Le 737 MAX, vu depuis la première … ou la seconde classe, par Timiota

Ouvert aux commentaires.

Quelques nouvelles de l’affaire Boeing (suivi par le Seattle Times de près bien sûr).

(1) Les auditions des patrons de la FAA (ceux qui ont tardé a donné l’ordre de clouer les 737 MAX au sol) devant les autorités nationales de transport (National Transportation Safety Board =NTSB) ont plutôt été un exercice de langue de bois. Les questionnements remontent maintenant à la « culture d’entreprise » de Boeing. Voici deux échantillons : D’abord ce qu’on pense d’une part chez Forbes (eh oui, chez les riches…) (2), en essayant de mettre en avant « les meilleurs d’entre nous » (les patrons qui ont mis les profits en sourdine). Et enfin, l’état actuel un peu gazeux bien résumé sur un des forum français qui consacre 210 pages (fort inégales) à l’accident (3) par un intervenant de pseudo « Pierrebx ».

(2) L’article de Forbes magazine, de Laura Rittenhouse, traduit.

Boeing peut-elle être sûre, profitable et sage ?

Les récentes pertes tragiques de tous les passagers et membres d’équipage des Boeing 737 MAX qui se sont écrasés en Indonésie et en Éthiopie ont soulevé des questions troublantes quant à la sécurité de ces nouveaux avions. Les enquêteurs, les investisseurs, les clients et les législateurs, tous se posent la question : Boeing — l’un des deux principaux avionneurs au monde — a-t-il un problème de culture de la sécurité ?

Comment savoir si les dirigeants de Boeing se concentrent sur la sécurité ? Essayez donc notre approche : Nous commençons par analyser les mots des rapports annuels de Boeing. Tout simplement, nous recherchons les mots clés qui révèlent les croyances et les valeurs sous-jacentes qui définissent la culture de l’entreprise. Pourquoi est-ce important ? Parce que la culture d’entreprise inspire des actions qui déterminent les résultats. Et la qualité de cette culture commence au sommet.

Pour évaluer la culture de Boeing, nous avons cherché dans leur rapport annuel 2018 combien de fois le mot  » safe  » et ses dérivés –  » safety « ,  » safer « ,  » safely, etc. – ont été utilisés dans ce document public. Puis nous avons fait une recherche identique dans le rapport annuel 2018 d’Airbus, l’autre constructeur mondial d’avions.

Nous avons comparé ces résultats de recherche et constaté que le rapport annuel de 154 pages de Boeing ne contenait que 17 mots relatifs à la « sécurité ». En revanche, le rapport annuel de 324 pages d’Airbus contenait 155 mots relatifs à la « sécurité ».

Nous avons constaté la même tendance lorsque nous avons cherché ces mots dans les rapports annuels des entreprises au cours des cinq dernières années. Boeing a utilisé des mots « sûrs » 76 fois au total et Airbus les a utilisés 397 fois au total.

Nous avons également calculé le rapport entre le nombre de fois où des mots sur les « profits » ont été trouvés dans chaque rapport annuel et le nombre de mots sur la sécurité. Dans son rapport annuel 2018, Boeing a utilisé deux mots de profit pour chaque mot de sécurité, tandis que le ratio d’Airbus était d’un mot de profit pour chaque mot de sécurité.

Du point de vue linguistique, Airbus semble avoir une approche plus équilibrée et plus axée sur la sécurité que Boeing. Mais en quoi la linguistique est-elle importante ? Parce que les mots mènent à des actions qui créent l’avenir. Comme l’a dit Peter Drucker : « Pour prédire l’avenir, il faut le créer. » Et comment créer l’avenir ? Par nos paroles qui mènent à des actions intentionnelles et non intentionnelles.

Que pouvons-nous retirer de cette analyse en tant qu’investisseurs, clients ou employés ? Pensez à ce principe fondamental de gouvernance et de performance : le ton à la tête d’une entreprise se révèle dans le vocabulaire des cadres. C’est cela qui crée un climat moral et éthique inspirant à son tour des actions qui créeront des comportements dignes de confiance ou emprunts de méfiance.

Depuis les deux tragiques accidents aériens, certains rapports reprochent à Boeing de se concentrer davantage sur les profits que sur la sécurité. Mais il y a eu deux PDG d’entreprises manufacturières qui ont bien montré dans le passé que choisir les profits plutôt que la sécurité constituait un choix erroné et imprudent. Chacun a compris que la recherche de profits plutôt que l’avancement de pratiques clés qui favorisent la rentabilité – comme la sécurité des travailleurs et des clients – est une stratégie qui… fait perdre des profits.

L’un de ces PDG était Paul O’Neill. En 1987, peu après sa nomination au poste de PDG d’Alcoa [géant de l’Aluminium], il a prononcé son premier discours devant la communauté financière de Wall Street. Il a admis que l’entreprise avait des problèmes financiers : ses bénéfices ne couvraient pas le coût du capital. Mais O’Neill n’a jamais mentionné ses attentes en matière de marges bénéficiaires et de ventes. Au lieu de cela, il a dit à l’auditoire qu’il parlerait de la sécurité des travailleurs. Bien que le bilan d’Alcoa en matière d’accidents à cette époque fût supérieur à la moyenne nationale, son objectif pour l’entreprise serait d’atteindre l’objectif de « zéro blessure ».

