Je suis désolée, je n’arrive pas à me dire que mes réflexions peuvent intéresser les lecteurs de votre blog, par Isabelle Joly

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Ce n’est pas une posture de ma part, mais si j’analyse les choses, il me semble qu’ils viennent chercher une certitude que tout ça va avoir lieu. Il y a une fascination de l’humain pour la catastrophe, y compris chez moi.

Comme des animaux aveuglés par les phares de voiture, on est paralysés par cette fin du monde annoncée.

Je crois qu’inconsciemment la personne pessimiste qui existe en moi s’est mise à écrire des chroniques d’un certain espoir pour lutter contre cette désespérance qui suinte de la lecture de votre blog.

Ce n’est pas négatif ce que je dis, tout constat de l’état du monde ne peut qu’aboutir à ce résultat, et c’est une condition sine qua non d’un sursaut. Tout ce que vous dénoncez est dit avec talent, et rappelle sans relâche un humanisme qui en est le pendant et redonne espoir en l’humanité.

Les solutions existent, elles impliquent un changement des êtres humains qu’ils ne sont pas prêts, ou qu’ils n’ont peut-être pas envie, d’enclencher. Il est peut-être plus difficile à l’être humain d’exposer sa part de lumière plutôt que celle d’ombre. Peut-être mourrait-il tout simplement d’ennui.

J’ai l’impression d’insulter la souffrance indicible infligée à l’humanité depuis sa création quand je réfléchis comme ça. J’appelle ça “Mes chroniques dégueulasses”.

Je feuilletais un livre de dessins faits par des prisonniers de camps de concentration à la bibli. On se demande toujours le coeur au bord des lèvres, comment c’est possible une chose pareille.

Et en même temps je me dis que de nos jours des caméras filmeraient peut-être les mises à mort en chambre en gaz, et on se dirait qu’on ne peut rien faire pour ces gens en les regardant sur notre télé.

Je déteste être sur terre, être cet être velléitaire qui se contente de si peu.

La somme dépensée par les activités illégales dépasse les budgets des états, mais qui dépense ces sommes si ce n’est le citoyen ordinaire ? Faut-il qu’il gagne plus pour le dépenser plus en drogue, en prostitution, en alcool, en paris, que sais-je ? Si l’être humain orientait mieux ses dépenses, le monde serait également meilleur.

Pour la tuerie d’Orlando, Jean-Luc Mélenchon a écrit un texte où il questionne la question de l’homophobie en partant de lui-même, c’est pour ça que je pense que c’est un être réellement en recherche. Toute question doit être abordée à partir de sa propre histoire : Tout explose si on va au fond de soi-même.

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76 réflexions sur « Je suis désolée, je n’arrive pas à me dire que mes réflexions peuvent intéresser les lecteurs de votre blog, par Isabelle Joly »

  1. Soi même comme un autre.
    “Ricoeur saisit justement l’éthique dans ce rapport ambigu : le sujet n’est pas d’abord une substance mais avant tout un choix moral. Se penser « soi-même » en tant qu’autre signifie que l’autre est constitutif de ma propre identité. Si l’universalité de cette morale ne peut être fondée par le sujet, elle le sera dans le souci de la pluralité : se mettre à la place d’autrui, voilà la nouvelle source de la norme sociale. Ainsi, dans cette optique, Ricoeur dépasse l’opposition entre une éthique individuelle axée sur la pratique concrète (ce qui me semble bon) et une morale fondée sur des principes rigides (du type : tu ne dois pas…). C’est dans la sagesse pratique que Ricoeur dépasse ces conflits, dans le « bien-vivre » qui s’étend à la société et à son exigence d’égalité.”

    http://www.scienceshumaines.com/soi-meme-comme-un-autre_fr_13096.html

    http://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/paul-ricoeur-14-soi-meme-comme-les-autres#

    http://www.youscribe.com/catalogue/livres/savoirs/philosophie/soi-meme-comme-un-autre-2587091

  2. Divers, au vu de la vidéo d’aujourd’hui.
    Paul, vous me semblez fatigué. Vos yeux sont rouges, signes de fatigue oculaire ou de fatigue générale, ou autre. Peut pas en dire plus, je ne suis pas médecin.
    Soignez-vous et ménagez-vous. Le message à faire passer se travaille dans la durée et la permanence, pas dans l’éparpillement et donc l’épuisement.
    Les fruits rouges sont abondants en cette période et ils vous veulent du bien.

