Le Monde diplomatique, Les sociopathes (de France Télécom à Macron) par Frédéric Lordon, 31 mai 2019

Les sociopathes (de France Télécom à Macron), par Frédéric Lordon, le 31 mai 2019. Remarquable réflexion. Comme son blog n’est pas ouvert aux commentaires, j’ouvre la discussion ici. J’aurai des choses à dire – ayant en particulier travaillé plus de 10 ans dans des boîtes américaines (le modèle où France Telecom aura joué un rôle pionnier en l’important en France). 

… Les « objectifs » sont, pour les individus, la manière dont la guerre leur tombe dessus, ce à quoi ils se trouvent mis en demeure d’accrocher leur survie. Pour les « objectifs », ils se feront donc des kapos. Ce qui est frappant dans le cas France Télécom, mais qu’on retrouverait à l’identique dans toutes les entreprises du même type, c’est avec combien peu de perte en ligne les impulsions sociopathiques venues du sommet descendent le long de la hiérarchie, et sont relayées par les couches intermédiaires. À la violence commandée par le haut, cependant, beaucoup ajoutent la peur — peur que le défaut à exercer la violence les expose à devenir à leur tour les prochaines victimes de la violence —, mais aussi, pour ceux chez qui l’entreprise néolibérale n’a pas détruit tous les cadres moraux, une terrible souffrance de se voir faire ce qu’ils sont enjoints de faire.

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39 réflexions sur « Le Monde diplomatique, Les sociopathes (de France Télécom à Macron) par Frédéric Lordon, 31 mai 2019 »

  1. Je propose en complément la référence suivante:

    La question humaine, roman de François Emmanuel, et son adaptation cinématographique par Nicolas Klotz…

    Stucke…

  2. je me souviens d’un propos de la part d’un vieux psychiatre: « en périodes normales, on examine leur cas, en temps de crise ils nous gouvernent ». J’estime que nous traversons une époque sociopathe, on le voit dans de nombreux domaines. Et cela ne finit jamais bien.
    Le problème c’est toute l’hierarchie, même le citoyen lambda, peut être contaminé par le fluide sociopathe. C’est la raison pour laquelle il arrive des catastrophes chez France Télécom et ailleurs. Il y a aussi ce que l’on désigne en psychanalse par « l’identification avec l’agresseur », c’est un phénomène très courant.
    Un jour j’avais la chance de discuter avec un chercheur ethnologue qui a pendant longtemps vécu dans le région du Pacifique et en Afrique. Il m’a parlé d’une spécificité chez certains tribus en Afrique: quand le roi de la tribu est mort, tout les liens sociaux se défont, il y a dissulotion totale, on vole, on pille, on viole, bref une saturnale sans limites…Jusqu’au moment ou un nouveau roi est confirmé, l’ordre est retabli.
    Nos sociétes sont désoriontées, elles ont perdu les leitmotivs des véritables valeurs et principes, elles sont devenues perméables aux fausses vérités, aux courants tendancieuses…………On vit dans une époque où l’absurdité est reine.

  3. Le cas de TechnipFMC montre bien que cette « sociopathie managériale» s’applique partout, en système.
    Deux articles du Monde (daté du 11.06.2019) par Nabil Wakim en sont une parfaite illustration.
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/06/11/le-parapetrolier-technipfmc-confronte-a-un-profond-malaise-social_5474571_3234.html
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/06/11/petrole-les-rates-de-la-fusion-entre-technip-et-fmc_5474412_3234.html
    Pour les non-abonnés, je mets quelques extraits.