Lorsqu’un analyste lui posa des questions sur les stocks de l’entreprise, M. O’Neill répondit : « Je ne suis pas certain que vous m’ayez entendu. Si vous voulez comprendre comment Alcoa s’en sort, vous devez regarder nos chiffres sur la sécurité au travail. »

Selon un compte rendu de cette réunion dans le livre de Charles Duhigg, « Power of Habit » [La puissance de l’habitude], les investisseurs ont quitté la salle après la présentation et ont conseillé aux clients de vendre leurs actions Alcoa. Des années plus tard, un de ces investisseurs a dit à l’auteur de ces lignes : « ce fut le pire conseil que j’ai donné de toute ma carrière. »

Lorsque M. O’Neill prit sa retraite en 2000, la capitalisation boursière d’Alcoa avait augmenté de 900 % et le nombre d’accidents avec blessure chez les travailleurs avait chuté à 0,13 contre 1,6 dans l’industrie [ pour 100 personne an ?]. Qu’est-ce qui a causé cela ? O’Neill l’attribue à sa conviction que les êtres humains ont une énergie à discrétion qu’ils peuvent donner ou ne pas donner. Lorsqu’ils sont respectés et bien valorisés, les employés sont fiers de donner le meilleur d’eux-mêmes. Et cela permet d’augmenter les profits.

Comment un PDG peut-il restaurer la confiance lorsque des clients meurent à cause de leurs produits ? En ne se cachant pas derrière une tonne de communications formatée d’avocats. En juin 2014, la nouvelle PDG de General Motors (GM), Mary Barra, dirigea une assemblée publique qui a été diffusée aux 220 000 employés de l’entreprise. Elle fit état des conclusions d’un groupe d’experts chargé d’enquêter sur le problème d’allumage défectueux de GM qui avait causé la mort de 124 passagers. Elle déclara que le rapport d’enquête était « extrêmement complet, d’une dureté brutale et profondément troublant ».

Elle ajouta : « Je ne veux pas que vous l’oubliiez. Il ne s’agit pas juste d’une crise commerciale de plus pour GM. Nous n’allons pas simplement réparer ça et passer à autre chose. »

Elle a décrit comment GM améliorait ses processus de sécurité et indemnisait les familles des personnes décédées ou blessées. Elle expliqua :  » Je veux garder cette expérience douloureuse à jamais dans nos mémoires collectives. Je ne veux pas qu’on oublie ce qui s’est passé parce que je ne veux plus,  moi, – et je vous connais –, que cela se reproduise. »

Depuis ce temps, Barra est crédité d’avoir conduit avec succès à la levée du plan de sauvetage gouvernemental de GM, pour bien positionner l’entreprise pour la révolution technologique automobile et à en faire l’une des entreprises automobiles les mieux gérées au monde.

 Ses mots sont de ceux qu’il est difficile d’oublier. Tout autant que ceux de Paul O’Neill. Ils changent les esprits et les comportements. Ils parlent de ce qui est possible lorsque les gens sont respectés et choisissent de faire la différence.

Laura Rittenhouse

(3) Trouvé sur le forum crash-aerien.com, ce résumé tout frais et un brin ironique de « pierrebx » :

[Lun 20 Mai 2019 16:17 ]

La situation actuelle est d’une limpidité d’eau de boudin :

– Il y a visiblement un problème de conception sur le 737 MAX ;

– Un jour c’est de la faute de l’AOA, ou du MCAS, ou des deux, ou des pilotes non WASP ;

[AOA = sondes Angle Of Attack = sonde d’incidence, les girouettes sur les côtés, ne pas confondre avec les sondes Pitot vitesse, des tubes ; MCAS : le système de correction de l’excès de tendance à cabrer près du décrochement ; WASP = White Anglo-Saxon Puritan, référence aux critiques de notables US qui ont dit grosso modo ceci depuis leur fauteuil : « c’est la formation pourrie des pilotes de l’autre bout du monde, nos pilotes yankees n’auraient pas planté les avions ».]

– Mais c’est un simple problème de logiciel, déjà corrigé, par ailleurs testé sur les simulateurs 737 MAX par des pilotes totalement neutres (juste un peu choisis par Boeing), et c’est tellement fiable que le Président de Boeing, lui-même est monté dans le simulateur [emoticone : mrgreen:]

Ah mais zut!!! Pas de bol, on vient de découvrir que les simulateurs 737 MAX ont eux-mêmes des défauts et qu’ils ne peuvent pas restituer fidèlement le comportement de l’avion… [Notamment les efforts sur les roues manuelles de trim, le « dernier recours », sauf si l’avion va si vite que les efforts sont démesurés]

C’est un peu gênant car Boeing comptait sur lesdits simulateurs pour repasser sa certification…

Pire encore, ces « enfants gâtés » de pilotes veulent absolument recevoir une formation sur simulateur avant de repiloter ce bel avion…

Bientôt, va-t-on découvrir que le MCAS n’existe pas sur le simulateur?

