La sociologie rurale et le tueur de Las Vegas

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On reproche souvent à mon ami Todd ce qui semble s’apparenter chez lui à des affirmations à l’emporte-pièce, comme d’interpréter la géopolitique présente à partir de structures dont nous avons perdu jusqu’au souvenir, comme les formes anciennes d’organisation familiale. Il est pourtant parfois bon pour le sociologue ou l’anthropologue, d’admettre que nos comportements puissent être déterminés par des mécanismes « primaires » ou « grossiers », comme le fait que si des populations mangent trop, c’est parce que pendant des générations et des générations, on n’a pas mangé assez dans ces familles-là, et qu’il était de bonne politique de se gorger quand l’occasion vous en était donnée parce qu’on ignorait de quoi demain serait fait, ou comme le fait de préférer s’endetter chez certains alors même que l’on pourrait payer comptant, parce que l’endettement est dans ces familles le quotidien ancestral et donc le seul comportement authentiquement familier et, du coup, véritablement connu. Alors quand nous nous grattons le crâne à essayer de comprendre l’attachement des Américains au droit – apparemment suicidaire – de posséder des armes à feu et de les porter sur soi, souvenons-nous que la plupart d’entre nous sommes nés en milieu urbain, souvent enfants de citadins eux-mêmes, alors qu’une proportion considérable des familles immigrantes aux États-Unis sont d’origine rurale, et que si dès le Moyen Âge les villes européennes apprirent à se défendre, elles et leurs habitants, les paysans, les ruraux, pendant ce temps-là n’ont jamais dû leur survie qu’à leur capacité à se défendre seuls, la cavalerie arrivant toujours trop tard.

N.B. Contrairement à ce que l’on entend dire, parfois même hélas en haut lieu, expliquer n’est pas excuser.

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64 réflexions sur « La sociologie rurale et le tueur de Las Vegas »

    1. Alors, comme ça, les Américains seraient victimes d’un mythe culturel ? Les villes du Wild West contrôlaient sérieusement les armes au 19ième siècle. Invalidant du coup la thèse Jorion-Todd ? Mais 2 siècles avant?

      1. Oula, il faut poser la question à l’auteur de l’article !
        Vu par le tout petit bout de la lorgnette de la mémoire de la branche familiale étasunienne, les garçons-vachers de l’époque n’avaient pas les moyens d’investir dans des armes de poing et les munitions qui vont avec pour l’entrainement. Sans même parler de la perspective de travailler sous le cagnard et dans la poussière avec 1,5kg de ferraille à la ceinture.
        Il semblerait que les discussions entre gentlemen se pratiquaient plutôt à l’arme blanche, et que le duel hollywoodien en plein soleil rencontrait moins de succès que la décharge de chevrotines dans les reins le soir au sortir du bouge…

      2. Merci. Rien de tel que le réalisme le plus terre à terre pour démolir des théories trop léchées. Idéologue ? Jamais quand on peut.

      3. Huhuhuhu…
        J’sais pas si vous imaginez l’ambiance sécuritaire à Dodge City dans ces années là… Deux fois le taux d’homicide de la République Bolivarienne inspirante today, pas moins…

         » Was the “Old West” violent? Scholars have established that it was not as violent as most movies and novels would suggest. Murder was not a daily, weekly, or even monthly occurrence in most small towns or farming, ranching, or mining communities. Still, homicide rates in the West were extraordinarily high by today’s standards and by the standards of the rest of the United States and the Western world in the nineteenth century, except for parts of the American South during the Civil War and Reconstruction. Most data that historians have gathered are preliminary, based on a single source such as newspapers, legal records, or official statistics, rather than on multiple sources. They are minimum counts, not estimates of the number of homicides that occurred. But preliminary data are available for Oregon, British Columbia, Texas, nine counties in California (which together held 57 percent of the population of central and southern California), eight Native peoples in California, five cattle towns, five mining towns, and two counties each in Arizona and Colorado.

