Nuit Debout – Nous sommes tous invités au festin de la Res Publica, par Marie Geffroy

Billet invité.

Deux semaines. Voici deux semaines que sur la Place de la République à Paris, des irréductibles occupent l’espace public la nuit et ne se couchent plus. Deux semaines que le calendrier reste bloqué sur le mois de mars, et que les jours s’égrènent. Aujourd’hui nous ne sommes pas le 14 avril, nous sommes le 45 mars. Réminiscences d’un certain calendrier révolutionnaire.

Nous pourrions écrire sur la genèse de ce mouvement, ses racines, les groupes et collectifs, ces citoyennes et citoyens comme vous, comme moi, qui se relient et se préparent, parfois sans le savoir, depuis des mois à entrer dans une brèche du système politique français. Une brèche temporelle, comme une réalisation dans la matière que l’histoire n’est pas linéaire, mais plutôt un écheveau de possibles entremêlés. Comme si depuis 14 jours, un fil s’était dénudé, échappé, et offrait un itinéraire bis.

Le 9 mars ils étaient déjà nombreux à défiler à la française devant les lieux de pouvoir, “contre” la loi Travail présentée par Madame El Khomry. Dès le départ de la marche, le collectif “Appel du 9 mars” et les mouvements syndicaux ou politiques mobilisés ce jour-là étaient très clairs : “Cette loi, on n’en veut pas (pour diverses raisons, à tort ou à raison) mais c’est un support à expression de notre mécontentement sur beaucoup d’autres actions du gouvernement ! Nous ne soutiendrons plus cette utilisation systématique de l’appareil législatif pour poser des rustines sur un système à bout de souffle !”

Le « peuple » ne se sent plus représenté, et la crise de confiance à l’égard des femmes et hommes politiques à l’échelon national est entamée depuis bien longtemps, et s’est accentuée depuis 10 ans, avec le Sarko-Show, et la sauce « hollandaise ». Et pourtant le peuple a envie de politique, de changement, d’évolution. Et sur les places des villes, nouvelles agoras, il fait l’expérience de la citoyenneté et d’une forme de démocratie directe.

On observe chez les sachants et autres analystes – ces experts politologues qui peuplent l’espace médiatique “officiel” – un certain désintérêt, voire un franc mépris pour ce “peuple” rassemblé : “Il n’en sortira rien”, “C’est une soupape qui permet à la colère de s’exprimer mais il n’y a pas de programme”, “Au moment de la Révolution Française, il y avait un programme qu’il s’agissait d’appliquer, là ça discute dans le vide”…

Et je vous passe les commentaires de ces Panglosses qui, tout occupés à l’auto-justification de leur pensée sclérosée très “top-down” – “ancien monde” diront les plus véhéments – ne voient pas qu’ils ne possèdent pas les outils d’analyse de ce mouvement. Car ce dernier est fluide, humble, divers, en mouvement, évolutif et résolument nouveau. Et que l’humilité, ces gens-là ne connaissent pas trop : bouffis d’orgueil et maquillés pour les caméras, il jouent leur rôle de pantin pour apporter aux télé-spectateurs leur dose de divertissement quotidien.

Ce qu’ils ne voient pas ou si peu, c’est que sur les places de France et de Navarre, les citoyennes et citoyens font l’apprentissage de la chose publique, la Res Publica. Non il n’y a pas de programme, car que vaut un programme lorsqu’on n’a pas le pouvoir de l’appliquer ? Comment utiliser encore cette notion, quand depuis le début de la Cinquième République et la personnification ultime de l’exécutif, ceux-ci ne sont que des argumentaires publicitaires mensongers ? Que valent les discours de nos politiques de carrière lorsque notre Jacquot national (et bien d’autres) dit : “En politique, les promesses n’engagent que ceux qui les croient”. Certes il est bien naturel (culturel ?) pour un individu qui se vit comme un consommateur de réclamer un programme, pour le désirer, y croire, l’acheter, puis le jeter 5 ans après. La société de consolation, principe de nos institutions, aussi.

Le simple fait qu’il n’y ait pas de programme a permis au mouvement d’éviter jusqu’à présent les récupérations politiciennes. Plus précisément, même si chaque participant peut être coloré (parti, syndicat, association, collectif…), lorsqu’une prise de parole en Assemblée Citoyenne donne lieu à un commentaire trop orienté politiquement, l’orateur n’emporte pas l’adhésion de ses pairs. Certains politiques / politisés en ont fait l’amère expérience. On vient en Assemblée comme simple citoyen, ou l’on se tait. La démocratie ne s’apprend pas dans les livres (même si quelques connaissances de base sont utiles) : elle se vit sur place ou se laisse regarder de loin.

Même si les oiseaux de mauvais augure piaffent sur l’immaturité du mouvement et prédisent un essoufflement qui pour le moment ne se fait pas sentir (“Ce sont des étudiants et des sans-emploi, les vacances scolaires vont disperser tout ça, ils ne cherchent qu’à chômer, manquer des cours”, “Ça va faire comme Mai 68”…), observons plutôt que ce mouvement marque une avancée dans la vie politique française, et au-delà.

Nuit Debout se répand partout, et pas à coup d’esclandres et de passages médiatiques orduriers comme la vague “bleu Marine”. Nuit Debout s’étend par capillarité, et dans une triple dynamique spontanée :

L’internationalisation – Sur Facebook, la page #NuitDeboutBXL a atteint 3000 membre le #44mars,

La densification du maillage (Nuit Debout en régions, Banlieues Debout, bientôt “Villages Debout” ?)

La diversification des actions (Artistes Debout, végétalisation des espaces occupés, structures légères, actions spontanées – défense des migrants à Stalingrad, Apéro chez Manuel Valls, opérations de libération des manifestants arrêtés par les forces de l’ordre, hacking des médias, éducation populaire, ciné-actions…).

Nous sommes nombreux, rapides, coordonnés et libres, infiltrés partout, dans toutes les strates de la société et conscients des risques et des opportunités. Nous sommes étudiants, entrepreneurs, militants, activistes non-violents, indignés, artisans, ouvriers, enseignants, sans-emploi, sans-abri, soignants, agriculteurs, commerçants, résistants, révoltés…

Nous sommes les enfants de la France et de la vie. Nous n’avons en réalité plus grand chose à perdre et tant à espérer. Et nous sommes ensemble par-delà les clivages artificiels (“Diviser pour mieux régner” – merci, mais non merci). Il ne s’agit plus de bobos ou de banlieues, de classe ouvrière ou d’élite de la Nation : nous sommes tous invités au festin de la Res Publica. Alors bon appétit la France Debout (et bonne chance) !

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338 réflexions sur « Nuit Debout – Nous sommes tous invités au festin de la Res Publica, par Marie Geffroy »

  1. « Ca s’appelle le populisme, désigner un ennemi, caricaturer pour en faire le responsable à abattre. C’était la méthode maoïste, stalinienne, nazi, etc. Et c’est vous qui traitez d’ignominie les propos des autres en les déformant à outrance. »

    +1 James, entièrement d’accord.

    « Vous n’avez probablement pas pu y échapper, à cette « insulte » des temps modernes qui coupe tout débat, réduisant toute profondeur des réflexions sur la nature humaine à une image enfantine. Point Godwin des réactionnaires (qui est un courant de pensée et non une insulte), le mot « bisounours » n’a aucune signification réelle. Projection mentale sans fondement, le mot est censé réduire la pensée d’une personne à cet état de nounours rose, au petit cœur dessiné sur le ventre, trop gentil pour regarder la « réalité-vraie » au-delà du « politiquement correct » »

    « Mais quelle réalité ? Pour le comprendre, il suffit de se tourner une nouvelle fois vers les médias de masse où de nombreux invités ont pu utiliser ce mot à outrance pour défendre leurs idées. Celui-ci est généralement utilisé en référence à un monde perçu comme dangereux, malsain, terne, enrobé d’un discours sécuritaire mettant en échec les alternatives solidaires où la raison et la tolérance ont une place de choix. Car la réalité, dans l’esprit de quiconque, est avant tout une perception du réel. »

    « Et c’est ici qu’on comprend aisément où veulent en venir nombre de ceux qui utilisent ce mot pour bloquer un débat. Si on postule que le monde est fondamentalement dangereux et que la bonté est un défaut, on s’autorise à considérer positivement une société de type Orwellienne, sécuritaire, liberticide ou l’emploi de la force, de la dénonciation, de la répression, de la surveillance, de la rectitude et de la loi du plus fort seraient des compromis acceptables. C’est, en effet, une vision très « à droite » (historiquement) d’une société pourtant déjà à droite aujourd’hui. Ce climat de peur, opposé par définition à l’altruisme sur lequel se reposent les projets collectifs résilients, gagnerait du terrain en Europe avec la médiatisation accrue des questions d’immigration, des faits divers sordides et de l’accumulation des crises. Un phénomène brillamment expliqué par l’équipe d’Horizon dans leur reportage : La France a peur : le syndrome du grand méchant monde. »

    « Ainsi, on observe un parallèle entre la montée des grandes peurs dans l’opinion et la stigmatisation de ceux qui élaborent des alternatives progressistes, humanistes et positives. »
    https://mrmondialisation.org/bisounours-linsulte-qui-cherche-a-detruire-laltruisme-doxa/

    1. Intéressant commentaire, Gudule.

      Mais dans mon esprit c’est ça:

      Les bisounours représentent ceux qui, par calcul ou naïveté, ignorent, ou feignent d’ignorer, que les grands problèmes de ce monde ont comme racine commune le Pouvoir Absolu de ceux qui détiennent les Ressources primaires.

      Et que, donc, ils tentent de résoudre les grands problèmes de ce monde par les petits moyens individuels qui se trouvent à leur portée…

      En résumé, ils passent leur temps à éponger, sans avoir conscience de l’origine de la fuite, ou feignent de ne pas en avoir conscience…

      Ceci, toujours dans la joie et la bonne humeur. Comme les bisounours.

      1. Les bisounours, autrefois on disait les âmes charitables, sont les alliés de ceux qui détiennent le Pouvoir réel.

        Ils rendent la misère acceptable aux yeux de ceux qui ne la subissent pas. Et aident les intéressés à mieux la supporter, sans jamais les en sortir.
        Sauf exceptionnellement, auquel cas cet exploit sera abondamment médiatisé.

        Les Restos du cœur (qui se voulaient transitoire par Coluche), sont devenus une institution faite pour durer!
        Comme quoi, « on » a bien l’intention que ça dure…

      2. Je vais sans doute me faire des amis…

        L’Église illustre parfaitement ce qu’est une organisation de bisounours.
        Son boulot est d’éponger la misère.

        L’Eglise est une formidable soupape de sécurité du Système, puisqu’elle apaise. Et pour ça tous les moyens sont bons, à commencer par l’endoctrinement.

        Avec sa super soupape: le Pape

        Jamais il ne dénoncera que l’origine de la misère est
        dans la propriété privée (des Ressources primaires). Étrange, non ?

        Notre Pape soupape a d’ailleurs réussit l’exploit – abondamment médiatisé – (ben oui…) de sortir de la misère, quelques familles de réfugiés dans son carrosse volant.

      3. Gudule,

        Jamais je n’ai dit que la bonté est un défaut.
        Si c’est ce que vous avez compris de ce que je dis, ben vous n’avez rien compris.

  2. à Marie

    Quelques observations sur le traitement’ mediaticopolitique » de nuit debout.

    j’ai bien aimé:
    (je sais que le mouvement nuit debout se méfie des représentants)
    la prestation de François Ruffin sur « on n’est pas couché » samedi dernier , entre autres sa replique à Pierre Gattaz ( qui avait pris le parti comunicationel de mettre en avant les tpe et les pme dans le débat « economicopolitique » ) , francois ruffin à comparé Pierre Gattaz ( et son cac 40) à ces eveques et hautes autorités eclésiastiques d’avant 1789 qui , confits dans la pratique du lucre et de la luxure , se cachaient derriére la vertu des  » braves petits curés de campagne »…
    j’ai apprecié que ce meme Francois Ruffin cite Emmanuel Todd ( avec qui il à deja realisé quelques interviews et videos) lorsque celui ci lui disait il ya un an ou deux, entre autres que, elevés par des parents trés comprehensifs les jeunes generations etaient devenues » trop gentilles » , peut-etre parceque privées du ressort inconscient de pouvoir projeter sur l’injustice de la société actuelle , le conflit intériorisé face à des parents autoritaires ( comme les generations precedentes)… je ne sais pas si c’est trés juste , mais cela me fait penser au positionnement de certains politiques dans les medias.
    De droite comme de gauche , ils me donnent un peu l’impression de se positionner comme des » parents » , des » parents » qui se positionnent pour tenter de gerer leurs turbulentes et immatures progenitures
    .( qui d’ailleurs semblent tout faire pour les rassurer )
    Qui voudrait pourrait s’amuser à faire un jeu de cette famille des politiques…le pére, la grand-mere , la maman,etc… les regrouper dans differentes familles…
    on se croirais dans une serie télé familiale…
    la maman complice mais responsable ( anne hidalgo)
    la tante qui soutien ( nathalie kosciusko- moriset)
    la grande soeur aimante mais franche ( najat vallaud-belkacem )
    la cousine peaux de vache ( marion marechal le pen ) etc…etc..
    .le grand-pere que les jeunes n’ecoutent plus (alain finkielkraut)
    …le pere fatigué aprés sa journée de travail qui considere avec mansuetude les revendications de la jeunesse ( francois hollande)
    et tout ce petit monde « familial » qui n’a pour seule preocupation que toutes ces » chamailleries  » ne debordent pas trop du cadre privé, intime,
    d’une petite famille bien intégrée issue de la classe moyenne superieure… je ne sais pas si c’est ainsi qu’est nuit debout, mais il me semble que c’est ainsi « qu’on » veut les faire passer.

    J’avoue maintenant ma perplexité devant la » famille nuit debout « qui se dresse devant l’ogre ultra-liberal , parcequ’elle commence à en patir serieusement, ainsi que tant d’autres d’autres familles en ont patis et en patissent encore serieusement avant eux, ( ouvriers, agriculteurs,petits commercants, chomeurs).
    reduites à » pas grand-chose » de par la faiblesse issue de leurs isolements culturels respectifs, sectoriels,
    perdants chacune leur tour la partie,
    ces » familles » vont-elles etres conduites à se dechirer entre elles ?
    ou » au mieux » se refugier dans une indifference respective poursuivant chacune la voie etroite de la survie en milieu hostile ? comme il semble que ce soit le cas depuis longtemps…
    je ne sais pas… mais je trouve que la question merite d »etre posée.
    je ne doute pas que cette question tourne deja dans de nombreux esprits…
    .peut-etre est-elle meme evoquée en AG , ou en comission  » oppositions culturelles autoblocantes intraspecifiques à la societe sectorielle contemporaine »
    mais je trouve que c’est peu visible .

  3. ils y passent les uns aprés les autres , dans le hachoir ultra -liberal, comme les petits bonhommes dans le hachoir à viande du film : the wall des pink-floyds.

    L’image est grotesque … la realité sociale ne l’est-elle pas ?

    Peut-etre allons sortir de ces decennies individualistes passées à lentement tisser la toile de nos impossibilités sociales ?

    Dans un de ses billets, Paul Jorion ennonçait cette idée : lorsque on à fait fausse route , pris le mauvais embranchement, il faut revenir sur sa route , là ou on s’est perdu…
    evidemment c’est semble t il chose difficile , puisque précisement on s’est perdu…
    si l’on à une carte , meme si on ne sait pas ou on est, c’est deja plus facile…
    l’ideal serait d’avoir une carte vue du ciel avec precisement notre localisation actuelle par rapport à cette carte.
    Le probleme c’est que si on l’avait eue, cette carte du ciel interractive , on ne serait pas perdu; ou alors juste un peu , faute d’inatention rapidement corigée…

    Avant, pour beaucoups, il y avait la religion…Une carte vue du ciel, on faisait ce qu’on estimait etre une erreur , on regardait ou on etais dans la carte de nos croyances… on pouvait faire marche arriére… ou pas, en s’accompagnant de culpabilités… mais on pouvait continuer à marcher dans un sens ou dans un autre avec l’impression de savoir ou on etait plus ou moins…et pour le ressenti de beaucoups c’etait bien là le principal.
    C’etait pratique, d’une certaine maniere… c’etait trés individuel , en meme temps que trés collectif …c’etait rassurant…trés pratique et trés facile d’usage… et en ce qui concerne les grands evenements qui nous depassaient…climatiques, epidemies, guerres…il y avait quelqu’un là-haut qui savait ce qu’il faisait , qui etait responsable en meme temps qu’insondable… on pouvait le suplier, l’insulter,se recueuillir dans son silence…s’en remettre à cet inconnu qui bien qu’incomprehensible ne se trompait jamais.