    Le Brexit : un échec de la religion féroce qui n’ouvre pas de perspectives, par Michel Leis.

    “la question du souverainisme économique, bien que centrale, ne doit pas être abordée avec des œillères.”
    Que voilà du mystère. Et pour ménager qui au juste ?
    C’est en effet une idée centrale. Il va être difficile de parler de réindustrialisation, de réorientation de l’allocation en capital sans prononcer des mots grossiers ou tabous comme “réglementation” et “protectionnisme”.
    Plutôt que de tourner autour du pot pour des questions largement débattues quand le libéralisme n’avait pas encore triomphé, il vaudrait mieux les aborder de front pour pouvoir faire ensuite dans la nuance.
    Si c’est un désarmement ou une déclaration d’indifférence que vous espérez, vous risquez d’être déçu. La question est lourdement idéologique et a vu d’homme vous ne pourrez jamais convaincre nos adversaires qu’elle est simplement technique. C’est le fondement de leur idéologie qui est mis en cause.
    Là, comme ailleurs, construire un rapport de force suffisant devient urgent.

    1. Quelques avis de noms connus , dont Attali et Colmant sur le Brexit :

      https://francais.rt.com/international/22685-brexit-7-cavaliers-lapocalypse-francais

      Pour mon propre compte, je vois là effectivement un des soubresauts qui vont secouer le monde pour aller , dans le meilleur des cas , vers des prises en compte mondiales d’une économie vraiment politique débarrassée de l’idéologie ultra libérale , d’un nouveau modus vivendi entre peuples , de la prise en compte réelle de l’état de la planète ailleurs que dans des COP, d’une police internationale légitimée par les accords mondiaux, d’une maîtrise démocratique réelle des outils informatiques et/ou financiers..

      C’est la version souriante . La plus difficile . Avec des épisodes contraires très violents . Mais y a-t-il d’autre issue ?

      1. “C’est la version souriante”. Mais non, c’est du rêve , irréaliste, improbable.
        La sortie de la Grande-Bretagne n’est pas un événement important en soi. Bruxelles et les autres ( Hollande, Merkel, et ceux dont François Leclerc se fait le chroniqueur) ont montré qu’ils n’ont rien compris.
        Le Bruxelles actuel est le problème, il ne peut pas détenir de solutions autre que cosmétiques. On peut même imaginer qu’ils vont s’enferrer vers plus de ce que les électeurs rejettent. Un chef de bureau de sous préfecture ne peut pas muer en homme politique.
        Il existe des critères pour juger de leur créativité:
        L’abandon du dogme de marché omniscient.
        L’intégration du domaine social dans les compétences européennes, avec un alignement progressif sur le mieux disant dans une question sociale précise.
        La création d’une fiscalité européenne unique et redistributive au niveau des régions.
        L’affirmation d’une Europe puissance faisant échec au chantage ( Turquie actuellement) et aux pressions de la Russie et des USA, démantèlement de la portion américaine de l’Otan en Europe, ou dit autrement construction d’une défense européenne sans les USA.
        etc…
        Mais le plus sûr est le vide d’idées et de réalisations.

      2. Je n’ai pas trouvé de site donnant des résultats détaillés , alors je résume ma lecture du résultat du referendum anglais à:

        Abstention :27,80
        In: 34,73
        Out: 37,47

        Je ne sais pas comment et où sont éventuellement comptabilisés les blancs ou nuls .

      3. @Daniel :

        Le problème , ça n’est pas Bruxelles ou l’Europe . Paul Jorion a synthétisé notre problème comme étant l’association des trois composantes du Soliton , que je ne rappellerai pas .

        Dès lors , le sujet intéressant est plutôt en quoi l’Europe n’est pas ou pourrait être un élément des solutions . Jusqu’à ce jour , elle a brillamment raté son rendez vous avec l’histoire mondiale .

