Le Monde / L’Écho – Le revenu universel de base, fausse bonne idée ? le mardi 24 janvier 2017

Le revenu universel de base, une fausse bonne idée ?

Sur le site de L’Écho

Ouvert aux commentaires.

Il est beaucoup question d’un revenu universel de base, une somme allouée mensuellement à l’ensemble des adultes d’une nation. Chacun, quelle que soit sa fortune, en bénéficierait. Cette somme couvrant les besoins élémentaires d’un individu, elle rendrait inutiles des allocations existant aujourd’hui pour pallier des difficultés dues aux manques de ressources (aide sociale), ou à la perte d’un emploi (allocations de chômage).

Le revenu universel de base (RU) constituerait une réponse au chômage structurel dû à la disparition accélérée de l’emploi en raison de l’automation (le remplacement de l’humain par un robot) et de l’informatisation (son remplacement par un logiciel). La question serait réglée de facto en raison de l’indifférence désormais de tout individu quant au fait qu’il ait ou non un emploi, ses besoins élémentaires étant couverts.

Les bénéficiaires actuels de l’aide sociale et des allocations de chômage accueillent en général positivement la proposition d’un RU : ils y lisent le moyen de lever le stigma attaché au bénéfice de ces allocations ainsi que l’humiliation du soupçon bureaucratique a priori d’une tentative de fraude.

L’adoption du revenu universel de base est bien entendu très loin d’être déjà acquise mais sa mise en application éventuelle soulève de multiples questions qui devraient trouver réponse préalablement.

Quel coût représente, par exemple, l’attribution de sommes non négligeables à des personnes qui n’en ont nul besoin ? Question plus fondamentale : le RU constitue-t-il une solution à la disparition globale du travail ou bien est-il sa simple mise entre parenthèses, la question véritable mais non traitée demeurant celle d’une répartition équitable de la richesse économique créée ? Autre question de fond : éthiquement et moralement, une problématique qui va bien au-delà d’aspects économiques, comme le travail ou l’emploi, ne peut se « solder » par une simple solution monétaire – que ce soit le RU ou l’assurance-chômage. Le travail, l’emploi ont aussi une dimension autre que financière, ils concernent également le lien social, l’équilibre personnel.

Autre question enfin méritant réponse mais que ne soulèvent ni partisans ni adversaires du RU : comment prévenir la prédation en tout ou en partie de la finance sur lui ? On se souvient ainsi des hausses de loyer qui accompagnaient main dans la main les hausses de salaire. On pense aussi à l’allocation de 4.000 $ attribuée en 2009 aux États-Unis aux nouveaux accédants à la propriété, qui fit bondir aussitôt le prix de l’habitat du même montant.

Un exemple plus ancien est lui aussi instructif. Les pêcheurs artisans avaient exprimé leur frustration devant le fait que leurs efforts débouchaient quelquefois sur un revenu nul : aucune demande à la criée pour leurs captures, avec pour résultat, le retour à la maison les poches vides. Ils revendiquèrent l’instauration d’un « prix de retrait » ou « prix-plancher » et ils l’obtinrent : le montant serait minime mais au moins l’on ne rentrerait jamais chez soi absolument bredouille. On sait – ou l’on devine aisément – ce qui arriva : le prix-plancher devint la norme, rares furent désormais les jours où le prix décolla de ce niveau. Les pêcheurs y perdirent gros. On imagine de la même manière dans un cadre de RU, le salaire mensuel de nombreux emplois s’alignant sur 1 €. Cet euro symbolique offrirait la fierté d’un travail rémunéré en sus de la sécurité d’un RU ! L’enfer aurait été une fois de plus pavé de bonnes intentions.

N’y a-t-il pas de meilleure façon de répondre aux soucis des bénéficiaires d’allocations ? Si, bien sûr : en allouant les sommes que l’on pourrait réunir pour un RU à assurer la gratuité de tout ce qui relève de l’indispensable (alimentation, logement, transport, connectivité), mesure qui, à l’inverse d’un RU, ne serait pas consumériste dans sa logique et respecterait du coup l’environnement. La gratuité répondrait aussi à la critique malveillante que l’on adresse par avance au RU, que ses bénéficiaires iront « boire leur paie » : ni les drogues, ni le recours à la prostitution, ni les paris ou loteries, ne font en effet partie de l’indispensable.

Partager :

163 réponses à “Le Monde / L’Écho – Le revenu universel de base, fausse bonne idée ? le mardi 24 janvier 2017”

  1. Avatar de Juillot Pierre
    Juillot Pierre

    Attention la longueur de la phrase veut tenter d’expliquer la complexité du court des événements, et surtout des incertitudes sur les effets et causes les ayant déclenché…

