Les marchands de doute (2010) de Naomi Oreskes et Erik M. Conway (III) Les pluies acides

Un résumé de Les marchands de doute (2010) de Naomi Oreskes et Erik M. Conway (Le Pommier 2012), par Madeleine Théodore. Ouvert aux commentaires.

Au moment où le débat sur l’hiver nucléaire battait son plein, un autre apparaissait : celui sur les pluies acides. L’histoire débuta en 1955, lorsque le Département de l’Agriculture américain planta la forêt expérimentale de Hubbard Brook dans le centre du New Hampshire. Des scientifiques américains, et parmi eux Gene E. Likens, étudièrent l’écosystème de cette forêt et découvrirent, en 1963, des pluies acides en Amérique du Nord.

Hubbard Brook était situé loin des centres urbains et pourtant on y trouvait dans l’eau de pluie un PH extrêmement acide, jusqu’à 2,85, alors qu’un PH neutre est de 7, et que le PH d’une pluie est de 5, normalement.

Contrairement à ses prédécesseurs protectionnistes, comme Roosevelt, Rockefeller, Nixon, initiateurs des lois sur la propreté de l’air, de l’eau, des espèces en danger, et de la loi sur la politique nationale de l’environnement, Ronald Reagan allait éloigner le parti républicain de la préservation de l’environnement comme de la régulation environnementale. Cette position le plaça sur une trajectoire conflictuelle à l’égard de la science.

Des lois comme celle sur la propreté de l’air marquaient un double changement de perspective : d’une part on passait de la préservation des territoires à la prévention de la pollution au moyen d’une régulation gouvernementale scientifiquement fondée et d’autre part on glissait du local au global. Par ailleurs, on constatait que des gestes individuels qui semblaient raisonnables pouvaient avoir des conséquences déraisonnables pour la population : l’activité économique s’accompagnait de dommages collatéraux Cette prise de conscience incitait les gens à penser que le rôle du gouvernement devait changer. Les pluies acides étaient une question de dommage collatéral. En 1974, Likens écrivit dans la revue Science : des pluies et des chutes de neige acides tombent sur la plus grande partie du Nord-Est des Etats-Unis.

Le phénomène semblait avoir atteint Hubbard Brook 20 ans auparavant et il était dû à l’installation de cheminées d’usine de grande taille dans le Midwest. Les émissions de soufre et d’azote des usines électriques, des voitures et des industries pouvaient se mélanger dans l’atmosphère avec la pluie, la neige et les nuages, se déplacer sur de longues distances et affecter les lacs, les rivières, les sols et la vie sauvage loin des sources de pollution. La raison pour laquelle le phénomène pouvait survenir avec retard tenait aux conséquences inattendues de l’introduction de systèmes destinés à débarrasser les fumées des particules qu’elles contenaient et à réduire la pollution locale de l’air. Des cheminées de grande taille étaient censées disperser mieux la pollution, et des filtres à particules ou « brosses » avaient été installés dans les centrales électriques. Cependant des travaux montrèrent par la suite que les particules en cause avaient le pouvoir de neutraliser les acides, si bien que les ôter augmentait par inadvertance l’acidité de la pollution restante. Les particules ont aussi tendance à retomber sur le sol assez rapidement et ainsi les cheminées avaient accru la pollution régionale, transformant une suie locale en pluie acide régionale.

Les conséquences de l’acidification étaient troublantes : lessivage des nutriments du sol et du feuillage des plantes, acidification des lacs et des rivières, dommages à la vie sauvage et corrosion des bâtiments et autres constructions. Les arguments étaient spéculatifs mais les scientifiques trouvèrent des signes précurseurs de désastres au Canada, en Norvège, en Suède, dont un rapport fut publié par l’ONU, stipulant qu’une réduction des émissions à la fois en Suède et dans les pays voisins était nécessaire.