        Mais l’histoire continuera ou pas , sans elle ou/et avec elle .

        Il parait que notre hôte a deux fers au feu , un Varoufakis et un Pékin .

        Trois , avec le blog et le “porter à connaissance” .

  3. Brexit : un échec de la religion féroce qui n’ouvre pas de perspectives, par Michel Leis

    Parce que vous voudriez des perspectives? Et quoi encore. La période est fascinante, ce qui ne veut pas dire qu’elle soit prometteuse.
    L’histoire à peine, et enfin!, se réveille.
    Et son rythme n’est pas celui de nos vies individuelles.

    Pour les perspectives, il est urgent d’attendre.

  4. Je voulais remercier tous ceux qui ont pris leur plume électronique pour réagir à mon dernier texte. J’ai été très touchée par tous les commentaires.

    De son analyse de l’état du monde, le blog de Paul Jorion construit les solutions futures à mettre en oeuvre, une fois la prise de conscience élargie à un seuil critique.

    Si une impatience se manifeste, c’est de la vision de tous ceux qui pris dans la nasse de l’urgence, ont besoin que le changement advienne plus rapidement.

    Il y a ceux qui peuvent attendre, et les autres. Ce décalage fait parfois advenir le découragement. Heureusement ceux qui écrivent sur le blog, et les lecteurs de ce blog, ne cèdent pas à ce découragement, et les commentaires entre les lecteurs contribuent à continuer à avancer. Donc, merci à vous tous !

    Hier j’ai rencontré Bernard Friot, Voilà, j’ai cette chance, je me ballade à la fête de l’huma à Nice et je croise Bernard Friot, et il me serre la main, et on discute assis sur un muret de pierre.

    Il me disait que le capitalisme mettrait du temps à disparaître.

    Et c’est ça qu’il faut accepter, d’oeuvrer pour quelque chose qu’on ne verra pas advenir de son vivant.

    En attendant continuer à s’informer, à se cultiver au jardin de Paul Jorion..

    1. Ce qui veut déjà dire que les commentateurs et lecteurs ne se découragent pas de cotiser !

      A propos , est ce que Pascal avait réglé ses consommations avant de quitter le bar ?

      On devrait demander à Bill Gates , dont je viens d’écouter un interview sur France 2 , d’apprendre le français pour lire le blog et y trouver des idées … Il semble d’accord avec l’idée “française” de taxation sur les transactions financière, et partisan d’un capitalisme “régulé” .

    2. Si l’espèce disparaît le capitalisme aussi, cette composante essentielle de notre civilisation a ses quelques bénéfices et ses énormes inconvénients, l’impérialisme a sa logique et ses mécanismes, la disparition du plus faible (faible dans la logique capitaliste parallèlement à la logique de la décence commune) en est un, restera t-il les riches après le déluge? Peut-être, le capitalisme aurait alors de nouveaux modes d’exploitation mais cette logique capitaliste est ancrée et enfouie au fond de nous-mêmes, nous sommes de foutus capitalistes rien qu’en payant nos impôts à cette foutue république pire que bananière dans cette union européenne foutue, personne n’est foutue d’arranger les choses si ce n’est chacun de nous, mais les habitudes sont prises. Dans les Particules Élémentaires Michel Houellebecq pointe excellemment cette composante de notre civilisation, une fois qu’un type de comportement est adopté par une population au bout d’un moment même si le monde évolue cela ne parvient pas tout de suite à la conscience et l’humain civilisé (qu’il évolue en meute ou en troupeau) ne peut agir en assimilant les données car raisonne selon les préceptes qui lui ont été inculqués; il faudrait bien plusieurs siècles avant qu’emerge une nouvelle civilisation. La destruction de l’environnement et de l’homme est intrinsèque au capitalisme, il survivra jusqu’à sa chute, l’impérialisme est un leurre le stade suprême du cacapitalisme c’est le suicide, quand le plus taré a tiré sur tous les ratés et qu’il ne reste plus rien.
      Subotai, je ne sais pas si le roi a une petite quequette et pas de couilles certainement non plus!