        To appreciate how violent the West was, we need to consider not only the annual homicide rate, but the risk of being murdered over time. For instance, the adult residents of Dodge City faced a homicide rate of at least 165 per 100,000 adults per year, meaning that 0.165 percent of the population was murdered each year—between a fifth and a tenth of a percent. That may sound small, but it is large to a criminologist or epidemiologist, because it means that an adult who lived in Dodge City from 1876 to 1885 faced at least a 1 in 61 chance of being murdered—1.65 percent of the population was murdered in those 10 years. An adult who lived in San Francisco, 1850-1865, faced at least a 1 in 203 chance of being murdered, and in the eight other counties in California that have been studied to date, at least a 1 in 72 chance. Even in Oregon, 1850-1865, which had the lowest minimum rate yet discovered in the American West (30 per 100,000 adults per year), an adult faced at least a 1 in 208 chance of being murdered.  »

        https://cjrc.osu.edu/research/interdisciplinary/hvd/homicide-rates-american-west

  1. Côté sociologie rurale , au moins en France , je préfère Henri Mendras à Todd .

    Quitte à se gratter la tête , je me demande bien pourquoi une majorité de pays dont on ne peut pas nier la sociologie rurale ancienne ou encore actuelle , n’ont pas pour autant constituer des arsenaux chez une majorité de leurs habitants . Je n’ai jamais craint de me faire tirer dessus au Sénégal .

    1. Mendras : eau de rose. On voit bien par là votre tempérament bienveillant.

      Todd : un livre fondamental : « Le fou et le prolétaire » peu cité. La violence de l’individu et du groupe devant la peur d’être déclassés, juste pour faire le lien avec la tuerie…

      Afrique : et les sorciers ? Suffit de perdre un peu de rationalité pour y croire, et agir selon, ou être agi. La preuve de l’immense pouvoir de notre psychisme sur notre corps.

      1. Les bouquins de Todd n’ont strictement rien à voir avec la tuerie de Vegas, rien.
        Il est vrai qu’ils n’ont strictement rien à voir avec rien, si ce n’est avec Todd lui-même, soit, manque de pot, encore rien.
        Mais je ne donnerai jamais mon Robust à Todd, pour rien au monde.

      2. Todd= Rien de rien. Je m’en souviendrais comme une bonne blague.

        Il est vrai qu’il tangente les Pinson-Charlot en matière de violence, feutrée si nécessaire, des « classes » supérieures vis-à-vis du prolo. Rien qui vous agrée et je le comprends.

        Vous devez vivre dans un monde super-protégé ou vous avoir construit une forteresse, loin du bas monde, trop compromettant pour votre intégrité et votre tranquillité d’esprit.
        Montaigne, parfaitement sociable et se frottant à son vaste monde, mais seul en sa chambre devant sa page blanche devait vous ressembler… Rien qui ne soit bas, dominant le vulgaire du tout-venant et souverain dans son jugement, souvent droit il faut le reconnaître. Ajoutez à ça une montagne de statistiques et une bonne mémoire… Je brûle ?

      3. Les commentaires de vigneron n’ont strictement rien à voir avec la connaissance, rien.
        Il est vrai qu’ils n’ont strictement rien à voir avec rien, si ce n’est avec vigneron lui-même, soit, manque de pot, encore rien.
        Mais je ne donnerai jamais mon Jorion à vigneron, pour rien au monde

    2. Je n’ai non plus jamais craint de me faire tirer dessus en Chine, en Corée, au Japon. En ville comme à la campagne. De quoi se gratter la tête 🙂

  2. Je ne vois pas pourquoi expliquer ne serait pas excuser. Au contraire, et c’est très bien comme ça!
    Machines biologiques, algos de chair, si c’est bien ce que nous sommes, alors chacun ne fait jamais que ce qu’il peut faire à chaque instant t, et aucun sujet n’est responsable de rien.
    Comment peut-on, en même temps, décrire l’humain comme du « machinal » (imparfait qui plus est! « qui rate ») et en même temps lui assigner une quelconque espèce de responsabilité.
    Mr Jorion, il va falloir choisir : ou bien la volonté existe, ou bien elle n existe pas. Si elle n existe pas, pour quel motif condamner des sujets qui seraient donc constitutivement irresponsables?

    1. Voir ce que j’écris sur la responsabilité dans Le dernier qui s’en va… Parce qu’il y a conscience, il reste la bonne ou la mauvaise foi : se reconnaître ou non dans les actes qu’on pose.

      1. On comprend mieux pourquoi les anglo-saxons ne se reconnaissent responsables de rien , quand on mesure le nombre d’expressions utilisées , selon le contexte , pour traduire  » poser un acte » .

      2. Hum… ok.
        Ca impliquerait, comme Bergson, de définir la conscience comme le produit d’un « retard » généré par le cerveau, le cerveau étant lui-même un genre d’image).