    Alors que les « réformes structurelles » menées sur les territoires, concernant leurs institutions (« doublons », etc) qui entre autres distribuent le RSA, etc… et de manière arbitraire gèrent les NON RECOURS, les discriminations à l’accès aux logements sociaux, et droits, etc… dans la honte de la continuité d’un silence politique des alternances, d’un silence coupable… en plus de celles « réformes » que les 49.3 ayant pondu des « lois scélérates » ont imposé à l’absence de débat parlementaire (qui ne peut ^réver » d’arbitrer comme d’habitude le clientélisme carriérisme, les conflits d’intérêts, que les aides publiques aux entreprises lui ont permis jusqu’à présent…?), voire au mépris du dialogue sociale qui proteste aussi sur le CICE, pacte de responsabilité, ses cadeaux faits sans contreparties aux patrons et actionnaires, censés compenser la baisse des cotisations sociales patronales, etc, par la hausse de « l’impôt injuste », restant néanmoins un assistanat d’une « politique de l’offre » inefficace pour lutter contre les inégalités, la précarité et pauvreté, par la création d’emploi (du travail de plus en plus ubérisé, de l’ordinisation)…, alors qu’elles ont ces premières « réformes » « légitimé » et la prétention « anti-système » du fhaine, rentrant dans un jeu de triangulation politicarde… et lui ont permis de conquérir au fhaine de nouvelles « féodalités » ou le dialogue sociale s’est délité à tel point que la victoire du fhaine est due qu’à la progression de l’abstention (comme aux élections européennes)… les trahisons, les reniements, les abandons d’engagements (à lutter contre la finance, « l’ennemi sans visage » ( ?) et notre dépendance à celui ci – dettes publiques explosées après la socialisation des pertes et dettes privées pourries, Dexia, Libor, Subprime, etc), venant en second plan pour les contribuables directs, patrons, etc, voyant d’un œil intéressé l’impunité, le fait de « dégriser » des fraudes aux cotisations sociales patronales, à la TVA, etc à égale considération que les lois destinées à lutter contre l’immoralité de l’optimisation ont échoué à être amendé, voté, et appliqué donc, pourquoi ne voit on pas se placer la focale du débat au sein des primaires du ps, du débat politique, civil, philosophique, sur la nécessité de mettre en place un « revenu universel … » et/ou la gratuité, dans le contexte actuel ou les prérogatives des aides sociales sont désormais attribuées de manière arbitraire aux « féodalités » territoriales ou dans certaines il est des « intentions » (de l’extrême droite à la droite extrême…) de supprimer la gratuité des cantines scolaires, de la garderie, pour les enfants de chômeurs-euses et « étrangners-ères », d’imposer le « bénévolat contraint » aux pauvres bénéficiaires du RSA sur la simple suspicion malveillante, de leur fainéantise, et de « coûtait trop chers-ères »… ?

    1. Avatar de Juillot Pierre
      Juillot Pierre

      Plus que les primaires du ps, les présidentielles ou sa présence est de plus en plus incertaine, les législatives ou les « baronnies locales » vont se disputer « l’ordre » (de ré-écrire la constitution…?) de ce qui sera à redéfinir comme vivre ensemble d’un pays, ne sont-elles le cadre qui serait en premier concerné par ce que cette prérogative de distribution des aides sociales lui donne comme ascendance sur les pauvres, SDF (exclus des grands centre urbains par exemple) des précaires très bas salaire, galérant dans avec des « marchands de sommeils’, logements sociaux manquants, comme réfugiés-es refoulés-es… ?

    2. Avatar de Julien Alexandre

      460 mots, 2800 caractères. Belle performance. C’est évidemment illisible.

      1. Avatar de Juillot Pierre
        Juillot Pierre

        @ Julien Alexandre

        Parlez vous d’aligner ma performance que vous réduisez à « illisible » malgré tant de mots, caractères, à la votre qui « performer » pour ne rien avoir exprimé au sujet mis en discutions…? Un concoure déloyale de performance au « moins disant… » ou au « moins audible »… ?

        1. Avatar de Julien Alexandre

          L’orthographe non plus n’aime pas qu’on lui fasse du mal.

      2. Avatar de vigneron
        vigneron

        Il pourrait te rétorquer que de Proust à Prout il faut pourtant un caractère de moins.

  2. Avatar de JeNeSauraisVoir
    JeNeSauraisVoir

    Bonjour,

    Je trouve salutaire que Paul Jorion ramène le débat sur la question de la « répartition équitable de la richesse économique créée ».

    Nous avons, à maints reprises mis cette question sous le tapis. La dernière fois (est-ce bien la dernière ?), l’on nous a fait croire que la querelle de la répartition est superflue puisque que nous ferons toujours de la croissance. Soit une autre façon de dire à ceux qui ont la capacité d’être libres qu’ils peuvent gruger comme bon leur semble mais qu’ils voudront bien négligemment et sans trop se faire violence abandonner quelques miettes, moyen en quoi, il pourra toujours être clamé que la multitude est devenue plus riche qu’auparavant (ne voyez-vous pas comment que nos serfs sont devenus des ouvriers gras qui vivent de plus en plus vieux – et vous osez leur refuser le bonheur d’être employés par de si généreux patrons jusqu’à 75 ans) ?! Inutile de revenir une nouvelle fois sur le mal que cette idée que le gâteau peut être toujours plus grand a fait à notre maison commune…

    Maintenant nous disons entre autres, qu’il faut assurer un ‘salaire’ de base à tous les citoyens pour permettre aux entreprises et aux associations de les embaucher (à défaut de préférer des robots) dans des conditions économiques ‘concurrentielles’. Soit encore une fois « allez-y grugez et accaparez tous ce que vous pourrez. Vous penserez tout de même, siouplé à délester votre finance de quelques poussières d’un montant variable, c’est-à-dire juste suffisant pour maintenir le cheptel en vie voire pour lui assurer le contentement d’être utile à temps fragmenté » !

    Il me semble plutôt opportun de continuer à poser la question de la juste répartition de la richesse économique crée jusqu’à sa résolution complète et acceptable ! Quand-bien même l’indispensable serait devenu gratuit, si les 99% sont réduits à se contenter principalement de cela (et l’on ne voit pas comment il pourrait en être autrement), notre monde sera loin du paradis que l’on imagine…

    Que l’on n’y voit pas, je l’espère, une radicalité immodérée : la collectivité aura plus de sens si elle s’emploie à éviter que la plus petite d’entre nous ne se fasse gruger long comme un bras. L’idée que l’Etat doive absolument s’immiscer dans le lien économique entre les citoyens et les personnes morales pour garantir une « répartition équitable de la richesse économique » est à notre portée. Ce serait une erreur de regarder ailleurs…

    En vous souhaitant une bonne journée,

    1. Avatar de vigneron
      vigneron

      L’idée que l’Etat doive absolument s’immiscer dans le lien économique entre les citoyens et les personnes morales pour garantir une « répartition équitable de la richesse économique » est à notre portée.

      On préfèrerait de beaucoup qu’Il rende aux syndicats le pouvoir de rejouer leur rôle.