      1. Au mieux, il faudra donc beaucoup de temps avant que le capitalisme soit de l’histoire ancienne, pour se débarrasser de nos habitudes et devenir pleinement citoyen, ne plus payer des impôts qui servent à endoctriner la jeunesse (orthodoxie libérale) et financent l’armement (donc aussi l’ia), au pire le capitalisme disparaitra avant le 22ème siècle en même temps que l’humanité. Les représentations changent, pour les Grecs les petites bites symbolisaient la virilité aujourd’hui ce n’est plus le cas. Si les lecteurs ont repris courage après avoir lu Le dernier qui s’en va éteint la lumière tant mieux Mad Max pourrait dire qu’ils ont des couilles, d’autres en ont en or, cela leur permettra t-il de perdurer encore?

      2. Les dames vont avoir du mal à se reconnaître dans votre vision du monde .

        Des hommes aussi , d’ailleurs .

      3. Le féminisme ne peut s’affirmer vraiment que dans l’anarchisme, il y a autant de féminisme qu’il y a de femmes, c’est l’accomplissement de soi qui conditionne nos actes et puisque votre remarque met en avant le genre féminin pour affirmer qu’il ne peut adhérer à cette vision du monde vous pouvez aussi rappeler cette égalité des visions du monde, étendue au vivant, afin que chacun trouve sa place dans le monde, mais gardons nous de raisonner toujours en macro, quand vous dites “les dames”, c’est un grand ensemble hétérogène d’autant plus que vous y joignez des hommes avec, donc ce n’est pas une question de genre.

  5. Le Brexit n’est pas encore acté. Pourquoi comme je l’ai entendu à la radio vendredi matin à ma grande stupéfaction M Cameron annonce qu’il va démissionner au mois d’octobre ?
    En outre qu’est ce que le RU sans l’Ecosse ?….

    https://blogs.mediapart.fr/lefrancois/blog/260616/brexit-pas-si-sur

    http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2016/06/25/brexit-regret-des-britanniques-dechantent-et-regrettent-deja-d-avoir-vote-leave_4958123_4832693.html

    Yanis Varoufakis envoie un message de rassemblement aux démocrates de tous pays britanniques inclus .
    https://diem25.org/a-propos-du-resultat-du-referendum-au-royaume-uni/

  6. @ Isabelle Joly.
    Aussi, peut-on se demander en tant que lecteurs, pourquoi, intéressé par vos textes, Paul Jorion choisit de les partager… Se pourrait-il que vos histoires, vos réflexions, enfin, la manière dont vous ressentez les choses, entre également en résonance avec d’autres réflexions qui sont écrites ou reprises sur son blog ?
    Je pense essentiellement à Annie Le Brun, mais aussi, à John Maynard Keynes.
    Oh, cela vous semble probablement bizarre….. mais après réflexion, en remontant assez loin….. c’est à dire jusqu’aux origines du libéralisme, en tant que philosophie politique issue des Lumières, et ce qui s’en suivit particulièrement d’un point de vue philosophique et économique, il se dessine une fois les réflexions rassemblées, une ligne conductrice que j’associe à la dualité humaine résumée en une étrange formulation : “Il est peut-être plus difficile à l’être humain d’exposer sa part de lumière plutôt que celle d’ombre…”

      1. Ah bon… Vous me surprenez Juannessy!
        Cette phrase ne me paraît pas si difficile à traduire. Isabelle Joly : « Il est peut-être plus difficile à l’être humain d’exposer sa part de lumière plutôt que celle d’ombre… »
        Autrement dit, il est peut-être plus difficile à l’être humain d’énoncer clairement sa pensée plutôt que de manifester celle-ci confusément.
        La part d’ombre l’emporterait donc sur la part de lumière, parce que l’être humain parle sans savoir ce qu’il dit et, au fond, ne dit pas ce qu’il sait…
        Et pour le coup, le fait que vous affirmez avoir « tout bien compris » pour ce qui est du reste me laisse un peu perplexe, alors que je n’ai encore rien révélé du pourquoi du comment de ma pensée… : )

      2. Disons que j’ai mieux compris l’énoncé que la démonstration, où sont cités Annie Lebrun , Keynes, le libéralisme , la philosophie politique , l’économie , les lumières .
        Bref , ça me donne le sentiment que , comme Piotr , il y a quelque chose que vous n’arrivez pas à dire .
        Mais il y a des jours où je fatigue, et c’est un peu le cas ce soir !
        Bonne nuit , où tous les chats , eux aussi , sont gris .

