La presse schizophrène

Ah ! quelle belle unanimité dans la presse européenne d’aujourd’hui : « L’élection de Donald Trump est la faute de quelqu’un d’autre que moi, quelque part ailleurs qu’ici-même ! »

Pas une once d’auto-critique ! Pas la moindre allusion à la collusion que l’on entretient soi-même avec les puissances de l’argent qui tiennent les cordons de sa propre bourse !

À lire les éditoriaux, il est clair que la schizophrénie règne désormais en maître. Deux éditorialistes sont à la disposition de chaque rédaction : le premier est le porte-voix incolore, inodore et insipide des syndicats patronaux (il faut bien ménager ses sponsors !), le second s’indigne avec des trémolos dans la plume devant le sort intolérable réservé à la masse (il faut bien conserver des lecteurs !).

Aujourd’hui, c’est le second qui était de sortie : « Comment s’attendre à autre chose ? La révolte gronde ! », tandis que demain ou après-demain (voyons le temps qu’il faudra au marché pour reprendre ses esprits), nous verrons le second repointer le bout de son nez et glapir : « Concurrence ! Compétition ! Compétitivité ! T(here) I(s) N(o) A(lternative) ! »

Notre tolérance à l’hypocrisie est décidément infinie.

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