    D’abord les « ratés de la fusion »
    « C’est le petit poisson qui a pris le contrôle du gros. Pour dire les choses simplement : on s’est fait rouler dans la farine par les Américains ! » Deux ans après la fusion entre la société française d’ingénierie pétrolière Technip et l’équipementier texan FMC Technologies, ce jugement amer d’un ancien cadre dirigeant reflète le sentiment de nombre de salariés.
    Mais l’Etat n’a pas eu grand-chose à opposer à la fusion, se remémore un ancien conseiller ministériel. « La situation de Technip se dégradait, et ils sont venus nous dire assez brutalement qu’il fallait faire cette fusion », explique-t-il. Thierry Pilenko promet qu’une grande partie de l’activité restera en France. « Personne n’a cru à la fusion entre égaux au ministère. Personne n’était dupe. On savait que ça allait dériver vers une absorption », souligne cette source, qui assure que Bercy a « tout fait pour préserver le maintien de l’emploi en France ».
    « L’ancrage de Technip reste français », vante alors Emmanuel Macron, lequel promet que « le président exécutif, le patron des opérations, les dirigeants des principales branches d’activité et la R&D seront localisés en France ».
    Quatre ans plus tard, la réalité est bien différente. Doug Pferdehirt, ex-dirigeant de FMC, est devenu PDG de la nouvelle entité en mai. Sur les dix membres du comité exécutif, trois sont des anciens de Technip. Le siège de l’entité se trouve désormais à Londres. La R&D est certes toujours officiellement localisée en France, mais elle est dirigée par un Américain depuis Houston. Et depuis la fusion, le cours de Bourse a perdu 40 % de sa valeur.
    »
    Les conséquences du management sociopathe :
    «Le climat social a été rude chez TechnipFMC en France, depuis la chute des cours du pétrole en 2015 et la fusion du groupe parapétrolier Technip avec le texan FMC Technologies en 2017. « L’entreprise fait face depuis plusieurs années à une crise sociale majeure, avec des burn-out, des risques psychosociaux et plusieurs cas de suicide », énumère Irina Azema, secrétaire adjointe CFDT. En quatre ans, quatre suicides et une tentative ont été répertoriés par les syndicats, qui dénoncent une atmosphère toxique.
    Plusieurs rapports d’expertise de l’inspection du travail, de l’Assurance-maladie et de cabinets mandatés par les représentants du personnel font état d’un climat difficile. « La racine des problèmes de conditions de travail réside dans une forme de mentalité, une forme de culture, mêlant un surinvestissement dans le travail avec une surresponsabilisation individuelle : il est normal de travailler plus que de raison et inimaginable d’admettre qu’on le vit mal », relève un rapport d’expertise commandé par le CHSCT. »
    F. Lordon écrit : « Les « objectifs » sont, pour les individus, la manière dont la guerre leur tombe dessus, ce à quoi ils se trouvent mis en demeure d’accrocher leur survie.»

    Par contre pour l’individu au sommet de la structure, le gain est souvent immense ─ même au prix de toute éthique et dignité humaine.
    Je cite la conclusion : « L’amertume des salariés français a été renforcée par la polémique sur les conditions du départ, en mai, de Thierry Pilenko, qui a empoché 4 millions d’euros de primes, en plus des 10 millions d’euros d’actions accumulées. Un parachute doré jugé « inacceptable » par le ministre de l’économie et des finances Bruno Le Maire. » [cause toujours…]
    Il est pour le moins étrange de voir combien au cours de ces dernières années ce genre de fusion destructives ont été opérées avec des pans entiers de notre industrie ; dernièrement c’était Renault-Chrysler… et comment oublier les responsables, à tous niveaux ? Qui sont nos prédateurs ? Pourquoi les renards sont désormais aussi libres dans les poulaillers ?
    Il me semble donc que les signatures pour le référendum contre la privatisation d’AdP sont importantes : un vrai combat contre les sociopathes !

    1. Sans surprise. Chronique ordinaire des crocodiles pour le contrôle du marigot.

      Mais observons le désintéressement des citoyens des USA. L’argent, passe encore, c’est entendu, mais les nationalités ou le pays d’accueil, pas regardant pour 2 sous.
      J’ai comme l’impression que la Nation est, pour eux, un cadre totalement dépassé. Quoique, peut-être pas la Grande Nation, vous savez celle du ‘manifest destiny’. Les USA sont tellement vastes que l’esprit de clocher n’y a pas vraiment sa place. De vrais internationalistes, presque. Il est donc compréhensible que nous nous alignions sur ce modèle, anti-populisme oblige. Vérité en-deça, erreur au-delà.

      Il n’y a rien, ici, d’insolite par sa nouveauté. Démanteler et rapatrier aux USA ce qui compte vraiment est une constante depuis très longtemps. Alst(h)om en est un parfait exemple. Converteam est un bijou. ‘Arabelle’, d’Alstom (sans ‘h’) suivra, comme beaucoup d’autres.

  4. Asymétrie de la propriété,
    je dirais que c’est ce qui favorise le développement de la sociopathie.
    Du moins dès que les conditions d’exercice sont instables et turbulentes
    Donc assez souvent dans la vie d’une entreprise en 2019, où les rentes sont soumises à métamorphoses pour exister (industrie extractive : fossile conventionnel => non conventionnel, etc.).

    Exemple en miniature : une AG de copropriété, très favorable aux sociopathes aussi. Si le débat de ce type d’AG était entre gens qui « font » au sein d’un savoir « circulaire », avec aller et retour entre points, entre « sommet et base », comme la sève des arbres, la sociopathie serait au second plan.