Des scientifiques du monde entier étudièrent ensuite les pluies acides. Pour prouver que le soufre contenu dans une pluie donnée provenait d’une source polluante bien identifiée, il fallait avoir recours aux isotopes. Ceux-ci confirmèrent l’origine anthropique du soufre dans les pluies acides. La population américaine en fut informée en 1979. Il y eut à cette époque l’instauration d’une Commission économique des Nations-Unies pour l’Europe qui adopta la convention sur la pollution transfrontalière grande distance. Les signataires imposèrent une réduction d’émissions de soufre de 30%.

En 1979, les États-Unis et le Canada publièrent l’annonce d’un accord officiel au sujet de la remédiation à la pollution transfrontalière. Le président Carter créa le Comité fédéral sur les pluies acides et entama des négociations avec le gouvernement fédéral canadien pour une coopération scientifique et politique. En 1980, Ronald Reagan accéda au pouvoir sur un programme de réduction de la régulation, de réduction du gouvernement fédéral et de la libéralisation du pouvoir de la libre entreprise. Des rapports d’experts mettaient en évidence les dégâts dus à la pollution mais la version américaine du constat faisait état de davantage d’incertitudes que la canadienne et, en 1984, le Congrès rejeta la proposition d’un programme commun de contrôle de la pollution. La plus grande part de celle-ci venant des États-Unis, ceux-ci devaient par conséquent prendre en charge l’essentiel de la dépollution.

En 1982, le Bureau de la Maison Blanche mandata son propre panel pour faire le point sur les pluies acides, alors qu’en 1981, l’Académie des sciences avait déclaré sans équivoque qu’il y avait des preuves claires de risques sérieux pour la santé humaine et pour la biosphère et que continuer comme si de rien n’était serait extrêmement risqué à long terme à la fois pour l’économie et pour la protection de l’environnement. Il fallait réajuster les normes d’émissions jusqu’à 50%. Le rejet des conclusions des experts les plus renommés consterna les milieux scientifiques et les agences de régulation.

Le directeur du panel était William Nierenberg, cofondateur de l’institut Marshall et défenseur de la SDI. Le panel de Nierenberg établit que les conclusions des groupes de travail techniques sur l’accord États-Unis-Canada étaient solides et approfondies sur le fond et que l’existence des pluies acides était suffisamment établie pour enclencher une action politique immédiate.

Un seul des membres du panel avait été choisi par la Maison Blanche. Il s’agissait de Fred Singer, personnage à l’interface de la science, du gouvernement et de l’armée. Les autres membres du panel avaient été convoqués par Nierenberg et faisaient partie de l’Académie des sciences. Singer suggéra que, malgré les conclusions du résumé pour décideurs, on n’en savait pas assez pour prendre des mesures de contrôle des émissions. Alors qu’auparavant il avait des préoccupations environnementalistes, il changea d’opinion entre 1970 et 1980. Il s’inquiéta du coût de la protection environnementale ; il croyait par ailleurs que l’innovation technologique favorisée par le marché nous sauverait.

En juin 1983, le Bureau de la Maison Blanche demanda au panel un rapport intermédiaire et un résumé des recommandations pour la recherche. Il était prévu par Nierenberg que des désaccords éventuels seraient mentionnés et qu’il n’y aurait pas d’annexe au rapport. La version provisoire du communiqué de presse était très virulente, insistant sur l’importance des émissions (25 millions de tonnes de dioxyde de soufre par an pour les Etats-Unis et le Canada), sur la nécessité d’intervenir immédiatement, et surtout sur les dommages à long terme, peut-être irréversibles, et ceux causés au sol, pouvant entraîner des effets en cascade sur la chaîne alimentaire.

Lorsque le rapport revint de la Maison Blanche, il avait été transformé, les paragraphes concernant les dommages à long terme avaient été retirés et la mention de la quantité de soufre émise avait été reléguée à la fin du rapport, contrairement à la première version. Concernant les recommandations, Singer avait proposé une alternative. Dans son texte, il stipulait que les émissions ne menaçaient pas la vie, qu’il existait une incertitude scientifique, que les technologies de contrôle étaient chères et peu fiables. Il recommandait un moyen terme : réduire les polluants par des démarches de moindre coût et observer les résultats avant d’entreprendre un programme plus coûteux.