  3. Avatar de Alain Audet
    Alain Audet

    Dans le cadre économique actuel le RU ne règlera pas le grave problème de l’épuisement des ressources et/ou des changements climatiques tous dû à la surconsommation, au contraire il sera une pression supplémentaire sur l’ensemble des ressources par l’inflation entre autre.
    Nos problèmes économico-social sont en lien direct, cause à effet, avec le système économique en place qui lui est soumis, totalement imbriqué, à la biosphère (environnement) qui de fait est l’unique pourvoyeur de l’espèce humaine, il faut le réaliser.
    L’état de la biosphère est en continuel dégradation, tous souffrent du smog, même chose pour l’eau qui doit être traité partout avant consommation, mais personne ne fait (ou ne veut faire) le lien avec le trop grand volume des activités humaines, cependant si vous finissez par comprendre, seule la diminution (simple et/ou trop logique) du total de ces activités demeure la solution qui est la seule et unique mince marge de manœuvre qui nous reste pour éviter que le dernier qui s’en va est à éteindre la lumière…..

    Le RU sera efficace que dans un changement de paradigme économique qui fera en sorte qu’il faudra moins travailler, autre logique, si l’on veut diminuer l’ensemble des activités humaines, de toute évidence cette diminution devra commencer par l’arrêt de tout ce qui est inutile, une promulgation obligée de l’obsolescence programmé cette fois à long terme dans tous les domaines jugés essentiels.
    Les emplois reliés à l’inutile disparaissent et les travailleurs sont redirigé vers les secteurs essentiels ou l’on se partage les emplois restants.
    En vrac.
    Dans un nouveau cadre il devra y avoir un contrat social explicite de partage des ressources et du travail responsable et essentiel relié à la nourriture, au logement, au vêtement et services comme l’éducation et la santé basé sur l’égalité entre les humains.
    Le concept de liberté devrait toujours être accompagné de celui de la responsabilité, il faudrait trouver un mot qui rendent ces concepts indissociables.
    Revenu universelle, salaire minimum et maximum, avec dans la transition des mesures de limitations sévères (taxes et impôts) tant qu’à l’accès aux ressources pour les secteurs de l’économie non essentiel et qui pourraient résister.
    Établir une économie de proximité, modèle applicable à l’échelle de la planète, avec le moins d’échange possible entre continent avec comme principe qu’un territoire est en mesure de nourrir sa population aucun animal, sauf l’Homme, n’importe de nourriture d’un autre continent.
    Le contrôle/émission de la monnaie uniquement par l’État fera en sorte que dans le cadre du contrat social le RU sera émis par l’État et non financé comme prévu dans le système actuel, même chose pour l’opération des entreprises dans les secteurs jugés essentiels.
    Dans ce nouveau cadre le système financier et bancaire actuel, oh surprise, disparaît totalement.
    Le but ou la motivation de base dans ce contrat sociale : préservez le fonctionnement de la biosphère via ses écosystèmes pour assurer la pérennité des ressources…..
    Pour bâtir ce nouveau paradigme économique il ne faudra surtout pas se fier aux économistes du siècle dernier pour lesquels le concept de biosphère, unique fournisseur de la vie, était totalement inexistant.
    Le travail de ces économistes consistant surtout à maintenir un système pyramidal plus que moins favorable au capitalisme, ceux qui ont critiqué le système n’en n’ont pas moins trouvé de solution en lien avec le fournisseur « biosphère ».
    C’est pourquoi ici les concepts politiques de gauche ou de droite devient obsolète, totalement dépassé, la problématique étant à un niveau bien au-delà supérieur.
    Les écosystèmes ne tolèrent ni ne subissent ce que nous faisons ils s’adaptent chimiquement aux ingrédients en place exemple : le smog en permanence modifie graduellement la qualité de l’air si bien qu’un jour ça ne sera plus de l’air et ainsi de suite pour l’eau et les terres arables……
    Il faut ici une mise en garde qui s’apparente au syndrome du vainqueur d’une guerre qui après réécrit l’Histoire à son avantage…… certains font des propositions sur la base des mêmes paramètres ou repères du paradigme existant, qui leurs sont encore ou ont été avantageux pour eux, il faut agir sur de nouvelles bases reliés à la biosphère qui ont toujours été présente et dont nous n’avions pas conscience c’est donc un virage à 180 degrés qui s’impose.

  4. Avatar de Allumette
    Allumette

    Un entre deux serait de le distribuer en monnaies locales, pour créer de la richesse localement (et pas en Chine avec leurs produits à bas prix). Et prendre en compte les disparités de coût de la vie.

    1. Avatar de Allumette
      Allumette

      Tout en laissant libres les individus et en annulant l angoisse qui peut scleroser de la pauvreté.

    2. Avatar de Paul Jorion

      Quel est la part de ce que vous achetez qui est produit localement ou qui pourrait être produit localement ?

      1. Avatar de Michel Lambotte

        Ce qui est produit localement…. c’est peanuts
        Ce qui pourrait être produit…. cela pourrait être titanesque.
        Aujourd’hui vouloir faire des prévisions relève d’un jeu de Colin- maillard. Il vaut mieux avoir des intentions et essayer de les réaliser quitte à changer de direction.

      2. Avatar de allumette
        allumette

        Disons plutôt que cela augmenterait la valeur ajoutée qui resterait au niveau local.
        Si le film Demain dit vrai sur l’effet de levier sur la richesse locale que génerent les monnaies locales.

        Ils disent dans le film Demain que 1€ dépensé dans des villes utilisant les monnaies locales doublent ou triplent la richesse qui reste locale (evite le passage par les paradis fiscaux par exemple).

        L’Etat pourrait aussi créer une plateforme avec des produits labellisés locaux et/ou bio/eco et socialement responsable pour aider l’ESS.

        Au risque de se rapprocher d’un fonctionnement type URSS.

        Je pose mes questionnements ici, je ne suis qu un français moyen.

        1. Avatar de Paul Jorion

          Le problème de l’approche de type Demain, c’est qu’à part les légumes, il n’y a (pratiquement) plus rien en France qui soit produit localement. Le mirage est sympathique mais il a été démystifié par le documentaire Made in France (2014), le journaliste Benjamin Carle tente (pratiquement) vainement pendant 90 minutes de notre temps d’acheter quoi que ce soit qui soit produit localement, voire même, plus simplement, produit en France.