        Mais le fait que l’on puisse se reconnaître ou pas (ou plus ou moins) – après coup- dans les actes qu’on pose (et qu’on soit obligé de se situer par rapport à ça), si ça éclaire l’idée de culpabilité, et ce rend intelligible l’existence de l’éloge ou du blâme moral (même si du coup, quand il s’y livre, un agent ne fait rien d’autre que témoigner aux autres de l’incapacité qui est la sienne de s’identifier à l’acte qui a été posé par un autre), ce fait ne permet toujours pas d’assigner une quelconque forme de responsabilité, faute d’imputabilité causale.

        Car aucun agent ne CHOISIT de se sentir coupable ou pas, c’est à dire d’être le genre de personne qui a agit comme elle a agi – ce qui enveloppe bien sûr le fait de s’être reconnu ou non dans les actes posés! -, pas plus qu’on ne choisi d’être le genre de personne qui préfère la glace à la fraise à la glace à la vanille.

        On comprend que cette théorie permette d’expliquer le sentiment de culpabilité, même si la volonté n’existe pas (voire même qu’on ne peut pas échapper à la culpabilité, qui serait alors une question d’identité inexpugnable).

        On comprend, en vertu de ce genre de théorie, qu’on ne peut pas ne pas blamer/célébrer les actions des autres.

        Mais on comprend en même temps que ces assignations de responsabilité sont à la fois complètement inexpugnables et totalement arbitraires d’un point de vue moral, car par définition complètement dépourvues de fondement possible!

        La théorie rend compte de l’existence de comportements observables, mais les vide complètement de valeur.

        Il est ainsi possible de ressentir ou non de la culpabilité, il est possible de porter un jugement moral sur la conduite d’autrui, tout en niant l’existence de quelque chose de tel que la volonté, mais ces jugements portés sur soi et sur les autres seront a jamais dénués de tout fondement normatif, un agent n’ayant de toute façon jamais la possibilité de faire autre chose que ce qu’il fait (mais seulement de le découvrir après coup).
        Tant pour celui qui agit, que pour ceux qui le jugent.

        On est au pays des automates ventriloques ! Et si tout le monde impute de la responsabilité, personne ne saurait jamais, au sens courant du mot, etre responsable de quoique ce soit.

        Il n’y a malheureusement pour les anglo-saxons aucune alternative à la formule de Kant. Ou bien le libre-arbitre (la volonté) existe, et dans ce cas une IA forte est impossible alors que les jugements moraux sont possiblement fondés et donc la démocratie un idéal politique et moral à atteindre, ou bien il n’existe pas, et dans ce cas une IA forte est possible (illusion pour illusion… qu’est ce qui ressemble + à une illusion… qu’une illusion?), mais dans ce cas le droit naturel est impossible et le seul régime légitime est la dictature d’une société de termites.

        On « sauve » le fait que des sujets ne peuvent pas ne pas assigner à eux même ou aux autres de la responsabilité, même en contexte déterministe, mais c’est au prix d’une mutilation complète de l’idée de responsabilité.
        En effet, la capacité à rendre compte des comportements d’assignation (tels qu’observés du dehors) a pour corollaire immédiat l’impossibilité de toute justification normative de ce blâme ou de cet éloge.
        Or, lorsque nous disons que X est coupable, nous voulons dire bien bien plus que « exprimer son absence de reconnaissance dans les actes qui ont été posés par X  » ou encore « exprimer notre souhait que X soit déclaré coupable de A »; nous voulons vraiment dire « que nous avons des raisons moralement fondées de penser que X est effectivement coupable de A, que nous sommes justifiés à porter le jugement que nous portons, qu’en agissant comme il a agit, X a prouvé qu’il était une personne mauvaise, et non pas seulement que « les actions accomplies par lui (comme s’il y était exterieur!) ne sont pas conformes aux actions qu’on attend dans pareille situation ».

        Donc ok. Certes, expliquer – même dans un monde déterministe, ce n’est pas justifier.
        Mais ce ne serait pas parce que certaines actions posées seraient bel et bien justifiables et d’autres non! Mais bien plutôt parce-que de toute façon, en étant fairplay, aucun jugement moral, qu’il s’agisse d’une éloge ou d’un blâme, ne peut se justifier, autrui étant toujours agi et donc jamais un objet d’imputation de responsabilité possible !

        Même l’absence de remord n’est pas condamnable (vous n’êtes pas humain si vous n’êtes pas capable de remord/d’absence de remord, mais que vous soyez pris de remord ou non, à aucun moment le choix ne vous appartient…).
        Franchement, ca colle assez peu avec nos intuitions morales, et avec la manière dont vivons notre « vie morale ».

