L’économie du revenu universel financée par la fiscalité du capital, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

J’ai rédigé ce texte comme note de synthèse sur la taxation des robots. J’ai pris le parti de développer l’argumentation politique autant que technique et systémique dans le contexte des négociations de convergence programmatique entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. J’attire votre attention sur le fait que les discours apparemment opposés de Hamon et Mélenchon sur la fiscalité, l’Europe, la souveraineté et le travail sont en fait convergents dans un projet de confédération de l’euro reposant sur une fiscalisation européenne du capital financier.

L’économie du revenu universel financée par la fiscalité du capital

Le régime financier libéral actuellement en vigueur de l’économie repose sur l’indépendance des banques et des entreprises dans l’émission des titres de crédit et dans la circulation monétaire du capital entre les États nominalement souverains. Or la finalité et la rentabilité du capital diffèrent selon les lois et les mœurs propres à des souverainetés distinctes. Entre l’Allemagne et la France par exemple, la valeur ajoutée issue de la transformation du capital par le travail est préférentiellement affectée en France à la rémunération et à l’assurance du travail par la dépense collective publique.

La volonté politique générale différente selon les souverainetés s’exprime par des régimes de propriété, d’obligation, de responsabilité et de fiscalité hétérogènes en calcul économique. Si la monnaie est unique et si les flux financiers ne sont pas fiscalisés d’une souveraineté à l’autre, la liquidité monétaire du capital est mécaniquement aspirée par le pays où les charges légales sont les moins coûteuses, où le partage de la valeur ajoutée est plus favorable au propriétaire du capital et où la fiscalité est la plus légère.

Les monnaies libérales que sont le dollar et l’euro unifient l’espace des échanges et des paiements au-dessus des régimes de droit et de dépense des États souverains. Une souveraineté anonyme de l’argent met les droits individuels, sociaux, collectifs et communs en compétition dans un calcul économique mécaniste où les choses égalent les personnes. Le prix du capital et de la valeur ajoutée s’évapore dans les pays où les finalités économiques ne sont pas suffisamment favorables à l’accumulation et à la concentration du capital.

Déni de la souveraineté : capital sans substance efficiente

Le capital est dans la globalisation libérale déconnecté des souverainetés localisées dans des responsabilités politiques identifiées. Le prix du capital est publié à la condition de l’effacement des États et de la plus faible contribution possible à la dépense commune. Le prix du capital public de souveraineté de l’intérêt général n’est pas mesurable ni provisionné alors qu’il conditionne la réalité du capital privé représentatif des intérêts particuliers.

La non-mesurabilité du capital par la finance libérale en monnaie supra-nationalisée induit un processus d’anéantissement de l’économie réelle de la valeur ajoutée au bénéfice provisoire artificiel de quelques-uns. Les personnes physiques et les sociétés sont dissuadées de travailler soit parce que le coût de leurs droits est trop élevé en monnaie sur le marché mondial unique soit parce que la spéculation financière libre génère des revenus faciles par destruction de la valeur commune non mesurable. La finance libérale n’a aucune contrainte d’allocation des crédits à la transformation réelle du capital par le travail. Donc les États abandonnent leurs missions de police et de justice à proportion de la matière fiscale que la banque supra-nationale soustrait à leur contrôle.

La virtualisation monétaire libérale de l’économie détruit le travail en déconnectant le revenu monétaire d’une part de la réalisation des droits individuels et sociaux mais d’autre part de la délibération sociale marchande de ces droits qui financent la demande en justifiant le travail. La concentration du capital et la rentabilité économique calculable exclusivement sur le rendement financier rend la valeur ajoutée monétisable indépendante des besoins réels universellement délibérables. La croissance économique mesurée en monnaie libérale apparaît actuellement légèrement positive alors qu’il y a une destruction nette réelle de capital évidente par la dislocation des organisations sociales et politiques, la perte des solidarités et la dégradation irréversible des milieux naturels.

Le seul moyen d’inverser la destruction libérale du capital réel dans le travail au service des besoins individuels de tous est la fiscalité du capital. Le capital est stérile sans l’existence de sociétés organisées en États pour identifier, garantir et définir les besoins humains qui adressent une demande au potentiel de production par transformation du travail capitalisé. La valeur ajoutée est inconsistante si mesurée exclusivement par l’accumulation de capital privé au détriment des revenus du travail et de la dépense commune. L’équilibre et la prospérité économique passent nécessairement par la fiscalisation exhaustive du capital à proportion de sa réalité sociale et juridique effective et de la consommation du capital immatériel commun de l’équité et de la justice.

La finance économisée par la fiscalité du capital

Sous le seul angle de la rentabilité réelle du capital qui ne soit pas simulable par des ventes à crédit à une demande objectivement insolvable, il est nécessaire de calculer la valeur ajoutée produite en intégrant tous les coûts de régénération du capital public et privé effectivement consommé. La rentabilité réelle du capital implique la régulation du marché pour une représentation complète et équilibrée de toutes les offres de travail et de toutes les demandes de capital. Fiscaliser le capital conduit à une publication économique de l’inventaire de tous les actifs matériels et immatériels reconnus nécessaires dans les souverainetés circonscrites dans l’État de droit.

La rationalité économique impose qu’un bien de capital soit reconnu tel en prix positif fiscalisable s’il contribue à la production des richesses légalement utiles à tous les ressortissants d’une souveraineté donnée. Un motif économique essentiel de fiscalisation d’un actif est la dépense publique qu’il engendre pour protéger le consommateur, les droits du travail qui le rentabilisent, et pour reconstituer les ressources naturelles consommées ou détruites.

La fiscalisation économique efficace du capital signifie donc un cadastre financier public placé sous le contrôle du pouvoir politique judiciaire. La description des actifs déposés doit être suffisamment détaillée et documentée : pour une identification de tous les propriétaires directs et indirects responsables et intéressés à l’exploitation du capital ; pour une justification argumentée du prix par la rentabilité potentielle, effective ou avérée ; pour un adossement vérifiable du prix actualisé aux crédits qui en rendent l’exploitation liquide ; et pour un calcul plausible du capital de dépenses publiques provisionné à long terme afin d’assurer une rentabilité collective nette durable de chaque actif dans son contexte réel régulé d’exploitation.

La fonction économique de la fiscalité du capital est de donner un prix réaliste juste et durable à tous les actifs productifs d’une véritable valeur ajoutée pour toute la société. Les finalités communes financées par la taxation du capital sont l’assurance du travail des personnes physiques ; la garantie publique de solvabilité en dernier ressort de tous les emprunteurs de liquidité monétaire ; la justice de marché à tous les échelons nationaux et internationaux de la souveraineté politique ; et le financement des dépenses d’investissement collectif commun. La fiscalisation du capital assure la mesure financière du crédit de responsabilité juridique qui puisse être accordé à tous les gérants et propriétaires du capital.

La fiscalisation universelle des actifs fait exister le capital dans sa vraie nature d’information de la matière par la responsabilité des personnes physiques solidaires dans les personnes morales. Autrement dit, toute l’information financière actuellement collectée par les banques et échangée sur les marchés hors la loi au bénéfice de quelques privilégiés devient un patrimoine commun des sociétés politiques instituées au service de l’égalité réelle des droits entre les citoyens. La République et la Démocratie ne sont plus seulement formels mais bel et bien réels pour les personnes physiques égales en droit.

Rationalisation politique de l’économie par le revenu universel

Le principe du revenu universel à l’échelle de chaque souveraineté politique fonde la rationalité économique et juridique d’un système financier de circulation fiscalisée du capital. La raison d’être économique d’un État souverain est d’encadrer et réguler un marché délimité de droits individuels et sociaux où le prix de la valeur ajoutée produite par le travail rémunère toutes les catégories de capital mobilisées dans le jeu économique. Est capital, au moins sous l’angle de la spécification de la demande des biens et services, ce qui garantit l’existence des personnes dans toute la durée de leur vie propre. Les plus faibles qui pour une raison quelconque ne sont pas en mesure de produire instantanément tout ce qu’elles consomment, sont quoi qu’il arrive assurées de vivre dignement à égalité de droit avec les plus fortes.