    Et puis la verité et la realité furent inventées … difficile de croire en une carte celeste qui disait que la terre etait plate !

    La raison objective , la science ! triompha … les croyances devinrent scientifiques…l’ideologie politiquo-economique pris son essort méme dans la tete des petites gens…

    là encore c’etait facile de ne pas se tromper !
    puisque les autres avaient tord.

    il suffisait de croire dans le progrés, les lumieres, et de se gausser des obscurantistes , des fariboles de la superstition … ou de ne pas croire dans cette nouvelle religion promethéenne en soupirant de l’orgueuil demeusuré de la creature…

    Les choses devinrent plus compliquées aprés deux guerres mondiales, les totalitarismes, l’extermination industrialisée, la bombe atomique, la guerre froide…

    Difficile maintenant de croire encore… en Dieu… ou dans le progrés humain en conformité avec les lois de la nature… ou dans le grand projet de l’emancipation scientifique et scientifique.
    En quoi croire encore… en soi et dans les autres ?
    ou est la carte ?

    La reponse fut la recherche de la paix sociale et l’epanouissement de la personnalité…portées par la production economique, le consumerisme individualiste et narcissisant…la possibilité pour plus de gens de jouir du confort de la voiture…des medias…d’une maison achetée à credit dont on devenait proprietaire aprés une vie de labeur… on pouvait dire que tout (ou presque) marchait comme sur des roulettes !
    Là encore il etait facile de ne pas se tromper , il sufisait de regarder en arriére…qui voulait que toutes les horreurs passées recommencent ?
    ET puis insensiblement les choses on commencées à se gater pour des plus en plus de personnes dans la societé .
    mais…petit à petit…
    Les ouvriers…les petits agriculteurs…les petits commerçants et artisans…(excusez moi si j’en oublie) furent sacrifés de plus en plus au moloch de l’efficacité economique impulsée par la mondialisation neoliberale , les gains de productivité des grandes exploitations et de la grande distribution, la robotique, l’informatique, les credits de plus en plus difficilement remboursables…etc… ces changements se firent sans trop de casse sociale … les departs à la retraite anticipés…les allocations chomages et logements , le RMI, furent mis en place pour accompagner ces exclusions progressives du jeu de la société concurentielle…

    ces » accompagnements » n’empecherent pas la diffusion d’un certain ressentiment dans le coeur de ceux qui etaient (et qui sonts toujours ) poussés dehors , ainsi qu’en ceux qui se voyaient menacés de l’etre aussi.

    AU NIVEAU EXISTENCIEL on parla beaucoup de cocooning , d’assurance vie, de CMU, de decoration d’interieur,de construction européenne, de vides greniers, de bonnes bouffe et de convivialité,de drogue, de politique culturelle,de lutte contre l’exclusion, du front nationnal,de fin de l’histoire, de démocratie, de communication , de tele realité…
    Il suffisait de s’adapter…c’etait la seule carte à jouer.

    et puis finalement, comme disait Coluche, c’est pas plus mal que si c’etait pire …

    « l’economie », paradoxalement, devint la nouvelle divinité d’un monde hyper individualisé et narcissique, « economie » qui , en meme temps, poussait discretement du pied de plus en plus d’individus hors de son monde.

    et maintenant ?

    Les jeunes des classes moyennes se sonts vus massivements refusés le monde sécurisant et déclinant de leurs ainés.
    les vieux viennent en aide, mais ca ne fait pas une vie.

    nous sommes entrés , parait-il ,dans l’age du monde fini. Monde fini qui , en plus, se retreci. Voici venu le temps de la croissance Zero. ( idée de badge pour nuit debout : 0% )
    Voici venu le temps de la Dette Irremboursable de l’Etat , mais dont nous serons tous priés de rembourser les interets AD VITAM AETERNAM…

    Les jeunes sonts serieux , ils lisent la decroissance , ils commencent à penser collocations, jardins et temps de parole partagés…fonts des actions politiques contre les stages non rémunérés, les loyers exorbitants…ils repensent au capitalisme..à l’ecologie…pendant que plus la moitié des votants aux dernieres elections n’ont pas voté, se sont abstenus…

    les esprits se focalisent sur le securitaire.
    et ,sporadiquement, sur le revolutionnaire.

    Slogan à la mode : ce sonts les minorités agissantes qui fonts la politique… dixit Eric Zemmour ! qui continue et cite le revolutionnaire Gramsci en levant le doigt : toute la politique est question de suprematie dans les idées !
    ce qui ne l’empechera pas de dire que nuit debout ne marchera pas parceque nuit debout regroupe une minorité agressive et deconnectée de la grande masse attentiste.
    ( ce en quoi il n’a peut-etre pas tord … en tout cas c’est ce qu’il attends…)

    Il semble que tout va dependre de la capacité du mouvement (?) à mobiliser hors de ses frontieres culturelles, ca tombe bien, il y a une reunion ce soir avec francois ruffin et d’autres, qui vonts essayer de voir ce qu’il peuvent faire…

    Quand à cette histoire de carte, et d’etre perdu dans la foret, je crois qu’il importe de s’asseoir avec son angoisse (normale quand on est perdu) , de se laisser le temps de se calmer, de bien regarder tranquillement la foret autour de soi, et puis soudainement une idée vient.

    1. « l’ideal serait d’avoir une carte vue du ciel avec precisement notre localisation actuelle par rapport à cette carte. »
      C’est ce qu’on appelle un GPS, Ce n’est pas que ça manque.
      Après Dieu, après la modernité que faudrait-il ?
      Et bien à mes yeux la thermodynamique qui est le principe de fonctionnement de la plus petite bactérie à la plus grande qalaxie.
      Nous n’y échappons pas non plushttp://www.pauljorion.com/blog/2016/04/14/nuit-debout-nous-sommes-tous-invites-au-festin-de-la-res-publica-par-marie-geffroy/#comment-592499
      Je propose cette boite à outil
      http://www.pauljorion.com/blog/2016/04/14/nuit-debout-nous-sommes-tous-invites-au-festin-de-la-res-publica-par-marie-geffroy/#comment-592499
      J’aimerais bien y ajouter la gratuité et par voie de conséquence la réciprocité cher à Paul Jorion

  4. D’après le dernier billet de Roberto boulant;
    M. Jorion est un sentimental, il veut sauver l’espèce parce qu’il l’aime bien. Son dernier livre est là pour nous faire prendre conscience du mal qui nous guette afin que nous puissions agir.
    Si effectivement ce livre, si bien accueilli qu’on finit par se demander si ce n’est pas une bonne nouvelle, nous permet d’agir, alors les travaux de B. Libet ne devraient-ils pas être remis en question, hein?

    1. Encore une dernière chose
      Je me souviens de la critique de M. Jorion après sa lecture de Petit manuel de collapsologie, qui était à peu près: « ces auteurs font une démonstration parfaite mais refusent de voir les choses en face avec un optimisme béat, tout est foutu mais ils ne veulent pas le dire ».
      N’en est-il pas ainsi pour le livre de M. Jorion, qui dit bien qu’il n’a pas écrit ce livre pour baisser les bras (à la limite faire son deuil, mais faire son deuil à 70 ans de la fin de l’espèce c’est tôt!) mais démontre notre incapacité d’agir faute d’être bien outillé?

      1. Là, ce n’est m^me plus une question ‘d’outillage », mais de non assistance à personne en danger. L’UE laisse mourir les réfugiés en mer, la Lybie les rackette et les maltraite en mer, ces gens fuient la guerre et ils sont traités comme des animaux dans un abattoir ! Cela ne relève m^me plus du scandale mais d’un monstrueux échec humanitaire !! Infect !

        http://www.liberation.fr/planete/2016/04/20/les-migrants-pris-entre-deux-rives_1447560

        Syrie, migrants, et si on cessait l’hypocrisie ?
        19 AVR. 2016 PAR VICTORAYOLI BLOG : LE BLOG DE VICTORAYOLI
        https://blogs.mediapart.fr/victorayoli/blog/190416/syrie-migrants-et-si-cessait-lhypocrisie

      2. Vous avez raison, Gudule, de rappeler ces faits.
        Nous touchons le fond de l’ignominie.

        Mais ils sont incomplets: la Turquie instrumente les réfugiés syriens. Elle en concentre une partie dans une bande frontalière avec la Syrie mais du côté syrien! (Elle prétend en plus contrôler ce territoire syrien. C’est un vieux fantasmes de sa part, qui remonte aux négociations franco-turc entre 1923 et 1936, puis le triomphe de 1939.)
        Les forces turques n’hésitent à tirer sur les civils qui franchiraient cette ligne. L’Onu/HCR dit 16 morts mais des observateurs sur place disent nettement plus.
        La Turquie continue à massacrer du civil Kurde en Turquie et à détruire les centre-ville ( « opérations rénovation urbaine ».) Ses forces militaires subissent de lourdes pertes. Il s’agit bien d’une guerre civile sans pitié des 2 côtés. Les Kurdes sont menacés d’une privation de nationalité -Merci à Hollande pour l’idée- Or, ils sont environ 30 millions. Si leur vie devient trop dure, il est logique qu’ils émigrent et se réfugient en Europe. La communauté kurde en Allemagne est déjà importante.
        On voit facilement le potentiel: une invasion, par rapport aux mouvements actuels. L’idée de vider le Kurdistan turque de ses habitants « ingérables » a tout pour plaire au petit maître turque. Il y a peu, un politicien extrémiste, proche du petit calife a prévenu les Kurdes:  » ils -les kurdes- devraient se souvenir que le régime turque sait y faire pour déplacer des populations. » Le pire est qu’il ne faisait sans doute pas allusion qu’aux Arméniens… il y en a eut tant.
        La Turquie s’enfonce dans un territoire impensable en 2016 et l’Europe se plie à ses ordres.

      3. Les gagnants du système capitaliste mondialisé sous-traitent l’élimination des perdants, devenus trop nombreux, et surtout encombrants.
        Mais pour que tout aille bien, il suffit de l’ignorer!

        Ignorer le coté négatif des choses est d’ailleurs un impératif pour « réussir » dans ce système. Celui qui s’encombre de principes, se prend un handicap.

      4. @Daniel

        Il me semble bien que le principal instigateur du conflit qui, par la suite n’a eu cesse de dégénérer est bien plutôt El Assad Bachar, lui même.Le Qatar, l’AS, la Turquie et la Russie, ne sont pas en reste…
        Assad a créé et alimenté ce conflit . Pour le moment , il semble indéboulonnable et les Us et les états occidentaux y compris la Russie , qui se sont impliqué , n’ont pas réussi à neutraliser ces conflits et encore moins Assad, lui même. C’est un bourbier de première . Je préfère voir J Kerry et Poutine échanger pour agir sur le terrain que les voir opposés. Il ne faut pas oublier que les conflits qui ont lieu sur ces territoires ne sont pas « nouveaux », mais qu’ils se sont internationalisés . Donc, ni les USA, ni la Russie, ni aucun état occidental impliqué, du fait de leurs intérêts liés à la géopolitique, à la sécurité et l’économie n’est neutre. Outre, ces aspects, il y a la défense d’un modèle de civilisation auquel les printemps arabes et les poussées progressistes et démocratiques de leur mouvement ne sont pas étrangers. Quel monde et quel modèle de société voulons nous ? Doit on laisser des états anti démocratiques imposer leurs régimes au monde entier ? La répression que que soit son visage, politique ou religieux, ne sera jamais un régime acceptable. Les syriens fuient la guerre et seraient, comme vous le soulignez, heureux de pouvoir vivre DANS leur pays et en PAIX.
        En attendant, les conditions d’accueil des réfugiés de guerre syriens par les Etats européens reste l’affaire de tous. Qu’aurions nous dit si lors des précédents conflits que nous avons connu en Europe , nos voisins avaient fermé leur frontières ? On se le demande…

        Entendu, ce matin , à la radio, il s’est rendu sur place, témoignage « frais » : Sur France Info, Jean-Marc Germain a souhaité que « la demande d’asile se fasse au niveau européen et pas des Etats européens, et il faut qu’il n’y ait plus besoin de risquer sa vie pour faire sa demande d’asile. Il faut qu’elle puisse se faire dans les ambassades à proximité des zones de guerre. »
        http://www.franceinfo.fr/fil-info/article/camps-de-refugies-en-grece-les-conditions-sont-dramatiques-jean-marc-germain-depute-ps-784857

        Quand aux coréens, ils appuient El Assad, ils se « comprennent » au moins…
        « Le 24 mars 2016 à Genève, Asaad Al-Zoubi, un responsable du Haut Conseil des négociations (HCN), la principale alliance de l’opposition, accuse la Corée du Nord d’avoir déployée deux unités militaires en Syrie, appelées « Cholma-1 » et « Cholma-7 ».

        Obama ne ma paraît pas le pire dans l’affaire, m^me si, aucun état ne peut se prévaloir d’exactions militaires (entre autres)….
        http://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/syrie-le-pays-replonge-dans-la-guerre-apres-8-semaines-de-treve_1785864.html

        Les peuples, comme les kurdes , se battent durement pour acquérir leur indépendance et leur autonomie démocratique, ils ont besoin de tout notre soutien.
        http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/04/23/97001-20160423FILWWW00040-syrie-cessez-le-feu-avec-les-kurdes-a-qamichli.php

    2. Nous ne sommes pas outillés pour faire le deuil de l’espèce car comme le dit M. Jorion l’humain n’est pas dôté de conscience collective. Sommes-nous encore capable d’une révolte, outillé nous l’étions pour cela.

    1. Je cite E.T.
      …[Et le drame de cette jeunesse : c’est nous, en pire. Les soixante-huitards ont découvert les joies de l’individualisme, mais ils avaient derrière eux, dans leur famille, une solide formation dans des collectifs : le Parti communiste, l’Église, les syndicats. Là, ces générations sont nées individualistes, ce sont des soixante-huitards au carré, quasiment ontologiques. Il n’y a même pas le souvenir de ces collectifs forts. Et la volonté de ne pas s’organiser est presque élevée au rang de religion.
      Mais c’est terrible parce que s’ils savaient, s’ils savaient à quel point les mecs en face d’eux, les patrons, l’État, le Parti socialiste, les banques sont organisés. Ce sont des machines. Et moi qui suis plutôt modéré, keynésien, pour un capitalisme apprivoisé, je me souviens de la leçon de Lénine : « Pas de révolution sans organisation » ! ]…

      1. « Pas de révolution sans organisation » !.

        « tout fout l’camp »…
        Au point que « les mecs d’en face » vont se trouver bien embêtés de ne plus avoir d’organisation à combattre.
        Cela pourrait leur être fatal !?

      2. (…) Pour sortir des limites fixées par les différentes bureaucraties, les prochaines dates sont le 24 et surtout le 31 mars, avec la proposition, ce jour-là, de rester dans la rue et d’occuper des places. Mais nous avons appris ces dernières années que les occupations de places à elles seules ne suffisent pas à bloquer le fonctionnement des institutions. Le risque qu’elles contiennent est de se contenter d’exister, d’attendre leur évacuation ou leur épuisement. À notre sens, elles doivent donc plutôt servir de base depuis lesquelles prendre les lieux d’où les « représentants du peuple » prétendent pouvoir le gouverner, et à l’occasion le matraquer. Mairies, conseils divers, assemblées soi-disant régionales ou nationales, tout cela mérite d’être investi, repris, assiégé ou bloqué. Nous devons viser le blocage organisé du pouvoir politique. Il est donc crucial que soit défendu publiquement, dans ces jours, le bien-fondé du recours à l’action de rue. Bref : ce petit texte pour dire à la jeunesse que nous sommes avec elle, que nous serons avec elle dans la rue ou en esprit, et qu’aucune manœuvre d’isolement ne nous en dissociera. Qu’elle se permette tout ce qu’il lui semblera nécessaire d’expérimenter. Nous l’appuierons. À très vite, dans la rue.