En plus de ça, il y a de gros délais de livraison sur les simulateurs, et la remise en service du 737 MAX s’éloigne lentement mais surement, peut-être en 2020 ou 2021…

Le plus étonnant, c’est que rien ne semble bouger dans le Board de Boeing… On a l’impression que la direction et les actionnaires se comportent comme un lapin, en pleine nuit, qui reste en plein milieu d’une route, ébloui et hypnotisé par les phares du camion qui va l’écraser.

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Amicalement vôtre

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33 réflexions sur « Le 737 MAX, vu depuis la première … ou la seconde classe, par Timiota »

  1. Totalement d’accord avec cet article, mais il faut pas oublier que dans ce milieu il n’y a pas de concurrence… les carnets de commande sont et seront toujours bien remplis.

  2.  » l’économie, quelle que soit sont importance pour le bien général ne peut prétendre étouffer les autres valeurs, la vie étant le plus grand de tous…..

    Deuxio cette histoire est un signal assez fort de  » là où nous en sommes « .

    L’économie n’est plus seulement en train de tuer dans les pays lointains ou de manière diffuse, mais au grand jour, et potentiellement des bons occidentaux.

  3. Je me suis souvent demandé pourquoi je n’étais pas abonné à Forbes. Ou bien pourquoi Forbes n’était pas parmi mes lectures préférées.
    Parfois, pas trop souvent mais avec insistance, on arrive à penser que se priver de la lecture de Forbes risque de créer une lacune irrémissible dans la culture générale d’un citoyen voulant participer en pensées à la grande marche du monde, tel qu’il est. Ambition démesurée, il est vrai.

    Alors, tel un rayon de soleil dans un ciel bas et sombre, Laura est venue…

  4. Boycotter peut-être les avions Boeing, ce qui diminuera le transport aérien, provoquera la décroissance du traffic et sera bon pour les humains sur cette planète. Faisons donc de ce problème une opportunité pour amorcer une décroissance plus générale.

    PS. Rien n’empêche par ailleurs de faire comme les suédois, c’est à dire privilégier tout autre moyen de transport que le transport aérien pour se déplacer.

  5. Article très intéressant, bien aimé Alcoa, qu’on peut compléter par un cadre plus large avec ces données générales (voir les tableaux accidents/passagers selon moyens de transport) :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Statistiques_d%27accidents_d%27avion

    Où l’on voit que ramené en % par millions de passagers, l’aéronautique est extrêmement fiable, et où la culture de prévention du risque semble une seconde nature. Mais le passé ne préjuge pas toujours du futur et cette analyse sémantique est un très bon indicateur d’alerte d’un problème potentiel majeur en terme de sécurité produit chez les constructeurs.

  6. Oui, intéressant. Deux remarques : la culture du respect de l’homme et de sa santé est étrangère à l’entreprise, sauf si c’est une question de coût. Ce sont les catastrophes qui font modifier les choses. Catastrophes immédiates (mines, construction, nucléaire, etc.) et catastrophes lentes (amiante, dioxine, etc., pollution de l’air en général). Catastrophes qui font un émoi social ou un émoi de la clientèle et qui ont un effet sur le résultat financier. Quand les travailleurs ne coutaient pas cher, on ne s’en souciait que peu. Le nucléaire, par exemple, a une culture de sécurité très développée en procédures de toute sorte mais une pratique qui relève du déni, quand on voit les divers manquements qui apparaissent aujourd’hui concernant le passé et le présent.
    L’émoi social est amplifié par les réseaux d’information libre. Ce qui explique peut-être les attitudes de nouveaux dirigeants. La « communication de crise », compétence des années ’90, est obsolète.
    Mais ce n’est pas suffisant. L’étude indépendante des accidents du travail et d’une autre « médecine du travail » est récente et peine à s’imposer socialement.
    Ce qui m’amène à la deuxième remarque : tout reste toujours une question de rapport de force. Les rapports des directions sont toujours remplis de jolis mots (« le développement durable » a été pionnier dans ce nouveau chant choral des « valeurs », sans que la pollution diminue). Pensez au scandale Volkswagen et de tout le secteur automobile aujourd’hui. Mais ce rapport de force se joue dans l’obtention d’une intervention de l’Etat. Depuis les riverains qui mobilisent un fonctionnaire de contrôle industriel aux ong qui lobbyisent auprès de la C. E.

    1. J’aurais du évoquer l’action syndicale sur les conditions de travail. Mais les représentants syndicaux ont aussi tendance à adopter une culture des intérêts de l’entreprise, et ont besoin d’être poussés et contrôlés par les travailleurs, échappant à l’inertie et au déni.