La fiscalisation du capital en financement du revenu universel explicite la finalité juridique du capital civilisé à promouvoir la capacité de tout individu à rentrer dans un rapport de collaboration juste et fructueux avec ses concitoyens égaux en droit d’existence. La conséquence monétaire de l’universalité du revenu comme finalité ultime du capital est la nationalisation du crédit et des dépôts en monnaie. Le capital monétaire ne doit plus pouvoir franchir une frontière politique sans s’acquitter de ses obligations juridiques formelles et réelles donc fiscalisées. La fiscalisation exhaustive et juste du capital rend caduque l’actuel pseudo-marché des changes international non contrôlé par les souverainetés étatiques.

Le cadastre financier public exhaustif implique forcément un contrôle étatique des entrées et sorties de capitaux. Un État souverain assureur en dernier ressort du revenu universel par la fiscalité du capital est obligé de mesurer précisément tous les mouvements de capitaux afin de prélever sur les capitaux qui entrent la prime d’assurance publique d’application du droit et de régler sur les capitaux qui sortent la prime de crédit du marché domestique vis-à-vis des créanciers extérieurs. La nationalisation du marché des changes transforme les primes de change actuellement captées par les intermédiaires financiers internationaux, en primes d’assurance publique de la justice des transactions et de la solvabilité collective des emprunteurs domestiques.

Si pour leurs paiements domestiques et internationaux les intermédiaires financiers sont obligés de passer par une chambre de compensation publique servie et assurée par des magistrats financiers, alors il est possible de fiscaliser le capital financier à proportion du risque que les transferts sous-jacents déclarés de capital réel font courir au bien être et à la justice commune. Le travail des banques n’est plus de construire des modèles de prix et de crédit qui soustraient la réalité des biens et services produits à la vigilance objective des consommateurs, des travailleurs et des citoyens. Le travail d’intermédiation financière renoue avec son origine : calculer le crédit d’un vendeur par la qualité et la quantité de ses ventes et le crédit d’un acheteur par le respect de la loi commune compensable en paiement de ses primes fiscales.

La souveraineté compensable et partageable en monnaie

La centralisation des paiements monétaires intra et inter-étatiques dans une compensation bancaire judiciarisée, a pour première conséquence pratique de rendre consolidable tous les engagements financiers publics et privés de toute nature à l’intérieur d’un même espace de responsabilité souveraine. L’émission du crédit, des prix du capital, de la monnaie, et des revenus réels du travail, se trouve réintégrée dans l’économie de la valeur ajoutée réelle par la souveraineté des États. Un pays surendetté par la faiblesse de ses exportations ou la fuite de son capital est autonome et responsable à dévaluer sa propre masse monétaire par rapport aux souverainetés étrangères.

Un pays en excédent d’épargne ou de recette fiscale sur sa dépense publique et privée consolidée ne peut plus coloniser les souverainetés étrangères par l’accumulation de créances monétaires. La réintégration des compensations interbancaires dans des souverainetés politiques identifiées et délimitées pose les parités de change monétaire international comme le prix étranger du capital domestique de souveraineté. Une parité de change avec une souveraineté étrangère devient un objectif budgétaire public. La prime de change réglée sur les crédits aux étrangers devient une taxe d’assurance publique de l’équilibre des comptes extérieurs.

L’ensemble des responsables politiques publics et privés à l’intérieur d’une même souveraineté est alors intéressé à défendre une parité de change réaliste pour engendrer un partage universellement bénéfique de la valeur ajoutée domestique. La nationalisation du marché des changes interbancaires transforme les primes de change en taxe sur les exportations de capital et sur les importations de crédit en droit étranger.

Si la fiscalisation des paiements extérieurs est fixée à des taux de prélèvement trop élevés, le partage de la valeur ajoutée domestique devient trop favorable à la dépense publique et à la redistribution des revenus. La rémunération du travail devient trop faible par rapport à la rémunération du droit à l’existence. La production de valeur ajoutée est freinée. Inversement, si la fiscalisation des paiements extérieurs est trop faible, la croissance de la valeur ajoutée devient trop inégalitairement répartie entre travailleurs et capitalistes, dépenses privée et dépense publique : le revenu général moyen baisse par destruction nette du capital commun.

La nationalisation de la compensation des paiements dans la zone euro reviendrait à restaurer la souveraineté politique sur l’espace commun d’échange. D’unité de compte émise par la BCE nominalement indépendante du pouvoir politique, l’euro devient unité de crédit fiscal de la Confédération des États de l’euro à tous les propriétaires publics et privés de capital européen inscrit dans leur nationalité propre. La BCE devient émetteur de la liquidité du crédit du pouvoir politique européen exercé aux deux niveaux de souveraineté national et international. Un État confédéral multinational institue et organise la délibération politique des intérêts mis en commun par la monnaie unique fiscalement commune.

Fiscalisation du capital responsable par la Confédération de l’euro

La raison d’être d’une confédération de l’euro est l’assurance des prix du capital évalué en euro par un marché politique souverain de la fiscalité du capital. Si les membres de la zone euro partagent une même définition du capital comme accumulateur des droits produits par le travail en financement des revenus futurs du travail engagé au service de la prospérité commune, alors ils ont un motif de se doter d’un budget public délibérable commun d’assurance de la démocratie. L’institution d’un État confédéral est le moyen de mutualiser une fraction négociable des recettes de fiscalisation du capital afin de mettre en commun la régulation financière, le financement d’infrastructures et l’assurance du crédit de toutes les souverainetés nationales confédérées.

La nationalisation de l’euro par l’institution d’un échelon confédéral de souveraineté rétablit une économie politique de la gestion du capital au service des citoyens et de leurs sociétés. Toutes les options sont économiquement possibles à l’intérieur d’un État de droit confédéral de monnaie commune. Les Allemands peuvent tout aussi bien conserver tous leurs excédents financiers sous la garantie de l’État confédéral comme les dépenser au bénéfice de toute la zone afin de stimuler la croissance du capital national.

Comme un État confédéral met tout les flux de capitaux intérieurs et extérieurs à la zone de monnaie unique sous le contrôle d’une régulation politique commune, chaque souveraineté est garantie dans son équilibre propre durable de recettes et de dépenses. Chaque État est autonome par sa seule fiscalité domestique sur la circulation collectivement transparente du capital. Mais la circulation du capital étant mesurée par la même unité monétaire visible à tous les États de la zone, nationaux et confédéral, chaque État est libre et responsable devant les autres de fixer sa politique de fiscalisation aux frontières financières collectives de ses projets et objets propres.

Si les Allemands se refusent à l’échelle de leur souveraineté à contribuer au budget confédéral, il leur suffit de ne pas adhérer aux projets confédéraux. Dans la compensation centralisée par la BCE du capital crédité en euro, les Allemands paient alors une prime fiscale nulle au profit des dépenses confédérales. En contrepartie, aucune dépense confédérale ne peut avoir pour contrepartie le travail d’une personne physique fiscalement domiciliée sous souveraineté allemande. Par contre, tous les ressortissants nationaux des États participant à des budgets confédéraux sont bénéficiaires en nature ou en monnaie du prix des services mutualisés. Et tout résident européen s’acquitte en fiscalité nationale de sa contribution à l’équilibre des paiements et du crédit en euro commun.

La fiscalisation différentiable exhaustive du capital en euro sous la responsabilité des États nationaux et d’un État confédéral négociable dans ses objets, crée un vrai système de monnaie adossé à la réalité économique par la contrainte objective négociable de la souveraineté politique. L’euro devient un outil de financement d’une prospérité nécessairement commune par la compensation rationnelle des obligations, des règles, des objectifs et des prix. Le chaos social, politique et financier de l’économisme libéral se résoudra concrètement dans la zone euro par une réévaluation fiscale de l’euro dans la souveraineté allemande et des dévaluations du même euro ajustées aux souverainetés actuellement débitrices nettes de l’Allemagne.

Au delà de la seule rationalité économique, la fiscalisation monétaire universelle du capital matérialise la responsabilité politique mesurable. Toute parole politique devient la matrice d’un capital dont l’emploi peut être délibéré par des sociétés effectivement responsables de la productivité du travail en valeur ajoutée universelle. Taxer les robots signifie alors financer la responsabilité politique et anéantir la rentabilité du capital non investi dans le bien-être réel humainement délibérable des citoyens en sociétés. Les premiers robots à taxer sont ceux de la finance qui accordent des crédits illimités à des paroles politiques vides d’humanité.

