Monsieur Macron, s’il-vous-plaît…

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Monsieur Macron, s’il-vous-plaît, que le nombre d’emplois éliminés d’ici 2050 soit de 50% comme le disent certains ou de 30%, comme le disent d’autres, que d’ici 100 ans ce soit la totalité des emplois qui aient disparu ou seulement 98% d’entre eux, peu importe, parce que, quoi qu’il en soit, c’est se payer la gueule du monde que s’efforcer de résoudre la question du travail sans la remettre entièrement à plat dans le cadre qui est le sien de sa disparition massive du fait de l’automation et de l’informatisation galopantes.

Monsieur Macron, s’il-vous-plaît, « ne pas décourager les éventuels créateurs d’emploi » en réduisant l’impôt sur les grosses fortunes, alors que le nombre de richissimes dont le patrimoine équivaut à celui de la moitié la moins riche de l’humanité est tombé en deux ans seulement de 62 à 8, c’est se payer la gueule du monde. Voulez-vous que ce nombre tombe à un ? ou à moins encore ? et qu’on dise un jour prochain que les possessions de la moitié la plus pauvre du genre humain correspondent à 67% ou 68% de la fortune du pacha X ou Y, confortablement assis sur le travail des autres ?

P.S. Monsieur Laurent Berger, s’il-vous-plaît, souhaitez-vous que l’on affirme que vous vous payez la gueule du monde en prétendant d’une part représenter les travailleurs, et en vous affirmant d’autre part simplement « déçu » par les annonces d’aujourd’hui, et en n’appelant pas à la manif du 12 septembre ?

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163 réflexions sur « Monsieur Macron, s’il-vous-plaît… »

  1. Je passe sur le fond du propos avec lequel pour ma part je ne crois pas. (avec emploi du mot verbe croire au sens de croyance à dessein. Où sont les chiffres ? références. Nada comme d’hab)

    Par contre j’aimerais bien qu’on m’explique cette phrase « alors que le nombre de richissimes dont le patrimoine équivaut à celui de la moitié la moins riche de l’humanité est tombé en deux ans seulement de 62 à 8 ».

    –> ???? Contresens ?! Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement disait quelqu’un.

    1. Quand on débarque, on débarque ! Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ?

      Contresens ? Vous voulez qu’on vous explique le sens de la phrase « alors que le nombre de richissimes dont le patrimoine équivaut à celui de la moitié la moins riche de l’humanité est tombé en deux ans seulement de 62 à 8 » ? Ne pensez-vous pas que celui qui prendrait la peine de vous expliquer ça pourrait consacrer son temps à des tâches plus intéressantes ?

      1. C’est le sens même de votre phrase qui est incompréhensible. Expliquez- vous ou non, faites comme vous voulez, ça m’est égal. Mais au moins faites au moins l’effort de formuler vos phrases de façon claire. C’est quoi ces 62 et ces 8 ?

        Mais peu importe, sur le fond. le jour où vous fournirez des références, des études, des chiffres qui étayent vos propos, je prendrai la peine de les lire, moi. Je ne demande qu’à vous croire, soyez-en sûr sauf que pour le moment, je ne vois que du vide sur du vide. Vous pouvez comprendre ça, vous, ou non ??? C’est simple ce que je vous demande, c’est la moindre des choses. Ou faut vous croire sur parole ???? non mais vous rigolez j’espère ?

      2. Les 8 premières fortunes mondiales représentent 500 milliards de dollars, soit la fortune totale calculée des 3,6 Milliards d’humains les plus plus démunis. Bref les 8 premiers refilant leurs paquets d’actions aux 3,6 milliards, ceux-ci verraient leur pécule perso passer de 140 à 280 dollars en moyenne, de 500 à 1 000 milliards au total.
        A noter que les $400 milliards, au minimum, promis à ce jour par les 170 milliardaires du Giving Pledge de Gates/Buffet ne sont pas inclus dans le patrimoine des 3,6 Milliards. Les créances collectives sur fonds de charité ne sont ni comptabilisables ni attribuables. Des limbes de fortune en quelque sorte…

      3. @vigneron
        Votre calcul, si je comprends bien, on prend aux riches (en effet, ils sont riches) et on distribue aux pauvres (et il s’agit bien de pauvres malheureusement). Cette opération, si je comprends bien, on la fait une fois. Car leurs actions, ils vont les vendre car ils ont besoin d’argent, ce faisant vous devinez la suite. Et puis on se retrouve en 1793. Notez que j’ai rien contre 1793.

      4. Yep, on est d’accord, ça n’a aucun sens.
        Et ce genre de pirouette statistique à la Oxfam est encore plus risible quand on se rend compte en étudiant leurs chiffres et graphiques que les Européens et Américains du Nord sont plus nombreux parmi cette moitié de pauvres que les Chinois (mieux : 0% de Chinois dans le premier décile mais 26% d’Européens/AmNord). Ou bien que votre petite niece avec ses 20 € dans son nourrain rosâtre est plus riche que 2 milliards de « pauvres » surendettés…

    2. C’est d’autant plus effarant si l’on réalise que Kerviel n’est plus l’homme le plus pauvre d’Europe (passé de moins 4,9 Mds à moins 1 million) et a donc augmenté de presque 4,9 Mds le patrimoine des plus pauvres…

      1. à vigneron,31 -8-19h46
        Un peu de formation continue pour vigneron serait-elle nécessaire?(le « calcul » n’a de sens qu’à l’instant t
        et ce que vous racontez l’oublie….:il faut retourner à
        l’école).Mais le cas est moins désespéré que pour le
        dénommé « juste z »,à coup sûr le dernier de la classe
        en provenance d’on ne sait d’où:
        (près du radiateur?vous moquez-vous?:62 et 8 ce ne sont que des nombres de gens,classés par ordre
        décroissant de patrimoine de telle sorte qu’en
        additionnant ces patrimoines on arrive à par exemple ici la moitié de la somme totale des patrimoines les moins élevés).Le passage de 68 à
        8 est ainsi un indicateur tout à fait performant,et
        au demeurant bien connu,de l’amplification des
        inégalités(en queue de distribution),de l’instant t
        à un instant postérieur.

      2. Non Devillebichot, pas la moitié mais la totalité du patrimoine de la moitié la plus pauvre de l’humanité.
        Et non le passage de ce nombre de milliardaires de 68 à 8 ne marque pas une augmentation de l’inégalité de fortune entre les deux groupes mais bien plutôt un changement dans l’évaluation de la fortune des plus pauvres par Oxfam d’une année à l’autre, divisant par plus de trois le montant de cette fortune.

      3. Ne pas oublier ou négliger le fait que la statistique ne fournit elle aussi qu’un point de vue parmi d’autres, elle met progressivement au jour certains ressorts cachés d’une mécanique, elle ne pose pas la question de l’existence de cette mécanique. Une description dépend nécessairement de l’observateur et des conditions matérielles d’observation, et ne permet donc pas de saisir les choses telles qu’elles sont en elles-mêmes.

      1. Ce n’est pas ça la question, je ne conteste absolument pas l’effarante disparité des patrimoines et des revenus.

        C’est la thèse de la disparition du travail que je lui demande de justifier. Jusqu’à preuve du contraire, c’est un mythe. Qu’on m’apporte un jour une étude qui le montre.

      2. @juste z
        Il est impossible de prouver quoi que ce soit : l’INSEE et Pôle Emploi ne sont même pas d’accord sur les chiffres du chômage. Au mieux, si on a des chiffres, on fait des corrélations entre phénomènes qui n’ont rien à voir, et on dit que ça constitue une preuve. C’est la méthode préférée de monsieur Jorion, mais pas seulement, ses adversaires ont le même biais (on ne demande pas leurs chiffres aux capitalistes, d’ailleurs personne ne connaît ces gens ni leur blog).

      3. http://www.oxfordmartin.ox.ac.uk/downloads/academic/The_Future_of_Employment.pdf

        in :

        http://www.pauljorion.com/blog/2017/01/30/piqure-de-rappel-le-monde-la-grande-transformation-du-travail-lundi-21-mardi-22-avril-2014-2/

        mais

        http://www.usine-digitale.fr/editorial/pour-l-ocde-les-47-d-emplois-menaces-par-le-numerique-sont-tres-surestimes.N392192

        Sauf que, si je me souviens bien, il s’agissait dans le cas de l’OCDE d’une enquête reposant sur l’avis des gens concernés. Méthodo que Jorion réfutait par la surestimation de la complexité de la tâche à effectuer, facile au contraire à implémenter (algos), et par l’incitation financière d’autant plus grande que les salaires sont élevés (cas paradigmatique des traders).

        Toutes choses étant égales par ailleurs :

        http://www.pauljorion.com/blog/2007/07/18/quest-il-raisonnable-de-dire-a-propos-de-lavenir/

      4. à vigneron,31-8,22h47
        Oui.Vous corrigez comme il convient l’erreur qui m’a
        échappée,dans vos deux premières lignes.Merci.
        La question de l’inégalité est assez souvent clarifiée
        par ce que les statisticiens appellent la COURBE DE
        GINI ou encore l’indice de GINI.On peut l’appliquer
        aux « patrimoines »(éléments « stocks » à l’instant t) ou
        plus généralement aux « revenus » (qui,eux,n’ont de
        sens que durant une période de temps donné).En
        fait,il n’est pas si simple de bien comprendre le sens
        d’une « courbe de Gini »tout simplement parce qu’il
        ne s’agit absolument pas d’une courbe de type
        « habituel ».Elle présuppose un ordonnancement de
        la « variable » considérée,que l’on « intègre-additionne » progressivement selon l’ordre voulu.

      5. 1/ Revoyez Schumpeter et le concept de destruction créatrice. Ce n’est pas parce que ça commence à être poussiéreux que ça ne se vérifie pas.

        2/ le marché des Biens & Services est par définition un marché. S’il n’y a pas de revenus, il n’y a pas de demande et donc pas d’offre.
        On n’en est pas encore là visiblement.

        Pour le reste, Jorion – madame Irma parle d’horizon à 100 ans, ça tient de la boule de cristal.

        Maintenant autre chose:
        Pour justifier 1500 euros par mois, il faut avoir constamment quelque chose à dire quitte à ce que ce soit n’importe quoi. C’est le syndrome de l’éditorialiste, quelqu’un comme Frédéric Lordon passe la moitié de son temps à en parler. Pourtant je ne crois pas que vous en soyez conscients.

        Faites une expérience: arrêtez de donner 1500 euros par mois, non pas parce que « Jorion c’est mal », mais juste pour voir si par le plus grand des hasards ça n’aurait pas quelque influence sur ce qu’il raconte.

        De mon côté, je vous prédis qu’à l’horizon de 100 ans le marché du hoax (-ford ?) a encore un bel avenir….

      6. @juste z :

        Vous pouvez prédire ici tout ce que vous voulez , mais il n’y aura pas besoin de 100 ans pour apprécier vos propos .

        « T’es toi quand tu causes « .

    3. Soit X la valeur totale du patrimoine des 3,75 milliards de personnes les plus pauvres au monde.

      On additionne les patrimoines de la personne la plus riche au monde, puis de la suivante, etc. jusqu’à ce qu’on arrive à un total dépassant X.

      N est le rang de la dernière personne la plus riche dont on a ajouté son patrimoine au total.

      Il y a deux ans, N valait 62. Cette année, il vaut 8.

      Voir ici pour la source https://www.oxfam.org/fr/salle-de-presse/communiques/2017-01-16/huit-hommes-possedent-autant-que-la-moitie-de-la-population

      Et ici pour une discussion remettant en cause le calcul https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/0211708281352-les-8-hommes-les-plus-riches-du-monde-possedent-ils-autant-que-la-moitie-de-lhumanite-comme-le-dit-oxfam-2058505.php

      Laquelle discussion ne me convainc personnellement pas, car elle revient à contester la décision d’Oxfam de retrancher les dettes des plus pauvres à leur patrimoine, afin de calculer leur patrimoine net.

      Or c’est bien ainsi que l’on calcule le patrimoine net – calcul classique s’il en est. Du coup, je comprends assez mal les réticences du commentateur des Echos, ou bien je suis tenté de les comprendre comme une réticence à regarder la réalité en face…

      1. Ben si kâmême, l’étudiant frais émoulu-endetté de Harvard plus pauvre que le dernier des mendiants de Mumbai, tss. Et surtout diviser par trois le patrimoine de la moitié de l’humanité d’une année sur l’autre, tss tss…

      2. à Jacquot 31-8-2017,20h43
        Désolé Jacquot,mais votre 1er paragraphe n’a pas de sens(ou est incomplet).Vous renvoyez à l’idée selon
        laquelle la population s’élève à 2 fois 3,75 milliards de personnes.Tout est clair pour le reste.
        La question de savoir comment est « calculé » ce qu’on
        convient d’appeler le » patrimoine »,est bien évidemment
        tout à fait essentielle.

  2. Laurent Berger comme Jean-Claude Mailly regrette qu’on ait entaché les prérogatives des syndicats, mais ne s’émeuvent pas du tout des régressions des droits des travailleurs. JC Mailly bientôt à la retraite vise un poste à l’OIT avec l’appui du gouvernement, Berger, comme Notta, Maire, Chereque (paix à son âme) vant lui a une place réservée d’office quand son tour viendra.
    Il reste à espérer qu’ils se fassent déborder par leur base les jours qui viennent.

    1. Je crois que Mailly , Martinez et Berger connaissent mieux leurs et la base que Alain .

      Pour ce qui est de l’OIT , je ne verrais que du bien à ce que le maximum de collègues y rejoignent Bernard Thibault .

