« M. Macron va recevoir une soixantaine d’intellectuels lundi à l’Élysée », soyons sérieux !

Découvrant sur le programme de France Culture que ce n’est pas pour déjeuner mais pour souper que 67 intellectuels sont invités à l’Élysée, j’avance la parution de mon compte-rendu, initialement planifié pour 18h. Ouvert aux commentaires.

Quand l’un d’entre vous m’a signalé samedi l’invitation de 60 intellectuels aujourd’hui lundi à l’Élysée, me demandant si j’irais, il n’a pas fallu très longtemps pour que l’esprit Thijl Uilenspiegel qui m’inspire de par ma naissance, fasse germer en moi le projet d’une petite farce : je vous annoncerais en grande fanfare que j’avais répondu favorablement à l’invitation en raison de « l’urgence des tâches qui sont aujourd’hui négligées ou, pire encore, dont la solution est subordonnée à une logique obscène de profit », parce qu’« il y a là une occasion de taper du poing sur la table, quitte à faire scandale, en sachant que la presse n’aura d’autre choix que de rendre compte de vos propos. »

Soyons sérieux : pensez-vous que l’on envisage en haut lieu – même un seul instant – à inviter un trublion dont il est parfaitement plausible qu’il utilise effectivement l’opportunité qui lui est offerte pour faire exploser l’« esprit de cour » qui rend certains – même parmi les meilleurs – corruptibles ?

Non, nous vivons dans le vrai monde où rien ne bouge : je ne faisais pas partie des « un peu plus d’une centaine » d’intellectuels invités. Mais libre à vous – vous êtes nombreux et une force qui s’ignore – de taper maintenant du poing sur la table. 

Partager :

166 réflexions sur « « M. Macron va recevoir une soixantaine d’intellectuels lundi à l’Élysée », soyons sérieux ! »

  1. En ce 19 mars 2019, l’école de mon village est en grève : pas d’enseignants donc pas d’enfants. Contraignant pour les parents qui travaillent, il va falloir faire garder son enfant.
    J’ai proposé ci-après quelques lignes pour faire une journée d’information aux parents sur cette loi Blanquer qui selon ma 1ere lecture propose la suppression des conseils d’école et d’autres points divers.
    C’est un projet de loi et il apparaît opportun d’en parler aux parents pour les responsabiliser d’une part mais aussi de faire se taire ces syndicalistes qui savent tout et rien.
    A mon humble avis il faut enlever toutes ces murailles virtuelles qui n’offrent rien. Les parents doivent donner leur avis.

    1. J’ai apporté un commentaire sur le paragraphe de Jean Luce Morlie. (Me suis trompée dans les hauteurs de paragraphes)

    2. Bernadette,

      Un des objectifs de la loi Blanquer est la suppression des directeurs (et donc de leur(s) journée(s) de décharge de direction, journées qui doivent être compensées par des enseignants réalisant alors le « complément de service ». On est donc en plein dans la suppression d’un service public de proximité (le directeur) par un service public éloigné (le principal adjoint du collège), pour des raisons purement budgétaires et totalement à l’opposé de l’intitulé de la loi « pour une école de la confiance » ! Et ce, bien sûr, en pleine contestation générale sur la diminution des services publics de proximité.

      Car chez moi, le collège est souvent à une demi-heure, voire pour certains villages, à une heure de route. Et c’est le cas pour tous les collèges ruraux.

      On voit là un exemple concret, par le gouvernement, de l’absence totale de prise en compte des remarques – nombreuses – formulées lors du « grand débat » et autres cahiers de doléances. Cela ne présage rien de bon pour l’avenir.

      https://www.estrepublicain.fr/edition-haut-doubs/2019/03/18/enseignants-et-parents-d-eleves-ensemble-pour-la-mobilisation

      1. A propos de la réforme  » Blanquer  » et des économies d’échelle pour ne pas remplacer les directions d’école une fois ceux-ci et celles-ci parti-e-s à la retraite ( disparition pure et simple de la fonction et du poste en question ) c’est sans compter parallèlement avec le problème déjà saillant et actuel du  » Burn-Out  » chez un grand nombre de Principales / Principaux de collèges. Je n’ose imaginer la charge de travail supplémentaire que cela occasionnera chez ces personnes et la multiplication des risques judiciaires annexes. Un nouveau délire de la machinerie inhumaine et grotesque du pouvoir macronistique en cours. Associer cette politique à la disparition des médecins psychiatres une fois ceux-ci partis à la retraite et le non remplacement de ceux-ci dans les CMPP, la situation est proprement explosive.