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63 réflexions sur « L’économie du revenu universel financée par la fiscalité du capital, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. « le capital..déconnnecté des souverainetés localisées »
    C’est LE problème. Depuis que les principes de Keynes ont fait place aux dogmes quasi-réligieux de l’école de Chicago (à partir des années 70), les gouvernements ont successivement cédé du pouvoir aux institutions financiers. L’une des conséquences de cette politique irrésponsable: la déconnection du capital de l’économie réelle. Dans ce cas se trouve également la BCE.
    Mais en dehors de telles considérations, je constate qu’il n’y a pas de volonté poltique pour mettre sur pied un revenu universel – Benoît Hamon joue un rôle marginal dans ce décor. Et je pense que la majorité de la population active, ceux qui ont un bon emploi ou des revenus convenables, ceux qui font partie du « système », n’en veulent pas. Ils disent qu’il ne faut pas favoriser l’inactivité.

    1. Le scepticisme moralisateur à propos du revenu universel relève d’une intelligence biaisée de la monnaie et du travail. En l’occurrence la finalité du travail serait l’argent indépendant des services rendus aux acheteurs de travail par la médiation monétaire. Et la matérialité de l’argent serait la justification du travail indépendant de ce que les vendeurs de travail en monnaie demandent en biens réels livrables. La religion féroce dont nous sommes imprégnés est la rationalité du faire indépendante de toute finalité humanisante. L’offre crée sa propre demande par la magie d’une matérialité monétaire sans signification réelle.

      1. Il y a des opposants au revenu universel qui se basent sur des considérations purement économiques, comme Jean-Marie Harribey. Il est contre parce qu’il soutient que le RdB n’est pas sous-tendu par une théorie économique qui tienne la route. En particulier parce que ce RdB échappe à toute validation sociale, cad aux mécanismes de marché. Beaucoup d’articles sur son blog, en particulier de ses échanges avec Baptiste Mylondo qui est très favorable au RdB inconditionnel et suffisant.

  2. N’étant pas économiste et au risque de passer pour un débile, comme d’habitude avec les articles de PS du Jonchay, je n’ai pas compris la moitié de ce est dit (et pour la moitié restante, je ne suis pas sûr)

    La syntaxe me semble tout à fait correcte, mais ça n’imprime pas.

    un ex –> « La fiscalisation différentiable exhaustive du capital en euro sous la responsabilité des États nationaux et d’un État confédéral négociable dans ses objets, crée un vrai système de monnaie adossé à la réalité économique par la contrainte objective négociable de la souveraineté politique. »

    1. La fiscalité différentiable exhaustive du capital en euro signifie :
      1) que tous objets de capital producteurs de valeur sociale sont identifiés comme sous-jacents de la monnaie même s’ils ne sont pas reconnus dans l’économie marchande actuelle (exemple : le travail des bénévoles dans l’économie associative ou familiale),
      2) tous les objets de capital sont fiscalisés négativement (impôt) quand ils créent du risque de crédit et de justice et positivement (prime de revenu universel) quand ils accroissent le commun,
      3) les taux différentiés de fiscalisation et de garantie des objets de capital sont délibérés par les institutions politiques identifiées de la démocratie européenne.

      1. Et vous trouvez cela plus clair ?
        Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément… (Boileau).
        J’essaie cette traduction:
        3) La fiscalisation du capital est décidée par le parlement européen? 😉

  3. La clarification absolument nécessaire du type de supra – souveraineté que nous aimerons ou devrons mettre en œuvre , après avoir été abusivement confiée aux marchands ,ne prendrait elle pas le même type d’ornières en confiant à la fiscalité la même mission ?

    1. Il ne faut pas cantonner l’exercice de la souveraineté aux nations mais le concevoir à l’échelle des sociétés de nations comme des collectivités infra-nationales. La fiscalité en est justement l’instrument qui demande des procédures de démocratie à tous les degrés de la souveraineté.

      1. @PSDJ :

        J’avais bien compris , et mon propos n’est pas de nier l’intérêt de la fiscalité dans la marche du monde .

        J’exprime par contre la crainte que l’on ne confie à « un instrument » , la vertu de l’envie du vivre ensemble qui est l’apanage de la démocratie ( qui , dans votre phrase semble cantonnée à un rôle « procédural » , ce qui ne contredit pas vraiment ma crainte !)

        La démocratie en tant qu’envie de vivre ensemble , sera toujours blessée , si elle arrive à l’aval du marché , de la fiscalité , ou de tout instrument « préétabli » . Pour revenir sur ma définition totalitaire , les moyens  » marché » et  » fiscalité  » ne sont pas la fin démocratique .

        C’est vous dire si je ne suis pas un « politique » selon les définitions en cours !

      2. @PSDJ:

        La question qui tue !

        J’ai ,en très petite partie, répondu plus bas ( ou plus haut , je ne sais plus ), mais si j’avais la réponse complète à cette question , je ferais don de ma personne à l’humanité , pour me présenter à l’élection présidentielle , ou signaler à dieu le père qu’il vient de se donner un deuxième fils .

        Exclure que le système économique soit la matrice de la Démocratie me parait un bon début .

        Le système économique ne réalise pas la démocratie , même si un système économique démocratique aurait plus de chances d’y concourir ; il est , dans l’idéal , l’expression opérationnelle déduite de « l’Idéal » que la démocratie permet d’exprimer .

        Et c’est bien sur cet Idéal généreux et fertile , absent , que le monde trébuche par les temps qui courent .

        Entre Idéal et possible , l’œuf ou la poule , action – rétroaction , on peut ergoter , mais on ne peut vivre et survivre sans œuf et poule faits l’un pour l’autre .

        PS : en fait , j’ai sans doute été trop formaté sans le savoir par mon vrai prénom , René , inventé à ce qu’on dit par les apôtres . René signifie né deux fois : de la vie naturelle et de la vie surnaturelle . Disons matérialiste et idéaliste !

        Bon courage !

  4. J’ai trouvé ce texte terriblement nébuleux (comme à peu près toujours avec PSDJ), je ne peux donc pas vraiment en commenter le propos mais seulement exposer mon propre point de vue sur ces sujets:

    1- La fiscalité sur le capital

    – Si l’on considère le capitalisme en tant que dysfonctionnement de l’économie conduisant à une concentration systématique des richesses entre les mêmes mains, sa régulation par la fiscalité ne peut se concevoir qu’à l’échelle globale, faute de quoi on s’expose à des phénomènes de dumping. Problème: L’instauration d’un règle unique à l’échelle mondiale sur ce type de sujet est très improbable. Le recours à un dispositif de type « chambre de compensation » ne règle pas ce problème. On peut même estimer qu’il ne fait qu’ajouter une couche de complexité supplémentaire au problème.

    – L’adossement de la fiscalité sur le capital produit la légitimation de ce dernier en tant que machine à concentrer les richesses: Les recettes de l’Etat se portent dans ce cas de figure d’autant mieux que le capital prospère et ce indépendamment des dommages collatéraux qu’il peut occasionner. Il n’est donc de ce point de vue plus question de le modérer de quelque manière que ce soit, bien au contraire, sous peine de voir les recettes fiscales s’effondrer.

    2- Sur le revenu universel

    Ce dispositif est critiquable de multiples manières:

    – Le principe philosophique sur lequel il repose est en soi discutable: La décorrélation entre revenu et travail évacue un fait pourtant simple et indiscutable: Seul le travail est producteur de richesses. Toute rente, indemnité, revenu ou salaire est directement ou indirectement le fruit d’un travail. Cette recherche de décorrélation est ainsi du même ordre que la revendication de gratuité de certains services: Une mystification comptable/fiscale.

    – Toujours sur le plan des principes, ce dispositif évacue également la dimension éminemment politique du travail, notamment en ce qui concerne la reconnaissance de sa valeur/utilité/nécessité. Il entérine pour de bon la conception capitaliste du travail dans laquelle par exemple l’activité d’un producteur d’ogms ou d’un ingénieur en armement valent forcément plus que celle d’un chômeur puisqu’ils produisent des biens à valeur marchande tandis que l’autre non, évaluation dont on peut pourtant légitimement douter pour peu qu’on emploie d’autres critères d’évaluation. Cette nécessaire discussion sur le bien-fondé de telle ou telle activité humaine ne peut en aucun cas exister une fois que revenus et activités sont dé-corrélés.

    – Sur le plan purement économique, son financement initial ne peut par construction pas être le produit du surplus de fiscalité dont on suppose qu’il le produira; il est par conséquent le fruit d’un emprunt (d’autant plus massif qu’il prétend concerner une part importante de la population), c’est à dire un pari sur une production de richesses pas encore réalisée. L’éventualité de l’échec de ce pari pose en soi un problème majeur. Le recours à un dispositif fiscal préalable pose à peu de choses près le même problème.