      1. Bonjour
        J’ai été en contact avec Savaltore Palidda, prof gênois bien de gauche/Mauss etc. :
        https://blogs.mediapart.fr/salvatore-palidda/blog (par exemple).
        http://effimera.org/resistenze-ai-disastri-sanitari-ambientali-ed-economici-nel-mediterraneo-salvatore-palidda/
        Les textes qu’il édite ou écrit font la part un peu géante aux industriels :  »  » la majorité des environ 60 millions de [morts sont] à cause de maladies dues à contaminations toxiques, à accidents sur le travail, à désastres industrielles, inondations, tremblement de terre ou catastrophes dites naturelles. ].
        Le WHO/OMS donnent des stat sur les 60 millions de morts par an par maladie. Certes une partie pas si petite (10% ? 25%?) de ces morts sont des morts prématurées dues à tout cela (travailler use… l’oisiveté sans but aussi, cf. les amérindiens au Québec par exemple, mes souvenirs des centres commerciaux de Sept-iles…), mais la majorité c’est un peu gros.
        Je suis d’accord qu’il faut un « cadastre » généralisé de nos vies et nos « chimies ». Tout ceux qui arrivent à enrayer la chose ont une carte en tête (voir dans le Guardian un récent article sur la reprise d’activité au centre de la ville de Mulhouse, en déshérence il y a 15 ans, les gens qui ont obtenu ça ont raisonné avec des cartes et avec leur coeur aussi sans doute).

  7. « Parce que les mots mènent à des actions qui créent l’avenir. »

    Voici précisément ce que j’ai constaté déjà depuis plus de 20 ans, voire plus encore. Quand on donne un nom à quelque chose c’est qu’on l’a identifié. Et donc on le développe. Cela ne signifie pas que cette « chose » n’existait pas avant et qu’on ne s’en servait pas; simplement quand elle existait sans être identifiée on s’en servait en « autorégulation » donc sans qu »elle soit utilisée à outrance avec effets pervers. Ex le capitalisme. Il s’est très vite développé jusqu’à l’extrême nocif que l’on constate aujourd’hui (effet boule de neige) à partir du moment où Marx lui a donné un nom et qu’il est entré dans le Larousse. Mais cela ne signifie pas qu’il n’ait pas existé bien avant (j’ai émis l’hypothèse sur ce blog du « capitalisme protozoaire » dès les premiers élevages & cultures). Autre exemple, dans ma profession de styliste j’ai découvert que je faisais du marketing sans le savoir (comme M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir lol) quand j’ai eu connaissance de cette discipline et de ses techniques. L’autorégulation par exemple avant d’être identifiée existe dans la nature; or l’humain est issu de la nature donc en faisait partie à l’origine, et vivait comme l’ensemble de la faune et la flore en « autorégulation », jusqu’à ce qu’il soit identifié en « humain » (fils de Dieu) et non plus en « homo » (australopithécus, néandertal… etc.)
    Il y a des tonnes d’exemples dans ce sens, dans tous les domaines. Ce pourquoi je trouve néfaste et dangereux les « spécialisations » à outrance qui isolent chaque discipline les unes des autres alors qu’elles sont selon moi naturellement liées les unes aux autres et dépendantes les unes des autres. ( naturellement en « autorégulation » avant qu’on les identifie chacune et les développe à outrance jusqu’à la nocivité)

    1. A l’attention de M. Jorion,
      Mon « idée » consistait à re-lier diverses entreprises complémentaires (non concurrentes) en respectant leurs indépendantes de mon ancien secteur d’activité et les rendre dépendantes en « autorégulation » les unes des autres. Alors que les holdings les ont amalgamées en une seule entreprise pour plus de profits financiers, détruisant en cela l’autorégulation naturelle. Mais cela a contrario a développé chez elles un « point faible » ( le tendon d’Achille).

      1. @ Jac
        Il y a tout un pan de l’écologie des systèmes qui confine à l’économie et à la physique statistique qui s’intéresse à la stabilité de grands systèmes en fonction de la variété et du type d’interaction (commensale, symbiotique, proie-prédateur). Il n’en sort, logiquement, rien de résumable en peu de phrases, car c’est un domaine très riche, qui touche à toutes les représentations qu’on peut avoir des « choses » et des « liens » (l’exemple assez vulgarisé est comment les loups modifient le cours des rivières, en impactant la population des cerfs qui bouffent l’écorce des arbres proches des rivières).
        Un peu de name droping : R.E MAy (1972), Odum, Terrell Hill, tout ça pas très loin de ce que fait le Battiston qui a étudié le réseau d’interdépendance des grandes entreprises (article que j’avais traduit sur le blog en 2009 ou par là, googlisez « Vitali Glattfelder Battiston Jorion Timiota »…)

      2. timotia
        Je ne suis pas « spécialiste » en la matière et n’ai rien lu de ces disciplines, je raisonne surtout à partir de mes propres observations et en autodidacte (ce qui me permet de réinventer plein de « fils à couper le beurre » – c’est une image- mais pour d’autres usages, je suis une sorte de MacGiver, lol). Mais vous citez les loups, il y a bien plus les castors, ou pas par rapport aux rivières les kangourous ( encore que ces derniers ont été importés en Australie si je ne m’abuse, je peux me tromper), etc… Mais je pense que s’ils modifient (un peu) la nature, ils la modifient gravement dès lors qu’ils se multiplient anormalement. Par exemple quant aux loups, ils se sont multipliés avec le développement de l’élevage ( développé au delà des besoins locaux). Pourquoi ? Les scientifiques planchent dessus ?

      3. Coucou…. °(^!^)°…
        Un rappel , sur un autre fil, pas si antérieur… je débutais une courte intervention par:
         »  »  » @Jac(17/5 à 13h22) qui écrit, en fin de réponse à « un lecteur » :
        … » Donc, mon idée, je veux bien la donner, mais pas à n’importe qui « …  »  » « .
        et j’espérais au moins quelques indices pour m’en faire une idée..de ce « pas n’importe qui » .
        Sans suite.., là-bas. Mais voilà t’y pas que je lis ce qui précède… !?