        Pierre Alferi (écrivain),Daniel Colson (sociologue) Daniel Denevert (artisan), Stéphanie Eligert (écrivain), Jacques Fradin (Philosophe), Eric Hazan (éditeur), Nicolas Klotz (cinéaste), Frédéric Lordon (économiste), Pierre Marcelle (journaliste), Karine Parrot (juriste), Elisabeth Perceval (scénariste), Serge Quadruppani (écrivain)…

        https://lundi.am/Ecrivains-et-intellectuels-soutiennent-l-action-de-rue-contre-la-loi-travail

      3. Nuit Debout est animé d’une tension constitutive (avec leurs aspects positifs et négatifs) la volonté de ses instigateurs (Fakir, Ruffin, des militants) qui en ont lancé l’idée, puis très vite ont été dépassés par l’ampleur du mouvement, et d’autre part, la place, les places, comme zone de ralliement du peuple de gauche, d’espace où l’on débat et délibère, échange des idées à propos de ce qu’il en est aujourd’hui de la misère du monde pour s’y opposer et la vaincre. Et où, c’est tout aussi essentiel, et va de pair, il y a de la joie.
        D’un coté donc un désir de mouvement centrifuge, la projection derechef du mouvement au delà de lui-même, pour lui trouver un débouché politique immédiat, et de l’autre, un mouvement centripète, qui fait de Nuit (s) Debout un creuset où s’échangent des idées, des sentiments, entre citoyens qui bien plus que de partager des statuts sociaux similaires partagent un désir de transformation de la société , car il faut le souligner, et il suffit de venir sur place pour constater, Nuit Debout c’est très loin d’être un mouvement bobo, ce n’est même pas du tout un mouvement bobo. Il y a de nombreux précaires, chômeurs, cadres qui ne se retrouvent plus dans le système, retraités, des militants, et bien sûr tous ces jeunes qui au contact d’une réalité démocratique tangible acquièrent pour beaucoup d’entre eux une conscience politique qu’ils n’avaient pas.
        Nuit Debout c’est donc le lieu où se rassemblent et trouvent une visibilité tous ceux qui habituellement sont contraints au silence ou aux cris dans le désert d’une société émiettée, le lieu où la jeunesse a son mot à dire et trouve des points communs avec les autres générations.

        L’organisation des luttes cela ne tombe pas du ciel, il faut d’abord pourvoir s’organiser, et pour pouvoir s’organiser il faut d’abord pouvoir se compter, se rassembler, quelque part, entre humains en chair et en os, langues déliées. C’est le rôle essentiel de toutes ces places. Quitter la place, prétendre en faire le quartier général d’une prise de pouvoir immédiate c’est d’une certaine façon faire le jeu des logiques partisanes, alors que l’urgence c’est d’approfondir un creuser, qu’à terme aucun parti politique ne pourra ignorer. Tenir d’abord, pour se tenir debout, exister.
        Conclusion, le débouché politique ne peut être qu’une conséquence du mouvement centripète de convergence des luttes comme lieu d’échanges sur la place. La convergence des luttes comme actions au delà des places ne peut se réaliser que si la parole citoyenne retrouve d’abord une consistance dans le creuset des places. Nuit Debout c’est un formidable attracteur, d’une dynamique d’affect qui permet de polariser à nouveaux frais la vie démocratique, entre valeurs de droite et de gauche.
        Ce n’est donc pas à Nuit Debout de faire la démonstration de sa capacité à offrir un programme politique, c’est aux partis de faire la démonstration que leurs discours ne sont pas vides.

        Pour filer la métaphore, Nuit Debout ce n’est pas un feu, c’est l’eau, comme qualité, comme substance, qui s’immisce partout, pénètre, imprègne en profondeur, même les terrains les plus durs. Remplacer terrain géologique par terrain idéologique et échiquier politique et vous aurez compris ce que j’essaie de dire.

      4. @ Rosebud1871 dit : 21 avril 2016 à 1 h 16 min

        Merci Rosebud de nous rapporter une partie des propos d’Emmanuel Todd. Pour ceux que cela intéresse, voici le lien qui mène à l’ensemble de l’interview.

        http://www.fakirpresse.info/emmanuel-todd-nuit-debout-contre-le-grand-vide

        Le début de l’interview est également intéressant.
        Il aborde notamment les questions de générations et, peut-être pour se donner de meilleures chances de sauver sa peau, lui qui n’est plus de première jeunesse, il va jusqu’à déclarer :

        « La société française est sous la coupe des vieux et des banques. Non seulement pour les richesses, mais pour le pouvoir surtout : le suffrage universel devient un mode d’oppression des jeunes par les vieux, qui décident d’un avenir qu’ils n’auront pas à habiter.

        Je milite pour la mise à mort de ma génération.

        Donc, l’idée d’un territoire libéré, à la fois des vieux et des banques, ça ne me déplait pas. C’est pour cette raison que l’éviction de Finkielkraut m’est apparue comme une bonne nouvelle. Jusqu’ici, je trouvais les jeunes trop gentils, au vu de la domination qu’ils subissaient »

        Pour moi E. Tood, en parlant de mise à mort, incite
        clairement à la haine et à l’élimination des vieux. Les 68ards, dont il faisait partie, n’étaient pas allés jusque là. Il veut clairement monter les jeunes contre les vieux et, en étant l’un des premiers intellectuels français à le déclarer haut et fort, peut-être espère-t-il en cas d’embrassement, mieux sauver sa peau.

        En citant Finkielkraut qui n’est que de 7ans son aîné, il le signale moins comme un vieux que comme un opposant à ses idées de gauche radicale.

      5. @jducac
        Pour moi E. Tood, en parlant de mise à mort, incite
        clairement à la haine et à l’élimination des vieux.

        Vous ne faites pas dans la nuance.
        Il dit ceci:
        « Je milite pour la mise à mort de ma génération. Donc, l’idée d’un territoire libéré, à la fois des vieux et des banques, ça ne me déplait pas. »
        Je ne vois aucune incitation à la haine mais au contraire au dépassement.
        Rien n’empêche d’avoir un esprit jeune dans un corps vieux, les jeunes auront besoin des vieux comme les vieux auront besoin des jeunes.

      6. @ Michel Lambotte dit : 21 avril 2016 à 21 h 00 min

        On peut effectivement lire cette déclaration comme vous le faites, en considérant qu’on doit lire l’inverse de ce qui est écrit.
        Le problème Michel, vient de ce qu’ en pareille circonstance, lors des manifestations anti CPE, un autre intellectuel français bien connu, Michel Serres, avait pris la parole pour déclarer sous le titre « La souffrance des jeunes est immense » dans un article du Parisien en disant entre autre :

        « La guerre, toutes les guerres, sont ce que j’appelle à présent les meurtres des fils. Les deux guerres mondiales, ce sont des vieillards, à Berlin et à Paris, qui s’entendent pour qu’on massacre leurs propres fils. A chaque fois c’est pareil, nos sociétés ont toujours massacré leurs enfants. Chaque génération recommence. Pour la première fois dans l’histoire, depuis 60 ans nous n’avons pas connu de guerre. Mais les pères d’aujourd’hui ont inventé autre chose pour tuer leurs fils, cela s’appelle le chômage et la précarité. »

        Cette déclaration provocante et incendiaire a été rapportée sur le blog de Paul Jorion et longuement discutée .
        Relisez donc la très longue et intéressante file de discussion à partir du post suivant :

        http://www.pauljorion.com/blog/2010/07/04/la-pension-comme-salaire-continue-solution-aux-impasses-dans-lesquelles-sont-aujourdhui-le-travail-et-linvestissement-par-bernard-friot/#comment-94304

        A l’époque, c’est Martine Monnier qui défendait l’idée que l’auteur de tels propos ne voulait pas attiser les haines entre les générations. Le malheur c’est que de telles déclarations constituent de véritables dispositifs d’amorçage que leurs auteurs ne pouvaient pas ignorer

        Aujourd’hui, 10 ans après, c’est vous Michel Lambotte, qui défendez l’idée qu’Emmanuel Todd, n’attise pas les haines contre les vieux alors qu’il dit très clairement :

        « Je milite pour la mise à mort de ma génération. Donc, l’idée d’un territoire libéré, à la fois des vieux et des banques, ça ne me déplait pas »

        Si cela tourne mal et finit par s’embraser, il sera quand même difficile d’oublier totalement ce que ces deux intellectuels très médiatisés ont dit de façon aussi explicite.

        Bien évidemment je ne souhaite pas qu’un embrasement arrive.

    2. « La Turquie s’enfonce dans un territoire impensable en 2016 et l’Europe se plie à ses ordres. »

      Oui daniel. Voilà à quoi est soumis l’exode syrien.
      Pourquoi ? Le problème vient aussi du fait que les pays européens ne sont pas majoritairement favorables à l’accueil massif des réfugiés.
      Migrants : Relocalisation, anatomie d’un échec
      http://www.lesechos.fr/monde/europe/021745498054-relocalisation-anatomie-dun-echec-1205004.php

      Et que fait Erdogan ?

      Crise des réfugiés: visite cruciale d’Angela Merkel en Turquie
      « Les autorités turques l’ont martelé ces derniers jours : si Bruxelles devait ne pas respecter un seul des engagements qui ont été pris, la Turquie se retirerait immédiatement de l’accord sur les réfugiés. »
      http://www.rfi.fr/europe/20160423-crise-refugies-migratoire-visite-merkel-turquie-erdogan-ue-tusk

      Que que peut faire la communauté internationale ?

      La communauté internationale et les pays européens doivent accepter plus de réfugiés. C’est l’unique solution. Et il ne peut y avoir de discrimination. On accepte un réfugié parce que c’est un réfugié et non pas parce qu’il est chrétien ou quoi que ce soit.
      24 000 Syriens réfugiés en 2 ans en France, c’est ridicule. Quand il y a un bombardement en Syrie, en 1 journée des milliers de personnes arrivent en Turquie.
      https://blogs.mediapart.fr/alain-devalpo/blog/081115/senay-oezden-la-solution-la-crise-des-refugies-syriens-n-est-pas-uniquement-humanitaire-elle-est

      1. Oui daniel . Et voilà où cela mène.. entre autres !

        Une première : un tribunal allemand va juger un comique télévisuel pour diffamation envers le chef d’Etat d’un régime autoritaire.
        http://www.franceculture.fr/emissions/les-idees-claires/erdogan-obtient-un-droit-de-censure-sur-les-medias-europeens

        Migrants en Méditerranée: «la solution, aller sur zone et empêcher les noyades»
        http://www.rfi.fr/emission/20160306-migration-mediterranee-jean-paul-mari-empecher-noyades
        http://www.sosmediterranee.fr/journal-de-bord/deux-hommes-a-la-mer

  5. Si la prochaine nuit debout pouvait se manifester sur les pistes d’évolution politique susceptibles de rééquilibrer les rapports de forces de l’espace  » Travail » , dont beaucoup font , malheureusement avec leurs propres œillères , le sujet important , et qui font l’objet du dernier billet de Michel LEIS ( qui donne envie de lire son bouquin annoncé -rappel du lien de réservation souhaité) , la nuit ne sera pas perdue .

    1. Bah non, il ne s’agit pas de rééquilibrer le « rapport de force » Capital/travail,

      Il s’agit de ce que la Collectivité gère – enfin – le Capital (les Ressources primaires) afin de répondre, par le travail, aux besoins réels…

      Et sortir de cette mortifère logique de profits …
      pour les seuls soi disant « propriétaires » des ces Ressources (primaires seulement…)

      dans laquelle la sacralisation de la propriété privée constitutionnalisée, nous a enfermée.

      A mon sens, Michel Leis est en retard d’une guerre.

      http://myreader.toile-libre.org/uploads/My_570907afbd701.pdf

    2. @ judac
      à judac

      l’euthanasie des rentiers , de keynes, ca ne vous dit rien ?

      Je ne sais pas si vous connaissez E Todd, mais je pense que c’est quelqu’un qui à beaucoup d’humour…et pas une seconde ne m’est venu l’idée d’interpreter de maniere litterale les propos de cet homme profondement humaniste que me semble etre Emmanuel Todd…

      Quand au poids politique et economique des vieux , il me parait assez evident , et assez difficile à contrebalancer par les jeunes. Je ne me souviens plus de l’age median des votants , mais je crois me souvenir qu’il depasse la cinquantaine.

      quand au niveau economique , utilisant l’argument de l’offre et de la demande dans son livre » l’illusion economique » E Todd souligne le fait qu’au niveau mondial ( et non pas en france) c’est le vieux qui à de l’epargne , du capital , qui est rare , et que c’est le jeune employable qui est plethore.

      je vous signale que E todd avait predit avec grande justesse dans son livre « aprés l’empire » la crise de 2008, avec quelques années d’avance.

      1. J’ajoute que soir je suis allé voir le film  » merci patron » au cinema et qu’il y avait pas mal de vieux sympas ( qui ont beaucoup rit ) dans la salle. Comme quoi tout n’est peut-etre pas perdu pour le futur…

  6. Oui Juan, exactement, surtout quand on voit ce qui se passe au « royaume » de la « reprise » du travail …

    Au Royaume-Uni, les damnés des « zero hour contracts »

    LE MONDE | 24.10.2014 à 17h24 • Mis à jour le 19.04.2016 à 17h02 | Par Philippe Bernard (Londres, correspondant)

    « « Nous sommes comme les gâteaux que j’emballe à l’usine : On tombe dans une caisse pour laisser la place aux suivants » Bill Jones, Ouvrier chez Jacob’s »

    « « Dans les années 1930, mon grand-père se présentait chaque matin pour l’embauche sur les docks. Les patrons désignaient du doigt les ouvriers qu’ils sélectionnaient ; les autres repartaient penauds. Nous sommes revenus à cette époque », déplore Barry Kushner, le conseiller municipal travailliste de Liverpool, qui préside la commission spéciale mise en place par la ville pour lutter contre la précarité. Près de la moitié des offres d’emploi actuellement proposées dans la grande cité côtière le sont par des agences de recrutement, comme celle qui fournit à la biscuiterie Jacob’s une main-d’œuvre flexible et payée au smic, tels Candice et Michael Roberts. L’idée de M. Kushner est de rédiger une charte contenant des garanties minimales négociées entre syndicats et employeurs. Ces derniers s’engageraient à recourir en priorité à d’autres formes de flexibilité comme le travail à temps partiel ; ils seraient encouragés à fournir un minimum d’heures de travail programmées au moins une semaine à l’avance, après six mois de ZHC. »

    http://www.lemonde.fr/international/article/2014/10/24/les-damnes-des-zero-hour-contracts_4512171_3210.html

  7. @Pierre-Yves Dambrine

    « polariser à nouveaux frais la vie démocratique entre valeur de gauche et de droite »

    Alors c’est un club de gauche ? (club revolutionnaire ? hum…)

    J’ai du mal à comprendre… la droite et la gauche institutionnelles ocupent l’espace mediaticopolitique depuis des lustres, et leurs politiques, articulées aux memes renoncements, ont conduit à une pauperisation augmentant sans cesse , des taux d’abstentions records, un vote fn pour faire péter la machine,une neo-republique securitaire et ultraliberale…etc…etc…

    Est-ce qu’il n’y a pas une contradiction ?

    Je vois bien le jeu actuel des politiques qui comme d’habitude attendent justement qu’on remette du carburan dans leur moteur… regarder les soigner chacun leurs positionnements comunicopolitiques..(.de droite comme de gauche.)…en vue de leurs propres echeances institutionnelles..