      3. Isabelle Joly : « Il est peut-être plus difficile à l’être humain d’exposer sa part de lumière plutôt que celle d’ombre. » Puis elle ajoute « Peut-être mourrait-il tout simplement d’ennui. »
        Nous suggère-t-elle qu’un être humain qui s’imposerait constamment comme seul mode de pensée, un rapport au monde qui entend rendre raison de tout, le conduirait inexorablement vers un mortel ennui… Comme le Soleil se mourrait d’ennui sans la Lune, la lumière sans l’ombre, la conscience sans l’inconscience…
        Isabelle joly nous indiquerait donc à sa manière qu’il y a autre chose que la raison, et qu’une dimension humaine fondamentale échapperait à celle-ci : la sensibilité que la raison pure ne saurait expliquer…
        Voici maintenant, un extrait d’un article de Jean-Luc Nancy : « La raison ne suffit plus ». Ce point de vue plus philosophique, expose d’une certaine manière, selon moi, un lien entre la réflexion d’Isabelle Joly et les origines de cette fissure issue des Lumières.
        Jean-Luc Nancy : « Les Lumières portent en germe leur instabilité : l’invention du bonheur, dont l’une des manifestations au XVIIIe siècle est le libertinage, va aboutir à Sade ; le plaisir esthétique, le beau finit par être débordé par le sentiment non rationnel du sublime… Enfin, il conclut : « La pensée, depuis 200 ans, c’est pour l’essentiel la pensée de l’au-delà, de ce qu’il y a derrière l’existant ou au fond de lui, et que n’envisage pas la raison suffisante. À commencer par la mort, qui est le grand impensé des Lumières : chez Spinoza, qui les initie, chez Kant, qui les clôt, la mort est totalement absente ; c’est sans doute l’un des points les plus déroutants du rationalisme que d’avoir suspendu la question de la mort. » La mort est-ce le grand problème qui nous fascine ici ? (fin de la deuxième partie)

      4. @ Juannessy
        Vous n’y êtes pas encore tout à fait, mon cher. Mais on y est presque!
        Vos très intéressantes citations insistent sur la mort comme évènement auquel aucun homme, aussi grand soit-il, ne peut échapper. Or, ce n’est point de la mort, comme cul-de-sac de la pensée dont je veux parler ici, mais de l’effet de la nouvelle dimension fascinatoire du blog de Paul Jorion.
        Fascination « à double tranchant » : celle qu’évoque Isabelle Joly (j’y reviendrai plus loin), et celle que caricature jicé par « La fascination pour le cadavre ».

        « Rien de nouveau sous le soleil ? »

        Eh bien si : le regard fasciné de milliers de lecteurs devant cette question posée par Paul Jorion « QUI ÉTIONS-NOUS ? ».
        Isabelle Joly fait ressortir cette fascination, à sa façon : « Comme des animaux aveuglés par les phares de voiture, on est paralysés par cette fin du monde annoncée. »
        Pour ma part, je dirai que le lecteur se retrouve comme devant une éclipse, quand la Lune masque le Soleil, ne laissant qu’un spectaculaire anneau de lumière.
        Mais c’est en gros là où en était, au premier matin de l’humanité, Adam cherchant à savoir ce qui se passe dans sa vie, tout autour de lui, dans son jardin, croyant que le Soleil l’accompagnerait pour toujours. Depuis, l’être humain a beau chercher partout et à tout prix la vérité, à la fin, il sait qu’il ne sait rien. Alors, à défaut de connaître avec certitude la réalité des choses, il essaie de restituer celle-ci par des représentations (comiques, dramatiques, tragiques, etc.) qui varient selon la personne, le lieu et l’époque.
        Puis quand chacun, chacune se retrouve un jour face à l’inéluctable réalité de la mort, viendrait enfin l’impossibilité de se mentir, trahir, fuir, se cacher derrière un arbre, un livre, un masque… que sais-je ? Que nous soyons « bons ou mauvais, beaux ou laids, riches ou pauvres, nous sommes désormais tous égaux dans la mort »…

        « la nuit tous les chats sont gris »

        Mais chacun sur son chemin continue de se faire tout un cinéma, et répéter avant de se retrouver à son tour au pied du mur : je ne sais pas de quoi vous parlez, vous avez votre façon de voir les choses, moi j’ai la mienne, etc.