        Quand les anglais sont sceptiques, ils pensent qu’il y a peut etre des choses, mais qu’on n’en sait rien. Quand ils sont dogmatiques, ils pensent qu’il y a des choses, mais que ces choses ne sont que des illusions, des histoires, des effets de bord, le produit halluciné de telle ou telle méta-simulation : bref, comme les psychotiques, que la réalité complote sans cesse contre nous…

        Donc pour résumer : la culpabilité a des causes, mais elle n’a jamais aucune raison. Coupable mais pas responsable. C’est magnifique! Paul flirte ainsi avec le réductionnisme et son corollaire le nihilisme : au doublet causes/raisons il semble substituer en effet… les causes seules. Au programme: automation et ventriloquie…

      3. Hé bé , les avocats ont encore de gras honraires à espérer !

        Entre Responsabilité et Culpabilité , j’en suis pour ma part à des choses plus simples :

        – Responsabilité : « pendant logique » et inscriptible dans le réel de notre « aspiration » à la liberté , garde fou du libre-arbitre « hors sol ». Elle est la mesure sensible de l’impact de nos actes sur le monde .Elle a une temporalité « éternelle » .

        – Culpabilité : traduction sociale et « supérieure » de la sanction négative de l’acte d’un individu tendant à éviter sa reproduction
        ( de l’acte !), et essayant d’en réparer les effets .

        – Mérite : traduction sociale et « supérieure » de la sanction positive de l’acte d’un individu tendant à en encourager la reproduction ( de l’acte !), en en démultipliant les effets .

        Culpabilité et Mérite ont une temporalité  » au fil de l’eau » définie le moins connement possible par la démocratie ( ou , le plus souvent , par les mères de famille !)

        Si l’on veut faire plus psy , il faudrait gratter dans « mesure sensible de l’impact de nos actes sur le monde « , mais je ne suis pas sur que ça soit bien utile .

  3. Bon, donc il faudrait peut-être que chaque Américain fassent une petite psychanalyse, pour se rendre compte qu’ils ne sont plus au temps des cow-boys et des indiens (à moins que si : le western est toujours présent mentalement sous une autre forme, et les armes conservent leur entière et authentique valeur symbolique….).

    1. Faut pas exagérer non plus, y’a « que » 3 adultes sur dix qui possèdent au moins une arme aux US (4 hommes et 2 femmes sur 10) et 3% possèdent la moitié des 300 millions d’armes qu’on estime présentes dans les foyers ricains, soit 17 flingues en moyenne par jobard.
      Mais des cinglés collectionneurs d’armes on en connaît tous…

      1. On en connaît au moins un qui bichonne un Robust Magnum juxtaposé . Mais ça n’est pas encore considéré comme arme de guerre .

      2. C’est vrai, à vous entendre ce n’est pas important … mais comme vous semblez amoureux des chiffres, celui-là : les USA est un pays où les tueries de masse représente au moins 4 personnes tuées par arme à feu par jour (équivalent 1460 personnes par an – l’information n’indique pas le nombre de blessés) – (on pourrait presque considérer que DAESH à côté, ce serait de la gnognote…). En même temps, économiquement …

      3. Yep, et si les USA avaient le même taux de suicide que nous ça leur ferait 10 000 morts de plus par an, et inversement ça nous en ferait 2 000 de moins, so what ?

    1. Dans la rubrique des apparentements terribles , on peut aussi noter le sous titre du Bouquin de Paul Jorion ( A quoi bon penser à l’heure du grand collapse ) :

       » Un franc tireur  » .

  4. « … les paysans, les ruraux, pendant ce temps-là n’ont jamais dû leur survie qu’à leur capacité à se défendre seuls… »

    Sans doute. Mais contre qui le tueur de Las Vegas se défendait-il en tirant sur la foule ?

    Etait-il guidé par le besoin de se défendre ou guidé par le besoin de faire payer à quelqu’un on ne sait quelle inguérissable fracture intime ?

