Société du spectacle : une dame se paie la gueule du monde

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Une dame, accompagnée d’un monsieur, décident d’escalader une des montagnes les plus hautes du monde, en s’abstenant délibérément de prendre les précautions élémentaires (teneur en oxygène à ces altitudes et tutti quanti) – pour décupler la qualité de leur « exploit ». Ils se trouvent en difficulté, aboutissement dont la probabilité était extrêmement élevée vu les circonstances.

La dame a été sauvée grâce à la solidarité de ses amis et d’un certain nombre d’autres personnes de bonne volonté. Le monsieur est sans doute mort.

Ce soir, la dame se plaint amèrement, ajoutant l’invective à ses récriminations : L’alpiniste Elisabeth Revol en « colère » contre la lenteur des secours sur le Nanga Parbat.

Cette dame, et son compagnon, ont pris des risques incalculables en toute connaissance de cause, sachant que des personnes plus raisonnables qu’elles viendraient à leur rescousse en cas de pépin. Elle considère ce soir, et l’exprime « avec colère », que la solidarité du monde entier leur était due, à elle et à son compagnon, tous deux en fait également irresponsables (paix à son âme).

Comme peu nombreux seront sans doute ceux qui – dans le cadre de la société du spectacle et du fait divers soigneusement mis en scène – répondront à cette dame qu’elle se paie la gueule du monde, je m’en occupe personnellement. Je l’informe que ma colère à son égard est égale, sinon supérieure, à la sienne vis-à-vis du monde insensible à ses yeux – monde qui témoigne à son insu d’une générosité infinie à son égard, difficile à justifier.

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146 réflexions sur « Société du spectacle : une dame se paie la gueule du monde »

  1. Je suis complètement en accord avec votre courroux et je le partage. J’avais entendu l’histoire de cette dame à la radio. En plus une cordée des 3 alpinistes polonais ( Qui étaient amis avec l’alpisnistes disparu, lui-même polonais) avait fait une ascension record en pleine nuit pour lui porter secours.
    Ils ont battu une sorte de record du monde. Je ne connaissais pas la suite de cette histoire et vous me l’apprenez !!!!

  2. J’ai eu la même réaction de colère en lisant cet article.
    Colère et dégout.
    Pareil pour les guignols surmédiatisés qui se glorifient de records de vitesse de traversée des océans à la voile. Qu’ils coulent dans l’indifférence générale et qu’on rende hommage aux travailleurs de la mer qui meurent parfois pour que nous ayons du poisson frais et pas cher sur nos étals.

      1. [mode double sens on ] Comme quoi une attitude gerbante (quand ça tangue beaucoup) donne de bonnes bases éthiques [mode double sens off]

  3. Et B!en voilà parfaitement exprimé de nombreux points de vues, et en tous cas le mien!!

    Merci Monsieur Jorion, pour ça et pour infiniment plus!
    Toujours un plaisir de vous lire!

  4. Totalement d’accord avec vous, quand j’ai lu les déclarations de cette personne je me suis dit « quel culot! » prendre des risques insensés pour espérer la gloire, compter sur les autres en cas de pépin et en plus se plaindre que ceux qui ont risqué leurs vies pour la récupérer n’ont pas été assez rapides…Il faut oser quand même.

    1. De quelle gloire parlez vous ?
      Pourriez-vous me citer, le nom des 10 meilleurs alpinistes au monde ?
      Plus facile, 2 sur les 10 ? Je vous aide, ils ont fait parti de la cordée de secours … ils étaient juste à côté sur le K2, oui ils faisaient prendre des risques aux autres eux aussi … non toujours pas ?
      La gloire … dans le petit monde des alpinistes ne va pas bien loin. Les secouristes sont des alpinistes, ils sont sponsorisés par les alpinistes et leurs explois ne va pas plus loin que chez les alpinistes !

      1. Quant à vous, suivez Mars, ou l’Amour, ou le Prince ;
        Allez, venez, courez ; demeurez en Province ;
        Prenez femme, Abbaye, Emploi, Gouvernement :
        Les gens en parleront, n’en doutez nullement.
        Jean de la Fontaine

  5. N’était-ce pas ce qu’il cherchait en partant à l’aventure sans prendre de précautions élémentaires, il ne s’en souciait pas ou se souciait-il d’abord du spectacle? Son compagnon s’est suicidé en quelque sorte. Les secours n’ont rien pu faire à cette altitude, la colère ne changera rien pour le monsieur, les secours ne l’ont pas tué. Elle culmine et fulmine, un fort tempérament cette alpiniste.

  6. Attendez, attendez ! Pour la première fois je me permet de vous faire remarquer que votre commentaire est tronqué, qu’il manque quelques phrases importantes relevées dans ce même article du Monde, à savoir :
    – Leur routeur (Ludovic Giambiasi) regrette « des freins et des problèmes »
    – « Parmi les plus regrettables, selon lui, il y a eu des « mensonges de certains Pakistanais » s’agissant de la « disponibilité, de la réservation et des capacités des hélicoptères » »
    – « Sans compter la surenchère sur les prix, « partis de 15 000 dollars et montés à 40 000 » pour finalement être exigés « “on the table”, en cash sur la table » »
    – Toutes choses ayant remarquablement ralenti les secours.
    D’autre part, que ces alpinistes partent sans oxygène, c’est le jeu…. depuis maintenant 40 ans et les exploits de Reynold Messmer (le 1° à avoir gravi les 14 sommets de plus de 8 000 m). Faire le Nanga Parbat en hiver, sans oxygène c’est une nouvelle frontière, de celles qu’ont franchies nos lointains ancêtres il y a 2 à 300 000 ans, en venant par exemple d’Afrique en Europe, les dangers étant d’un autre ordre, mais il fallait être aussi fou que ces deux là !
    Mais, et c’est peut être ce sur quoi nous serons d’accord, ces ancêtres là ne se seraient pas plaints si l’un des leurs s’était fait bouffer par un lion ! Et à qui se seraient-ils plaints ? C’est peut-être qu’il y a aujourd’hui trop de facilité à dire n’importe quoi devant le premier micro tendu.

    1. « … que ces alpinistes partent sans oxygène, c’est le jeu »

      Le « jeu » aussi, je suppose, pour ceux qui doivent essayer ensuite de les sauver, parce que certaines personnes ne peuvent pas s’empêcher d’aller au secours de leurs semblables, aussi cons soient-ils (et ce soir, on battait des records) ?

      1. Et les pêcheurs de Terre neuve en détresse qu’on part sauver alors qu’on annonçait une tempête, c’est pas con? Esprit de corps? Faut connaître ces gens de l’alpinisme, c’est vrai qu’ils ont un côté ‘braque’… Moi j’admire certains. Mais sans doute que je suis con aussi.

      2. Oui c’est une secte … aller secourir des gens sur le K9 alors qu’ils sont sur le K2 … mais qui aurait été les secourir s’ils avaient eu un problem … peut être ceux qui sont sur le K1 ou K3 … il y a plus de monde sur l’himalaya que sur la dune du pilat.

    2. Voilà du sensationnel réduit à un résumé incomplet. Il faut connaître effectivement le domaine de l’alpinisme himalayen et les conditions particulières de l’encadrement et de l’organisation avant de critiquer cette dame. Elle a probablement raison concernant les pressions et les montants exigés. Facile de s’indigner d’un « foutage de gueule » en étant mal informé ?

      1. Il me semble avoir lu quelque part (mais où donc ?) que la formation des prix résulte toujours d’un rapport de force… C’est sûr qu’à Paris, les gens ne sont pas habitués à devoir sortir des biftons pour que le Samu se déplace plus vite. Mais Paris n’est pas le monde !

      2. Il est très interessant en effet d’écouter, lire … avoir toutes les infos … s’intéresser à l’alpinisme, aux pays et aux regions vivants de ce commerce. Tout un petit travail intéressant pour s’ouvrir l’esprit … ma grand mere me disait « tourne ta langue 7 fois dans ta bouche avant de parler » … aujourd’hui plus besoin de cette gymnastique, on a wikipédia !