      1. Ça ne serait pas la première fois que les syndicats se font déborder par leurs bases, c’est le cas de la plupart des mouvements sociaux dernièrement. Que vous envouragiez le double language des leaders syndicaux pour pouvoir pantoufler ça n’engage que vous, je suis plutôt adepte de l’honnêteté. Jc mailly a déjà placé son principal negotiateur conseiller auprès de la ministre du travail au mois de mai dernier, renseignez vous. Après on s’étonne que la banque natixis, par la voix de Jean artus ponde une note alarmante sur le risque important d’une révolution des salariés. Je ne peux pas mettre de lien ici mais votre navigateur vous aidera

      2. Huhuhuhuhu… Artus nouveau prophète des Insoumis, ça m’fait trop marrer.
        Ils oublient juste de signaler ou de constater que l’étude d’Artus concerne le bloc US/GB/Eurozone/Japon et que la France, au moins dans les chiffres et graphiques, est bien loin de s’y reconnaître. Il est vrai qu’en ne pesant guère plus que 6% du Pib et 8% de la population de la zone en question, on y est un peu noyé…

      3. @Alain Elineau :

        Il y a des petites choses qu’il m’arrive de connaître , parfois même , de l’intérieur .

        Je suis un peu surpris que vous en connaissiez mieux sur  » la base » et son comportement , que les trois responsables que je citais .

        Sur l’OIT comme « planque « ou « coup de chapeau » , comme les temps longs me sont plus importants que les caméras furieuses , je confesse croire que les grands leaders syndicaux français ( et Thibeau est l’un d’eux ) y sont plus utiles qu’à la tête quotidienne de leur propre centrale .

  3. Je crains que « Jupiter » ne soit hermétique à vos arguments Mr Jorion.

    Le pire étant qu’il est probable qu’il croie que « sa politique » est la seule à même de nous tirer de l’ornière du chômage de masse !

  4. Tous les spécialistes savent très bien que ces mesures ne seront pas créatrices d’emplois. Quel est donc le but recherché ? La soumission.
    Précariser l’employé, c’est mieux le soumettre à l’arbitraire. Tu veux revenir demain ? Alors ne rechigne pas à dépasser l’horaire pour le même salaire. Soumission. Voilà la « modernisation » du « Code du Travail ».
    « Alors ma belle, tu veux revenir ? Tu es mère célibataire ? Tu as besoin de ce salaire ?, alors fais moi une petite gâterie…. »
    ZOLA, au secours !! Ils sont entrain de rembobiner le film des luttes sociales !!

    1. Les mesures créatrices d’emplois, tout le monde les attend. C’est vraiment égoiste de votre part de ne pas nous les donner. Cruel, même.

    2. Zut alors, et de bousiller la parabole de l’ouvrier de la dernière heure…lequel arrivé en fin de journée bénéficiait du même salaire que le travailleur ponctuel et assidu ayant presté ses 8 heures??…qui peut croire à ces fariboles?

  5. Et le modèle de Macron c’est l’Allemagne où pas plus tard qu’aujourd’hui, je lisais un article du Suddeutsch Zeitung (journal généraliste plutôt centre gauche donc Macron compatible!) sur les taux incroyables de travailleurs pauvres.
    Alors les amoureux du veau d’or vont me dire, salaud! menteur! casseur de rêve! où sont les chiffres,?
    Voici l’article: « Ran an die Firmenerben, Spitzenverdiener und Kapital-Millionäre »: http://www.sueddeutsche.de/wirtschaft/ungleichheit-in-deutschland-ran-an-die-firmenerben-spitzenverdiener-und-kapital-millionaere-1.3646077
    (Pour le lire traducteur de Google soit en Anglais ou Français et à la fin on comprends…).
    Des articles comme celui ci , vous en trouverez plein dans la presse Allemande. Alors certains vont me rétorquez, oui mais ils vont voter Merkel et on t’emmerde! Et c’est vrai ! Alors je repartirais la queue entre les jambes en me disant que le travail de culpabilité et de repentance que le peuple Allemand subit depuis la seconde guerre mondiale a bien porté ses fruits. Impossible pour ce peuple de voter les extrêmes alors on peut serrer la vis sans problème…enfin pas trop quand même car si la pièce pète , on risque encore de morfler…….
    Quel monde de merde…..Paul tu veux toujours le sauvé????

  6. « Héroïque » mais pas téméraire ?

     » ce ne fut pas Waterloo , non ,
    mais ça ne fut pas Arcole ,
    ce fut l’heure où l’on regrette d’avoir manqué l’école … »

    Ou le blog de Paul Jorion .

    Mais Attali peut lui glisser un mot lors des manifestations parisiennes du forum « économie positive » …?

  7. Nous avons notre 1er ministre sur la 2 actuellement qui répond au journaliste lui demandant s’il changera des « trucs » dans la loi ou la loi elle-même si « les rues sont pleines », il répond : « à la marge »
    que c’est aimable de le dire avec ces mots si doux, au lieu de dire franc et direct :
    – RESTEZ CHEZ VOUS.

    1. Aussi faibles soient mes sympathies pour la stratégie économique du président Macron, il faut tout de même reconnaître que la Constitution dispose que la politique du pays est faite par le gouvernement et par le parlement.

      Et non par les manifestations, même si elles rassemblent un ou deux millions de personnes.

      Ce n’est pas une raison pour s’abstenir de manifester, soit dit en passant. Mais il ne faut pas s’illusionner sur les chances d’exercer une influence réelle sur un gouvernement dont le président a été élu dans un fauteuil et qui dispose d’une majorité en béton armé à l’Assemblée.

      Il ne faut pas non plus se mentir : c’est mauvais, c’est scandaleux oui. Mais c’est légitime. Car c’est ce que le pays a voté.

      Dans cinq ans, on verra les résultats, et on en reparlera.

      1. J’avais pas remarqué que le parlement faisait les lois. Il les vote encore yeux fermés, nez pincé et il en redemande.
        Enfin avec les ordonnances, on peut se demander s’il ne va déléguer son pourvoir au gouvernement de manière permanente, c’est tellement plus « efficient ».

      2. le pire pour moi, et d’autres sans doute, n’est pas le pouvoir du gouvernement mais sa répercussion dans les esprits : toutes les manifs sur les retraites aussi massives qu’elles furent n’eurent aucun effet. Un pouvoir n’est jamais définitif (même pour 5 ans).

        ou le pire serait-il tous ces syndicats sauf 1 qui appuient ses mesures (je crois que le mot exact est : traitres) ? Et comme ils sont tous promis à la mort ou l’impuissance autant se faire hara-kiri après tout… ou viser des postes plus prometteur (voir @Alain).

        tiens le PS lui proteste : ce qu’il en reste se réveille-t-il ? ou espère-t-il en un avenir plus digne pour sa survie ?

      3. « Il ne faut pas non plus se mentir : c’est mauvais, c’est scandaleux oui. Mais c’est légitime. Car c’est ce que le pays a voté. »

        Quelle fantaisie de parler de légitimité à propos de la politique de ce gouvernement, quel résultat pourrait bien vous satisfaire dans cinq ans avec cet énième rdv manqué? Il faut que cela s’arrête, les TPE vont couler en premier et c’est elles que les ordonnances devraient relancer alors que nous voyons dans les yeux de Gattaz un air de défi pour savoir si oui ou non les Français vont accepter autant d’ignominies de la part de leur classe dirigeante? A vous entendre on accepte et on en reparle mais il ne faut pas trop se résigner. Le coeur du texte qui est la négociation ne transparait pas dans le management présidentiel trop autoritaire et expéditif.

      4. @AnnieS
        Le pouvoir n’est effectivement pas définitif. Mais, avec tout mon respect, les gens de votre génération devraient être modestes dans leurs conseils, au regard de la situation qu’ils laissent aux jeunes d’aujourd’hui. Sans parler de votre empreinte carbone, s’il est vrai que vous avez fait 300 fois le tour de la terre depuis les années 40 comme vous disiez l’autre jour.

      5. @ Cornélius
        « A vous entendre on accepte et on en reparle »

        Ce que j’accepte, c’est la réalité qu’Emmanuel Macron a été désigné président par le plus grand nombre de Français, non seulement au second mais encore au premier tour. C’est la réalité que nos concitoyens ont porté au parlement une majorité de députés LREM c’est-à-dire des gens dont la qualification est d’être Macron-godillots.

        J’accepte en somme de reconnaître que je suis minoritaire.

        Minoritaire peut-être pas dans les réponses aux sondages (réformer le code du travail n’est pas populaire) mais dans les ACTES qui sont ce qui compte en République. L’acte du citoyen c’est d’abord et avant tout le vote, aux présidentielles et aux législatives. Et l’abstention est aussi un acte, celui de remettre à ses concitoyens le soin de prendre une décision que l’on choisit les yeux ouverts d’approuver d’avance.

        Je remarque au passage qu’aussi néfaste que promette d’être l’action de Macron, il n’y a – pour l’instant – rien à lui reprocher du point de vue du respect des électeurs. Il n’a pas fait de volte-face à la Hollande – ou à la Chirac 1995 – faisant campagne sur une chose puis faisant le contraire une fois en poste. Il avait tout annoncé d’avance. Les électeurs n’ont pas été trompés, ils ont décidé en connaissance de cause.

        Est-ce que je me résigne à ce que cette situation soit définitive ? Bien sûr que non ! Est-ce que je dis que la décision que nous avons collectivement prise était bonne ? Non, je pense que c’était une sottise.

        Mais en attendant d’arriver à faire changer non seulement de sentiment (« j’aime pas ce que fait le gouvernement ») mais surtout d’acte (« je vote contre ceux qui annoncent des politiques semblables »), eh bien je reconnais ce qui est, et je reconnais aussi qu’en démocratie ce sont les décisions de la majorité qui s’appliquent.

        Pas les miennes à moi qui fais partie d’une minorité, même si je suis convaincu d’avoir raison.

        Quant à arriver à faire changer d’acte ceux qui ont approuvé tout cela, de trois choses l’une :

        1. Soit je me trompe lourdement, le pays se portera beaucoup mieux en 2022 suite à la politique mise en oeuvre par Macron. Ce serait préférable bien sûr, mais je n’y crois pas une seconde

        2. Soit je ne me trompe pas, le pays sera durement frappé par les conséquences de la politique suivie, auquel cas la roche Tarpéienne n’est pas loin du Capitole, et Macron aura au moins eu l’utilité historique de dégager les vieux partis PS et LR et de démontrer – définitivement cette fois ? – que poursuivre dans la voie actuelle de l’Union européenne est une impasse, en somme il aura donné à la fois l’opportunité – un terrain dégagé – et la motivation de chercher enfin une autre voie

        3. Soit enfin, éventualité trop négligée, Macron étant fort loin d’être un imbécile et se rendant compte relativement tôt dans son mandat que sa stratégie a échoué – que l’on se rapporte par exemple au billet de François Leclerc « Les grandes illusions de Macron » – aura de lui-même fait une volte-face ou du moins un infléchissement majeur de trajectoire… mais pas dans le même sens que Hollande ni Chirac-1995

        Le facteur déterminant je crois sera beaucoup moins intellectuel – Macron encore une fois a l’esprit fort délié – que personnel, voire psychologique : se résigne-t-on à quarante ans à un échec au moins aussi humiliant que celui de Hollande, venant clore une trajectoire jusque là ascendante comme une fusée, et ne laissant comme perspective que de vivoter le restant de ses jours dans le mépris de la majorité de ses concitoyens ? Et sans rien tenter pour conjurer ce destin ?

        Hollande a passé au moins les trois dernières années de son mandat dans un état de « coma », d’absence de désir et de force interne, seule la façade était toujours là. C’était un homme à l’espoir éteint, il continuait parce qu’il ne savait pas imaginer encore moins vouloir autre chose.

        Y aura-t-il encore assez de « peps » en Macron en 2018 ou 2019 pour refuser cela ? Saura-t-il utiliser son orgueil évident dans une direction positive, c’est-à-dire chercher une voie de sortie quelle qu’elle puisse être, plutôt que pour se replier sur soi dans la raideur et maintenir une politique dont il aura compris qu’elle n’a pas d’avenir ?

        Je n’en sais rien, mais l’hypothèse est au moins à prendre en considération.

        Et quel que soit le scénario qui se réalise… de toute façon, l’avenir reste ouvert.

      6. Le fond de l’interrogation posée par vos échanges n’est pas inconnu et depuis longtemps : c’est celui de pouvoir / contre-pouvoirs . Celles et ceux qui ont pu tâter ou tâtent de l’engagement syndical ,s’y trouvent confrontés en tant que force théorique/ réelle/dévitalisée ou pas de contrepouvoir dans les cadre des lois républicaines , la Constitution au premier chef .

        On peut se livrer alors à une polémique institutionnelle , selon moi sans issue voire contreproductive dans un simple cadre national assujetti en réalité à un système mondial .

        Il n’y a pas d’équilibre Pouvoir/contrepouvoirs , de démocratie possibles , si les tenants des deux bords ne partagent pas au moins , et préalablement ,une analyse du monde et de sa destination à court et moyen termes.

        La seule bonne raison de se compter dans la rue ou dans les urnes , si les deux visions sont en strabisme divergent .

        Le « dialogue social » n’est pas dissocié du « dialogue parlementaire », et le dialogue parlementaire et/ou gouvernemental n’est pas dissocié du système économique mondial .