    Alors , une polarisation de gauche et de droite, pourquoi pas ?
    mais n’est-ce pas un probleme que de voir que les pratiques sociales (de gauches comme de droites) des gens qui votent (la moitié, aux dernieres elections regionnales,) aboutissent à soutenir une societé qui n’offre comme alternative aux citoyens que l’impuissance ou l’adaptation destructive…

    Idée pour un badge pour nuit debout, aprés ma suggestion du 0% ( de croissance ou de representativité politique) je suggére un camembert de la participacion electorale aux regionnales…c’est à dire avec une moitié vide (les abstentionnistes) et l’autre moitié divisée en partis politiques classiques ( de droites et de gauches)

    Pourquoi ne pas en revenir à des affects ante-revolutionnaires ? c’est à dire une alliance politique de ceux qui ne veulent plus subir l’entropie d’un regime corrompu , ruineux , et inefficace, nom de dieu !

    Mais peut-etre que je réve, que je divague en plein wishfull thinking ! comme dit Lordon…
    Peut-etre qu’il n’est pas possible pour les esprits citoyens actuels de sortir de l’entropie psychologique distillée par cette » société » si bien organisée…

    1. Pat Attalo,
      Une nouvelle polarisation droite-gauche, mais découplée justement du jeu partisan et politicien vide de contenu et de sens. Ces dernières décennies le jeu institutionnel allait dans le sens d’une lecture droitière de la société, il s’agit d’inverser maintenant la tendance, en affirmant des valeurs de gauche positives et assumées comme telle (comme le rappelle Michel Lambotte, lorsqu’il évoque la réciprocité, la gratuite, j’ajoute bien sûr l’égalité) et non plus d’aménagement social à la marge du capitalisme mondialisé. De ce point de vue, Nuit Debout, Sanders et Piketty, même combat. Piketty est un peu en retrait de Nuit Debout mais il se situe bien près du nouvel axe qui se forme devant nos yeux. Les partis traditionnels n’auront plus d’autre choix que de s’aligner ou voir les électeurs se détourner toujours un peu plus d’eux …

      1. Peut être est il utile de préciser ce que l’on entend par « gratuité ».

        Est ce travailler ou échanger gratuitement, bénévolement, charitablement ?

        Ou assurer le financement de produits ou services sociaux par taxes et impôts ?

        (Je ne suis pas certain que tout le monde comprenne bien la même chose)

        Question subsidiaire : comment lever taxes et impôts dans une économie capitaliste en déclin, sans précipiter le déclin?

      2. à Pierre-Yves Dambrine

         » les partis traditionnels n’auronts plus d’autre choix que de s’aligner ou voir les electeurs se detourner toujours un peu plus d’eux.. »

        hum…je ne nie pas que l’emergence de Piketty et Sanders soient significatifs…peut-etre Nuit Debout participeras de l’essort de cette nouvelle gauche…

        quand au jeu institutionnel droitisant la société , je ne sais pas, peut-etre faites vous allusion à la cinquieme republique…qui à permis à françois Hollande de dire « mon ennemi c’est la finance » avant ? tout en menaçant les députés de transparence aprés l’affaire Cahuzac, aprés son election ?

        Il y a aussi des expliquations sociologiques à la droitisation de notre société. ( voir « le mystere français » et « qui est Charlie » de E Todd)

        Je constate qu’en ce moment Melenchon semble ecarter soigneusement de sa communication l’etiquette de « gauche » alors qu’il avait fait des valeurs de gauche son cheval de bataille aux dernieres elections presidentielles,( avec une certaine réussite d’ailleurs).

        Quand au gouvernement » socialiste », cela fait depuis un petit moment qu’il sacrifie aux valeurs transcendantes de la droite ( discours de versailles de Hollande , « comprendre c’est excuser » de Valls, politique de Macron )
        serais-ce parceque les etudes de marché des communiquants on vu là le courant porteur dans la population votante ?

        n’y a t-il pas aussi une empreinte  » gauche communicationnelle » parmis certains mediateurs de Nuit-Debout qui semblent se satisfaire du conservatisme du partage narcissique des opinions ? conservatisme inconscient , je veux bien le croire.

        Excusez , Pierre-Yves, cette expression un peu « dissolvante » de mes doutes…j’espere qu’il ne sagit pas là de l’expression inconsciente de mes amertumes, et que malgrés tout, ces remarques pourront contribuer à plus de clarté …hum…

      3. Bien sûr, l’égalité des chances face à sa propre auto-détermination, face à son propre épanouissement.
        Avec un revenu de base qui comme son nom l’indique serait une base pour cet auto-détermination et cet épanouissement pour autant que l’ensemble s’incrive dans une économie de type solaire comme je l’indique plus haut. Dans ce cas on est loin du revenu de base comme une allocation d’assistance mais justement comme un moteur de développement.
        Si la gauche veut se déterminer, ce n’est pas dans des revendications habituelles mais en proposant une alternative durable sur le plan économique, énergétique et environnemental, jusqu’à preuve du contraire je pense qu’il faut chercher du côté de la thermodynamique.
        Cela pourrait aller jusqu’à un TINA de gauche.

      4. L’équivalent thermodynamique de la concentration des Richesses, est l’isolation des sources chaudes de la majeure partie du système.

        Résultat : la majeure partie du système se refroidit, et crève.
        Que faire ?

      5. Pat Attalo
        j’ai écrit « une lecture droitière de la société » et non pas une droitisation de la société, nuance qui a son importance.
        La faveur pour l’égalité n’est pas minoritaire dans le pays, un sondage donnait une large majorité de français contre la loi sur le travail qui fait du contrat le substitut de la loi.
        Par contre transparaît massivement dans les médias une préoccupation pour les questions de sécurité, religieuses, ce qui ne veut pas dire que les français font passer au second plan l’égalité, mais que les médias font passer au premier plan les autres préoccupations … Tout l’enjeu du renouvellement de la gauche est de faire passer la première au premier plan. Nuit Debout y contribue, un homme une voix, une voix un temps de parole limité, tout le contraire de ce qui se passe dans les entreprises, et dans les partis ou règne l’entre-soi, et la hiérarchie.

  8. Que pourrait faire la loi pour rééquilibrer le rapport de force, dans le système actuel?

    Interdire les licenciements, ou la fermeture d’entreprise, ou encore qu’elle contraigne les fortunés à en financer la création ? Selon quels critères ?

    Cette voie déboucherait sur des usines à gaz, tant les lois sont faites pour être contournées.

    A défaut d’éclaircir cette question, dire qu’il faut rééquilibrer… me paraît un peu facile, tant cela semble en pratique impossible, ou alors de manière très marginale.

  9. Nuit Debout , bientot une rupture interne ?

    Nuit Debout, bientot une rupture interne entre force centrifuge et force centripéte ?

    Il semble se dessiner une ligne de faille, entre ceux qui veulent trouver des débouchés politiques à l’exterieur du mouvement, et ceux qui croient en une atractivité superieure centrifuge en meme temps que radiante dans leur pratique des assemblées participatives…

    ainsi que le laissent à penser ,
    les comptes rendus journalistiques concernant la soirée d’hier, pendant laquelle il a été proposé que le mouvement nuit debout fasse jonction avec les syndicats ( meeting) à l’issue du defilé du premier mai.

    on retrouve les indices de ces tiraillements dans les contestations internes au mouvement en ce qui concerne les contenus des messages numeriques émis par Nuit Debout.

    sagit-il d’une opposition entre:
    organisation verticalisée pragmatique et transversalité universaliste utopique ?
    ouverture et narcissisme ?
    in et out ?
    classe moyenne inferieure et classe moyenne superieure ?

    Ces oppositions vont-elles aboutir à une scission entre differentes composantes sociologiques dans le mouvement ? ou dessineront-elles une dynamique centrifuge et centripete à la fois, sous forme d’une spirale expansive ?

    Là , j’avoue que je delire…De là à imaginer que la spirale se transforme en une veritable tornade…ou en une sorte de porte quanti-cosmique qui ouvrirais sur les multi-univers…

    1. C’est effectivement délirant sur la fin !

      Pour le reste , l est largement trop tôt pour définir ce qui se passe , mais le mois de Mai qui commence par des défilés plus ou moins unitaires , est toujours un mois sensible en France.

      Ma grand mère , en rigolant , me disait que le mois de Mai , c’est le mois de Marie , le mois des chats , le mois des fous , et le mois des mouvements sociaux ( dans mon boulot , j’ai ajouté à la liste : mois de la multiplication des autorisations d’organisation des courses cyclistes ).

      Le mois de mai 2017 doit voir le second tour de l’élection présidentielle . Il y a donc moins d’un an pour faire sens efficace mais plus qu’un semestre .

      http://www.evous.fr/Election-presidentielle-date-1157367.html

      1. J’ai entendu ce soir que la CGT et la CGT-FO défileraient conjointement pour le 1er mai , ce qui , pour peu qu’on connaisse le mouvement syndical , est incroyable . Franck Lepage devra -t-il revoir cette vidéo ?

        https://www.bing.com/videos/search?q=franck+lepage+le+syndicalisme&view=detail&mid=592F6E58A4A58FDA5092592F6E58A4A58FDA5092&FORM=VIRE

        Par ailleurs , j’ai recherché en vain le commentaire ancien où je formais le vœu que PSDJ soit traduit en chinois . Paul Jorion l’aura donc précédé ,et c’est la deuxième très bonne nouvelle du mois .

        Soleil levant et nuit debout ?

    2. Peu importe, il y a autre chose, des ouvertures et c’est important.

      « Nuit debout, des Indignés à l’espagnole ? Pas sûr… »

      « Je n’en suis pas sûr. Il y a deux courants qui se dessinent : un courant pressé qui a besoin de résultats immédiats. Et un autre, plus proche des Indignés espagnols, qui veut avant tout transmettre aux citoyens le besoin d’engagement politique. Il faut comprendre que tout cela prend du temps et ne va pas se faire en deux jours. Si ce deuxième courant s’impose, alors oui, on pourra peut-être voir l’émergence de « marées » françaises. »

      Propos recueillis par Elise Koutnouyan
      http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160419.OBS8781/nuit-debout-des-indignes-a-l-espagnole-pas-sur.html

      Depuis que Basic .. est venu faire son petit tour (de chauffe ?) Flower Power, ça devient Stargate ce blog, normal avec Basic….. 😉

      1. Dans mon souvenir , trés subjectif et lointain, il me semblait que les occupations debordantes des places espagnoles avaient été rapidement massives , de loin ( par la télé) il se dégageait une impression dynamique d’une grande vitalité.
        Peut-etre que je suis hors du truc … a t-il fallut beaucoup de temps entre les premiers arrivants sur les places et ces foules rayonnantes ? Peut-on me le preciser ?
        Quand je repense à cette periode des indignés espagnols j’ai l’impression qu’il y a eu trés vite un choc economique violent pour les jeunes espagnols aprés la crise de 2008, mais peut-etre que ma memoire télévisée reduit les espaces comme un télé-objectif ?

      2. Bonjour Gudule,

        « Stargate »

        Voici « Leçons de mathématiques contemporaines à l’IRCAM » par Yves André:
        http://www.entretemps.asso.fr/maths/Livre.pdf

        A comparer avec le dernier chapitre « La revanche de Pythagore, les mathématiques contemporaines » de « Comment la vérité… ».

        L’introduction et la conclusion sont lisibles par des non-matheux. Le reste est à éventuellement parcourir par curiosité, peut-être y découvrirez-vous quelques points d’accroche…

        Badiou est cité (en bien) p.22.
        Stargate c’est p.54.

        Pour moi la géométrie oppositionnelle d’Alessio Moretti est fortement corrélée aux groupes de Lie simples (et donc aux diagrammes de Dynkin) -p.69- et aux catastrophes de Thom -chap.5-).

        Mon truc c’est le chapitre 5 « Singularités »* qui se termine par
        « La classification des catastrophes en toutes dimensions se ramène à celle des groupes platoniciens. Retour au Timée de Platon? », qui précise ma position platonicienne exprimée en commentaire de ce billet il y a quelques jours.

        Je compte dorénavant ne plus intervenir régulièrement sur le blog de PJ comme je l’ai fait pendant de nombreuses années. Merci à tous, à JA en particulier (très certainement le plus fidèle lecteur de mes commentaires).

        J’attends impatience l’ouverture du blog d’Alessio.

        * Il me semble avoir vu passer sur le blog que PJ va écrire un truc sur les singularités.

      3. Bonjour Basic.

        Revenez nous voir le plus souvent possible. 😉

        Merci pour ces beaux échanges légers, riches, profonds, diversifiés et enchantés. Vous êtes bien le seul à avoir réussi à m’interesser à la poésie des mathématiques. Donc félicitations. La richesse de votre imagination est inépuisable…

        Qu’est ce qu’une vie sans rêve, sans humour, sans imagination et sans poésie… ?

        « Pour atteindre les limites du possible, il faut rêver l’impossible. » René THOM.

         » Classer les problèmes mathématiques en tant que linéaire et non-linéaire est comme classer les choses de l’Univers en tant que bananes et non-bananes. » 😉

        extrait P55 : « Hegel parlait de « l’apparence bariolée du sensible ». Ici, c’est plutôt « l’apparence
        bariolée » de l’intelligible mathématique que nous voudrions rendre sensible.
        En espérant faire entrevoir que le développement des Mathématiques ne
        repose pas sur le seul mouvement d’élévation conceptuelle, mais qu’au contraire
        la conquête de l’intelligible mathématique s’appuie sur une dynamique de va-etvient
        entre avancées conceptuelles et retombées applicatives.
        « Retombée » : n’y voyons surtout pas une chute d’Icare du ciel des Idées, mais
        ce mouvement essentiel par lequel les nouveaux concepts essaiment, se concrétisent,
        et fécondent d’autres territoires mathématiques. »

        Oui, c’est de la création en acte, tout simplement , no limit, génial. Merci.

      4. Podémologie

        « L’affaiblissement du courant majoritaire ouvre des espaces pour réorienter Podemos. Rien n’est joué. Mais le sens du mot Podemos (nous pouvons) reprend une nouvelle signification où c’est par rapport à Podemos lui-même qu’il s’agit de pouvoir faire autre chose ! »

        Effectivement, et alors ? Est ce une raison pour ne pas rester ouvert à tous ces mouvements qui vont de l’avant, se cherchent et expérimentent ? Je ne le pense pas Vigneron. Bien au contraire…

        « ces oppositions sont-elles passage obligé de toute naissance , croissance, et finitude des mouvements ?
        je ne sais pas, et il y a un vertige à avoir la pretention de tout resoudre, ou expliquer en quelques pensées défintives… »

        Je suis assez d’accord.

      5. Grande-Bretagne: création d’un groupe parlementaire sur les “limites de la croissance”, 24 avril 2016

        All Party Parliamentary Group on Limits to Growth: c’est le nom d’un nouveau groupe parlementaire ouvert aux membres de la Chambre des communes et de la Chambre des lords, au Royaume-Uni. Présidé par l’écologiste Caroline Lucas, il regroupe des élus de tous les partis britanniques, des travaillistes aux conservateurs… Objectif: analyser objectivement “les limites de la #croissance” et leurs risques, redéfinir la notion de prospérité… A quand un tel groupe en France, à l’Assemblée nationale et au Sénat ?
        https://collectif-roosevelt.fr/veille-collaborative/grande-bretagne-creation-dun-groupe-parlementaire-sur-les-limites-de-la-croissance/

        Schaüble…

         » Allemagne : Wolfgang Schäuble propose la retraite à 70 ans
        24 avril 2016

        « les politiques tant vantées à l’étranger de #flexibilisation de l’emploi ont conduit à un fort partage inégal du temps de travail qui a réduit le nombre d’heures travaillés par le développement du temps partiel. Résultat : les salaires versés sont donc souvent réduits, malgré le plein emploi et les cotisations à terme insuffisantes. C’est le revers du plein emploi et c’est un modèle qui pose problème pour le financement des #retraites. »

        « Les employeurs allemands ont beaucoup profité de cette situation, comme ils ont beaucoup encouragé la baisse de la couverture des accords salariaux collectifs, ce qui a conduit à réduire les hausses de salaires, mais aussi celles des cotisations. »
        http://ift.tt/1WKzxoc

      6. MERCI et BRAVO, same player shoot again, still there !

        Hommage à Prince :

        https://www.youtube.com/watch?v=nyyS0FSztKc

        https://www.youtube.com/watch?v=boPon4lKqN8

        https://www.youtube.com/watch?v=NitnaCvf87I

        OUI , c’est exactement ça, tout compris, DREAM BIG and DREAM STRONG .