    – Son financement courant (au delà du financement initial) par la fiscalité renvoie au problème de la fiscalité décrit précédemment: L’ adossement à la prospérité capitaliste le rend solidaire de cette dernière et par la même aveugle à tout enjeu contradictoire (comme l’enjeu écologique pour n’en citer qu’un).

    – Les montants annoncés sont ridiculement faibles. Conformément à l’article 11 du préambule à la Constitution de 1946 et à son exigence de « garantie de moyens CONVENABLES d’existence » (*), le montant d’aucune indemnité, notamment quand elle a vocation comme ici à remplacer l’ensemble des protections sociales, ne devrait jamais, à minima, être inférieure au seuil de pauvreté (qui est actuellement évalué à 1000 euros/mois environ, me semble-t-il).

    (*) Je me demande d’ailleurs depuis plusieurs années déjà si les dispositifs RMI puis RSA sont bien conformes à la Constitution de ce point de vue.

    1. Je me demande d’ailleurs depuis plusieurs années déjà si les dispositifs RMI puis RSA sont bien conformes à la Constitution de ce point de vue.

      Oh sûrement pas. La preuve : le Conseil n’a pas été saisi du souci dissonant et ne s’est donc pas exprimé sur le souci dissonant. Alors pensez donc, c’est sûr, c’est pas constitutionnel.

      1. @Vigneron

        Au delà de tes habituels et vains sarcasmes, tout ce qu’on peut effectivement dire c’est que le CC n’ayant pas été saisi ni par les élus disposant de ce pouvoir, ni par voie de QPC, le dispositif ne risquait pas d’être déclaré anticonstitutionnel, ce qui ne suffit pour autant pas à conclure qu’il soit conforme à la Constitution.

        Par ailleurs, les modalités de dépôt d’une QPC étant ce qu’elles sont, je vois mal comment une QPC sur ce sujet précis pourrait être posée, étant entendu que les bénéficiaires de minimas sociaux n’ont généralement qu’un intérêt très modéré (euphémisme) à s’engager de leur propre fait dans des procédures judiciaires, pas plus qu’à faire durer celles dans lesquelles ils sont engagés indépendamment de leur volonté, faute notamment de moyens pour en assumer les frais.

      2. Quel sarcasme ? Avec une lecture aussi ridicule du préambule on pourrait tout aussi bien demander d’interdire tout Rmi ou Rsa sur une période prolongée à un adulte valide au nom de l’article 5 (« Chacun a le devoir de travailler… ») ; à littérâleur ou fondamentaliste, littérâleur ou fondamentaliste et demi.

      3. @Vigneron

        Bel exercice de diversion en tout cas. Zapper ostensiblement un commentaire argumenté de plusieurs dizaines de lignes pour se concentrer exclusivement sur la remarque annexe posée en note, fallait oser.

      4. La diversion sur un détail n’est qu’apparente puisqu’un détail peut concentrer les contradictions et faiblesses d’un développement général de la pensée mais la diversion est en ce sens bien réelle aussi, quoique de pure courtoisie, puisqu’elle s’attache à ne pas trop s’appesantir sur le marxisme 001 sous-jacent de la dialectique qui plombe la démonstration sur le thème oh combien léger des contradictions indépassables du capitalisme hors renversement du bazar. Pas de place pour le RU ni pour une fiscalité juste selon un modèle marxiste pour un système capitaliste mondial, on savait, merci.

      1. 14. La République française, fidèle à ses traditions, se conforme aux règles du droit public international. Elle n’entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n’emploiera jamais ses forces contre la liberté d’aucun peuple.

        15. Sous réserve de réciprocité, la France consent aux limitations de souveraineté nécessaires à l’organisation et à la défense de la paix.

        16. La France forme avec les peuples d’outre-mer une Union fondée sur l’égalité des droits et des devoirs, sans distinction de race ni de religion.

        17. L’Union française est composée de nations et de peuples qui mettent en commun ou coordonnent leurs ressources et leurs efforts pour développer leurs civilisations respectives, accroître leur bien-être et assurer leur sécurité.

        18. Fidèle à sa mission traditionnelle, la France entend conduire les peuples dont elle a pris la charge à la liberté de s’administrer eux-mêmes et de gérer démocratiquement leurs propres affaires ; écartant tout système de colonisation fondé sur l’arbitraire, elle garantit à tous l’égal accès aux fonctions publiques et l’exercice individuel ou collectif des droits et libertés proclamés ou confirmés ci-dessus.

      2. @Vigneron :

        Resterait donc plus qu’à revisiter le droit public international en le rendant plus ambitieux et soucieux de survie de l’espèce ….

        Le droit , c’est la force et la limite du philosophe . C’est l’une des deux moitiés d’orange . Celle qui prend en charge le présent et l’avenir proche .

        Et qui ne peut rien durablement , pas plus que la fiscalité , si l’autre moitié de phi lia et de créativité inouïe, n’est pas elle aussi au rendez vous du passé et du hors temps .

        Pour que le « système » vie fonctionne avec ses quatre pistons temporels .

        Il faudra plus que Macron et Bayrou ,pour que la peste totalitaire soit maintenue dans ses cavernes reptiliennes mortelles .

      3. @PSDJ :

        – Vous m’avez bien compris .

        – Votre argumentaire se justifie par l’efficacité finale revendiquée en opposition au système actuel . Il a le grand mérite de commencer à éclairer la relation capital-revenu- travail ( ou de façon plus large , activités).

        – Le discours politique s’emparera (peut être) de ces interrogations et remises en cause , si les choses sont dites plus « à portée de compréhension courante ».

        – Il y a sans doute encore à revenir et être plus complet et pédagogique sur les différences entre économie de marché , capitalisme , libéralisme .

        – La force , encore sans héritière selon mes souhaits , du Libéralisme philosophique originel , c’était d’avoir conçu un modèle alliant une vision métaphysique, morale , avec un modèle concrètement opérationnelle du monde . Ce modèle vampirisé par le capitalisme industriel d’abord , financier ensuite, est devenu autodestructeur . Je m’étais fendu d’essayer d’en relever les trois antinomies qui lui faisaient tendon d’Achille et contradictions internes . J’avançais aussi que c’était par la notion de propriété ( énoncée dans un monde alors vécu comme sans limites) que le Libéralisme avait camouflé ses contradictions .

        – J’en reste à imaginer que le changement de système ne pourra valablement et réellement se faire ,que si la nouvelle proposition agglomère de façon aussi explicite que possible : le « désir » porté par l’empathie et la créativité , et le « comment » porté par l’organisation , les ressources et le courage de l’action à court et moyen terme . La propriété , le travail ( l’activité) , les revenus , la fiscalité , la gratuité , la redistribution … font bien évidemment partie de ce « Comment », et votre talent est grand d’essayer d’en démontrer de nouvelles cohérences possibles en faisant la chasse aux vieilles lunes .

        – Mais cette nouvelle cohérence restera lettre morte si elle n’est pas (d’abord ?) souhaitée par désir , pour que se confortent mutuellement le pourquoi et le comment ( dont j’ai pu écrire qu’à ce jour , seul le sourire de ma mère m’avait donné une représentation aboutie ) .

        – Oubliez tout mon laïus, et faîtes comme vous le sentez , ce sera toujours mieux !

    2. Est-ce que je vous comprends si je constate que votre critique de la décorrélation envisagée entre travail et revenu porte sur le risque de rompre le lien de causalité que nous projetons intuitivement ou moralement du travail au revenu ? Si donc je comprends et j’approuve ce que vous dites, j’attire votre attention sur ce qui spécifie le capitalisme libéral financiariste que nous connaissons actuellement : la dissolution de la causalité dans la corrélation.

      Autrement dit, dans l’hypothèse libérale la réalité économique doit s’analyser exclusivement sous l’angle de la détention du capital qui est le seul déterminant des prix, de l’équilibre général des prix, de l’investissement et de la croissance de la valeur ajoutée. Subsidiairement, la seule force qui doive orienter le travail est le calcul de l’accroissement possible du capital quelles que soient les mains qui le détiennent et quelles que soient les « causes » de l’accroissement mesuré de sa masse par le système financier libéral.

