Un impossible rêve : la vertu écologique, par Vincent Rey

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Les appels à la « vertu écologique » ont beau être nombreux, la dégradation de l’environnement (0) suit son cours. Combien de temps nous reste-t-il, pour réaliser que la recherche de la vertu est un vœu pieux, en matière d’environnement comme en matière de santé ?

L’espoir de voir émerger un homme vertueux sera déçu. Chacun peut observer que l’Homme vertueux pour sa santé n’existe pas : on a beau connaître les bienfaits du sport et d’une alimentation équilibrée, l’obésité et le diabète progressent dans tous les pays industrialisés (1). L’Homme vertueux pour l’environnement se fera attendre tout autant car non seulement il ne s’agit pas de son intérêt personnel à court terme (2), mais de plus, l’intérêt collectif dont il s’agit est décalé dans le temps. À ces deux obstacles s’ajoute encore le fait que les invitations à enfreindre un comportement vertueux sont nombreuses, encouragées par les firmes, et même par les pouvoir publics. (3).

Face à cette situation périlleuse, il n’y a pas d’autre choix que de reprendre le contrôle de l’économie, une idée que refusent pourtant la plupart des économistes. La peur d’un retour au communisme y est sans doute pour quelque chose. Cet immobilisme, ainsi que l’imminence avérée du danger, contribuent à laisser se propager l’idée que « si chacun de nous ne fait pas un effort, nous risquons tous d’être anéantis ». Ce serait donc à chaque citoyen, de surveiller son activité, pour la rendre neutre pour l’environnement :

 –      À lui de ne pas laisser ses appareils en veille, alors que les centrales gaspillent 70% de la chaleur dégagée par le combustible nucléaire.

–      À lui d’éteindre son moteur au feu rouge, alors que le gouvernement se donne 2 ans pour augmenter de 10 millions le nombre annuel de visiteurs internationaux (4) déjà très élevé.

–      À lui de trier ses déchets ménagers (moins de 10% du poids total des déchets produits, selon l’Ademe), pendant qu’une « prime à la casse », envoie des milliers de véhicules au pilon…

–      Etc.

Nous sommes obstinés, nous voulons « croire » en l’émergence d’une « vertu écologique globale », qui résulterait en quelque sorte, de la somme de nos « vertus écologiques individuelles » (5). Cette croyance est une illusion, et nous pouvons bien nous moquer de ces évangélistes américains, affirmant que « Dieu ne permettra pas l’extinction de l’Homme », cette croyance là n’est pas moins risible. Cependant, on comprend cette fuite : d’une part la perspective d’une terre « poubelle », telle qu’elle est imaginée dans le film « Blade Runner », nous est insupportable. Et d’autre part la concurrence libre nous a apporté tant de bienfaits depuis 2 siècles, que nous mettons du temps à admettre qu’elle travaille maintenant contre l’Homme, en développant le chômage, et la pollution.

Nous préférons « croire » ce que nous espérons, la survenue d’un Homme meilleur, quitte à occulter les mises en garde de plus en plus nombreuses des scientifiques (0). Une attitude de déni, comparable à celle d’un homme amoureux, refusant d’admettre qu’il n’est pas aimé en retour, faisant des offrandes (6), suppliant l’être aimé de l’épargner, l’insultant bientôt, furieux de son impuissance. Le plus tôt un tel Homme trouve en lui la force de renoncer à ses faux espoirs, le mieux c’est pour lui, même s’il doit avoir, en abandonnant ses illusions, l’impression de se couper un bras. Cet Homme vertueux n’existant pas, alors inutile de perdre du temps : il faut regarder en face la TOTALITÉ DE L’ACTIVITÉ HUMAINE, pour en analyser secteur par secteur, ce qui impacte l’environnement : une tâche immense, révolutionnant non seulement toute la structure des revenus, mais aussi toute la structure des souverainetés et des influences.

Cette perspective d’instabilité totale, justifie amplement nos hésitations, pour ne pas dire notre refus d’aller vers cet avenir inconnu. Ce serait pourtant l’honneur d’un peuple, d’oser se lancer dans une telle aventure. De l’entreprendre sans violence, et en évitant les écueils du passé que furent la recherche de la vertu de Robespierre, la revanche de classe en URSS, ou la mise au ban des intellectuels pendant la révolution culturelle chinoise. Une voie courageuse, héroïque même, telle que le fut jadis la Révolution Française. Et qui peut dire, si cela nous coûterait si cher ?