      7. Roberto dit :
        31 août 2017 à 23 h 19 min
        « les gens de votre génération devraient être modestes dans leurs conseils, au regard de la situation qu’ils laissent aux jeunes d’aujourd’hui. Sans parler de votre empreinte carbone, s’il est vrai que vous avez fait 300 fois le tour de la terre depuis les années 40 comme vous disiez l’autre jour. »

        LES GENS ? qui ? car ça manque de précision. Incluez-vous les clochards qui dormaient sous les ponts ? Les femmes seules avec enfants ?
        MON empreinte carbone ? je vous informe que je possède un voiture depuis les années mi-90, qu’à Paris je « roulais » en métro ou à pied.
        Pour mes voyages j’ai le plus souvent pris le train… quand il se distribuait partout dans les provinces, que nous roulions années 60/70 en collectif max permis dans 1 seule voiture,

        subsidiairement à quoi ça sert de « faire le tour de la terre », car voyager n’est pas survolez comme vous le sous-entendez par cette formule creuse, mais se mêler aux autres civilisations pour les connaitre et apprendre d’eux.

        je crois surtout que vous êtes une grande victime des médias.

      8. à Jacquot,
        J’ai voté Macron au 2nd tour et pourtant sa légitimité ne me semble pas aller de soi, elle ne peut se constituer uniquement par cette élection. Beaucoup de jeunes et de moins jeunes ont voté pour lui pour son charisme et sa jeunesse, c’était sa première élection après avoir failli avec le gouvernement Hollande, il ne peut sortir renforcé par son expérience, les raisons de son élection sont ailleurs.
        « La légitimité repose sur une autorité qui est fondée sur des bases juridiques ou sur des bases éthiques ou morales, et permet de recevoir le consentement des membres d’un groupe » (wikipédia), c’est pour cela que la légitimité pose questions avec ce gouvernement, qui concentre tout ce que le peuple rejette, élu par rejet de l’extrême-droite qui gagnait en légitimité du fait des inconséquences des gouvernements précédents.
        La réforme du code du travail doit relancer le marché de l’emploi, libérer les énergies dans les entreprises, donner de la visibilité aux employeurs. Or, si cela peut s’entendre, ce grand chantier a été vite expédié. Le résultat est qu’il n’y a même pas de quoi mobiliser pour une grande manifestation (la déception des leaders de FO ou CFDT est bien légitime, cette réforme ne changera rien, il conviendrait de s’opposer sur le non-dit -la disparition du travail- plus que sur le contenu des ordonnances). C’est donc par ordonnances que ce texte se trouvera légitimé et il n’y a pas vraiment de quoi s’offusquer de ces mesures, si ce n’est que ce n’est pas du tout le sujet d’actualité ou que cela ne prévoit en rien les changements qui nous attendent, mais cela est voulu, c’est une communication de diversion de prôner le dialogue social quand sont évincés les vrais sujets.
        Le ressort psychologique du président est un sujet intéressant. Vous dites « Le facteur déterminant je crois sera beaucoup moins intellectuel – Macron encore une fois a l’esprit fort délié – que personnel, voire psychologique : se résigne-t-on à quarante ans à un échec au moins aussi humiliant que celui de Hollande, venant clore une trajectoire jusque là ascendante comme une fusée, et ne laissant comme perspective que de vivoter le restant de ses jours dans le mépris de la majorité de ses concitoyens ? Et sans rien tenter pour conjurer ce destin ? » Sarkozy a reconnu qu’il a eu des responsabilités politiques trop jeunes. Mais ces jeunes loups sont élus, la faute en incombe aux électeurs. Et quand le mandat se termine, le prix des conférences qu’ils donnent à travers le monde indique qu’on est toujours ravi de les entendre, du moins peuvent-ils le penser en toute bonne foi. Dans cinq ans il aura une solide expérience pour continuer sa carrière ailleurs.

      9. C’est aussi mon avis, attendons 5 ans. J’attends le gouvernement sur deux sujets, la mobilisation massive sur les ENR, car EM s’est engagé à flécher les investissements sur les ENR à concurrence de 6 réacteurs nucléaires en 5 ans (?, voire un peu plus), sur l’amélioration du fonctionnement des administrations (de meilleurs services avec des ressources diminuées), sur la réforme de la formation professionnelle et de l’éducation.

        Quand à la loi travail, va-t-elle permettre plus de partage de la politique, de la stratégie au sein des TPE ? On verra.

        J’attends aussi la future politique du logement. EM entend faire baisser les loyers, donc et ce n’est clair pour les gens, faire baisser le prix des logements, même de votre résidence principale. On verra dans 5 ans.

        JL Mélenchon et M. Le Pen, s’ils avaient été élus auraient mis la France à genoux. En fait, non car ils n’auraient pu mettre en place leur programme… On aurait revécus les années 81-83. On est passé à côté d’une récession politique, quelque soit les bonnes idées qu’il y a derrière.

        Pour casser la machine à concentrer les pouvoirs, on peut vouloir casser la machine, ce qui ne mène à rien. Il faut trouver un autre levier. On verra !

  8. Je doute que la loi que le gouvernement Macron a presenté aujourd’hui sera susceptible de créer, à moyen terme, des emploi – je n’y crois pas du tout. Cette loi pourra être bénéfique pour les marges des entreprises, mais ce sera tout.
    On en a fait l’expérience en Allemagne: on raconte aux étrangers que les fameuses (et maudites) lois « Hartz » seraient à l’origine de la baisse du chômage. Ce n’est pas tout à fait exact. L’industrie allemande était déjà sur une ligne ascendante bien avant, vers 2000. Le taux relativement bas du chômage de l’Allemagne est le résultat de plusieurs facteurs: une concentration soutenue sur l’export, une population qui vieillit plus vite que prédit, un système de formation adapté aux besoins de l’économie, une gamme de produits de haut niveau qui se vend bien et partout etc. D’autre part les lois Hartz permettent de morceler et précariser des emplois, ce qui fait diminuer statistiquement le nombre des chômeurs.
    Je ne comprends pas que le gouvernement francais se fatigue toujours à nouveau pour trouver une baguette magique contre le chômage de masse. Il n’y en n pas. Tant les « élites » continueront à bâtir des châteaux en Espagne (« projet européen » et ses principes de la libre concurrence…..), et tant les problèmes inhérents à la mondialisation économiques en sont pas abordés avec des solutions au bout, le chômage de masse, ainsi que le chômage et la pauvreté cachée, resteront les ombres fidèles de n’importe quel gouvernement. Et automatisiation progressive (les robots industriels sont de plus en plus performants) posera un problème particulier – avec des conséquences politiques.

  9. En réponse à xyZ :
    Merci de relever les réalités incontestables, les faits.
    Juste 2 exemples anodins qui ne sont que le haut de l’iceberg de notre société française qui malgré son « modèle social » hors pair conserve et amplifie même des nouveaux « aristos »
    . la transformation de St Tropez qui est désormais devenue le paradis de certains dirigeant du CAC40 (enquête très édifiante dans un article du supplément récent du Monde du samedi).
    . les dividendes versés par Chanel, plus de 3 milliards : « les profits baissent les dividendes doublent » (Le Monde du 24/8).

    Concernant les « déformes » Macron on liste les + et les – annoncés.
    Un autre exercice serait de lister ce qui aurait dû trouver sa place dans un gouvernement désormais qualifié non pas de réformateur mais de changeur, effet de manche ou simple rhétorique ?
    On pourrait copier de notre voisin allemand ce qui est positif.
    Non pas la multitude des emplois précaires mais la représentation significative des salariés au CA des grosses entreprises. Il en était question à l’origine mais là je n’ai encore rien vu.
    Cette avancée aurait été une innovation concrète mais elle ne devait pas figurer dans les propositions du patronat. A suivre peut-être.

    1. On pourrait copier de notre voisin allemand ce qui est positif.
      Non pas la multitude des emplois précaires mais la représentation significative des salariés au CA des grosses entreprises.

      Oh oui, miam miam le modèle Volkswagen ou Siemens… Exemplaire. Wunderbar.

  10. Bonsoir M. Jorion,

    Je vous ai déjà écrit au cours de l’été pour vous signaler un point important qui pose problème. Si vous souhaitez que votre raisonnement sur le remplacement de l’homme par la machine soit valable, il va falloir vous atteler sérieusement au problème de la productivité qui n’augmente pas. Si on remplace les hommes par des machines et que la productivité n’augmente pas (et les études actuelles montrent que c’est effectivement le cas), quel est l’intérêt du recours aux machines, logiciels ou robots ? Je vous ai laissé une piste de réflexion lorsque je vous ai écrit à ce sujet (billet du 26 juillet : « Vers un nouveau monde, imposer le travail des machines, robots et logiciels). Il serait intéressant que vous consacriez un billet ou une étude sérieuse à ce sujet car je le rappelle, votre démonstration est un peu courte :
    « l’être humain que la machine complétait autrefois a disparu, tandis qu’elle travaille désormais dans l’ombre, sa valeur ajoutée étant absorbée dans des chiffres statistiques globaux, sans être comptabilisée en tant que gain de productivité. »

    Quels sont donc ces chiffres statistiques globaux qui permettent de ne pas comptabiliser les gains de productivité?
    Au passage, je vous invite à relire mon commentaire du 26/07.

    1. Au passage, je vous invite à comprendre que la productivité n’augmente pas quand les humains sont remplacés par des machines parce que la productivité est calculée par rapport à des … humains, or quand il n’y en a plus … Il va falloir que vous vous atteliez sérieusement à comprendre cela.

      1. Je vous renvoie au dictionnaire d’économie qui donne plusieurs définitions de la productivité. Prenons par exemple la productivité horaire du travail :
        P=valeur ajoutée/nombre d’heures travaillées.
        Sachant que pour l’instant, il n’y a quasiment pas d’entreprise 100% robotisées (on y vient certes à grands pas), il y a donc toujours des travailleurs auxiliaires des machines. Si l’on suit votre raisonnement, puisque le nombre d’heures travaillées est réduit à peu de choses, la productivité devrait être en très forte augmentation (ce nombre d’heures travaillées étant au dénominateur). Or il n’en est rien, les gains de productivité mesurés restant actuellement très faible. Donc, comment expliquer ce paradoxe ? Je tiens à signaler que je partage votre opinion sur la disparition du travail et ne cherche nullement à remettre en cause votre thèse. Mais justement, votre thèse est attaquable en raison du paradoxe que je viens de relever. Il existe une explication beaucoup plus pertinente selon moi que je vous livre à nouveau ; voici mon commentaire du 26/07 :

        « Une tentative d’explication de ma part : il existe différentes façons de calculer la productivité d’une entreprise. En outre, il y a la productivité du travail et celle du capital (les machines, robots ou logiciels font partie du capital, je vous renvoie ici à la définition de Piketty). Dans le dictionnaire d’économie, on trouve différentes formules permettant le calcul de cette productivité. Quelle que soit la formule (pour la productivité du travail ou du capital), on trouve toujours le même numérateur : la valeur ajoutée. Prenons deux exemples :
        -productivité horaire du travail=V.A/nombre d’heures travaillées
        -productivité du capital=V.A/capital fixe
        S’il n’y a pas de gain de productivité, cela signifie que la valeur ajoutée reste stable. Ou que le nombre d’heures travaillées est en forte augmentation dans le cas de la productivité horaire du travail. Cette explication ne me satisfait pas.
        Il y a quelques années, j’ai lu un article parlant des bénéfices nets de McDonald’s qui se situaient aux alentours de 5.5 milliards USD. Cela peut paraître beaucoup mais après enquête, McDonald’s revendique 24 milliards de clients en cumulé sur l’année. Le bénéfice par client est donc de 0.22 USD par client ! Une somme dérisoire. Il est vrai que McDonald’s fonctionne à partir d’un système de franchise. Mais chaque restaurant reverse 15% du chiffre d’affaire à la maison mère. Sachant que le prix d’un menu est relativement stable à travers le monde (voir l’indice Big Mac), le bénéfice par client apparait donc ridiculement faible (un bar de quartier gagne en effet plus que McDonald’s avec un café !) et cela constitue presque une aporie. La seule explication possible : une fraude fiscale massive qui réduit la part de la valeur ajoutée et par voie de conséquence la productivité.
        Le même raisonnement peut être effectué avec d’autres grands groupes mondiaux. Certains pourront objecter que c’est une chose normale et que le capitalisme actuel prospère en écoulant d’énormes quantités à petits prix. Je conçois que pour certains secteurs de l’économie ce soit le cas (notamment dans la grande distribution) mais ce raisonnement ne peut être appliqué à tous les secteurs. Je ne résiste à commenter les chiffres de Renault : le constructeur a vendu l’année dernière un chiffre record de 10 millions de voitures pour un bénéfice net de 3.5 milliards, soit 350€ de bénéfice par véhicule. Il me souvient la citation de Steinbeck dans les raisins de la colère : « the monster’s sick and the monster needs to grow all the time ». Alors, faisons confiance à l’intuition et au génie de Steinbeck, si la bête a besoin de croître tout le temps, dans le cas de Renault et de McDonald’s (et de bien d’autres firmes transnationales), où est passé le pognon ? »

      2. On peut évidemment prétendre que la productivité est le ratio entre biens produits et humains producteurs, mais on peut tout aussi aisément prétendre que la productivité est quantité produite par unité de temps de production, sans même que les deux entrent en contradiction. Du coup bien sur, la productivité peut augmenter quand les humains sont remplacés par des machines, quand on occulte pas volontairement une partie de la réalité.

