Ahed Tamimi, par Eliane Chaponik

Billet invité.

De tous temps, la résistance a été l’affaire de la jeunesse, hier comme aujourd’hui.

Hier : Marcel BERTONE – 1920-1942. Ce jeune Lyonnais parti à 16 ans avec l’assentiment de ses parents combattre aux côtés des républicains espagnols. Revenu en France, il fut incarcéré (faisant partie des Jeunesses communistes) dans divers forts et lieux de rétention dont le dernier en Provence situé à l’époque en zone dite libre. Autorisé à voir sa femme enceinte, il ne revint pas et rejoignit la Résistance dans la région parisienne. Arrêté après avoir incendié un garage de camions allemands, il fut fusillé au Mont Valérien.

Aujourd’hui : Ahed TAMIMI une jeune Palestinienne de 17 ans, blonde aux yeux bleus, ne portant pas de foulard a osé gifler un soldat israélien. Quel impudence ! Oser frapper un soldat des SDI (Forces de défense d’Israël). Elle a furieusement transgressé les règles, car gifler n’est permis que de la part des soldats.

UN RAPPEL AU DROIT

Je voudrais tout d’abord rappeler les violations multiples du droit international par le gouvernement d’Israël et mon étonnement face à l’acceptation de ses violations par l’ensemble du monde.

Violation de :

  • de la déclaration universelle des droits de l’homme de décembre 1948
  • de la 4 ème convention de Genève relative à la protection des populations vivant sous occupation
  • des articles 1 et 37c de la convention internationale des droits de l’enfant de 1989

Actuellement, les Palestiniens vivent sous un régime militaire d’occupation et le droit israélien n’est pas le même pour tous et nous venons de le voir avec Ahed Tamimi, sont jugés par des tribunaux militaires pour adultes, en violation complète avec les articles 1 et 37c cités ci-dessus.

Enfin, l’âge de l’emprisonnement des mineurs palestiniens est à géométrie variable, les ordres militaires de l’armée peuvent changer selon l’analyse du contexte. Un nouvel intifada des gifles par exemple ?

DE NOUVELLES GENERATIONS

Voici ce que le père de Ahed dit à propos de la génération de sa fille : « dans cette situation, notre plus grand devoir à moi et à ma génération, est de la soutenir et de laisser la place ; de nous maîtriser et ne pas essayer d’altérer et emprisonner cette génération nouvelle dans la vieille culture et les vieilles idéologies dans lesquelles nous avons grandi. »

A ce sujet, on peut rappeler que cette jeune fille fait partie des 50% de Palestiniens habitant en Cisjordanie occupée et ayant moins de 20 ans (37% ont moins de 14 ans.)

A cela il faut ajouter, que plus de 60 adolescents israéliens ont écrit une lettre à Netanyahu, dans laquelle ils indiquent notamment : « l’armée met en œuvre une politique raciste du gouvernement qui viole les droits humains fondamentaux et promulgue un droit pour les Israéliens et un autre droit pour les Palestiniens sur le même territoire. »

LA PAROLE A AHED TAMIMI

Lors d’un voyage en Afrique du Sud s’adressant à un public qui venant de voir une vidéo sur la lutte de son village, avait les larmes aux yeux, elle dit notamment :

« Je ne veux pas être perçue comme une victime et je n’accorderai pas à leurs actions le pouvoir de définir qui je suis et ce que je serai. J’ai choisi de décider par moi-même comment vous me verrez. Nous ne voulons pas que vous nous souteniez à cause de quelques larmes photogéniques, mais parce que nous avons fait le choix de la lutte et que notre lutte est juste. C’est la seule façon de pouvoir arrêter de pleurer un jour. »

MON AVIS

Vous voyez, cette jeune femme n’est pas intéressée par tout le bruit qu’on fait autour d’elle, elle n’est pas le produit d’un vieux parti ou mouvement, non elle est l’âme de la résistance palestinienne puisqu’elle invite à faire face aux faiblesses de son peuple et à dominer les peurs. Si toute la jeunesse palestienne la suit, elle vaincra, d’autant plus si la jeunesse israélienne finit par refuser dans sa grande majorité de continuer cette politique « d’oppression et d’occupation » dixit les 63 jeunes Israéliens.

Eliane Chaponik

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