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(0) Selon le récent bulletin annuel de l’OMM (Organisation Mondiale Météorologique) « La dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a 3 à 5 millions d’années : la température était de 2 à 3°C plus élevée et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres par rapport au niveau actuel ». http://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/rechauffement-climatique-il-n-y-a-jamais-eu-autant-de-co2-dans-l-atmosphere-selon-l-onu_2444106.html

(1) Selon l’OMS, il y avait 108 millions de diabétiques dans le monde en 1980, ils étaient 422 millions en 2016.

(2) Faut-il démontrer que l’intérêt particulier prévaut sur l’intérêt collectif ? Par exemple : « Je suis en retard pour aller au travail, je n’ai plus le temps d’y aller à vélo. » Que pèse alors cette minuscule contribution à la préservation de l’atmosphère face à la perspective d’un léger retard ? De même dans les Kolkhozes de l’ex-URSS, la réussite de la Révolution ne pesait pas lourd sur le moissonneur d’Ukraine, qui préférait regagner sa famille à l’heure prévue, même si un orage risquait de détruire la récolte.

(3) N’est ce pas encourager l’aliénation à la consommation, que d’autoriser la publicité sur les médias publics ? sur France Inter, la redevance sert maintenant en partie à la promotion d’Audi et de Citroën, alors qu’il était autrefois interdit de citer des marques.

(4) Le gouvernement Macron se donne 2 ans pour passer de 89 à 100 millions de touristes internationaux : https://www.lesechos.fr/26/07/2017/lesechos.fr/030467040469_tourisme—le-gouvernement-se-fixe–une-feuille-de-route–de-deux-ans.htm . Or selon J.-M. Jancovici, pour un voyage en long courrier, « chaque passager (…) émet autant de gaz à effet de serre que s’il était seul en grosse voiture sur la même distance ». Chaque touriste supplémentaire, chinois par exemple, émettrait donc pendant son voyage l’équivalent de 14000 km dans une grosse voiture. https://jancovici.com/transition-energetique/transports/faut-il-souhaiter-la-croissance-du-trafic-aerien/

(5) La vertu écologique globale, c’est un peu le « bout du tunnel » que voyait Raymond Barre en 1980, un point blanc au loin, qui ne cesse de s’éloigner. À la même époque, le Commandant Cousteau voyait l’avenir avec plus d’acuité lorsqu’il déclarait que « l’Humanité réussirait peut-être, à enfourcher une bicyclette ». Nous y sommes.

(6) Les millions d’euros consacrés à la réintroduction des loups et des ours, et à l’implantation d’émetteurs sur la nageoire dorsale des saumons pour mieux pouvoir les suivre en hélicoptère, ne sont-elles pas des offrandes rédemptrices ? En somme-nous là, à offrir des brebis en sacrifice aux loups et aux ours, ou des heures d’hélicoptère, pour espérer acheter notre salut ? Est-ce que cela ne rappelle pas les indulgences, combattues en son temps par Martin Luther ?

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56 réflexions sur « Un impossible rêve : la vertu écologique, par Vincent Rey »

  1. Le problème est le suivant. Aujourd’hui, l’homme est dans une phase où sa maîtrise technologique est si grande qu’il est capable de lutter efficacement contre tous les mécanismes qui régulaient naturellement sa population (maladie, intempéries, virus, prédateurs,etc….). Nous sommes 7 milliards d’habitants et demain? Il n’y a aucune raison que ce chiffre ne soit pas explosé. Nous sommes programmé pour nous reproduire. C’est inscrit dans nos gênes comme pour tous les mammifères. Donc d’un côté, une espèce qui prolifère et qui a besoin de plus en plus d’énergie pour satisfaire ce besoin et de l’autre aucun mécanisme naturel pour la stopper. Question ouverte: que va t-il se passer?
    Dans l’immédiat, j’aurai 2 réponses : soit la nature trouve un moyen de stopper l’expansion humaine (virus, climat insupportable, etc…) , soit on se bouffe entre nous….Après, on peut imaginer d’autres scénarios plus lointain comme la colonisation de planètes ou le remplacement par des robots,etc mais ceci dépendra de nos avancés technologiques.
    Mais dans l’immédiat, je dois avouer que celui qui a (hélas triple hélas!!) mon assentiment c’est : la régulation par la guerre!!!!!Avec 4 ou 5 milliards de morts peut être que là , on tirera les leçons!
    Voilà, voilà…Bonne fin d’après midi 😉

    1. Pour les scenarii « Départs dans l’espace », c’est juste du rêve.
      Et après la guerre, le scenario « Tirage de leçons », c’est juste du rêve aussi.