        Comment composez-vous ?
        Tout est dans ma tête, ça fourmille en permanence. Mais je ne passe pas ma vie en studio non plus. Quand je suis prêt, je convoque les musiciens pendant deux semaines et nous enregistrons ce qui sort de mon cerveau.

        Le résultat est-il conforme à vos attentes ?
        La plupart du temps ! En deux ou trois jours, j’enregistre un album entier. C’est pour cela que j’ai des milliers d’inédits. Je dois avoir écrit plus de 10000 chansons.

        Comment savez-vous qu’une chanson est bonne ?
        J’en parlais récemment avec mon ami Michael Stipe, le chanteur de R. E. M. Lui, quand il a besoin d’un prompteur pour se rappeler un texte, c’est que le titre est mauvais. Je suis assez d’accord avec cette vision.

        So long.

  10. Aux ABPJ,

    A/ Je vous souhaite de trouver le Pablo de Nuit debout qui dans France Soir déclare :
    « Nous n’accepterons aucune récupération par quelque parti, syndicat ou même association que ce soit. Ces organisations nous ont trahis, on ne nous y prendra plus! », résume Pablo. « Nous ne sommes pas une force de proposition pour la présidentielle de 2017. Il faut rompre avec le consensualisme béat et assumer que nous sommes des citoyens révolutionnaires. La force des printemps arabes est d’avoir accepté une prise de position indéfectible, un +dégage!+ ».
    http://www.francesoir.fr/politique-france/nuit-debout-le-mouvement-sinterroge-sur-son-avenir
    C’est pour cette raison que les discussions infinies quand un minimum de raison fait défaut, j’évite. Raison : 1/ Qu’Hollande ni n’est Ben Ali ni Moubarak, 2/ Qu’après avoir été pourchassés par les frères musulmans la gauche égyptienne morfle avec Sissi (un grand démocrate auquel Hollande préfère vendre les Mistral qu’à l’affreux dictateur russe.) 3/ Etc.

    B/ On se demande déjà qui est le propriétaire de Nuit Debout.
    http://www.numerama.com/politique/164169-nuit-debout-mais-qui-controle-le-site-nuitdebout-fr.html
    à ce propos, Paul Jorion, pour mon prix, de l’exemplaire dédicacé de Le dernier qui s’en va éteint la lumière, j’attendrai la version en Chinois, et ferai un don au blog de son prix en monnaie du peuple, en renminbi.
    Quand à l’avenir,
    http://www.liberation.fr/france/2016/04/21/nuit-debout-a-la-bourse-du-travail-l-etape-d-apres-reste-en-suspens_1447683
    où Lordon pointe le risque d’un mouvement centré sur lui-même, oubliant le «politique» pour se contenter de «l’animation citoyenne» : «Je voudrais dire à ceux qui peuvent être fascinés par le mirage de l’unanimité démocratique que refaire le monde c’est prendre le risque de déplaire à ceux qui ne veulent pas du tout que le monde soit refait.»

    P/ Enfin juste une question aux mille qui ont signé pour Piketty candidat aux présidentielles ?
    Piketty qui comme E.T. pourrait dire « moi qui suis plutôt modéré, keynésien, pour un capitalisme apprivoisé » semble tellement discret que je n’ai trouvé ni de signe de visite ni de signe de soutien à Nuit debout. Y en a-t-il un sur les mille à qui ça pose problème et qui osera l’évoquer, démocratiquement bien sûr ! ?
    Quand à apprivoiser…la bébête semble difficile à apprivoiser depuis le temps… Sanders aux USA c’est formidable, très révolutionnaire, mais en France ce qu’il promeut, il ne s’agit plus de le conquérir mais de le conserver comme disait un type de Renault à la Répu dimanche soir.

    J/…

    1. impressionant ce Pablo !
      moi qui me croyais un peu revolutionnaire … (toute proportion gardée ) voila que celui-ci me fait un peu peur…(toute proportion gardée) il est vrai que je ne suis plus tout jeune…comme beaucoup de francais…( age median autour de quarante ans) il me semble qu’en tunisie il y avait beaucoup de jeunes dans les rues…il serait interessant de savoir la moyenne d’age du peuple en france en 1789 , en mai 68.
      Il me semble aussi que beaucoup n’ignorent pas, chez les mediaticopolitiques, que la population francaise vieilli doucement, mais surement…

      1. Le problème, c’est surtout qu’en 1789 la France était le troisième pays mondial par sa population (derrière Chine et Inde) et donc le premier pour l’Occident, Russie comprise.

      1. Logique hypothético-déductive !
        CQFD ?

        Confirmation :
        https://www.youtube.com/watch?v=8DQ4o6QDJRo

        C’est drôle d’entendre Piketty dans cette histoire de primaires (sans jeu de mots) imaginer Hollande venir faire un petit-débat-bilan sur ses engagements et ses réalisations avec…
        Un brin d’imagination plus loin, pourquoi pas une samokritika ou une jiÇŽntÇŽo publique sur toutes les chaînes TV.

    2. @Rosebuds1871:

      Ce qui est drôle , c’est de confondre autocritique et se soumettre à la critique des autres .

      1. Juan Nessy, « je est un autre » ne vous est pas inconnu ! Hollande est soumis à la critique des autres depuis… alors c’est quoi l’idée de Piketty de le faire descendre dans l’arène, tiens pourquoi pas à la Répu !

      2. @Rosebud1871 :

        En vous lisant , j’ai parfois l’impression de relire « les femmes savantes ».
        Être soumis à la critique des autres au fil de l’eau est une chose ,et c’est déjà bien pourvu que la critique soit « médiatisée » et structurée par des médias plus attentifs au contenu qu’à la forme ,mais être soumis à la critique et à la contreproposition de l’autre dans un cadre et un instant forts ( une élection présidentielle) sous le regard direct d’une grande part de la nation , en est une autre qui métrite plus d’intransigeance citoyenne .

        De ce point de vue Fabius et le conseil constitutionnel qui viennent de donner le feu vert , un an avant l’échéance , à une modification sordide des règles électorales , portent une infamie aussi lourde que l’adoption à Versailles d’un traité rejeté par les Français ( grâce en partie à un certain …Jack Lang , ce simple citoyen bien connu qui intervient chaque nuit aux « nuits de bout »…)

    3. Rosebud1871
      Si Piketty est capable de prononcer les mots : « sortie du capitalisme » (ce qu’il a déjà fait, non pas pour la rejeter, mais pour l’envisager) est-ce que cela en fait toujours un modéré ?
      Est-ce que le mot transition est pour vous un gros mot ?

      1. Je n’ai pas lu son bouquin, mais j’ai lu dans le temps le Capital celui du 19ème. L’accueil planétaire dithyrambique me l’a rendu suspect, ce n’est pas un rejet, et je veux bien qu’à l’ONU on vote l’euthanasie des rentiers avec vérifications des inspecteurs comme pour le désarment. ça me parait aussi probable que la réécriture de l’article de la déclaration universelle sur la Propriété…et pis les textes pas appliqués, on a déjà donné (l’égalité salariale…). Depuis 73 il est question d’un nouveau SMI, et nada. etc…
        Bien sûr une transition vers le socialisme, mais le second terme a disparu des discours politiques comme objectif, et ne reste plus que les oripeaux ternis du Parti du socialisme : je l’ai déjà écrit ici, logiquement c’est le retour à Tours 1920 dont il s’agit, désolé que ni Autain ni Laurent, en présence de Piketty n’y ait pensé. Car LA GRANDE EXPLICATION A GAUCHE, ça ne peut être qu’un retour à cette base qui a fait l’étant, base à sérieusement actualiser.
        Le programme transitionnel façon PCG 72 ne peut partir que de là, il aura fallu 9 ans pour que des effets s’en produisent, 2 pour réaliser que c’était foutu, et 33 de plus pour vous l’écrire.
        Si Piketty veut mettre les mains dans ce cambouis, parfait, y a besoin de mécanos.

      2. A propos , vous qui semblez versé sur les langues O, et qui commencez à bien posséder l’esprit et la lettre des écrits de Paul Jorion , ce dernier vous a -t-il proposé de l’aider à apprécier sa traduction en chinois ?

      3. Juannessy 22 avril 2016 à 22 h 15 min
        J’ai aussi lu votre humour sur l’export des œuvres de PSDJ en RPC…

      4. @Rosebud1871:

        A propos de « grande explication » , j’ai de plus en plus la conviction que c’est le pays tout entier qui en a besoin , mais je ne suis pas sur qu’une grande explication à gauche , additionnée à une grande explication à droite ( qui est sous jacente et en cours) , fasse une grande explication comme les travaux de Paul Jorion et quelques autres contribuent à le faire .

        On peut se diviser sur le sensible ou la rigueur , et les moyens de faire ( c’est le rôle des mécaniciens), on est condamné à perdre et disparaître si on ne perçoit pas le monde et les enjeux de survie et vie digne , de façon assez partagée par la droite et la gauche . Sauf à céder la place aux mécaniciens despotes reptiliens pour une mort accélérée .

      5. Juan Nessy brèves précisions a partir clavier cellulaire.
        C’est Piketty qui appelle à Grande explication à gauche.
        J’entends : avant 1920 existait un parti Socialiste. Scission 1920. 2 thèses de transformation du monde. Les 2 ont échoués partiellement et totalement quand au but. Pérennité des appelations (A.O.C. !) jusqu’à ce jour mais inconsistance théorique actuelle.
        A droite les noms changent tout le temps, pas le but. Et c’est non-sens d’imaginer grande explication à droite.

      6. @Rosebud 1871 :

        Disons pour le moins qu’il y a en cours une « explication » à droite et ça n’est sans doute pas par hasard que Sarkozy se fait marginaliser ( au moins dans les sondages ). Je suis par contre d’accord pour dire que l’ensemble de la droite jusqu’et y compris le « centre » ,de Bayrou, reste , comme Jducac , viscéralement et idéologiquement attaché au mythe qui énonce que « l’économie » ( telle qu’ils ou Nicolas Baverez la définissent ) mène le monde . On est plus surpris d’y trouver aussi le parti socialiste et les trois (et non pas deux ) tendances qui s’étaient exprimé au congrès de Tours en seraient baba .
        Sur la grande explication à gauche , et si l’on admet que la gauche se distingue de la droite par le fait qu’elle préfère le partage et les droits de l’homme à la rigueur comptable adossée au creusement des inégalités , on pourrait aussi dire que si elle en reste là ( la gauche), elle aussi n’aura pas redéfini et circonstancié ses buts .

        C’est pourquoi je m’attache aux travaux de Paul Jorion , car ils me permettent de rester sur une vision du monde où la fin ne justifie pas les moyens , condition nécessaire et suffisante pour le coup , de la dictature et de la mort du plus grand nombre au « bénéfice » ( ho le poids des mots!) de quelques uns.

        Il parait que l’on retrouve cette opposition philosophique ( la fin justifie les moyens VS les moyens doivent être adaptés à la fin ) , dans les combats que se livrent les héros de Game of Thrones .

        Mais , au juste , quelle est la fin que nous serions assez nombreux à partager ?

  11. Bonjour

    Strictement aucun rapport avec la choucroute de nuit de debout, mais c’est absolument insupportable cette vidéo de BFM TV qui se met en lecture automatique quand on accède à la page d’accueil du blog. En plus comme elle commence à dater faut la chercher pour lui couper le sifflet !

    Bref.

  12. Ce foutoir est tout à fait extraordinaire dont seul sont capables ces initiatives individuelles qui ne font pas collectif. On peut lire « préavis de rêve » sur un panneau de rue, sur un arbre ou dans un recoin de la statue parmi les fleurs de Charlie et du Bataclan. Et la cacophonie de musiciens hétéroclites illustre bien cette proximité soudaine, hétérogène. Si deux tableaux de papier invitent à répondre à la question « que voudriez-vous que ce mouvement arrive à faire ? », beaucoup se gratte le menton comme après un réveil brumeux.
    Dans cette invitation au rêve et aux doléances, je ris de penser à ces gens qui dénoncent plus ou moins gentiment le manque de productivité de ce rassemblement dont le terme est ici fortement décrié.
    Je souhaite que tout ceci continue.

    1. Armelle 22 avril 2016 à 10 h 39 min

      Je lis votre jeunesse à vous émouvoir du « préavis de rêve ». Le « rêve général » ça date, j’ai un autocollant collé sur ma cheminée qui doit dater de la fin des 80’. J’ai le souvenir d’avoir fait un joke à une copine en disant dès que point G apparaît, il disparait ailleurs, très daté tout ça…
      Le foutoir suppose une organisation sous-jacente comme disent les traders, il y a un collectif même réduit au départ. La question n’est pas « la productivité du mouvement », je dis mon accord avec PYD qui écrivait ici (de mémoire) que tout ce qui s’y discute a été abordé sur ce blog. Clair que ce n’est pas du coté de la « production » d’une idée nouvelle que se situe l’intérêt du « mouvement » (même séances immobiles genre sitting ) mais du coté de l’acte mis en scène additionnant les individus qui deviennent un collectif même à leur corps défendant ! Car des qui ont l’impression d’inventer le fil à couper le beurre, la nombreuses fraternité de Gagnot, ça ne manque pas. Que d’autre découvrent le monde à cette occasion c’est parfait, donc que ça continue évidemment, mais ils ne vont pas changer le monde en papotant indéfiniment, quelque chose d’autre adviendra ou pas.

      1. Précision parce qu’un pote à moi qui fréquente de temps en temps le blog et se bidonne parfois de mes interventions, vient de m’appeler pour me dire que je ne suis sans doute illisible, illisible pour beaucoup : alors je précise :
        « préavis de rêve », ou « rêve général » c’est un jeux de mot : pour « préavis de (G)rève » et « (G)rève générale ».
        Il a sans doute hélas raison.

      2. « quelque chose d’autre adviendra ou pas »
        Oui voilà, en effet. Vous avez un esprit synthétique formidable.
        Des gens rassemblés qui débattent font jaser et sont une menace. Ça fouette en face….
        Je ferai un parallèle de la sphère professionnelle où un groupe de professionnels, après les attentats de novembre, ont pris date pour échanger sur le thème de la radicalisation des jeunes et l’échange de pratiques en la matière depuis plusieurs années. Plus haut, cette réunion fut interdite avec force à la stupéfaction de tous.
        Concernant les années 80, je n’en retiens pas grand chose à part l’échec cuisant de 68 sur le plan environnemental et dont on apercevait, en spectateur impuissant, l’extravagante dégradation.

      3. Rosebud1871

        « Car des qui ont l’impression d’inventer le fil à couper le beurre, la nombreuses fraternité de Gagnot, ça ne manque pas. »
        —————————

        Le fil à couper le beurre, c’est la gestion collective des Ressources primaires, et ce que ça suppose (je ne vais pas encore remettre le pdf…)

        Bien que ce soit évident, nous sommes encore bien peu nombreux à l’avoir compris.

        Mais c’est toujours comme ça. Avant de trouver un truc évident, on n’y pense pas, ou on ne veut pas y penser.
        C’est ce qui caractérise une invention !

        On veut à tout prix prolonger le présent, même si ça ne mène à rien.

        D’ailleurs Piketty, qui envisagerait d’abandonner le capitalisme, serait il sur cette voie ?

      4. Armelle 22 avril 2016 à 21 h 09 min
        Ben oui les chefs qui ont des chefs qui ont des chefs, qui les aiment ou en ont peur etc.
        Pis ceux qui veulent pas être chefs, et ont besoin d’un chef. Sujets de pessimisme.
        Bonne nouvelle, coté radicalisation (terroriste style Daesh) les bandes de brothers ayant l’habitude de la clandestinité parce que pratiquants du banditisme ne sont pas inépuisable en nombre).