    3. A noter que par chez moi, sur 4 écoles dont j’ai eu les infos, 3 sont entièrement fermées pour grève, et la dernière n’a qu’un enseignant sur les 2 de présent (c’est la directrice, car elle avait planifiée le conseil d’école ce soir !) Donc les chiffres du ministère où seuls 25% des enseignants du primaire seraient grévistes, hum, hum, comment dire. ?
      Julien, c’est pas en dictature que les chiffres officiels sont faux déjà ?

      Va falloir être très vigilant dans chaque bureau de vote le 26 prochain.

      1. Ben sur Annecy , la presque totalité des collèges a fonctionné normalement , et il y avait aussi des réceptions des parents . Si on se fie au panel annécien , les chiffres seraient faux , mais opposés .

        En arriver à accuser par anticipation de fraude électorale massive , confine à l’hystérie .

      2. Julien, c’est pas en dictature que les chiffres officiels sont faux déjà ?

        T’as raison mon François, 3 écoles sur 4 dans ton bled, c’est forcément extrapolable à la France entière.

        C’est bien dommage que je ne t’ai pas eu comme prof d’économétrie à l’IAE. A défaut d’apprendre quoi que ce soit, on aurait bien rigolé !

      3. Par contre , comment appellerait on un pays ou un régime qui corrigeraient le résultat factuel d’une élection , par les « variations saisonnières  » estimées par des sondages privés ?

      4. @Julien,

        Bien sûr que mon échantillon est insuffisant. Je te laisse parcourir l’ensemble des éditions locales de la presse de province pour élargir ce panel. Et rappelle toi, la moquerie est l’arme des faibles.

        Sur les chiffres du ministère : https://www.europe1.fr/societe/greve-du-19-mars-entre-17500-et-50000-manifestants-a-paris-3876890

        5 février : 18.000 selon la préfecture de police ; 14.000 selon le cabinet Occurrence
        19 mars : 12.000 selon la PP ; 17.500 selon le cabinet Occurrence.

        Bizarrement, alors que l’ensemble des observateurs remarque une augmentation du nombre de manifestants, certains, qui craignent très probablement l’arrivée d’une convergence des luttes, les voient en baisse.

        Comme dit Juannessy, ça doit être les « variations saisonnières ».

  2. En restant plein sujet…
    Une synthèse de cette « réunion » nocturne…(pour info: je crois savoir que l’auteure est plutôt opposante au pouvoir… nous savons donc d’où il se peut qu’elle parle).
    https://www.liberation.fr/debats/2019/03/19/grand-debat-des-intellectuels-pris-en-otage_1716086
    Un extrait significatif:
    …  »  »  » J’avais accepté l’invitation à participer pensant – bien naïvement je l’avoue – que nous pourrions au moins de temps en temps rebondir pour, à notre tour, répondre au président de la République. Mais il n’en a rien été. Comme avec les maires, le non-débat avec les intellectuels, a consisté en une litanie inexorable de «réponses» d’Emmanuel Macron aux questions posées par les intellectuels. Comme nous étions plus de 60, il aurait fallu pour qu’il puisse y avoir sinon un véritable échange, au moins un retour sur ce qui avait été dit par le Président, que chacun puisse vraiment se limiter à deux minutes de parole. L’envie de chacun d’exposer plus longuement sa vision a fait que l’on a assisté à la juxtaposition de questions-réponses au cours desquelles le Président a eu tout loisir d’asséner ses convictions devant des intellectuels pris en otage (au moins pour ceux qui étaient en désaccord profond avec sa politique, peu nombreux).

