférence tout aussi infinie, et même au bas de nos immeubles.

        Et on a pas l’intention d’y changer quoi que ce soit.

        Attali a surement écrit un truc là dessus. Ah non?…

      7. @Gagnot :
        Il a écrit (en 2004) que , en laissant la société de marché aller comme elle est , « la société ne sera plus qu’une juxtaposition de solitudes , comme l’amour ne sera plus qu’une juxtaposition de masturbations , que plus on est seul et plus on consomme ou se distrait , que la mutation de la société de marché vers la société de marchandises conduira à faire commerce de tout : le corps , les idées ,des passeports , des organes ,du temps , des amours ,de la consolation jusques aux suicides, que l’homme deviendrait un objet consommant des objets. Que dans ce système , le meilleur gouvernement est l’absence de gouvernement .

        Pour tenter de parer à tout ça , à l’époque, il proposait de maîtriser « la marchandise » et « le spectacle » avec un certain nombre de pistes pour renforcer la démocratie face au marché .
        En schématisant très grossièrement , j’avais relevé:

        – l’au delà du marché n’est pas la propriété collective des biens de production mais la gratuité ( services d’hospitalité, santé, éducation, souveraineté, culture, sécurité, justice)
        – l’au delà de la démocratie passe par la Responsabilité ( davantage de démocratie directe)
        – l’au delà du spectacle est le savoir et la possibilité d’y avoir accès pour tous .

        Il avançait que la principale difficulté pour progresser en ce sens , serait que ce discours sera difficile à « vendre » à des peuples qui ne voudront plus que vivre heureux plutôt que vivre libres , rêvant d’avoir plus de choses et non pas plus de sens .

        Si l’on s’en tient à l’aspect propriété ( que j’ai plutôt mis au pluriel sans ma propre « feuille de mission » ici même , au côté de la notion de « Pouvoir ») , vous avez raison d’avancer qu’il n’y a pas une franche remise sur la table de de tout ce que cette notion implique . Sa réponse de l’époque , c’est la gratuité assurée sur les « biens communs »périodiquement aussi évoquée ici quand on parle de RUS , RSA ou autres variantes .

        Loin donc du saut radical que vous nous martelez depuis … toujours , en vous étonnant de prêcher dans le désert .
        Ce qui ne veut pas dire qu’il faille renoncer à faire le scan du problème « Propriété » ,mais qu’il y faut des talents plus aguerris que Gagnot et Juannessy pour ne pas avancer des pistes qui se déconsidèreraient elles même .
        Et qu’il faut synchroniser les horloges de façon compatible avec les évolutions démocratiques nécessaires .

        Ce qui est plus subtil et transpireux qu’un memorandum de quelques pages .

        PS : j’espère ne pas avoir dénaturer le bouquin d’Attali , comme j’essaie de ne pas dénaturer les bouquins contraires qui me nourrissent aussi .

      8. « il y faut des talents plus aguerris que Gagnot et Juannessy pour ne pas avancer des pistes qui se déconsidèreraient elles même .
        Et qu’il faut synchroniser les horloges de façon compatible avec les évolutions démocratiques nécessaires . »
        ————————————–

        Certes, mais si personne n’avance de pistes (concernant la Propriété des Ressources), l’évolution démocratique risque d’attendre longtemps.
        Et c’est dans ce contexte désastreux que je m’y colle, en attendant en effet que des talents plus aguerris ne prennent le relais.
        Mais qu’est qu’ils foutent ceux là, ils attendent quoi ?

        Car la gratuité, la responsabilité, la solidarité, laisse moi rigoler…
        Les hyper riches s’en tiennent soigneusement à l’écart.
        Or l’exemple vient d’en haut!
        Comment se fait il que personne ne les interroge là dessus???

        On ne fait appel qu’à des pauvres lorsqu’il s’agit de soulager la misère!

        Solidarité entre les riches, et solidarité entre les pauvres.
        Mais ne mélangeons pas les torchons et les serviettes. C’est ça le rêve d’Attali.