      Pouvons-nous efficacement remettre en cause ce système si nous nous privons d’examiner les causes réelles possibles qui sont « scientifiquement » recouvertes par les modèles économiques et financiers n’exprimant que des corrélations ? Que se passera-t-il dans la réalité si la cause du revenu est exclusivement le travail reconnu tel et mesuré par les seuls critères du système économico-financier libéral ? A quoi sert l’Etat, la société civile, le discours politique si tous comptes faits, la corrélation entre revenu et travail fonctionne toute seule le moins mal possible par les déterminismes du système économique actuel ?

      1. @PSDJ

        « Est-ce que je vous comprends si je constate que votre critique de la décorrélation envisagée entre travail et revenu porte sur le risque de rompre le lien de causalité que nous projetons intuitivement ou moralement du travail au revenu ? »

        Oui. Sans travail, pas de production de bien ou service, marchand ou non. Aussi providentielle qu’elle soit, même la manne doit être récoltée pour bénéficier à qui que ce soit. Le salaire notamment est une euphémisation commode de cet état de fait, il est même nécessaire pour nous permettre entre autres de dépasser le cadre de l’économie purement vivrière, vers laquelle tout le monde ne serait pas disposé à retourner aujourd’hui.

        « Que se passera-t-il dans la réalité si la cause du revenu est exclusivement le travail reconnu tel et mesuré par les seuls critères du système économico-financier libéral ?  »

        « Le travail reconnu tel et mesuré par les seuls critères du système économico-financier libéral », c’est dors-et-déjà ce que nous vivons aujourd’hui même, aux quelques niches près héritées du CNR telles que la fonction publique ou la protection sociale, mais qui sont violemment remises en causes en toutes occasions par les adeptes de la « religion feroce ».

        C’est justement tout l’enjeu du salaire à vie tel que décrit par Bernard Friot de changer (de le démocratiser, pour être précis) le choix des critères d’évaluation du travail par délibérations récurrentes de commissions paritaires dédiées.

      2. aux quelques niches près héritées du CNR telles que la fonction publique ou la protection sociale

        Quelques niches… la première représentant plus d’un emploi sur cinq et la deuxième plus du tiers du Pib, soit autant que les salaires nets reçus par les ménages.

      3. Ah vigneron, heureusement que tu es là pour donner les chiffres purement objectifs et neutres idéologiquement qui disent la vérité vraie…

        Sauf que neutres, ces chiffres ne le sont absolument pas.

        Le calcul des « dépenses » de protection sociales additionne allègrement des choux, des navets et des carottes sans grand rapport entre eux ou même avec notre discussion, avec le but affiché d’instruire un procès exclusivement à charge du système de protection sociale.

        Le terme même de « dépenses » dans ce contexte exprime à lui seul le biais idéologique dans lequel se vautre ce genre d’analyse chiffrée, faussement objective, alors même que les prestations sociales offrent du pouvoir d’achat à des personnes qui n’en auraient plus autrement et donc par le jeu de la consommation, des revenus aux autres.

        Quant au chiffre de 20% de l’emploi par la fonction publique, jusqu’à preuve du contraire, c’est encore une nette minorité, non?

        Bref, tu es anti-marxiste, pour ne pas dire franchement capitaliste, et tu tenais à le faire savoir… Je crois que depuis le temps, c’est bon, on a compris.

    3. Il y a 13 millions de gens qui ne travaillent pas et ont un revenu (trop faible pour certains) et qui s’appellent retraites, elles sont payés par ceux qui travaillent (cotisation ou impôt… ), il ne reste plus qu’à étendre cela à 50 millions de personnes. Ce qui chiffonne le capitalisme, c’est qu’on démotiverai des millions de pigeons qui travaillent pour se faire plumer et fournir du dividende au capital.
      Depuis des millénaires la pluie arrose la terre et permet la vie, mais on n’attend pas de ce système de créer de l’eau supplémentaire, or le capital attend 110$ quand il n’en investit que 100… donc il finira par se casser la gueule en entrainant avec lui une grande partie de l’humanité…
      Dans l’ensemble de la masse monétaire qui tourne dans le monde, la masse de l’économie réelle n’atteint pas 1%, la finance joue avec 99,xx% du total, effectivement, lui piquer 1% risque de la mettre sur la paille.

  5. Interceptée ce matin au marché, une discussion entre la vendeuse de salades et sa cliente :
    (Lucette ) »- (..)l’égyptien, y veut mettre tout le monde à 800 euro d’office alors que moi avec mes 40 ans de cotisation j’y arrive à peine, 40 ans à nettoyer j’vous dis pas quoi.. »
    (La frisée) »- Eh oui ma bonne dame, il va nous mettre sur la paille celui-là, en plus z’avez pas vu mon voisin qui deal 50g de drogue et se fait 2 fois mon salaire et qu’il joue aux jeux vidéo toute la journée, ce serait le comble qu’il touche des sous en plus(…) »
    Je vous laisse imaginer la suite…une bonne guerre…LA Marine et tout ça…
    A part ça, joli texte, bel effort.

    1. @ Ludyveen

      Cet échange est la preuve qu’une idée nouvelle doit absolument être expliquée de manière claire, concise, convaincante, avec des réponses toutes prêtes aux inévitables critiques, si l’objectif est d’avoir la moindre chance de convaincre.

      Je ne crois pas que le revenu universel ait encore jamais été expliqué de cette manière.

  6. Comme d’autres l’ont exprimé avant moi je ne comprends que couic à la prose invitée ce jour.
    Par contre l’un des commentaires me fait réagir :
    « Seul le travail est producteur de richesses. Toute rente, indemnité, revenu ou salaire est directement ou indirectement le fruit d’un travail. Cette recherche de décorrélation est ainsi du même ordre que la revendication de gratuité de certains services : Une mystification comptable/fiscale »
    Cette « décorrélation » peut s’envisager comme une réponse à la question de la répartition du « fruit du travail ».
    Par ailleurs le financement de telles mesures, gratuité de certains services et salaire à vie, ne passe pas nécessairement par l’impôt ou la taxe, depuis quelques décennies déjà, nous avons « inventé » la « cotisation » qui a l’avantage d’être hors circuit « financier » et que nous pourrions décider d’étendre.

    1. @RV

      Sauf que justement, Bernard Friot revendique avec le salaire à vie ce lien indéfectible entre travail et rémunération, et ce de manière tout à fait explicite.

      Il se trouve précisément que les critiques que j’ai formulées plus haut à propos du revenu universel sont pour l’essentiel celles émises par Friot lui-même.

      C’est bien effectivement parce que le revenu universel ne repose pas sur le même mode de financement et qu’il n’impacte pas de la même façon le mode de production capitaliste (il le favorise au lieu de le modérer) qu’il ne doit en aucun cas être assimilé au salaire à vie, et qu’il est éminemment critiquable.

      1. Je ne comprends pas tout ce que vous me dites.
        La production de richesse est le résultat d’un travail.
        Comment le lien « de nature » entre richesse et travail pourrait-il être condamnable ?

      2. @RV

        Effectivement, vous ne me comprenez pas du tout. A aucun moment je ne dis que le lien entre production de richesse et travail est condamnable, je dis même exactement l’inverse: C’est la tentative d’évacuer ce lien par le revenu universel qui est condamnable.

        Or, le revenu universel ne doit pas être confondu avec le salaire à vie précisément parce que ce dernier maintient intact le lien entre travail et production de richesse.

      3. « C’est bien effectivement parce que le revenu universel ne repose pas sur le même mode de financement et qu’il n’impacte pas de la même façon le mode de production capitaliste (il le favorise au lieu de le modérer) qu’il ne doit en aucun cas être assimilé au salaire à vie, et qu’il est éminemment critiquable. »

        Le sens réel des terminologies employées pour s’interroger sur le revenu, le travail, le capital et les moyens de vie économiques n’est saisissable qu’en considération du mode de financement et du système financier générateur de la liquidité du financement. Le « salaire à vie » n’est pas de même nature ni de même conséquence sur l’économie réelle selon qu’il est versé par l’état providence de la société politique ou par prélèvement sur la plus-value des actionnaires d’une société privée. De même le « revenu universel » a des effets radicalement différents sur l’économie réelle de la production et de la consommation selon que son financement est prélevé sur les dépenses de production ou sur les dépenses de consommation, et selon que les taxations ou cotisations portent sur des biens consommables ou durables, sur les patrimoines particuliers privés ou sur les patrimoines sociaux collectifs.