    2. @ Pierre
      Nous sommes certes programmés pour nous reproduire, mais pas comme des lapins 😉
      http://www.persee.fr/doc/pop_0032-4663_1986_num_41_6_17675
      Et ces méthodes ne datent pas d’hier :
      http://www.persee.fr/doc/pop_0032-4663_1993_num_48_2_3971
      Quant à une régulation par pandémie, elle arrivera sans doute un jour.
      https://www.ird.fr/la-mediatheque/fiches-d-actualite-scientifique/132-resurgence-de-la-peste-dans-les-campagnes-malgaches-l-environnement-et-les-conditions-de-vie-en-question

    3. La guère est la réponse la plus simple mais n’est pas pour autant une solution ; elle ne l’a jamais été. Nous sommes prêts à accepter une évasion vers d’autres planètes et pourtant même pas foutus de prendre en main une saine régulation des naissances.
      Certains diront : quels sont les pays qui accepteraient cette régulation ? A cela je demande quels sont les pays qui accepteraient de se prendre de bombes sur la tronche ?
      C’est clair que l’option individuelle vers une écologie du changement est, à elle seule, peut crédible. Mais pour qu’un changement interviennent sur un plan collectif, il faut que l’individu commence et tienne en halène les décideurs. L’un n’ira pas sans l’autre et tous objectifs servant à nous sortir du plus mauvais pas (non pas de résoudre la question climatique) se feront sans doute par l’union de l’individu et du collectif.
      Sans se faire d’illusion, que risque-t-on à essayer ? A moins que de proposer mieux, alors je prends.

  2. Quand, sur un talus, je plante un chêne, un frêne, un châtaignier, je sais que je le verrai pas grand. Je le fais pour l’arbre et les animaux. Taux de réussite : 1 sur 3. Je suis un fou.

    Nota : Ce qui est bien avec le châtaignier, c’est qu’il peut produire des châtaignes dès l’age de 8-9 ans. Pommiers, poiriers, néfliers produisent plus vite.
    Pour les temps difficiles qui nous arrivent, on pourra manger des glands (12-15 ans à attendre tout de même après plantation d’un tout petit arbre ; et encore, il n’y a pas des glandées tous les ans). Mais il ne faudra pas oublier de bien les faire cuire plusieurs fois dans de l’eau pour éliminer les tanins ; enfin ! dans l’hypothèse où il restera du bois pour faire du feu après la disparition du pétrole.

    1. Moi, je fais germer et je plante des cormiers. Arbre fruitier très rustique qui peut fournir des fruits pratiquement tous les ans (en aurait livré en 1709, c’est dire) mais surtout adapté à la chaleur et la sécheresse. Et puis arbre dont le bois, le plus dur en Europe, est certainement à l’une des origines de la révolution technologique du Moyen-Age (vis de pressoirs, alluchons=dents d’engrenages de moulins, coussinets pour arbres de rotation en chêne, premiers canons…). Je suis fou également.

      http://www.greffer.net/discussion/viewtopic.php?f=30&t=368

      1. Deux alisiers torminal (sorbus torminalis) plantés à la maison (terre acide).
        Il n’y a n’a plus dans les environs.
        Pour le cormier (Sorbus domestica, sur calcaire), on faisait des rabots et des varlopes avec son bois.
        J’espère que vous distribuez de vos rejetons autour de vous, pour les temps mauvais qui viennent.
        On est fous !

      1. @M Jorion

        C’est un jeune olivier ? Récolte peu abondante mais de belle qualité charnue à première vue. J’ai 2 oliviers en pot qui font aussi de belles olives, cette année nada ! Trois olives qui se courent après !
        Et vous en Bretagne vous avez un bon saladier plein d’olives…
        Vous allez mettre ces olives en saumure ?