  5. Un type de 64 ans qui pète les plombs et qui s’exprime avec les moyens de sa culture…
    L’important c’est quoi?
    Les moyens?
    La culture?
    Ah bon…

  6. Paul Jorion nous livre une réflexion sociologique, sans préjugé, en nous rappelant quelques caractéristiques historiques du milieu rural nord-américain. Dans le passé, de nombreuses familles ont dû pour survivre, gagner des terres et se protéger avec des fusils. De fait, on peut dire que la violence est en partie fondatrice du développement rural de ce pays. S’en souvenir nous aide donc à décrypter avec intelligence « l’attachement des Américains au droit – apparemment suicidaire – de posséder des armes à feu et de les porter sur soi », mais aussi et indirectement, de comprendre un peu mieux pourquoi le tueur de Las Vegas avait ‘minutieusement’ préparé son attaque.
    Pour autant, Je m’interroge. Pourquoi Paul Jorion ne nous a-t-il pas livré une analyse psychanalytique, plutôt que sociologique, sur cet « acte abominable » ?
    Pourquoi lui, l’auteur du carnage, Stephen Paddock, riche retraité sans casier judiciaire et coutumier des casinos, a-t-il ouvert le feu sur d’autres personnes (réunies pour un concert de musique), avec l’intention de faire le plus de victimes possible, avant de se donner enfin la mort ? Pourquoi s’était-il persuadé ‘qu’il fallait en passer par là’ absolument ?

      1. Certes, mais les rédacteurs du 2d amendement avaient en tête des pétoires sinon à un coup du moins à quelques coup et non des fusils mitrailleurs à 1000 cpmn!

      2. Oui, je comprends. Ce « je ne sais rien» sonne juste. Mais, si la personnalité de ce tueur défie les typologies habituelles selon les experts, ne serait-il pas important justement d’en savoir plus sur l’homme ?
        Le président Donald Trump, ben, il sait déjà, lui : « Un malade, un fou!».
        Trump veut avoir le dernier mot, mais ce n’est pas une raison pour laisser la parole au diable…

    1. Je vais expliciter. 🙂
      Le pétage de plomb, sous différentes formes culturelles, devient commun en occident.
      Les lemmings gèrent la « surpopulation ».
      En attendant qu’un Lemming en Chef utilise les moyens de son pouvoir pour augmenter l’échelle?
      A moins que la planète ne fasse indistinctement baisser la pression démographique…

      1. @ Subotai
        « Le pétage de plomb »
        Voilà, c’est ça ! Je trouve qu’on a pas assez creusé ce sujet. Parce qu’en évoquant ici, l’anthropologue Emmanuel Todd, Paul Jorion (au-delà du deuxième amendement), a peut-être mis le doigt sur un truc profondément métabolique. Le “métabolisme” humain peut se comparer à une véritable chaudière : « Ma chaudière pète les plombs! » Donc, la question que je me pose, malgré le peu que l’on sache, c’est pourquoi la chaudière “Stephen Paddock”, s’est-elle détraquée ? Quelle est cette autre structure, ou mécanisme primaire, qui sommeille en chacun de nous, et menace de rompre ?

      2. Donc croire, comme le proclame Trump, que cette fusillade était celle d’un individu possédé par le diable, serait une erreur fatale. Heureusement, Paul Jorion nous offre une approche toute différente en prenant en souci notre monde.
        « Si tu es malade, recherche d’abord ce que tu as fait pour le devenir. » disait Hippocrate. Comprendre où nous en sommes « à partir de structures dont nous avons perdu jusqu’au souvenir… » Jolie formule! Alors, Paul Jorion nous offre avec concision deux exemples, afin d’appuyer sa démonstration sur l’attachement des Américains au droit de posséder des armes à feu : pourquoi mangeons-nous (pas tous) plus que nécessaire? et pourquoi préférons-nous (pas tous) toujours nous endetter? Ces mécanismes « primaires », sur lesquels se sont greffés différentes cultures, m’incitent d’abord, naturellement, à penser à un mécanisme tout aussi ancien que manger : dormir.
        Beaucoup de choses se passent pendant le sommeil, mais sans rentrer dans les détails, la raison pour laquelle nous dormons reste encore aujourd’hui assez mystérieuse. D’après des spécialistes, la fonction la plus importante du sommeil était de tenir les premiers ancêtres mammifères immobiles, hors d’atteinte des prédateurs. Depuis ce temps-là, dormir nous aidait à survivre. Le mécanisme se déclenche encore toutes les nuits, mais dormons-nous tous bien, dans nos têtes, face aux prédateurs modernes?…
        https://lectures.revues.org/15039

  7. C’est regrettable que ceux qui critiquent Todd ne l’aient pas lu. Il est vrai que dans les médias il semble peu conciliant et met en cause un tas d’idées toutes faites. Je suis sûr quand même que pour comprendre notre époque les anthropologues, historiens, … ont plus de choses intéressantes à nous dire que politiciens, économistes et journalistes surtout quand ils se mettent aux ordres de l’establishment.

