Le mystérieux coup de force au FMI en avril 2010 (avis aux Sherlock Holmes amateurs du mois d’août…)

Ouvert aux commentaires.

Voilà de quoi il s’agit : il y a un mystère à résoudre. Je fouine et j’avance mais il faut être plus nombreux, alors si vous avez du temps à perdre (qui est du temps à gagner pour le genre humain of course) et que vous lisez l’anglais, travaillons tous ensemble à percer ce mystère.

Quelque chose s’est passé au niveau de la direction du Fonds monétaire international en avril 2010 qui mérite éclaircissement et tous les éléments – me semble-t-il – sont maintenant réunis.

1° Ce dont il s’agit, je crois l’avoir bien expliqué dans une de mes chroniques du Monde en juin 2013 (vous la trouverez ci-dessous).
2° Le document dont je partais, Greece : Ex Post Evaluation of Exceptional Access under the 2010 Stand-By Arrangement International, IMF Country Report No. 13/156, June 2013, vous le trouverez en cliquant ici.
3° Quant au complément d’information disponible maintenant, The IMF and the Crises in Greece, Ireland, and Portugal, vous le trouverez en cliquant ici.

Des documents n’ont pas été communiqués au Bureau d’évaluation indépendante du Fonds monétaire international, des personnalités interrogées se taisent, etc., mais j’ai le sentiment que nous en savons assez pour reconstituer le cours des événements et découvrir qui a pris et pour quelles raisons des décisions vitales au FMI au printemps 2010, en-dehors des procédures normales, et dans le secret.

Amateurs de devoirs de vacances, tenons-nous informés ici : je sens déjà que nous brûlons !

LE MONDE, La “troïka” à hue et à dia, lundi 17 – mardi 18 juin 2013

À la mi-mars, un étrange incident retenait l’attention de la presse financière : la Troïka, la force d’intervention chargée d’expliquer aux pays en difficulté de la zone euro ce qui est attendu d’eux en échange d’un plan de sauvetage financier, se clivait. Cette tripartite composée de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI) laissait en présence deux camps antagonistes composés, d’un côté du FMI, de la BCE et de l’Allemagne, et de l’autre, de la seule Commission européenne. On lisait dans le Financial Times en date du 17 mars, ces propos étonnants : « Arrivé à ce point […] la Commission [européenne] avait perdu toute crédibilité à Berlin ».

La publication, le 20 mai, par le FMI, d’un rapport d’évaluation de la politique adoptée durant deux ans à l’égard de la Grèce (*), constitue un second épisode de la guerre intestine qui déchire désormais la Troïka. Témoignage de la profondeur du fossé qui s’est creusé, la réaction violente d’Olli Rehn, économiste en chef de la Commission européenne, exprimant son « désaccord fondamental » avec les conclusions du rapport.

Bien que recourant aux euphémismes d’usage, les reproches qu’adresse le FMI à la Commission européenne sont en effet dévastateurs : incompétence, amateurisme et, plus sérieusement encore, complicité de deux poids lourds jouant contre leur propre camp, tirant parti du rapport de force en leur faveur pour faire payer les pots cassés, non seulement par la Grèce, mais aussi par les pays situés en-dehors d’un axe Berlin-Paris, et par le contribuable européen en général et ceci, au bénéfice exclusif des établissements financiers.

Ce qu’affirme le rapport du FMI pour qui sait lire entre les lignes, c’est que l’Allemagne et la France laissèrent pourrir la situation pour permettre à leurs banques de récupérer les prêts « accordés à la Grèce », l’ardoise étant réglée par la Banque centrale européenne devenue « banque de défaisance » ou « bad bank » comme disent plus crûment les Anglo-Saxons, c’est-à-dire, réglée à l’arrivée par le contribuable européen. Pour que le mistigri puisse ainsi être passé, le FMI a dû contrevenir à ses principes en avançant des fonds à un emprunteur incapable de jamais les rembourser. La justification de la Commission européenne : un « risque systémique exceptionnel », autrement dit, d’effondrement global qui, comme le note amèrement le rapport : « … continua semble-t-il d’être invoqué à chaque réexamen de la question, en dépit du fait que le risque de contagion se réduisait à mesure que la dette souveraine grecque migrait du secteur privé vers le secteur public ».

