Écrans, santé des enfants et résultats scolaires, par Pascal

Billet invité.

Malheureusement, si l’on connaît déjà certains impacts des écrans sur la santé des enfants et les résultats scolaires, personne n’en parle vraiment dans le grand public. Seuls les initiés : ceux qui fabriquent les produits, savent s’en protéger et protéger leurs enfants à titre préventif.

Protéger sa santé physiologique

Les écrans ne balancent plus des rayonnement comme les vieux tubes cathodiques mais posent d’autres problèmes :

–         la lumière bleue provoque des problèmes au niveau du sommeil, de l’humeur et des neurotransmetteurs impliqués dans la mémoire. La lumière bleue a des effets similaires au café au point que certains scientifiques envisagent des applications pour contrer les baisses de vigilance des conducteurs automobiles.

–         Rester longtemps statique devant un écran provoque des « troubles musculo-squelétiques »

Protéger sa santé psychique et le développement des enfants :

En 2009, Serge Tisseron, dénonçait déjà dans son livre « Les Dangers de la télé pour les bébés » la mise en danger des très jeunes enfants dans leur développement.

Le plus en pointe sur le sujet semble toujours être Michel Desmurget qui, avec son livre « TV lobotomie » essaye de nous alerter depuis 2011.

Petite synthèse faite par Philippe Gouillou dans son article « l’impact des écrans » qui date déjà de 2013.

Le grand problème c’est le manque de recul sur les usages et la consommation d’écrans : la TV à partir des années 60, l’ordinateur à partir des années 80 et les tablettes à partir des années 2000. Les jeunes enfants d’aujourd’hui sont confrontés à tous ces écrans dans un effet cumulatif. C’est un peu comme les pesticides, on ne connaît pas encore totalement l’impact cumulatif des écrans. Malheureusement, quand on pourra s’en rendre compte, nous ne pourrons que constater des générations sacrifiées.

Les chercheurs ont constaté une baisse régulière des résultats scolaires à partir d’une demi-heure de temps d’écran par jour.

Témoignage perso

Je suis instite et père de 2 enfants (14 et 11 ans). A la maison, il n’y a pas la TV et le temps sur écran est très encadré (c’est pas facile !). Ce choix pour plusieurs raisons. J’ai moi-même été « téléphage » jeune adulte à une période où j’étais mal dans ma peau et même encore maintenant je reste fasciné devant les images des écrans. Donc je me protège et espère protéger mes enfants. J’ai compris que l’information TV était un piège quand j’ai appris que la quantité d’information dans un JT d’une durée de 30 min était équivalente à l’information contenue dans ¼ de page du journal Le Monde. La TV n’est certainement pas un moyen d’informer.

Ma grande crainte était que mes enfants, qui n’ont pas non plus le droit de jouer en ligne, soient déconnectés de la réalité de leurs camarades. En fait, pas du tout, ils s’adaptent fort bien. Mon fils qui entre en 3ème a eu son téléphone l’an passé mais nous avons tenu, il n’a pas de smartphone contrairement à ses copains qui en ont un souvent depuis la 6ème.

Le plus grand avantage que je constate aujourd’hui, c’est qu’ils sont totalement (98% ?) imperméables à la culture Pub. Ils sont également protégés de la surmédiatisation des catastrophes, du terrorisme et de la politique. Par ailleurs, ils réussissent bien à l’école, apprennent chacun un instrument de musique, possèdent un bon niveau de langage et sont ouverts d’esprit. Bon, ils sont aussi saoulants parfois et on gère l’adolescence comme tout le monde, comme on peut.

Je rencontre d’autres familles (rares) qui n’ont pas la télé chez eux, mais chacun le vit de son côté. Ce choix de se protéger et de protéger ses enfants des écrans est souvent un choix familiale, une petite part de la population qui n’est pas visible. À ma connaissance, il n’existe pas de mouvements qui revendiquent de vivre sans TV et en contrôlant les écrans. Pourtant, il est presque certain que dans les milieux « grands bourgeois », des cadres supérieurs ou des intellectuels, cette démarche de protection est beaucoup plus présente que dans le reste de la population. Encore de quoi accroître la fameuse « fracture sociale ».

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