        Dans le régime actuel de la finance libérale, et le salaire à vie et le revenu universel sont des arnaques objectives. Simplement parce que l’absence de cadastre financier centralisé interdit la consolidation comptable des obligations, engagements et liquidations des personnes morales qu’elles soient publiques étatiques ou privées à intérêt particulier. Le résultat concret est que toute assurance universelle d’un revenu ou d’un salaire minimum ne peut être qu’une promesse politique intenable ou inefficace parce que forcément financée par des recettes fiscales insuffisantes prélevées sur les revenus des salariés qui ne peuvent pas se soustraire à l’impôt. Le modèle social français n’est actuellement pas finançable dans le régime du marché unique en euro où les détenteurs financiers du capital sont par construction bénéficiaires de privilèges fiscaux et des plus-values d’asymétrie d’information économique non régulable.

        Le régime actuel de financement libéral de l’économie est construit pour asphyxier la fonction providentielle des États et des sociétés politiques. Proposer des assurances sociales à la personne dans le régime actuel de la circulation absolument libre du capital revient à demander d’arroser les sables du désert. On est sûr du non-résultat et de l’insanité ou du cynisme de celui qui prend un tel engagement. Instaurer un revenu universel ou un salaire à vie, c’est réellement rétablir les souverainetés nationales et internationales pour taxer la circulation monétaire du capital à proportion de la non-contribution du capital physique sous-jacent au bien-être de tous les citoyens.

        Il suffit concrètement de voter dans la loi française qu’un euro dont le capital sous-jacent de son déposant n’est pas taxable par la République n’a aucun pouvoir libératoire et que tout paiement sans déposition légale du capital du payeur est soumis à une taxation pénale punitive au bénéfice du capital public commun de la démocratie française solidaire de la démocratie européenne. « Se débarrasser du capitalisme [libéral] est une question de survie [en tant qu’humain civilisé] ».

      4. @PSDJ

        La définition du salaire à vie comprend entre autres choses une description relativement précise de son financement par augmentation des cotisations sociales/patronales ainsi que par réaffectation des salaires au niveau macro-économique (65% du PIB environ selon Friot) par l’établissement d’une échelle estimée à ce jour entre 1500 et 6000 euros mensuels, et éventuellement encore par réaffectation de la part non-réinvestie des bénéfices (15% du PIB selon Friot).

        Il n’est donc question ni de l’Etat providence à proprement parlé, et encore moins du système financier dans le financement d’une telle mesure, mais simplement de la généralisation du système de protection sociale tel qu’établi à l’issue de la seconde guerre mondiale en France.

        Il est en revanche effectivement question d’une remise en cause drastique de la propriété lucrative dans ce modèle, seule à même de permettre cette réaffectation des richesses là où elles sont nécessaires.

    2. Il faut remplacer le mot « richesse » par « dollar ». Vous plantez un parterre de fleur, vous n’avez pas créé de richesse, vous les coupez pour les vendre, vous pourrez créer de la richesse en dollars.
      Effectivement, il y a 13 millions de gens qui ne travaillent pas et ont un revenu (trop faible pour certains) et qui s’appellent retraites, elles sont payés par ceux qui travaillent (cotisation ou impôt… ), il ne reste plus qu’à étendre cela à 50 millions de personnes. Ce qui chiffonne le capitalisme, c’est qu’on démotiverai des millions de pigeons qui travaillent et s’agitent pour se faire plumer et fournir du dividende au capital.
      Depuis des millénaires la pluie arrose la terre et permet la vie, mais on n’attend pas de ce système de créer de l’eau supplémentaire, or le capital attend 110$ quand il n’en investit que 100… donc il finira par se casser la gueule en entrainant avec lui une grande partie de l’humanité…
      Dans l’ensemble de la masse monétaire qui tourne dans le monde, la masse de l’économie réelle n’atteint pas 1%, la finance joue avec 99,xx% du total, effectivement, lui piquer 1% risque de la mettre sur la paille.
      Masse économie réelle:
      PIB 73 kM$ / 12 = 6,2 kM$
      Masse financiarisée:
      Dette 200 kM$ + capital boursier 63 kM$ + dividendes 1,1 kM$ + évasion fiscale 26 kM$ + dérivés financiers 710 kM$

  7. Je préfère la gratuité des besoins élémentaires, au revenu universel.
    La première nécessite de se rapprocher pour connaître ces besoins et les mettre en œuvre. C’est une action sociale.
    Le second n’est qu’un versement automatisé qui permet d’ignorer le bénéficiaire.

      1. La gratuité sera durable dans la mesure où chacun aura compris (éducation) ce que signifie réellement ce qu’est une planète fini et ainsi adapté un comportement conséquent avec cette réalité, ce n’est pas encore le cas et se ne sera possible dans le cadre économique actuel.
        Advenant un virage à 180 degrés de l’économie actuelle le RU serait dans la transition une étape vers la gratuité des biens essentiels…. si le concept de limite de la planète est bien assumer…

      2. @Alain Audet

        Comprendre la finitude de la planète est une condition nécessaire mais non suffisante. Il faut aussi pouvoir mesurer à chaque instant si ces limites sont atteintes ou non, pour l’ensemble des ressources non renouvelables, faute de quoi on pourrait très bien se retrouver dans une situation encore bien pire que celle que nous connaissons actuellement.

        C’est notamment une raison pour laquelle la gratuité, qui par définition interdit toute possibilité de comptabilité, est une fausse bonne idée.

      3. Le capitalisme ne risque pas de durer longtemps, au rythme de prédation qu’il fait à la planète pour fournir en dividendes le capital. Seul le partage avec une prévision sur le très long terme (au moins 10 siècles) et une dénatalité peut permettre à aux humains de ne pas s’éclater dans une 3éme guerre mondiale.
        Mai il faut une prise de conscience mondiale,… difficile avec la renaissance des nationalismes.

    1. Vive la gratuité ! À bas le RU d’essence libertarienne !
      Citoyen en colère pas dupe des combines des politicards :-))

      Revenir vers le présent lesté des questions que se posaient les Athéniens ou les révolutionnaires français, pour voir comment elles peuvent résonner avec nos questions. (Sophie Wahnich, extrait Le Radeau démocratique).

      https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/avons-nous-perdu-le-sens-de-la-democratie

  8. Franchement, bien que j’ai l’impression que vos textes contiennent des idées et des manières intéressantes de voir les choses, la forme de vos écrits est juste incompréhensibe. Exemple:
    « Le prix du capital public de souveraineté de l’intérêt général n’est pas mesurable ni provisionné alors qu’il conditionne la réalité du capital privé représentatif des intérêts particuliers ».
    Et il y a au moins 3 phrases par paragraphe qui provoquent la même perplexité.
    Soit le discours est formulé dans un langage clair qui va permettre aux forces progressives de l’utiliser afin de formuler des propositions d’actions, soit autant prendre un acide et relire votre texte après l’affaire fait traduit en chinois par google traduction et retour! Walai!

  9. Globalement, le système économique n’échappe pas aux imperfections de tout système construit. Comme n’importe quel jeu de catégories, le système économique n’est pas un écosystème assez complexe pour s’autoéquilibrer. Il se comporte comme un écosystème du type de ceux qu’on trouve sur des périmètres restreints, fonctionnant par cycles, par crises cycliques bien connues des spécialistes des systèmes comme Von Foerster et autres) Toute l’énergie de Friedrich Hayek a été orientée par la conviction que l’économie était assez complexe pour former un écosystème autorégulé. Se rendant compte que ce n’était pas tout à fait le cas, il a quand même pointé le déficit de communication comme responsable de l’échec catallactique. Mais il aurait tout aussi bien pu se rendre compte que l’étendue et la biodiversité du système économique sont très insuffisants pour stabiliser cet écosystème restreints en proie aux dinosaures du moment. Toute la démarche de PSDJ me semble être de vouloir corriger les imperfections, de rééquilibrer le marché au moyen d’outils fiscaux. Oui, c’est ce qu’on fait pour réguler un four, ou une machine limitée quelconque qu’on souhaite réguler, on injecte et on extrait de l’énergie. On veille à éviter les poches d’accumulations qui risquent de devenir explosives ou incontrôlables. Mais la principale question qui demeure, c’est de trouver un moyen pratique de régulation, sans pour autant avoir recours à un gouvernement mondial raisonnable. C’est beaucoup de conditions. Bon, alors, on fait comme sur l’ile aux cochons de Foerster, on laisse le cycle aller jusqu’à la prochaine étape? Est-ce qu’on a le choix?

