Les considérations « purement techniques » ou « Comment on nous prend pour des imbéciles »

Ouvert aux commentaires.

La complexité croissante de notre monde permet qu’on nous prenne en haut-lieu de plus en plus pour des imbéciles – en toute impunité – en présentant des choix idéologiques majeurs comme de « simples ajustements techniques », dont des bureaucrates bienveillants auront l’amabilité de s’occuper pour nous, nous permettant ainsi de regarder le foot en toute quiétude.

Lisant un document intitulé Le Système européen des comptes SEC 2010, je savais que je pouvais m’attendre au pire en découvrant dans la description d’une nouvelle version de ce système de comptabilité des nations, une rubrique intitulée : « L’affinement des méthodes de calcul ». Je n’ai pas été déçu – mais comment aurais-je pu l’être vu l’opinion que l’on a de nous en haut-lieu ?

L’enregistrement des coûts de déclassement (coûts de fin de vie économique de certains actifs – par exemple des centrales nucléaires – pour neutraliser les dommages environnementaux ou les problèmes de sécurité qui y sont liés) se fait dans le SEC 2010 en fin de vie, et non par le biais d’un processus d’amortissement commençant en début de vie.

Le fait que l’on ne sache pas comment démanteler une centrale nucléaire et qu’on ne veuille surtout pas intégrer le coût de ce casse-tête cauchemardesque dans celui de l’énergie, est gentiment escamoté sous la rubrique « Affinement des méthodes de calcul ».

Étant les veaux que nous sommes, méritons-nous mieux ?

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34 réflexions sur « Les considérations « purement techniques » ou « Comment on nous prend pour des imbéciles » »

  1. A propos de nucléaire , il est dommage que François Leclerc ne fasse plus aucun article sur le Japon …
    Quant à ce que vous notez , Paul , la pratique de ces gens est de plus en plus d’agir en lousdé , sûr !
    Comment dit-on déjà ? le diable est dans les détails ?

    1. C’est vrai, plus de nouvelles du Japon…
      Pas de nouvelle, bonne nouvelle sans aucun doute.
      A moins que, le coeur incandescent de Fuku, la bouillante nippone, ne s’enfonce inexorablement dans l’infernal bouillon radioactif qu’il génère désormais, une fois brûlés les doux et dérisoires draps de béton armé ou elle reposait, et à nous soumise…
      Pauvre japon, pauvres océans, pauvre de nous…
      Mais, heureusement, nous avons la Cop 21!
      Bravo!
      Eric.

      1. De la vulnérabilité à la résilience, réflexions sur la protection en cas de désastre extrême – Le cas de la gestion des conséquences de l’explosion d’une centrale nucléaire à Fukushima
        lundi 23 novembre 2015, par Cécile Asanuma-Brice

        « Afin d’éviter le stress de la protection évoqué par les experts de la gestion du désastre nucléaire japonais, ces zones sont aujourd’hui réouvertes à la résidence. Voilà ce à quoi aboutissent les politiques qui visent à l’application de la résilience dans le cas d’une catastrophe nucléaire. En d’autres termes, l’utilisation politique des concepts développés en sciences humaines et sociales, réduits à de simples objets de communication, et l’application pragmatique qui en découle peut totalement les vider de leur sens, voir même en inverser leur signification première, pour aboutir à la mise en péril de la population qu’ils étaient censés protéger, augmentant par là-même leur vulnérabilité. »

        http://www.raison-publique.fr/article771.html

  2. Suffisance aristocratique –

    Des considérations dites « purement techniques » se terminent et s’ouvrent sur une vaste inquiétude et interrogation : « Étant les veaux que nous sommes, méritons-nous mieux ? »