Selon la Banque des règlements internationaux, au 1er octobre 2010, le bilan des banques allemandes était grevé de dette publique grecque à hauteur de 19,2 milliards d’euros, celui des banques françaises à hauteur de 14,4 milliards et, secteur commercial et public confondus, de 50,6 milliards d’euros pour l’Allemagne, et de 67 milliards pour la France, représentant, à elles seules, 58,1% du total. Le temps passé en tergiversations, interprété par une opinion publique distraite comme une simple marque d’amateurisme de la Commission européenne, avait en réalité pour but de permettre aux banques allemandes et françaises de se délester de ces actifs dévalorisés auprès de la BCE.

Plus de deux ans ont été perdus avant que n’intervienne la restructuration de la dette grecque en février 2012, affirme le FMI. Piqué au vif, Olli Rehn ne peut s’empêcher de rejeter le blâme adressé à la Commission européenne sur l’axe Berlin-Paris, déclarant : « Je n’ai pas le souvenir que Dominique Strauss-Kahn ait appelé de ses vœux en début de période une restructuration de la dette grecque, je me souviens distinctement par contre de Christine Lagarde y étant opposée ». L’époque dont il parle, c’est l’année 2010 : Dominique Strauss-Kahn était alors à la tête du FMI, Christine Lagarde était ministre française de l’économie, des finances et de l’emploi.

Visée dans ce récent rapport du FMI, pourquoi l’Allemagne avait-elle alors conclu à la mi-mars, dans l’affaire de Chypre, une alliance avec celui qui la montre aujourd’hui du doigt ? Parce que l’Allemagne imagine que sa tactique est passée inaperçue et que les commentateurs se contenteront, à l’instar de ce qu’ils font depuis plusieurs années, d’expliquer le comportement de l’Allemagne comme conséquence du seul souci de Mme Merkel de se retrouver à la tête du gouvernement qui résultera des élections législatives du mois de septembre.

Qu’émerge-t-il de tout cela ? L’image d’un axe Berlin-Paris faisant marcher la zone euro au son de sa propre musique, sans grand souci des quinze autres nations qui la composent. La Grèce se trouve bien entendu au premier rang de celles-ci, victime expiatoire toute désignée en raison de ses crimes : exonération criante des grosses et des moyennes fortunes de toute logique fiscale, secteur étatique pléthorique et généreusement rémunéré, enfin, désinvolture non sans arrière-pensées dans la production des statistiques économiques du pays.

Le jeu « perso » de l’Allemagne et de la France aura coûté très cher aux autres membres de la zone euro, et mis le Fonds monétaire international en contravention avec ses propres principes, lequel vient de le signaler au monde entier, tout en rappelant discrètement aux deux intéressées qu’il n’était pas dupe de ce qui s’était passé…

============================

(*) Greece : Ex Post Evaluation of Exceptional Access under the 2010 Stand-By Arrangement International, IMF Country Report No. 13/156, June 2013

Partager :

38 réflexions sur « Le mystérieux coup de force au FMI en avril 2010 (avis aux Sherlock Holmes amateurs du mois d’août…) »

  1. Monsieur Jorion,
    Je n’ai pas trop le temps de me consacrer à ces recherches, cependant je me suis rappelé de cet extrait d’un documentaire sur la Troïka où un ancien Directeur Exécutif du FMI évoque, à priori, les événements dont vous parlez : https://youtu.be/jUz_j8z0Fb0

  2. Bonjour
    Il y a un grand silence sur les décisions possibles prises, pardon SOUHAITEES, par l’Imperium et son bras financier armé la FED + les acteurs privés concernés, GS, JPMC &co . Imaginer que tout s’est joué entre la troïka, la BCE, la Commission E, l’IMF et les forces de l’Axe – Paris/Berlin bien sûr!- sans se soucier des US, relèverait, à mon sens, d’une myopie irénique!
    J’ai rapidement survolé le rapport de l’ IEO sur la gouvernance de l’IMF sur cette période: il y a eu de la rétention d’informations de la part de certains services vis à vis des Directeurs du Bureau exécutif, et à l’intérieur de ce Directorat, certains des directeurs immédiatement concernés du fait de leur nationalité semblent avoir été plus égaux que les autres en matière d’accès aux informations…