      5. Dominique Gagnot 22 avril 2016 à 22 h 05 min
        Le souci de finitude est une nouvelle donne majeure depuis l’après-guerre mais la majorité des écologistes n’a pas saisi à quel point cet aspect des choses nécessitait une sortie du capitalisme.

      6. Rosebud1871
        Pro communard ?
        « Debout, la honte est lourde et pesantes les chaînes » écrivait Louise Michel
        Mais, pourquoi voudriez-vous que tout le monde soit chef ?
        Ce rassemblement m’enchante

      7. 1. @ Dominique Gagnot dit : 22 avril 2016 à 22 h 05 min

        «Le fil à couper le beurre, c’est la gestion collective des Ressources primaires, et ce que ça suppose ………………..…………………………………… C’est ce qui caractérise une invention ! »

        ……………..

        Il ne faut vraiment pas manquer d’air pour aller jusqu’ à prétendre que « le fameux pdf » présente « une invention ».

        N’est-ce pas plutôt une simple copie, une pâle contrefaçon d’une machine asservir les peuples.
        C’est également passer sous silence le fait que cette « invention » a déjà été mise en application au siècle dernier, à grande échelle et sur de plus ou moins longues périodes, en ex URSS, en Chine, en Europe de l’Est, et ailleurs.
        Or, ces pays pourtant placés sous des régimes totalitaires en sont arrivés à abandonner d’eux-mêmes » l’utilisation de cette « invention » qui s’est distinguée en provoquant un retard de leur évolution par rapport aux autres pays.

      8. jducac dit :
        23 avril 2016 à 13 h 33 min
        La propriété privée devrait rester sans limite selon vous. En fait il ne faudrait rien changer à ce qui existe aujourd’hui sur ce thème, c’est ça ? Et dans d’autres domaines, vous ne changez rien non plus ?

      9. JduCac(40), s’adressant à Gagnot.

        Z’avez rien compris. Vous mélangez tout.
        Vous devriez lire la diatribe de Paul: http://www.pauljorion.com/blog/2016/04/23/le-texte-prepare-de-mon-intervention-a-la-nuit-debout-a-paris-le-21-avril-2016/ et le précédent, en live.
        C’est une déclaration d’amour à Nuit debout. Et la pique anti-capitaliste devrait faire mal…
        Bref, ça dépotte un max.
        Je me dis qu’avec ce mouvement, on tient peut-être la vague (irrésistible ? Ben oui, irrésistible je la souhaite) anti-fric et anti capitaliste que les printemps arabes n’ont pas développée plus avant… vous avez vu le parallélisme entre les 2 ? Toute cette engeance accrochée à son fric comme une huitre à son rocher devrait avoir la décence de disparaître pour le bien de l’humanité. Son idéologie -mon fric, mes rendements, mon taux de retour- ne vise qu’au confort de quelque happy-few au détriment de tous mes autres. Ces gens-là nous occultent le fait scientifique que l’avenir de l’espèce est à l’entraide et la coopération. Le monde n’est pas un jeu de monopoly…
        De toute façon, nous n’avons rien à perdre, puisque les capitalistes ont déserté la Production matérielle dans nos pays, ces fainéants. ( Un capitaliste moderne: « Investissez votre argent dans un hedge-fund et l’argent vous arrive. Investissez votre argent dans une industrie et les problèmes commencent »)

        Je me demande si Nuits debout n’est pas lancé juste pour oublier les Panama Papers dont la leçon principale est que le capitalisme a un besoin vital de la corruption.
        L’ombre -lire camouflage- et la connivence sont les 2 mamelles du capitalisme, qui n’est que l’autre mot pour corruption.

      10. jducac,

        Je n’ai pas dit que cette invention était de moi, hein (d’ailleurs on s’en fou, c’est vraiment pas le problème).

        Toujours est il qu’elle est superbement ignorée…

        Par ailleurs rien à voir avec Staline, etc…
        (si tu pouvait changer de rengaine… pfffffffffffft)

        Regarde un peu les catastrophes permanentes qu’entraîne ton cher système.
        La planète est partout ravagée, sur tous les plans. ça ne fait que s’aggraver…
        Staline c’était un bisounours, à côté.

      11. @ Armelle dit : 23 avril 2016 à 13 h 46 min

        « La propriété privée devrait rester sans limite selon vous. En fait il ne faudrait rien changer à ce qui existe aujourd’hui sur ce thème, c’est ça ? Et dans d’autres domaines, vous ne changez rien non plus ? »

        ————————————-

        Depuis les débuts de l’humanité, la propriété privée est restée circonscrite et en partage inégal entre de nombreuses personnes dont les préoccupations sont très diverses, mais que j’ai tendance à classer en 2 grandes catégories.

        L’une, qui conduit sa vie en privilégiant sa jouissance immédiate sans se soucier de ce qu’elle laissera à ses successeurs connus ou inconnus.

        L’autre catégorie qui, tout en jouissant de la vie, veille à faire également preuve de plus de tempérance, en s’obligeant à penser au futur et à ce qu’elle laissera à ses suivants, à ses descendants et héritiers notamment.

        Ces différences de préoccupation induit des différences de comportement dans la vie et conduit à ce que certaines personnes aient plus que d’autres tendance, compte tenu de leurs revenus, à limiter plus ou moins leur consommation de sorte à pouvoir investir dans des biens matériels et immatériels qui deviennent, comme c’est bien légitime, leur propriété privée.
        Cela équivaut à leur travail accumulé, diminué de leur consommation de vie courante.

        Ce type de comportement, privilégie l’épargne (la non consommation) et donc la capitalisation sans laquelle il n’est pas possible d’investir pour s’adapter à l’inévitable évolution du monde, et à mieux faire face aux inévitables aléas et besoins du futur.

        Avant 68 la majeure partie de la population, même chez les pauvres, avait ce type de comportement d’inspiration capitaliste et naturelle. Même les animaux et les insectes accumulent pour mieux faire face aux besoins futurs.

        Certains plus efficaces que d’autres arrivent ainsi à s’approprier plus de biens que d’autres. Par cette voie ils acquièrent plus de pouvoir plus de puissance et donc plus d’influence sur leurs semblables.
        Ils prennent de l’ascendant sur leurs congénères et finissent par conduire et piloter la marche du monde dans une certaine voie.
        On ne mesure le chemin parcouru et les résultats obtenus qu’au bout d’un certain temps qui se compte en générations.

        Nous en sommes là en France, un pays dont la majorité des générations adultes sont encore animées de l’esprit de 68. Il n’est qu’à observer comment ceux qui « ont fait 68 » vibrent encore lorsqu’ils voient les Nuits debout.

        En un demi-siècle le monde a bien changé. Les slogans de 68, « jouissons sans entrave » et « il est interdit d’interdire », donc autorisons nous tout, tout de suite, quitte à s’endetter pour consommer d’avantage, ont fini par faire leur œuvre.
        Les partisans de la jouissance à outrance constatent que, faute d’avoir investi correctement dans les biens matériels, immatériels et moraux, notamment en prônant l’amour du travail (non l’amour au travail), nos compatriotes se retrouvent nationalement largués et à la traine.
        Par orgueil, ils refusent de s’inspirer de ce que les autres ont fait ailleurs en Europe et dans le monde pour éviter ainsi d’être déclassés. Alors ils en viennent à manger le capital matériel national, y compris celui du secteur de l’énergie, celui qui fut la propriété de l’Etat et qui est une des bases vital d’un pays.

        Voila l’avis de quelqu’un qui ne va pas à Nuits debout et qui « n’a pas fait 68 ».

      12. @ jducac
        Vous dites ceci pour la x-ème fois:
        « En un demi-siècle le monde a bien changé. Les slogans de 68, « jouissons sans entrave » et « il est interdit d’interdire », donc autorisons nous tout, tout de suite, quitte à s’endetter pour consommer d’avantage, ont fini par faire leur œuvre. »

        Vous inversez les rôles, sans y participé j’ai adhéré à mai 68. Comme beaucoup, j’étais opposé à la société de consommation, c’était la génération précédente qui la réclamait, celle-ci permettait des affaires et créait des emplois.
        Quand à « il est interdit d’interdire » cela n’a rien à voir avec la jouissance consommatoire que nous a imposé le capitalisme, mais simplement avec la libération de la créativité et du parler vrai.
        Ceci dit, je vous rappelle que je ne suis pas opposé à la propriété privée mais bien à sa rente qui assassine les générations futures en n’en conservant que l’usage dans le cadre d’un tout autre type d’économie dont j’en ai fait la description un peu plus haut.

      13. jducac dit :
        24 avril 2016 à 8 h 00 min
        Vous coupez à la serpe les aspirations de mai 68 pour ne retenir que le thème du rejet de l’autorité, (laquelle pourtant devenait un véritable carcan). Le patriarche qui décide de tout en bout de table merci bien 🙂 Il y avait une aspiration à une société plus respectueuse de l’individu, pour une réforme de l’éducation, l’instauration de formations pour les ouvriers (en faveur de l’ascenseur social), contre la société de consommation et les pollutions environnementales, pour la liberté sexuelle et le droit des femmes, contre une société bourgeoise et la guerre.
        Si j’étais encore petite pour être dans les rangs de 68, j’avais, à l’époque, l’oreille collée à la radio pour suivre les événements et les nombreux débats notamment entre scientifiques qui mettaient en garde sur les dangers d’une industrialisation sans limite, sur la finitude des ressources. La génération de mes parents se fichait pas mal de bétonner partout, d’injecter du pesticide et des produits chimiques, sans penser aux conséquences. J’étais bien contente, moi, à l’idée de ne pas avoir la vie contrainte de ma mère et d’apercevoir d’autres perspectives à la vie d’une femme ! Je serais bien peu reconnaissante d’avoir échappé à un mariage de classe sociale, etc. Bien peu reconnaissante aussi alors que j’ai largement profité de la loi formation professionnelle.
        Les détracteurs de 68 font une fixette sur « il est interdit d’interdire ». Très curieusement, comparativement à d’autres pays, nous sommes excellents en interdictions, individuelles surtout, et en contrôle…. la confiance règne…

        Pour être fourmi, encore faut-il en avoir les moyens ! Comment est-il possible d’oublier cette petite condition ?

      14. Michel,

         » je ne suis pas opposé à la propriété privée mais bien à sa rente… »
        ———————
        Réjouissez vous, Michel.

        De plus en plus d’appartements (très chers), restent inoccupés, et ne rapportent aucune rente donc, à leur propriétaire.

        On ferme des usines, des outils de production, qui ne rapportent aussi plus de rente.

        Des terres cultivables, sont laissées inexploitées. Aucune rente non plus.

        Les grandes fortunes investissent toujours plus dans des Ressources qu’elles n’exploitent pas. (pas de rente donc)

        Vos vœux sont en voie d’être exaucés, Michel.

    2. @ Michel Lambotte dit : 24 avril 2016 à 10 h 09 min

      « Vous dites ceci pour la x-ème fois:« En un demi-siècle le monde a bien changé. Les slogans de 68, « jouissons sans entrave » et « il est interdit d’interdire », donc autorisons nous tout, tout de suite, quitte à s’endetter pour consommer d’avantage, ont fini par faire leur œuvre. »

      ————————-

      Même si mon âge pourrait me conduire à me répéter, ne croyez pas que je radote.

      Non Michel, si j’insiste c’est parce que vous et tous ceux encore nombreux qui, dans leur jeunesse, ont été immergés dans un bain d’anticapitalisme primaire et dont ils ont de la peine à se défaire, n’en finissent pas de se dessiller les yeux afin d’y voir clair.

      Les pays du Sud de l’Europe sont les derniers à refuser de voir clair. La Belgique et la France, entre autres, souffrent inutilement de ces combats d’arrière garde.

      « Ceci dit, je vous rappelle que je ne suis pas opposé à la propriété privée mais bien à sa rente qui assassine les générations futures en n’en conservant que l’usage dans le cadre d’un tout autre type d’économie dont j’en ai fait la description un peu plus haut. »

      Ce que comme d’autres vous ne voyez pas, c’est que le capital est ce qui permet de vivre, qu’il soit le vôtre ou qu’il ne le soit pas. Un pays qui se vide de son capital comme le fait la France, est un pays qui s’appauvri et qui tombera comme la Grèce et d’autres, sous la dépendance de ses créditeurs qui feront valoir le fait que nous nous sommes déconsidérés en empruntant plus que ce qu’il nous était possible de rembourser compte tenu du train de vie que nous nous accordons.
      Ce train de vie est trop élevé au regard de celui d’autres pays auprès desquels nous nous approvisionnons en produits de consommation courante. Ces pays fonctionnent sous le même système économique que les nôtres et sont aussi dépendants de moyens capitalistiques (industrie et autres) dont une bonne partie des plus gros, appartiennent à des actionnaires privés (petits ou gros) résidants ou non.

      Je vous souhaite un excellent dimanche de réflexion positive.

      1. Les aînés de ce blog finiront tous un jour par êttre recyclés, tout le monde y passe aussi bien sur le plan biologique sur le plan informationnel. Paul Jorion, vous et moi nous n’y échapperons pas, sur le plan des infos laissées, il faudra des siècles pour recycler ce que Paul Jorion a laissé, par contre pour vous, on en aura vite fait le tour. En ce qui me concerne, cela n’a aucune importance.

        C’est à vous de dessilier les yeux, dans la vidéo avec Nicolas Bavez, Paul Jorion rappelle la nécessité de la croissance pour le capitalisme.
        A votre avis combien faudrait-il de barrils de pétrole pour rembourser l’ensemble des dettes de la planète ?
        Je pense que tout le pétrole n’y suffirait pas.
        Ce ne sont pas les débiteurs qui posent problème mais bien les créanciers. Vivre audessus de ses moyens ne signifie rien, par contre vivre audessus des moyens de la planète comme nous y entraîne le capitalisme est une véritable catastrophe.
        Ce n’est pas de l’anticapitalisme que je formule ici, c’est la réalité que vous refusez obstinément de reconnaître.

      2. @ Michel Lambotte dit : 24 avril 2016 à 14 h 06 min

        « Ce ne sont pas les débiteurs qui posent problème mais bien les créanciers.»

        ———————————–

        Si l’on s’en tient à cette première phrase, reconnaissez qu’elle travestit la vérité .
        Reconnaissez que, jusqu’à preuve du contraire, aucun créancier ne contraint un débiteur potentiel à signer un contrat d’emprunt. Les banquiers et leurs alliés, les vendeurs de biens et de services à consommer, ne sont que des offreurs de créances.
        L’offre n’implique pas la demande de crédit tant que l’emprunteur potentiel ne décide pas de signer l’engagement à rembourser en respectant les termes prévus dans le contrat.

        Reconnaissez que c’est bien l’insuffisance de résistance au désir de consommer l’argent du prêt pour satisfaire une envie de l’emprunteur, qui enclenche le processus. Préalablement, il n’existait qu’à l’état potentiel.

        Reconnaissez que c’est le manque de tempérance de l’emprunteur qui déclenche le problème. La vertu de tempérance était bien mieux sauvegardée chez les générations d’avant 68 que par leurs suivantes, c’est pour cela que j’incrimine les slogans « jouissons sans entrave » et « il est interdit d’interdire » ce que je traduis par : « ne nous interdisons rien, y compris d’emprunter.

        Une fois que nous aurons tiré au clair ce premier point, il me semble que nous serons mieux armés pour traiter du sujet que vous évoquez dans les phrases suivantes:

        « Ce ne sont pas les débiteurs qui posent problème mais bien les créanciers. Vivre au-dessus de ses moyens ne signifie rien, par contre vivre au-dessus des moyens de la planète comme nous y entraîne le capitalisme est une véritable catastrophe.»

        J’aurai alors plaisir à poursuivre le débat sur ce second sujet.

  13. @Armelle
     » Je souhaite que tout ceci continue. « 

    et que cela se développe, sans laisser de place à l’organisation 😉
    que cela reste « désamparant » !