    La neutralité de l’argent laisse le champ à un remplacement arbitraire d’un savoir-faire par un autre prétendûment meilleur (via staff, consultants, désorganisations type FT/Technip), mais seulement apte, en réalité, à augmenter le flux de tréso d’un quelconque haut de pyramide.

    Ceci dit, Monbiot (George Monbiot) suggérait face à la tempête tropicale BoJo (Boris Johnson) qui s’apprête à s’engouffrer au Downing Street, que tous les candidats à de hauts postes de responsabilités devraient auparavant être astreints à une thérapie psy. Pour ne pas causer plus de mal que ce qui ne va déjà pas.
    L’analtruisme est-il aussi remédiable que l’analphabétisme ?

    1. « Ceci dit, Monbiot (George Monbiot) suggérait face à la tempête tropicale BoJo (Boris Johnson) qui s’apprête à s’engouffrer au Downing Street, que tous les candidats à de hauts postes de responsabilités devraient auparavant être astreints à une thérapie psy. »

      Pitié! Pas ça! Ça ressemble beaucoup trop à ce que faisais l’Eglise au moyen âge en chaperonnant le moindre noble à une vision morale, éthique et psychologique venant d’ailleurs… Je ne ferais jamais confiance à un tel systeme qui externalise la source de contrôle dans un cercle de psys ayant eux aussi leur propre agenda moral.

      Et la, sur le coup, vous créerez vraiment un système où le punk à chien qui s’est réinséré dans la société se trouvera confronté à un plafond de verre contrôlé par des psys s’il veut monter sa société anonyme.

      Quand aux gens que vous favoriserez avec ce nouveau critère de sélection, vous aurez encore davantage de fils à papa que la vie n’aura pas eu l’occasion de traumatiser.

      Pas mes valeurs morales…

      Ce système empêcherait des gens comme Churchill de mener une guerre. C’est en se roulant bourré dans les escaliers de Downing Street qu’il a vaincu Hitler. N’importe quel psy l’aurait relevé de ses fonctions…

      Des moyens d’inspection du climat des entreprises existent déjà bel et bien. Il faudrait outre ce pouvoir d’enquête des pouvoirs coercitifs. Quand on voit comment les américains contraignent les entreprises soupçonnées de diverses malversations à réorganiser leur fonctionnement interne sous peine de sanctions pénales, je pense qu’on devrait s’inspirer de ce modèle pour calmer les petits chefs sadiques.

  5. J’ai lu avec plaisir la tribune de Frederic Lordon dans le monde diplomatique et ne puis m’empêcher de faire le rapprochement avec le terme de « Religion Féroce » déclamé par Paul Jorion. Féroce jusqu’à la mort. Peut-être (sûrement) plus.
    C’est à nous tous de refuser cela, mais en ouvrant un peu les yeux, nous en sommes, sans le vouloir, sans le savoir parfois, déjà complices. Il est long, il est lent, il est malmené, l’éveil des consciences.

  6. Bonsoir,
    Evidemment je partage le dégoût de M Lordon quand à la sociopathie qui commande souvent aux plus hautes strates du pouvoir,mais peut il en être autrement ?
    Si les hommes recherchent la satisfaction, souvent incarnée sous forme d’une récompense (reconnaissance, enrichissement, affection….), alors les vertueux ne seront jamais les premiers à recevoir les signes de la réalisation ( signes – entendus comme validation sociétale d’un succès), car la vertu se suffit à elle même et ne cherche pas chez autrui une approbation de sa qualité.
    La récompense reste là, disponible, mais ce seront les intéressés, les égoistes, les sociopathes justement qui rafleront les prix de la reconnaissance sociale.
    S’étonner de nos jours que la vie sociale s’organise ainsi ne cesse de m’interpeller sur la candeur du surpris….on a quand même l’exemple par l’histoire pas si délavée des crimes nazis, où une société à la pointe de la modernité à organisé l’extermination de toute une population sans alibi.
    Je pense que plus que l’effarement, c’est sur la puissance des moyens de coercitions/de manipulation & de contrôle qu’il faut mettre l’accent….la malfaisance de certain individu est entendue depuis l’aube de l’humanité, arrêtons de nous en étonner

  7. « L’horreur économique », ce titre choc de Viviane Forester dans les années 1990, prend tout son sens.

    J’y vois un effet terrible de la concurrence. Alors que dans le secteur des télécom, la technologie aurait pu améliorer les conditions de travail, le management s’est attaché à maximiser la productivité. Un tel processus resterait supportable en période de plein emploi. Il devient terrible en période de disparition massive des emplois, puisque les hommes remplaçables, ne comptent plus pour rien, ou presque rien. Sans la disparition du travail, qui va malheureusement continuer, (quoi qu’en dise le 1er ministre), rien de tout cela ne serait possible.