      3. Hallucinant que ce petit monde de bobos inconscients vienne se plaindre jusqu’ici et tenter de justifier leur surréaliste prétention !!
        Le sans gêne ne concerne pas que le 1%,apparemment ,ils ont fait des émules !

    3. @ JF D,
      votre commentaire montre qu’il y a aussi trop de facilité à écrire du n’importe quoi dans les commentaires des blog. Le vôtre est un peu pitoyable car visiblement vous ne savez pas de quoi vous parlez. Bien sûr nos lointains ancêtres étaient courageux, bien plus que la moyenne de nos contemporains, mais pareillement que nos ancêtres paysans ou marins… ou tous ces gens qui sur la terre luttent jour après jour pour survivre avec leur famille … Sur des décharges du Caire ou dans des mines au Maroc.
      Non ce n’était pas pour franchir une nouvelle frontière mais parce qu’ils avançaient de 30 km en 30 km, un village fondé à chaque génération : l’espèce humaine est « invasive » mais cela n’a jamais signifié qu’elle voulait se lancer des défis gratuits du type évoqués par vous. Non ils n’étaient pas « fous » !

      Un grand merci à Paul Jorion pour ce billet qui a su formuler ce que nous sommes nombreux à ressentir !

      1. Dans le contexte de l’époque, les Homos Sapiens qui s’aventurèrent (aventure…) au nord de l’Afrique étaient aussi « fous » que ceux qui explorent de nouvelles frontières y compris en montagne l’hiver. Leurs contemporains, en tous cas ceux qui sont restés, leur ont certainement prédit le pire, en invoquant probablement des tabous qu’ils allaient transgresser.D’autre part, ces familles étaient des chasseurs-cueilleurs nomades et ne bâtissaient pas de villages.

    4. @JFD
      Vous écrivez  »Faire le Nanga Parbat en hiver, sans oxygène c’est une nouvelle frontière, de celles qu’ont franchies nos lointains ancêtres il y a 2 à 300 000 ans, en venant par exemple d’Afrique en Europe, les dangers étant d’un autre ordre, mais il fallait être aussi fou que ces deux là ! »

      Cette femme voulait être la première femme à gravir ce sommet en HIVER sans oxygène. Elle a réussi, mais à quel prix ? C’est une connerie monumentale vu les températures glaciales qui y régnent en ce moment et au delà de la bêtise de ces deux-là se pose la question de la responsabilité de leur entourage technique car il y a des limites physiologiques que l’être humain ne peut dépasser.

      Que va t’il se passer lorsque 3 ou 4 femmes l’auront gravi en plein hiver et que le record sera battu ?
      Y aura t’il une candidate pour le monter en plein hiver … et à poil, pour être la première à le faire ?

      1. A poil ?
        Pourquoi pas…
        Repousser les limites… toujours…
        Et c’est encore plus beau quand c’est inutile!
        😉

      2.  » en plein hiver … et à poil »
        Ah, ça peut le faire, d’après wiki, Nanga Parbat signifie ‘montagne nue’… 🙂
        On peut aussi voir dans cette histoire une sorte de culte de la performance à tout prix, dont les médias sont assez friands.

      3. Quoi de plus beau que ….?

        Des millions de choses , puisqu’il y a des millions de gens .

        Sans lancer les J.O. des beaux , ma propre réponse serait « la vie » .

        Et la démocratie , c’est la mise en commun et sélection opérationnelle provisoire des beaux .

        Enfin , c’est le but et la raison d’être , même si ça n’est pas toujours au rendez vous d’actualité , car il y faut des « belles » personnes .

        Ce qui faisait écrire à Oscar Wilde que « dans une démocratie aboutie , tous les citoyens sont des aristocrates  » .

  7. Mouais, bof, à ce niveau de connerie, je ne sais pas si c’est la société du spectacle qui pousse les gens à de telles extrémités où s’ils ne sont pas tout simplement frappa dingue car dans le cas de cette alpiniste, cela fait deux gars qui sont montés avec elle et qui ne sont jamais redescendus.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Élisabeth_Revol
    En 2009, elle atteint le pilier est de l’Annapurna avec Martin Minařík (en). Le vent les empêche de continuer en direction du sommet central4. Martin Minarik disparait pendant la descente, son corps n’a pas été retrouvé par les équipes de secours5.
    https://en.wikipedia.org/wiki/Martin_Minařík

    Et elle veut repartir !!
    Jamais deux sans trois … et la prochaine fois, ce ne sera pas non plus un accident mais de l’inconscience.

    1. Nos sociétés fonctionnent grâce à la philia, dont parlait Aristote, de la plupart d’entre nous : notre bonne volonté à faire marcher la machine cahin-caha. D’autres sont les prédateurs de cette générosité spontanée des autres.

      1. Ah, oui, dans la série « structuralisme de la philia », cette remarque des deux chercheurs Wilson (l’un célèbre, E.O. l’autre moins, D.S.) dont Servigne et Gauthier rappellent le piquant dans leur livre « L’entraide » (Eds LLL) et que je ponctue de mes [crochets]: « L’égoïsme supplante l’altruisme au sein d’un groupe [d’alpinistes médiatisables]. Les groupes altruistes supplantent les groupes égoïstes [à long terme, nouvelle loi de l’évolution]. Tout le reste n’est que commentaire [d’altitude variable]. »

      2. Nous vous félicitons du fond du cœur pour ces justes remarques qui nous émeuvent, et qui honorent la pensée d’Aristote.

      3. Est-ce la « philia » qui vous fait dire haut et fort votre « colère »en retour, vous indigner ainsi contre cette dame « prédatrice de générosité », tout ça sur la base d’un article du journal qui parle aussi de « montagne tueuse » ? Dans sa dernière ligne droite, le blog vire au café du commerce…

      4. @ arkao
        Oui, arkao, je te recommande le livre « l’Entraide » de Servigne et Gauthier aux LLL. L’épilogue est consacré à ce satané sacripan que semble être E.O. Wilson: il a commencé à dire vers 2006 à 74 ans que la sociobiologie qu’il avait fondée et dont les troupes nombreuses avaient proliféré dans les départements de bio, c’était pas bon, même pas falsifiable, jetant avec une gourmandise de Talleyrand des pavés dans des mares éditoriales qu’il maitrise parfaitement. Un chapitre d’épistémologie et de bullologie (science des bulles de tout) à soi tout seul.

      1. Ah, Ötzi, sort de ce corps. JP Demoule lui taille un short, d’ailleurs, à Ötzi, un représentant des sociétés inégalitaires qui ont émergé au néolithique (les dix mille années « d’hommes préhistoriques » dont on ne vous dit rien à l’école), et un qui n’avait sans doute pas le rôle de l’altruiste du coin.

    2. Vous oubliez Ötzi, il parait que c’était son compagnons de cordée … (non ce n’est pas vrai, c’était un alpiniste de l’âge de bronze qui cherchait à se glorifier dans les médias) !
      L’inconscience ou le surpassement de soit pousse l’homme à prendre un bateau pour voir si la terre est vraiment plate, à sauter du haut d’une falaise avec une toile de tissus, à faire de la moto et se pencher dans le virage … ou à aller au travail en voiture (il parait que c’est plus meurtrier que la montagne) … mais certains préfèrent la calme d’un bon bouquin devant la cheminée !

  8.  » Et j’ mourirai, cernés de ri-golos,
    En me disant qu’il était chouette, Voltaire,
    Et qu’s’y a des qu’ont une plume au chapeau,
    Y’en a des qu’ont une plume dans l’derrière,
    La lala, la lala… »

    J. Brel.

  9. Elle devrait quand meme avoir les oreilles qui sifflent dans les prochains jours tellement c’est enorme, comme le jour où Ingrid Bettancourt a trouvé que c’était une bonne idée de reclamer des dommages et interets au gouvernement colombien 😉

  10. J’ai entendu cette personne le matin en me réveillant sur France Inter avec le radio-réveil.
    Mes réveils sont extrêmement laborieux, néanmoins j’ai, dans mon demi-sommeil, immédiatement capté une chose extrêmement gênante à la fois au ton de sa voix et à ses dires, à savoir sa vision extraordinairement auto-centrée sur SA propre histoire, et surtout, surtout -conséquence logique- l’extrême désinvolture (euphémisme poli) avec laquelle elle traitait le sort de son compagnon d’aventure.
    Pour être très franc, j’ai eu la nette impression qu’elle « zappait », ni plus ni moins, ce qu’il lui était arrivé.
    Cette époque est spéciale, très très spéciale.