    1. Pour Todd, pas de bol quand on commence avec  » qui est Charlie ».
      ! Comme ce fut mon cas. Mais peut être ses considérations sur le terrorisme « non islamiste » sont elles une erreur comme tout le monde peut en faire hein?. Y a aussi son acharnement contre l’euro qui vire un peu au mantra voire a la religion, ce qui venant de lui ne manque pas de sel!

  8. D’après le Huffington Post, le père de Padock était un hors la loi pilleur de banque dans les années 60, et un bandit des plus recherchés par le FBI.
    C’était entré dans ses gènes, sans doute plus que dans ceux de son frère, il l’a sans doute beaucoup refoulé, mais le outlaw est sans doute ressorti en explosant sur sa fin de vie…

    1. Bof, les gènes…
      Il s’en est payé une bonne tranche avant le grand saut ce cinglé, that’s all.
      Non, moi ce qui ne laisse pas de m’étonner c’est pas qu’il y ait un mec armé jusqu’aux dents par ci par là qui décapsule, c’est bien qu’il n’y en ait pas plus.
      Imaginez si juste 1% des 30 000 mecs qui se suicident chaque année aux US s’inspiraient de l’autre millionnaire ahuri de Vegas (ou du pilote Lufthansa)…

      1. « Non, moi ce qui ne laisse pas de m’étonner c’est pas qu’il y ait un mec armé jusqu’aux dents par ci par là qui décapsule, c’est bien qu’il n’y en ait pas plus.… »

        Dans le genre décapsulé suicidaire, comme si on n’avait pas DEJA de quoi « faire » avec les ahuris de dash and co lave plus rouge. M ‘enfin faut pas tout mélanger, c’est sur, quand on fait tout péter et qu’on flingue en masse, il y a les ceusses qui ont une cause et les ceusses dont le FBI and co cherchent encore la cause. A l’arrivée, ben on compte les survivants , quand il y en a. Mais cela fera , éventuellement l’objet d’un autre débat.

      2. Le pilote de la Lufthansa exactement, j’ai pensé à ce dingo. On n’imagine pas le résultat avec un A380 bondé pour aller en vacances dans ces conditions, brrrr. Ou comme l’autre abrutis sur la promenade des anglais chargé à bloc avec un 26 tonnes.

        Je pense qu’une poignée de gangrénés du bulbe est entrain d’ouvrir le bal des horreurs des individualités en effondrement, sur enchérissant comme à la corbeille d’antan, et imitant, par là même, l’ensemble collectif en effondrement lui aussi (ça ressemble à du PSDJ cette formulation alambiquée non ?)

        Et comme le disait quelqu’un ici, y a plus qu’à attendre le même genre de dégénéré chef d’Etat avec pleins de généraux allumés derrière lui ayant le même penchant, et ça va être du sport et du feu d’artifice.

        Mais bon, moi j’offre des bisous.

  9. Sociologie et …. aussi lobby des vendeurs d’armes….
    Cependant, l’aspect « rural » est intéressant, il doit y avoir aussi le mythe du pionnier « armé » entretenu par des décennies de western, etc….Le côté justicier à la Clint Eastwood/Charles Bronson doit aussi traîner dans un morceau de la cervelle américaine…
    Aujourd’hui, j’ai plus peur des Américains que des Russes et des Chinois réunis…..Si, il y a bien un peuple instable et en crise, c’est bien eux. Pourtant, les médias occidentaux ont une telle complaisance vis à vis de l’Amérique. Ceci me fait dire que hélas la France et l’Europe en général ont été totalement bouffé par le soft power américain….

  10. « dès le Moyen Âge les villes européennes apprirent à se défendre, elles et leurs habitants, les paysans, les ruraux, pendant ce temps-là n’ont jamais dû leur survie qu’à leur capacité à se défendre seuls, la cavalerie arrivant toujours trop tard. »
    D’autant qu’à l’époque, il n’y avait rien à attendre de bon de la cavalerie, les armées de tous bords devant « vivre sur le pays », faute d’intendance. D’où le phénomène de fortification des églises rurales dans les régions les plus exposées :
    http://www.encyclopedie.picardie.fr/Eglises-fortifiees-de-la-Thierache.html

  11. Bon, la neutralité de Las Vegas, là-dedans ?
    Au lieu de faire un casse comme son père, lui passait son temps aux paris où l’on rêve de « casser la banque » plus métaphoriquement. On peut fantasmer sur ce dont Las Vegas était la métaphore pour lui, et qui l’a conduit à « poser un acte » nuisant on ne peut plus clairement à cette Babel un brin spéciale. La cible est donc quasi neutre, il fallait qu’il y ait beaucoup de gens et que ce soit bien identifié comme Las Vegas (grand hotel casino voisin de l’aéroport).
    J’explicuse rien du tout, m’sieur le procureur, j’essaye d’excuiquer, c’est tout.