  10. A Stuttgart, en Souabe ou en Allemand ou en Anglais, des Allemands et autres parlent d’Europe. Surréaliste vu de Gaulle.

    (…)A woman said that maybe the problem with the European Union — or at least the common currency, the euro — was that it was too advantageous to Germany. “Because we have a common currency, we get an edge in exports,” she said. “I profit from this. Thanks!”

    “Do you think this is harming our neighbor countries?” Armbruster asked.

    “Yes, definitely,” she responded.

    “Germany was always a problem in Europe,” interjected Andre Wilkens, a Berlin-based policy wonk who was one of the evening’s featured speakers but mostly sat and listened. “The EU was formed to solve that problem.”

    Others got up to say that Europe needed more solidarity, with Germans leading the way. It needed more of a sense of community. More attention needed to be paid to the millions of jobless young people in Greece, Italy, Portugal and Spain.

    (…) One major theme that emerged was that Europe needs a defining idea or set of ideas. Wilkens suggested at one point that while the European Union has come to be seen mainly as an economic institution, more emphasis should be given to its founding idea: « After centuries of war, how about peace? » His fellow panelist, Heidelberg-based novelist and journalist Jagoda Marinic, said the quest for unifying European ideas ought to reach back much further. You know, liberté, égalité, fraternité and all that. (…)

    https://www.bloomberg.com/view/articles/2017-02-23/the-europhile-s-case-for-europe

  11. Je suis incapable de comprendre ce texte de Pierre Sarton du Jonchay. Je ne vais donc pas commenter son sens. Je veux juste partager une interrogation, ou plus précisément une stupéfaction.

    Comment est-il possible de discuter une proposition de revenu universel sans citer le moindre CHIFFRE ?

    Ce texte n’en contient aucun. Et c’est une constante des textes sur ce sujet, invariablement très courts sur l’explication des sources de financement envisagées, c’est-à-dire pour parler net de quel Pierre il s’agit de déshabiller pour habiter Paul, combien d’argent a Pierre, combien on peut donc lui prendre et suivant quel mécanisme.

    Comment espérer avoir la moindre chance de convaincre que le RU pourrait être un système judicieux si l’on ne donne pas le moindre élément permettant d’apprécier son réalisme ?

    Je suis désolé, mais l’impression produite par une réflexion longue et fouillée qui évite soigneusement d’aborder la question est une discussion sur le sexe des anges.

    1. Excellente remarque absolument fondamentale ! La quantification a priori des équilibres économiques d’une organisation politique indéfinissable est la quintessence du nihilisme libéral. C’est comme annoncer une mesure par un nombre sans interroger l’unité de mesure employée ou résoudre une équation sans interroger les grandeurs mises en équivalence. On crée une illusion de rationalité sans avoir rien dit. Mieux on subtilise la réalité qualitative derrière les apparences quantitatives aux dépens des bonnes volontés qui cherchent à partager quelque chose avec leurs prochains qu’ils croient concitoyens.

      1. Je comprends bien la nécessité de préciser l’unité de compte, lorsqu’on parle d’un chiffre. Ici, il s’agirait d’argent, compté en euros.

        Je peux tout à fait comprendre par ailleurs que l’on souhaite critiquer voire remettre en cause la notion de prix. Soit.

        Il n’empêche que les mathématiques, non contentes d’avoir donné naissance à l’écriture – les premières tentatives étaient des registres de compte, le reste est venu après – sont un instrument fondamental de notre appréhension de la réalité, à commencer par leur utilisation en sciences. Refuser toute comptabilité et tout chiffre, ce serait refuser cette forme d’appréhension de la réalité.

        Il n’empêche que toute bonne volonté prête à partager quelque chose avec ses concitoyens sera intéressée à savoir quoi, comment et combien. Si on ne le lui précise pas, les chances de la convaincre sont minces.

        Le général Foch, soumis au stress permanent de décisions lourdes à constamment prendre rapidement, avait l’habitude en plus de ses neuf heures de sommeil quotidiennes d’interpeller tout interlocuteur par cette question : « De quoi s’agit-il ? ». Le quidam moyen, qui a bien souvent des soucis assez lourds de tout ordre, a le même genre d’exigence.

        Il est nécessaire de trouver moyen de lui répondre, et de manière concrète et claire. S’il s’agit d’une division : où ? S’il y a préparation d’artillerie : combien et à quelle heure ?

        Si le général n’est pas convaincu, l’offensive n’aura pas lieu.

    2. J’avais fait un calcul.
      En y consacrant tout le budget des pensions, du chômage, de la lutte contre la pauvreté, bourses d’étude, allocations familiales, on peut espérer offrir +- 500 € par mois à chaque citoyen de plus de 18 ans.

      Sans impôt supplémentaire.

      1. Environ 500 € par mois à chaque citoyen adulte, cela représente environ 50 millions x 6 000 = 300 milliards d’euros dans le cas de la France. Soit plus ou moins 14% d’un PIB à 2 200 milliards.

        Cette proposition est sérieuse, parce qu’elle est suffisamment concrète pour pouvoir être appliquée : les sources de financement sont précisées.

        Le gros problème que j’y vois, c’est qu’elle me semblerait très injuste, et d’ailleurs qu’elle pourrait de ce fait avoir des effets de bord assez massifs :
        – Elle supposerait d’abandonner les objectifs d’aider spécifiquement certaines situations : études longues, enfants en bas âge. Si dans certains cas l’aide serait la même voire supérieure, dans d’autres elle serait inférieure
        – Le pire, c’est qu’elle reviendrait à diminuer très gravement les pensions de retraite et d’allocation chômage. Pour les retraités, cela signifierait en pratique « tout le monde est mis à l’ASPA », anciennement appelé minimum vieillesse. Pour la plupart cela signifierait avoir des prestations de chômage permanentes mais basses, plutôt que relativement élevées mais limitées dans le temps comme aujourd’hui
        – Quelle serait d’ailleurs l’acceptabilité sociale du paiement par les salariés d’une part assez élevée de leur salaire – sous forme de charges – à l’assurance retraite et à l’assurance chômage… si en échange ils n’en retireraient aucun avantage particulier ? On peut soit dit en passant juger que ce serait souhaitable, le débat est permis dans un sens comme dans l’autre, quoi qu’il en soit entre avoir un tel débat et faire accepter pour de bon un tel système… la distance est à mon avis grande

      2. Je vois mal comment un système de RU pourrait être basé sur autre chose que sur des ressources nouvelles – ressources entendues dans le sens fiscal du terme, des sources de financement de la collectivité publique.

        S’il s’agissait de ré-allocation de ressources existantes, cela poserait un problème de justice en remplaçant des actions publiques ciblant des besoins précis (retraite, chômage) par des actions beaucoup plus faibles car dirigées « tous azimuts ». Il y aurait aussi un problème d’acceptabilité.

        Ou encore, cela pourrait être un simple « toilettage » d’aides existantes, comme le proposait sauf erreur Manuel Valls, ce qui ne serait qu’une manière d’enterrer le sujet en grande pompe, et alors mieux vaudrait le dire ouvertement.

        – Pourrait-il s’agir d’une fiscalité plus lourde sur les profits ? C’est envisageable, mais il faut être conscient des volumes en jeu. Le total des profits des entreprises du CAC40 était en 2015 de 53,5 milliards d’euros. D’autre part, le taux de l’impôt sur les sociétés payé par ces entreprises était en 2014 de 26%, contre 32% en moyenne pour les PME. Il y a donc de la marge pour égaliser ces taux. Il pourrait aussi être question de les augmenter.

        Il n’empêche que même en parlant de l’ensemble des entreprises non des seuls grands groupes, il s’agirait tout au plus d’un certain (petit) nombre de dizaines de milliards. Si l’on parle de 500 euros mensuels par adulte, il faut à peine moins que 300 milliards, même si l’on défalque les quelques aides déjà existantes qui y seraient englobées.

        – La seule source envisageable pour de nouveaux financements – j’ai bien dit « envisageable » pas davantage – ce serait le revenu des impôts sur l’automatisation.

        Pour que cette source se matérialise vraiment, une première condition préalable est que notre civilisation industrielle aujourd’hui condamnée devienne durable. Comment arrêter l’effondrement écologique et faire face à l’épuisement des énergies fossiles et des gisements minéraux, sans menacer la prospérité voire l’existence de huit puis dix milliards d’êtres humains ?