    1. Ah j’oubliais le sentiment final généré par l’écoute de l’interview de la personne en question.
      A savoir « à mettre dans la colonne Perte Et Profits ».

    2. En aucun cas, elle zappe la mort de son compagnon de cordée. Cela fait parti de son « coup de gueule » contre les autorités Pakistanaises, qui auraient demandé 15000 Dollars, puis 40000, puis du cash … les ambassades n’avaient pas de liquidité, les employés en ont trouvé …

  11. Une personne assez téméraire pour s’investir dans une périlleuse aventure, compte bien battre monnaie avec son piolet et profiter de l’effet de levier médiatique que génère ce genre de succès. Pourquoi pas…

    A la suite de cet échec, d’autres personnes se prennent une volée de bois vert pour n’avoir pas assumé dans les meilleurs délais les conséquences de ses choix. C’est la vie… notre héroïne malchanceuse a du caractère et ne doit pas être de très bonne humeur….

    Cette manie du vedettariat, cette absence de sens des responsabilités mêlée d’arrogance est un pur produit de notre société du spectacle. Cependant, cette volonté impérieuse et moralisatrice qui exige la plus parfaite immédiateté des secours n’est pas sans nous rappeler une autre histoire avec d’autres protagonistes moins courageux mais plus fortunés. Sans le courage de l’héroïne et de ses sauveteurs, il flotterai dans l’air un puissant parfum de déjà vu.

    Ceci dit… les vraies héroïnes ne se bousculent pas tant que ça devant les caméras et celle-ci avec ses mains gelées m’attendrit tout de même. Sans compter que, en cas de réussite, notre fierté nationale aurait eu l’occasion (pas si fréquente en ce moment) de relever un peu la tête.

    1. « Sans compter que, en cas de réussite, notre fierté nationale aurait eu l’occasion (pas si fréquente en ce moment) de relever un peu la tête. »
      Croyez vous ?
      J’ai l’impression que si elle avait réussi son ascension, cela n’aurait pas fait une ligne (sauf peut être le pigiste de son village, aurait fait un article sur le canard local) … d’ailleurs, il y a un français qui est champion du monde pour la 15 ème ou 17 fois de … de quoi … tiens je ne me rappelle plus …

      Je viens de taper Elisabeth Revol sur wikipédia … et puis Chantal Mauduit … et puis … c’est incroyable le nombre de personne inconnu qui font vivre des contrés loin de tout et sans ressource, où 1 enfants sur 3 n’arrivent pas à l’âge de 6 ans … et qui grâce à des égoïstes inconscients reçoivent des soins … ces alpinistes pseudo explorateur en mal de sensation sont d’une arrogance à bouleverser nos certitudes !

      1. permettez.. il me semble qu’elle l’a réussie, son ascension. C’est à la descente que les ennuis ont commencé.

        Hmm… que de matière pour un bon polar… 🙂

      2. Vous n’avez pas tout à fait tort POum…. »ces pseudo explorateurs sont (certainement) d’une arrogance à bouleverser nos certitudes »

        Accordez-moi cependant qu’ils sont, à divers titres mais au moins autant que vous et moi, victimes des effets pervers de cette abominable société du spectacle. Le diable ne rend-il pas fou ceux qu’ils veut perdre ?

        Fort justement, vous pointez du doigt un autre de ces effets pervers qui est le phénomène de saturation des esprits. Faut-il en rendre responsables des sportifs de haut niveau…? Comme précédemment, je ne crois pas.

        En observant un peu plus attentivement les ressorts de nos sociétés (occidentales ou pas), nous finirions par redécouvrir que le capitalisme repose sur l’accaparement des richesses et donc sur la misère des peuples.

        Cependant, une littérature abondante, et de qualité, qui va de Karl Marx à Paul Jorion nous dispense de nous aventurer trop loin sur ce chemin tout aussi périlleux que l’autre. Nous n’aurions, pour le coup, aucune excuse.

  12. Un très bon papier Mr Jorion, avec celui sur les relations homme/femme. Normalement, vous devriez en prendre plein la gueule, la bonne conscience se logeant aujourd’hui dans le désir de juger, de manier le couteau de la valeur.

    Nb : un évocation de Deleuze est à l’origine d’un réveil nocture récent (via les méandres habituels), en relation avec son désir « d’en finir avec le jugement ». S’est opérée, via les moyens techniques du moment, l’évolution inverse : pire que « l’infini à portée des caniches », la verticalité du jugement universel à portée de Nabila(s).

    1. Oui très bon … pas très argumenté, ni trop renseigné, n’allant pas trop loin et restant au chaud dans notre confort de certitudes … mais au moins il fait réagir !
      « Je ne suis pas d’accord avec vous mais je battrai pour que vous puissiez le dire »
      Les alpinistes ont de la chance, la haut, ils n’ont pas la télé !

  13. Bonjour,

    la montagne, l’on ne la dompte pas.

    Je comprends pas, quand la mer prend et qu’elle ne rend pas, on lui fait pas un procès, c’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme.

    La montagne, c’est sauvage, c’est comme heu …un tigre.

    Alors l’on vit dans un monde ou l’on détruit le sauvage, y compris en nous même, c’est pas bon, c’est pas bon.

    Cordialement,
    Personne

  14. Bonjour
    Je suis d’accord avec Paul Jorion nous sommes dans la société spectacle. Cela permet à nos chers médias d’en faire des tonnes (voir la couverture médiatique sur Johnny…) et surtout, surtout éviter de parler de ce qui fache(finance climat IA écologie) . Comme nous sommes dans une société du fric, pour vous secourir mesdames et messieurs aventuriers des sports extrêmes…sortez votre argent dixit les autorités Pakistanaises
    Concernant les navigateurs dans les courses à la voile ils sont là pour battre un record où toute une organisation est présente pour les secourir en cas de problème
    En conclusion oui nous sommes en pleine SOCIÉTÉ DU SPECTACLE

  15. Je vous trouve injuste. L’exploit en montagne est toujours personnel. Ce sont les médias qui, flairant l’aubaine, transforment cette aventure humaine exceptionnelle, en « match de foot » avec les flots de commentaires associés.
    Elle a fait sa part du sauvetage en ramenant son compagnon de cordée en sécurité. Les montagnards et amis ont donnés généreusement pour financer le sauvetage. Ils ont rempli leur devoir.
    Belle et tragique histoire que seules, la montagne ou la mer savent provoquer.
    Une jeune femme alpiniste et son guide sont morts gelés dans la face Nord des Grandes Jorasses en hivernal juste à côté des secours parce que la météo n’a pas permis le décollage des secours, il y a 3 ans..
    Etaient-ils irresponsables ? Non…juste magnifiquement humains.

  16. Peut etre qu’amputée des doigts et d’un pied elle n’essaiera plus de faire de l’alpinisme ?
    Ces conquérants de l’inutile cherche la mort plus que les cîmes : sa réaction absurde ( de dépît ? ) prouve qu’elle est encore à mi chemin entre le zombi et le PTSD ..

    1. Des conquérants de l’inutile … mais rien n’est plus beau que l’inutile !
      Et la mort est t elle contournable ?
      Certain préféreront une mort lente sur un lit d’hôpital à 120 ans … d’autres plus jeunes dans la force de l’age !
      Si l’on avait le chois ?