  12. Si une société était réductible à tous les types de sociologie connus ou à venir , ce serait toujours la réduire à un morceau d’image dans le rétroviseur .

    Une partie de « d’où l’on vient » ne nous informe pas sur  » là où l’on va » , et à peine sur « là où l’on est « .

    Que dira -t-on de la culture américaine , quand les américains du nord seront majoritairement mexicains , l’espagnol étant depuis peu je crois autant parlé que « l’anglais » aux USA ?

  13. Et si notre présumé tueur n’était tout simplement pas mélomane?
    PS: J’autorise allégrement la censure de ce commentaire de fin de soirée

  14. Pour avoir lu la lecture par Timiota du dernier livre de Todd, j’entends que l’immigrant n’amène pas ses traditions mais adopte ce qui fait « l’émergence régionale ». Alors ici, incriminer les flèches des indiens peau-rouge ? En réalité, l’extermination des populations locales, le contrôle des esclaves noirs, la dangerosité de détenir une pépite d’or sans moyen de défense, la guerre civile enfin, sans parler des lynchages et autres, n’expliqueraient-elles pas mieux le désir des armes chez les états-uniens… blancs (la domination de couleur, dimension souvent oubliée) ? Détention inconnue chez les canadiens, tout aussi ruraux…
    Pour ce que je sais des populations rurales du Dauphiné, le seul salut était dans la fuite en montagne, la détention d’une arme était un luxe que la piétaille ne pouvait même rêver. Or, des bandes de mercenaires et de soldats, hivernant entre deux campagnes d’Italie, cela ne manquait pas. Les Dragonnades non plus…

    1. Bof.
      Le nombre d’armes pour 100 habitants a doublé entre 1968 et 2007, passant de 50 à 100.
      Mais inversement il faut noter que le pic pour le nombre de meurtres par arme à feu pour 100 000 habitants se situe entre la fin des seventies et le début des nineties (à plus de 6,5 meurtres) et s’est littéralement effondré ensuite jusqu’en 2011/2012 (à 3,2 meurtres par arme à feu pour 100 000 habitants)… Bref, classique, moins ça flingue et plus ça s’entend.
      Tout fout l’camp, ils dorment avec un arsenal, shootent des cibles dans des stands de tirs mais sont infoutus de s’en servir comme au bon vieux temps…
      America is dead Donald.
      https://fas.org/sgp/crs/misc/RL32842.pdf

  15. La Finlande ou la Suisse possèdent plus d’armes par habitants que les EU. Or, ce genre de tueries ne s’y produisent pas. Une nouvelle fois on ne peut qu’évoquer un exceptionnalisme américain, à effet boomerang, pour expliquer l’inexplicable, la forme la plus sombre de cette exceptionnalisme délirant étant peut-être le « droit » au meurtre. Tout comme les EU s’arrogent le droit de tuer à l’extérieur, certains Américains s’arrogent le même droit vis-à-vis de leurs concitoyens, manifestant ainsi une exceptionnalité réduite à leur seule personne.

    1. Non, les USA sont loin devant tous le monde pour le nombre de flingues pour 100 habitants, 3 à 4 fois plus que ces pauvres Finlandais ou Suisses.
      Et il n’y a pas spécialement plus de crimes violents répertoriés pour 100 000 habitants aux US que dans les autres pays développés, mais les crimes violents y sont beaucoup, beaucoup plus létaux.
      Commenksasfé ?

      1. Oui, ils sont loin devant tout le monde pour ce qui est du nombre d’armes à feu, mais pour ce qui est du taux de personnes armées, plus pertinent pour notre affaire, les Finlandais les talonnent (28% contre 31% pour les EU) et il est vrai que les Suisses sont un peu derrière (24 % de personnes armées, armes militaires pour la majorité).

  16. lui fallait-il une montagne de rage longtemps contenue pour accumuler cet arsenal et surtout s’en servir pour tuer et blesser plus de 600 humains (=toute l’humanité s’il avait pu).
    Lui disparaître et tous les vivants avec lui!
    indicible nihilisme!