        La deuxième condition est que les bénéfices de l’automatisation soient partagés. Elle est difficile en elle-même, mais bien moins que la première.

        Ces deux conditions une fois remplies – nous en sommes évidemment fort loin – les bénéfices croissants de l’automatisation pourraient servir effectivement à créer un revenu universel, qui serait progressivement augmenté à mesure des progrès de l’automatisation.

        Ma préférence irait vers des aides plus importantes, mais limitées dans le temps et conditionnées à la poursuite d’études ou de formations. Ce qui aurait l’avantage moral de ne pas détacher le revenu de l’activité, ici l’étude, en plus de l’avantage primordial d’aider à faire face au besoin critique d’augmenter le niveau de formation moyen de l’ensemble de la population, face à la disparition progressive de la plupart des travaux peu voire moyennement qualifiés.

      3. « Quelle serait d’ailleurs l’acceptabilité sociale du paiement par les salariés d’une part assez élevée de leur salaire – sous forme de charges – à l’assurance retraite et à l’assurance chômage… si en échange ils n’en retireraient aucun avantage particulier ? On peut soit dit en passant juger que ce serait souhaitable, le débat est permis dans un sens comme dans l’autre, quoi qu’il en soit entre avoir un tel débat et faire accepter pour de bon un tel système… la distance est à mon avis grande. »

        La réponse à votre question telle que vous la posez après avoir effectivement procédé à une mesure quantitative cohérente et réaliste est immédiate : le RU n’apporte pas grand chose de plus aux personnes qui en ont besoin et les effets de bord que vous mentionnez à bon escient sont rédhibitoires. Ainsi débouchez-vous l’air de rien sur l’affirmation que le RU ne peut être financé que par les salariés ce qui suggère que la fiscalisation du capital n’est pas même pensable. D’où il faut alors comprendre qu’il n’y a aucune rationalité économique alternative cohérente avec un RU qui rétablisse un équilibre économiquement efficace de la valeur ajoutée entre la rémunération du travail et des droits sociaux, et la rentabilité du capital financier. TINA, CQFD

      4. Parlant du système économique en cours Timiota dit:
        «sont dans le mauvais fonctionnement économique/social du capitalisme (consumérisme et religion de la croissance étant des manifestations de ce mauvais fonctionnement)»
        J’ajoute surendettement constant/remboursement de la dette publique et privé, destruction/épuisement des ressources, changements climatiques.
        Tout ces phénomènes reliés aux activités humaines qui dépasse la capacité des écosystèmes à nous fournir les ressources de base essentielles à la vie…ce qui exige comme solution une diminution marqué des ces activités humaines
        Comment pouvez-vous ne pas concevoir un changement drastique de système économique?

      5. « Ainsi débouchez-vous l’air de rien sur l’affirmation que le RU ne peut être financé que par les salariés ce qui suggère que la fiscalisation du capital n’est pas même pensable. (…) TINA, CQFD »

        Plus exactement je commente une proposition concrète qui, effectivement, ne faisait intervenir que des ressources fiscales déjà existantes. J’écris dans le commentaire suivant que justement des ressources nouvelles sont indispensables pour un RU.

        L’augmentation de la taxation du capital est tout à fait pensable, c’est la première piste que j’évoque. Le problème ce sont les volumes, que je ne fais qu’estimer à la louche c’est vrai – il faudrait être plus précis – mais si mon estimation n’est pas trop loin de la réalité l’ordre de grandeur n’est pas le bon, ce sont des dizaines de milliards, quand des centaines de milliards seraient nécessaires à un RU un peu conséquent, par exemple les 500 euros par mois évoqués par Hadrien.

        Ce qui ne signifie évidemment pas qu’il ne soit pas souhaitable de taxer plus sérieusement ces profits, dont la tendance ces dernières décennies est à l’augmentation démesurée. Simplement, le produit de cette taxation ne pourra pas être suffisant pour financer un RU, il s’en faudrait de beaucoup.

        A mon sens, il vaudrait mieux l’utiliser pour des projets communs, et je pense en premier lieu à tous ceux qui peuvent servir à la transformation de notre civilisation industrielle afin qu’elle devienne durable, donc ne provoque plus d’effondrement écologique et ne repose plus sur des ressources finies et en voie d’épuisement. Plusieurs dizaines de milliards d’euros annuels ne seraient pas de trop pour l’effort massif de R&D et d’investissement qui me semble objectivement indispensable et urgent. Ou plus précisément pour la part de la France dans cet effort, qui serait souhaitable dans tous les pays.

      6. @Jacquot dit :
        24 février 2017 à 17 h 26 min

        Votre évaluation d’un RU, dont vous précisez justement et pertinemment les finalités macro-économiques, est convaincante dans le contexte monétaire actuel de la circulation privatisée du capital et de l’adossement de l’émission monétaire aux seuls actifs cotés sur les marchés financiers privés, lesquels fonctionnent explicitement dans la zone euro au-dessus des capacités de régulation économique, juridique et sociale des États qui sont cantonnés à l’échelle nationale et neutralisés à l’échelle du marché unique.

        Vous rappelez à bon escient qu’en plus de restreindre les possibilités de fiscalisation du capital en financement d’une revalorisation nécessaire de l’investissement social, professionnel et technologique humain, le cadre économique de la concurrence marchande globalisée ne permet pas de financer l’investissement public et privé dans la régénération du capital commun naturel qui subit un prélèvement net intenable à moyen long terme.

        RU ou pas RU, vous admettez finalement que le régime économique actuel n’a rien de durable même en faisant l’impasse sur la justice sociale et le bien-être universel. Le risque cognitif est donc circonscrit à s’affranchir du paradigme libéral de la monnaie et de la finance non régulables par la responsabilité des personnes morales étatiques au-dessus de la concurrence chrématistique des intérêts particuliers privés.

        Si l’on pose le principe d’un cadastre central par État et par association ou confédération d’États, telle la confédéralisation de la zone euro par un parlement et un gouvernement financiers spécifiquement eurozonal, alors s’ouvrent deux perspectives totalement nouvelles :
        1) l’identification comme capital en garantie du crédit des actifs immatériels communs financés par la dépense publique ou collective,
        2) la fiscalisation exhaustive de la plus-value du capital selon la contribution évaluable des investissements sous-jacents à l’équilibre général du bien-être qui soit plus qu’un privilège de classe.

        Dans ce paradigme alternatif qui n’est autre que l’actualisation de la chambre de compensation keynésienne inter-étatique, tous les revenus financiers spéculatifs accumulés dans les paradis off-shore sont réintégrés dans l’économie réelle pour être investis dans des besoins communs solvabilisés par la mise hors concurrence des normes sociales, juridiques et environnementales engagées par les différents niveaux de la souveraineté rétablie. L’étatisation de la compensation interbancaire permet la fiscalisation financière du capital par la liquidité monétaire. Outre que la fiscalité financière du capital assure la régulation du crédit, des changes et de la stabilité du pouvoir d’achat monétaire, elle constitue un gisement de ressource publique quantitativement adaptée à la garantie d’un revenu d’existence minimal et au financement des politiques de transition énergétique et de régénération du milieu naturel.

        La logique de compensation assise sur un cadastre central de tous les actifs intègre tous les niveaux de risque, de responsabilité, d’objectivité et de liquidité. Cela signifie que la notion de revenu n’est plus juste quantitative mais intégralement qualitative, de la singularité des visions particulières, spécifiques privées à la généralité des visions publiques, collectives et communes. La comptabilité en monnaie numére compensée agrège la légalité, la justice, le risque avec la réalité matérielle objectivement dénombrable. La quantification par les prix et les budgets n’est plus dissociable de la qualification par les lois, les intentions, les engagements et les preuves de propriété responsable.

  12. Pour Jacquot, on a tendance à comparer le PIB à des masses, or celui-ci n’est la répétition d’une masse salariale par 12 mois. Donc le RU (vous l’appelez comme vous voudrez) n’est qu’un mois seulement à multiplier par x millions. Le PIB monde est de 73.400 milliards de dollars ce qui donne un poids de piston de 6,1 kM$ qui actionné 12 fois fait le PIB. L’évasion fiscale est chiffrée à 26 kM$, soit 4 fois plus que le poids du piston, en donnant 1000 $ à chaque humain, il ne faudrait que 7 kM$ pour que tous les humains soit au-dessus du seuil de pauvreté,… question: est-ce que le capitalisme s’en porterai plus mal …

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