      3. La productivité PAR RAPPORT AU TRAVAIL (par rapport à des heures de travail humain) est tout à
        fait essentiel.Et l’on peut définir la productivité de
        bien des manières(par rapport à tel ou tel « facteur de
        production »).Une notion intéressante est celle de
        « productivité globale des facteurs » et de « surplus de
        productivité globale des facteurs »:il s’agit d’une notion introduite en France,au milieu des années 60.Son intérêt,quand on arrive à établir(tant bien que mal )la « comptabilité des surplus » correspondante,est de voir apparaître qui « gagne » et qui « perd »,et globalement comment s’opère la
        constitution du « surplus » et sa « répartition ».Par exemple,une hausse des prix de vente peut venir
        « financer » une hausse des salaires,ou pareillement
        une baisse du prix des matières premières.Il reste
        que cette « comptabilité » là est rarement appliquée
        en dépit du rôle qu’elle pourrait jouer dans le cadre
        d’une « politique des revenus »(l’une des raisons est le fait que les « experts comptables » eux-mêmes ne
        la connaissent que rarement).Par ailleurs elle est
        profondément insuffisante:elle ne dit mot sur les
        atteintes portées à la planète,d’où pourtant une
        grande partie du « surplus de productivité globale
        des facteurs » pourrait bien provenir.

      4. JT,

        Le bénéfice par client est donc de 0.22 USD par client ! Une somme dérisoire.

        Bah bah bah, confusion totale. McDo ne fait bien que 0,22$ net d’impôts par client cette année là (moins encore en 2016) mais il faut intégrer les bénéfices nets des milliers de franchisés exploitant les 30 000 McDo non exploités en propre par McDo Corp. Bref le CA et le bénéf net de McDo Corp ne représente qu’une partie du CA et des Bénéfs des 36 000 restaurants MacDo dans le monde.
        Mais même dans ce business model les 0,20$ nets par menu que MacDo ramasse n’ont vraiment rien de ridicule, autour de 5% de la note TTC payée par chaque client dans les 36 000 MacDo dans le monde.
        Aucune VA cachée pour MacDo Corp donc, vous ne connaissez juste pas celle des franchisés (en particulier la plus-value qu’ils dégageront sur leur fond de commerce, leur vrai bénéf…).
        La productivité du travail chez MacDo en revanche on peut en causer. Comme on sait elle est hyper optimisée mais ça reste du service à forte intensité en MO et la productivité par tête ou horaire n’a pas grand chose en commun avec celles de l’industrie. Quoi de comparable entre l’employé McDo français qui sert 18 000 repas par an et l’ouvrier Nissan de Sunderland qui voit dans le même temps sortir plus de 80 bagnoles « de ses mains » ? Ça reste de la restauration, du service basique, même si Taylor y est riche, et les salaires pèsent bien plus dans le menu BigMc que les matières premières, elles tout à fait industrielles, comme il se doit, même si c’est bien moins aussi que dans la restauration classique.

    2. @JT
      « problème de la productivité qui n’augmente pas »
      J’ai une usine qui produit 100 machintrucs et emploie 10 ouvriers,je remplace 9 ouvriers par une machine,je garde un ouvrier pour gérer la machine. la productivité de mon usine (produit fini /nombre d’heure d’ouvrier) passe bien de 100/10 a 100/1 donc est multipliée par 10, non?

      1. à atanguy,1-9-2017,2h01
        Certes.Mais si votre « ouvrier unique » est lui-même un
        robot…..le nombre d’heures de travail humain DANS
        CETTE ENTREPRISE devenant nul,la « productivité »
        devient ….INFINIE.(ce ne serait plus quelque chose qui
        a un sens,et qui,ayant un sens,peut augmenter ou
        diminuer;et la notion de « productivité moyenne »
        n’aurait pas davantage de sens.).Il faut passer à
        une autre notion de « productivité »:par rapport
        au capital technique par exemple,le reste n’ayant
        éventuellement aucun intérêt.
        Une chose est sûre:quand les hommes auront disparu de la planète du fait de leur « connerie » ou
        autrement,le concept de productivité par rapport
        au travail humain n’aura plus aucun sens. LOL.

      2. Devillebichot, ça n’existe pas les usines sans employés, et je subodore qu’on n’en verra jamais.
        La productivité du capital ? Merci pour elle mais elle existe déjà, comme d’ailleurs la productivité globale des facteurs ou l’intensité capitalistique…

      3. @atanguy
        C’est bien cela. Or, avec ce phénomène, il y aurait dû y avoir un bon phénoménal au niveau des gains de productivité… que l’on n’a malheureusement pas encore observé. D’où mon raisonnement assez logique : puisque la productivité (même s’il existe plusieurs moyens de la calculer) est le rapport entre valeur ajoutée et nombre d’heures travaillées et qu’il n’y a pas d’augmentation significative de ce rapport alors que le nombre d’heures travaillées diminue fortement en raison de la robotisation, cela signifie obligatoirement que le chiffre de la VA est fortement minoré (en raison de l’évasion fiscale massive).

  11. En 36, les congés payés n’étaient pas au programme de Blum. Les élections venaient juste d’avoir lieu.Et pourtant les gens ne se sont pas dit : à quoi bon, on vient de voter!
    Macron à d’abord été élu parce qu’il avait Le Pen en face. La majorité des électeurs n’a pas voté pour lui mais contre elle.
    En 1940, le n°2 de la CGT, leader de la ligne réformiste, est entré au gouvernement de Laval et à signé le décret d’interdiction des syndicats.

    1. C’est quoi le rapport entre le René Belin de 40 et la situation syndicale aujourd’hui ou l’élection de Macron, please ?
      Sinon je connais un « inspiré leader de l’agauche nationale » qu’aura réussi l’exploit mémorable d’arriver derrière et une candidate nullarde du FN et un piteux résidus de l’adroite nationale moribonde. L’Histoire le retiendra pour ça, sûr.

      1. Salut la vigne,

        « Mais même dans ce business model les 0,20$ nets par menu que MacDo ramasse n’ont vraiment rien de ridicule, autour de 5% de la note TTC payée par chaque client dans les 36 000 MacDo dans le monde. »

        Faut savoir que si l’on suit ton raisonnement, cela implique que chaque client laisse 4$ au McDo et on est pour le coup très loin du compte.

        Deuxièmement, c’est gentil de me rappeler qu’il y a un système de franchise mais je l’ai déjà souligné dans mon commentaire. Et chaque franchise lâche 15% du CA. Avec une moyenne de 12$ par client et 24 milliards de clients en cumulé, ça fait un paquet d’argent.

        Autre perle :
        « Comme on sait elle est hyper optimisée mais ça reste du service à forte intensité en MO et la productivité par tête ou horaire n’a pas grand chose en commun avec celles de l’industrie. Quoi de comparable entre l’employé McDo français qui sert 18 000 repas par an et l’ouvrier Nissan de Sunderland qui voit dans le même temps sortir plus de 80 bagnoles « de ses mains » ?  »

        Le point commun entre les deux est que la productivité est calculée de la même manière : rapport V.A./nombre d’heures travaillées. Pas dur à comprendre même si l’on compare deux choses très différentes.

      2. Toi pas bien comprendre JT. Le CA de McDo Corp n’est pas le CA des 37 000 MacDo du monde et ne représente que 30% de celui-ci, soit le CA de leurs 5 600 restaurants en propre (16 Mds) plus les loyers, redevances et commissions des 31 000 en franchise (9 Mds).
        Pour fare simple, tu ne peux comparer les près de 5Mds de bénéf net qu’aux 25 Mds de CA de MacDo Corp et près de 20% de ce CA qui part en profit net malgré 31% d’impôts sur les bénèfs payés aux Us, en restauration industrielle, désolé mais c’est juste énorme.
        Euh sinon, accessoirement, le CA total sous enseigne MacDo c’est 83 Mds $ en 2015 soit moins de 4 $ par client)(12 $… t’as des goûts de luxe).
        Mais j’imagine que la plupart des paiements des menus MacDo passent pas par la caisse-enregistreuse et partent en petites images direct aux Îles Vierges ou au Vatican, suis-je niais de n’y avoir pensé plus tôt.
        https://www.google.fr/url?sa=t&source=web&rct=j&url=https://www.mcdonalds.fr/documents/10192/427707/McDonalds_Rapport-annuel_2015.pdf/43ecc300-c989-472b-8026-cb8322f0fc4d&ved=0ahUKEwi3yIz-jYXWAhVKVhoKHRJxDJwQFgg_MAM&usg=AFQjCNGwsozOhJnPKwvoFL1Cles0QXTnDw
        Quant au rapport entre productivité du travail des employés MacDo et productivité des ouvriers Nissan de Sunderland, ouais, ok, y’a un rapport ; il s’agit dans les deux cas de productivité, de la même façon qu’il y a un rapport entre la dimension d’une baleine bleue et celle d’un poisson rouge : la dimension (et p’têt ben la couleur aussi). Lumineux, ébloui je suis par ta sagacité.

      3. C’est bon la vigne, bâtir un raisonnement à partir des chiffres officiels fournis par McDo alors que ce j’avance, c’est justement une anomalie au niveau de ces résultats… Et pour ta gouverne, le prix moyen lâché par client est aux alentours de 12€ et non pas 4€ comme tu le prétends. Va d’ailleurs voir du côté de l’indice Big Mac pour comprendre… Quant au poisson rouge et à la baleine bleue, si c’est la taille qui te pose problème, c’est que le raisonnement économique n’est pas fait pour toi. Et je le répète, pour que le raisonnement de Paul concernant la disparition du travail soit valable, il faut expliquer comment la productivité globale n’a pas augmenté ces dernières années.

      4. Tu sais quoi JT ? Le mec qui non seulement ne daigne pas se sortir la merde des mirettes quand on lui tend deux fois un kleenex parfum fleur de nave mais encore s’en remet une couche aussi sec, franchement, je préfère laisser son cas à l’académie de médecine et faire bruler un cierge virtuel pour qu’une improbable épiphanie (ou un accident malheureux) vienne abréger ses souffrances.
        Ps (dernier Kleenex fleur de nave) : Si tu vois pas le rapport entre la faible croissance de la productivité et la forte croissance des emplois McDo ou torche-cul VS les emplois type Nissan Sunderland, kestuveukeuchteudize…
        Bon appétit avec tes repas McDo à 12 roros.

      5. Visiblement, le phylloxéra a altéré la syntaxe et le jugement la vigne. Allez, encore une salve que je me marre encore une fois ; tiens, je t’ouvre une porte : je pense que tu ne sais pas vraiment ce qu’est la productivité. Allez, que ton verbe éclaire la France.

  12. La question que je me pose toujours est la suivante:
    Un système qui limiterait l’écart des richesses de façon drastique par exemple en taxant les successions à 99% aurait-il un impact réel sur le niveau de vie des plus pauvres ?
    Je n’en suis pas sûr (même si je ne vois pas l’intérêt de posséder plus que ce qu’on peut dépenser).
    Que signifie en effet de disposer de centaines de milliards ? Des chiffres dans un ordinateur.
    Leur effacement changerait-t-il fondamentalement la quantité globale de nourriture, d’eau potable ou autres besoins primaires disponibles sur la planète ?
    J’ai des doutes.

    1. Un système qui limiterait l’écart des richesses de façon drastique par exemple en taxant les successions à 99% aurait-il un impact réel sur le niveau de vie des plus pauvres ?
      Je n’en suis pas sûr

      Expliquez-nous pourquoi vous n’en êtes pas sûr, nous allons certainement apprendre des choses.

    2. @P.Devaux
      « Que signifie en effet de disposer de centaines de milliards  »
      Ben vous avez la réponse:
      Augmentation de la quantité et de la qualité des aliments, purification des eaux usées en eau potable et autres besoins primaires tels que la sante,l’education,le logement etc… Ca changerai bien la qualité et le niveau de vie des plus pauvres Non?

    3. Quelque 1 000 à 2 000 milliards de dollars investis sur 40 ans dans l’agriculture et les infrastructures des zones rurales en Afrique par exemple ? Un peu mon n’veu que ça changerait les choses…

      1. Pas suffisant… Exemple le Sahel désertifié partiellement par la surcharge humaine et animale. La réflexion type comptable est grosse de catastrophe, sans doute lente mais aussi difficile à contrer. Admettons que les 1000 à 2000 milliards soient assez pour engager des réflexions préalables, anthropologiques surtout, et des recherches agronomiques. Mais nous ne ferons pas l’économie d’un engagement local délicat. La technique « bulldozer » des chinois qui est une simple substitution de main d’œuvre est une catastrophe. Mais par-dessus tout, il faut faire baisser la démographie. Les solutions, éducation et promotion des Femmes sont connues. La terre d’Islam semble y être réfractaire tout comme la catholique…

      2. Un point de vue qui me semble assez synthétique sur l’agriculture et l’Afrique ( date de 2011) , sujet bien connu sinon maîtrisé par divers services de l’ONU , dont je retiens personnellement que gestion politique , gestions opérationnelles séquentielles ( dont agriculture ), gestion financière , environnement culturel …. sont liés et interdépendants ( bis repetita « économie ») :

        http://www.fondation-farm.org/spip.php?article738

  13. Les dirigeants de ce monde étant guidés par l’Argent, je crains qu’ils se fichent de 2050, de la disparition du travail, du réchauffement climatique, de l’effondrement écologique, d’une société pacifiée…
    Ni dieu, ni passé, ni avenir, ni morale, ni scrupule, un seul objectif l’EBITDA, stock options, dividendes au top ici et maintenant.
    Le nihilisme digital absolu est en voie d’emporter l’humanité.
    Le cerveau humain a peut être atteint sa limite fonctionnelle et évolutive pour assurer la survie de l’espèce. Une expérience est peut être en train de s’achever dans un petit coin de l’univers.
    D’autres expériences se poursuivent vers la complexité d’ailleurs.