    Bref, pour ceux qui veulent acheter le DVD , il n’y aura pas d’édition Collector, avec en bonus, les scènes coupées au montage, le making of, et les interviews des techniciens qui disent combien ils ont été heureux de travailler sur le film avec les stars.
    On peut toutefois essayer d’ aller allumer un cierge à St Snowden, ou à St Wikileaks ou à Ste Anonymous, on ne sait jamais!
    Cordialement.
    Steve

  3. Je vais poser une question hypothétique, sans rapport aucun avec ce dont nous parlons : un candidat à une élection présidentielle pourrait-il tirer parti durant sa campagne du fait que dans sa fonction présente, ou celle qu’il vient d’abandonner, il a fait prévaloir l’intérêt de sa patrie sur celui de l’institution qu’il dirige, ou dirigeait jusqu’à très récemment ?
    Ma réponse à cette question hypothétique serait Non, mais il y a peut-être certaines dimensions qui m’échappent.

      1. Moi non plus, je n’y crois pas deux secondes, c’est trop gros pour être vrai. Il suffit de se demander à qui a profité le crime : qui a touché le spread avant de se déssaisir des obligations.

        Je croyais que la justification du spread, c’est de payé le pôt quand il casse. Ca, aussi, je n’y crois plus. C’est la totale : le spread + les bonus, les sur salaires + la défausse à bon compte.

    1. Il y en a au moins un qui disait ouvertement que tous les matins il se demandait comment aider un pays (sa patrie ? pas sûr).

  4. Le jeu de l’Allemagne est trouble, celui de la France un peu moins, il s’agit de plaire à l’Allemagne. Encore que l’Allemagne est claire avec elle-même, alors que la France beaucoup moins. Ne s’agit-il pas de plaire au plus fort en faisant payer le plus faible afin de s’assurer une place de choix tout en restant dans l’ombre?

    1. Le jeu de la France (de son gouvernement) est aussi trouble que celui de l’Allemagne (de son gouvernement), son attitude n’a visé qu’à préserver mes intérêts de ses baques en sacrifiant ceux du peuple grec. De plus, ce sont 2 politiciens français qui étaient à la tête du FMI quand ces manipulations ont eu lieu, l’image de notre pays est donc largement écornée. Merci Strauss Kahn, merci Lagarde, parfaite illustration de la nocivité de la confusion régnante droite-gauche. Quand je pense que certains souhaitent un gouvernement d’union nationale …

      1. Un gouvernement national droite gauche laisserait plus de place à l’opposition, l’extrême au centre avec les risques que cela comporte. Quand je vois ce que je vois et avec ce que j’entends, aurai-je tort de penser ce que je pense…

        La religion féroce aurait connu un schisme, les riches dominent le monde, le monde est un champ de bataille, les riches ne sont unis que par intérêt. L’Europe qui devait permettre d’unir les forces est (re)devenue un autre champ de bataille, des luttes intestines affaiblissent et rompent la paix sociale afin d’affaiblir l’Europe pour en tirer profit et s’en sortir mieux dans la mondialisation. Le FMI et la Commission ne jouent pas dans le même cadre. Pour qu’un dirigeant du FMI devienne président dans un cadre national, il peut donc y avoir divergence d’opportunités.

      2. La Grèce est rentrée dans l’UE fallacieusement, son sort était scellé, Barroso and co les ont bouffés bande à part.

  5. Bonsoir à tous
    @vigneron: j’apprécie la concision décapante de vos interventions. Pourquoi vous faites vous aussi rare?
    @ Paul
    L’intérêt collectif se situe dans un autre ordre de grandeur. Lorsque Winston Churchill décide de ne pas faire évacuer Coventry, alors que Enigma a été hackée par les services de renseignement anglais, aidés des mathématiciens polonais ou tchèques,( à l’instant j’oublie, je m’en excuse) , il assume les 70 000 morts au profit de la victoire à plus long terme. Cela demande une forme d’esprit que je n’ai pas et suis donc inapte à juger. Rares son ceux qui peuvent porter un tel poids.
    Cordialement.