    Il se trouve que Laurence Scialom économiste universitaire a utilisé cet argument de la complexité pour neutraliser le politique et LA politique en général, et en détourner les effets, au cours de Cultures Monde du 08/12/15, émission de France Culture.
    08.12.2015 – Culturesmonde
    « Laurence Scialom : « Les grandes banques capturent les politiques par leur complexité » » 50 minutes
    En 2013, invitée à exprimer son avis sur la récente réforme bancaire en discussion, cette universitaire fit remarquer lors d’une audition au Sénat, la faiblesse et les ratées d’une loi sans ambition avec une citoyenneté exemplaire. ( http://videos.senat.fr/video/videos/2013/video16282.html)
    « En tant que Citoyenne, je dois signaler qu’il n’y a pas de véritable séparation entre les différentes fonction des banques dans la loi prévue et que c’est la crédibilité du législateur qui est en jeu ; … On vit le Syndrome des habits de l’empereur : le Roi est nu,….et au moins j’aurai la satisfaction d’avoir osé le dire devant le Sénat. ».
    Et cette communication lui valut ce camouflet du président de séance, en toute fin de l’enregistrement : « Madame, si le législateur ne vous satisfait pas il faudrait que vous accédiez à une fonction législative un jour ou l’autre, ce serait la meilleure façon de …. »
    Chacun a pu constater que cette attitude prévaut à tous les niveaux de la république monarchie qui gère le pays, et de son armée d’heureux « titulaires» par clientélisme, de la base à l’Elysée, en passant par tous les zélus intermédiaires, et qu’elle résume une suffisance aristocratique qui suffit à expliquer le dégoût et le décrochage d’une majorité d’électeurs abstentionnistes – dont je ne suis pas encore !
    Devrons-nous attendre une véritable révolte des veaux ? Vivre sans se poser de questions sur son cadre de vie, sur la nature et la robustesse de l’écosystème, est-ce un gage de citoyenneté ? Sans doute pas !

  3.  » Étant les veaux que nous sommes, méritons-nous mieux ? « 

    Bonne nouvelle, les veaux vont pouvoir s’exprimer, ici aussi, c’est-à-dire ailleurs que dans les urnes !
    Alors, j’en profite 😉

    En réalité, en haut lieu, à défaut d’avoir les compétences utiles (et/ou la volonté de…), ils ont le savoir-faire pour nous façonner en imbéciles.
    C’est en réalité assez simple, puisqu’il suffit de répéter que les problèmes techniques sont affaire de spécialistes, d’experts… pour nous faire assimiler que tel sujet n’est pas accessible au commun des mortels.
    Et voilà !
    Il ne nous reste qu’à ne pas nous sentir concernés, grâce à la prime qui nous est octroyée, celle de donner notre avis « éclairé » par ceux-là mêmes qui peuvent nous raconter n’importe quoi: « choisissez votre gourou parmi ceux que nous vous proposons »!
    La méthode est valable dans tous les domaines, religion, politique, technique…
    Qu’un individu s’essaie à sortir du sentier battu, il sera pris, selon le domaine, de fou, de mécréant, de conspirationniste, de patatruc… ou, gentiment d’utopiste alias doux rêveur…
    S’il insiste, la méthode est de le « faire taire », « par tous les moyens ».
    Censures à des degrés divers, moqueries, déconsidération, harcèlement, mise à l’écart des médias, licenciements,… moyens subtils venant soutenir les moyens « légaux », voire moins légaux si ça ne suffit pas…

    Le billet nous indique pourtant la bonne piste: pour « regarder le foot en toute quiétude », YAKA se considérer soi-même comme un veau et laisser (plutôt que donner) carte blanche à ceux qui se chargent de penser pour nous (ou plutôt à notre place).

    Ne faisons plus de vague /\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\________________________

    1. @ adoque dit : 12 décembre 2015 à 18:32

      « En réalité, en haut lieu, à défaut d’avoir les compétences utiles (et/ou la volonté de…), ils ont le savoir-faire pour nous façonner en imbéciles. »

      Le malheur vient de ce qu’ « ils » ont pris le pouvoir là où il est le plus efficace de fabriquer des veaux, a savoir à l’école, chez les élèves pris au plus jeune âge et formatés sur tous les sujets.

      Ce ne sont d’ailleurs pas nécessairement des propriétaires de grandes fortunes qui agissent ainsi, ce sont souvent ceux qui se servent des fonds publics pour investir dans des cerveaux malléables, sachant que pour ces gens là, les enfants n’appartiennent pas à leurs parents, pas plus que les vaux n’appartiennent aux vaches.

      http://www.dailymotion.com/video/x3hi6b5_a-quoi-servent-les-subventions-de-la-region-ile-de-france_school

      Pas étonnant dans ces conditions que la France se situe maintenant en queue de liste dans les classements internationaux PISA, alors qu’il y a un siècle son système éducatif était reconnu comme performant au niveau mondial.