    1. Les dirigeants et les acteurs aux manettes s’en fichent ?
      Pas vraiment…en fait.

      Inégalités: cette note qui fait craindre une révolution des salariés en France
      Par Challenges.fr le 26.08.2017 à 10h25, mis à jour le 26.08.2017 à 14h59

      Dans une note de conjoncture, la banque Natixis alerte les investisseurs de la possibilité de voir les salariés se révolter face à des inégalités de plus en plus fortes.
      https://www.challenges.fr/economie/social/inegalites-cette-note-de-natixis-qui-fait-craindre-une-revolution-des-salaries-en-france_493985

      1. Villepin avait eu très peur aussi d’une soi disant « révolte », on en parlait beaucoup avec Sarkosy… »des mots toujours des mots.. » :belle chanson.Les Courtisans aiment bien se faire peur.. pour mieux rigoler après.

  14. Bonsoir Mr Jorion,
    Je veux juste dire que les milliers de milliards de dollars qui se promènent sur les comptes bancaires, que ce soit sous forme de lignes de crédit informatiques ou de papier, ne sont pas comestibles.
    Il me semble que leur transfert là où il seraient plus nécessaires ne garantit pas qu’ils puissent être transformés en totalité en denrées utiles ou nécessaires.
    Autrement dit supposons que l’on remette tous les compteurs à zéro en effaçant toutes les lignes de crédit et brûlant tous les billets, les ressources de la planète n’en seraient pas complètement modifiées.

  15. Il est possible que nos intérêts propres conditionnent nos perceptions.

    Il est possible que nos intérêts propres conditionnent notre compréhension.

    Il est possible que nos intérêts propres conditionnent notre utilisation des statistiques.

    Il est possible que nos intérêts propres conditionnent notre rapport au monde.

    Il est possible que nos intérêts propres conditionnent nos intérêts propres.

    The best way to see variation
    is computing a standard deviation.
    But variance is preferred
    By all the non-nerds
    Who can’t do a rootification
    -Rick Ireland

  16. c’est vrai que Supiot ça mérite le détour :  » L’idée est que la compétition économique est une bonne chose si elle permet d’améliorer le sort du plus grand nombre et une mauvaise lorsqu’elle se fonde au contraire sur la surexploitation de la « ressource humaine ». Pour qu’elle produise ses effets bénéfiques, il faut donc une police sociale qui mette hors concurrence la protection de la condition des travailleurs. En sorte que la compétition se fasse sur la qualité des produits et des services, non sur la dégradation des conditions de travail. L’instrument de cette police sociale, c’est d’abord la loi bien sûr, qui soumet les entreprises aux mêmes règles du jeu social. Mais c’est aussi la négociation collective de branche, qui fixe des règles propres à un secteur d’activité donné. L’accord d’entreprise n’a pas ces vertus d’harmonisation sociale de la concurrence et c’est pourquoi il ne pouvait jusqu’à une date récente que servir à améliorer les droits garantis par la loi ou la convention de branche. Si elle est adoptée, la réforme fera au contraire de l’accord d’entreprise un instrument de mise en concurrence sociale des travailleurs. Au prix de la destruction des conditions sociotemporelles des vies familiales, sociales et donc des structures éducatives. » Vendredi, 11 Mars, 2016
    L’Humanité

    Nb : mars 2016, El khomri, le hollando-vallsisme pourrisant, une éternité déjà.

  17. J’oublie le témoignage d’un « sans-dents » croisé hier au café et qui rame en interim : « Vinci, chantier en cours hopital de Perpignan, les espagnols à la ferraille à 4,50 de l’heure, les portugais au ciment à 3,50 de l’heure… » Vrai, faux, en tout cas c’est ce qui se dit dans le milieu. Après les Macronomics, le salaire vernaculaire serait donc compétitif.

    1. Non, ça marche pas, d’après Ste Naomi il y faut toute une stratégie du choc. Et de choc j’en vois pas.
      Sinon j’ai ouï dire que Macron s’était un peu mouillé pour durcir les conditions du travail détaché, un peu frotté avec le groupe de Visegrad et les Polaks. Encore du flan Francorusse sans doute.

      1. Mince, je sais plus me servir des touches…détente à 10 grammes… non non très bien la sortie sur le détachement, très smart, un peu écran de fumée sans doute… (note que peronne n’a franchement osé lui rebalancer la vieille connerie du plombier bas-silésien… l’éditocratie mollit ou vieillit pôv Joffrin etc). Mais franchement le dialogue social dans la petite boite avec le pote du patron intronisé grand chambellan des équilibres sociaux; tout ça autour de l’apéro du vendredi, voté au cul du camion le lundi matin, et ferme ta gueule et blègue si pas content. Tu crois pas que la vieille formule de Jorion sur le Bangladesh est furieusement sur la table?

      2. Ouais ouais, pour sûr, c’est Dacca au coin d’la rue, ça crève les yeux des aveugles.
        Sinon tu sais quoi, les syndicats, qu’ils se démerdent pour en avoir une de « base », i.e qu’ils en recrutent et qu’ils en forment des adhérents et des délégués, dans toutes les boîtes, plutôt que de vivre hors-sol, en supplétifs cogestionnaires addicts aux subsides du pouvoir. Après on pourra négocier sérieusement.

      3. C’est que tu vois tout cela de très loin, y a bien plus de gueules cassées que tu peux imaginer du lointain de ta thébaïde. Comme tu vas encore vouloir faire le beau, je m’engage à te trouver un carreleur (tu fournis le carreau, la colle et le joint) à 6 euros le m² (Seront même prêts à dormir dans ton garage…. Quelques portugais sans boulot du quartier se vendent à ce prix). Il est pas beau le réel (tu sais le truc qui existe vraiment à l’horizon de tes claviers).

        Nb : peut-être qu’à l’horizon le travail (un certain travail) disparait. Moins je constate presque quotidiennement l’extension du travail inhumain (au sens du vieux barbu) : des vieux qui travaillent, des jeunes sur des toits sans harnais, au piqueur sans gants ni casque, disqueuse en tee-shirt, et le plus souvent sur des chantiers dans l’espace public, au vu de tous (qui ignorent ou s’en polissent le jonc). Tiens aussi : le pote maçon en automachintruc qui a laissé tombé (après quatre / cinq ans), le pote plombier (en nom propre, le con) qui arrête aussi : trop de taf pour un seul, pas assez pour deux, plus de vie, au taquet tout le temps : vu ce qui se profile -accentuation de la concurrence via la loi et l’uberisation, sont sortis au bon moment.

  18. A celles et ceux qui nient farouchement et sans réfléchir une seule seconde sur le fond ! Cette réalité est là, et très proche de nous toucher tous dans nos vies. Une accélération technologique incontrôlable va faire disparaître des millions d’emplois dans une situation géopolitique mondiale conflictuelle compliquée par la question des dettes généralisées et de l’asphyxie économique conjuguées. Quand allez-vous – insensés que vous êtes – finir de vous écharper sur des broutilles d’expression et des détails plus que secondaires… tant l’affaire est d’importance ? Quand allez-vous penser à proposer quelque chose qui soit constructif ?

  19. Tout à fait d’accord sur les menaces sur l’emploi de l’automatisation et du numérique, mais à placer dans le contexte de globalisation, en particulier financière, qui a largement accentué le déséquilibre du rapport de force entre le capital et le travail : chantage aux délocalisations et à la sous-traitance extérieure, organisation de la compétition tout azimut, amplification de la mobilité des travailleurs (rajoutons, la pression de l’endettement (public et privé) et du chômage)… En particulier, là où il y avait une sorte de gentleman-agreement entre capital et travail avec le modèle du fordisme, aujourd’hui le capital en est totalement délié. Ce qui laisse à penser que cette grande déconnexion entre capital et travail promet de grosses difficultés à venir, aggravées par les possibilités offertes par la robotisation et l’automatisation…Ce que je veux dire, c’est qu’on a l’impression qu’un ensemble de facteurs on l’air de se renforcer de façon systémique, contre le travail. (La réponse du Gouvernement : la fuite en avant.)

  20. Macron n’est qu’un clone de Mateo Renzi qui s’était empressé de pondre son « Jobs Act » (sic, en Italie, berceau de la civilisation latine) pour répondre aux exigences de Bruxelles et avec le succès que l’on sait.
    Notre problème ce n’est pas Macron, ni Renzi ni même Tsipras. Il est vain de s’en prendre à eux car ils ne sont que l’incarnation de programmes. Des avatars.

    1. @ Oriolus

      Avatars ou pas, clones ou clowns, considérer qu’il est vain de combattre les Renzi, Tsipras et autre Macron, c’est les laisser frayer la voie au mouvement cinq étoiles, à aube dorée, accessoirement au front national.

      Politiquement et socialement c’est suicidaire !

      L’atomisation et la précarité sociale toujours plus avancées du prolétariat, la peur légitime qu’il a de verser dans la ruine et la misère, cela pour maintenir à flot un système à bout de souffle, voilà le but des politiques actuelles.

      Comment voir dans cette situation politique un jeu fait de clones et d’avatars ?

      1. Même les machines ont des géniteurs.
        Il est vain de combattre les créatures au lieu des créateurs dont on ne sait pas bien qui ils sont mais d’où ils opèrent : à partir des centres de décision, au cœur du système européen.
        C’est face au bunker des Institutions Européennes que nous devrions protester ; à Bruxelles ! à Strasbourg ! et non plus à Versailles où il ne se passe plus rien d’important depuis 92…(1992).

  21. @Paul Jorion
    « Productivité »… du travail…
    avec les quelques chiffres dont vous faites état dans ce billet, vous prêtez le flan aux experts auto-proclamés qui se jettent dessus et détournent du sujet principal.

    Je propose un petit exercice, devant permettre de recentrer la discussion: le niveau requis ne dépasse pas le CM1:

    Exercice:
    Un organisme a besoin d’une source de financement;
    s’offre à lui deux manières de faire:
    1. prélever 1 000€ de la tirelire de 50 000 000
    2. prélever 10 000€ de la tirelire de 500 000 (indice: 1%)

    Question: qu’elle est la manière la plus productive ?

    NB il n’est pas impossible que E. Macron soit le premier de la classe…

      1. @Hassen Isman
        « vérifiez vos zéros !

        Vérification faite: les zéros de l’énoncé sont exacts…
        Mais je vous accorde que je n’ai pas le niveau CM1:

        « s’offrent à lui deux manières de faire: »
        🙂

  22. Monsieur Macron, s’il-vous-plaît, diminuer les APL pour faire baisser les loyers, c’est aussi se payer la gueule du monde… Cette réforme du code du travail (« une bonne première étape pour le MEDEF ») n’est qu’infamie, tromperie et mensonge.
    « De nouveaux accords de compétitivité sur le temps de travail et la rémunération » : tout est dit, il n’est pas nécessaire de devoir étudier davantage ces ordonnances Monsieur Berger, à moins de laisser paraître à son tour une trahison…D’ailleurs nombreux de votre syndicat se joindront aux manifestations du 12, vous perdez de votre crédibilité, Berger le Jaune, et vous écœurez et énervez davantage les français, tout au moins ceux dont le cortex fonctionne encore…
    « Les Français détestent les réformes », ce ne sont pas des réformes que vous proposez, mais des régressions, car tel est le synonyme que vous employez.
    Vous faites chauffer la bouilloire, Messieurs, vous provoquez, vous divisez, vous régressez…
    « Ce dont les forces instituées sont incapables, seul l’évènement peut l’accomplir ». F.Lordon

    1. @ Bruno L.
      « Ce dont les forces instituées sont incapables, seul l’évènement peut l’accomplir ». F.Lordon

      Certes les événements qui viennent vont aider beaucoup à un renouveau de la conscience de classe et un gout renouveler pour la joute politique, mais se regrouper immédiatement dans une avant garde ce n’est pas à mon avis perdre son temps.

      Vous nous parlez berger berger, mais mon cher depuis bien longtemps la CFDT est out dans l’affaire qui nous intéresse.

      La singularité du moment suite à la présentation des ordonnances du gouvernement Macron-Philippe c’est le positionnement de la direction de la CGT-FO.

      Vent debout, en bon grognard, comme il se définit lui même, en opposition d’avec sa base et de la CGT grognon, monsieur JC Mailly fait le service après vente de la contre-réforme dans les médias.

      C’est la conception qu’il a du syndicalisme ouvrier, un bon soldat au service d’un Napoléon, c’est ce genre de positionnement politique qui retarde les événements pressentis par F Lordon.

      Et encore s’il n’y avait que la direction de FO, mais JC Mailly a beau jeu de louer le gouvernement et son sens du dialogue social, puisque la direction de la CGT, s’y investissant pleinement, lui en donne l’opportunité.

      Il y a des problèmes aussi à la CGT. La base est très remontée contre cette direction Martinez, qui passe son temps à dénoncer dans les médias la nature fausse de ces concertations, mais qui reste contre vent et marée calé sur ce syndicalisme de collaboration de classe, à l’origine de l’ensemble des reculs sociaux de ces trente dernières années.

      On en est là, et ce n’est pas une sempiternelle journée de grèves et de manifestations le 12 septembre, qui empêchera le salarié de se dire que finalement les grognards et les grognons se retrouvent bien pour fermer toute perspective politique.

      Et cette perspective, c’est d’interpeller les jeunes et les travailleurs les plus combatifs, qui s’apprêtent à déferler sur Paris le 15 septembre (peu importe leur nombre, en politique la qualité prime toujours sur la quantité), que les blablas de Mélenchon, nourriraient un peu plus le processus, le combat, s’il dénonçait la politique d’accompagnement à la politique du gouvernement, des directions syndicales, que de faire de l’agitation sur ses mots d’ordre de VI République et de Constituante.