    Il y a en ce moment une métaphore magnifique (si on peut dire) des affres de la disparition du travail. Le film « Parasite », palme d’or au festival de Cannes. Tout y est, l’augmentation des inégalités, la totale incompréhension de certains personnages des classes sociales supérieures, la guerre économique que se mènent les pauvres entre eux, le terrorisme engendré par l’absence d’espoir…

    Les pauvres en arriveront comme dans le film à venir aux mains les uns contre les autres, sauf s’ils décident de s’unir dans la solidarité pour renverser le système, comme le tentent les Gilets Jaunes.

  8. Capitalus Molocus est né en 2008. Les disciples et descendants des Chicago boys avaient le choix de le tuer ou de rompre les chaînes qui l’empêchait encore de donner toute la mesure de sa puissance.
    De nature (structure) très stable, un peu comme les molécules de téflon que nous accumulons tous dans nos organismes, il a complètement pris possession du territoire de ses créateurs et jouit des pleins pouvoirs pour accomplir son programme.
    Pensé par des sociopathes en mal de reconnaissance pour des sociopathes en quête du pouvoir absolu, il recrute librement autour de lui des sociopathes pour broyer l’humanité fondée sur le commun pour qu’il lui fabrique un avenir géométrique, binaire dénué de sens de beauté et de bonheur.
    Tout concentré à sa mission, il liquidera le moment venue ses soldats pour laisser la clé de son avenir entre les mains d’une IA que nous lui auront fabriqué.
    Bonjour chez vous, pas pour longtemps…

  9. Didier Lombard est-il l’affreux qu’on fait de lui ? N’est-il pas plutôt le bon petit soldat – ou le bon petit général – d’une cause qui le dépasse ? La politique qu’il a mise en œuvre à France Telecom est celle qu’on apprend dans les écoles de commerce, dans les facs d’économie, à l’Ena, dans les cabinets ministériels, à la commission européenne, à l’OMC, au Forum de Davos… Vaillant combattant de la sacro-sainte concurrence – nom moderne pour la raison du plus fort – il a organisé, à marche forcée, la réduction de la « masse salariale » de l’entreprise et, d’un service public, il a fait un centre de profit. Où est le mal, grands dieux ?! Sans doute n’y a-t-il pas mis assez d’hypocrisie car, de nos jours, un plan de licenciement se doit d’être nommé, façon 1984, « plan de retour à l’emploi », mais à part ça il a tout bon. Il faut qu’il paye pourtant, il faut qu’il soit puni ! Non pas pour sa faute à lui, mais pour notre faute collective, celle d’avoir abandonné nos principes, celle d’avoir cédé à l’idéologie, à l’aveuglement, au mensonge.

    1. Avant d’observer le drame de France Telecom, mon opinion sur l’américanisation du fonctionnement des entreprises s’assimilait surtout à mon expérience personnelle de la facilité avec laquelle il est possible pour un individu de détourner cette logique essentiellement stupide et de définir pour son propre usage un modus vivendi où on finit par vous foutre la paix et où vous pouvez même tirer parti des failles et vous assurer un véritable confort. Mais j’ai bénéficié d’une familiarisation progressive à ce système au fur à mesure qu’il se mettait en place (+ sans doute une prédisposition personnelle à aimer détourner les trucs stupides 😉 ). La sidération qui a accompagné en France l’introduction de ce système de responsabilité et d’objectifs parcellisés est surtout due à sa soudaineté et à la brutalité d’une transition qui fait passer du statut de fonctionnaire à celui d’employé à haut rendement.

      1. @Paul Jorion
        Brutalité de la transition qui en plus ne s’est pas accompagnée d’une revalorisation des rémunérations (bien au contraire – gel du point d’indice des fonctionnaires depuis des années). Harcèlement moral et « paupérisation », je mets des guillemets car je suis conscient de la détresse d’autres catégories sociales. Double coup de massue.
        A titre personnel (et j’arrête de me répandre sur mon sort) si je n’ai pas encore démissionné (au sens propre comme au sens figuré par la dépression ou le suicide) c’est grâce ou à cause de la « haute valeur intellectuelle ajoutée » de mon métier et à la ruse (fruit de l’ancienneté) ainsi qu’aux rapports de force (nul n’est irremplaçable, mais pour l’instant ils ont encore besoin de mes services) qui me permet de tirer parti des failles du systèmes. Pour un temps, car en face ils sont très forts et déterminés aussi.