        Michel Lambotte dit que ce qui l’a frappé dans le dernier livre de Paul Jorion, c’est sa toute première phrase :
        « L’espoir c’est une blague : ou bien on arrive à réparer, ou bien on devient fou. »
        Cette fascination dont parle Isabelle Joly, révèlerait-elle une volonté de faire disparaître les effets d’une faute ?

        (troisème et avant-dernière partie)

      5. @Memnon :

        Je suis flatté de pouvoir encore surprendre quelqu’un deux fois de suite !

        Je vais attendre la fin pour analyser le tout . Quel fascinant suspens !

        Si vous voulez signifier , entre autre ( car votre parole ressemble à celle de Moïse ), que le blog de Paul Jorion peut devenir le lieu d’une manifestation de type sectaire avec gourou et disciples grégarisés , le danger est réel mais l’attention que j’y porte aussi .

        Faîtes moi confffiianssse !!!

        D’ailleurs,radin comme je suis , mon indicateur de dérive possible au travers du montant volontaire des donations mensuelles , me vaccine contre cet aveuglement grégaire sinon “dans les phares de voiture” .

        Mais attendons la suite ( dont j’ai un peu de mal à penser que ça pourrait être aussi la fin ) .

        PS : Pour les chats , oubliez les , ça n’était qu’une association d’idée facile avec ombre et lumière . Mais je suis “fasciné” par les chats et les corbeaux , dont je ferais volontiers mes deux animaux ….totems .

      6. @ Juannessy

        Qui étiez-vous ?
        Qui étions-nous ?
        Qui était-elle ?
        Isabelle joly essayait de nous présenter la vie de façon honnête. Elle était fermement déterminée à faire ressortir les choses comme elles étaient, avec réalisme. En vérité, Isabelle était une tragédienne. Elle fuyait les illusions, et le pur divertissement. Avant tout, elle voulait être consciente de ses faiblesses et nous signaler les impasses où nous menaient l’ambition des uns et le cynisme des autres. Isabelle était une lanceuse d’alerte. Elle écrivait comme une personne menant un combat contre tout ce qui paralysait la vie. Chacune de ses chroniques en était un écho. Elle ressentait des joies et des souffrances. Sans aucun doute, elle cherchait un remède, une formule pour redonner « espoir en l’humanité ».
        Mais je sens, Juannessy, que vous commencez à faire des yeux tout rond.
        Alors Retour vers le Présent!
        Car ce qui est important n’est pas ce qui va arriver mais comment cela va arriver, puisque comme disait Keynes : «À long terme, nous serons tous morts. » Alors, si seulement ce que nous trouvons à dire en pleine tempête est : « une fois l’orage passé, la mer sera calme »… autant comprendre effectivement, que nous ne sortirons pas indemnes de l’orage annoncé si nous continuons plus longtemps d’ignorer les causes qui nous amènent à la catastrophe…
        Nous sommes perdus!
        Mais comment ne rien faire face au vent et la mer qui se déchaîne ?
        À qui ordonner « Silence, tais-toi! », pour que le vent tombe et que la mer se calme ?
        Comment ne pas voir que la raison de cet orage vient que nous engendrons notre propre perte par la façon spectaculaire dont nous nous détruisons nous-mêmes… « L’homme est une catastrophe pour l’homme! » Enfin… c’est dans la tempête, dit-on, que l’on reconnaît le marin.

        «Passons sur l’autre rive.»