      Il faudrait que la direction de la France Insoumise nous explique comment le gouvernement Macron Philippe aurait pu faire passer ses ordonnances, sans négociations, sans concertations, sans partenaires sociaux !

      Le combat aujourd’hui c’est de dénoncer le blabla selon lequel on peut résister dans la collaboration de classe.

      Les insoumis à l’assemblée nationale se complaisent dans leur opposition au prince, pas nous les vrais révolutionnaires, les communistes.

      1. Avoueras-tu enfin Enimel, c’est le Medef, FO ou la CIA qui te paye pour ridiculiser urbi et orbi et à temps complet les « vrais révolutionnaires
        » ?

      2. Votre pureté de vrai révolutionnaire communiste me semble moins porteuse d’espoirs de changements concrets dans les années qui viennent que les 19% du candidat des Insoumis ou les succès de Bernard Sanders auprès des jeunes Américains lors des primaires (est-il un collabo de classe, celui-là ?).

      3. @ Vigneron

        « Enimel » ? Connais pas !

        « Vrais révolutionnaires » ? j’en connais pas beaucoup !

        Faux révolutionnaire, comme un peu ceux des très médiatiques leaders de la France insoumise ? Il y en a plein, qui occupe ce créneau du radicalisme de bazar, et paradoxalement toi Vigneron tu rentres en creux dans cette catégorie.

        la catégorie des mauvais coucheurs, des cyniques, des grognons, qui ne sont grognons exclusivement du fait que leur hyper sensibilité les pousse en bon nihilisme à désespérer du genre humain.

        C’est en se désespérant que les malheureux comme toi Vigneron consomment leur malheur.

        Continue à faire et à écrire exactement la même chose, c’est drôle et c’est rare de nos jours, mais avec un souffle révolutionnaire, une vision optimiste de l’avenir, et tu vas être surpris de toi même, puisque tu vas te rendre compte que tu es potentiellement un vrai révolutionnaire qui s’ignore pour le moment.

        @ Marcel Tricouillard

        Le démocrate Sanders ne peut pas faire dans la « collabo de classe », puisque en propre, il n’est pas et il n’a jamais été le dirigeant d’une organisation ouvrière au USA.

        JC Mailly c’est différent, puisqu’il parle au nom d’un syndicat de salariés. Lorsque celui ci nous explique que parce qu’il a été négocié la rédition de notre classe, il nous a évité un recul bien plus important, il emprunte le discours traditionnel de tous les collabos nous expliquant qu’en cessant la résistance et en capitulant, on a sauvé la moitié du pays de l’occupation.

        Alors il y a les autres, les résistants, ceux qui appellent à déferler sur Paris (non pas le 15 mais le 23).

        Avons-nous le droit de les critiquer, ou devons-nous nous ranger inconditionnellement derrière eux comme de bons petits soldats ?

        Notre pureté, enfin au moins notre clairvoyance de vrais révolutionnaires communistes, cette pureté et cette clairvoyance qui nous ont justement permis de participer à la dénonciation de l’usurpation du stalinisme, nous permet actuellement de voir les insoumis sous leur vrai visage politique.

        Des gens qui ouvertement se proposent avec insistance d’être des ministres de Macron, ( Mélenchon n’a t il pas été un ministre de Chirac) au service de l’impérialisme français, de son régime bonapartisme et de sa morgue. A ce titre et cela peut se comprendre, absolument pas disposés à dénoncer aux yeux des travailleurs la politique de collaboration de classe des organisations ouvrières (partis-syndicats), et pour cause, une fois au pouvoir ils voudront eux aussi s’appuyer sur eux.

        Mais permettez moi de sourire d’observer à quel point les borgnes sont rois au royaume des aveugles.

        Mélenchon existe seulement sur les ruines du mouvement ouvrier.

        Pour redonner un coup de jeune au mouvement ouvrier, faire que les jeunes travailleurs condamnés à la précarité perpétuelle rentrent, il faut l’organiser sur une autre orientation que celle que nous impose les directions bureaucratiques actuelles, une orientation intransigeante, une orientation lutte de classe.

        Suffit ! Nous avons assez donné, nous avons assez entendus ce discours ambiant voulant que les efforts et les sacrifices d’aujourd’hui sont les emplois de demain.

        Stop, il n’y a plus de grains à moudre, pas un seul acquis à négocier ! Les patrons et le gouvernement des patrons veut la guerre, il va l’avoir.

        Mais pour faire la guerre, avant de faire déferler ses troupes comme veut le faire Mélenchon, en premier lieu on rompe les relations diplomatiques et on dénonce les collabos !

        Sinon on crée de la confusion … pire des illusions .

      4. Eninel,

        Notre Don Quichiotte de la Mancha du balai brosse à nous ! Et tu vas faire la guerre avec tes petits bras musclés avec ton équipe de Sancho Panza assis sur leur âne, c’est ça ?
        Y sont terrorisés en face, ils ont tous peur de mourir de rire en vous voyant débarquer faire votre révolution.

      5. @ Cloclo

        Ils sont beaucoup plus terrorisés que tu peux te l’imaginer, à l’idée de se retrouver face à un mouvement de contestation ouvrier type novembre décembre 95, voir un mouvement de la jeunesse.

        La preuve, ils lâchent suffisamment aux bureaucraties syndicales pour se mettre dans la poche des JC Mailly.

        Maintenant essaye de travailler un peu ta dialectique. Cela te permettra d’analyser la société dans son développement. Déjà nos conditions de vie sont loin d’être idéales alors même que grâce à l’argent facile le monde toussote. Imaginons le ce monde, victime d’une nouvelle crise financière (toutes les personnes autorisées l’annonce cette crise) débouchant sur une grande dépression mondiale.

        On verra alors si inciter les salariés à se syndiquer, et de l’intérieur de leurs organisations ouvrières, exiger de mettre fin à la négociation perdant-perdant, et ce projeter sur une orientation lutte des classes, c’est donquichottisme !

        Certes les travailleurs clairvoyant et combatifs sont peu nombreux pour le moment, mais ce ne sont pas eux les ânes, c’est plutôt les mecs comme toi qui, défaitistes et découragés au point de suivre les yeux fermés le premier démago venu, n’anticipent pas sur les événements et ne préparent pas la révolution socialiste et ouvrière.

      6. 95 ? ! Ah oui suis-je bête, sacré révolution 95. Ca fait cré cré peur, je suis bien d’accord avec toi, 95 tu parles, ils en tremblent.
        Je ne suis pas défaitiste pour un rond, mais 95 comment te dire, hein tu me comprends. Je suis un utopiste indécrottable.

      7. Tu vois Enimel, si je devais trouver un équivalent historique à ton positionnement politique en tant que noble attachement à la radicalité originelle,
        « jusques ici jusques à maintenant », à tes représentations de l’activisme, à tes âges d’or impérissables ou à ta rhétorique vengeresse je remonterais d’un bon siècle, sans regarder loin à l’est ni loin à gauche mais bien ici et bien à droite. Je vois quelque aristocratique camelot du Roi. Beaucoup finirent dans les tranchées, d’autres secrétaire de Jean Moulin, grands résistants ou fusillés en 45, d’autres proches de Mitterrand, d’autres ministres de de Gaulle, d’autres en vue dans la bibliothèque du pape François, etc.

  23. Il en va de l’argent comme de la couleur de la peau.
    Le friqué juge le pauvre de haut. Le blanc commande au noir…
    C’est le constat que fait l’Histoire et qui pèse toujours, de tout son poids, à tout moment. C’est l’ombre macabre de l’humanité, le vrai diable déjà longuement observé par les religions.
    Les agrégats de l’expansion de notre monde moderne ont amplifiés et rendus plus visible et tendue cette bipolarité.
    L’explosion démographique la rend intenable.
    Ce conflit majeur est forcément implosif.

  24. Pour ma part je ne crois pas non plus à la raréfaction du travail, en tout cas pas dans le contexte actuel de consumérisme dans un environnement de raréfaction énergétique. Avec quelle énergie allons nous continuer l’automatisation et l’informatisation (qui est aussi un gouffre energétique)? On va au contraire voir un retour à des formes de travail pénibles (comme par exemple les pousses pousses 2.0 deliveroo etc…) et payées au lance pierre car il n’y a plus d' »esclaves énergétiques » (© Jancovici) en quantité suffisante.
    C’était d’ailleurs une grosse erreur du programme de Hamon à mon avis.
    Après je suis d’accord qu’on pourrait décider politiquement d’une sobriété énergétique qui répartirait plus harmonieusement le travail, mais c’est un projet de société à des années lumières de l’actuel, qui nécessiterait en l’état actuel des choses un pouvoir quasi dictatorial pour l’imposer car qui parmi nous est prêt à se passer de 50 à 70% de son confort énergétique?

  25. Je n’ai pas voté Macron: j’ai toujours expliqué à mes connaissances (assez nombreuses) qui avaient voté pour lui, que lancé comme un baril de lessive par une élite oligarchique et collaborationniste dont il est le fondé de pouvoir, il lui faudrait, pour être à la hauteur de sa tâche envers les français et justifier de mon suffrage, se dépasser lui même (déjà, pas facile) et dépasser les intérêts de sa caste (ça, ça me semble carrément impossible). Ses mandants exigeant expressément de lui, comme précédemment de Sarkozy et Hollande avant lui, de se soumettre aux diktats Fraue Boche et de son Reichsführer à roulettes, il n’y a, en effet, rien d’autre à attendre de lui que des postures bidon et une soumission à toute épreuve. pour cacher un renoncement commencé en 1940 et toujours aussi mal assumé en dépit (ou à cause) d’une morgue de plus en plus mordante.
    Quant à Bergé et sa Collaboration Française Du Travail, il n’est que le pendant syndical de Macron.
    Il suffirait juste de dire à nos « amis allemands » (ha! ha!) que la conséquence ultime de leur entêtement sera la sortie de ka France de la zone Euro, et donc la fin de celle-ci, pour que le ciel s’éclaircisse tout d’un coup.
    Mais qu’attendre de mieux d’élites qui ont déserté la France, qu’au fond elles détestent et qui méprisent son peuple et son histoire?

    1. Y’a pas des sites dédiés et équipés pour y déverser mimile ses étrons bruns-rouges préformés ?
      Renseignez vous, ça existe, les fondements tels le vôtre y sont accueillis à bras ouverts, leur production digérée avec délectation.

  26. L’on a tendance, – aussi bien dans les milieux politiques actuels, comme parmi les nombreux commentateurs (thuriféraires?) qui se répandent dans les médias -, à considérer que l’Allemagne est un modèle qu’il convient d’imiter en matière de traitement du problème de l’emploi, or, il s’agit de deux pays très différents du point de vue de la sociologie et de la démographie.
    Au sein même de l’Allemagne des grosses disparités sont observées entre les länder qui composaient l’ex RDA et ceux qui composaient l’ex RFA.
    http://www.ofce.sciences-po.fr/blog/france-allemagne-le-grand-ecart-demographique/
    http://geoconfluences.ens-lyon.fr/actualites/eclairage/allemagne-25-ans-apres-la-chute-du-mur-de-berlin-que-reste-t-il-de-la-ligne-est-ouest
    Monsieur Macron, vous vous targuez d’avoir une pensée, essayez d’avoir une meilleure réflexion…..

    1. Moi si je lis Pisani-Ferry, c’est pas de l’Allemagne que j’entends causer mais bien des modèles scandinaves, par exemple suédois ou danois. Et les lois Harz ne me semblent pas à l’ordre du jour ici.

      1. Parait que le Harz c’est quand même très beau…pas encore allé.. parait que le Hartz il est très laid..

      1. Plus que vrai.
        Curieux, ce tabou qui interdit de considérer la démographie comme facteur principal des questions humaines.

  27. Pour aller jusqu’au bout de ma pensée en restant tout-à-fait franc, et en considérant que le rêve européen est un rêve très français, auquel la France aura consacré une grande énergie depuis 60 ans, je ne sais pas faire, dans le comportement de nos (soi-disant) élites, la part de la trahison nationale de celle de l’obstination à poursuivre un rêve. Dans le premier, cas, c’est irréversible, sauf soulèvement du peuple ou de certains corps d’Etat (armée, gendarmerie par exemple). Dans le second, il peut y avoir un réveil. Mais ne rêvons pas trop quand même …

  28. Vraisemblablement Macron et ses tenants (dont le MEDEF donc) n’ont jamais ouvert une entreprise.

    Quelles sont les questions que se pose le potentiel futur chef d’entreprise dans cette perspective ? si elle sera viable déjà dans le court terme puis dans le long terme, les retours sur investissement (revenus) feront-ils vivre son entrepreneur et les employés dont il aura besoin, les bénéfices à en escompter.
    Il fera donc une étude de marketing, qui lui donnera quelques réponses sur : l’emplacement, « la matière » de l’entreprise (vente, fabrication, etc), la concurrence, la prospective (càd si « le sujet » de l’entreprise a un avenir), et donc et surtout si il y a une demande dans ce secteur dans le présent et l’avenir !

    C’est donc d’abord la demande qui est le motif principal de l’étude marketing. S’il s’avère qu’il n’y a aucune demande présente ni dans l’avenir, l’entrepreneur laisse tomber son idée… et éventuellement cherche une autre idée… si la réponse reste « aucune demande » ou « demande en chute » faute de clients ayant les moyens… autant rester tranquille dans son fauteuil.
    … pas de savoir s’il pourra licencier facilement ses employés…

    par contre il cherchera une banque qui lui assurera une sécurité sur le taux de découvert, les prêts pour l’aider à l’investissement, les prêts futurs pour s’épanouir…

    résumé – les points les plus importants sont donc : le pouvoir d’achat des potentiels clients, dans le présent et l’avenir, la concurrence, le comportement des banques.