    En le regardant parler pendant huit heures, écoutant certes chacun et répondant en effet aux questions, j’ai compris à quoi nous servions. Comme les maires, nous constituions le mur sur lequel le Président faisait ses balles, jouissant de la puissance de ses muscles et de la précision de ses gestes et donc de la propre expression, cent fois ressentie, de son moi. Nous étions son faire-valoir.
    Sur les questions économiques et sociales, là où il y aurait en effet pu avoir débat, c’est-à-dire discussion animée sur des solutions diverses, la porte a été systématiquement refermée. La réponse aux toutes premières questions a clairement indiqué la voie : il n’y aura ni augmentation des dépenses publiques (ici litanie sur la dette léguée aux générations futures) ni augmentation des impôts des plus aisés (là refrain sur le poids de la pression fiscale) ni grand plan d’investissement dans la transition écologique et sociale (Nicolas Sarkozy l’a fait, et cela n’a rien changé…) ni expérimentation du revenu de base. Fermez le ban. Tout au long de la soirée, le travestissement de la vérité qui consiste à ne pas faire les distinctions qui s’imposent a été de mise, notamment sur la question des impôts. A la question de savoir s’il augmenterait les impôts des plus aisés, le Président a répondu ras-le-bol fiscal de toute la population ; sur l’augmentation de la taxe sur l’héritage, il a opposé la peur des paysans de ne pas pouvoir transmettre leur patrimoine à leurs enfants. Sans jamais distinguer entre les différentes catégories de la population, sans jamais répondre à la question précise portant sur les catégories les plus aisées pour lesquelles il serait évidemment possible de mettre en place une tranche d’imposition supplémentaire (en faisant la pédagogie minimale qui s’impose étant donnée l’ignorance générale qui entoure ce dispositif) ou bien de taxer plus fortement l’héritage
     »  » « …
    ——————————————————-
    Pour les vrais curieux, la liste et le CV des participants :
    https://www.franceculture.fr/politique/qui-sont-les-intellectuelles-qui-vont-echanger-avec-emmanuel-macron-ce-lundi

    1. Ces intellos sont d’une naïveté déroutante .

      Et ne savent même pas estimer a priori les conditions de temps de paroles octroyables .

  3. Réponse en provenance du Canada, au texte de Frédéric Lordon
    « Je tombe sur ton courriel juste avant d’aller me coucher. Et je n’ai pas pu m’empêcher de lire le texte de Lordon avant d’aller au lit. Je ne l’ai pas regretté ! C’est terrible l’escalade qui est « en marche » chez vous (s’cuse, j’ai pas pu m’en empêcher… 😉 ), mais la plume acérée de Lordon fait quand même du bien ! En espérant que Macron rende les clés symboliquement au moins, d’une façon ou d’une autre… »

    Aucune réaction du côté français !!

    Le LEAP auquel je ne suis pas abonnée. Je n’ai donc pas l’article intégrale :
    « Vers une  » sphère économique francophone  » (FES)
    Emmanuel Macron a pris le pouvoir pour servir un agenda européen par la réintégration de la France (marginalisée depuis 2003[1] mais sans laquelle il n’y a pas d’Europe) au sein du Concert des Nations européennes. L’idée était qu’en faisant preuve de bonne volonté par des réformes conformes à l’UE, la France et ses idées européennes seraient de nouveau acceptées. Deux ans plus tard, c’est un échec retentissant : non seulement l’UE a continué à ignorer toutes les propositions françaises (notamment sur la réforme de l’euro), mais les réformes internes ont fait sortir les Français dans la rue[2].
    Actuellement, Emmanuel Macron joue une dernière carte en essayant de répéter au niveau européen son coup politique national de 2017 et de lancer une dynamique politique transeuropéenne[3] Tout en soutenant cette approche[4], notre équipe ne peut rien anticiper mais un nouvel échec. Non seulement il arrive trop tard, mais le point de départ de sa démarche, non seulement nationale mais française, est en soi un motif suffisant de rejet par les Européens… et par les Français d’ailleurs : son discours est trop européen pour les Français et son approche trop française pour les Européens. C’est une bonne chose qu’elle existe, mais elle ne suffira pas à sortir l’UE de l’ornière, de sorte que l’Europe devra se lancer dans « quelque chose de complètement différent » après les élections, comme expliqué dans un article précédent.
    A la suite de ce dernier mépris de ses idées européennes, Macron est confronté à deux choix : soit il se retrouvera dans une situation politique extrêmement compliquée qui le conduira à s’effacer au profit des ministres plus franco-français comme Bruno Le Maire… voir sa démission complète, soit il changera radicalement de ton, oubliant le discours européen et adoptant l’accent gaulliste au contraire.

    Pour lire l’article complet, inscrivez-vous dès maintenant

    Traduit avec http://www.DeepL.com/Translator

    https://geab.eu/en/towards-a-francophone-economic-sphere-fes/?utm_source=phplist520&utm_medium=email&utm_content=HTML&utm_campaign=Political+Anticipation+-+A+GEAB+by+LEAP+Press+review

Les commentaires sont fermés.