      3. Avatar de vigneron
        vigneron

        Le problème de l’approche de type Demain, c’est qu’à part les légumes, il n’y a (pratiquement) plus rien en France qui soit produit localement.

        D’où l’intérêt stratégique de la « sortie de la protéine carnée » de Monsieur Jean Luc Mélenchon !

        1. Avatar de Paul Jorion

          Oui, même avant les monnaies locales, on ne faisait pas 100 km pour aller chez le coiffeur.

      4. Avatar de Allumette
        Allumette

        Merci pour votre réponse, je vais regarder ce documentaire.
        Vous ne croyez donc pas à de quelconques bienfaits avec les monnaies locales?

    3. Avatar de vigneron
      vigneron

      De quoi j’me mêle ? Et si moi je ne veux acheter qu’exotique et en ligne ? Je monte un bureau de change clandestin pour échanger des bons roros exotiques contre la monnaie de ploucs ?

      1. Avatar de allumette
        allumette

        On parle de grosses masses de richesse et d impact social et ecologique, vous faites ce que vous voulez.
        Et je ne fais que m interroger sans pudeur, publiquement. Mes propos ne sont pas absolus.

  5. Avatar de vigneron
    vigneron

    Tout baigne, pas de hiatus Jorion/Piketty ; ce dernier, dans une remarquable coïncidence de temps et de lieu avec le premier ( http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/01/24/pour-un-revenu-universel-credible-et-audacieux_5068506_3232.html ), se dit lui aussi contre le revenu universel, sauf s’il n’est pas universel.

    1. Avatar de Julien Alexandre

      Pour les non-abonnés au Monde :

      « Pour un collectif d’économistes, le revenu universel « pose des questions sérieuses qui méritent que l’on y apporte des réponses solides ».

      L’ambition des candidats aux primaires citoyennes de la gauche aujourd’hui – dont le vainqueur sera candidat à la présidence de la République demain – doit être jugée sur la pertinence de leurs propositions, leur impact sur la reprise de l’activité et l’emploi en France, leur effet sur la cohésion sociale du pays.

      La politique économique et fiscale adoptée lors du quinquennat de François Hollande a empêché la France de s’inscrire dans la dynamique d’une reprise économique forte et durable. Le choix fait en 2012 d’augmenter les impôts et de réduire les déficits à marche forcée en période de récession a tué tout espoir de croissance. Les multiples alertes lancées à ce sujet sont restées sans écho. Ceux qui portent la responsabilité de cette funeste politique et qui prétendent s’en exonérer doivent aujourd’hui rendre des comptes.

      Dans les débats actuels des primaires citoyennes, les discussions se cristallisent autour d’un nouvel objet : le revenu universel d’existence (parfois appelé « revenu de base »). Benoît Hamon fait face, parce qu’il porte cette proposition, à un procès en incompétence gouvernementale. L’introduction d’un revenu universel d’existence condamnerait selon ses détracteurs la France à la faillite. L’accusation est facile mais trop rapide. Economiquement et socialement, le revenu universel d’existence peut être pertinent et innovant. A l’inverse des options fiscales et budgétaires retenues depuis 2012, et en particulier de cette inefficace usine à gaz qu’est le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi. Sans parler de l’exonération des heures supplémentaires, que même la droite a abandonnée et que Manuel Valls voudrait recycler aujourd’hui. Correctement conçu et précisé, le revenu universel d’existence peut constituer un élément structurant de la refondation de notre modèle social.

      Jeunes et bas salaires

      Certains voudraient évacuer le débat en évoquant un coût pharaonique de 300 ou 400 milliards d’euros. Mais ce chiffrage fantaisiste n’a absolument aucun sens. Benoît Hamon n’a jamais dit qu’il allait verser 600 euros par mois à 50 millions d’adultes. Au contraire : il a explicitement évoqué le fait que le nouveau système pourrait être sous conditions de ressources et concernerait uniquement les salaires inférieurs à 2 000 euros, avec des montants qui ne seraient évidemment pas les mêmes pour tous (Libération, 5 janvier). De fait, cela n’aurait guère de sens de verser 600 euros par mois à des personnes gagnant 2 000 euros ou 5 000 euros de salaire mensuel, pour ensuite leur reprendre immédiatement la même somme en augmentant d’autant leurs impôts. Il est temps que cela soit définitivement clarifié, pour que le débat se focalise enfin sur les bonnes questions.

      Concrètement, la question du revenu universel se pose avant tout pour les jeunes et pour les bas salaires. Cela pose des questions sérieuses qui méritent que l’on y apporte des réponses solides. Mais ces réponses existent. Et un revenu universel d’existence doit être construit par étapes.

      Son instauration dès le début du prochain quinquennat pour les 18-25 ans est susceptible de redonner de l’autonomie à notre jeunesse et de constituer une réponse à ce que sont aujourd’hui les conditions d’obtention d’une qualification supérieure et d’entrée dans la vie professionnelle. Les modalités pratiques restent à définir, en particulier concernant l’âge à partir duquel on cesse de prendre en compte les revenus parentaux, et bien sûr les contreparties en termes d’études et de projet d’insertion. On pourrait par exemple s’inspirer du système en place au Danemark, où chacun bénéficie dès l’âge de 18 ans de soixante mois d’un revenu universel qu’il peut utiliser librement pour financer sa formation initiale ou continue. Au lieu de dénigrer a priori cette question d’avenir, les conservateurs de gauche comme de droite seraient bien inspirés de regarder ce qui se passe ailleurs.

      Lier la question du revenu universel à celle de la réforme fiscale
      Pour ce qui concerne les travailleurs à bas salaire, le véritable enjeu est de lier la question du revenu universel à celle de la réforme fiscale et du salaire juste. Actuellement, un salarié au smic à plein temps touche un salaire net de 1 150 euros par mois, après déduction de 310 euros de CSG et cotisations de son salaire brut de 1 460 euros. S’il en fait la demande, il peut plusieurs mois plus tard toucher l’équivalent de 130 euros par mois de prime d’activité (environ 1 550 euros sur l’année pour une personne seule).

