Le Monde : Pourquoi le quotidien d’un couple de « gilets jaunes » dérange des lecteurs

Ouvert aux commentaires.

Une nouvelle formule qui me vient à la lecture de cet article du Monde qui soulève des questions essentielles : vous le proposer simplement à la discussion ici pour faire avancer le schmilblick.

Pourquoi le quotidien d’un couple de « gilets jaunes » dérange des lecteurs

Le portrait, dans « Le Monde », de jeunes parents mobilisés dans le mouvement a suscité un déluge de commentaires désobligeants à leur égard.

Partager :

118 réflexions sur « Le Monde : Pourquoi le quotidien d’un couple de « gilets jaunes » dérange des lecteurs »

  1. Où est le corps ? Qui s’occupe d’en définir la forme, le sens, les objectifs ? Qui s’occupe d’en assurer les moyens pour espérer les atteindre ? Je sais, je rêve ! (La poule est morte sans laisser d’œuf)
    Les êtres humains s’associent en réaction à la nécessité ou, culture aidant, à des objectifs communs à accomplir.
    Bonne chance pour trouver un objectif commun à l’Europe, à oui j’oubliai ne plus de faire la guerre. Laquelle déjà ?Soyons positif, notre mission sera dorénavant : Chercher le corps, si minuscule soit-il, qui recèle la puissance de nous retrouver tous ensemble le plus vite possible.

  2. quote

    ¨LA FRANCE EST EN TRAIN DE SE RÉFORMER COMME JAMAIS AUPARAVANT ».

    Philippe Aghion Aghion soutient que le fait que le déficit budgétaire français augmente en raison du « tournant social » de Macron « est simplement le prix de la réforme ».

    Par: Peter Vermaas
    22 décembre 2018
    Source : NRC Handelsblad, Amsterdam.
    [https://www.nrc.nl/nieuws/2018/12/22/frankrijk-hervormt-nu-als-nooit-tevoren-a3126842 ]

    Afin d’arrêter la résistance explosive des  » gilets jaunes « , le président français Emmanuel Macron a touché au fond dans sa poche. L’augmentation du salaire minimum, la réduction des cotisations des retraités et d’autres mesures relatives au pouvoir d’achat approuvées par l’Assemblée cette semaine coûteront au moins 10 milliards d’euros et ramèneront le déficit budgétaire français au dessus du plafond européen des 3% l’an prochain.
    Mais c’est le prix de la réforme, met en perspective l’économiste français Philippe Aghion, qui a participé activement au programme électoral de Macron. Selon lui, Macron a fait un nécessaire « social twist » grâce aux gilets jaunes.

    Le social-libéral Aghion, professeur au Collège de France et à la London School of Economics, connaît Macron depuis 2007. Tous deux étaient alors membres d’un comité qui présentait des plans pour stimuler la croissance hésitante de la France. Depuis son élève, parce que les relations étaient ainsi, à l’Élysée, ils ne se voient plus souvent, mais ils s’envoient encore des messages SMS. Avec les deux autres auteurs du programme économique, il a envoyé une note critique (fuite via Le Monde) au président en juin dernier pour lui dire que l' »ambition émancipatrice » des plans était très vite passée inaperçue – avec tous les risques sociaux que cela comporte.
    « Macron est revenu au vrai caractère de son programme¨, dit-il maintenant. « L’idée sous-jacente était que la France avait besoin de réformes qui avaient déjà été mises en œuvre dans un pays comme les Pays-Bas dans les années 1990 : des réformes pour améliorer les performances économiques et stimuler la croissance. Mais ce que nous avons clairement écrit à l’époque, c’est que cela n’était possible que si nous incorporions certaines protections : les plus faibles ne devaient pas devenir encore plus vulnérables et des investissements devaient être faits. Cela ne s’est pas produit au cours de la dernière année.¨

    POURQUOI PAS ?
    « En partie parce qu’ils voulaient utiliser l’espace politique pour mettre en œuvre de nombreuses réformes très rapidement. Ils ne voulaient pas débattre sans fin. Mais Macron a aussi trop compté sur les technocrates. Ils ont pris la tête et ont commencé à couper de façon classique. Ils lui ont fait réduire l’allocation-logement, les pensions n’ont plus été rajustées en fonction de l’inflation et les taxes sur le carburant ont augmenté alors que le prix du pétrole augmentait. Il s’agit de trois erreurs politiques majeures, dictées par des gens obsédés par le déficit budgétaire.¨