      2. @ M Jorion

        Compliqué non, un peu long oui. Faut ce qui faut, trempez les olives (piquez avec un cure dent mais pas trop si elles ne sont pas trés charnues) et changez l’eau tous les jours, jusqu’à disparition de l’amertume
        ( gouter si l’olive est comestible et moins amère ), puis une fois cette étape réalisée, faire bouillir de l’eau avec les ingrédients, sel et aromates de votre choix, laissez refroidir, garder la saumure et les mettre en bocaux avec la saumure ras le haut du bocal, les olives doivent être totalement recouvertes. Laissez environ 3 à 4 semaines reposer avant consommation. Goutez en une ou deux au bout de 3 semaines pour sentir si elles sont prêtes à être mangés. Sinon attendre encore une semaine supplémentaire. De toute façon elles vont continuer à « travailler » dans leur saumure avec le temps. Les garder au frais quand m^me et non à température ambiante sauf si vous les faites mariner à l’huile et/ou au vinaigre et à l’ail par exemple. mais c’est très bon avec une bonne saumure parfumée aux aromates (thym, romarin frais etc….)

        pour vous aider :
        http://www.olivierdeprovence.com/odpce-fr/olives-preparation-conserves.php
        https://verger.ooreka.fr/fiche/voir/260124/mettre-en-bocal-les-olives-du-jardin

      3. @olive express
        plus simple, les piquer une à une avec une fourchette (olives noires), les mettre dans un bocal en verre, soupoudrées de 150g de sel. Remuer et renverser le bocal chaque jour pendant une douzaine de jour ou moins selon les goûts (amertume). Sont prêtes. Un filet d’huile d’olive pour les rendre plus présentables + thym + poivre + ail + …

      4. @olive express

        Confites, oui, mais faut voir les olives, la variété quoi, elles ne sont pas toutes adaptées selon les variétés à être confites, surtout les petites qui sont meilleures en saumure, m^me si effectivement elles peuvent être confites. Autant que possible évitez le poivre avec les petites olives noires ça frôle « l’hérésie »…. mdrrr ;-)))

      5. @oliveexpress
        Pour les recettes Panagioti Grigouriou devrait donner les siennes. Mais classiquement un melon de Tannay ou un sauvignon de St Bris, du chèvre frais du bon pain et des olives (noires ou vertes) suffisent pour un repas sur le pouce.
        J’ai déjà préparé des olives noires avec du gingembre et de l’abricot sec . Mais suis un hérétique.

      6. « J’ai déjà préparé des olives noires avec du gingembre et de l’abricot sec. Mais suis un hérétique. »

        Bonne idée Hervey. Yep, ça serait sympa que Panagiotis partage avec nous sa ou ses recettes d’olives grecques. J’ai déjà préparé les zolives, des vertes, itou, avec du gingembre, du citron vert et un peu de jaune et de l’ail, et sans poivre, mais je suis, irréversiblement et diaboliquement zhérétique, itou.

        ps: pour info, les petites olives noires de Nice, dont je parlais accessoirement, et que j’évoquais, ont déjà une chair naturellement « poivrée ».

  3. A propos de la note 6 et des « offrandes ».
    Il n’y a pas eu me semble-t-il de réintroduction du loup en France, mais l’application de mesures de protection d’une espèce qui se propage naturellement. Nous offrons bien des brebis en sacrifice mais par le biais d’indemnisations pour les éleveurs.
    D’accord avec l’analyse de la TOTALITÉ DE L’ACTIVITÉ HUMAINE, donc arrêtons de nous focaliser uniquement sur le CO2, surtout quand il sert de prétexte à promouvoir le nucléaire et des éoliennes qui tournent dans le vide.

    1. Merci Arkao pour ton commentaire,

      http://www.sudouest.fr/2016/01/15/attaques-de-loups-pres-de-9000-ovins-tues-en-france-en-2015-2244101-706.php

      9000 bêtes tuées par les loups, 2,5 millions d’indemnisations en 2015…ça m’inspire 2 commentaires : on n’a pas beaucoup plus de pitié pour les brebis que dans les abattoirs. Secundo, c’est bien un sacrifice, car il n’y a rien à attendre du retour du loup. C’est dit un peu brutalement, je suis désolé, mais c’est dit.
      Maintenant quand on parle du loup, en pensant parler d’écologie, à mon humble avis, on est totalement hors sujet. Mais c’est la même chose quand on parle des plantes ! C’est d’économie dont il faut parler, de l’activité des hommes !