Le rapport Nierenberg avait été envoyé à la Maison Blanche en avril et ne fut rendu public qu’en août. Times magazine suggéra que le vote du Congrès aurait pu être différent si le rapport Nierenberg avait été rendu public plus tôt. De plus, si les autres membres du panel s’indignèrent des modifications apportées, il apparaissait que la responsabilité de Nierenberg ait aussi été engagée par rapport à ceux-ci.

Il n’y eut pas de législation sur les pluies acides pendant le reste des années Reagan. En 1990, sous l’administration de George Bush, des amendements à la loi sur la propreté de l’air instituèrent un marché des émissions pour réduire les pluies acides. Le résultat de ce système fut de réduire de 54% les niveaux de dioxyde de soufre entre 1990 et 2007, tandis que le prix de l’électricité, tenant compte de l’inflation, diminuait pendant la même période. En 2003, l’EPA, agence de protection de l’environnement, informa le Congrès que le coût total de la réduction de pollution de l’air avait, au cours des 10 années précédentes, été de 8 à 9 milliards de dollars, alors que les bénéfices étaient de 101 à 119 milliards de dollars, soit plus de dix fois supérieurs. La science avait eu raison sur toute la ligne.

Cependant, en 2076, les érables à sirop seront éteints sur de vastes superficies de la forêt du Nord-Ouest. Les pluies acides viennent en premier sur la liste de menaces à la pérennité de la forêt. Le mécanisme de l’offre et la demande n’a pas été suffisant pour vaincre le mal.

La véritable question est de fixer un plafond et de disposer d’un mécanisme pour l’ajuster (à la hausse ou à la baisse) si des informations nouvelles suggèrent qu’il le faudrait. De plus, il y a tout lieu de croire qu’une approche directe du type : « J’impose et je contrôle » pourrait avoir de meilleurs résultats que l’approche « Plafonnements et échange » sur un aspect essentiel. La recherche montre en effet l’efficacité de la réglementation pour stimuler l’innovation technologique. Autrement dit, si on veut que les entreprises fournissent les produits et les services dont les gens ont besoin, le meilleur moyen – du moins en ce qui concerne la prévention de la pollution – semble être, paradoxalement, de le lui imposer. Le résultat peut même se traduire par des économies pour les compagnies.

La réglementation n’est certes pas le seul moyen de gouverner (le gouvernement peut investir dans la prévention, offrir des crédits d’impôts et des soutiens, ou faciliter les transferts de connaissances) mais elle reste le moyen le plus efficace, parce qu’une réglementation claire et rigoureuse crée un stimulus fort et continu pour l’innovation.

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41 réflexions sur « Les marchands de doute (2010) de Naomi Oreskes et Erik M. Conway (III) Les pluies acides »

  1. Bravo pour ces résumés et cette initiative.

    Comment « sanctuariser » un tel ouvrage et éviter sa récupération sur le mode « vous voyez qu’il y a toujours une communauté en butte à des négateurs », fût-elle sans vergogne la communauté dominante ?

    On est là au coeur des nouveaux sophismes, nous devons être les nouveaux Aristote (parce que les nouveaux Socrate, je n’ai pas la ciguë sous la main, et les nouveaux Platon, je laisse à Badiou) : voir clair à toutes les échelles…

  2. « voir clair à toutes les échelles »
    Le personnel poltique à très haut niveau est bien informé sur les changements dramatiques que l’on observe sur notre préciseuse petite perle (la terre). Mais il y a « les autres »…..
    et le risque de se heurter à des gens qui vous disent: vous ´les Européens, vous avez maltraîté la terre, l’atmosphère, pour augmenter votre confort, votre croissance économique. Nous on veut notre part, c’est à vous de faire des efforts.