  17. D’après un spécialiste:
    A cause de la passion française pour la chasse, « la France est déjà un des pays les plus armés du monde avec plus de 20 millions d’armes pour moins de 200 homicides par armes à feux chaque année (dont une bonne partie par des truands utilisant des armes de trafics). Le vrai risque c’est le suicide (plus de 80 % des morts par armes à feux)  »

    Il me semble qu’il y a une grande différence entre le fusil du grand père pour la chasse à la caille et une arme telle une de celles utilisées à Las Vegas.

    Je ne donnerai pas son site, parce qu’il a retiré celui de Paul à son « blogroll »…

  18. Chasser les cailles….

    J’en connais un dans mon village qui chassait et qui a eu son chien flingué par un autre chasseur : ça l’a calmé, il ne chasse plus.
    D’autres continuent et ne désespèrent pas de se faire défoncer, eux ou leur chien, par un sanglier, ou de tuer leurs clébards par ce qu’il ne savent même pas tirer.
    Les « joies » de Luna park ne sont plus ce qu’elles étaient. Ah et pis pousser le caddy ça fait moins rêver, pourtant, ça a son charme les roulettes qui crissent a donf dans le virage en épingle des boîtes de petit pois en promo. Le flingue et le marlboro en sueur ça fait plus sexe, à peu de frais, certes, mais que voulez vous, faut bien réveiller Me Michu . Poil au nez. Dorénavant, l’extase, elle est, devant l’ouvrier en sueur et en débardeur qui se pourliche les babines avec une langue de 3 kms et des yeux de mérou, dans ton jardin, et pour lequel t’acccccourrrreu comme une bête en rut pour lui donner son coca au boy’s band..
    Nom de diou Marcel tu vas le boire ce coca que je prenne
    mon pied !
    Plus belle la vie.

    Il est plus facile d’acheter des armes à feu aux États-Unis que des Kinder Surprise
    http://www.huffingtonpost.fr/2016/01/20/etats-unis-kinder-surprise-interdits-pourquoi_n_9025354.html

    1. Vous avez un talent d’humoriste…
      J’ai éclaté de rire pour les 9 premières lignes, puissance des images et tout ça. Imaginez un sanglier -une harde tant qu’on y est – dans un centre commercial. Sûr qu’avec de l’entrainement, la défense d’un mâle peut éventrer une rangée de boite de petit pois, une à une… Reste à épargner ce spectacle peu convenable aux femmes et aux enfants. Mais comment faire quand les « hommes » sont les premiers à descendre aux abris ?

      On en revient à cette joyeuse vérité pour l’espèce humaine: si le gibier avait des armes, notre histoire serait bien différente.

      1. surtout retirez lui toute arme..et voyez comment il se débrouille le chasseur…c’est si facile, si « délectable » de tirer sur une biche et son faon et d’envoyer les chiens…c’est vrai qu’il crève de faim aujourd’hui le chasseur ventripotent dans son 4/4..

  19. Même si les six-coups des cowboys c’est du folklore, disposer d’un très grand nombre d’armes s’est avéré indispensable pour toutes sortes de raisons: faire face aux indiens, aux esclaves, aux anglais lors de la guerre d’indépendance, aux voleurs de bétail, aux bisons et à toutes sortes de bêtes sauvages. De plus le gibier encore très abondant fournissait une part essentielle de la nourriture des pionniers.
    À cause des indiens il n’était pas permis dans certaines régions de Nouvelle-Angleterre de s’installer comme fermier indépendant si on ne possédait pas de fusil.

    Les armes sont d’ailleurs la première chose que, dès le début du 19ème siècle, les États-Unis ont produit industriellement: les pièces étaient interchangeables (donc les réparations faciles), la production se faisait par grandes séries, des machines spécialisées suppléant à la rareté et au manque de qualification de la main-d’œuvre.

    Quand le second amendement a été voté en 1791 il fallait encore être relativement aisé pour disposer d’une arme…

  20. Il y a peut-être une explication plus simple: ce serait que c’est l’industrie de l’armement qui parvient à acheter d’une manière ou d’une autre suffisamment de députés pour empêcher toute réforme…
    Un processus bien connu malheureusement.

    1. Vu l’activisme et le nombre des adhérents à la NRA, sans parler des 75 millions d’électeurs armés, je m’inquiète pas pour la trésorerie de Smith &Wesson, Ruger, Remington ou Sig Sauer. Le boulot est fait par les clients. Les bons lobbys votent en nombre ou font voter en nombre.

    2. Très probable. Sauf qu’y sont civilisés, eux. Ce n’est pas de la vulgaire corruption. C’est de l’action légale et tout: lobbying.

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