      1. @ Vincent Rey
        La question du retour du loup mériterait un débat à part entière tant le sujet est complexe, la bête en question suscitant fascination pour les uns, peur pour les autres. On va se faire étriller par CloClo, mais je ne suis pas loin de partager votre avis. Le loup se repend dans les zones de déprise rurale. Beaucoup de bêtes à manger et peu d’hommes pour les garder. Économie et écosystèmes sont étroitement liés. Pour rester dans le cadre alpin, les alpages de moyennes altitudes (avec leur écosystème propre) sont le fruit des défrichements humains. Les laisser à l’abandon, c’est le retour de la forêt (avec son écosystème propre).
        Deux choix s’offrent à nous : entretenir un écosystème en soutenant le pastoralisme ou laisser faire pour que l’écosystème naturel se remette en place. Peu de conséquences pour l’environnement à l’échelle globale puisque faune et flore changent d’étage montagnard depuis des millénaires en fonction des variations naturelles du climat.

      2. @ Arkao
        Tant que la main d’oeuvre est un coût, vous ne verrai pas le retour des bergers, par contre quand le coût de l’énergie deviendra prohibitif alors on aura une chance de pouvoir maintenir en vie un troupeau de mouton en haute montagne.
        Comme quoi tout est lié.

  4. La vertu écologique , ça n’existe pas .

    Il se peut que la contrainte écologique ( et biologique ) nous rende vertueux …au sens de « courageux » pour éviter les jouissances sans limites , quand il sera évident qu’elles nous tuent .

    Si l’évidence précède la mort .

    Mais la vertu , entre Aristote , Montesquieu , Robespierre , Laozi , Sade …c’est comme le bleu du ciel , insaisissable .

    A tout bien y penser , c’est la réflexion de Valéry que je préfère :

    « …Quand VERTU , substantif féminin ,viendra par devant nous , se proposer à son rang dans la suite du Dictionnaire , dire la VERITE ? »

    1. L’intelligence des arbres : un autre monde, un regard neuf sur la forêt

      « Nous oublions parfois à quel point nous sommes imprégnés du végétal. Tel l’air qu’on respire, l’immersion dans la nature est un besoin fondamental. Un forestier en Allemagne, Peter Wohlleben, a observé que les arbres de sa région communiquent les uns avec les autres en s’occupant avec amour de leur progéniture, de leurs anciens et des arbres voisins quand ils sont malades. Il a écrit le bestseller “La Vie secrète des arbres » (vendu à plus d’1 million d’exemplaires) qui a émerveillé les amoureux de la nature. La traduction française est sortie en 2017 aux Éditions les Arènes. Ses affirmations ont été confirmées par des scientifiques à l’Université du British Columbia au Canada. Ce film documentaire, réalisé par Julia Dordel et Guido Tölke, montre le travail minutieux et passionnant des scientifiques, nécessaire à la compréhension des interactions entre les arbres ainsi que les conséquences de cette découverte. »
      http://up-magazine.info/index.php/planete/biodiversite/6930-l-intelligence-des-arbres-un-autre-monde-un-regard-neuf-sur-la-foret

      La solution la plus efficace face à la crise climatique : planter des arbres
      « Cette étude, menée par des scientifiques de The Nature Conservancy et de 15 autres institutions, et publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, élargit et affine considérablement la portée des solutions climatiques précédemment évaluées par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations Unies. »
      http://up-magazine.info/index.php/planete/climat/7015-la-solution-la-plus-efficace-face-a-la-crise-climatique-planter-des-arbres

    2. Si la vertu écologique existe, c’est uniquement en cas d’accident, comme à Tchernobyl par exemple. Les liquidateurs ont incontestablement fait preuve de vertu écologique, en particulier ceux qui sont allés jeter des morceaux de graphite sur le toit éventré.
      Si le Gulf stream ralentissait, aurait-on la même mobilisation ? je n’en suis pas certain…

    1. Quel est le système avec lequel nous échangerions ?

      Si compréhension fait vertu , je ne vois pas plus de vertu thermodynamique que de vertu écologique , au journal de 20 heures .