      Ce système est absurde : il serait infiniment préférable, pour un même coût budgétaire, de prélever 130 euros de moins à la source et d’augmenter d’autant le salaire net. C’est selon nous de cette façon que doit fonctionner le revenu universel d’existence. Pour toutes les personnes disposant d’un emploi stable, le complément de revenu doit être versé de la façon la plus automatique et universelle qui soit, c’est-à-dire directement sur le bulletin de salaire, de la même façon que les cotisations sociales, la CSG et l’impôt sur le revenu prélevé à la source. De cette façon, le smic net passerait immédiatement de 1 150 euros net à 1 280 euros net, et pourrait atteindre 1 400 euros net d’ici à la fin du quinquennat. Voici la véritable revalorisation du travail dont nous avons besoin.

      Réfléchissons ensemble aux conditions concrètes de sa mise en œuvre plutôt que de rejeter a priori le projet d’un revenu universel d’existence. Un tel projet peut être économiquement crédible et socialement audacieux. Et, contrairement aux allégations de ceux qui confondent solidarité et farniente, il peut être instauré au profit de la revalorisation du travail et des bas salaires, qui profiteront au travers de ce revenu d’un véritable droit à la formation et d’une augmentation automatique de leur salaire net.

      Par Antoine Bozio (Ecole d’économie de Paris et IPP), Thomas Breda (chercheur à l’Ecole d’Economie de Paris), Julia Cagé (Institut d’études politiques de Paris), Lucas Chancel (chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri)), Elise Huillery (université Paris-Dauphine), Camille Landais (London School of Economics), Dominique Méda (professeure de sociologie à l’université Paris-Dauphine) , Thomas Piketty (directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris), Emmanuel Saez (université de Californie, Berkeley) et Tancrède Voituriez (économiste).

      1. Avatar de vigneron
        vigneron

        Enterrement en bonne et due forme du RU avec belle gerbe des amis de l’Ecole d’Economie de Paris.

  6. Avatar de Germain
    Germain

    Euh… Il n’y a personne qui s’interroge sur la question des flux migratoires? Parce que si un pays instaure le RU, il va rapidement devenir le plus peuplé au monde, à moins de fermer ses services d’immigrations et de déployer son armée tout au long de ses frontières.

    1. Avatar de Julien Alexandre

      Je crois que le RU dans la plupart des cas théoriques est limité aux citoyens d’un pays donné. Mais on compte sur la fachosphère pour caricaturer comme il se doit, cela va sans dire.

      1. Avatar de vigneron
        vigneron

        Faut quand même au moins respecter le principe européen d’égalité de traitement.

      2. Avatar de Germain
        Germain

        @Julien: C’est ce que je me dis. Marine verrait sans doute là une puissante stratégie de conquête du pouvoir.

    2. Avatar de vigneron
      vigneron

      Parce que si un pays instaure le RU, il va rapidement devenir le plus peuplé au monde

      Inversement, comment se fait-il que si peu de réfugiés soient tentés par le merveilleux système social à la Française ?

    3. Avatar de Alain Adriaens
      Alain Adriaens

      @Germain – Depuis longtemps (1976) l’Alaska a un RU pour attirer les gens à venir dans ses glaces. Indexé sur les bénefs du pétrole extrait là-bas il varie ces derniers temps entre 900 et 2.000$ par mois selon le cours. Il n’y a toujours que 650.00 Alaskiens.

      1. Avatar de vigneron
        vigneron

        Par an, pas par mois les 2 000 $ de la rente pétrolière pour les résidents éligibles.
        Pas terrible le rendement du bazar.
        Un psychiatre se fait dix fois plus par mois dans ce pays de tabanasses.
        http://pfd.alaska.gov/Division-Info/Summary-of-Applications-and-Payments
        http://live.laborstats.alaska.gov/occ/alloccs.cfm

  7. Avatar de Gudule
    Gudule

    C’est, LE sujet quasi incontournable. Du web jusqu’à la commission européenne.

    « La commission européenne vient même d’accepter le lancement de la collecte de signatures pour demander aux institutions d’étudier l’option d’un revenu de base européen »
    https://blogs.mediapart.fr/edition/revenu-universel-de-base

    Autre temps, autres moeurs. Ainsi ce cher Jean de La Fontaine, qui nous a bien expliqué que, même si le corbeau voulait savourer en toute quiétude, son fromage moulé-à-la-louche-dans-l’usine-lactalis-mouaaaa-président, finalement , c’est le renard qui l’a mangé. Le Fromage. Arrête de loucher dessus, c’est du plâtre. Moralité, même, quand on veut simplement pouvoir manger son calendos tranquillou, sur sa branchounette, prévoir un lance-pierre pour dégager le renard baratineur ou envoyer un sms géolocaliseur au chasseur qui est dans le secteur. Soit dit en passant, les 2 ne sont pas incompatibles.

  8. Avatar de pseudo cyclique
    pseudo cyclique

    le revenu universel inconditionnel implique une maitrise des couts des denrées de base , des dépenses sociales et médicales ce qui est incompatible avec la spéculation et le fait qu’un capital doit « forcement  » etre rentable .
    Doit on distinguer un revenu universel d’une allocation handicapé ?
    des food stamp pour tout le monde sans hierarchisation des difficultés ?
    un revenu universel risque d’avoir un effet APL : les proprios partent du principe que les locataires peuvent payer plein pot dans la mesure où ils sont aidés ..
    le revenu universel tel qu’il sera mis en pratique par l’ultralibéralisme actuel est le suivant :
    les possedants vont faire cracher les « sans dents » integralement à hauteur ,au minimum, de ce revenu .
    un revenu universel de base implique beaucoup trop de choses infaisables par ce que nos politiques ne veulent pas se brider , et pourtant avec leurs emplois fictifs ils l’appliquent ce revenu universel !!!!