        Bien sûr que Monsieur Jorion n’est pas « n’importe qui »…. Vous êtes donc parfaitement logique avec vous-même…
        Sauf que … disons que Monsieur Jorion a un lien personnalisé (voir début de présentation générale de ce site) où vous auriez pu(dû) lui faire parvenir ce secret… que j’espère être le seul à partager avec vous… et lui.. s’il vous lit…!

      4. Timotia
        Il n’empêche que depuis 72 les « R.E MAy (1972), Odum, Terrell Hill, tout ça pas très loin de ce que fait le Battiston qui a étudié le réseau d’interdépendance des grandes entreprises » etc. ont constaté, analysé, écrit (je présume) et pas vraiment convaincu grand monde. Cela reste du théorique. Alors que de plus en plus (trop peu encore) par la débrouille et peu de moyens le font sans connaître ces théories « fameuses » (pas très bien encore, pas assez pros) par la pratique, et si les scientifiques voulaient bien se bouger les fesses et les cherchaient pour aller les voir ce serait bien plus convaincant (pas au bout de 40 ans comme ils le font actuellement avec Pascal Poot parce que ce dernier a réussi tout seul sans être scientifique depuis + de 15 ans et qu’il a fini par être connu d’un public consommateur de plus en plus nombreux) . Je ne crois qu’en l’exemple -du concret- pour convaincre. Non dans les théories (trop abstrait pour la plupart qui fait que ce n’est que discours de « spécialistes à spécialistes », ça tourne en rond)

      5. otromeros

        Merci. J’ai du mal à l’écrire (le réécrire) je ne possède plus l’exemplaire écrit en détail (J’ai dit pourquoi à M. Jorion par mail) ; de plus très technique donc pas forcément compréhensible par autres que ceux de ma profession, j’ai testé avec ma propre famille banquiers ou directeur commercial de grande société (seul le commercial en a fait des photocopies… c’est donc qu’il y a vu quelque intérêt). Je peux faire l’effort d’en parler de vive voix, plus facile pour moi. Vous avez constaté au fil de mes com. que je n’excelle pas dans la réthorique. En parlant, si un mot m’échappe, je peux le suggérer avec les mains, mimiques, exemples, images…. je peux parler de plein de manières autres que les mots précis. Mais cela prend plus de temps.

      6. Otromeros

        Pourquoi à Paul Jorion ? Parce qu’il est multidisciplinaire dans des disciplines très peu en adéquation entre elles. Donc, même s’il ne l’est pas (ou ne le serait pas), il est comme un autodidacte (ou il est aussi autodidacte), avec un raisonnement plus ample.

      7. nous avons tous une épée de guillaume tell au dessus de la tête , dans la vie mon petit gars y a pas à tortiller , il n’y a rien de plus dangereux que de se faire tuer

      8. Otromeros

        « ce secret… que j’espère être le seul à partager avec vous »
        ???? Vous me connaissez de mon « ancienne vie » ? vous m’avez reconnue ? (pas si difficile mais je n’imagine(ais) pas que quelqu’un de ma profession qui m’ait connue au moins pas ouïe dire puisse fréquenter ce blog). Si oui, un indice ? (en toute discrétion bien sûr)

      9. @Jac(21/5 à 22h50)
        Puisque vous vous êtes donné la peine de me répondre, je vais m’efforcer d’être plus explicite…
        1) Dans un autre fil(rappelé) vous écrivez , sans plus de précision :
        … » Donc, mon idée, je veux bien la donner, mais pas à n’importe qui « … SANS PLUS.

        Comme je suis curieux, et que j’ignorais de quelles qualités dev(r)ait être pour vous un futur interlocuteur à qui (et à lui tout seul..!!!…) vous pourriez remettre votre secret..
        (Exemple… pour rester à « gauche »…L.JOSPIN…c’est pas « la même » chose que…p.ex. P.MOSCOVICI ou M.SAPIN.. Si on est dans le « général »…M.LE PEN ou F.HOLLANDE ou ou ou… ?? oui/non..? )
        Donc comme je ne pouvais pas vous demander à QUI vous pensiez exactement (sinon vous l’auriez dit je jouais à Sherlock pour au moins avoir une idée de votre système de valeurs..( la « confiance »…c’est important.

        Puis ici , sur ce blog « ouvert » à tout qui veut, sous pseudo, y participer….vous vous adressez à P.JORION « en public »donc, et en plus vous LUI (ainsi qu’à tous les lecteurs du blog..!..) expliquez les détails de cette idée qui ne devait être « offerte » qu’à UNE personne munie de la qualité « de confiance »
        Bien sûr rien à dire sur votre choix…mais la méthode « publique » ..comment dire… vous comprenez..?!
        Je vous signalais ce que je considère comme une « erreur » (de choix de communication..) en plaisantant quelque peu..
        Pour le reste je ne connais ni ne reconnais personne (à part P.JORION of course) sur ce blog à pseudos.
        BAV.

        en tout les cas pour moi
        et j’espérais au moins quelques indices pour m’en faire une idée..de ce « pas n’importe qui » .