      1. Bonjour Vigneron
        Merci de me l’avoir signalé! C’est mieux ainsi. J’ai entendu cette histoire plusieurs fois dans ma vie, et l’ai aussi racontée, sans personne pour me dire qu’elle est assez éloignée des faits.

      2. Dire merci à vigneron c’est bien joli, mais faudrait surtout faire comme vigneron : vérifier les informations !

    1. Enigma a été décryptée grâce aux modélisations initiales d’un groupe de mathématiciens Polonais qui ont su, une fois leur pays envahi, passer le bébé à la France qui, a son tour, l’a refilé au Britanniques quand Adolf est venu faire joujou avec ses chars sur les plages de Dieppe.
      Cela a permis à Turing et à sa bande de Bletchley de gagner la guerre du chiffre. Un truc européen avant l’heure. 🙂

      Sur la collusion politico-financière, faut-il vraiment encore se poser des questions depuis que nous avons été éclairé par le premier ministre de la république : en matière de terrorisme “expliquer, c’est déjà excuser”.

      ite missa est.

  6. Le FMI est un machin politique dont les décisions résultent esentiellement du rapport de force entre ses participants. C’est dire que la montagne de papier assurant l’équité, le bien fondé, la régularité etc… ne pèse pas lourd.

    Le meilleur exemple est l’Ukraine: le FMI lui accorde un prêt important alors qu’elle ne peut y prétendre: Elle est en guerre, contre une partie de son propre peuple à qui elle tue 2 à 3 civils par semaine, que cette somme servira surtout à financer la guerre par des achats extérieurs, et elle a refusé de rembourser un prêt d’Etat, venu à échéance, de 3 milliard ( Euro/dollar ?) à la Russie.

    La situation économique de l’Ukraine est une longue descente dans la catastrophe et la corruption des puissants est généralisée. Les remboursement à terme sont raisonnablement impossibles.

    Là, un sérieux barrage de papiers a été soigneusement pulvérisé ou contourné.

    Le fait que la bonne nouvelle a été annoncée par le Secrétaire d’Etat en voyage à Kiev en dit long sur l’indépendance du FMI, considéré par le Treasury comme une simple extension de sa propre bureaucratie. (Moins cependant que la Banque Mondiale. Là, tout est estampillé USA.)

    Les sommes cumulées en cause sont plus importantes que celles engagées en Grèce. Le silence médiatique, en apparence du moins, de l’engagement en faveur de l’Ukraine laisse penser que l’objectif de “sauver” ce pays est unanime. Grosse différence avec la Grèce…

    1. Les sommes cumulées en cause [en Ukraine] sont plus importantes que celles engagées en Grèce

      Plaît-il ????
      Putin a déjà Trump pour nous en sortir des énormes de ce genre, il peut se passer de toi.

      1. Ukraine:
        mars 2015: plan théorique de 40 milliards de dollars dont 17,5 milliards de dollars du FMI, en plusieurs tranches, toutes conditionnelles selon les “progrès” réalisés. Les conditions ne concernent que l’Ukraine: réformes (libérales, dont privatisations) et lutte contre la corruption.