    1. Avatar de Pierre-Yves Dambrine
      Pierre-Yves Dambrine

      C’est vrai que Fillon et son épouse viennent de faire une sacrée pub au revenu universel. Le RU est sans doute une fausse bonne idée, mais l’idée que le nécessaire tout le monde devrait y avoir droit, sans condition, est désormais lancée. Merci en passant à M. Hamon d’avoir excellemment fait le job hier soir, pour les couleurs de la gauche.

      1. Avatar de Pierre-Yves Dambrine
        Pierre-Yves Dambrine

        Le nécessaire : l’indispensable.

  9. Avatar de TEROUINARD

    Bonjour,
    Mise à jour de l’article 25 de la D. U. D. H. :
    Chaque être humain doit avoir droit, de sa naissance à sa mort, à un revenu, suffisant pour assurer sa santé, bien être et le confort minimum.
    Le travail étant de plus en plus obsolète, grâce aux robots.

    1. Avatar de vigneron
      vigneron

      Mettons de la Grâce dans la DUDH, que Diable !
      Splendeur, liesse et abondance.

  10. Avatar de Gudule
    Gudule

    « Splendeur, liesse et abondance. » 😉

    Pendant que le potus, s’agite, fait du « bruit », s’enferre et se fossilise dans un déni stérile égotiste et régresse lamentablement…

    En Chine, un brillant avocat des droits de l’homme, Gao Zhisheng, assigné à résidence dans son pays, accomplit une oeuvre d’intérêt général progressiste et constructive. Puissent les politiques s’inspirer de cette démarche intelligente et profondément respectueuse des droits de l’être humain, de l’environnement et de sa LIBERTE.
    http://www.epochtimes.fr/constitution-chine-libre-lavocat-gao-zhisheng-publie-ebauche-epoch-times-23957.html

  11. Avatar de pascal
    pascal

    Bonjour,

    Les innovations technologiques et les gains de productivité ne datent pas d’hier.
    On confond ici magistralement problème et symptômes.

    Le problème initial, c’est le décalage temporel entre les innovations technologiques dans les modes de production de richesse (lesquelles sont en outre définies de manière archaïque et un peu trop comptable voire simplement marchande) et les adaptations conséquentes du « marché » (doit-il fonctionner strictement comme un « marché » ?) de l’emploi.
    Ne devrait-on pas commencer par redéfinir l’emploi hors du marché (sans sombrer naïvement dans le dualisme idéologique borné de la guerre froide et ses truismes stériles) ?

    Le rôle d’une politique étatique responsable, dans le registre de l’économie, consiste surtout à pallier (en amont des problèmes sociaux) à cette distorsion temporelle structurelle entre la fuite en avant des innovations technologiques et une réponse sociale marquée par l’inertie de l’économie globale dans la récupération de ces « progrès » par une souhaitable synergie sociale (économique marchande ou non, voire non économique).

    Cette notion de « progrès » reste aussi à prouver lorsque le rythme de ceux-ci s’emballe pour ne plus servir que les intérêts d’une minorité. On oublie trop souvent les externalités humaines négatives de ces innovations et on les vernit un peu rapidement de leurs reluisantes avancées en termes de bénéfices strictement financiers. Freiner ces innovations localement reste aussi délicat dans un contexte de concurrence globale.
    Une réorganisation des modes de production s’impose pour que ces nouvelles technologies soient mises au service de tous, dans le cadre de la production de richesse, et non seulement comme outil de rentabilité financière des investisseurs.
    Ces technologies ont aussi un rôle à jouer dans la répartition de ces richesses (marchandes ou non) et pas seulement dans leur production.

    Le problème à régler ici par un projet politique pertinent, c’est d’abord la distance croissante entre les bœufs du progrès technologique et la charrette de la vie citoyenne.

    Ne pas répondre à ce problème en amont témoigne surtout d’une monstrueuse incompétence politique généralisée.
    Lorsque le prince fait ensuite appel à son trésorier pour étouffer en aval, par une démagogie sidérante, les symptômes du problème non géré par une distribution (aussi généreuse que suicidaire) des deniers de l’Etat et pour poser un pansement d’urgence sur les résultats flagrants de son incompétence, ceci marque le début de la fin et ne présente en rien une lueur d’espoir.

    Un revenu universel ne deviendra jamais la solution magique à cette distorsion sociale mais le signe d’un monde politique dépassé par l’explosion technologique.

    Une politique responsable investira plutôt dans la recherche de progrès (techniques, sociaux, politiques, …) qui associent le développement des modes de production aux considérations humaines, en y intégrant la participation citoyenne plutôt que d’abandonner ces innovations à l’emprise du capital au détriment de la cohésion sociale.

    S’imaginer qu’un revenu universel, aveu flagrant d’incompétence politique, participerait à un tel projet d’envergure sombre dans le grotesque absolu.

    Militer pour la mise en place d’une pseudo-solution aussi inepte que peu inspirée reste évidemment à la portée du dernier idiot de service …
    Imaginer des projets politiques innovants, en intégrant dans une synergie globale les innovations des modes de production et une vie citoyenne inclusive, voilà le vrai défi.

    Palabrer des heures sur des bricolages comptables radicalement stériles en termes de créativité sociale témoigne d’une absence magistrale d’imagination mais surtout d’une inquiétante dérive narcissique d’égos ne voulant pas avouer (déjà à eux-mêmes) leur propre inaptitude à penser intelligemment l’avenir … voire à le penser tout court.

    On peut remarquer sur les divers blogs que plus un citoyen manque d’imagination dans son discours, plus il défend ardemment et dogmatiquement (lapalissade) le revenu universel.

    Un détail révélateur : un simple « revenu de remplacement inconditionnel » (qui ne s’ajouterait plus intégralement au salaire en cas d’emploi, à la source et non par des bricolages fiscaux aléatoires) constituerait un pansement tout aussi efficace (et non stigmatisant) qu’un revenu de base mais constituerait surtout une option budgétaire au moins réaliste pour les finances publiques.
    Cette simple option constitue déjà un défi conceptuel trop important pour cette idéologie creuse et terne en faveur du revenu universel. Elle reste globalement absente du discours formaté en la matière. Symptomatique d’un électroencéphalogramme plat.