  3. La découverte de pluies acides pendant l’hiver nucléaire ne pouvait mettre un frein au progrès. Le marché ou la réglementation: quoi de mieux pour innover alors que la malheureuse espèce douée de raison est au bord de l’extinction, qu’il a fallu une telle abnégation pour s’engager si promptement sur la voie du progrès pour en arriver à ce niveau d’évolution que nous savons maintenant que nous partageons nos gènes avec le vivant, l’espèce humaine n’est pas hors-sol et son profil colonisateur est conflictuel avec l’équilibre bio. Innover grâce à la réglementation pour lutter contre les effets néfastes du progrès dus au marché, vaste champ d’études; persister sur la même direction ou changer de voie, le pire est parfois l’entredeux, bien loin du juste et propre milieu.

    1. La réglementation là on l’attend le plus, dans l’exercice du monopole de la violence, n’ empêche t-elle pas une neutralité dans le rapport de force, qui pourrait être (aurait pu être) plus favorable dans la confrontation que dans la négociation. Le marché sans protection n’est pas ce que veulent les possédants, les possédés prennent moins de risques dans la déréglementation totale s’ils s’organisent (centre/périphéries) tant qu’ils ont encore un rôle. Le rapport de force déréglementé est une expérience de négociation ouverte qui aurait pu surprendre par son efficacité de remise à plat contrairement au double discours faussement neutre des représentants du système.

      1. Le rapport de force déréglementé est une expérience de négociation ouverte qui aurait pu surprendre par son efficacité de remise à plat

        Voui, par exemple des chemises noires, en guise de remise à plat, de mise au pli.

      2. Reagan se détourne de la loi naturelle et des préoccupations environnementales, le cadre ultralibéral se met en place. Les chemises noires, le service d’ordre, est bien sûr indispensable à l’ultralibéralisme. La naturelle régulation du marché a besoin de sécurité, seule fonction régalienne jugée indispensable.

  4. Sur la guerre des étoiles , j’avais eu d’autres éclairages sur les raisons de l’abandon :

    – il fallait être sur qu’une destruction d’ un satellite faisant partie du dispositif , soit un acte ennemi déclenchant une réplique instantanée depuis « les étoiles » sur l’ennemi « décelé » . Or notre tour de terre est devenu une telle poubelle où se promènent quantité de déchets aux trajectoires pas toutes maîtrisées , que cette certitude d’agression hostile ne pouvait pas être apportée , et que c’était un peu gênant de déclencher une guerre mondiale par erreur .

    – la précision d’un tir nucléaire ou laser depuis « la haut » n’était pas telle qu’on était pas sur de ne pas raser Berlin en visant Moscou.

    – Les Chinois n’appréciaient pas du tout une suprématie totale des US en matière de satellites tueurs , et ils l’ont fait savoir discrètement à l’oncle Sam en bousillant un de ses satellites au laser .Message aussitôt reçu 5/5 .

    Mais j’ai sans doute besoin d’une actualisation de mes infos .

  5. Pour résumer les changements de paradigme : 1) c’est grotesque (le tabac ne tue pas !) 2) C’est dangereux (il y a beaucoup d’emplois, d’argent en jeu) 3) C’est évident, vous étiez vraiment bête de ne pas voir cela! La stratégie des grands groupes et des états se superpose toujours dans les grands changements, et cela retarde de beaucoup les actions qui peuvent en découler. Cela permet de profiter un peu plus longtemps d’une mâne, sur le dos de la planète.
    Dans les combats en cours il y a les pesticides, le dragage en eaux profondes, le nucléaire, nos poubelles…

  6. Sur le grand bluff de l’IDS de l’administration Reagan:
    https://youtu.be/jLNE2ZeLcm0

    Sur la prétention idiote à l’invulnérabilité, aux dangers de bouleverser le fragile équilibre de la terreur, et sur le contournement qui fait partie de l’abécédaire de la stratégie:
    voire l’ancêtre du Status-6 russe et ses torpilles robotisées évoluant à grande profondeur avec des charges nucléaires de 100Mt dopées au cobalt 59 (au delà de 50 Mt, l’énergie d’un tir aérien est perdue dans l’espace, d’où ‘l’intérêt’ d’une explosion sous-marine à grande profondeur provoquant méga-tsunamis et irradiation massive).