    2. Guillaume tell ?
      Tortillas, tortillas, comme vous y allez Guillaume, quand on se balade avec une belle pomme sur la tête (une Fuji, ferme, bien croquante ), ben que voulez-vous , c’est tentant. C’est exactement ça, ça tente l’arbalestrie, toussa toussa. Ah ! Vous pouvez toujours essayer de mander vos gens, parbleu; si l’affaire a mal tourné, les foutrebleux et les baronnettes fuiront !

    3. otroremos

      « Pas à n’importe qui » signifie pour moi de ne pas prendre le risque par exemple sur ce blog (ou un autre sur internet) de la dévoiler (aussi) à qui en ferait mauvais usage. J’ai dit en connaissance de cause qu’une idée peut très facilement se récupérer et que sa mise en forme (ou son exploitation) peut rendre diamétralement opposée l’intention qui a fait germer l’idée. Je m’apprêtais à l’exploiter moi même (pas seule) dans son « bon sens » (on n’est jamais si bien servi que par soi même n’est-ce pas ?) c’est à dire qui crée de la créativité donc de la diversité, du prix juste qui ne lèse personne tout en restant + ou – abordable pour tous, qui estompe la concurrence acerbe (comme par exemple celle entre Airbus et Boeing) laquelle tire vers les prix les plus bas (ex de – 50% à -60% pour Airbus comme pour Boeing) , ce qui conduit à rogner sur la qualité (comme Boeing) et pour ce faire, dans le cas de la mode (mais pas que) à faire fabriquer en délocalisation chez les exploiteurs d’esclaves (qui rognent sur la main d’œuvre au rabais mais pas sur le coût des intermédiaires qui gagnent un max au passage). J’ai dû de main à main donner à refaire un travail d’échantillonnage à une petite fille de 5 ans, croyez moi ça laisse de la constance même sur + de 20 ans pour chercher un moyen à ce que ce genre d’horreur n’existe plus. Je n’ai pas appris cela dans la presse je l’ai appris bien avant de visu, et nous n’étions pas encore nombreux à constater ce genre d’horreur. De plus, j’ai constaté de visu en direct l’hécatombe de fermetures d’entreprises (donc de pertes massives d’emplois) en France et en Europe sans attendre les analyses (moins éclairées que les miennes) d’économistes, statisticiens, spécialistes en tout genre qui découpaient le problème en morceaux pour le rendre imperceptible par la grande majorité des consommateurs, lesquels de ce fait continuaient à acheter au prix le plus bas en enfonçant le clou (vous aussi peut-être).
      Je pense que ceci je l’ai écrit ici de toutes les manières qu’il me fut possible.
      Mais si tout ce que M. Jorion a très bien expliqué dans une grande logique avec un raisonnement « ample » (c-à-dire complet dans la même logique, par les tenants et les aboutissants) en me faisant applaudir des 2 mains pour l’essentiel, a fait rejaillir cette idée que j’avais mise au rancard (par rapport à mes priorités de survie), je ne sais pas à qui la confier, pas pour l’exploiter mais pour donner un avis et la rapporter d’une manière généraliste qui puisse être comprise par la plupart dans plein de secteurs d’activité. Telle que j’ai étudié mon idée (très technique donc très orientée), il y avait le mode d’emploi qu’il était facile d’exploiter même pour un mal intentionné qui ne chercherait qu’à se faire du pognon. Ce n’était pas le cas pour moi.
      Et vous, que pourriez vous faire de cette idée ? Qui d’autre ici ? Vous en connaissez ailleurs ? Paul Jorion aurait pu au moins en connaître ailleurs. S’il ne veut pas l’entendre, je vais la ranger aux oubliettes ad vitam aeternam, comme d’autres milliards d’idées de « bien intentionnés » dans le monde.

  8. Merci !

    L’article de Forbes est tellement américain, avec sa candeur vertueuse et sa bonne volonté crémeuse. Quand ça les prend !…

    Et merci pour le résumé franchouillard, qui réussit à citer d’entrée de jeu le mot « boudin ».

    Boeing pourrait donc plonger très bas.

    Après, j’imagine un scénario 1: Boeing nous refera une remontée acrobatique, typiquement conforme à la légende américaine, avec des moyens pas très nets dont certains ne seront connus que cinquante ans plus tard.

    Et un scénario 2: Boeing devient le pionnier de la fin de la légende.  » Ben oui, on savait que ça ne pouvait durer éternellement, ces triomphes de notre capitalisme US. Boeing est devenu synonyme du début de notre fin. Boeing est une entreprise pionnière! The first in the world. »

    Les E.U. seront le premier empire américain extractiviste au monde à s’effondrer. Ha ha!