        Il faut donc traverser la nuit, passer sur l’autre rive. Pour les peuples de l’Antiquité, la mer représentait le domaine de l’inconnu, du danger et de la mort.
        Et aujourd’hui, dans notre monde civilisé, nous avons fini par oublier la magie de la nuit presque totalement investie par la lumière.
        Walter Benjamin estimait que tout ne peut pas être éclairé, qu’il existe une vérité de l’ombre, de la nuit, dans laquelle il faut pouvoir ouvrir les yeux…
        On peut en effet, éprouver le sensation de se retrouver face à un autre monde, et voir ce que l’œil écoute quand le rêve silencieux se propage dans le sommeil.
        Comme l’écrivait Victor Hugo dans Les Contemplations, « chaque homme dans sa nuit s’en va vers sa lumière ».

        Mais devant cette dissolution de la conscience dans le sommeil, qui évoque bien la mort, l’être humain devient vulnérable en perdant la possibilité de surveiller ce qui se passe autour de lui. De là à dire que ceux qui désirent toujours tout contrôler, sont ceux qui ont peur de la nuit (debout), il n’y a qu’un pas.

        La fascination de l’humain pour la catastrophe qu’évoque Isabelle Joly l’amène donc, dans un second temps, à se poser la question de notre attitude devant la mort dans notre monde occidental. Cette fascination morbide qu’elle dépeint en citant les camps de la mort nous indiquerait une profonde division entre les gens qui ne sont fascinés que par le pouvoir, et ceux que la nuit fascine sachant pourtant, que ce à quoi on l’associe, peut toujours faire peur.
        On comprend mieux au fond, que ce qui se joue la nuit, c’est l’accès au désir qu’il nous faut apprivoiser d’une certaine façon, en raison du fait que justement la nuit devient le lieu de tous les possibles, mais aussi de tous les interdits.

        Isabelle Joly : « Les solutions existent, elles impliquent un changement des êtres humains qu’ils ne sont pas prêts, ou qu’ils n’ont peut-être pas envie, d’enclencher. »
        Elle propose donc de changer le comportement des individus pour sortir de cette impasse.
        Cependant, ce changement ne peut être atteint sans que nous comprenions la cause et la gravité des symptômes.
        Spinoza : « Les hommes se croient libres car ils ignorent les causes qui les déterminent. »

        Pour cela, je pense que pour changer nos comportements négatifs en vu de fins positives, l’être humain doit se soigner en traitant par des moyens naturels, la conscience par l’entremise de l’inconscient. Car on ne réussira jamais à moins de faire place nette à des robots-insectes, à censurer, supprimer complètement l’inconscient. Comme les messages subliminaux qui imprègnent directement le subconscient en passant outre les défenses conscientes ; il serait envisageable de modifier de mauvaises habitudes dites conscientes en passant outre d’autres habitudes dites inconscientes par des contre-dispositifs, comme par exemple transformer l’auto-hypnose douloureuse négative en une auto-hypnose vertueuse réparatrice, afin de « briller de sa propre lumière »…

        Enfin pour terminer, je laisse le mot de la fin à Jean-Luc Nancy : « Il faut aujourd’hui espérer de nouvelles lumières… d’une clarté différente. Notre conception de la raison doit nécessairement évoluer. Il faut l’étendre, la démultiplier, il faut déclore la fermeture entre raison et non-raison. Et je ne vois que deux façons de le faire. La religion la moins superstitieuse, la moins dogmatique possible, peut permettre à certains d’accepter ce qui nous échappe, en projetant une confiance, un salut, celui qui sauve du néant, de l’absurdité.
        L’autre voie, plus exigeante, c’est ce que j’appelle la pensée de l’adoration. Je suis de plus en plus « fasciné » par la révolution de la pensée opérée par le christianisme, qui a su, dans le monde romain, apporter une « consolation », un sens, à des hommes que les religions antiques ne suffisaient plus à apaiser… Ce geste, cette façon d’être au monde, c’est ce que je nomme l’ « adoration », ce qui reste du christianisme une fois qu’on a gommé tous ses aspects religieux et théologiques. je n’emploie pas du tout ce terme dans son sens religieux, mais dans sa dimension amoureuse ; c’est l’adoration qu’on adresse à quelque chose, à quelqu’un, à l’existence. Il ne s’agit ni d’attendre une réussite, un sens de ce monde, ni d’espérer qu’un autre monde, après la mort, apportera enfin des réponses. Adorer, c’est être dans ce monde, mais selon un certain esprit, c’est apprendre à accepter l’infinité du sens. Les Lumières ont voulu circonscrire le monde; Je pense qu’il faut l’infinitiser.