    Sur la santé mentale de l’espèce:
    https://youtu.be/UvAd_dwKRwk

    1. Des vagues de 10 à 15 mètres de haut suffisent amplement à faire d’impressionnants dégâts et peuvent, suivant la topographie des zones littorales, pénétrer profondément à l’intérieur des terres (https://youtu.be/spg62-MrYpQ). La cartographie des fonds marins est également à prendre en considération, puisque la Russie dispose de la puissance de calcul suffisante pour modéliser la géométrie d’explosions multiples, aptes à générer des trains d’ondes orientés vers des reliefs sous-marins. Deux effets peuvent alors être recherchés, soit l’effondrement d’une partie du relief, soit à l’inverse, se servir de la paroi sous-marine pour amplifier les ondes de pression.

      Le second intérêt de torpilles robotisées (des missiles sous-marins en fait), évoluant à grande profondeur est de pouvoir contourner un éventuel bouclier anti-missiles basé sur des plate-formes terrestres, maritimes ou orbitales.

      Dans tous les cas, des systèmes d’armes qui ne nécessitent ni ruptures technologiques, ni budgets pharaoniques.

      La bonne nouvelle, c’est que le conservatisme de l’espèce tend à s’opposer à la réalisation de ce qui apparait comme délirant à une époque donnée (Foch : « L’aviation c’est très bien pour le sport, mais pour la guerre, c’est zéro. » Lord Kitchener, à propos des premiers tanks : « pretty mechanical toy ! ».)

      La mauvaise nouvelle, c’est que si une arme ou un système d’arme est réalisable, alors tôt ou tard, quelqu’un s’y intéressera sérieusement…

      1. Dix fois Tsar Bomba répartis sur des centaines de kms de ligne de faille à 9 000 m de profondeur. Une formalité quoi.

        In 2011, a magnitude 9.0 earthquake struck off the coast of Japan. The quake created massive waves that devastated three Japanese prefectures and caused a nuclear meltdown. The earthquake released a TNT-equivalent of 480 megatons of energy, spread along hundreds of miles of fault line 30 miles below the surface of the Pacific.

        Signé Boulant…
        http://teobois.tumblr.com/post/116490535265/vive-la-nouvelle-loi-sur-le-renseignement-par

      2. Sachant que :

        – la Russie possède un stock suffisant d’uranium hautement enrichi et de plutonium de qualité militaire, le savoir-faire industriel et technique, ainsi que les ressources humaines pour fabriquer des têtes dans la gamme des 50Mt et au-delà,

        – que les points zéro se trouveront tous sur les plateaux continentaux, et non dans les fosses abyssales, et qu’il ne s’agit en aucun cas de viser des failles tectoniques,

        Sachant également que :

        – contrairement à l’espace aérien et extra-atmosphérique, il n’existe aucun système connu à ce jour, capable de cartographier la trajectoire de multiples porteurs sous-marins dans le cas d’attaques saturantes,

        – qu’à l’inverse des coques noires recherchant la discrétion acoustique et électromagnétique, de tels missiles sous-marins généreraient un tel niveau de bruit que les différents senseurs seraient saturés,

        Sachant surtout que :

        – les Russes ont clairement annoncé à plusieurs reprises qu’ils ne laisseraient pas les États-Unis neutraliser par des boucliers anti-missiles leur arsenal nucléaire,

        Il est donc permis de déduire qu’ils mettront tout en œuvre pour contourner un tel bouclier si celui-ci venait un jour à exister.

