Ça sent le roussi ! Est-ce qu’on va bouger à la limite ?, par Cédric Chevalier

Ça sent le roussi ! Est-ce qu’on va bouger à la limite ?. Ouvert aux commentaires.

Après la France, le record absolu de température, le plus élevé jamais mesuré en Belgique depuis 1833 vient de tomber.

Que se passera-t-il si cette tendance se poursuit ? Pour le comprendre, il faut faire un raisonnement « à la limite ». Que se passe-t-il si je laisse ma casserole sur le feu « indéfiniment » ? Ben c’est simple, mon repas est carbonisé. Que se passera-t-il si je laisse le robinet couler dans ma baignoire (et qu’il n’y a pas de trop plein). Ben c’est simple, elle finira par déborder. Ainsi, même dans le monde incertain qui est le nôtre, on peut prédire avec un degré de certitude quasiment absolu « ce qui se passera si un phénomène se poursuit », sous-entendu « si nous n’arrêtons pas ce phénomène », simplement on examine ses conséquences graduelles, et en les extrapolant. 

Ainsi, à la question « Que se passera-t-il si les températures continuent à augmenter », sous-entendu « si nous n’arrêtons pas nos émission de gaz à effet de serre » ? On peut répondre sans trop de risques : « il se passera les changements que nous observons déjà graduellement, qui font s’amplifier de plus en plus fort ». Pour un exemple concret, c’est facile, il suffit de s’informer sur l’urbanité des gens en Inde lorsque les températures atteignent 50°C et qu’il n’y a plus d’eau. Entre 46°C et 50°C, il y a ? oui c’est très bien : 4°C, c’est assez facile à extrapoler.

Mais il y a une astuce : le franchissement de seuils d’irréversibilité. Ainsi, pendant un certain temps, laisser son repas sur le feu ne le gâchera pas. Mais à un moment donné, « ça brûle ! », et le repas est irréversiblement carbonisé. De la même manière, le robinet d’eau peut couler longtemps dans une baignoire, qui se remplira sagement, jusqu’à ce l’eau parvienne au niveau du bord, et que ça déborde.

Pour le climat c’est pareil. Jusqu’ici nous avons observé avec des yeux placides (bovins je dirais mais je ne veux insulter personne) l’augmentation de nos émissions de gaz à effet de serre et l’augmentation concomitante des températures partout dans le monde, y compris chez nous, et – ce n’est pas fini – l’augmentation des dégâts causés par l’élévation constante de ces températures (cf. les vignes brûlées au chalumeau en France). Le repas cuit, la baignoire se remplit, tout va bien !

Sauf, sauf ! Sauf que sur Terre, il y a aussi des « effets de seuil » et les franchir peut se révéler irréversible. Ainsi, si nous continuons, nous pourrions assister à des phénomènes « non-linéaires », ces hausses brutales de température et du cortège de catastrophes qui les accompagnent. Jusqu’à même basculer dans un état terrestre inconnu pour notre espèce, selon certains scénarios scientifiques : la Terre-étuve.( Steffen W. et al, Trajectories of the Earth System in the Anthropocene, PNAS, August 14, 2018, 115 (33), pp. 8252-8259. “Hothouse Earth is likely to be uncontrollable and dangerous to many, particularly if we transition into it in only a century or two, and it poses severe risks for health, economies, political stability (12, 39, 49, 50) (especially for the most climate vulnerable), and ultimately, the habitability of the planet for humans.”)

Souvenez-vous, le franchissement de seuil : le repas carbonisé, la baignoire qui déborde : on voit bien qu’on change instantanément de monde dans lequel on vit.

Alors oui, « ça sent le roussi ». On a déjà beaucoup essayé d’expliquer les risques d’effondrement et la nécessité d’une société écologique, soutenable et décarbonée. On l’a dit en écrivant, en chantant, en se menottant à la grille d’un parlement ou en discutant avec son entourage. Comme je pense que notre compréhension bute encore un peu sur ce raisonnement d’extrapolation « à la limite », j’ai envie d’essayer en langage mathématique, en équations. Et même d’essayer de montrer au passage qu’en principe, la collapsologie remplit potentiellement au moins une condition pour être reconnue à terme comme une science : faire des propositions réfutables (sous condition qu’elle y parvienne avant un éventuel « effondrement scientifique »). Attention, utiliser le langage mathématique ne signifie pas qu’on a raison, comme Paul Jorion l’a montré avec les facétieux économistes. Mais les mathématiques peuvent aider à poser le débat logique. Le lecteur excusera l’ironie mathématique qui transparait éventuellement de mes formules, l’humour me permet de rester sain d’esprit malgré la chaleur.

Proposition 1 :

Où t est le temps, x et y sont les coordonnées géographiques 

Cette expression mathématique se lit comme suit : La limite, lorsque le temps tend vers l’infini, de la probabilité de franchissement d’un seuil écologique irréversible au lieu x, y, sous condition de trajectoire carbone inchangée, est 1, c’est-à-dire la probabilité certaine.