    1. La société entière est imprégnée du courant individualiste, plus proche de l’isolement que de la solitude. L’influence hégémonique d’un ultra libéralisme clivant, excluant, a œuvré en ce sens.
      Si bien que ce curieux assemblage représente fidèlement le monde d’aujourd’hui, faisant structure, surprenante par sa nouveauté. C’est comme si je découvrais la forme qu’a pris notre société, à l’insu de notre plein gré ?

      1. La situation ne manque pas de contraste, de paradoxe, en effet.
        A coté des démonstrations de puissance dans les « constructions savantes », à l’image des plus grandes tours, nous observons des forces plus subtiles, plus ténues, s’appliquant sur les plus petits éléments de la civilisation que sont les individus, forces dites « de tension superficielle » ou plus vulgairement « atomes crochus »…
        On ne sait pas trop comment ça marche, mais c’est ce qui est à l’œuvre dans les « bouillons de culture ».
        La fermentation, à basse température, peut produire d’excellents résultats, et pas seulement en matière viticole 😉

  14. La nuit porte conseil

    hier, je faisais etat de mes interrogations devant les oppositions qui semblaient se dessiner dans le mouvement nuit debout…
    entre deux points points de vues concernant les modalités d’actions, d’organisations, dans lesquelles devrait s’engager nuit debout pour se developper…se conserver…

    à ce qu’il me semble , l’etape (?) de la contradiction interne au mouvement, de la degenerescence en affrontement interne, n’à pas encore été franchie de maniere irrévocable…

    et c’est tant mieux !

    on peut de façon assez maligne ( ? ) souffler sur les braises du dissensus… ceder à la fascination de penser  » j’ai raison contre les autres  » et  » hors de ma solution, point de salut ! »

    l’opposition entre « pragmatisme » et « utopie » n’est pas nouvelle , c’est un couple qui à permis nombres d’avancées historiques , ainsi que nombres d’impasses, de tragedies, elles aussi historiques…

    ces oppositions sont-elles passage obligé de toute naissance , croissance, et finitude des mouvements ?
    je ne sais pas, et il y a un vertige à avoir la pretention de tout resoudre, ou expliquer en quelques pensées défintives…

    Suggestion de badge pour Nuit Debout : un coeur traversé d’une fléche.

    1. une interogation, presque pratique , ou est la contradiction ?

      est-ce que le fait d’accepter par Nuit Debout qu’il y ait jonction avec les syndicats (plus meeting) le premier mai , detruirait les assemblées participatives ?

      qui seraient libres de se reformer à l’issue (en place? ) du meeting.
      quel serait le risque ?
      pourquoi vouloir que tout le monde fasse du springt, ou du marathon, tout le temps…?

      l’action d’eclat , le jour de fete , sont elles ennemies du travail quotidien ?

      si j’ai un souvenir des minces luttes syndicales ( intermittents ) auquelles j’ai pris part,
      c’est celui de la demonstrativité sociale et de la chaleur des mobilisations en marche dans les actions collectives,
      en meme temps que
      de l’excitation , de la fatigue et de la confusion, que de se sentir « mené » par une autorité maniant la dramatisation au service de ses vues … ( en plus, on à perdu , mais… si on n’avait rien fait ..)
      pendant ces mobilisations, je me suis dit que le rapport au temps et à la fatigue etait quelquechose d’inegal entre le gouvernement et ceux qui etaient mobilisés dans la lutte syndicale.
      Alors je dirais, comme l’ecclesiaste , qu’il y a un temps pour chaque chose… ( sans exclusive ?)
      et j’espére quand meme qu’il peut y avoir du neuf sous le soleil , et que tout n’est pas vanité…
      j’ajoute, pour finir, que je n’aimes pas qu’on me chapitre avec une voix de casseur d’assiettes, meme si c’est pour m’apporter une contradiction bienfaitrice ( surtout meme…)
      m’enfin…

  15. Jouir…enfin jouir…

    JOUIR du silence

    partagé par une foule attentive…

    quel contraste entre le bruit qui nous est attaché.
    .(.à chacun ?)

    et cette foule attentive…
    qui jouit
    pour une fois,
    d’un autre humus
    que du bruit, de la clameur
    de toutes ces agitations egotiques, minuscules et accumulatives…

    il faut une grande confiance à chacun dans une foule
    pour laisser se faire et se realiser le silence de l »ecoute…

    stupeur !
    on jouit aussi du silence..
    .de l’ecoute…
    quelle fraternité et quelle conscience ne se realise-t-elles pas par un silence partagé?
    qui n’est pas imposé mais qui est, ecoute vivante !
    il n’y a plus crainte de l’omission et de la méprise
    puisqu’il y a ecoute !
    meme en foule, face à quelque orateur que ce soit, il devrait y avoir ecoute et silence, de maniere à ce que l’intelligence s »eleve spontanement de cette ecoute partagée.. et des multiples comprehenssion spontannées…et pas forcement (ou idealemen)t, de l’orateur\oratrice…
    Y a t »il d’autre moyens de quitter l’isolement ?

    entendre les interventions , quelles qu’elles soient, avec en meme temps le bruit infiniment discret des feuilles d’arbres agitées par le vent.
    ( surtout au printemps)
    merci.

  16. Bonjour,

    Je poste ici, vu que la vidéo de Paul à Nuit Debout n’est pas ouverte aux commentaires. Je voudrais savoir ce qui se passe réellement dans ta tête quand tu te trouves sur l’estrade devant une petite foule debout et assise, entrain de parler, et que le gars vient te taper sur l’épaule pour te dire : « allez, faut descendre, le temps est écoulée » ! C’est juste hallucinant pour ma part. Si un orateur dit des choses intéressantes, captivantes et innovantes, faire comme à la Télé est juste un crime contre l’intelligence.

    Même si je comprends le principe, je trouve cela tellement con, mais alors d’une connerie insondable à se pendre.

    Comme si chaque « parole » se valait. Ce qui est le concept le plus stupide qui soit en matière de démocratie. Le fameux « cause toujours » ! En fait ça fait de la peine de voir cette mascarade totalement vaine. Et ils pensent rallumer la lumière ? C’est du foutage de gueule plutôt.

    1. Il y a malheureusement des « obtus » même chez les troubadours. On peut compter sur eux pour précipiter la fin des mouvements en général (les troubadours et les obtus). C’est avec des guignols dans ce genre que la nuit debout finira par aller se coucher. Tout le contraire du type qui interviewe Paul, qui lui connaissait bien son sujet et avait les synapses bien ouverts.

      1. J’étais également sur place ce jeudi soir et j’étais consterné de voir que l’on puisse limiter ainsi la parole d’un Monsieur de cette qualité, heureusement qu’il ait pu ensuite s’exprimer plus longuement lors de l’interview sur TV Debout.
        Certes, dans cette démocratie de l’Agora, il convient de donner la parole à qui voudra s’exprimer mais il me semble opportun de la part des organisateurs de prévoir une sorte de « filtrage » selon les thèmes et une « pré-intervieuw » visant à évaluer la cohérence des propos à tenir.
        Cela peut paraître être une censure préalable mais ne faut-il pas en venir là pour éviter que cela ne vire au cirque ?

      2. Nyssen

        Si on appliquait ce que vous dites, Nuit Debout perdrait tout son sens. C’est justement parce que c’est du brut de décoffrage, que Nuit Debout n’a rien de bobo, que les façons de s’exprimer varient énormément d’une prise de parole à une autre, que cela va du discours très raisonné au cri lancé à la foule, que cela peut paraître sans queue ni tête, parfois presque insupportable, bref qu’on peut s’attendre à tout, que ce qui s’y dit vaut son pesant de vérité. Paul Jorion le dit très bien d’ailleurs dans sa propre intervention. Bref, une parole vraie est une parole libre, ou n’est rien.
        C’est se serait se priver d’un principe essentiel de la démocratie que de considérer qu’une parole vaut plus qu’une autre. Le temps de parole limité, cela paraît bête et méchant, mais c’est primordial, si l’on veut effectivement redonner quelque légitimité au principe démocratique, où l’on se parle en citoyens égaux. Ce principe d’égalité qui n’existe pas dans nos entreprises, et et dans le monde de la politique politicienne. Pas question pour autant de faire de la démocratie directe l’alpha et l’oméga de la vie démocratique, de la vie de la Cité, je dis simplement ici que ce que l’on retrouve à Nuit Debout, c’est quelque chose qui a été perdu, ou qui se perd, et qu’il faut retrouver avant de retisser des liens sociaux plus consistants.

        Il faut faire la distinction me semble-t-il entre parole et discours, car ce n’est pas du tout la même chose.
        Une parole c’est ce que je viens dire, l’expression d’une subjectivité, qui est aussi forcément politique, étant donnée le lieu où elle s’inscrit, ici Nuit Debout, en réalité n’importe qu’elle agora.
        Un discours c’est quelque chose dont on cherche à déterminer la cohérence, les contradiction éventuelles, l’adéquation des mots aux choses. C’est également essentiel, car si dans l’agora on échange des sentiments et des idées, c’est en vue de savoir de quoi l’on parle, de sorte que l’on puisse identifier les désaccords, en vue in fine, d’une délibération à l’issue de laquelle des décisions seront prises.

        Il me semble que l’urgence du moment que nous vivons c’est d’abord de nous redonner la parole, parce que celle-ci a été formatée, confisquée, au boulot, à la télé, salie même (je reprends le mot utilisé par un ex soixante-huitard avec lequel hier soir j’ai eu une conversation fort intéressante à République, cinéaste de son état, ancien photographe, qui me disait cette chose fort pertinente , qu’à République les gens ne font pas de selfie, ce qui est rigoureusement exact, et devrait nous incliner à considérer ce lieu comme un lieu d’exception en tant qu’il permet de s’affranchir de ce monde de la réligion féroce nous avilit) par des décennies de gouvernement par les nombres. A Nuit Debout, c’est un peu de vie collective qui ressurgit, parce que chacun peut y trouver sa place, c’est donc une première étape avant d’envisager des projets politiques plus construits, qui seront également fondés en réciprocités.

        Paul, j’y étais, en cinq minutes, et peut-être, sûrement même, parce qu’il n’avait droit qu’à cinq minutes a été extrêmement éloquent, parce que c’était une parole de vérité, qui plus est porteuse de perspectives plus larges, inclusives de la vérité de chacun.

      3. Je suis entièrement d’accord avec Pierre-Yves.
        J’étais assis à côté de lui et nous avons partagé exactement ce qu’il a su si parfaitement exprimer. Et c’est pour ça que je veux intervenir.
        A priori je pouvais partager le sentiment des personnes comme Julien, Nyssen et CloClo… une frustration, mais en fait Pierre-Yves explique bien ce qui se joue entre paroles et discours ; nous avons applaudi et n’avons pas ressenti de frustration, juste avoir vécu un temps fort comme tous les gens autour. Un discours fort comme celui de Paul a eu paradoxalement de la force parce que justement elle s’insérait dans ces paroles contraintes par le temps mais si libres ! Paul l’a d’ailleurs souligné dans son interview. Et il y a eu cette suite à TV Debout.
        Pour le dire autrement : la qualité écrase la quantité !

      4. @PYD :

        Je signe .

        Et confirme qu’à Nuit debout comme ailleurs , ce qui est nécessaire n’est pas suffisant .

        PS : Pour avoir été confronté à des situations où il faut rendre compte dans des circonstances tumultueuses , je salue le courage et la santé de Paul Jorion qui à 70 ans accepte encore de se mettre en danger et « au combat » .

      5. 1/ si la règle est 3mn elle est pour tous.
        2/ l’incident Finkel est une bêtise.
        3/ l’option loi Gayssot (pas de liberté pour les ennemis de la liberté) ou option Chomsky (tout discours est à débattre parfois combattre) : 2 options avec chacunes avantages et inconvénients.
        4/ prise de parole ou prise de bastille, c’est pas donné.

      6. Rosebud1871
        je suis d’accord avec vous quant à la contradiction constitutive qui anime le mouvement NB (à mon sens productive). Au delà de la « bêtise », il s’est passé quelque chose de fort. La venue de Finkelkraut a Nuit Debout a été significative, elle a été révélatrice, car elle a permis de mettre en lumière l’effet retour du boomerang des positions du philosophe, très conservatrices, pour leur contenu discriminatoire.
        On ne peut tenir rigueur à Finkelkraut d’être allé jusqu’au bout de sa démarche, en allant se confronter à ce qui contredit ses propres discours, à savoir qu’il n’y a pas d’intégration, que le problème c’est l’identité française. Or comme je l’ai déjà écrit, il y a beaucoup d’enfants de l’immigration à Nuit Debout qui prennent la parole. Manquent encore à l’appel les enfants des cités, mais comparé aux rassemblements pour Charlie, NB repose sur une assise représentative de l’ensemble de la société française. Or, cela il ne le condamne pas, fort heureusement, et il ne le peut, car sur le principe il croit au dialogue sans lequel la démocratie perd de sa substance, il ne bascule donc pas du coté de ceux qui voudraient interdire Nuit Debout. Et cela c’est très intéressant. Finkelkraut devra dépasser ses propres contradictions s’il veut encore être entendu.
        Finkelkraut est un homme de convictions c’est ce qui rend significative sa venue, même s’il n’a plus rien maîtrisé une fois sur place, et même après en présentant la façon dont les choses se sont passées de manière erronée et trompeuse, à son corps défendant.
        Finkelkraut c’est une part du négatif dans l’histoire en train de se faire. Badiou en rien d’accord avec sa vision de la France l’avait très bien compris, qui acceptait de débattre avec lui. On peut reprocher tout ce qu’on veut au philosophe Finkelkraut, mais pas d’être politicien. Daniel Cohn Bendit dira ainsi des années après 68 que finalement le général de Gaulle c’était une cible facile, mais sans laquelle il n’y aurait pas eu 68. Finkelkraut n’est pas de Gaulle, mais c’est tout de même une figure engagée  représentative du conservatisme mais cependant ouverte au dialogue, sur le principe. Principe qui justement trouve ses limites quand il se trouve confronté de plain pied au réel.
        Finkelkraut est un peu la figure du père. Non plus comme en 68 du père de la famille patriarcale autoritaire, mais le père comme symbolisant l’ordre social, l’entreprise capitaliste fonctionnant sur le modèle du commandement de type militaire, l’aristocratie de l’argent tenant le manche et donnant ses directives.
        Il n’y a pas eu unanimité à Nuit Debout concernant la façon dont il fallait considérer la présence du philosophe sur la place de la République. Aucune consigne n’a été donnée et aucun mot de la fin n’a été voté en assemblée dans les jours qui ont suivi.

  17. En tout cas , cette interview a tv debout, du 53mars , était pleine d’intelligence, d’enthousiasme et de spontaneïté. M Jorion, vous n’avez pas boudé votre plaisir et c’est, du coup trés agréable à écouter et à regarder , ça change vraiment des entretiens « convenus » et « formatés »… et ça fait du bien ! Oui ne vous laissez plus piquer le micro par des neuneus. C’est du grand n’importe quoi ça. Que ça continue !

  18. « qui plus est porteuse de perspectives plus larges »

    Voui, raison de plus pour ne pas lui enlever le micro au bout de 5 mns. Cloclo et JA ont raison. Et, a fortiori, par ce qu’une démocratie est censée être « éclairée » a minima, ses représentants seraient bien inspiré de prêter plus d’attention à une parole intelligente, profonde et surtout lorsque celle ci ouvre des perspectives PLUS LARGES……

  19. A propos de Baverez/Jorion RTBF

    Jorion et Baverez ne vivent pas dans le même monde.
    Baverez est dans le système, il pense système, son univers se résume au système, sorte de divinité.
    D’ailleurs les serviteurs de l’oligarchie pensent tous comme ça.