        Sans être dans le secret des dieux, il est possible d’affirmer à ce jour que les systèmes GBI américains de l’Army et de l’Air Force, ainsi que les ABM SM-3 de l’US Navy sont absolument incapables de faire face à une attaque saturante de véhicules d’entrée atmosphérique mirvés, évoluant au milieu de nuages de leurres.

        Mais même si personne ne peut en définir le terme, cet équilibre de la terreur basé sur le couple ICBM/SNLE finira un jour par être dépassé (par la mise au point d’armes à énergie dirigée sur plate-formes spatiales par exemple). Dès lors la folie rationnelle qui nous caractérise veut que nous nous intéressions à toutes les possibilités de contournement. C’est ce que font les russes (et pas qu’eux).

      3. Quand on n’a plus les moyens de participer au débat d’idées, on s’attaque à l’homme ? Et douillettement caché derrière l’anonymat d’un pseudonyme…

      4. Désolé, j’suis pas conseiller spécial chez Pizza-Speed, Pentagone et NSA.
        Mais j’écoute pas les imposteurs, surtout les conseillers spéciaux.

      5. L’insulte comme dernier recours lorsqu’on ne sait plus argumenter. Penseriez-vous votre ego en danger cher inconnu ?

      6. ça cliquette !…

        Je propose une guerre des étoiles à l’ancienne :
        demain 7 heures sur le pré , ou dans la cour jardin de Paul Jorion .

      7. Le débat d’idées m’intéresse et tous les argumentaires, à minima étayés, peuvent s’entendre. Mais si le seul but est de provoquer par sa grossièreté et son agressivité les participants du blog, de démolir plutôt que de débattre, alors nous ne sommes plus dans le débat d’idée mais dans le concours d’egos.

        Même si je vous concède bien volontiers qu’un tel concours est moins dangereux derrière un clavier qu’avec un volant entre les mains sur l’autoroute, il n’est nulle part écrit dans le règlement de copropriété du blog, qu’y participer est obligatoire. Ce sera donc sans moi.

        Je vous remercie de votre compréhension.

    1. « Je propose une guerre des étoiles à l’ancienne :
      demain 7 heures sur le pré , ou dans la cour jardin de Paul Jorion »

      Décidémment, mais c’est une manie sur ce blog…
      MAIS est-ce que M Jorion est d’accord pour que ces messieurs aillent faire un duel aux aurores dans son jardin ?
      Tranquille basile, tout le monde prend ses aises…….

      « Qu’est ce que tu as prévu toi demain ? »

      « Oh chai pas , j’me disais : tiens si on allait se faire un petit duel dans l’jardin à Jorion à l’aube ? »

      « Ah, ben oui, t’as raison, faut pas qui s’ennuie tout de même…et pis, le matin , rien de tel pour se réveiller qu’un petit échauffement à l’épée non ?

      https://www.youtube.com/watch?v=3g-g2yYR6Jk

  7. De façon plus courante , les études d’impact , ou les « classements » internationaux , ou les « enquêtes d’opinions et sondages » .. sont des occasions où la méthode et la pertinence de  » l’étude » sont à interroger .

    De mes propres expériences comme responsable d’étude ou décideur en fonction des études reçues , j’en étais arrivé à prêter attention à quelques grandes règles pour ne pas dire ou faire trop de conneries :

    – s’assurer dans la limite de ses propres compétences ou de celles que l’on peut consulter , de la meilleure « rigueur » des méthodes scientifiques mobilisées par l’étude .

    – autant qu’on le peut , susciter des études contradictoires  » en aveugle » sur le sujet soumis .

    – rendre le financement des études aussi désintéressé , partagé et contrôlé que possible .