    Si un gouvernement veut réduire le chômage il commencera par augmenter le pouvoir d’achat des Citoyens qui par ricochet etc… etc…
    et révisera les lois sur les agios et les prêts des banques aux entrepreneurs.

    1. « Si un gouvernement veut réduire le chômage il commencera par augmenter le pouvoir d’achat des Citoyens qui par ricochet etc… etc… »
      Il y a bien longtemps (2014), j’avais commis ceci, qu n’a pas plu au boss:
      « Des participants sur ce blog, les syndicalistes, la gauche (marxiste ou non ;), des droites (y compris extrême) et même des économistes nous annoncent la bonne parole de vérité qui résoudra tous nos problèmes : dette, chômage, misère, etc …
      Oh merveille ! ce sera non seulement efficace, mais très agréable.
      Je ne vous fais pas languir ! Cette solution, mais c’est bien sûr ! : augmenter le Pouvoir d’Achat !
      Voici une Parabole : Parole de Keynes (selon ses zélotes) :
      Un gouvernement juste (lisez de gauche) sait que ses fonctionnaires sont surchargés et sous-payés. Il en augmente les salaires et engage des chômeurs. Ces heureux salariés se précipitent dans les magasins et achètent.
      Refrain : Les commerçants, joyeux, commandent aux industriels qui se frottent les mains. Commerçants et industriels doivent assurer la demande (ça s’appelle la Croissance). Ils engagent. Les syndicats, au vu des bonnes affaires obtiennent des hausses de salaire (la Croissance !). Les taxes affluent, la dette s’éponge (mais oui, la Croissance !). Les heureux nouveaux salariés augmentés se précipitent dans les magasins. Refrain. »
      😉

      1. Oui et les arbres montent jusqu’au ciel, c’est bien connu. Je vais finir par me convertir au vigneronisme moi. (C’est une blague hein, non au cas où…).

        Je penche plus vers gratuité, refonte propriété, décroissance, ouverture des frontières, droits humains.

      2. @Hadrien
        he vi Hadrien ! c’est la théorie de Keynes.

        j’ai juste voulu la montrer dans la pratique réellement vécu par quelqu’entrepreneur que ce soit, déjà au niveau d’une petite boutique (ce que j’ai vécu moi-même à plusieurs reprises dés années 1970, et précisions concernant ma librairie j’en ai déposé le bilan en 1984 ! -et suis devenue employée libraire – mais j’ai rouvert quelques autres sortes de commerce : j’ai le tic ! le dernier en date et en activité est sur le net)

  29. Il y a beaucoup de chose sous ce « s’il vous plait ». Une petite remarque qui se veut constructive: dans sa vidéo du 1er septembre, Paul Jorion lance un « s’il vous plait » aux syndicats pour qu’il manifestent ensemble. Il indique ensuite dans cette même vidéo son emploi du temps de conférencier pour le 12 septembre. Arrêtons de supplier et agissons personnellement. Un appel à manifestation (ex le 12 septembre 2017 en France) ne concerne pas que les ou le syndicat initiateur, mais est un appel à tous les citoyens (autrement dit: la protestation populaire n’est pas un « boulot » d’encartés). Tant que cette notion ne sera pas comprise d’une grande majorité, les gouvernement successifs auront les coudées franches. Un petit mot d’encouragement incitant le maximum de citoyens à manifester leurs désaccords dans la rue serait le bienvenu et me semble bien plus concret qu’une supplique aux émeutiers traditionnels aux rangs de plus en plus clairsemés, et pour cause.

  30. Le problème n’est pas tant celui du montant des capitaux possédés que des intérêts « exigés » par ces ultra richissimes pour rémunérer les capitaux possédés.
    Pour l’entreprise, couts salariaux et coût du capital, c’est des coûts. Les dividendes perçus par les plus riches ne sont pas consommés en totalité par les plus riches, car c’est d’un point de vue pratique impossible. Ils reviennent dans le système sous forme de prêts ou fonds propres, donc entretiennent la machine qui fabrique l’augmentation de la fortune des richissimes si les taux d’intérêt servis ou perçus sont supérieurs à la croissance.

    Comment casser, brider cette machine qui courent à sa perte ? Attendre sa perte ? pas très responsable !

    Problème démocratique : la fortune donne du pouvoir à ceux qui la possèdent. Bill Gate finance des vaccins en Afrique. Est-ce la meilleure allocation d’actifs pour l’humanité ?

    Que se passerait-il si l’on supprimait le taux d’intérêt. Peut-on imaginer un monde à taux d’intérêt nul ? Si oui à quelles conditions ?

    Quand une société avancée fabrique des pauvres, l’Etat est obligé de mettre en place un système redistributif. La redistribution se fait chaque année, le one shot illustré par Vigneron n’est qu’une illustration. Ce qui est en jeu, ce sont les 10% annuels d’intérêt que génèrent le patrimoine possédé par les plus riches qui accroissent le pouvoir de décision économique des plus riches.

    Il va falloir faire preuve d’imagination et savoir où nous voulons aller collectivement pour trouver la bonne solution.

  31. J’ai oublié de dire que je partage l’idée que le travail va diminuer. Il faut s’y préparer.
    Ce n’est pas inclus dans le programme du premier quinquennat de EM. Je pense que ce sera un point central du deuxième quinquennat.

    On verra !

    1. C’est un éternel classique : il faut donner du temps au temps disait certain .

      C’est pas forcément faux ( c’est même toujours vrai ) , mais si les oppositions sont toujours dans leur rôle et essence en mettant en avant une impatience ou la démonstration d’incohérences gouvernementales , un gouvernement digne de ce nom serait dans le sien en s’assurant que la vision du monde qu’a le pays et la sienne sont bien compatibles .

      Expliquer sa politique en la mettant en perspective , est la moindre des choses . Être en phase avec la perspective que se donne la population ( si elle en a une ),est la seule solution pour se donner de façon pas trop violente , le temps nécessaire à ce qu’on ambitionne .

      Bref , plutôt que « on verra  » au jour le jour , voir l’horizon commun , s’il y en a un .

      Sinon on ne verra jamais rien .

    2. En attendant, par exemple, la suppression des emplois dans les banques de détail, notamment à BNP Paribas s’effectuent maintenant, avec des méthodes non orthodoxes… pour rester soft. Les syndicats, de leur côté, sont en revanche très très soft pour défendre ces gens, ce qui écorne encore davantage leur image.
      Les emplois disparaissent maintenant ; attendre le deuxième quinquennat est trop tardif. Si, ni du côté gouvernemental, ni du côté syndical le sujet n’est pas débattu dès maintenant, le mépris pour les institutions va monter d’un cran avec le risque de dégrader l’image de la démocratie aux prochaines élections.
      Pendant sa campagne Macron affirmaient que la pédagogie était essentielle, qu’il fallait expliquer…. Quelle magnifique démonstration !
      Quant aux syndicats, ils ont pris des cours pour creuser leurs tombes en accéléré.

      1. Mouais …

        On peut aussi remarquer , par comparaison avec d’autres pays , que le taux de syndicalisation en France est bas ( de l’ordre de 8 % , pour environ 18 % pour la moyenne OCDE ) , mais la « présence « syndicale plutôt bonne ( 55 % contre 52 % OCDE ) , et surtout que le taux de couverture conventionnelle est très fort en France ( 93 % pour 55 % OCDE ) .

        Si l’on admet que c’était la forte place de la couverture conventionnelle ( les fameuses conventions collectives et accords de branches ) qui expliquait en grande partie le faible taux de syndicalisation ( ce qui est mon cas ) , on peut penser que les évolutions récentes ,via les ordonnances, devraient donner une chance aux syndicats de revoir une motivation pour se syndiquer en adhérant réellement , pourvu que la « présence syndicale  » reste à un bon niveau pour l’organiser et la récolter .

        Mais si les « mécontents  » futurs se contentent de promesse d’estrade ou d’envolées oratoires , le salariat sera vraiment définitivement out .

      2. @Armelle ( 3/9 à 13h23 ) écrit : … »Pendant sa campagne Macron affirmaient que la pédagogie était essentielle, qu’il fallait expliquer« …
        A propos d’explications , un nouveau ténor de confiance et de grande qualité vient d’être sélectionné dans l’équipe par Jupiter..
        Médiapart , ce vilain coquin , l’a rhabillé pour l’hiver… :
        http://blogs.mediapart.fr/edwy-plenel/blog/020917/le-fantome-de-l-affaire-cahuzac-habite-l-elysee?utm_source=global&utm_medium=social&utm_campaign=SharingApp&xtor=CS3-5
        Extraits choisis : (je sais..je ne devrais pas..)
         » Bruno Roger-Petit est de ces plumes mercenaires qui, depuis que le journalisme existe, en illustrent la part de servilité ou d’aveuglement, au service de puissances politiques, étatiques ou économiques. N’ayant aucune information originale, obtenue par le reportage ou l’enquête, à son actif, il ne s’est vraiment fait connaître que sur le seul registre de l’opinion, de l’éditorial ou du commentaire. Le qualificatif vieilli de « publiciste » lui convient bien, désignant un journaliste qui ne fait commerce que de ses partis pris et des intérêts qu’ils servent, de même que des publicitaires servent des annonceurs et leurs réclames. »

         » S’il est vrai que le diable se niche dans les détails, alors cette nomination stupéfiante nous promet, sous la présidence d’Emmanuel Macron, un enfer en matière de rapport à la vérité des faits, à l’indépendance de la presse et à son devoir d’investigation. Comment ne pas la mettre en relation avec l’omniprésence d’une agence de communication au cœur de cette présidence, celle-là même qui prit en charge la défense du mensonge de Jérôme Cahuzac ? Il s’agit d’Havas « …

         » . Mais c’est peu dire que les premiers signes sont déjà alarmants, témoignant d’une pratique politique d’Ancien Régime, fort éloignée d’une culture démocratique véritable . Celle-ci suppose en effet le respect d’un droit fondamental des citoyens : le droit de savoir tout ce qui est d’intérêt public, tout ce qui est fait au nom du peuple souverain et tout ce qui concerne l’action des pouvoirs publics. Sans droit de savoir, pas de citoyens libres et autonomes, c’est-à-dire suffisamment informés pour ne pas être pris au piège des propagandes communicantes et des idéologies partisanes.

        Nous voici donc prévenus : le nouveau porte-parole de la présidence de la République est un adversaire déclaré de ce droit fondamental, de ses informations qui dérangent l’entre-soi des puissants et de ses révélations qui réveillent l’opinion publique.

        Autant savoir…

      3. Juannessy

        Comparer le syndicalisme entre les différents pays européens me gène tant sa diversité est grande : adhésion obligatoire ou non, part et condition de co-gestion, rapport et/ou lien organique avec les partis politiques, pluralité plus ou moins grande des syndicats (pour rappel, un seul syndicat dans la métallurgie en Allemagne), existence ou non de négociations tripartites (Etat/syndicat/patrons).

        Entre un syndicalisme bureaucratique et cogestionnaire et un syndicalisme plus militant et revendicatif, entre l’obligation d’adhésion et le volontariat fondé sur une prise de conscience de la nécessité d’agir, le débat n’a jamais cessé pour savoir lequel des deux défend au mieux les intérêts des travailleurs.

      4. « Si l’on admet que c’était la forte place de la couverture conventionnelle ( les fameuses conventions collectives et accords de branches ) qui expliquait en grande partie le faible taux de syndicalisation »

        Il est vrai que les négociations de branches sont assez éloignées des salariés. Si, en général elles tenaient compte de la diversité des entreprises, par leur taille ou autres spécificités, la difficulté était dans le suivi des accords et l’accompagnement auprès des élus en sections sur le terrain.
        Intensifier les négociations c’est bien mais quid de l’adéquation heures syndicales/négociations/défenses individuelles ?
        Renforcer les accords d’entreprise au détriment de la branche me paraît risqué. En tout cas je ne suis pas certaine qu’il en résulte une augmentation du taux de syndicalisation.
        Par ailleurs, un chômeur (une bonne masse que celle-ci !) est exclu du syndicalisme, c’est bizarre non ?

      5. @Armelle :

        On peut en effet délibérer à l’infini des mérites comparés des syndicalismes de revendication et d’opposition au capital ou au patrons , et des syndicalismes plus ou moins associés à la vie de l’entreprise et aux prises de décisions .

        Je me bornais à relever que ce ne sont pas forcément les syndicats qui creusent leurs tombes . Leur rôle n’est d’ailleurs pas de se glorifier ou de se suicider , ça n’est pas l’enjeu de la partie .

        Simplement de relever que la faible syndicalisation en France est en partie du à l’existence ( jusqu’à ce jour ) de protection « automatique » apportée par les conventions collectives historiquement arrachées par des …luttes où les syndicats ont eu un rôle prééminent , et que le salarié d’aujourd’hui l’avait un peu oublié . Je me souviens d’une époque où ,à l’École Nationale Professionnelle de Saint Étienne , on apprenait à l’âge de 15 ans , entre un cours de math et un cours en atelier , la législation sociale .

        Le principal « risque » pour les syndicats , c’est l’affaiblissement structurel et systémique du salariat, qui , à défaut de creuser la tombe des salariés , les enfonce de plus en plus dans le sable , pour ceux qui restent .

        PS :il me semble qu’en Belgique , la syndicalisation est obligatoire pour avoir accès légal à certaines prestations ( dont revenus au chômage ).