A trajectoire inchangée d’émissions mondiales de gaz à effet de serre, plus le temps passe plus la certitude de franchir un seuil écologique irréversible augmente au niveau local.

Proposition 2 :

Où s est le nombre de seuils écologiques irréversibles franchis sur Terre.

Plus le temps passe et plus nous franchissons des seuils écologiques irréversibles sur Terre, plus le risque d’effondrement écologique au niveau local augmente. A contrario, plus vite nous atteignons une société soutenable au niveau mondial, plus nous réduisons ce risque à terme en tout lieu. Chacun a donc intérêt à ce qu’on ne franchisse aucun seuil écologique nulle part. 

Proposition 3 :

Plus le temps passe et plus le nombre d’effondrements écologiques d’écosystèmes sur Terre augmente, plus la probabilité d’un effondrement sociétal local se rapproche de la certitude. Les Européens ont donc un intérêt objectif au maintien de la forêt amazonienne, des rizières chinoises et de la Grande barrière de corail australienne.

Proposition 4 :

Plus le temps passe, plus un effondrement sociétal local a de chances de mener au décès des habitants de ce lieu.

Autrement dit : à mesure qu’on retire un à un les boulons d’un avion en plein vol, la probabilité de décès en plein vol augmente.

Proposition 5 :

Plus le temps passe, l’humain étant mobile, plus la probabilité de migrer pour quitter un lieu effondré sociétalement vers un autre lieu augmente.

Proposition 6 :

Où e est le nombre d’effondrements sociétaux sur Terre

A mesure que le temps passe, la probabilité de guerre en tout lieu augmente en fonction du nombre d’effondrements sociétaux sur Terre. Je fais l’impasse sur la probabilité de décès en cas de guerre, cas trivial.

Proposition 7 :

L’espèce humaine est certes condamnée à disparaître un jour ou l’autre… même si elle parvient à la soutenabilité mais…

Proposition 8 :

Où T signifie une durée de temps arbitrairement longue.

…nous avons beaucoup plus de chances de survivre longtemps en tant qu’individu et espèce si nous mettons en œuvre collectivement une société mondiale soutenable et décarbonée le plus vite possible.

La conclusion de tout ceci est toujours la même : ça sent le roussi, la baignoire va déborder : bougeons nous tant qu’il est encore temps ! Plus vite on bougera, mieux ce sera pour nous tous ! 

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43 réflexions sur « Ça sent le roussi ! Est-ce qu’on va bouger à la limite ?, par Cédric Chevalier »

      1. En ce moment c’est surtout la Bretagne qui s’inquiète d’un afflux de réfugiés climatique hexagonaux 😉

      2. Absolument, et comme le disait un député breton « La Bretagne ne peut pas accueillir toutes les victimes de la chaleur du monde »
        http://www.legorafi.fr/2019/06/24/canicule-la-bretagne-ferme-sa-frontiere-face-a-larrivee-massive-de-refugies-climatiques/

        « Dès ce matin, la police fouillaient les TGV en gare de Rennes, faisant redescendre tous les Parisiens et les renvoyant en TER non climatisés vers la gare Montparnasse. « Donnez-nous au moins une bouteille d’eau, ou du chouchen, soyez humains ! » demandaient des réfugiés parisiens tandis qu’ils étaient poussés à l’intérieur des wagons. De son côté l’ONU a demandé à la Bretagne de rouvrir sa frontière et d’accueillir les réfugiés. « 

  1. L’idéologie ultra-libérale et le consumérisme ne sont pas comparables il me semble aux idéologies néfastes du passé. Aucun chef charismatique comme Hitler (1) n’est venu en faire l’article. L’esprit consumériste(2) s’est instillé doucement (mais profondément) dans tous les esprits, par la publicité, par la fabrication du consentement avec le concours de moyens d’influence de masse. Et tout ça sans discours belliqueux ou guerriers, ni même aucune volonté d’hégémonie affichée , et tout ça dans un climat amical, et même dans une certaine bonne humeur…

    Alors si comme moi vous pensez que c’est cette idéologie qu’il faut attaquer, plutôt que d’attaquer le taux de co² dans l’air, ou à la chasse à la baleine, alors il faut penser à une autre stratégie…

    Je n’ai pas l’air de convaincre grand monde ici…à vrai dire, je suis perplexe, je ne comprends pas pourquoi M Jorion continue de donner du crédit aux articles de Cédric Chevalier, cela ne va à l’évidence pas dans le bon sens…

    V Rey
    findutravail.net

    (1) pour les allemands de la période

    (2) L’esprit consumériste, s’il n’est pas tout à fait une idéologie, nous jette contre l’environnement avec une sorte de folie. (émeutes pour le Nutella ! ruées vers les aéroports pour consommer du voyage..nombreux exemples…on la voit cette folie non ?)

    1. « je suis perplexe, je ne comprends pas pourquoi M Jorion continue de donner du crédit aux articles de Cédric Chevalier, cela ne va à l’évidence pas dans le bon sens… »

      Ne pas accorder crédit à une thèse parce qu’elle « ne va dans le bon sens » ? La « pensée positive » a-t-elle à nouveau frappé ?