  5. En effet, nous sommes 7 milliards et serons, dans quarante ans, une dizaine de milliards. Cela signifie outre des besoins et des dégradations considérables, une complexification extrêmement embrouillée des relations humaines.
    Dès lors, comment croire à la possible organisation dans la démocratie d’une nouvelle humanité ?
    Quelle hypothèse serait alors la plus vraisemblable ? L’effondrement concomitant de tous les systèmes dont nous escompterons bientôt, lorsque l’angoisse nous accablera, le très prochain avènement. En implorant que la prédisposition à l’entraide mutuelle dont les hommes ont toujours su faire preuve depuis que la conscience d’être les a comblés ne les ait pas abandonnés.

  6. Si « l’homme vertueux écologiquement » ne saurait exister et que l’évolution du climat dépend de l’action des gouvernement, qu’attendent les citoyens pour « obliger » leurs gouvernements à engager les changements indispensables ? Si l’action individuelle en matière d’écologie est indispensable, quoique d’efficacité limitée, l’action politique du corps social dans une pression sur les gouvernements est la solution.
    Bon, qui commence ?

  7. Il faudrait changer de cap et on a les vacances de M. Hulot

    PS. Je sais, je suis injuste, il fait ce qu’il peut le monsieur, ça aurait pu être pire avec un autre …
    Mais non, si l’on prend la bonne distance, pour analyser les choses froidement, comme le fait cet excellent billet de Vincent Rey, ceux qui sont aux manettes sont effectivement aux abonné absents.

  8. @Vincent Rey
    Je suis végétarien depuis 1996, parfois strict (ils disent vegan maintenant), ou pas. Comme j’ai conscience de ma position extrémiste par rapport aux carnivores favorables aux usines à viandes d’animaux en tout genre, je constate que ton post part du principe que la vertu écologique est imposée par quelqu’un d’autre que toi, est-ce l’Etat ? Vincent, manges-tu des animaux ? Quel élément dans ta vie t’as fait devenir « coupable » pour faire de ton écologie un « impossible rêve » ? Tu cites l’incroyable concentration de CO2 en lien. Le CO2 est la brique essentielle pour la photosynthèse, est-ce un polluant ? Te régales-tu d’un bain de sang dans ton assiette ? que fais-tu pour supporter ton post ?

    1. Sapristi,
      Le titre est sans doute provocateur, mais à dessein, pour nous inviter à passer de l’individuel au collectif, le collectif dans sa dimension politique.
      L’article ne dit pas la vertu c’est mal. L’article ne dit pas qu’il ne faut pas agir individuellement. L’article ne dit pas qu’il ne faut pas des pionniers, des individus motivés et opiniâtres pour donner l’exemple, pour indiquer que d’autres modes de vie sont possibles tout de suite, maintenant, y compris comme vous le proposez une autre manière de s’alimenter.
      L’article dit seulement que la vertu à elle-seule ne suffira pas pour changer les choses parce que c’est la globalité du fonctionnement d’un système économique qui est en cause .
      J’ajouterais, la vertu est une condition nécessaire, parce qu’il faut bien des humains en chair et en os qui donnent les impulsions initiales dans la direction du changement (les fameuses minorités agissantes), en s’engageant politiquement ou à travers leur mode de vie, mais la vertu n’est pas une condition suffisante.

    2. Moi même je suis végétarien, mais au deuxième degré ! 😛

      Je ne mange que des herbivores par opportunisme, ouais je suis bêtement omnivore, mais de moins en moins en fait je dois l’avouer, le sang me dégoûte, maintenant je demande « à point » ! Petit on me disait toujours finis au moins ta viande, mange ta viande si tu veux être grand et fort, je me prends à reproduire bêtement ce conseil moi même… J’en ferai pas une maladie si y avait plus dans l’assiette de viande comme source de protéine. Ce penchant là chez beaucoup d’entre nous a fait quasiment disparaître tous les grands mammifères sauvage. J’aurai ma place au Grand Nuremberg du Vivant.