  17. Précisions importantes :
    – je suis avant tout d’accord avec le post de PJ, y compris le titre,
    – mais il manque les précisions que j’ai apportées (voir plus haut), ces précisions me paraissent essentielles,
    – il ne vous a pas échappé, Paul, que la dame en question a une conscience comme nous tous, qu’elle a du mal a dialoguer avec elle en ce moment, que la mort de son compagnon de cordée lui ronge le cerveau, et que, bêtement, elle essaie de charger « les autres » pour diminuer le poids de son fardeau – comme elle le dit elle-même, « mes douleurs ne sont pas que physiques ».
    – enfin, escalader une montagne, un 8 000 m, en plein hiver et sans oxygène est une activité proprement humaine, exclusivement humaine semble-t-il et c’est en cela que c’est magnifique, mais parfois ça se passe mal,
    – à ce sujet, n’écoutez pas ces journalistes qui parlent de « montagne tueuse » au sujet du Nanga Parbat, la montagne n’est pas douée de raison, elle n’a pas d’action volontaire comme de tuer, c’est l’être humain qui s’expose au risques.

  18. Humm, vous oubliez juste un détail. Elle a perdu un compagnon, un ami. Outre le deuil (la colère en est une des étapes, non ?), elle culpabilise de ne l’avoir pas empêché de mourir. Vous n’avez visiblement jamais connu ce genre d’événement.
    Ensuite vous serez les premiers à râler parce que l’ambulance qui vient vous chercher n’était pas prête, ou que le pompier ne s’est pas réveillé… Car si, les secours étaient techniquement et matériellement possibles, même si évidemment l’état de Tomek était sans doute déjà désespéré.
    Ok, elle n’aurait sans doute pas dû s’exprimer publiquement. Mais qui la rend médiatique ? N’est-ce pas vous mêmes, nous tous ?

  19. J’ajoute que si j’étais les gendarmes, j’enquêterais un peu sur ce qui s’est passé, au moment de la séparation. Dans des conditions extrêmes, certains accords peuvent voler en éclats…

  20. certaines fois on porte plainte, on demande des indemnités ? …
    trop de neige, à Paris comme en montagne…
    ce que véhiculent les médias et ce que pensent les gens, deux poids, deux mesures…

  21. L’alpinisme ne sert à rien, la poésie non plus, vous n’avez rien compris M. Jorion. Je partage l’indignation de cette dame sur l’attitude lamentable des Pakistanais qui marchandent leur intervention alors qu’ils dépensent des milliards pour une guerre interminable dans le Cachemire où ils disputent la souveraineté avec l’Inde pour quelques glaciers. Je vous invite à aller là-bas pour vous rendre compte de la situation et admirer le paysage.

    1. @Phil
      Vous ne comprenez pas la notion de libre-arbitre semble-t-il. A-t-on vu un poète se plaindre de ne pas vendre ? Ou, pire, accuser les lecteurs de ne pas s’intéresser à lui ?
      Quant à la dépense, j’imagine que vous dépensez plus pour vos besoins ordinaires que pour les enfants dénutris du tiers-monde. Les leçons, vous vous les gardez. Merci.

    2. J’apporte ma pierre à votre édifice : l’alpinisme a apporté des moyens médicaux à des régions où 1 enfants sur 3 meurt avant sa 6ème année !

  22. J’ai la chance de vivre sur le bord de mer (pas loin de Vannes…) et cette histoire me fait penser à tous les « plaisanciers, véliplanchistes etc » qui prennent des risques alors qu’ils ne devraient pas et qui trouvent normal que les bénévoles de la SNSM ou de la Protection Civile viennent à leur secours quand ils se sont mis eux même dans des situations impossibles.
    Les sauveteurs se mettent parfois en danger sans recevoir parfois l’ombre d’un remerciement.
    Cette dame est du même accabit.
    Pitoyable histoire

    1. Oui … mais :
      S’il n’y avait pas d’inconscient à Vannes et sur le littoral Français, à combien évaluez vous le nombre de chômeur en plus … et moins terre à terre, combien de passionné ne pourraient pas exercer leur beau métier de pompier sauveteur … et vous tournez le dos à la mer et vous regardez le littoral, les montagnes … pour évaluer la vie qu’il y a autour de sports pratiqués par des inconscients !

      1. C’est le fameux argument de Mandeville dans La fable des abeilles : le serrurier ne pourrait pas gagner sa vie s’il n’y avait pas de voleurs. Ce sont donc les vices qui font tenir les sociétés, et non les vertus. Nous avions tout faux !

      2. Fatale erreur, les sauveteurs de la SNSM sont bénévoles, parce que porter secours en mer est un devoir et non un métier. C’est aussi la raison pour laquelle les armateurs et les commandants de navires tardent parfois à lancer un sos, le secouriste peut revendiquer, en cas de succès, une rémunération. Certains remorqueurs appartiennet d’ailleurs à des compagnies d’assurance.
        Votre argument global est fort spécieux à tout dire…

        Monsieur Jorion, votre article vient mettre des mots bien écrits sur ma propre indignation.

        « Mais qu’allait elle faire dans cette galère? »

        Aucune explication ne saura effacer cette insondable vanité!

  23. C’est l’histoire d’un petit garçon qui tombe à l’eau et va se noyer. Un passant saute et le sauve. La maman porte plainte parce qu’il n’a pas récupérer et rendre son beret !
    C’est du même tonneau .

  24. Nous pouvons appeler ce, qu’à fait et dit cette personne : inconscience, ego démesuré, sens du spectacle pouvant rapporter l’argent de sponsors et mépris des secouristes etc….c’est elle qui en paie les conséquences pour l’instant. Elle représente simplement un des reflets de notre société : le premier à droit à tout, les autres à rien et même moins que rien.

  25. M. Jorion, et à toutes et tous,

    Et si je vous disais que je connais très bien cette dame ; qu’être une vedette n’a jamais été son objectif (ces précédents sommets réussi n’ont pas été médiatisés ; elle le fait pour elle, sans corde ni porteur ni oxygène parce que c’est sa vision de la montagne) ; que dans le cas présent elle n’a pas eu le choix de la médiatisation (qu’il vous arrive un drame un peu extraordinaire, et vous verrez comment la presse vous harcèle…), que son entourage s’est débrouillé au mieux pour l’en protéger, et pour circonscrire l’hémorragie de fabulation autour de cette histoire, en organisant 2 conférences de presse les plus claires possible sur les faits.
    Qui ne serait pas en colère de découvrir à son retour qu’une sordide histoire d’argent et de semi-mensonges à fait perdre 24h aux secours, qui peut-être sans cela, les aurait sauvés tout les deux ? Elle est en colère, entière, et le dit.
    Elle est aussi infiniment reconnaissante de toute l’équipe qui l’a sauvée, et elle le dit.
    Enfin, vu le total soutien qu’elle a reçu de la femme de Tomek, je ne pense pas qu’il y ai lieu de croire qu’elle n’a que faire de la perte de son compagnon de cordée. Loin de là ! Ce sont des gens qui savent ce qu’est que ce type de montagne.

    Je crois que vous voyez une recherche de gloire, là où il y a une machine a gloire, que le commun des mortels gère comme il peut.

    Toute cette histoire me confirme une fois de plus une chose : que je ne peux pas juger une personne, une histoire, que je ne connaisse pas vraiment. Et que précisément, tout ce que les médias nous laissent entrevoir, est loin d’être la réalité.

    Vincent

      1. En quoi l’avis des enfants de ces personnes est-il intéressant? C’est bizarre comme réflexion…
        D’autant que vous évitez de répondre aux critiques de Vincent.

      2. @Mathieu Van Vyve

        Vous vivez sur quelle planète, vous ?

        Un homme prend des risques complètement inconsidérés, il en meurt. Or il se fait qu’il avait des enfants.

        Peut-être se disent-ils – ainsi que leur mère, apparemment – qu’il est mort parce que des « méchants » ont tardé à vouloir le sauver. Une victime, quoi. Quoi qu’il en soit, ils avaient un père, et ils ne l’ont plus. En quoi leur avis pourrait bien avoir de l’importance, hein ? On se le demande…

      1. Des propos d’une obscénité insupportable … vous les avez donc écouté ?
        Vous trouvez que le fait de dénoncer le marchandage d’un secour est obscène ou le fait que l’on marchande les secours ?

      2. Au cas particulier , les deux . Mais j’aurais dit « malade  » plutôt « qu’obscène  » .

        Parce qu’une maladie , on peut en guérir à la longue .

    1. @ Vincent
      D’accord avec vous.