      1. alors qu’il y a un siècle son système éducatif était reconnu comme performant au niveau mondial.

        Non, c’est seulement en 18 (le 11/11 très précisément) que la question a été tranchée. On a distribué les bons points et tableaux d’honneur aux survivants.

  4. « Le fait que l’on ne sache pas comment démanteler une centrale nucléaire et qu’on ne veuille surtout pas intégrer le coût de ce casse-tête cauchemardesque dans celui de l’énergie, est gentiment escamoté sous la rubrique « Affinement des méthodes de calcul ». »

    Mais qui donc donne cette information inquiétante, de nature à mobiliser les anti nucléaires ?

    Jean Marc Jancovici dans « Dormez tranquille jusqu’en 2100 » ne dit pas la même chose (Odile Jacob Nov.2015- page 144)

    « Il y a actuellement en France une grosse dizaine d’installations nucléaires en cours de démantèlement, dont tous les réacteurs de type graphite-gaz abandonnés par EDF dans les années 1980. Démanteler une installation nucléaire occupe à peu près 10 fois moins de monde que de l’exploiter (arrêter Fessenheim pour la démanteler divise donc l’emploi associé par 10, et non l’inverse !), et ce que cela finira par coûter est connu en ordre de grandeur.
    Il y a aux Etats-Unis plusieurs installations comparables à nos centrales qui ont été « retournées au gazon » (Il y a un champ à la place de l’une d’elles). Le coût de ces opérations a représenté de l’ordre de 15% du coût de construction (il est surtout fonction du niveau d’exigence réglementaire qui s’applique à l’opération). La commission de régulation du nucléaire aux Etats-Unis indique ainsi que le coût typique du démantèlement est de 300 à 400 millions de dollars par réacteur. Mentionnons au passage que les ingénieristes français sont déjà reconnus dans le monde pour le démantèlement des installations nucléaires…..

    1. Bonjour,
      Licencier des gens à EDF? Pour démanteler?
      Ce serait la révolution!
      Sinon on peut attendre que le coeur des centrales les plus anciennes (mais pouvant selon EDF fonctionner sans encombre encore au moins 20 ans moyennant quelques menus travaux!), se transforme en un spectaculaire film catastrophe du type de Fukushima…
      Je suis même sûr que le nombre d’emplois induits serait au moins dix fois supérieur à celui nécessaires lors de son fonctionnement, et ça va sans dire, le rapport serait 100 fois meilleur qu’en cas de démantèlement!
      Nous inverserions enfin la courbe du chômage et on pourrai enfin revoter Hollande!
      Et puis ça ferait un peu baisser la population, ça chauffe quoi!
      Ah l’humain, l’humain! Il n’y a que ça de vrai!
      Bienvenu en enfer.
      Comptablement vôtre, Eric.

  5. L’homme est menacé d’extinction, il a évolué et il est devenu totalement inadapté à son environnement. L’animal social devient dangereux pour lui-même, ce qui l’a amené à dominer sur Terre le menace aujourd’hui, l’homme se tire une balle dans le pied en sciant la branche sur laquelle il est assis, puis il se jette de la falaise une corde au cou. Nous ne pouvons pas imaginer une Terre sans l’homme, sans le bruit, les mouvements, les odeurs qui lui sont propres, nous ne pouvons nous extraire de notre réalité biologique et penser une Terre sans notre présence, nos sens et notre conscience. Ce que nous pouvons imaginer, c’est une nouvelle conception de la justice et des moyens d’y parvenir, en acceptant, en tant qu’espèce et en tant individus, de n’être que des êtres de passage et voué à laisser notre place. Nos zélites ne savent pas démanteler le nucléaire alors la complexité les amène à du court-termisme, elles se facilitent la vie pour gagner plus de fric, quel triste spectacle de les voir ainsi. Nous avons affiner les coûts du nucléaire, il reste des salariés à dégager, des coupures de gaz et d’électricité et enfin débarrassé de ces parasites qui nous polluent l’air!

    1. Tout individu décemment éclairé sait d’expérience qu’il peut être avantageux, bien souvent, d’être pris pour un imbécile, délectable parfois, reposant toujours.