      2. Dites-vous qu’il est toujours possible de se redéfinir comme passager clandestin? “Il faut bien vivre et je vais profiter du système sans y adhérer “.

      3. @Arkao

        « Il n’y a pas de bons petits généraux. Il y a de véritables ordures (je prie Paul Jorion et ses lecteurs de bien vouloir m’excuser pour cette grossièreté, mais il faut bien appeler un chat un chat) comme les généraux comparaissant au tribunal de Nuremberg qui lâchement et piteusement n’avaient rien d’autre à dire que « je n’ai fait qu’exécuter les ordres ». »

        Oui, il y a de « ça ». Pas généralisé, mais mieux vaut savoir que fectivement « ça ose tout »et n’importe quoi et « ça existe », mais … »le retour de balancier » et depuis peu moulti lois et jurisprudences en la matière, et le tribunal itou !!! Pour le reste chacun et cuné fait comme il peut, c’est sur… voire ne pas s’enferrer dans le bin’s dévastateur, la vie vaut mieux que ces c….neries !!! 😉

        France Télécom : un an de prison requis contre l’ex-PDG Didier Lombard
        Le parquet a demandé 75 000 euros d’amende contre France Télécom ainsi qu’un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende contre l’ancien dirigeant. Source AFP
        Modifié le 06/07/2019 à 06:46 – Publié le 05/07/2019 à 17:55 | Le Point.fr

        « Le parquet a requis vendredi les peines maximales contre France Télécom et ses ex-dirigeants, dont l’ancien PDG Didier Lombard, jugés pour « harcèlement moral », dix ans après plusieurs suicides de salariés. »

        « Les peines prévues par la loi à l’époque des faits sont très faibles. On ne peut que demander le maximum », a déclaré la procureure Brigitte Pesquié. Le parquet a donc demandé 75 000 euros d’amende contre France Télécom, première entreprise du CAC 40 à être jugée pour « harcèlement moral », et un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende contre l’ex-PDG, l’ex-numéro 2 Louis-Pierre Wenès et l’ex-DRH Olivier Barberot.

        « Les anciens dirigeants de France Télécom ont « recherché la déstabilisation des salariés », guidés par « une obsession » : obtenir le départ en trois ans de 22 000 salariés et la mobilité de 10 000 personnes. Pour ses réquisitions, le parquet de Paris a accablé les prévenus jugés pour « harcèlement moral », dix ans après des suicides d’employés. »

        « Pour la procureure Françoise Benezech, cette « obsession » « est devenue le cœur de métier des dirigeants de France Télécom ». Didier Lombard, l’ex-PDG, Louis-Pierre Wenès, l’ex-numéro 2, et Olivier Barberot, l’ex-DRH, « les chefs incontestés de la politique d’entreprise managériale (…) peuvent qualifier leurs agissements ainsi : le harcèlement moral est mon métier », a-t-elle poursuivi. »

        « C’était délibéré »
        « Il est incontestable qu’en programmant la restructuration avec des suppressions massives d’emplois et des mobilités (…) les dirigeants ont conscience qu’ils déstabilisent les salariés », a estimé Françoise Benezech. « Cela ne peut que (les) fragiliser. (…) Vous avez conscience que vos méthodes vont dégrader les conditions de travail », a martelé la représentante de l’accusation. « En réalité, vous la recherchez cette déstabilisation », c’était « délibéré », a-t-elle asséné. »

        « C’est trop facile, treize ans plus tard, de refaire l’histoire, car la réalité vous dérange », a déclaré Mme Benezech, qui a requis pendant deux heures, avant de laisser la parole à sa collègue Brigitte Pesquié. »

        « Depuis le 6 mai, premier jour du procès, le tribunal correctionnel s’est plongé dans l’organisation, à la fin des années 2000, de cette entreprise de plus de 100 000 salariés, comptant une centaine de métiers différents, près de 23 000 sites. France Télécom, rebaptisée Orange en 2013, était devenue le symbole de la souffrance au travail. Il y a dix ans, l’entreprise faisait la une des médias alors que plusieurs salariés se suicidaient en laissant des courriers accablants contre leur employeur. Le tribunal a analysé les cas de 39 parties civiles, retenues par les magistrats instructeurs. Parmi elles, 19 se sont suicidées. »

        Des employés qui ne pouvaient pas être licenciés
        « Au cœur du procès, qui s’intéresse à la période 2007-2010 : les plans Next et Act, qui visaient à transformer France Télécom en trois ans, avec notamment l’objectif de 22 000 départs et 10 000 mobilités. Pour les prévenus, il devait s’agir de départs « volontaires », « naturels », mais au contraire, pour les parties civiles, les ex-dirigeants ont mis la pression sur les salariés pour les pousser à partir. La plupart d’entre eux étaient fonctionnaires et ne pouvaient donc pas être licenciés. »