    – Dans les cas incertains , rendre la prise de décision aussi réellement partagée et contradictoire que possible . Si pas net , s’abstenir , en particulier si les impacts possibles sont irréversibles ( une sorte de principe de précaution que Lemaire veut transformer en principe d’innovation )

    – rester très attentif à ce que , dans l’exercice scientifique qui impacte la société , on voit toujours apparaître , au sein de l’étude ou à l’occasion de la prise de décision finale , le recours à une batterie de « paramètres » que l’on devra « peser » , et tout est alors dans le choix des coefficients de pondération ( le calcul de barycentre est la seule compétence mathématique utile à un politique !) . La tricherie positive ou négative est souvent là.

    Il y a sans doute des vademecum du bon usage des études par les décideurs , plus futé et  » scientifique  » que celui là , mais ça m’a permis de survivre sans me faire lyncher , sans délai ou à effet différé . Il doit pouvoir encore servir pour un décideur , pas forcément pour un juge en dernier ressort . Enfin , peut être que si .

      1. Il n’est pas le seul ,car une application maladroite d’un principe qui aurait du être mieux défini et encadré démocratiquement, a donné malencontreusement des armes à qui n’en demandait pas tant .

      2. Mais , au passage ,on peut relever que les british ont voté comme un seul homme le Brexit , sans réelle étude préalable , et qu’ils n’en n’ont pas réclamé non plus pour l’EPR , dont leurs reines mères ont décidé sans eux .

      3. Oui da, mais j’ai quand même l’impression que « l’application maladroite » du ‘non principe de précaution’ a fait et fera bien plus de dégâts…!?

      4. @François Core :

        C’est bien évident , et c’est pourquoi il ne faut pas affaiblir soi même ses propres bonnes intentions .

      5. J’avais évoqué René Dumont et Nicolas Hulot ,il y a peu . Ce dernier était sur France Inter avec Cohen , ce matin .

        Il y a évoqué les raisons de son refus de se lancer dans le cirque électoral ( Piketty fait peut être les mêmes analyses) , les traités internationaux ( pétition en cours contre le CETA) , et le principe de précaution.

        Sur ce dernier point ,il a fait un rapprochement pertinent entre la volonté de la droite ( mais pas que) de le détruire , et la dernière sortie de Sarko sur la mise en examen « préventive » des présumés candidats aux terrorisme .

        Le principe de précaution ( la prudence en matière de vertus cardinales ) pour un politique avide de pouvoir , est donc une affaire de « circonstance ».

        Ces gens là se foutent vraiment de nous en même temps que de la planète .

      6. @Juannessy
        Merci pour le lien…Et oui « Ces gens là se foutent vraiment de nous en même temps que de la planète »…. Mais surtout, ils naviguent à vue…

    1. J’ai aussi la faiblesse de donner encore ma préférence à ce vademecum , plutôt qu’à « l’application d’aide à la décision » que Philippe Soubeyrand évoque dans son projet de lettre d’envoi aux élus .
      ( On aimerait d’ailleurs en connaître les paramètres et leurs pondérations ) .

  8. au sujet de marchand de doutes, https://www.youtube.com/watch?v=7RXHDEi79EI, où on y apprend qu’à l’époque pour l’industrie du tabac il disait « the doubt is out product… », je vous laisse visionner cette émission sur l’agrobusiness pour en savoir plus.

    Mais bref, à bien regarder cette émission je me suis dit que peut être il faudrait commencer à mettre ces « scientifiques » derrière des barreaux pour propagation de fausses informations.

    A peu près tous les exemples d’hommes corrompus que l’on peut y voir semble se porter merveilleusement bien arriver à la 50aine, bedaine, poste à responsabilités et petite vie tranquille.

    Vu qu’ils n’ont rien des délinquants endurcis, j’imagine que cela en refroidirait plus d’un de s’aventurer à raconter n’importe quoi.