    Les propos de Jorion allaient bien au delà, et pour un auditeur non averti, ça devait être compliqué, après Baverez.
    (je me demande d’ailleurs ce que Baverez a compris de Jorion…)

    1. Je crois pourtant que Nicolas Baverez a très bien compris ce que Paul Jorion racontait , et c’est pour ça ,alors qu’il est souvent brillant et d’une finesse assassine et originale, je l’ai trouvé sur la défensive . Son rebond sur Robespierre réduit à la terreur ,traduisait une pensée pour une fois un peu courte , mise à la disposition archaïque d’une idéologie plus que du bien être de l’humanité.

      J’aimerais assez que Paul Jorion revienne sur cette opposition de fond quant à l’analyse respective entre économie et politique .

      Au risque de rabâcher et de faire trop direct , je redis que de mon côté l’étymologie dit bien que ces deux manifestations humaines sont siamoises voire identiques : économie = l’art d’aménager sa maison .
      Et c’est pour ça qu’il ne peut y avoir d’économie que « politique » .
      Sinon on a …ce qu’on a aujourd’hui , avec son cortège d’échecs présents et à venir .

      1. A mon avis, rien que la définition du mot politique demande à elle seule un important débat.
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Politique
        La représentation de la politique est-elle la même aujourd’hui qu’autrefois? Ne doit-elle pas évoluer en fonction des circonstances et des états de notre monde?

        Liberté, égalité, fraternité est-ce du même ressort politique que, comme vous le dites très bien, liberté, égalité, fraternité étendue au vivant?
        En d’autres termes, ne faut-il pas réinventer la politique?

      2. Juannessy,

         » économie = l’art d’aménager sa maison . »
        ————————–
        Oui, et je serais plus précis:

        Économie = l’art d’aménager notre maison, … avec les Ressources dont – nous le peuple – disposons !

        Encore faut il donc que ces Ressources ne soient pas confisquées, et gaspilléesn par une minorité,
        au nom de certains principes dits « économiques », (et qui ne le sont donc pas du tout…)

      3. N’est-ce pas « l’étendue au vivant » qui remet en cause la perception que nous avons de la politique?

        Si Nicolas Baverez était sur la défensive n’est pas par le fait que Paul Jorion est en avance sur la perception du système et de son futur.?

      4. Le capitalisme universel, c’est le développement et le progrès technologique au risque de la répartition inégale des richesses. Le socialisme du XXIe siècle, c’est la décroissance au prix de la paupérisation et de l’oppression des masses. Les siècles changent, mais pas le socialisme : aujourd’hui comme hier, il garantit le despotisme et la misère pour tous.

        http://www.nicolasbaverez.com/2016/03/21/misere-despotisme-stade-supreme-socialisme/

      5. @Michel Lambotte:

        Dans la mesure où je ne fais pas de distinguo entre économie ( l’art d’aménager sa maison ) et politique ( l’art de survivre et vivre ensemble par et pour l’humanité dans tous ses sens ) , je ne crois pas à la nécessité de réinventer quoi que ce soit.

        J’ai du , par contre , écrire quelque part (peut être dans l’utopie réaliste) que le choc psychique inouï (et donc politique) de notre temps , est et sera de plus en plus la conscientisation « évidente » ,et très majoritairement partagée( d’où l’ardente nécessité de la démocratie) ,de la finitude des ressources de notre vaisseau et de tout ce qu’il porte comme vivants , conscience condition là aussi nécessaire mais peut être pas suffisante de notre « bonheur » .

        Et c’est pour ça que j’avais « étendu » nos trois repères du vivre ensemble .

        Mais si la « prise de conscience » attend deux ou trois générations pour éclore et se traduire en politique et en économie , on risque bel et bien de finir avec cette troisième génération dont l’agonie sera plus terrible que celle du capitalisme .

      6. Vous avez raison, le mot « réinventer » n’est pas correct, il s’agit simplement d’adapter la politique aux circonstances.
        Cependant, je pense que nous n’avons plus le luxe ni la possibilité d’attendre trois générations pour agir, dès maintenant, l’épuisement des ressources et les lois de la thermodynamique vont se rappeler à notre bon souvenir avec une intensité en croissance exponentielle.

      7. Baverez dit :
        « Le capitalisme universel, c’est le développement et le progrès technologique au risque de la répartition inégale des richesses. »

        J’en ai franchement ras le cul de lire ces choses.
        Si l’on songe aux minables calculs prémédités qu’il aura fallu pour capter les ressources humaines, en amont, et grâce à la sacro-sainte propriété lucrative, dans le but qu’un petit club d’ultra-riches puisse se gaver encore et toujours plus au détriment du reste de l’humanité.

        Quoi le progrès technologique ? : Pour vivre en permanence dans le malaise de la civilisation de la naissance jusqu’à la mort ? Pour acheter notre silence ? Pour vivre couché ? pour nous dispenser de la recherche d’un autre sens ? pour nous détourner de la philosophie et de la poésie ? Pour ne plus avoir droit de jouir, de respirer et de contempler ? Pour nous entuber façon TINA ? Pour faire d’Internet une formidable machine de l’asservissement et du détroussage de données ?
        Ben merde alors !

  20. Dominique Gagnot à Juannesy
    « … Économie = l’art d’aménager notre maison, … avec les Ressources dont – nous le peuple – disposons ! « 

     » On devient un peuple par l’injustice dont on devient victime tous ensemble « .

      1. Juannessy,

        Peut être que ça va sans dire (que nous – le peuple – devons disposer des Ressources… ),
        mais ça va encore mieux en le disant, d’autant que beaucoup ne sont pas d’accord…

  21. Dominique Gagnot : 23 avril 2016 à 15 h 06 min
    La planète est partout ravagée, sur tous les plans. ça ne fait que s’aggraver…
    Staline c’était un bisounours, à côté.
    ………………………………………………….
    Dominique, vous qui avouez avoir profité du système et réussi à tenir dans un métier sans conviction jusqu’à votre retraite pour vivre de vos petits biens matériels et l’achat de votre maison, vous êtes mal placé pour donner des leçons sur ce blog, inlassablement chaque jour qui passe. Quant à remplacer une barbarie par une autre, ou devenir bourreau pour ne plus être victime, on sait où ça mène. Vous imaginez rééduquer la planète avec vos illogismes alors que l’on baigne déjà dans l’absurde.
    Inspirez vous de Diogène : faire appel le plus souvent possible à soi-même au lieu de recourir toujours aux autres pour résoudre ses propres problèmes. Savoir s’adapter aux circonstances au lieu de vouloir les changer. « Je cherche des hommes, pas des esclaves! ».
    En résumé, il appliquait ce qu’il enseignait, en tant que philosophe qui n’a pas attendu la COP21 pour vivre sobrement, tout en préservant sa joie de vivre, contrairement à ce que proposent tous ces grands experts de l’écologie au pouvoir, ou vous avec vos PDF censés apporter toutes les solutions aux maux de l’humanité.
    Nos dirigeants font pareil, de grandes promesses, sans ne jamais en mesurer les contraintes ni les conséquences.
    Ils sont bloqués dans des modèles rigides. On a déçu les jeunes, donnons leur encore plus de chèques (27,5 milliards d’euros envers les jeunes depuis le début du quinquennat, sans aucun résultat si ce n’est de stériliser les plus talentueux). Mais les élections approchent, il faudra penser à faire plaisir à d’autres électeurs et trouver des coupables.
    C’est ce que vous faites sans la moindre nuance entre les friqués et les pauvres comme vous les appelez. Ceux qui ne pensent pas comme vous sont des éléments bloquants à éliminer, après les crachats. Ce que vous devriez retenir : attiser la haine et les ressentiments gaspille et détourne les énergies à un moment où il est si urgent d’en faire bon usage. Changer de civilisation n’a jamais été simple et si vous avez besoin d’un tyran pour vous guider ce ne sont pas les candidats qui manquent mais vous ne ferez jamais rêver les jeunes pousses prometteuses avec de telles aspirations. Et c’est de ça dont la planète a besoin, d’un nouvel horizon et non pas de nouveaux tyrans, même mous. Il faut de l’enthousiasme et de nouveaux objectifs pour survivre à nos propres pulsions de mort.

    1. J’ai rarement lu aussi long et aussi creux. (sauf chez Baverez)
      Que du vent pour gonfler les baudruches.

      1. C’est vrai que vos tirades sur les Ressources primaires et le fil à couper le beurre c’est très inspiré, à vous seul avec vos missives vous remplissez 80% du blog, messages qui disent tous la même chose à quelques phrases près

      2. Oui, mais ce que je dis est du concret, qui résulte d’une logique étayée.

        Tandis que vous dites des trucs totalement foireux, du style « ceux qui profitent du système sont mal placés pour le critiquer ». Ah, et pourquoi ?
        Au contraire, nous sommes de fins connaisseurs, pour mieux le dénoncer.

        Mais je vous comprends: Que seules les victimes soient légitimes arrangerait bien vos affaires, …puisqu’elles sont sans moyens de le faire!

        Le reste est du même acabit. Le néant total.

      3. Je tourne en rond car tes amis, les 1%, les Hyper friqués, nous empêchent d’aller de l’avant …

  22. Les lumières risquent bien de s’éteindre…
    Selon les Kogis, la restitution d’un trésor autrefois volé, éviterait le pire :

    « On connaît l’histoire, affirme le plus âgé des Kogis qui ont fait le déplacement sur cette plage. Ils ont emporté ces objets, mais on ne les avait pas donnés. Tant mieux s’ils les rendent aujourd’hui. Cela nous permettra de vivre des millions d’années. Sans cela, tout va mourir… Pas seulement nous les indigènes, mais tout l’environnement. » Eric Julien leur explique ensuite qu’il doit remettre ce trésor au gouvernement qui se chargera de leur restituer. Dans leur intérêt, tout doit ainsi se faire dans les règles. »

    « Le trésor des Kogis »
    http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/13h15/13h15-du-dimanche-24-avril-2016_1409489.html

    1. Imagineriez-vous, Armelle, que les voleurs rendent les biens mal acquis ?
      Cela couvre des générations.
      Un bon début serait l’effacement de toutes les dettes, un minimum !

      Peut-être la seule échappatoire…

      1. Dans le cas de ce trésor, le voleur n’a rien rendu…… Cette femme belge l’a achete et garde. Elle se doutait des circonstances de son acquisition, et ne voulait pas que cet or soit fondu pour en faire des dents.
        Les kogis disent que personne n’a ramené ce trésor. C’est le trésor qui a pris le chemin du retour.

    2. A propos des Koguis (ou Kogis ?, François Roddier dans son livre sur la thermodynamique évoque cette tribu descendant des Mayas. Ils ont probablement battu tous les records de durée de vie d’une civilisation. Comment ont-ils fait ?
      – absence de compétition et grande fraternité
      – attachement à l’environnement
      – maintien des traditions, mémoriser les traditions ancestrales

      Les Koguis bandent jusqu’à l’adolescence les yeux de l’enfant qui sera leur futur « shaman ». Cela a pur effet de développer tous ses autres sens.

      Pour les Koguis, notre civilisation paraît incompréhensible. Ils s’enquièrent pourquoi nous creusons des tunnels dans les montagnes. Quandon leur explique que c’est pour aller plus vite, ils demandent : « Pourquoi voulez vous aller plus vite ? » :))

      « Peut-on survivre encore mille siècles ?
      Si malgré le peu de moyens et de connaissances dont ils disposent, les Koguis ont su préserver leur culture pendant 40 siècles, on ne voit pas pourquoi notre civilisation planétaire ne ferait pas beaucoup mieux. »
      A suivre … n’éteignons pas la lumière trop vite.
      ……………
      Merci à Armelle de nous avoir signalé cette vidéo.

      1. Et surtout les Ressources primaires ne font pas l’objet de propriété privée. Elles sont gérées dans l’intérêt collectif …

        Il n’y a pas de 1% qui en accapare l’essentiel, pour tirer profit des autres…

        Médite ça James.

      2. Ils disent, depuis, s’employer à réparer la terre. La moindre des choses serait de participer à cette entreprise 😉 ….

  23. @ Gudule.
    Vous avez raison, la question des réfugiés , purement humanitaire, passe par un accueil beaucoup plus important dans nos pays. La France,simple exemple, devrait en prendre environ 1 million à sa charge sur disons 2 ans. Nous le pouvons. C’est à l’Etat de prévoir et organiser cette installation, et non la laisser à la charité publique.

    Mais ce n’est pas suffisant, la guerre en Syrie doit cesser. Les USA avaient le pouvoir de décourager les boutes-feu, or elles s’y sont impliqués sans réflexion. Une bonne partie de la solution repose sur les Kurdes. D’abord, ils ont su se couvrir d’organisations paravent où ils restent majoritaires. Ces institutions ont fédéré les ethnies et religions en présence, dont des tribus arabes, et les font vivre en paix. C’est une révolution de voir un chef de tribu (et d’une troupe combattante de 3000 hommes mise à disposition du paravent Kurde), en costume arabe, en son Divan, déclarer se rallier au « contrat » politique kurde qui comprend l’égalité totale homme-femme, l’interdiction de la polygamie et du mariage avant 18 ans, le respect et l’égalité de toutes les religions, plus quelque rareté dont la militarisation des femmes, pour celles volontaires et il y en a. La question de la sincérité est inévitable mais pour l’instant, c’est du vrai.

    Je suis avec intérêt cette application sur le terrain. Il est évident que les Kurdes sont victimes de quelques coups bas, y compris de HRW mieux inspiré d’habitude. Les Kurdes peuvent « dérailler »; leurs forces combattantes se multiplient (homme, femme, force de police, commando, prévôté, auto-défense etc…) et les instances politiques peuvent se voir déborder par des activistes partisans de méthode expéditives. D’un autre côté, ces forces sont politiquement endoctrinées au « contrat » kurde et un dérapage est peu probable.

    Les vidéos montrent des mères de famille réclamer la paix, pouvoir vivre décemment et surtout pourvoir à l’éducation des enfants. Bref, la lassitude de la guerre est générale. Autre élément positif: les gens ont presque tous des liens à la terre et y sont très attachés. Ils reviendraient avec plaisir pour reconstruire et y vivre, pourvu que la paix soit garantie.

    L’espoir est que l’accueil en Europe pourrait n’être que transitoire. Un retour, même partiel, dépend de nous: faire cesser tous les excités assoiffés de sang au prétexte de religions distordues.
    Les chemin sera long. Un seul exemple, les USA ont faits accepter comme interlocuteurs valables aux négociations de Genève des coupeurs de tête patentés. Ils viennent d’employer publiquement des armes chimiques contre des civils au Nord d’Alep. Résultats: ils sont toujours à Genève. (En fait, ils en sont parti parce qu’étant « modérés », ils protestent que les survivants de leurs agressions explosives et chimiques essayent de rendre les coups avec usure.)

    Ce sera long- l’unité de temps est de l’ordre de 4 à 5 ans- mais si la Turquie, les USA et le Royaume Saoudite cessaient d’alimenter les excités de la mise à mort, l’affaire pourrait s’engager vraiment. Les causes initiales des ingérences étrangères sont oubliées, ou bien éclipsées, par l’énormité des crimes commis, surtout envers les civils et singulièrement les femmes. Les 3 mousquetaires pourraient se retirer sans rien perdre puisqu’ils ne savent plus pourquoi ils alimentent cette guerre…

  24. A force de croire au business as usual, l’extrême droite N°1 au 1er tour de l’élection présidentielle en Autriche

    Accueillir des demandeurs d’asile à hauteur de plus de 1 % de la population en 2015 (plus de 90 000 pour 8,5 millions d’habitants), c’est « croire au business as usual » ?
    Schäuble a confié au Spiegel qu’il a « dû prendre un peu d’air » quand il a appris fin janvier la décision du gvt autrichien de ne pas accepter plus de 37 500 demandeurs d’asile en 2016. C’est la révélation de la fin du « business as usual » qui l’a fait suffoquer ?

  25. Rapport au business as usual, Martin J. Gruenberg, Chairman de la Federal Deposit Insurance Corporation, jeudi dernier :

    In my view, we are at a point today that if a systemically important financial institution in the United States were to experience severe distress, it would be resolved in an orderly way under either bankruptcy or the public Orderly Liquidation Authority.

    https://www.fdic.gov/news/news/speeches/spapr2116.html

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