        « Contrairement à ce qu’affirment les prévenus, « fin 2005 et début 2006, France Télécom n’est plus dans une situation économique menaçant sa survie. Et pourtant, le mode de gestion de crise est maintenu jusqu’en 2009 », a affirmé la procureure. »

        « Harcèlement managérial »
        C’est la première fois qu’une entreprise du CAC 40 est jugée pour « harcèlement moral », définie dans le Code pénal comme « des agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail ». France Télécom encourt 75 000 euros d’amende. L’ex-PDG Didier Lombard, l’ex-numéro 2 Louis-Pierre Wenès et l’ex-DRH Olivier Barberot, ainsi que quatre autres anciens responsables jugés pour « complicité », risquent, eux, un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende.

        Ils sont jugés pour un harcèlement moral institutionnel, qui se serait propagé du sommet à l’ensemble de l’entreprise, sans pour autant qu’il y ait de lien direct entre les auteurs et les victimes. « Le but de ce procès est de démontrer que l’infraction pénale de harcèlement moral peut être constituée par une politique d’entreprise, par l’organisation du travail et qualifier ce que l’on appelle le harcèlement managérial », a expliqué Mme Benezech. « Avec ce procès, vous allez faire preuve de jurisprudence. (…) À juste titre, on a parlé de procès historique », a déclaré la procureure. Le réquisitoire doit se terminer en fin de journée. Le procès, qui doit se terminer le 11 juillet, se poursuivra lundi avec les plaidoiries de la défense. »
        https://www.lepoint.fr/justice/france-telecom-le-harcelement-moral-est-mon-metier-05-07-2019-2322962_2386.php

    2. @Denis Monod-Broca
      Il n’y a pas de bons petits généraux. Il y a de véritables ordures (je prie Paul Jorion et ses lecteurs de bien vouloir m’excuser pour cette grossièreté, mais il faut bien appeler un chat un chat) comme les généraux comparaissant au tribunal de Nuremberg qui lâchement et piteusement n’avaient rien d’autre à dire que « je n’ai fait qu’exécuter les ordres ».
      I have a dream: un tribunal pénal international pour juger les fascistes en col blanc !

      1. Dans un pays civilisé les accusés sont jugés par un tribunal, pas jetés en pâture à l’opinion publique, pas mis au pilori, fut-il seulement (?!…) médiatique.

      2. @Denis Monod-Broca
        Ai-je dit autre chose ?
        Vous ne répondez pas sur le fond au sujet de la responsabilité pénale.

      3. @ arkao

        Quand on traite les gens d’« ordures », on n’attache pas tant d’importance que ça au droit et à la justice, on se défoule, on se dédouane.

      4. @Denis Monod-Broca
        Ceux qui se dédouanent, ce sont justement ceux qui disent: c’est pas ma faute, c’est le système, ce sont les ordres.

      5. @Denis Monod-Broca

        Nous avons quitté depuis quelque temps le chemin de la civilisation. Ce n’est pas encore très visible , ni très coercitif, mais c’est incontestable.
        Croyez-vous que dans un pays « civilisé », on envoie des barbouzes viser l’oeil d’un manifestant qui devient un peu trop médiatique ? (shoot sur J Rodrigues, en lien avec la DGSI https://youtu.be/wSUVFDtiYcc )… Et croyez-vous que dans un pays « civilisé », on autorise la police à croiser les fichiers de plaques d’immatriculation et les fichiers d’assurances ? Et pourquoi pas aussi les fichiers des cartes d’identité ? … c’est vrai ? on pourrait alors faire de la reconnaissance faciale, et comme ça, quand on sera filmé absolument partout dans l’espace public, on pourra dissuader les conducteurs non assurés AVANT qu’ils ne prennent le volant…

        Un renoncement comme ça après l’autre…la belle civilisation qu’on aura là ! On pourrait bien être sur le chemin d’un capitalisme totalitaire…

      6. @Denis Monod-Broca
        Ainsi ce qui vous gêne, c’est un qualificatif qu’on entend plus dans la bouche du populo qu’ici entre intellectuels polis. Soit. Le droit et la justice, parlons-en. La Justice, celle qui utilise le tranchant aiguisé de son glaive pour embastiller le pauvre qui vole pour manger, le gilet jaune qui a commis le sacrilège de détériorer une restaurant de luxe où un repas se paye l’équivalent d’un mois de RSA. La Justice, celle qui utilise le tranchant émoussé de son glaive à l’encontre d’escrocs en cols blancs et cravates qui détournent des millions d’euros, de satrapes qui se gavent en jetant au chômage des milliers d’hommes et de femmes les condamnant ainsi à une mort prématurée. Justice de classe, justice de caste, justice de l’entre-soi bourgeois.
        Votre défense de Lombard ne tient pas debout à moins d’accepter que personne n’est responsable de rien.