    1. Annie Lebrun, Keynes, le libéralisme, la philosophie politique, l’économie, les lumières…

      Bonsoir Juannessy. J’espère que vous avez passé une bonne nuit de sommeil. Je vais maintenant répondre à la question que je m’étais posé au début de mon premier commentaire :
      Se pourrait-il que les histoires d’Isabelle Joly, ses réflexions, enfin, la manière dont elle ressent les choses, entre également en résonance avec d’autres réflexions qui sont écrites ou reprises sur le blog de Paul Jorion ?

      Isabelle Joly, dans son introduction, souhaite analyser ce qui pousse les lecteurs à s’intéresser à ses chroniques, mais aussi à comprendre ce qu’ils viennent chercher sur le blog de Paul Jorion. Selon elle, leur intérêt ne découlerait pas d’un souci purement intellectuel, d’une préoccupation morale, politique, voire sentimentale, mais bien du désir de s’auto-hypnotiser par une fin du monde annoncée. Isabelle Joly utilise, à juste titre, le mot “fascination” pour exprimer donc le fait, que la raison ne suffit plus pour analyser ce qui nous attire « comme des animaux aveuglés par les phares de voiture… »
      Isabelle Joly touche effectivement du doigt un problème qui nécessite toute notre attention, en tant que lecteurs du blog… n’est-ce pas ?
      Voilà que quelque chose oubliée, au fond de nous, nous fascinerait et échapperait à notre raison ?
      Ah! C’est l’heure du diner. (fin de la première partie)

      1. @Memnon:

        Bon , c’est un peu plus clair , et je pense comprendre d’autant mieux que j’ai dormi ( mal) deux nuits depuis le début de notre échange .

        Je commence surtout à comprendre où vous semblez vouloir en venir ( et vous vous êtes peut être déjà) grâce à la deuxième partie .

        Mais c’est en gros là où en étaient Cro-Magnon et Néanderthal ( et peut être davantage ) bien avant Abraham ,Jésus Christ , Mahomet et quelques autres .

        “La mort , comme le soleil , ne peut se regarder en face”
        “Rien de nouveau sous le soleil ?”
        Si , sous le soleil , il y a la lune , la nuit et Isabelles Jolies !

        ( et les crampes qui m’empêchent de bien dormir ).

      2. Ô, comme il nous plait de penser que tout ici est écrit en présence et sous les auspices de l’Etre Suprême

  7. Finalement les british ont cette faculté à piquer ce qu’il y a de plus profitable pour leur égoïsme nationaliste dans l’ultra libéralisme ( la part assassine du “marché”) , et dans … l’anarchisme (j’adhère ou je divorce comme je veux ) .

    Comme je récuse cet égoïsme porteur de mort, j’attends avec curiosité ce qu’il va advenir du “royaume” “uni” dans les mois à venir , mais je comprends que les plus efficacement visionnaires dans ce qui voudrait rester une île , aient des sueurs froides un peu désespérées .

  8. La somme dépensée par les activités illégales dépasse les budgets des états

    Un peu de sérieux, queue diable ! Admettons que pour la France les 3 milliards de la prostitution aient versé de fait du coté obscur de la loi mais, pour ne prendre qu’un exemple, le seul marché du whisky (scotch à 90%) y pèse sensiblement autant que le marché de la drogue avec ses plus de 2 milliards. Ok on est de loin les plus gros consommateurs au monde de ce poison écossais, mais sur ces 2 milliards l’Etat en ramasse 1,6 (85% de taxes sur un poison écossais – et même plus européen – à 13 euros, infiniment moins sur un single malt à 80…).
    Globalement les activités criminelles (hors fraudes fiscales) sont estimées entre 2,5 et 5% du Pib mondial, les deux tiers étant recyclés.
    https://www.unodc.org/documents/data-and-analysis/Studies/Illicit_financial_flows_2011_web.pdf

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