      Sans doute est-il insensé de se lancer de tels défis, monter à 8 000 m sans oxygène en hiver, mais la vie serait bien triste si personne ne le faisait.
      Sans doute est-il insensé de dépenser tant d’argent pour sauver des personnes ayant prix consciemment de tels risques, mais heureusement qu’il y a eu des hommes de bonne volonté pour leur porter secours.
      Sans doute ne devrait-on jamais se mettre en colère mais quelquefois cela arrive.

      La tentation de juger autrui est forte. Il est d’autant plus important de lui résister qu’elle est plus forte…

    2. « un drame un peu extraordinaire » ?
      Mais une embolie au delà de 7000m, c’est fréquent non ? et imparable… certains alpinistes font même des paliers d’acclimatation, pour éviter l’embolie…
      Par ailleurs, on est dans les limites de densité pour les hélicoptères, je comprends parfaitement que les sauveteurs n’y soient pas allés sans réfléchir, se concerter, j’aimerai bien avoir leurs versions des choses aussi.

      1. Ce que je pense depuis le début. Les militaires savaient que leur hélico ne monterait jamais à 7200 m. Mais ils ont leur fierté, les militaires. Et puis c’est peut-être un secret de militaire que 7200 m c’est trop haut pour leurs voiles tournantes motorisées. Et même que finalement, si j’ai bien compris, après s’être piégés eux-mêmes puisque le cash a été réuni, ben, ils n’y ont pas été…

        Ceci étant, que la miss accuse le monde entier d’être responsable de sa propre bêtise, je trouve cela assez insupportable aussi. Elle aurait mieux fait de se taire quelques semaines avant de raconter ses exploits, le ton aurait certainement été très différent.

  26. S’il s’agit d’illustrer le sans gène et l’attitude qui consiste à considérer que le monde ( et autrui) sont à votre disposition et que « tout » vous est du pour rendre votre précieuse vie agréable ,l’exemple peut être clair , mais je n’aime pas trop les illustrations personnalisées , qui , outre qu’elles sont potentiellement destructrices , sont en fait un écho bien contradictoire à la société mediatico-spectaculaire .

    Le milieu de la haute montagne , avec d’autres milieux , abrite pas mal ( on en sait quelque chose de par la Haute-Savoie) de paranoïaques , maniaco-pas forcément dépressifs , hors-mesure et détraqués dans leurs relations à l’autres et souvent avec eux mêmes .

    Sur l’aspect  » la société doit être à ma disposition », les illustrations plus globales ( je paie des impôts donc on me doit le tapis rouge ) ne manquent d’ailleurs pas : tous ceux qui travaillent en milieu hospitalier ou dans des administrations de service au public autant que public , en savent , par exemple , quelque chose . Et c’est plus grave que les aventures d’une greluche .

    C’est le même dysfonctionnement pathologique qui y est à l’œuvre .

  27. Je comprends parfaitement l’agacement des uns et des autres. Dans une certaine mesure, je le partage un peu. Mais je partage encore plus le point de vue d’Albert Camus qui pense de son côté, qu’il faut mettre ses principes dans les grandes choses, (tandis que) la miséricorde suffit aux petites.

    En filant une autre métaphore tout aussi montagneuse, on pourrait également évoquer cet abîme au bord duquel on nous promène avec les yeux bandés. See what I mean ?

    Je crains, effectivement, que ces incidents médiatiques répétés ne soient là que pour occuper nos esprits et leur faire oublier, un temps, l’ouragan en formation.

    J’allais dire en construction…

    1. Un sujet qui va tenir 15 jours … comme le 15 jours que la grogne paysanne a mis pour arriver aux oreilles des médias … Mais la on fait du complotisme !

  28. « L’aventure est un engagement de l’être tout entier et sait aller chercher dans les profondeurs ce qui est resté de meilleur et d’humain en nous. Quand le paquet de cartes n’a pas été truqué pour gagner à tous les coups existent encore le jeu, la surprise, l’imagination, l’enthousiasme de la réussite et le doute de l’échec. L’aventure. »
    — Walter Bonatti

    Comme le précise JFD, « les cartes étaient truquées », (la philia instrumentalisée -) au sens ou « l’organisation du sauvetage » est le pendant économique de l’acte qui n’a plus de « gratuit » que d’en être la mise en scène d’une aventure qui en justifie l’organisation comme marchandise.

    S’indigner « contre Madoff » ne revient-il à excuser les pauvres qui imaginent de bonne foi tirer du 15%/30% de leurs économies ? Faire de la Philia qui serait vraie l’hypostase d’un « service social minimum spontané », n’est-il pas la présenter en spectacle, afin d’éviter de s’interroger sur les causes sociales de l’hypocrisie?

    « … Nous vivons dans une société dont l’organisation est hiérarchique, que ce soit dans le travail, la production, l’entreprise ; ou dans l’administration, la politique, l’État ; ou encore dans l’éducation et la recherche scientifique. La hiérarchie n’est pas une invention de la société moderne. Ses origines remontent loin ­– bien qu’elle n’ait pas toujours existé, et qu’il y ait eu des sociétés non hiérarchiques qui ont très bien fonctionné. Mais dans la société moderne le système hiérarchique (ou, ce qui revient à peu près au même, bureaucratique) est devenu pratiquement universel. Dès qu’il y a une activité collective quelconque, elle est organisée d’après le principe hiérarchique, et la hiérarchie du commandement et du pouvoir coïncide de plus en plus avec la hiérarchie des salaires et des revenus. De sorte que les gens n’arrivent presque plus à s’imaginer qu’il pourrait en être autrement, et qu’ils pourraient eux-­mêmes être quelque chose de défini autrement que par leur place dans la pyramide hiérarchique. » Cornelius Castoridis « L’existence d’une hiérarchie est radicalement incompatible avec l’autogestion …»

    Question : la distinction entre (nécessaire = gratuit), et (superflu = ?) n’oblitère-t-elle pas la question relative au – contrat de subordination – et – moyens de l’autogestion – ? N’est-ce pas un moyen subreptice de réintroduire le principe hiérarchique.

    « …Car un système hiérarchique est basé sur la concurrence des individus, et la lutte de tous contre tous. Il dresse constamment les hommes les uns contre les autres, et les incite à utiliser tous les moyens pour “monter”. Présenter la concurrence cruelle et sordide qui se déroule dans la hiérarchie du pouvoir, du commandement, des revenus, comme une “compétition” sportive où les “meilleurs” gagnent dans un jeu honnête, c’est prendre les gens pour des imbéciles et croire qu’ils ne voient pas comment les choses se passent réellement dans un système hiérarchique, que ce soit à l’usine, dans les bureaux, dans l’Université, et même de plus en plus dans la recherche scientifique depuis que celle-ci est devenue une immense entreprise bureaucratique. L’existence de la hiérarchie est basée sur la lutte sans merci de chacun contre tous les autres -et elle exacerbe cette lutte. C’est pourquoi d’ailleurs la jungle devient de plus en plus impitoyable au fur et à mesure que l’on monte les échelons de la hiérarchie -et que l’on ne rencontre la coopération qu’à la base, là où les possibilités de “promotion” sont réduites ou inexistantes. Et l’introduction artificielle de différenciations à ce niveau, par la direction des entreprises, vise précisément à briser cette coopération. Or, du moment où il y aurait des privilèges d’une nature quelconque, mais particulièrement de nature économique, renaîtrait immédiatement la concurrence entre individus, en même temps que la tendance à s’agripper aux privilèges que l’on possède déjà, et, à cette fin, à essayer aussi d’acquérir plus de pouvoir et à le soustraire au contrôle des autres. Dès ce moment-là, il ne peut plus être question d’autogestion.
    Enfin, une hiérarchie des salaires et des revenus est tout autant incompatible avec une organisation rationnelle de l’économie d’une société autogérée. Car une telle hiérarchie fausse immédiatement et lourdement l’expression de la demande sociale…  »

    castoriadis :
    http://infokiosques.net/spip.php?article=247

    1. Si l’on « raisonne » en intellectuel et qu’on se limite aux codes , effectivement Castoriadis ( et Jean Luce Morlie ) ont raison : hiérarchie et autogestion ne sont pas compatibles .