      7. « Quand on traite les gens d’« ordures », on n’attache pas tant d’importance que ça au droit et à la justice, on se défoule, on se dédouane. »

        Que nenni, il y a des ordures très « propres » sur eux avec le petit doigt sur la couture du pantalon, qui sont de parfaits éxécutants des plans du « chef » qui sont passibles de passer au tribunal voire d’être sabctionné, passé le défoulement salvateur assez civilisé amha qui consiste à appeler une ordure un déchet non recyclable.
        Petite perte pour la Nature qui adore vomir les tièdes fétides et les ceusses qui remuglent de l’intérieur.

        Amicalement votre.

      8. « Quand on traite les gens d’« ordures », on n’attache pas tant d’importance que ça au droit et à la justice, on se défoule, on se dédouane. »

        Faux, ceux qui se dédouanent,, ce sont cEux qui ont des mentalités de larbins et de lâches et se laissent maltraiter ou se font le ou les complices de la maltraitance quand MALTRAITANCE AVEREE IL Y A !!!

        France Télécom : un an de prison requis contre l’ex-PDG Didier Lombard
        Le parquet a demandé 75 000 euros d’amende contre France Télécom ainsi qu’un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende contre l’ancien dirigeant. Source AFP
        Modifié le 06/07/2019 à 06:46 – Publié le 05/07/2019 à 17:55 | Le Point.fr
        https://www.lepoint.fr/justice/france-telecom-le-harcelement-moral-est-mon-metier-05-07-2019-2322962_2386.php

  10. J’ai beau être chercheur en sciences humaines et sociales, je n’en suis pas moins soumis aux sociopathes qui dirigent l’institut public qui m’emploie. Je ne vais pas pleurnicher sur mon cas personnel, mais d’années en années c’est quand même de plus en plus dur.
    La tentation est grande de claquer la porte et d’aller vivre de minimas sociaux dans une bergerie d’alpages. Ce qui est bien con, c’est la passion du métier (et l’éthique du service pour d’autres) qui persiste malgré tout, et ils le savent bien ces salauds. Ce qui est bien con aussi, c’est le constat de la multiplication autour de moi des dépressions, des suicides par alcoolisme, des démissions, plutôt que la révolte. Ce qui m’a fait m’enthousiasmer au début pour les « gilets jaunes ». Enfin les réprouvés du système relèvent la tête (Julien, tais-toi s’il te plait, je ne suis pas d’humeur), enfin La Rue plutôt que le suicide.
    Je m’arrête là pour ce soir, il n’est pas bon de trop écrire quand on est fatigué, en tout cas pas ici car il est des choses qui méritent d’être couchées plutôt dans un livre-objet (n’est-ce pas Paul ?)

    1. @Arkao qui disait:
       » Ce qui est bien con aussi, c’est le constat de la multiplication autour de moi des dépressions, des suicides par alcoolisme, des démissions, plutôt que la révolte. »

      Bien-sûr, mais…
      On pourrait ajouter le divorce qui précède la dépression
      Puis l’alcoolisme qui est un suicide lent…
      Mais la démission est déjà un un acte de révolte
      Qui peut à lui seul enrayer cette enchaînement funeste,
      A condition de n’être pas trop tardive…
      Si l’appui de la cellule familiale est déjà rompu,
      C’est que déjà la sociopathie est entrée dans la maison,
      Et il sera très difficile de l’en faire sortir car elle est contagieuse,
      Et qu’on ne se bat pas seul contre une épidémie.