        Grèce:
        La comptabilité de la Grèce est un merdier incompréhensible.
        les infos sont peu claires. Il y a confusion entre le plan théorique et les prêts réellement versés. Prévisions théorique : “ses besoins de financement jusqu’à la fin de l’année 2018 ont été estimées à 85 milliards d’euros.” La part réelle et effective du FMI est beaucoup plus faible. On a l’impression qu’il verse une tranche pour pouvoir être remboursé sur une autre. Exemple: ” Quelque 10,3 milliards d’euros seront versés à la Grèce pour lui permettre de rembourser des factures accumulées, et notamment plus de 2 milliards d’euros à la BCE en juillet.” Titre du Monde,16.07.2015 : “La Grèce obtient un prêt de 7 milliards d’euros… pour rembourser d’autres prêts”.
        Les sommes effectivement libérées en faveur de la Grèce sont très faibles. En gros l’argent ne quitte pas les institutions…

      2. Il y a confusion entre le plan théorique et les prêts réellement versés.

        Le plan théorique ? Ce qu’est pas théorique mon cher c’est ce qui est dû au Fesf, au MES, aux Etats de l’Eurozone, au FMI et à la BCE soit beaucoup, beaucoup, beaucoup plus que ce qui a été prêté ou promis à l’Ukraine, et c’est sans compter le haircut de 2012, les pertes des banques européennes en 2010/2011 sur les titres (13 milliards rien que pour les françaises, non compris les 10 perdus par CASA avec Emporiki), ni bien entendu les fonds structurels.

  7. Bonjour,

    Les redifusions de l’éta : Blanchard il y a des années avait expliqué sur son blog ce que vous écrivez. Relation lu sur ce blog me semble-t-il.

  8. Si “Sherlock Holmes amateurs du mois d’août” est le sujet principal (?), alors ce post ne sera pas complètement hors sujet 😉

    Nous avons droit à un nouveau feuilleton de l’été qui s’appelle Pokemon Go… il s’agit de traquer et d’attraper des monstres dans des endroits les plus variés: plages, églises, salles de spectacles, trains…

    Je me demande s’il ne s’agit pas d’un remake du célèbre feuilleton radiophonique “La Guerre des mondes”, soutenu par les percées technologiques.
    Les monstres ne sont plus des ET agressifs… mais de gentils objets virtuels.
    Quand-même ! “On” nous fournit de quoi satisfaire nos besoins… inconscients !

    1. Selon quelques chercheurs le liens, « On » semble surtout être en cheville avec une puissante agence de renseignement, incitant par ce biais tous les joueurs à filmer l’intérieur de leur domicile sous tous les angles sous prétexte de jeu. Mais ceci est sans rapport avec le FMI.

    1. C’est pas ce qu’il laissait à penser hier.

      “The novelty of the circumstances was challenging and I haven’t the slightest doubt that the IMF’s involvement at the time was important and positive,” Mr Lipsky said.

      “Of course, there were things that didn’t occur as had been expected. That’s to be expected in those kinds of dramatic storms. The kind of criticism that says ‘the funds forecasts were inaccurate’… So what? We were in the middle of a hurricane.”

      http://www.theaustralian.com.au/business/mining-energy/john-lipsky-defends-imfs-role-in-handling-greek-debt-crisis/news-story/3aa2ce4a0a943264df26a57dbbbec5f5

  9. J’ai du mal à suivre avec la conclusion : pourquoi la manoeuvre de l’Allemagne et de la France aurait coûté beaucoup aux autres nations de l’Euro, sachant qu’au final c’est la BCE qui prend en charge le mistigri et que cette même BCE ne prélève aucun impôt ? S’il ne s’agit que de gonfler un bilan, où est le problème ?
    Quant à la Grèce, ses gouvernements successifs ont joué et perdu. Même si cela ne méritait pas autant de cynisme de ses créanciers, bien entendu.

  10. p. 18
    40 . Another controversial IMF decision with far-reaching consequences was taken in May 2010, to modify the framework for providing exceptional access to Fund resources.
    p. 19
    This framework had a procedural and a substantive component.35 The procedural component included: a process for early and regular consultations with the Board on progress towards reaching agreement on a program; the presumption that staff reports would be published; an assessment of the risks to the IMF; and an ex post evaluation within one year after the completion of arrangements (Box 1). The substantive component consisted of four criteria that a member had to meet to obtain exceptional access. In May 2010, the Executive Board, in approving the SBA-supported program for Greece, simultaneously approved the introduction of an exemption from the second of these criteria if a crisis presented a significant risk of adverse systemic spillover effects.