  6. J’ai la nette impression que ce billet d’humeur fondé essentiellement sur la confusion entre normes européennes de comptabilité publique et normes de comptabilité privée aurait mérité une expertise comptable.
    Ps: EDF, pour ne citer que le premier concerné, n’est en aucun cas dans le champ d’application de la norme CES 2010, et continue évidemment de provisionner ses risques « fin de vie » (déchets et démantèlements nucléaires). Au 30 juin dernier c’est 44 milliards qui leurs étaient dédiés au passif en valeur actualisée, soit près du double des provisions pour « avantages au personnel » – histoire de cerner l’énormité du truc…

    1. Quel édifiant parallèle!
      Cela nous donne donc environ 20 Milliards de provision pour avantage au personnel!
      Je ne sais pas pour les autres, mais moi, je cerne assez bien l’énormité du truc… comme il dit le viticulteur du blog!

      Mais rassurons nous, tout cela est normal:
      1. Ils sont très (très, très, très) nombreux.
      2. Ce sont des super pros.
      3. De toute façon, y en a pas d’autre, donc pas le choix!
      4. Ils vont bientôt nous coller des compteurs intelligents!
      (ça c’est pas facile, les compteurs cons, ça allait mieux )
      5. Après ça ils pourront enfin nous faire payer beaucoup plus que la
      lumière sans qu’on s’en aperçoive.
      6. Et puis d’abord faut bien payer leurs retraites.

      Allez, lâchez ce cep Vigneron, regardez autour de vous,
      aucune grappe. Plus rien à presser.

      Eric.

      1. La privatisation n’inclus pas toujours de compenser les caisses de retraite mutualisé du privé, c’était pas mieux pour GDF (aucune compensation si ma mémoire est bonne).

  7. Bonjour,
    Notre monde est devenu indéniablement compliqué.
    L’énergie électrique dans les pays de l’OCDE mobilise quantités de cerveaux, d’hommes, de matériaux, de machines pour assumer une consommation GIGANTESQUE, alors que nous n’arrivons même pas à l’assurer pour l’humanité.
    Et, en 2009 l’AIE a déclaré « baisse de la consommation électrique mondiale inédite depuis 1945 »!
    Voilà notre monde!

    Si, historiquement, nous avons privilégié les hydrocarbures au détriment du bois, c’est parce que le charbon est 1,5 fois plus énergétique pour le même poids, l’essence trois fois (en plus d’être liquide).
    Et si on utilise de l’uranium c’est parce que toujours avec le même poids c’est 5 millions de fois plus d’énergie pour faire bouillir la marmite qui fait tourner l’alternateur!
    Simple à comprendre, non?
    De plus, mais sans rentrer dans les détails, le facteur de charge d’une centrale est 7 fois supérieur à ce que le soleil nous offre en France.
    Avec quelles matières premières et quelles énergies allons nous installer ces surfaces sur nos toits, toutes raccordées au réseau nationale avec autant de transformateurs en 400 000V, et tous nos onduleurs synchronisés sur le même 50Hz?
    Et oui, c’est aussi un problème technique, mais pas que, car:
    La silice des panneaux c’est 1400°C! A renouveler tous les 20 ans!
    Les aimants des éoliennes c’est 6 à 700 kg par MW/H de néodyme/dysprosium, vu les productions mondiales: On ira pas loin!
    Quant au stockage de l’électricité!
    Utiliser les « déchets » végétaux de l’agriculture c’est privé la terre à qui revient logiquement ce carbone, sinon, la terre s’épuise!!

    Nos Hommes politiques seront contraints de nous faire d’autres propositions que le nucléaire le jour où nos envies de consommer seront en accord avec les technologies « vertes » existantes, simple!

    De mémoire, la France consommait presque autant d’électricité en 2010 que le monde en 1946, ça laisse songeur mais désormais c’est le passé et c’est le renouvellement du présent qui importe avant tout.

    En fait la plus grosse des complication sera de changer notre rapport à la limite, au fait que nous appartenons totalement, passionnément et tragiquement à notre monde.
    Il est peu vraisemblable que nous nous en échappions… oublions la guerre des étoiles, la paix des Hommes devrait suffire.