  9. « Parce que les mots mènent à des actions qui créent l’avenir »

    Voilà qui rappelle cette citation :

    « L’action met les ardeurs en mouvement. Mais c’est la parole qui les suscite » (Charles de Gaulle, Mémoires de guerre)

  10. @ Timiota

    Medellín, le 21 mai 2019

    Je n’apprécie pas votre article. La logique de votre raisonnement me semble inhumaine, et, il doit me sortir du cœur, inappropriée sur un blog tel que ce blog de Paul Jorion. Vous vous réjouissez des terribles coups du destin et de l’horrible mort qui a frappé les passagers de deux avions. Vous devez oser. Allez-vous appliquer la même logique à Airbus en raison des nombreux accidents terribles qu’Airbus a subis à cause des tubes de Pitot défectueux et des logiciels associés ? Ou les machines récemment accidentées fabriquées en Russie ? Ou plus récemment, le jet de fabrication brésilienne ?
    Depuis quand commençons-nous à peser le nombre de morts comme dans une sorte de compétition  » qui a le plus de victimes « . Une seule mort n’est-elle pas assez grave ?

    Je trouve répréhensible de faire une telle analyse sectorielle et d’en tirer des conclusions triomphales sur ce point et sur les pertes qui en découlent.

    Ma proposition, en réponse à votre article, est la suivante : en tant qu’amis et copines unis dans ce blog, préoccupons-nous de l’introduction de la propulsion électrique à l’hydrogène dans les transports, les trains, les avions, les voitures et les camions, et travaillons pour que l’humanité entière et la terre puissent en tirer des bénéfices.

    Le beau train qui a été développé en France et qui fait aujourd’hui sensation dans le monde entier depuis l’Allemagne, me semble être un point de départ parfait pour un monde dans lequel, en tant qu’êtres humains, nous sommes tous interdépendants et nous nous accordons le meilleur.

    Se réjouir à la perte…. Y a-t-il un plus grand retour aux sentiments et aux actions imaginables après 1918-1940 ?

    Peut-être aussi agréable, pour l’histoire, de jeter un coup d’œil au monde ancestral néerlandais de l’actuel PDG de Boeing. Nous sommes plus de gens d’un seul monde qu’on ne peut le déduire des paroles de Timiota.

    Timiota
    Medellín, le 21 mai 2019

    Je n’apprécie pas votre article. La logique de votre raisonnement me semble inhumaine, et, il doit me sortir du cœur, inappropriée sur un blog tel que ce blog de Paul Jorion. Vous vous réjouissez des terribles coups du destin et de l’horrible mort qui a frappé les passagers de deux avions. Vous devez oser. Allez-vous appliquer la même logique à Airbus en raison des nombreux accidents terribles qu’Airbus a subis à cause des tubes de Pitot défectueux et des logiciels associés (e.g. AF447… mais il y en a pleins d’autres..) ? Ou les machines récemment accidentées fabriquées en Russie ? Ou plus récemment, le jet de fabrication brésilienne ?
    Depuis quand commençons-nous à peser le nombre de morts comme dans une sorte de compétition  » qui a le plus de victimes « . Une mort n’est-elle pas assez grave ?

    Je trouve répréhensible de faire une telle analyse sectorielle et d’en tirer des conclusions triomphales sur ce point et sur les pertes qui en découlent.

    Ma proposition, en réponse à votre article, est la suivante : en tant qu’amis et copines unis dans ce blog, préoccupons-nous de l’introduction de la propulsion électrique à l’hydrogène dans les transports, les trains, les avions, les voitures et les camions, et travaillons pour que l’humanité entière et la terre puissent en tirer des bénéfices.

    Le beau train qui a été développé en France et qui fait aujourd’hui sensation dans le monde entier depuis l’Allemagne, me semble être un point de départ parfait pour un monde dans lequel, en tant qu’êtres humains, nous sommes tous interdépendants et nous nous accordons le meilleur.

    Se réjouir à la perte…. Y a-t-il un plus grand retour aux sentiments et aux actions imaginables après 1918-1940 ?

    Peut-être aussi agréable, pour l’histoire, de jeter un coup d’œil au monde ancestral néerlandais de l’actuel PDG de Boeing. Nous sommes plus de gens d’un seul monde qu’on ne peut le déduire des paroles de Timiota.

    https://www.wikitree.com/wiki/Muilenburg-31

    1. Pas sûr de comprendre, John Leestemaker.
      La crise des Boeing 737 MAx est un révélateur pour révéler des coupes dans les logiques d’une certaine société capitaliste américaine.
      Du fait des singularités de l’aéronautique civile (qui fait très très peu de morts directes en proportion du « service rendu »), ce sont les accidents et leurs conséquences qui servent de révélateur.
      Je ne vois pas que je me sois réjouis avec de la « SchadenFreude » (ce qui surgit très fort dans votre lecture), même Airbus essaye d’éviter cela.
      Je cite Forbes parce qu’il éclaire les excuses que se donnent les USA et leurs patrons quand des bornes morales trop fortes sont en jeu. Je cite Pierrebx parce qu’il fait un résumé de la situation industrialo-technique filandreuse à souhait, du fait des pratiques introduites dans la certification, et qui rappelle la question souvent évoquée ici des « revolving doors ». Un ton ironique est adopté dans ce récit, mais uniquement sur le pataugeage de la réponse de Boeing, qui est une petite lucarne sur les modes de paralysie des grosses entreprises.

      Bonne (re-)lecture ! ? !

      1. Timiota, je soupçonne fortement, que votre maniement très personnel de la langue française renvoie tout et son contraire après un passage dans un traducteur très cultivé comme peut l’être deepl.