  9. bonsoir ,

    excellent le billet sur la sécheresse de 1988 au usa que je ne connaissais pas . Je viens juste de voir le film  » do the right thing  » de spike lee 1989 , il y a une scène , 3 papy ( 18eme minutes ) assis contre un mur qui évoquent les températures exceptionnelles et en rigolant la prochaine fonte du pôle nord . comme quoi … ^^

  10. Bonsoir à tous, surtout les chercheurs et les QI 200,
    j’ai lu ceci sur le net, mais cela me semble trop beau pour être vrai. Quand je pense au travail qu’un laboratoire nécessite pour déterminer les présences, quantités, types de produits chimiques contenus dans une substance, je me demande comment un appareil comme celui là pourrait être fiable.
    http://www.sciencesetavenir.fr/sante/e-sante/20160627.OBS3458/un-detecteur-portable-de-pesticides-sur-les-fruits-et-legumes.html

    Par contre le public pourrait lui se contenter d’un bip bip, voire d’un like ! Plus facile a comprendre que les étiquettes obligatoires. Etiquettes qui ne mentionnent quoiqu’il en soit jamais la présence de nicotinoides par exemple. Ha oui c’est vrai, il y en a très peu, désolé.

    Merci d’y détecter la vérité.

    1. On remarquera que l’expérience présentée concerne essentiellement les pommes , qui , comme il est très bien dit dans l’article , sont l’un des fruits les plus « traités » .

      Cela n’est pas dit dans le billet , mais , même les pommes acceptées comme « bio » , reçoivent pas loin d’une dizaine de traitement . Les seules qui en soient plus ou moins exempt sont celles de votre verger , et elles font le régal des asticots avant que d’être à point .

      Il n’y a donc pas besoin de détecteur , il suffit de se renseigner , et ça fait longtemps que je pèle systématiquement les nombreuses pommes que je consomme ; car c’est dans la peau , dont il faut malheureusement abandonner les vitamines , que se concentrent les produits plus ou moins pernicieux .

      1. Je suppose que l’inventeur voit déjà des millions de consommateurs plaçant le détecteur sur tout les produits, alimentaires ou non pour en auto évaluer la dangerosité.
        J’ai bien quelques pommes véreuses, nombreuses moches dans mon verger mais tellement délicieuses. Moi j’aime les moches.

      2. @ Etienne :

        Les pommes sont comme les femmes , il n’y en a aucune qui soit moche , qu’elle soit charnue , ridée , acide (comme la pluie) , sucrée , à la peau lisse ou à la peau rêche, juteuse ou âpre, sur l’arbre ou en fruitière …c’est toujours une merveilleuse découverte , et sauf en compote , un délice à croquer .

        Et il ne reste alors que les pépins , mais il n’y a pas besoin de détecteur pour le savoir .

        PS : pardon à l’auteur du billet pour cette digression uniquement destinée à vérifier si , à part Gudule , il y a d’autres XX parmi l’assistance soumise aux pluies acides .

  11. J’ai bien aimé le tout dernier paragraphe du dernier billet de la série , qui laisse entendre que la science après avoir été investie du rôle de garant de notre liberté sans borne, peut aussi nous aider à définir les limites à partir desquelles cette liberté est le bord du précipice .

    Il est vrai que lorsqu’on confond liberté humaine et liberté de « s’enrichir » …

  12. N. Hulot a entièrement raison de se retirer de l’arène politique. Je pense qu’il a compris qu’il serait plus libre et plus utile en continuant à défendre ses convictions comme il l’a fait jusqu’à présent. Merci itou Juan, pour les liens. Et, pour aller plus loin sur le débat OGM ET le monopole des semences .

    « Dans le cas des OGM, on ne peut donc être « pour » ou « contre » qu’à condition d’avoir préalablement défini le modèle agricole souhaitable. Cette définition doit se faire au travers d’une réflexion qui, n’en déplaise à certains, n’est pas une réflexion scientifique (bien qu’elle puisse être scientifiquement informée), mais politique. »
    http://theconversation.com/ogm-ou-est-passe-le-debat-49480

    https://www.swissaid.ch/fr/Dangereux%20monopoles%20sur%20semences

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