      6. Bonsoir Armelle,

        Soyons réalistes deux minutes…

        Personne ne bosse dans une entreprise individuelle ici ? Avec juste deux ou trois clampins dont le patron ? Si oui, qui respecte le code du travail ? Et qui a envie d’aller à la baston en brandissant la menace d’un syndicat ? Franchement, on se fait rincer à longueur de temps et avec juste le droit de la fermer, sinon je te dis pas l’ambiance ! Alors les accords d’entreprise, mwarf !… Faudrait qu’il y ait discussion d’abord mais ça, faut pas rêver, c’est pas prêt d’arriver. Alors tu bosses, tu fais ce qu’on te dit, comme on te dit, dans les conditions qu’on te dit et sinon : « tu peux toujours aller voir ailleurs si c’est mieux ! » La v’là la discussion, fermez le ban. Dans le meilleur des cas, t’arrives tout juste à te faire payer tes heures, les majorations t’oublies, et prendre les congés n’en parlons pas.
        Là, en arrêt maladie longue durée, j’ai quand même failli mourir, ce à quoi j’ai droit c’est « en gros t’es arrêté tout l’été » (dixit le boss), « t’as juste pas le droit de travailler quoi ! » (la collègue), alors la négo, la solidarité, les syndicats, la loi, le reste… C’est à mourir de rire, si mourir c’était pas si naze.
        Toutes ces discussions théoriques et les grands principes et tout le toutim ça vaut peut-être dans les grosses boites, l’éducation nationale ou l’administration mais pour le reste, c’est du vent, du flan, du pipeau rien que d’la trompette ! Avec la rupture conventionnelle c’était déjà bâché, ça va juste nous transformer en chair à canon, point barre.

        Désolé Armelle, je vois bien que vous n’étiez qu’un prétexte… Comment ils disent dans les R.H. version hitman : « nothing personnal » ! 😉

      7. 2Casa dit :
        3 septembre 2017 à 22 h 11 min

        Vécue il y a quelques dizaines d’années (donc bien avant Macron et même Thatcher) :

        licenciement durant une maladie dans une « petite boîte » preuve par certificat médical. J’ai attaqué aux Prud’hommes et j’ai perdu !

        mais il y eu une morale : j’ai retrouvé ce patron faisant la manche (sa famille du 7ème arr. – bien plus chic que le 16è – l’avait vidé), il avait fait faillite ! j’avais été sa comptable et l’avais mis en garde contre sa manière de faire trop de stocks (trop d’achats) et autres erreurs !

      8. 2Casa

        Oui je suis bien d’accord avec vous en ce qui concerne les négociations d’entreprise avec des élus également salariés de cette même entreprise. Même « protégé » ils en prennent plein les mirettes, ou alors, ils se conforment aux positions du patron, ce qui est le cas pour l’exemple que je citais plus haut.
        Les négociations d’entreprise constituent un risque réel et sérieux pour les salariés.
        Si les mandatés de branche négociaient en entreprise, ce serait différent je pense mais cela pose la question de la répartition du temps syndical.

        Juan
        Moins de salariés : moins de syndicalisme et plus de syndicalisme du tout pour les chômeurs.
        En attendant, ce n’est pas une raison, pour ce qu’il en reste, de faire la part belle aux réformes ultra libérales ou encore de regarder filer les licenciés avec résignation.
        De plus, on entend peu de choses sur l’évolution de l’emploi, sur sa disparition vitesse supersonique.
        Sauf en cas de grève, les syndicats ne communiquent pas suffisamment à l’interne et quasiment pas à l’externe.
        Quand faute de salariés, la mort des syndicats s’avère annoncée, la mobilisation aurait du être toute autre.
        Espéreraient-ils, par hasard, faire adhérer les machines ?

      9. @2 casa :

        L’histoire de « l’arrêt maladie  » est instructive , quand on veut bien se poser la question d' »où ça vient? » , des liens entre travail , corporation , mutualisme , syndicalisme , financement du risque et des retraites , « sécurité sociale » . ( tiens on réentend parler des jours de carence …)

        Ça n’est vraiment pas le moment de dénigrer et affaiblir les syndicats, qui ne pourront par contre pas porter sur leurs seules épaules la lâcheté et la niaiserie citoyenne , pour des combats qui ne sont pas de leur fonction .

      10. @Armelle :

        J’écouterais davantage votre propos , si ma sœur , mon frère et moi n’avions pas été tous trois délégués syndicaux (dans trois syndicats différents : CGT , FO , CFDT ! ) .

        La mobilisation des chômeurs est une tarte à la crème , surtout depuis dix ans . Si les syndicats ( dont certains ont fait plusieurs tentatives dans cette direction ) ne sont pas sans reproches ,il est stupide et à contre sens de leur imputer la faiblesse de la structuration des forces et enjeux de cette partie structurelle croissante de la population .

      11. Ah marrant ça tous ces syndicalistes dans le coin, moi même j’étais représentant MEDEF dans ce qui était feu les ASSEDIC. Bon, j’ai atterris complètement par hasard par un concours de circonstances fortuites et je détonnais complet dans le binz. Le gars que personne attend ici en fait, l’intrus, le cailloux, l’ectoplasme, et chaque fois qu’il l’ouvre tout le monde regarde ses pompes, de chaque côté de la grande table, sauf les administratifs qui s’en payent une bonne tranche. Mais j’ai beaucoup appris. Autour de la table, chaque mois, Patronat et Salariés on claquait entre 10 à 15 millions d’euros en formation, et autres astuces en tout genre pour alimenter les caisses. En revanche on mange bien ensuite dans ce genre d’organisme paritaire, sauf la CGT qui venait peu ou pas du tout, fidèle d’entre les fidèles. En revanche la CFDT et FO ça bouffe à tout les rateliers, la CGPME aussi comme l’UPA.

      12. La collaboration entre délégués syndicaux et mandatés de branches a diversement existé en effet.
        Les syndicats rencontrent certes des difficultés qui ne sont pas de leur fait. Face à cela, les revendications auraient du être revisitées.
        Evidemment il n’est pas temps de mettre dos à dos syndicats et salariés.

      13. Juan,

        Voilà qui illustre ce que je voulais dire et la déconnexion avec la réalité de ce blog : la journée de carence dans l’éduc nat peut-être mais en ce qui me concerne c’est 7 jours que j’ai pris dans la vue au début de mon arrêt… Je vous fais suivre ma fiche de paie quand vous voulez !

        Pffff

        Vous savez quoi, les vrais galériens, ils parlent pas sur le blog de Jorion, quand bien même ils le liraient. Ils sont au taf et quand ils en sortent ils ont pas envie de se prendre la tête… Ils sont nazes, ils en ont marre et ont encore une vie à mener, les courses, les gnards, les galères, la bagnole qui marche pas et les emmerdes par dessus la tête.

        Continuez à théoriser, réfléchissez aux grands équilibres, à la morale et à l’action politique mais pour le réel, franchement, c’est hors cadre ! Internet c’est une bulle, ici, c’est une bulle, comme un truc à pression positive qui laisse l’atmosphère extérieure au-dehors…

        Les gens ils marnent, ils ferment leur gueule et ils galèrent. Au mieux ils échangent des photos sur FB et des blagues, au pire ils s’insultent sur les forums YT et ils votent FN pour 25% d’entre eux à cause de ce que je vous dis : le réèl.

      14. @2 casa :

        Vous n’êtes pas obligé de me croire mais j’ai 2 ou 3 galériens parmi celles et ceux qui me sont chers . J’ai donc quelques notions de première main sur la galère .

        Ce n’est pas le blog de Paul Jorion qui va leur rendre le sourire demain matin . Les syndicats y ont quelques petits atouts . Mais les galériens n’ont de meilleur avenir que par eux mêmes … en s’appuyant sur les syndicats et les perspectives du blog de Paul Jorion , peut être plus surement que sur les forces politiques du moment qui n’ont pas encore de clé adaptée à la serrure .

      15. Ô oui, vas-y Cloclo. Raconte. Des noms, ceux aussi des restaus, ceux de la cégète aussi, qui paient les notes ?, et ça dort où tout ça ?

        De l’inceste social sur un blog étatique. Ça, ça a de la gueule ! Bien mieux que vos interventions dilettantes, Cloclo. Et ça les explique. Des faits humains, de la collusion… ça changerait des lettres aux autorités et des « S’il vous plaît ».

  32. @Otromeros
    « expliquer… »

    C’est que ce terme n’a pas la même signification…
    * pour un enseignant,
    * pour un journaliste,
    * pour un politique…
    😉

    1. @Juannessy
      2 septembre 2017 à 18 h 04 min

      Idem. Patrick Artus n’est pas Margrethe Vestager, oeuf corse.

      L’échec du fisc face à Google est celui de notre politique fiscale internationale
      Par Jérôme Turot, avocat fiscaliste, ancien membre du Conseil d’Etat — 30 juillet 2017 à 19:36
      « La solution radicale consisterait à sortir du carcan de l’établissement stable. Il faut imposer les entreprises là où se réalisent les recettes. Le droit fiscal international pourrait s’inspirer… du droit fiscal américain : les sociétés étrangères sont imposables aux Etats-Unis dès qu’elles réalisent du «trade or business» sur leur territoire. Pourquoi ne pas imposer les entreprises américaines selon les principes américains ? »
      http://www.liberation.fr/futurs/2017/07/30/l-echec-du-fisc-face-a-google-est-celui-de-notre-politique-fiscale-internationale_1587100

  33. Au risque de jeter un pavé dans la mare, je trouve que La France Insoumise est remarquable sur sa stratégie politique/médiatique et dans les idées proposées.
    Je vois déjà les analystes économiques qui barbotent dans ces commentaires me sauter à la gorge, mais c’est pas grave.

    Au delà des solutions politiques que proposent LFI, sur lesquelles il serait un plaisir de discuter avec vous tous, il s’efforcent de se positionner en alternative. Ce bout de vidéos en parle de manière intéressante: https://www.youtube.com/watch?v=QkffC7695kE

    M.Jorion, en tant que lecteur de longue date de vos écrits sous toutes ses formes, je dois me rendre à une certaine évidence. Vous avez un sacré paquet de bonnes idées, mais la stratégie politique n’est pas votre fort. Pourquoi diable s’être battu pour porter notre ami Piketty à la candidature présidentielle (ce qui était fort peu probable) alors que vous pourriez porter certaines de vos idées dans un mouvement politique réel, qui j’en suis sûr possède l’oreille pour les entendre, voire même en écouter certaines.
    Je ne comprends pas ce qui vous empêche de vous y mêler afin d’inscrire votre courant de pensé dans le mouvement politique?
    Il y a bien une posture à prendre entre le militantisme, et l’hermétisme dont vous faite preuve avec ce mouvement.

    Vous sous estimer la puissance des idées. En ces temps sombres, et je crois que c’est ce qu’il me plait dans la démarche de LFI, il n’y a plus que la force des idées pour combattre. Ils ont des fusils, ont a des idées, le combat est équilibré. Ça se jouera sur le courage.

    1. Pour sûr des idées y z’en ont, des tonnes, des 13 à la douzaine. Comme l’idée d’inviter un Berruyer en héraut de la liberté de la presse à votre Université d’été, du genre qui vous élimine instantanément, vous et vos tonnes et autres treize à la douzaine, du champs des idées recevables par tout être même modérément préservé de la démence post-factuelle trumpo-mélenchienne.

      1. Hum, je suis pas sûr de comprendre. Vous pensez que c’était une mauvaise idée d’inviter Berruyer?

        « … tout être même modérément préservé de la démence post-factuelle trumpo-mélenchienne »
        Là, je vois pas bien de quoi vous parlez.

      2. C’est au choix, ou bien c’est FI qui se trompe en invitant Berruyer, ou bien c’est Radio Courtoisie qui se trompe en invitant Berruyer. Mais assurément, un des deux se trompe, non ?

      3. Oh tu sais bien Julien que le petit actuaire-blogueur télégraphiste putinien a fait bien mieux encore, témoigné d’un oecuménisme plus militant encore, jusqu’à fournir E&R en matériel de propagande pendant des mois et des mois…

    2. Il me semble que Paul Jorion a déjà expliqué depuis deux à trois ans pourquoi celui qui « a des oreilles » n’a que des oreilles .

      L’idée aussi que s’il doit approcher de plus près la « politique » , ce serait plutôt en Belgique .

      Au demeurant , en ce qui me concerne , je préfère que les mouvements politiques s’insèrent dans les « courants de pensées  » (et même les pensées tout court ) , plutôt que le contraire .

      1. @Juannessy
        Je ne vois pas en quoi il faudrait qu’un mouvement politique s’insère dans un mouvement de pensée. Quand la FI propose la règle verte, c’est ce qu’elle fait vis à vis du courant écologique… En fait, c’est très caricatural comme vision. Je pense qu’il y a un chevauchement des deux plutôt.

      2. Je ne suis pas sur que  » le courant écologique » se reconnaisse forcément dans la digestion qu’en a fait la FI ( et pas qu’elle d’ailleurs ).

        Chevauchement ? Bizarre , bizarre …

        Je voulais précisément dire que je redoute la politique qui fait son marché dans celui des idées , alors que la mutation qui nous occupe exige que ce soit « l’Idée » ( on pourrait dire paradigme pour faire plus savant ) qui structure une offre politique encore inédite .

        Mais on ne trouve pas facilement des idées sous le sabot d’un cheval .

    3. Il est pas ou n’était pas à Nouvelle Donne le Berruyer ? Un nid de fascistes et racistes bien connus non ? Il a de l’audience, beaucoup même dans sa catégorie de blog.

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