    Un tel fatalisme comptable, véritable néant de la créativité politique, témoigne également d’une orientation culturelle monomaniaque d’une pensée unique envahissante, laquelle cherche à poser que la vie humaine se résumerait à une articulation réductrice « technologie/comptabilité ».
    C’est probablement ce que l’on enseigne de plus en plus dans les universités, surtout dans les facultés d’économie …
    S’aligner intellectuellement sur cette lobotomie ? Consternant !

    Le revenu universel constitue le « zéro de l’imagination politique ».
    Combien de zéros à son montant ? 🙂

    Répondre à une crise de civilisation par des chiffres ?
    Voici résumé tout le problème.
    Imagination zéro.

    Cordialement,
    pascal

  12. Avatar de pascal
    pascal

    Croire naïvement qu’un instrument monétaire aussi simpliste va régler d’un coup de baguette tous les problèmes de complexité croissante de la société actuelle relève de la pensée magique dans sa forme la plus pitoyable.
    Les avantages démagogiques de la réminiscence de cette pensée magique pour l’opportunisme électoral peuvent attirer certains candidats … mais ces pièges à gogos d’idéologie de bazar ne fonctionnent pas bien longtemps.
    L’électeur grattera tôt ou tard le vernis de ce discours de publicité pour poudre à lessiver et finira par déceler la supercherie du message creux masquant l’absence de projet politique réel.
    Benoît Hamon a pris son électorat pour des pigeons et en a vite fait les frais, entraînant dans sa chute prévisible le PS. Son irresponsabilité et son carriérisme affirmé vont jusqu’à tenter d’abandonner maintenant ce PS qu’il a participé activement (voici sa seule « activité » notable, hors palabres racoleurs) à détruire.
    Beau courage intellectuel et politique ! Révélateur des adeptes du revenu universel : tout demander, ne rien donner.

    Pas sûr pourtant que le bonhomme en ait tiré les leçons car il persiste à s’enfoncer dans de nouveaux projets « citoyens » (c’est la propagande qui le dit) aussi ambitieux dans le discours que vides de tout contenu. Ce gloubi-boulga fait évidemment recette sur les réseaux sociaux pour neuneus et dans les manifestations de rue de bobos omniscients mais ne résiste pas à la confrontation aux urnes.
    Ce genre de politicards d’opérette se contente probablement de telles flatteries superficielles du narcissisme primaire.

    Cette démission politique de la gauche française bobo, inapte à prendre acte que les utopies naïves de mai ’68 ont un demi-siècle de décalage, fait perdre un temps précieux aux citoyens face à la nécessité d’un appel urgent au sens des responsabilités historiques.
    Le temps n’est plus aux rêves d’une génération dorée profitant égoïstement et indéfiniment des miettes capitalistes (allocations monétaires diverses, revenus de base et autres chimères) d’un colonialisme français de plus en plus obsolète.

    Laissons la pensée magique à la démagogie des réseaux sociaux bobos.
    L’avenir est ailleurs.

    Cordialement,
    pascal

  13. Avatar de pascal
    pascal

    Pour tenter de sortir des pièges idéologiques récurrents dans le discours économique et plus globalement en politique …
    Quelques commentaires (« gillardin pascal ») à décortiquer pour qui en aurait la patience et le temps, à la vidéo suivante.

    Les idéologies sont-elles vraiment dépassées ? – Politikon #8

    https://www.youtube.com/watch?v=0yWuNy-383A

    Cordialement,
    pascal

  14. Avatar de pascal
    pascal

    Bonjour,

    L’OCDE remet (à contretemps) sur le tapis le débat sur le revenu universel (après les cuisants échecs des campagnes suisses et françaises), comme une stratégie marketing (parlez-en en bien ou en mal mais parlez-en). On s’attend déjà, après cette critique trop lisible de formes caricaturales de RU, que l’OCDE revienne après trois pirouettes sur des versions remodelées, présentées alors comme panacées.
    Même sans cela, cette médiatisation récurrente réalimente les réactions des propagandistes locaux qui se feront un devoir de présenter « leur vraie version du RU », face ici à cette contrefaçon grossière de l’OCDE.

    L’aspect le plus pernicieux de ce discours tient à un matraquage continu de l’inconscient collectif pour y implanter sournoisement l’idéologie selon laquelle la pauvreté ne constituerait pas une problématique sociétale structurelle globale (relevant dès lors de la sociologie et non de la comptabilité néolibérale), issue fondamentalement du capitalisme lui-même, lequel devrait alors logiquement être remis en question. Le capitalisme n’est pas la solution à la pauvreté mais sa cause première. Cette idéologie du RU brouille les pistes de réflexion et nuit à la lisibilité critique de la problématique, laquelle inviterait à cibler la monnaie comme source principale du problème des inégalités croissantes, dont cette pauvreté endémique constitue un symptôme. Ce problème structurel gravissime doit être réglé en amont et non étouffé en aval, par des artifices financiers qui ne solutionneraient rien en profondeur.

    Le discours global, mettant notamment en concurrence les diverses versions de RU, présente abusivement la pauvreté comme une problématique strictement individuelle et monétaire, pouvant ainsi être réglée par un instrument monétaire individuel lui aussi : un revenu mensuel « individuel orwellien » (l’idéologie générale, de droite comme de gauche, du RU reste magistralement individualiste … sous vernis libertarien grossier d’autonomie et de « liberté » … la bonne blague). Simplisme sidérant.

    Le danger de ces débats perpétuels sur les « vraies fausses » versions du RU tient à ce que cela focalise, par un tourbillon discursif (comme un trou noir), l’analyse même de la problématique de la pauvreté (symptôme patent de dysfonctionnements sociétaux plus fondamentaux) sur des approches monétaires réductrices, alors que cette problématique relève prioritairement de la sociologie et de la psychologie … ou plus simplement des relations « humaines ». Une forme de « gangstérisme idéologique ».
    Il s’agit ici d’une crise de civilisation et non d’une naïve question de comptabilité.