    PARLEZ-VOUS DES FONCTIONNAIRES DU MINISTÈRE DES FINANCES ?
    « Et les gens qui l’entourent. C’est précisément au sein de ce ministère que des ministres ont été nommés, Bruno Le Maire[économie et finances] et Gérald Darmanin[budgets], qui n’ont pas participé au programme ». Ceux-ci plus le Premier ministre Édouard Philippe viennent du centre-droit républicain de l’ancien président Sarkozy. « Ils se sont joints plus tard », dit Aghion. « Cela a quelque peu compromis la dimension émancipatrice, démocratique et protectrice du programme. Nous n’avons pas été écoutés lorsque nous avons sonné l’alarme en juin. Je pense que Macron a maintenant compris le message grâce aux gilets jaunes.¨

    LE DÉFICIT FRANÇAIS S’ÉTABLIT AUJOURD’HUI À 3,2 %, AU-DESSUS DE LA FRONTIÈRE EUROPÉENNE.
    « Pour réformer de manière à donner aux plus faibles la protection qu’ils méritent, il faut payer des coûts de transition. Et oui, cela signifie que nous dépassons un peu ces 3 p. 100. Mais cela ne s’applique qu’à l’année à venir. En relâchant un peu les rênes, nous pouvons rétablir la paix sociale en France. Et sans paix sociale, nous ne pouvons pas poursuivre les réformes. L’argumentation n’est donc pas keynésienne : nous n’améliorons pas le pouvoir d’achat pour stimuler l’économie.¨

    COMMENT LE GOUVERNEMENT FRANÇAIS PEUT-IL EN CONVAINCRE LES AUTRES ÉTATS MEMBRES DE L’UE ?
    « Ils le comprennent. C’est un investissement. Ils ont également vu des images de Paris en flammes en Allemagne. Et aussi en Allemagne, ils ne veulent pas que Marine Le Pen arrive au pouvoir ici.

    MAIS POURQUOI DEVRAIENT-ILS TRAITER LA FRANCE DIFFÉREMMENT DE L’ITALIE, QUI DÉPENSE AUSSI PLUS QUE PRÉVU ?
    « La comparaison avec l’Italie n’est pas valable. Ce pays a une dette publique beaucoup plus importante que celle de la France[130 % du PIB contre 99 % du PIB], la croissance y est plus faible et l’Italie ne se réforme pas. Ils augmentent maintenant leur dette là-bas, mais pas pour pouvoir se réformer comme nous. C’est vraiment très différent. La France est en train de se réformer comme elle ne l’a jamais fait auparavant et nous voulons continuer à le faire. Nous avons introduit un impôt forfaitaire sur le revenu du capital, le marché du travail a été réformé, la formation, l’éducation, les chemins de fer…. Actuellement, les réformes du système de retraite, de l’assurance chômage et de l’appareil d’État sont toujours en cours. Elles sont très importantes.¨

    MAIS MACRON EST-IL ENCORE CAPABLE D’INTRODUIRE DES RÉFORMES?
    « Oui, je le pense vraiment. Une fois que la paix sociale sera rétablie, elle pourra reprendre le chemin des réformes¨.

    LES PROTESTATIONS ONT MONTRÉ QUE LES FRANÇAIS SONT TRÈS ATTACHÉS À LEUR SYSTÈME SOCIAL ET CRAIGNENT UNE VARIANTE PLUS ANGLO-SAXONNE.
    « C’est possible, mais ce n’est pas non plus l’intention de détruire notre modèle social. Je préconise un modèle scandinave et Macron aussi, bien que je ne puisse évidemment pas parler en son nom. Il existe une libre circulation des capitaux au sein de l’UE, il est donc également important d’aligner notre politique fiscale sur celle des autres pays. Et si la Suède est un exemple, vous ne pouvez pas dire que Macron n’est que pour les riches, comme je l’entends maintenant. Mais c’est vrai : il y a des gens, y compris autour du président, qui sont plus enclins à un modèle anglo-saxon. Je pense que les gilets jaunes ont aidé à montrer à nouveau ce que nous représentons vraiment. Vu sous cet angle, ce mouvement n’a pas été si mauvais.¨

    unquote

Les commentaires sont fermés.