      Si l’on « constate » en socio – ethnologues et anthropologues
      ( cf les deux émissions de Ameisen sur France Inter que Arnaud signale par ailleurs ) , on trouve des régimes pur hiérarchiques ( autocratie , dictatures , pouvoirs divins …) , mais je ne connais pas de régimes strictement autogestionnaires en dépit des efforts des anarchistes pur jus pour le prétendre . Il y a un dosage jamais 100% d’un côté , même dans les démocraties les plus partageuses ( mais qui ne sont donc pas des démocraties « intellectuelles » ).

      De mon côté , au risque d’être mal compris , j’avais déjà exprimé ici que , « les choses étant ce qu’elles sont à l’instant où ce que je cause  » , je préfère une organisation hiérarchique « soft » où l’on peut dégommer officiellement ou contourner les chefs , à une organisation « autogestionnaire garantie 100%  » que j’ai toujours vu déraper assez vite au bénéfice des grandes gueules dans une irresponsabilité absolue .

      Ce qui ne veut pas dire que j’ai renoncé à la coopération , à l’égalité , à la fraternité ( « étendue au vivant ») , au contraire : j’affirme seulement que ce but ne se décrète , ni ne se démontre intellectuellement . Il se construit et démontre par ses outils anciens ou nouveaux , son efficacité expérimentée sur le terrain , son adéquation aux enjeux de la survie et de la vie de l’espèce humaine .

      C’est le « modelage » créatif , empathique , structuré , audacieux et fécond , dont j’avançais par ailleurs qu’il fallait en passer par là pour donner la clé du gout du combat .

      Le sujet de ce billet particulier interroge cette vision par la place à faire aux comportements tels que ceux relevés , dont j’aurais préféré qu’ils le soient de façon moins « personnalisée  » dans l’ivresse des cimes .

      1. L’approche rationnelle de la notion de hiérarchie demande de distinguer entre la position hiérarchie fonctionnelle, c’est-à-dire l’appartenance à un niveau fonctionnel d’organisation, ce qui caractérise de tout système complexe et la position hiérarchique statutaire. Cette dernière est incompatible avec la démocratie et bien entendu l’autogestion. Le point clef d’une réorganisation libertaire émancipatrice est l’accès de tous à l’information généralisée, c’est-à-dire celle qui permet à chacun de décider rationnellement et selon le principe « un homme une voix ») des finalités du système global et de l’organisation en niveaux de décision et de contrôle.

        La question de savoir pourquoi Paul continue de distinguer (biens essentiels = gratuité), sans pour préciser à quelle relation sociale correspond le « superflu » est très inquiétante, car je crains, qu’ainsi présentée, la « gratuité » ne soit que l’expression instrumentale d’une philia ne visant, à l’insu de la volonté de Paul, que de reconduire une hiérarchie statutaire « soft ». Ces problèmes doivent être repris à la racine , » it’s now or never, everybody knows

      2. Allons bon , voilà qu’il y a des hiérarchies dans la hiérarchie .

        Je confirme que je préfère une hiérarchie soft à une autogestion dure dont je ne sais pas trop ce que c’est à ce jour . Et qu’au pire ( ou au mieux ) la hiérarchie ou l’autogestion sont des moyens ( parmi d’autres ) , mais que « l’essentiel » c’est la fin qu’elles pourront servir , laquelle est beaucoup moins intello et rationnelle.

        Je vous rejoindrai cependant pour relever que la ligne de partage entre nécessaire et superflu ,est une ligne de démarcation importante et ne peut être renvoyée trop facilement à des définitions théoriques , comprises d’ailleurs alors différemment par presque tout le monde .

        C’est pourquoi , en ayant abordé moi même le sujet , j’avais renvoyé l’appréciation de cette frontière au débat démocratique sous contrainte de durée limitée dans son application , d’évaluation permanente , de prise en compte de l’ensemble du vivant .

        Vous m’objecterez à raison que parler de débat démocratique , c’est replonger dans les affres de hiérarchie – autogestion – rapports de force – philosophe -anarchiste – raison – corps …

        OUI , et je ne connais encore rien de mieux pour que la vie courre et s’ouvre tous les possibles .

        La fin que je m’évertue à tenter de faire partager pour qu’elle utilise tous les moyens que nous pouvons mettre à sa disposition en y trouvant notre compte individuel et collectif , se résume encore en :

        Liberté , Egalité , Fraternité étendue au vivant .

  29. Bonjour,
    Je me permet de donner mon avis :
    « … ont pris des risques incalculables en toute connaissance de cause … » comme un motard qui se penche dans un virage et qui met un coup de gaz, pour atteindre l’émoi de sa passion et qui sait que la route n’est peut être pas aussi adéquate à le situation … l’ivre du risque d’un enfant qui en cachette brûle les interdit … ici nous sommes bien plus dans le calcul, de professionnel de la montagne qui sont sponsorisés par de marque comme NorthFace, Eide, Oxbow. on est sur de l’exploit sportif, où l’on renonce 5 fois et l’on repart une 6 ème.

    « … des personnes plus raisonnables qu’elles viendraient à leur rescousse en cas de pépin … » oui des mecs qui faisaient le K2, je ne crois pas au vu des critiques faites, qu’ils soient plus raisonnables qu’eux !

     » … la dame se plaint amèrement … » du marchandage qui a été fait, de la sur enchère et de la demande de cash avant de porter secours !
    Sachant que cette partie du monde n’a de revenu que par l’Alpinisme !

  30. Dans la déraison et la débauche de moyens, certains envoient une voiture obsolète en direction de Mars.
    Le spectacle était réussi et les caractériels caracolent.

    1. Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas la peine … elle a son financement et elle y retournera … elle ne mourra pas à 95 ans dans une maison de retraite avec 3 cancers … à y réfléchir … quelle chance !

  31. @Juannessy
    Pour le « milieu de la haute-montagne », il faut saluer le travail remarquable du ‘PGHM’ qui intervient parfois, rarement heureusement, pour un ‘randonneur en espadrille’ à presque 3000 m…!

    1. Pas si rare , hélas !

      Au passage , le sujet de la prise en charge des frais de sauvetage est un problème récurrent depuis plus de 20 ans , en particulier les heures d’hélico du PGHM ( le débat étant : est ce bien au contribuable de payer à guichet ouvert les inconsciences de celles et ceux qui se lancent dans des décors « rêvés » plus que « vécus » avec d’autant plus de désinvolture depuis la généralisation des portables ?).

      Comme on est en France , on intervient d’abord , on engueule ensuite et éventuellement le « sauvé » fait ( très rarement ) un geste financier vis à vis de la collectivité . Mais les risques pris par les pilotes du PGHM sont réels et eux aussi ont des familles .

      L’évolution récente pose cependant grave problème , car ce qui peut être « absorbable » quand c’est une connerie rare , devient ingérable quand ça devient la « normalité » .

      1. C’est pas faut … dirait Karadoc !
        Mais la Pakistan n’étant une région française, le problème est un peu différent … surtout quand le gouvernement demande 15000 dollars, puis 40000, et finalement du cash !

  32. Un journal Brit a donné la fin de l’interviou:
    (en substance, non mot à mot)
    Q: Êtes-vous prêt à recommencer ?
    R: Sûr; ça me manque.
    Les photos montrent à l’envie ses doigts de la main et des pieds sous bandage… Herzog (Maurice) ressuscité?

    Jean Merrien raconte qu’un sauveteur marin donnait des baffes appuyées à un plaisancier irresponsable pour avoir mis en danger des professionnels de la mer, où comme en montagne « trop fort n’a jamais manqué ». ( Les baffes, c’était sans doute pour le ranimer: il était en mauvais état… méthodes BNS ancien)

    Par rapport aux 17% de ROE exigé d’une officine de répartition pharmaceutique de cheux nous par son nouveau propriétaire US, c’est une ride dans une mini-tasse à thé. On a les orages et rages qu’on peut.

  33. Des gens secourus, qui ont pris des risques incalculables, et osent avec cynisme dénigrer ces secours.
    Est-ce qu’on ne parlerait pas là de la crise de 2008 ?