      Pour illustrer mon propos, j’évoquerais cet échange récent que j’ai eu un peu plus haut avec Jac ( fonctionnaire elle aussi, je crois) et qui témoigne si bien de la difficulté de dire « Non » et de cette liberté compliquée que représente un refus individuel si difficile à assumer.
      La fonction publique ne donne aucune arme à ses serviteurs pour les mettre en état de se prémunir contre les abus sociopathes dont elle laisse infuser les préceptes dans ses rangs.
      Elle expérimente avec surprise et incompréhension « l’efficacité » diabolique de ces grosses ficelles du management hérité du salariat privé.
      Et comment s’étonner alors de cet étonnement de nos apprentis fonctionnaires sociopathe devant leurs juges? – « Quoi? Mais ces pratiques existent dans le privé et ça marche… Alors que me reproche t-on?
      Tout cela me fait penser à ce film formidable (dont j’ai oublié le titre et même l’auteur!) qui montre une expérience sociologique , déguisée en expérimentation scientifique, où des cobayes humains dans le besoin sont financièrement encouragés à infliger des tortures (électrisation punitive) à des inconnus sous prétexte de tester les effets de celles ci sur leur mémoire, alors que c’est uniquement l’intensité de l’adhésion du tortionnaire volontaire à infliger la souffrance qui fait l’objet de l’expérience…
      Certains sauront ici de quel film je parle, le visionner suffit à comprendre que nous sommes tous des sociopathes potentiels…
      Edifiant et tellement utile pour aider à identifier ses propres limites !
      Et comprendre que le sociopathe est un homme ordinaire qui n’a pas appris à dire « Non » à ses supérieurs.
      Eric.

  11. Je rêve que tous les futurs suicidés du monde emmènent au moins un sociopathe. Le monde changerait très vite et peut-être pourrions-nous commencer à réfléchir aux vrais problèmes qui nous attendent.

      1. Oui, Vincent Rey !
        C’est peut-être déjà en cours…
        Imaginez que la vente en vrac se développe vraiment …
        Plus d’emballage, plus de support dans les lieux de vente…
        Simplement en tentant de lutter contre la pollution.
        Et sans révolution!
        Eric.

  12. @arkao
    Rejoindras-tu Monique Pinçon Charlot, qui dit volontiers que le plus beau jour de sa vie fut celui de sa retraite (de mémoire juillet 2008, peu avant de publier le bouquin sur Sarko/Les riches le plus vendu), car il l’a libérée de l’obligation de réserve ?

    1. La génération de Monique Pinçon Charlot a pu partir à la retraite à 60-61 ans.
      Pour la mienne, ce sera 65-67 ans pour une pension à « taux plein ».
      Pas sûr qu’on aura encore l’énergie d’écrire.

      1. @ Arkao,

        Oui, c’est bien ça, I comme Icare de Verneuil…
        L’age de la retraite pour ceux qui l’attendent afin d’oser vivre pleinement ne sera jamais assez précoce.
        Pour ceux qui ne l’envisagent que comme l’antichambre du déclin, ce sera toujours trop tôt.
        Allez comprendre!
        Au contraire de MPC, et au mépris du devoir de réserve, sachons de préférence réagir avant la retraite!
        Le risque donne plus de valeur et surtout plus de crédibilité au vrai courage de contester…
        Eric.

      2. @Torpedo
        Merci pour vos encouragements et vos conseils éclairés 😉
        Mais ne soyons pas non plus naïfs. Réagir trop vite et trop fort c’est risquer d’être rapidement mis au ban du système et ainsi de perdre les leviers permettant de s’exprimer…
        Une petite anecdote en rapport avec l’expérience de Milgram.
        J’ai eu l’occasion de travailler avec une équipe plus jeune que la mienne. Installés dans des locaux neufs dotés d’un agréable patio, cette sympathique bande de trentenaires s’est vu interdire l’usage de ce lieu extérieur par leur chef de service acariâtre sans motifs cohérents. Que croyez-vous qu’ils fassent ? Ils se soumettent malgré qu’ils soient à quinze contre un. Mais c’est le chef (qui pourtant est dans l’incapacité légale de les licencier- on est dans le Public).

  13. Pas de quoi, Arkao, mais le pouvoir de la « hiérarchie » est seulement celui qui lui est concédé par ses
    subalternes, et il en est souvent de même dans le privé comme dans le public.
    Dans une entreprise publique ou non, le salarié n’est pas chez lui (et il l’oublie souvent),
    Il est indispensable d’intégrer le « chef », même acariâtre, dans le processus démocratique en s’en servant
    comme caution et en lui laissant le choix s’il fait de la résistance pour le principe:
    Soit d’initier le mouvement ( et l’organiser au mieux), ou se trouver en but à sa propre hiérarchie…
    A quinze c’est très faisable, et même à deux…
    Sauf si le projet du groupe était de transformer subitement l’agréable patio en une incontrôlable salle
    de conférence parallèle!
    Même dans la fonction publique, les trentenaires peuvent parfois être un brin présomptueux …
    L’enthousiasme de la jeunesse, vous voyez…
    Quant aux quinquas … Toujours des acariâtres, hein? Et si c’est un « chef », Pff …
    A plus, Eric.

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