    1. D’excellentes solutions seraient envisageables, mais on bute toujours sur le même problème : elles remettraient en question la hiérarchie sociale, et le sommet n’y tient pas, mais alors pas du tout, du tout…

  8. @Bouddha Vert
     » Notre monde est devenu indéniablement compliqué. « 

    et nous dirigeons dans une impasse, au minimum… énergétique.
    Dès lors, avons-nous d’autre choix que celui de la simplification, que l’on décrètera impossible, mais qui s’imposera « naturellement » ?

    Un seul choix, simplissime (!!!), fixer cet objectif (horizon = avant qu’il ne soit trop tard):
    tout faire pour que notre consommation énergétique ne dépasse pas celle que nous fournit le soleil, directement et indirectement (la géothermie peut être un renfort utile 😉 ).
    La transition suppose l’utilisation la plus économe, parcimonieuse, des énergies fossiles encore à disposition.

    Sans faire de savants calculs, nous pouvons dire qu’il faudra changer radicalement de mode de vie ! Dès maintenant ?

  9. « Le fait que l’on ne sache pas comment démanteler une centrale nucléaire et qu’on ne veuille surtout pas intégrer le coût de ce casse-tête cauchemardesque dans celui de l’énergie, est gentiment escamoté sous la rubrique « Affinement des méthodes de calcul ». »

    Pouvez-vous s’il vous plait développer un peu cette affirmation ?
    Je pense qu’il s’agit la d’un même raccourci que celui dénoncé juste avant.
    En Belgique (je ne parle pas du système français que je ne connais pas), un système a été mis en place pour faire face à ces coûts qui peut difficilement être qualifié de « affinement des méthodes de calcul ».
    Pour expliquer mon propos :
    Un système de provisionnement de(s) l’exploitant(s) des centrales nucléaires est régi par la loi du 31/04/2003 (les lois mentionnées peuvent être consultées à l’adresse http://www.jurion.fanc.fgov.be). Les exploitants doivent entre autre prévoir un plan de démantèlement et évaluer son coût futur, le montant établi doit être provisionné au long de la durée de l’exploitation (prévue initialement de 40 ans). Les provisions concernent également les coûts d’entreposage et de gestion des déchets radioactifs produits lors de la décontamination du site des centrales.
    Le montant à provisionner est présenté à une commission composée des cinq personnes suivantes (article 4) :
    –l’administrateur général de l’Administration de la Trésorerie ou son suppléant;
    –le président du comité de direction de la Commission de Régulation de l’Électricité et du Gaz ou son suppléant;
    –le président du Comité de Direction du Service public fédéral Budget et Contrôle de la Gestion ou son suppléant;
    –un représentant désigné par la Banque nationale de Belgique ou son suppléant;
    –le directeur-général de la Direction générale Energie ou son suppléant.

    En pratique, sur base des différents scénarios envisagés, un scénario est choisi par la commission (et il ne s’agit pas du scénario complet au coût le moins élevé pour l’exploitant) qui détermine le montant à provisionner. Ces montants sont gérés par une société autre que l’exploitant et selon des règles strictes précisées dans la loi.
    De plus, l’Etat a une participation dans le capital de cette société de gestion par la loi du 08 aoû 1980, article 179, §1.

    Les provisions sont révisées périodiquement en fonction des évolutions concernant le scénario enveloppe.

    Ce système vaut ce qu’il vaut, et il n’est probablement pas parfait, mais tout de même, il existe et est reconnu comme étant un exemple et un des plus contraignants pour les exploitants.
    D’un point de vue financier et technique, la plus grande inconnue ne réside pas dans le démantèlement des centrales, elle réside plutôt dans la gestion des déchets radioactifs qui devront probablement être enfouis géologiquement selon des conditions qui dépendront de la localisation de ce dépôt [voir plan déchets de l’ondraf (http://www.ondraf-plandechets.be/nieuw/htm_fr/getpage.php?i=1) et voir commentaire de l’AFCN sur le plan déchet de l’ondraf (http://www.fanc.fgov.be/fr/page/publication-de-l-avis-de-l-afcn-sur-le-plan-dechets-de-l-ondraf/1359.aspx)].
    Sachant que ce projet titanesque se déroulera sur une période de temps très longue pour un projet et comporte encore de nombreuse inconnues.