  34. Je ne suis pas d’accord avec vous M. Jorion.

    D’abord, les alpinistes ne font pas cela pour le spectacle, la gloire ou l’argent. Vous connaissez des alpinistes riches, vous? Ou célèbres? Tout ceci n’a absolument rien à voir avec la « société du spectacle » (le football, le show-biz, etc…). Par exemple, Ueli Steck est mort l’hiver passé, c’était probablement le meilleur alpiniste actuel, et on en a pas fait tout un foin, comme avec Johnny par exemple.
    Si E. Revol avait réussi son ascension avec son compagnon polonais, on aurait juste eu une dépêche AFP reprise quelques fois et c’est tout. Le spectacle est créé par les médias précisément à cause de l’issue dramatique, ce n’était certainement pas cherché par la dame en question.

    Et puis, d’après ce que je lis, la raison de sa colère n’est pas que les secours ne sont pas venus, mais plutôt que le pilote d’hélicoptère pakistanais (probablement l’armée ou la police) a profité de la situation pour faire monter les enchères.
    Il semble que l’hélico pouvait sans véritable problème monter des alpinistes à 5000m au moins 24h plus tôt, mais ne l’a pas fait immédiatement pour empocher 25000 USD supplémentaires.
    En montagne comme en mer, il y a une convention implicite que chacun ira porter secours aux autres, en interrompant ce qu’il est en train de faire, dans la mesure où ce n’est pas trop risqué, au vu des conditions et du niveau technique des personnes. Et cela sans se poser d’emblée la question de la rétribution financière.
    C’est effectivement ce qu’a fait la cordée polonaise qui a interrompu son projet d’ascension du K2.
    Mais les secours pakistanais n’ont pas joué ce jeu-là.
    Alors devaient-ils le faire? C’est compliqué comme question. C’est vrai qu’ils ne sont pas alpinistes.

    Mais au minimum, on peut se faire la réflexion suivante: profiter de la détresse de quelqu’un, quelles que soient les raisons pour laquelle cette personne est en détresse, pour s’enrichir, alors qu’on peut parfaitement lui porter secours, n’est-ce pas là faire d’un esprit mercantile, esprit qui ronge notre société actuellement?

    1. ah ces salauds de paki mercantiles, qui devraient risquer leur peau au tarif discount quand les toubabs deconnent en montagne… 40000$ je les trouve plutot gentils en fait vu les conditions, si j’étais eux j’aurai exigé que la dame leur paie une rente jusqu’à la fin de ses jours, puisque elle leur doit 30 ou 40 ans de vie supplémentaire…

      1. Elle vous a fait quoi E. Revol pour que vous la détestiez à ce point?
        Si j’essaie de généraliser votre remarque, parce qu’elle fait une activité que vous trouvez débile, les pakistanais avaient (moralement) le droit de pousser au maximum leur avantage?

    2. Les autres Alpinistes sont « désormais » prévenus la prime de risque pour secours en hélico à + de 5000m au Pakistan en janvier 2018 c’est 25k€ Cash.

      1. De l’impossibilité de calculer des risques extrêmes?
        L’arbre des causes à plein de branches mais, en tout cas, le risque est crée par l’expé, pas par les pilotes d’hélico….

      2. Oui tout dépend des négociations … pour cette histoire le prix n’a fait que monté pendant les discussions … mais c’est pas grave, ce n’est pas nous qui payons … les expéditions sont payés par les sponsors, les secours par des donateurs … et les gens qui mettent en péril leur vie, sont des alpinistes (ici 2 des meilleurs alpinistes mondiaux qui étaient juste à côté, 400 km, sur le K2).
        Un petit monde qui fonctionne sans notre aide … et si cette histoire n’avait pas été médiatisé, il fonctionnerait sans notre avis …

    3. « Mais au minimum, on peut se faire la réflexion suivante: profiter de la détresse de quelqu’un, quelles que soient les raisons pour laquelle cette personne est en détresse, pour s’enrichir, alors qu’on peut parfaitement lui porter secours, n’est-ce pas là faire d’un esprit mercantile, esprit qui ronge notre société actuellement? »
      Bingo Mathieu! Question plus intéressante…
      Mais le racisme se cache là où on ne l’attend pas.
      Les pakistanais ont eut raison de marchander. N’est-ce pas mister JA?
      Quant à « l’envie du pénal », il est en joie dans les commentaires. Ca donne (moyennement) envie d’en voir certains aux manettes.
      Jorion s’imaginait seul dans sa colère. Raté. L’union fait la farce.

    4. @ Mathieu Van Vyve

      Attention, le droit de la mer existe, cherchez un peu pour celui de la montagne…

      Et l’histoire est pleine de sauveteurs morts en mer pour porter secours dans des conditions très risquées, il fut même un temps où ils y allaient à la seule force de leurs bras!

      Pas de confusion, merci

  35. Beaucoup de commentaires déjà !
    Je conseille pour ceux qui veulent approfondir leurs connaissances sur les dérives des « nouveaux conquérants de l’Himalaya » et pourquoi nous en sommes là, la lecture du livre de Michel RASPAUD (sociologue à l’université de Grenoble), « L’aventure himalayenne 1880-2000 ». Vous y apprendrez que l’alpinisme ainsi que « l’himalayisme » s’il peut véhiculer les plus grandes valeurs, il peut aussi véhiculer le nationalisme exacerbé (comme le nazisme et autre ..), l’égoïsme et encore d’autres maux…
    Ayant lu ce livre je ne suis pas surpris que les sauveteurs pakistanais auraient monnayé les secours (et je ne les blâme pas), c’est nous qui leur avons apporté les règles du « business capitaliste. ». Et pour l’instant le plus lourd tribu des morts en Himalaya est du coté des autochtones.
    Riri ch’ti d’origine, amoureux de la montagne et la pratiquant été, automne, hiver, printemps depuis 1975.

    1. « Amoureux de la montagne »
      Le plus bel endroit (à mon gout) pour y mourir d’amour, mais sans emmerder le monde avec des caméras, des sponsors et des récriminations envers les services de secours.

      1. C’est la version  » Narayama » , mais il faut prévoir son coup pour se faire grimper « là haut » .

  36. Moralité : faîtes du ski de fond ( encore qu’en 2003 j’ai fait là la deuxième attaque de ma carrière cardiaque , au bout de la rouge des Gollets , qui a mobilisé le traineau des secours de piste , puis les pompiers , puis le SAMU et enfin l’hôpital d’Annecy !… « gratuitement » ! )

    http://www.laclusaz-nordic.com/webcam/

    PS : je note que le blog , par sa mise en page du jour , participe à la réconciliation gréco-allemande .

    1. @Juannessy
      La moyenne montagne peut être aussi dangereuse
      http://www.ledauphine.com/isere-sud/2017/12/03/trois-randonneurs-portes-disparus-en-chartreuse-grand-som-dent-crolles
      Certains ne peuvent résister à l’appel des premières neiges malgré les risques. Beaucoup d’accidents, comme en spéléologie, concernent des personnes expérimentées et correctement équipées. Je pense qu’il y a là un état d’esprit particulier très éloigné de l’exploit sportif. La magie du lieu et de l’instant (ô combien changeant) est telle qu’elle occulte toute conscience du risque et des conséquences d’un accident pour soi et pour les autres.

    2. Moralité le sport est mauvais pour la santé !

      Mais je me demande qui coûte le plus cher au contribuable ?
      Celui qui pratique un sport d’inconscient et qui va claquer en mer pendant la traversé de l’Atlantique à pédalo ou sur un skate en descendant la tour Eiffel … ou celui qui n’a jamais vraiment lever son postérieur de sa chaise et qui finira à 95 ans après 25 opérations …

      1. Pour le moment ce qui coûte le plus cher au contribuable , ce sont les banques et ceux qui en ont besoin pour garder le pouvoir .

        Si vous êtes pressé de mourir , n’hésitez pas .

        On ne voit même pas pourquoi vous trouvez satisfaisant que les revenus apportés dans ces lieux exotiques par des sportifs généreux mais pas trop , permettent à des gamins de ne pas mourir avant six ans . C’est si exaltant de mourir jeune .