    2. Monsieur Leestemaker

      Bien d’accord avec vous. Alors, cela vous intéresserait de connaître mon idée ? Pas pour se mêler de « l’introduction de la propulsion électrique à l’hydrogène dans les transports, les trains, les avions, les voitures et les camions », qui est affaire d’ingénieurs (ce serait comme les réunions citoyennes dans les municipalités où il faut débattre de telle ou telle chose très technique dont personne sauf le technicien ne comprend rien). mais pour une autre forme de regroupement d’entreprises qui pourrait éviter des catastrophes (ce qu’on peut faire dans un secteur d’activité peut se transposer dans d’autres, d’ailleurs c’est ce qui se passe ; sauf que chez les avionneurs, les dégâts sont bien plus graves de conséquence que dans le prêt-à-porter – une malfaçon sur un pantalon n’a pas bcp d’importance, sauf pour celui qui l’achète s’il est fauché)
      Demandez donc à Monsieur Jorion mes coordonnées, il les a.

  11. @ Timiota

    Merci de votre explication et de votre invitation à (re)lire votre histoire.

    Je l’ai fait avec le plus grand soin, et je n’arrive pas à me défaire de l’impression que le  » cadre  » de votre discours repose sur l’introduction d’une logique causale qui veut  » prouver  » ou  » justifier « , de manière comparative, la présence ou non de certains termes dans les textes, que la sécurité est mieux respectée dans certaines entreprises que dans d’autres. Je continue de trouver que c’est une façon remarquable de fournir des preuves. Je suis désolée. C’est pourquoi j’ai également attiré l’attention sur la « gravité » du nombre de victimes et fait référence, à mon avis, aux très graves erreurs techniques qui ont été tolérées chez Airbus dans le passé, alors que scientifiquement et techniquement les gens savaient mieux et auraient pu mieux prévenir.

    La ressemblance de l’écharde et de la poutre dans l’œil ?

    Je suis d’accord avec vous pour dire que le caractère capitaliste dur et primitif de Boeing ne profite pas beaucoup à cette entreprise. Je ne pense pas qu’il soit trop difficile d’établir une corrélation entre de forts pouvoirs compensateurs au sein d’une entreprise et l’établissement d’un bon dossier de prévention et de sécurité. L’histoire de Volvo joue un rôle central dans l’industrie automobile, par exemple, et en dit long.

    Pour une analyse (extrêmement) critique de la situation du mouvement syndical chez Boeing, voir l’article suivant dans The Guardian. Malheureusement, je n’ai pas le temps de passer par deepl.com, mais je pense que ça en vaut la peine.

    https://www.theguardian.com/us-news/2019/may/03/boeing-union-workers-fired-south-carolina

    b.à.v. jl

    1. @ J. Leestenmaker : Ah, je comprends le malentendu. Mon point n’était pas de prétendre que Airbus avait effectivement « plus raison » sur le plan de la sécurité que Boeing. C’était de souligner le type d’introspections auxquelles l’industrie US commence à se livrer. La tendance de fond de l’aviation civile reste une affaire exemplaire, l’introduction des compagnies low-cost dans les années 2000 n’a pas entamé la baisse de l’accidentalité, contre mon attente. C’est le résultat d’une culture portée autant par les deux constructeurs majeurs Airbus et Boeing (+Bombardier & Embraer) que par les « pilot academies » & les contrôleurs aériens, ces derniers s’étant illustrés par une certaine ténacité quand on les attaquait (grèves majeures). Mon avis est que cela fait « milieu associé », donc une « résilience » élevée. La faille Boeing n’est pas le signe d’une perfection de l’adversaire, c’est juste que par le hasard cumulé des à-coup dans les courses au profit + quelques décisions techniques (787, 737 MAX) + quelques effets « ressources humaines » de changement de culture (Excel vs vieille école dans quoi je mets la certification) c’est elle qui fait le premier faux pas.

      Bon, dont acte…

      1. @ M. Timiota

        Je suis bien heureux que nous nous entendons bien maintenant.

        Puisque: si la solution serait ‘changer le ton’ alors, pas mal de problèmes seraient résolus facilement…

        ¨Malheureusement // heureusement¨ l’objectif primaire de la sociologie: investiguer sans grâce, le contraste entre ¨ce que les gens disent, et ce que les (ces mêmes) gens font¨ reste et se maintient fortement.

        (comparez les mensonges de tous ces grandes entreprises (MNE) s’auto-louant dans les terrains de la Corporate Social Responsability, sustainability etc etc. Allons-y voir les VRAIES impacts… 🙂 ).

        b.à.v. jl

  12. C’est ça entre autre qui se passe ici. Nous cherchons les mots qui induisent l’action, nous tournons autour du caillou en cherchant le bon endroit pour placer notre levier.

    1. @ Thomas

      Quand même, j’aimerais proposer la modération (cfm Spinoza / Montaigne) et la précision, la transparence, et surtout la reproductubilité et ¨l’intentionalité-faite-explicite¨ des analyses des sciences sociales.

      Puisque: Cambridge Analytica cherchait (et ses successeurs/continuateurs cherchent eux aussi ‘les mots qui induisent l’action’ …).

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