  10. Encore une précision pour en revenir à votre commentaire initial : comme certaines centrales nucléaires belges ont atteint leur 40 ans d’exploitations (et même si elles ont depuis été prolongées) le provisionnement a du être réalisé. Il s’agit maintenant d’évaluer l’impact sur les provisions de 10 ans d’exploitation supplémentaires.

  11. « Étant les veaux que nous sommes, méritons-nous mieux ? »

    Les résultats des régionales ont montré que les veaux s’ils ne comprennent pas ce qui leur arrive, sentent bien que leur situation se dégrade. Mais, nous avons voté comme des veaux.
    Difficile de faire autrement quand on voit la soupe de mensonges qu’on nous sert tous les jours.

  12. Je me pose une question. Est-ce que c’est parce-qu’il est le plus alarmiste sinon le plus pessimiste des climato-collapsologues que James Hansen peut se permettre de nous prendre pour des veaux ?
    http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/es3051197
    http://www.nirs.org/climate/sovacool-et-al-hansen.pdf
    http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/es402211m
    http://energieduthorium.fr/tag/hansen/
    Plus prosaïquement: peut-on sans perte de crédibilité se réclamer de son activisme climato-collapsologique d’un coté, comme Jorion et Soubeyrand, sans même seulement citer son activisme acharné en faveur du nucléaire ?

    1. Nobody’s perfect !
      Il voit peut-être le nucléaire comme une aide possible à une ‘transition énergétique’, tout en sachant très bien que c’est une filière condamnée à moyen terme ?!
      Comme beaucoup de ‘scientifiques’, il n’envisage pas vraiment la baisse de notre consommation d’énergie…Et puis p’têt qu’il a des impôts à payer…? :-))

      1. « Comme beaucoup de ‘scientifiques’, il n’envisage pas vraiment la baisse de notre consommation d’énergie… »

        Oui, car ils sont endoctrinés dans le capitalisme.
        Sinon personne n’irait les embaucher, c’est une question de survie pour eux que de ne pas aller à l’encontre du Système.

        D’ailleurs nous y sommes tous obligés. Allez donc critiquer votre employeur, que ce que vous (vous et lui) font ne sert à rien, voire que c’est nuisible!…
        Il faut savoir fermer sa gueule, et le plus simple est de ne pas penser. Comme tout le monde (ou presque).

      2. Du côté de Hansen et donc du système climatique, oui. Et je ne suis pas spontanément enclin à me laisser séduire par l’esprit de système à deux balles de Dominique Gagnot contre celui de James Hansen

      3. vigneron:

        pouah! du gagnot! ça ne mérite même pas qu’on y réfléchisse.
        Désolé si je n’ai pas encore écrit un bouquin de 500pages sur le sujet, mais il faut bien commencer par exposer une idée générale, avant d’aller plus avant.
        En général, c’est comme ça que tout commence. Sauf chez vigneron, qui préfère les idées en conserve prédigérées.

      4. pouah! du gagnot! ça ne mérite même pas qu’on y réfléchisse.
        Désolé si je n’ai pas encore écrit un bouquin de 500pages sur le sujet, mais il faut bien commencer par exposer une idée générale, avant d’aller plus avant.

        Un bouquin de 500 pages ? Mais si ! Avec les commentaires que vous avez laissés ici (au nombre de 2283), vous avez déjà écrit un bouquin d’environ 761 pages.
        Bon, ok, c’est vrai que c’est 22.830 fois « la propriété privée, pouah, la propriété collective, yaya », mais le compte y est !

    2. Paul, et je suppose, Soubeyrand ne peuvent être soupçonnés de faiblesse envers le nucléaire. Après toute la série d’informations sur Fukushima, ce serait insensés de penser le contraire.
      Donc, il s’agit d’une lacune -grave- dans l’information dispensée par ce blog au sujet de ce scientifique.

      Mais, tel Zorro, Vigneron était là, en embuscade, ses informations complémentaires à la main et les partageant généreusement. Lacune corrigée.Point.

      Conclusion: un blog ne saurait être complet sans Vigneron.
      Content ? et contents ?
      J’entends une petite voix qui dit : « faut pas en abuser ».

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