    41. Amending the second criterion to allow the “systemic exemption” was dictated by two considerations. First, it was a compromise to get all the key senior IMF staff members involved to back the Greek program before it was submitted to the Board for approval. While those who believed that Greece’s sovereign debt was sustainable did not think the criteria needed to be amended, those who thought otherwise wanted to signal their concerns about debt sustainability while preserving their professional reputation against pressure to agree to support an exceptional access program that did not meet one of the criteria. Second, the IMF’s
    p. 20
    Legal Counsel observed that making a special exception for Greece would violate the principle of uniformity of treatment;37 thus any revision must apply to all similar situations in the future.

    42. The way in which the second criterion was modified lacked transparency (de Las Casas, 2016). The proposal to change the exceptional access framework was embedded in the staff report for the Greek SBA request, and Executive Directors received no advance notice that such a change was forthcoming.38 While several Board members had noticed the two sentences tucked into the text on Greece’s overall adherence to the exceptional access criteria, few recognized the implications of the language until one of them raised the issue during the meeting. Otherwise, the decision would have been approved without the Board’s full knowledge. The intent of the exceptional access criteria, as originally designed, was to make the IMF less “vulnerable to pressure to provide exceptional access when prospects for success are quite poor and debt burden of the sovereign is likely to be unsustainable” by limiting the ”degree of discretion and flexibility” in the existing framework (IMF, 2002a). The decision of the IMF to participate in an exceptional access arrangement in an environment where debt was not sustainable with a high probability undermined the very purpose for which the exceptional access framework had been designed.

    1. N’est-il pas écrit là que les membres de la direction du FMI qui pensaient que la Grèce était insolvable et que seule une restructuration de sa dette faisait sens furent mis complètement mis sur la touche, pas même informés de ce qui se passait, et les règles modifiées dans leur dos ?

      Ecoutez, je suis peut-être complètement parano (ce n’est pas à exclure mais cela ne va pas de soi non plus) ou bien l’expression “coup de force” est-elle entièrement justifiée ?

      1. Et alors ? On le sait depuis longtemps ça que tout a été fait dans une urgence de convenance et que l’on a tordu le bras au board et ça ne nous dit pas les raisons, d’Etat ou pas, éventuellement cachées derrière l’argument affiché du risque systémique.

      2. Pour moi, pas de complot/signature à l’insu de leur plein gré, même si cela a failli être le cas.

        En résumé :
        De hauts fonctionnaires du FMI ont traficoté/fait traficoter par des petites mains le règlement pour avoir un compromis qui serait acceptable tant par ceux parmi eux qui pensaient que la Grèce était insolvable que ceux qui pensaient qu’elle ne l’était pas.

        Ceux qui pensaient la Grèce solvable voulaient ce traficotage pour préserver leur réputation quoi qu’il advienne dans le futur.

        Ce compromis atteint, tous les hauts fonctionnaires clés du FMI étaient d’accord entre eux. Ils ont refilé le texte au conseil d’administration sans les prévenir du changement, alors que la procédure prévoit que ce genre de changement doit être annoncé (visiblement pour que cela puisse donner lieu à débat entre les décideurs finaux du CA, et à décision du CA sur le changement ou non). Plusieurs membres du CA l’ont tout de même remarqué, mais seuls quelques-uns avaient compris les implications du changement. L’un d’entre eux a soulevé le point lors de la réunion du CA.

        Après, pas d’info sur la suite, juste du blabla sur la justification du pourquoi du changement. Comme la question a été soulevée lors de la réunion de CA, on peut légitimement conclure que, si ce changement est resté, c’est bien parce qu’il a été accepté, cette fois en connaissance de cause, par les membres du CA. Resterait à connaître le mode de prise de décision dans ce genre de matière (vote majoritaire, aux 2/3, consensus, unanimité, …).

  11. C’était le temps béni de l’étalon or. Le temps où les grands pays imposaient par la force le paiement des dettes aux petits pays.

    C’était le temps béni de l’euro. Le temps où les grands pays imposaient par la force le paiement des dettes aux petits pays.

    Rien de change et rien ne se transforme.

Les commentaires sont fermés.