    3. « faire de ton écologie » : c’est vraiment une histoire individuelle pour vous !
      Réfléchissez : c’est une histoire collective. En quoi devenir végan empêche la catastrophe du Rana Plazza, la marée noire de l’Amocco Cadiz, ou la promotion de voyages lointains ? Le plus tôt vous le réalisez, le plus tôt il sera possible d’intervenir.

  9. Encore une fois, « le bout du tunnel » n’a strictement rien à voir avec le Barre de 1980 et tout à voir avec le Chirac de fin 1975, en pleine (pathétique) relance keynésienne…

    1. pas tout à fait Vigneron…puisque Barre en a tout de même parlé, de ce « bout du Tunnel »…je n’ai jamais dit qu’il avait les droits d’auteur sur la formule.

  10. Bonjour,
    Je vois que je vous ai choqué. Vous y croyiez, à la vertu écologique, et vous m’en voulez d’avoir démonté votre château en Espagne.
    Que je sois végétarien ou non n’a pas beaucoup d’importance, mais je pense que vous avez mal compris. Ce n’est pas l’écologie qui est un impossible rêve, c’est l’écologie qui repose sur le volontariat, sur l’individu vertueux.

    1. Une conclusion possible de votre texte est « Si C’ est comme ça, alors je ne m’ impose aucune limite à titre personnel, jusqu’à ce que la solution collective émerge ». Or si chacun se dit cela, il n’y a plus aucune chance pour l’ émergence d’ une solution collective.
      Cela dit, je suis d’ accord avec vous: la vertu écologique seule, C’ est juste pas à l’ échelle du problème…

      1. Mathieu avec votre raisonnement, je dirais que la peine de mort serait certainement toujours en application en France. Une solution « collective » ne passe pas forcement par un agrégat de comportements individuels. Une volonté avec les bons leviers peut tout aussi bien faire l’affaire. C’est toujours une poignée qui entraîne si elle peut utiliser/accéder aux bons moyens de dispersion et de généralisation (ie l’Etat de droit).

      2. Bonjour Mathieu,
        Est ce que ce ne serait pas plutôt le contraire ?
        Est ce que vous ne vous dites pas : « moi je suis vertueux, et je ne fais rien en attendant que tout le monde soit aussi vertueux que moi » ?
        (Vertu personnelle à vérifier d’ailleurs, car chacun l’estime à sa manière : moi je ne mange pas de viande, ou moi je ne pars en long courrier qu’une fois par an, mais le reste du temps je fais du vélo. Vous ne voyez pas que c’est n’importe quoi ?)

      3. @Cloclo et Vincent Rey

        Je ne dois pas avoir été assez clair.

        1) Pour moi le changement global du système de production-consommation est nécessaire, et vite.

        2) Je suis d’accord avec votre texte dans le sens où l’appel à la vertu comme solution globale, ça n’est pas une solution au problème, pour les raisons que vous évoquez.

        2) Par contre, mon point est qu’il faut faire attention à ne pas critiquer le comportement vertueux individuel.
        La raison est que si personne ne s’y met au point de vue individuel, il n’y aura jamais de minorité pouvant servir d’exemple ou d’aiguillon pour motiver ou la minorité au pouvoir (ou la majorité) à imposer le changement nécessaire.

        PS: la question de savoir ce que moi je fais dans mon coin, et pourquoi, me semble hors sujet. Le sujet de l’article, c’est qu’est-ce qui est une solution globale et qu’est-ce qui ne l’est pas. Cela dit, on peut en parler si vous voulez 😉

  11. la cause des causes, c’est la surpopulation… et là, il n’y a plus rien à faire.
    Le collapse aura lieu, quels que soient les actions que nous ou les gouvernements pourrions envisager . L’équilibre ne se fera que lorsque l’ensemble des niveaux de vie aura diminué de 50% ou que la population (riche) aura diminuée du même pourcentage.