        Je peux comprendre votre crispation de sportif alpin contrarié dans son idéal ( je me suis déjà exprimé pour signaler que je ne me serais pas personnellement servi d’un cas individuel forcément complexe et mal connu pour alimenter nos débats sur l’abusus ) , mais votre outrance alimente l’outrance contraire qui s’est révélée ici .

        Le psy a foutu la merde , c’est pas bien pour un psy !

        PS : j’ai regardé hier soir une très bonne émission sur la 5 ( qui a dit que la télé n’est pas digne ?) concernant la bipolarité ( neurologique , pas géographico-glaciaire ) . Plein d’enseignements très bien et densément amenés , avec là aussi un regard sur les  » barres mises trop haut » .

    3. @Juannessy, @arkao
      Et même certains ne peuvent résister à l’appel du génépi, et se tuent en ramassant l’armoise dans les Hautes -Alpes, ça arrive régulièrement…Comme quoi, cueilleur/chasseur c’est pas de tout repos !

    1. Quelques précisions ont été publié en rapport avec le site internet de la société PRIVEE qui a fait les secours … et incompréhension de tous les protagonistes !

  37. Vous allez voir

    ce sont les meilleurs bougres qui vont prendre sur eux et se sacrifier pour faire changer les choses dans le bon sens pendant que les autres auront bien profité sans culpabilisation aucune
    de toutes sortes de choses délicieuses que nous offre ce monde .

    C’est dernier enfants mal embouchés Vont critiquer les gentils premiers car ils auront mis L’Humanité en danger mais penseront que c’est à cause de ceux qui n’ont rien fait et qui maintenant s’ouffriront pour eux pour les plus gentiment cons et simplement à cause d eux pour les moins cons.

    Il y a forcément un peu de peine et de haine quelque part , comprenons-nous bien.

    Comme ça nous faisons et essayons toutes les pires injustices jusqu’à mettre un joli petit cadre réglementé et que toutes ces ignominied , aller chez le personnel comme planétaire, ne soient plus possibles.
    Un jour

  38. La première de cordée est en vrille, le second , lui est déjà vrillé, et des « pakies » sont à la rescousse dans le back office.
    Techno-charité psalmodiée, déréliction du lien social, hyper modernité reifiante, il ne manque plus au tableau qu’un tribunal arbitral soit saisi, pour couronner cette felliniesque allégorie de la mondialisation heureuse.

  39. Et pendant que les caméras du blog sont sur une greluche qui subit une avalanche de 125 commentaires , PSDJ attend l’écho des montagnes .

    PS : ça me gonfle un peu de devoir corriger Blaise d’un « thoughts » aussi indécent que les accusés du jour .

  40. pour Mathieu V V et Poum
    Logique du contrat « alpiniste »
    1 « Notre petit monde » assure solidairement partout chaque alpiniste
    2 Le Pakistan, tel qu’il est, avec sa « nature », est dans le monde
    3 Revol est révoltée car le petit monde alpiniste n’a pas su assuré au Pakistan. Point. C’est tout.
    L’assurance universelle de »Les-on, Léon » n’existe pas répond l’écho à la colère.
    Alors , le petit monde à part est il à part ou pas ?
    Au fait, où s’arrêtait la petite « cordée » ? loin de la grande cordée de la solidarité ?
    Qui l ‘a rompt encore ?
    C’est ce qui est ressenti maintenant dans le contrat social et c’est tout simplement ce qui se dit et s’entend ici, les medias étant nuls et neutres comme il se doit à leur place.
    Seule sera encore hurlée la culpabilité d’un sauvetage à moitié réussi noué à un sauvetage à moitié raté, même pas pour l’exemplaire

  41. Je m’autorise, de vous recommander la lecture de deux livres, réflexions et travaux d’éthologues, qui nous permettent, paradoxalement, de mieux comprendre l’homme.

    Charles-Georges Le Roy: Sur l’intelligence des animaux (édition Sillage).
    « Reconnu comme un des précurseurs de l’éthologie, Charles-Georges Le Roy, encyclopédiste, ami de Diderot, d’Holbach, Condillac et Helvétius, fut lieutenant des chasses de Versailles de 1753 à sa mort en 1789.
    Dans ses écrits sur les animaux, il n’eut de cesse de s’insurger contre la théorie cartésienne de l’animal-machine et, au-delà, contre une tradition de pensée remontant aux origines de la philosophie, qui voudrait élever entre l’homme et l’animal une barrière infranchissable.
    Puisant dans une vie d’observation, Le Roy livre dans ces pages un plaidoyer définitif en faveur de l’intelligence animale. »
    Voilà pour le premier, dont je trouve l’écriture extrêmement moderne, particulièrement inspirée dans sa capacité à déconstruire des mythes tenaces.

    Pour le second, il s’agit de Frans de Waal, Primates et philosophes, (poche – Le Pommier!)
    Frans de Waal est psychologue, primatologue et éthologue. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur les comportements des primates.
    Ardent défenseur de Darwin, mais rien à voir avec le darwinisme social!
    « D’où nous vient la morale ? Est-elle un choix spécifiquement humain ? La longue lignée animale qui nous précède s’est pourtant toujours occupée des plus faibles, et a su établir des liens de coopération pérennes. Sous la plume de l’un des plus grands spécialistes des primates, les frontières entre homme et animal, entre nature et culture, se bouleversent… Philosophie et biologie forment alors une nouvelle alliance, au service de l’éthique. »

    Ce que l’on en retire est à mon sens fondamental: dans le débat sur ce qui constitue un sens moral, les comportements observables sont moins importants que les capacités qui les sous-tendent.
    Alors, je serais enclin à penser que ceux qui marchandent bec et ongles le prix d’un sauvetage, dans des conditions de dénuement auxquels ils sont violemment exposés, possèdent une aptitude à la réciprocité et à la vengeance, à l’imposition de règles sociales, à la résolution des conflits, ainsi qu’à la compassion et à l’empathie.

  42. Je me demande ce qu’un migrant qui se fait racketter en risquant sa peau dans l’espoir d’une vie meilleure et moins désespérante que « chez lui » , pourrait raconter de ce billet , si tant est qu’il lui accorde de l’importance .

  43. Les jours passent, et les semaines … j’ai et nous avons réagi dans la réflexion et surtout dans l’émotion.
    Cela a été très positif et je vous en remercie :
    – J’ai vérifié que mon assurance me couvrait en cas d’accident en montage (sauf compétition) et que j’ai le rapatriement de l’étranger.
    – Je sais qu’un Écureuil B3 ne peut pas monter au delà de 6200m sauf s’il est lesté de 150 kg et que son moteur est boosté de 100 chevaux (record mondial, il c’est posé sur l’Everest).
    – Le cerveau humain peut se réfugier dans l’extrême pour avoir un peu de réconfort (hallucination)
    – Je crois avoir une petite notion de la histoire (après avoir eu des informations de toutes les parties et du site internet de la compagnie d’hélicoptères) … et je sais que lorsqu’on est sur un lit d’hôpital et que l’on croit savoir la vérité, on peut dire des choses alors qu’il aurait mieux fallu évité de les dire … et qu’il ne faut pas compter sur l’indulgence populaire.
    – Je sais aussi (mais je le savais déjà) que faute de spectateur le spectacle s’arrête …
    – L’arbre cache la forêt … et nos médias le savent.
    – Et encore une fois Facelook, les blogs de gens avisés, ça part souvent en ‘ouilles :
    « Il fait beau »
    « Oui ça va nous faire du bien »
    « C’est normal l’anticyclone est décalé de part rapport aux vents »
    « Vous avez rien d’autre à faire, il y a des gens qui meurent de faim »
    « Ta gueule »
    « Enfoiré »

    1. Passionnant.
      Ha ben comment faites-vous pour ne pas conclure que fasse-bouille n’est que de la daube ? Sa me dépasse…
      Ce sont les insultes le plus intéressantes?

      Vous noterez que la recherche de la concision extrême peut ramasser une idée complexe en un seul mot; un art en soi mais la variété semble difficile.

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