    La notion de « pauvreté » est déjà ici quasi unanimement (monstruosité philosophique, partagée par des idéologues libéraux, comme Van Parijs), préalablement à tout débat, définie abusivement en termes strictement « individualistes et monétaires » (un niveau de revenu individuel comparé à un niveau moyen, comme si le vécu de la pauvreté pouvait se résumer à des chiffres !!!) et non « collectifs et humains ».
    Ce biais épistémologique flagrant exclut à la base toute considération autre et enlise inévitablement les diverses études dans ce réductionnisme néolibéral : l’individualisme et la monnaie comme fondements de la vie sociale.

    Désolé d’encombrer ici encore l’espace de parole.
    Un texte un peu plus explicite en commentaire (le dernier par ordre chronologique, le 18 avril) à un billet de Jean-Marie Harribey.
    http://blogs.alternatives-economiques.fr/harribey/2017/03/09/nouveautes-sur-le-revenu-dexistence-universel

    Cordialement,
    pascal

    1. Avatar de Juannessy
      Juannessy

      Dans cet esprit , un article assez bien foutu ( mieux que sa mise en forme en tous cas) qui se conclut en évoquant Jean-Pierre Delevoye ( suivez mon regard ) et Pierre Rosanvallon :

      https://vivre-ensemble.be/IMG/pdf/2010-03_pauvrete_histoire_carnet.pdf

      1. Avatar de pascal
        pascal

        Merci pour la référence.
        J’ai la version papier d’une réflexion intéressante sur l’amalgame usuel entre « pauvreté » (laquelle peut être volontaire, dans certaines traditions souvent religieuses par exemeple, et porteuse de richesse humaine non matérielle … et ainsi non mesurable en monnaie ; qu’entend-on par « pauvreté ») et « misère », cette dernière n’étant porteuse de rien sinon de souffrance subie et dénuée de sens.
        Si je trouve la version numérique, je vous transmets le lien.
        Bonne journée.
        pascal

  15. Avatar de pascal
    pascal

    Bonjour,
    Un exemple de « finesse sociologique analytique » des théories en faveur du RU …

    1. Hypothèse : tout citoyen crée de la richesse hors du marché de l’emploi.
    Conclusion gratuite : tout citoyen doit recevoir un « revenu de base inconditionnel » ( RBI ), non conditionné au marché de l’emploi rémunéré.

    On zappera ici la question de la pertinence philosophique de cet a priori idéologique grossier, héritage religieux archaïque des traditions abrahamiques, « tout travail mérite salaire ».
    Si ces amateurs de pseudoscience pouvaient commencer par tenter de démontrer ce genre d’inepties dogmatiques, cela dégagerait l’espace public et offrirait un peu d’air à des réflexions sociétales un tantinet moins populistes et superficielles.
    On réclame un salaire surtout quand on estime que son œuvre ne porte pas son sens en elle-même et que par ailleurs l’esclavage est devenu obsolète. Ce dualisme simpliste « esclavage/salariat » (et les nuances intermédiaires) n’interpelle que le citoyen dénué de toute aspiration créatrice (généreuse), dans quelque domaine.

    2. Pour répondre au point 1. Tout citoyen « consomme » gratuitement, directement ou indirectement, de la richesse collective (marchande ou non) hors du marché.
    Conclusion : tout citoyen doit payer une « taxe de base inconditionnelle » ( TBI ), non conditionnée au marché (de la consommation ou de l’emploi).

    3. Bilan « comptable non marchand » du citoyen : RBI – TBI = ?
    Positif ou négatif ?
    Les éléments entrant dans ces considérations ne permettent pas toujours une évaluation chiffrée (ces richesses sont souvent qualitatives et subjectives donc difficilement interprétables quantitativement).
    Un tel bilan se voit ainsi condamné à relever indéfiniment de l’arbitraire absolu.

    Si un RBI venait à voir le jour, il ne faudrait pas attendre longtemps pour que lui réponde une idéologie de la TBI.
    On n’arrête pas le progrès. 🙂

    Conclusion : la défense dogmatique du RU relève de l’idéologie au sens péjoratif.
    Vouloir lui apporter des étais philosophiques, voire scientifiques, tient de la farce.
    Il existe des problématiques contemporaines un peu plus sérieuses, me semble-t-il …

    Cordialement,
    pascal

  16. Avatar de pascal
    pascal

    Le citoyen qui n’est plus apte à créer de la richesse collective sans en réclamer une compensation financière n’est pas pauvre … c’est un pauvre type.
    L’aide sociale ciblée, oui. Le revenu universel, non.
    😉

  17. Avatar de vigneron
    vigneron

    Revenu d’Exit-Stance
    Anarcho punk Britt des années Thatcher…
    https://youtu.be/us7cKqLDAWY

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Contact

Contactez Paul Jorion

Commentaires récents

  1. @JMarc Une véritable IA un peu évoluée devrait réfléchir à bricoler l’ADN pour créer une espèce avec un cerveau augmenté…

  2. C’est l’adaptation de la ville à la voiture, pour permettre aux parents de se garer lorsqu’il accompagnent leurs enfants à…

  3. Après une longue conversation avec Copilot, à partir de l’étymologie du mot « chaos » sur le Cnrtl https://www.cnrtl.fr/etymologie/chaos, j’ai pu obtenir…

Articles récents

Catégories

Archives

Tags

Allemagne Aristote bancor BCE Bourse Brexit capitalisme centrale nucléaire de Fukushima ChatGPT Chine Confinement Coronavirus Covid-19 dette dette publique Donald Trump Emmanuel Macron Espagne Etats-Unis Europe extinction du genre humain FMI France Grèce intelligence artificielle interdiction des paris sur les fluctuations de prix Italie Japon John Maynard Keynes Karl Marx pandémie Portugal psychanalyse robotisation Royaume-Uni Russie réchauffement climatique Réfugiés spéculation Thomas Piketty Ukraine ultralibéralisme Vladimir Poutine zone euro « Le dernier qui s'en va éteint la lumière »

Meta