      1. Non, comme cette charogne d’Ehrlich le proposait y’a près de 50 ans, conditionner les aides aux PEVD à une stricte régulation de la natalité et empoisonner l’alimentation et l’eau des pays récalcitrants avec des molécules « temporairement stérilisantes » avec distribution contrôlée « d’antidote » à une partie seulement des malheureux arrièrés de ces enfers très ehrlichiens de la cuniculiculture, par loterie par exemple…
        http://query.nytimes.com/mem/archive/pdf?res=F10D13F63E591A7493C7AB178AD95F4D8685F9

    1. La population du globe croîtra du fait de l’hygiene, d’un meilleur accès aux soins, à la nourriture de base puis décroîtra – guerre, famine, épidémie, catastrophe – surtout du fait que les femmes verront en une génération qu’elles n’ont plus besoin de sortir une petite dizaine d’enfants de leurs corps pour en laisser deux au monde.
      Le problème, la cause des causes pour reprendre vos termes, n’est pas la production mais la gestion des déchets. Tant que la population augmentera que ferons-nous de tous ces déchets de consommation qui seront les indicateurs que la population va décroître?
      Dans cinquante ans on sera vraiment dans le dur parce qu’il est possible que le monde entier soit sorti de la misère par le capitalisme et la société de consommation. Que pouvons-nous faire pour que la terre ne devienne pas une telle poubelle que la vie s’éteigne?

  12. Un caprice ou un raté de l’usine d’à côté, en une minute ruine cent ans de vertu écologique personnelle ou familiale.

    Regardez dans la vastitude du monde.
    Pendant qu’ici des rêveurs glorifient le film « Demain », d’innombrables humains fraîchement arrivés à un peu de consommation renouvellent ce que nous faisons collectivement depuis deux cents ans.

    Je lis un commentaire: « l’action individuelle en matière d’écologie est indispensable ». Ah. Mais de quel point de vue? La seule légitimité de la vertu écologique individuelle, c’est la conscience individuelle, à laquelle nous ne pouvons pas déroger. Mais sur le plan de l’avenir collectif, sortez vos règles à calcul: zéro effet.

  13. « Une équipe formée de 98 scientifiques de 22 pays a compilé ce que l’on considère à ce jour comme la base de données sur la température planétaire la plus exhaustive, réunissant des relevés datant du tout début de l’Ère commune jusqu’à aujourd’hui. C’est un parfait exemple de coopération scientifique à grande échelle», affirme Jeannine-Marie St-Jacques, professeure adjointe au Département de géographie, d’urbanisme et d’environnement, qui a contribué à la publication. »

    «Ensemble, nous sommes arrivés à faire ce que nous ne pouvions pas faire individuellement ou en petits groupes.»

    « Point culminant d’une collaboration rigoureuse de trois ans, l’initiative PAGES2k 2,000 Year Multiproxy Database est une base de données de sources multiples composées de 692 relevés provenant de 648 endroits sur la planète. On y trouve en outre de nouvelles données sur tous les continents et les bassins océaniques.
    Les dossiers colligés portent sur les arbres, les coraux, les glaciers ainsi que les sédiments lacustres et marins, en plus de contenir des preuves documentaires. Ensemble, ils forment la plus importante collection de données climatiques, dotée de la résolution temporelle la plus précise possible – de toutes les deux semaines à tous les deux siècles. »
    http://www.enerzine.com/98-scientifiques-lancent-une-banque-de-donnees-sur-la-temperature-du-globe-au-fil-de-2000-ans/23447-2017-10

  14. @Paul Jorion
    Excellent petit exercice que la préparation des olives….
    si vous vous y collez, vous allez vous mettre dans la peau, pendant de temps, d’un Alchimiste !
    Le travail sur la matière étant le reflet d’un travail sur une « matière » infiniment plus générale…..

    La situation actuelle de l’Humanité n’est pas sans amertume, mais elle conserve un bon potentiel 🙂 🙂 🙂

  15. Rapport de l’administration Trump…
    Le rapport complet fera 2000 pages, voilà la première partie déjà consultable (la seconde est un focus sur les conséquences détaillées et chiffrées du RC sur les US) :
    https://science2017.globalchange.gov

    « Je pense que ce rapport est fondamentalement le rapport scientifique sur le climat le plus complet du monde », a déclaré Robert Kopp, spécialiste du climat chez Rutgers, spécialiste de l’élévation du niveau de la mer et auteur principal du rapport.

    https://www.washingtonpost.com/news/energy-environment/wp/2017/11/03/trump-administration-releases-report-finds-no-convincing-alternative-explanation-for-climate-change/?tid=ss_tw&utm_term=.4b0087bbd36a

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