        Ces belles idées sont parfaitement hypocrites, et ne peuvent que déboucher sur des entreprises de charité, sans le sous. (Ok, c’est beaucoup mieux que rien du tout)

  17. Si la question m’est posée, je dirais que je fais partie de la classe moyenne, c’est à dire que je ne suis pas dans la misère mais je ne suis pas non plus une personne influente. J’ai quelques marges de manœuvre matérielles sur la conduite de ma vie, sur mes choix.
    Si vous demandez à un intellectuel ergoteur de trier un tas de pommes de terre en trois tas, il y a de fortes chances qu’il s’engage dans une recherche de critères de tris plus sophistiqués les uns que les autres pour s’y mettre. Un esprit pratique fera le boulot sans trop de difficultés.
    La taxinomie est un terrain de discussions infinies qui peut aller jusqu’à la destruction même du langage. Par exemple pour les champignons, Voici ce que nous dit Georges Becker, ce spécialiste éclairé des champignons, dans ses commentaires du livre « Les champignons » publié chez Gründ en 1983 , p27 :.. « C’est ainsi que toute classification nous permet de passer des formes les plus primitives aux plus évoluées, des plus simples aux plus complexes, et d’embrasser d’un seul regard un ensemble innombrable et inextricable dans sa première apparence. Mais il faut être modeste. C’est un bel effort de l’esprit humain d’avoir pu apporter un peu de lumières dans
    cette foule de formes. Toutefois, si certains points de la classification ont un air de certitude définitive, d’autres sont encore bien discutables. Il arrive bien souvent qu’on ne sache où placer telle espèce ou tel ensemble. Trop souvent on peut être tenté d’inventer un genre nouveau pour tel petit ensemble, ou même pour une seule espèce.
    On trouve toujours des arguments pour justifier ces sortes d’opérations. Mais on ne sait pas du tout quelle réalité recouvre notre logique , qui n’est sans doute pas du tout celle de la Nature, si elle en a une.
    Il faut donc accepter toute classification comme une commodité, sans vouloir en faire un dogme digne d’une
    révérence mystique. »

    1. Sauf qu’en matière économique et sociale, le classement des populations fait apparaitre, ou pas, selon qu’on le veuille ou pas, le fond du décor qui les détermine,
      et qui, lui, est pour le moins savoureux…

      1. @Dominique Gagnot
         » selon qu’on le veuille ou pas, « 

        Eh oui, désormais, nous savons commander une source de lumière (laides)… par la pensée !
        Pratique, n’est-il pas ?

        Quant à Jérémie, la lecture nous apprend qu’il n’avait aucune envie de parler, mais cela lui était imposé par ses « tripes », par obligation physique… faut dire que son message avait de quoi contrarier !

      2. @adoque

        « Quant à Jérémie, la lecture nous apprend qu’il n’avait aucune envie de parler, mais cela lui était imposé par ses « tripes », par obligation physique… faut dire que son message avait de quoi contrarier ! »
        ————————————–

        Je ne savais pas, et je prend ça pour un compliment.
        Si seulement les Jérémie n’étaient pas toujours contraints de la fermer, face à l’arrogance des « bien pensants ».
        Du moins jusqu’ici…

      3. @Gagnot :

        Il faut « l’ouvrir » et geindre , là où c’est nécessaire .

        Sur ce blog déjà convaincu , ça n’est qu’une satisfaction masturbatoire et égocentriste , qui ne peut soulager que son auteur , exposé au seul risque de se l’entendre dire .

        « La raison reprendra-t-elle des couleurs ?  »

        DES couleurs .

    2. Ok, mais alors parle clairement, ce qui aurait économisé ces posts inutiles. Et évite de te masturber avec des petites phrases à la con…

  18. Je tente une définition.

    Dans un régime politique donné (par ex. aristocratie, timocratie, oligarchie, démocratie, tyrannie pour reprendre la classification de Platon -?-), la classe moyenne est l’ensemble des individus qui adhèrent grosso-modo à l’idéologie qui est censée assurer la pérennité du régime politique considéré.
    Les frontières de cette classe moyenne sont floues: ainsi les élites qui adhèrent à l’idéologie font partie (à la marge -au bord dans un modèle géométrique-) de la classe moyenne ci-dessus définie. Mais il y a tous ceux qui, sans en faire partie, l’acceptent sans y adhérer (par profit, par fatalisme, …).

    Avec cette définition un changement de classe moyenne n’est autre qu’une révolution. Il peut y avoir émergence d’une autre classe puis « lutte des classes »: catastrophe de conflit en terminologie thomienne. Il peut aussi y avoir effondrement brutal de la classe moyenne: catastrophe généralisée qui peut être de plusieurs types.

    Je crois qu’actuellement la classe moyenne (au moins occidentale) est constituée de ceux pour qui, tels Jducac(?) 🙂 l’idéologie libéralo-socialo-darwinienne est « vraie », dans le genre de:

    http://www.preavis.org/breche-numerique/article161.html

    Si, comme on nous le serine, il n’y a pas d’alternative à la « vérité » actuelle (l’éducation occidentale s’orientant vers une gigantesque fabrique du consentement à cette « vérité »), alors il ne peut y avoir qu’effondrement -en cours (?)- de la classe moyenne et donc acheminement vers une catastrophe du second type.

