Au courrier : Élections européennes et avenir du monde

Bonjour monsieur Jorion,

Je suis vos travaux et vos vidéos depuis un peu plus de trois ans maintenant avec un véritable enthousiasme qui s’est littéralement enflammé lorsque vous avez annoncé que vous souhaitiez devenir député européen. J’espère de tout coeur que vous parviendrez à trouver une place malgré le plafond de verre qui règne dans les milieux politiques et dont vous avez parlé dans votre votre journal de campagne du 29 juin.

M’étant moi-même heurté à cet obstacle pour ces mêmes élections je serai enchanté de rejoindre une base militante destinée à votre soutien et à la diffusion de vos idées.

Vous avez raison : nous avons besoin d’optimisme. Je suis philosophe et, au grand désespoir de mes enseignants, j’ai rejoint l’école stoïcienne car je suis intimement convaincu que sa vision bienveillante du genre humain est ce dont nous avons le plus besoin aujourd’hui (Zénon de Kition aurait dit qu’il avait fondé cette école pour « guérir les blessures de l’âme »). La crise de l’Homme dont parlait Camus n’a jamais pris fin, elle s’est aggravée au fil du temps, je me suis dit que je pouvais contribuer, à mon humble niveau, à l’enrayer

J’ai commencé à travailler à la fin de mes études sur un nouveau modèle de République, une République qui ne pourrait être corrompue par une poignée d’avares et qui offrirait à chaque être humain une place où l’épanouissement serait une vertu cardinale. Après un an et demi de recherches et d’études des sociétés révolutionnaires de l’antiquité comme celle de Zarathoustra, la Sparte de Lycurgue, le mode de vie des chrétiens gnostiques, les Moïstes chinois… un embryon a commencé à se former. Cette République se devait d’être aux mains des citoyennes et des citoyens qui la composent et non d’une quelconque aristocratie, la poursuite de la sagesse devrait être le but de chacun et non la poursuite de biens illusoires destinés à satisfaire le faux besoin du paraître, la préservation du monde et de la vie qu’il porte, le but de cette nation universaliste.

Afin de m’aider dans ce travail je demandais à l’un de mes amis de se joindre à moi, ce qu’il fit, et ses compétences de juriste ont été essentielles pour cette nouvelle année et demi de recherches.  Nous nous sommes concentrés sur les futures institutions et nous y travaillons encore car ce n’est pas un petit morceau. Nous avons cependant établi quelques règles de bon sens : des élus ayant obligatoirement un casier judiciaire vierge, une justice indépendante de l’Etat, la fin de l’immunité électorale, une application stricte de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat, l’instauration d’un prix maximum pour les denrées essentielles, une couverture totale des soins médicaux, un système éducatif coopératif.

Notre ouvrage prend corps et devient, peu à peu, un « manifeste pour la nouvelle République » qui sera, en tout cas c’est nôtre ambition, le « contrat social » de ce siècle. Mon camarade et moi-même partageons une vision socialiste du monde et vos travaux sont une grande source d’inspiration pour nous (la boîte à outils que vous avez laissée à la fin de « Défense et illustration du genre humain » a été un plaisir à lire, comme tout votre ouvrage d’ailleurs). Nous serions très honorés de pouvoir vous rencontrer afin de partager en détail avec vous le fruit de ces trois années de réflexion. Votre connaissance approfondie de la société actuelle nous permettrait de trouver les bons mots pour amener l’Humanité vers cette nouvelle société sans crainte ni fatalisme.

Je vous remercie d’avoir lu ces quelques lignes et j’en profite pour renouveler mon soutien.

Respectueusement,

Etienne Guillermaz

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