    Thom, dans le film « René » (dispo sur le net) que JL Godard lui consacre, lâche (40′) -sans justification- un « l’évolution des sociétés est lamarckienne, cela ne fait aucun doute », qui me laisse perplexe au vu de ma totale incompétence en sociologie. Une lueur d’espoir vers une troisième voie alternative à l’actuel TINA?

    1. Attali avait tenté en 2004 ( je ne suis pas sur qu’il y ait renoncé) la  » voie humaine » , qui était en fait une quatrième voie pour échapper aux trois TINA que j’ai pompé plus haut , en les prenant à mon compte .

      1. Attali veut surtout sauver le Système de manière soft.

        Il propose un sous système, pour que les défavorisés puissent y survivre, sans trop faire chier les nantis dont il fait partie en tant que super larbin méritant du Système.
        Ces derniers pourront éventuellement leur céder des miettes. C’est sympa de sa part.

      2. Je ne suis pas sur que vous ayez lu « la voie humaine » .

        C’est accessible pourtant , même sans se faire de nœuds à la cervelle .

        Sur Attali , je dirai comme Paul Jorion , lui c’est lui et moi c’est moi .

        Mais je trouve plus matière chez Attali que chez Gagnot .

      3. Je connais la prose d’Attali, hein. C’est un roi de l’enfumage, dont tu es victime.

        Jamais il n’aborde le fond des problèmes, à savoir la propriété des Ressources. Sans cesse il tourne autour du pot, avec des concepts fumeux, (Attali doit faire du fumeux, lui c’est pas un simple Gagnot!) pour soigneusement éviter le fond.

  19. L’application de la thermodynamique serait peut être plus appropriée pour créer des catégories fonction des propriété de chaque corps (classe culturelles?) des interactions (classes consuméristes ?) et des conditions appliquées au système (type de société?) . Je n’ai ni les compétences ni le temps mais je soupçonne qu’on aurait des surprises.

      1. Si l’on veut lier « thermodynamique » et « classe », à moins que les choses aient bien changé , les premiers rudiments ( que l’on connaissait parfois , sans s’en douter ) véritablement enseignés , commencent en « classe » de seconde . Soit , en principe, avant la fin de la scolarité obligatoire .

      2. j’ai triplé le module de thermo en deuxième année de fac (98 sur 200 au troisième essais : copies non anonymes et prof qui claironnait que les doublant n’avaient pas leur place dans son amphi….) donc j’en sais assez (ou plutot j’ai eu su assez) pour avoir ce que représente un tel travail. Promis, une fois à la retraite je m’y met 😉

  20. Classification de Dmitry Orlov
    Les pauvres, les riches, et les ultra riches
    1 – « les riches ». Ce groupe rétréci chaque jour. De plus en plus de gens en viennent à mesurer leur richesse non à ce qu’ils possèdent mais à ce qu’ils doivent.
    Le but essentiel de l’argent pour les riches, est de les faire se sentir riches :
    voitures et vêtements clinquants, derniers gadgets, femmes à gros implants mammaires en silicone etc. Il n’importe guère que ceux-ci leur soit procurés en dépensant de l’argent ou en contractant de la dette ;
    ils se sentent riches d’une façon ou de l’autre, ou du moins plus riches que quelqu’un d’autre qu’ils puissent mépriser pour se rassurer.

    2 – les ultra riches : Des gens comme George Soros ou Bill Gates font grand cas de leur philanthropie, en promouvant la démocratie ou en combattant la malaria. Ne pourraient-ils pas réellement aider ? Non, car ce sont des vampires. Ils ne sucent pas notre sang, littéralement, mais notre temps et notre labeur. Nous « gagnons notre vie » et une promesse de retraite de plus en plus vide.
    Soros a volé les économies des gens en spéculant sur les marchés monétaires, etc.
    Les super-riches ont donc deux fonctions dans la société. La principale fonction est d’aspirer la richesse de la Terre et de l’Humanité aussi efficacement que possible.

    3 – Les pauvres : les abeilles butineuses, de plus en plus fatiguées et qui tendent à disparaître mais qui permettent à l’économie de tourner
    ————-
    On devrait rajouter les inclassables, ceux qui ont compris que l’argent n’est pas une fin mais un moyen.
    « L’économie n’est pas une fin en soi. Elle est indispensable mais seulement en tant que moyen.
    Elle sert à fournir aux individus de quoi vivre le mieux possible »
    …………………
    « Economies immatérielles », Dangles Editons /
    « Dans l’économie immatérielle qui est la nôtre :
    L’argent (l’étalon et unité monétaire) permet la mesure et l’expression – du moins très partiellement – du prix (les valeurs d’échange) mais permet de moins en moins celles des valeurs (les valeurs d’usage) »

    La valeur d’une idée ne se mesure pas en euros
    Le travail créatif ne se mesure pas en heures
    Un courant de sympathie ne se mesure pas en vilts
    La chaleur d’un sentiment ne se mesure pas en degré Celsius
    Meme le temps ne se mesure plus en secondes ou en minutes

    Un autre étalon donc après l’ère de la médiocratie. Mais lequel ?

    1. Si l’on accepte ce « rendu » , il ne dit pas pourquoi et comment les riches deviennent pauvres, ni pourquoi et comment les pauvres ne butinent même plus .

      Et surtout comment arrêter le désastre qui a l’air de mettre le pape en dépression .

      1. Juannessy dit :
        Si l’on accepte ce « rendu » , il ne dit pas pourquoi et comment les riches deviennent pauvres, ni pourquoi et comment les pauvres ne butinent même plus .
        ……………….
        Rupture de paradigme, changement d’étalon de richesse encore largement à inventer

    2. Plus je survole les orlovoneries et les halévydingueries de James Bernard, plus je regrette les deborderies de Bernard James/Marlowe. Le dégrès progresse comme le décès processe..

  21. Vigneron, Il faut s’informer pour comprendre, mais s’informer ce n’est pas pousser des cris d’orfraies quand on n’est pas d’accord :=)

    1. Depuis quand le mépris et l’accablement susciteraient-ils des cris d’orfraie ?
      A tout prendre prenez Teilhard en guise de nooguru plutôt qu’l’aut charlatan là. Alors au pire vous prendra-t’on pour Dalida réincarnée, et plus pour vous-même. Pour Marlowe n’y comptez plus.

      1. « Alors au pire vous prendra-t’on pour Dalida réincarnée, »

        Bigre de bigrette, fichtre, diantre; tu réalises : l’icône des chouchous sur le blog Jorion ? OUPS !

        C’est vrai que si la bande des michous et des chouchous débarque, pour rendre hommage à leur déesse sacrée, on aura droit à quelques cours en « socio », en « esthétique », en « sciences sociales », « l’histoire des religions » et en « ornithologie » toutes classes sociales confondues et en mode accéléré et coloré.

        ça va faire drôle , pas dit que tout le monde supporte la transition avec une zen attitude…sur le blog PJ …

        Surtout si le pote halévien à James débarque de la noosphère, tel un bébel enflammé, vêtu de l’habit vert de Casimir et drapé de la super cape du super héros nietzschéen avec un bouquet de camomille sur la crête… ambiance..
        Vraiment vigneron tu exagères…

  22. Dambrinne a dit : « pour Marx une classe se définit en soi et pour soi. C’est donc une conscience de classe. Or aujourd’hui si nouvelle conscience il doit y avoir elle sera d’abord conscience des enjeux planétaires en tant qu’être humains. C’est dans ce cadre là qu’il s’agit d’appréhender les rapports de domination.  »
    Oui et non. Une classe se constitue contre une autre, et avec un intérêt. Le Tiers-Etat bourgeois a grandi contre l’aristocratie qui a fondu ; le prolérariat s’est constitué contre la bourgeoisie, faisant fondre les règles –la culture–corporatives d’antan. Oui, une conscience intellectuelle des enjeux se construit, malaisément, cahin-caha, en ordre dispersé (sur ce blog notamment). Mais la conscience n’est pas la chiquenaude produisant une classe. Seul un état de nécessité et d’urgence (souvent apparu dans les souffrances civiles des guerres) peut produire une nouvelle ligne de construction des deux classes opposées et faire fondre les anciennes, dévalorisées.

  23. @ vigneron : 19 novembre 2015 à 17:13
    Quand on en arrive à dire des âneries pareilles il est temps d’aller dormir avec une camomille

  24. De retour d’une noodles party. Il y avait toutes les classes sociales, enfin, il manquait l’échantillon des 1%.
    Les upper classes raffolent des noodles, ce qui confirme une rupture de paradigme et une perte de repères.

  25. Trouvez-vous un robinet. Faites couler un mince filet d’eau tiède. Là vous aurez la réponse à votre profonde question existentielle.
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    « Une fois sur l’autoroute, j’ai allumé la radio et, coup de bol, je suis tombé sur du Mozart. La vie, parfois, est belle, mais que de fois cherche-t-elle à nous écraser ! »
    Bukowski le Séraphin

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