      1. M Jorion, vous le savez, nous nous sommes rencontrés, je ne suis pas un intellectuel, J’ai du mal à lire vos livres, et je ne sais même pas ce que vous voulez dire par « pensée positive ». Mais je suis néanmoins certain que nous n’aurons aucune action significative sur le réel en continuant comme ça.

    2. @VincentRey. Vous avez raison d’amener votre raisonnement. Dans un système complexe, il y a de nombreux éléments en interaction, avec des boucles de rétroaction positives ou négatives. Pour modifier le « régime de fonctionnement » de ce système, on ne peut pas se contenter d’une logique d’intervention « monocausale ».

      J’illustre : on ne soigne pas un patient fumeur atteint du cancer en lui confisquant ses cigarettes et en l’enfermant dans une pièce avec un vélo d’appartement, des fruits et des légumes.

      Il faut proposer une intervention systémique.

      Ca consiste à détecter les « drivers » de son « régime dominant » : pourquoi fume-t-il ? quand ? avec qui ? à quelle fréquence ? qu’est-ce qui renforce son tabbagisme ?

      On essaie alors de stopper les boucles de rétroaction positives (qui renforcent) : désormais, il fera un peu de relaxation quand il est stressé. On peut aussi élargir l’analyse du système dans le temps et l’espace, agir en amont : interdire la publicité pour le tabac, faire des paquets « horribles ». Et d’augmenter les boucles de rétroaction négatives (qui déforcent le régime dont on veut se débarasser) : augmenter la confiance en soi du fumeur par le sport, ce qui diminue son stress et son envie de fumer, etc.

      Vous parlez du consumérisme, c’est un comportement manifestement acquis dans notre civilisation, même s’il a sans doute des drivers génétiques.

      Renseignez-vous sur les politiques écologistes, qui font nombre de propositions pour réduire voire anéhantir le consumérisme. L’interdiction de la publicité pour les produits qui émettent beaucoup de co2 en est une, mais il y en a d’autres comme un financement entièrement public des médias, l’interdiction de la publicité dans l’espace public, l’enseignement d’autres valeurs dans les écoles, l’exemple donné par les élites (consuméristes…), etc.

      Ma question : vu l’urgence climatique, avons-nous le temps d’agir sur le driver « consumériste » ? Je ne suis pas sûr qu’on puisse modifier 1 siècle de publicité en si peu de temps.

      Je cherche d’autres pistes pour répondre à l’urgence.

        1. « il faut changer la signification de la rente […] Si des intellectuels comme vous ne relaient ces idées là »

          Cher M. Lambotte, cette discussion a commencé ici il y a 10 ans. J’en ai les preuves. Et vous d’ailleurs aussi. Puisque vous faisiez partie de la discussion ici il y a 10 ans 😉

      1. @ Paul Jorion
        Effectivement, j’ai participé à une discussion concernant la nécessité de la croissance pour payer les intérêts. A partir du moment où on remet en question la croissance il faut remettre en question la signification de l’intérêt.
        J’ai marteler un peu partout sur votre blog qu’il fallait « faire mieux avec moins et ce qui était épargné constituait l’intérêt », ma rencontre avec l’agriculture de conservation m’a appris que des hommes arrivaient à le réaliser.
        Vous avez réalisé une vidéo avec le texte de cette vidéo concernant la question des intérêts, je l’ai partagé plusieurs fois sur les réseaux sociaux et même cité dans un article sur le site où je publie.
        Depuis lors j’ai beaucoup étudié l’agriculture et sa place au niveau du dérèglement climatique ainsi que la thermodynamique de l’évolution de François Roddier que j’ai rencontrer sur votre blog, je tiens à vous en remercier.
        J’en arrive à la conclusion qu’il faut le plus rapidement possible re-végétaliser la planète, ce n’est pas une nouveauté j’en conviens. Mais les qualités nécessaires à cette action sont les mêmes que celles requises pour diminuer l’empreinte carbone.
        Si on passe en agriculture en semis sous couvert ou en agroécologie partout sur la planète on peut stocker rapidement le carbone émis dans les sols https://www.youtube.com/watch?v=8lZ0TIjA-fk
        Voici un résumé de cette agriculture qui se développe, j’ajouterai simplement que c’est le travail du sol qui occasionne le plus de dégâts au niveau de la vie du sol, mais c’est très difficile de s’en passer sauf si on utilise encore 1 à 2 litres de désherbant à l’hectare. Des recherches par des agriculteurs portent sur une agriculture bio qui utilise du thé de compost et des enrobages de graines qui stimulent la germination. Il faut les aider, c’est je pense l’avenir de l’agriculture.
        https://agriculture-de-conservation.com/L-agriculture-de-conservation-qu-est-ce-que-c-est.html
        Ce que je veux dire c’est que les intellectuels devraient s’emparer de cette question, rencontrer les agriculteurs sur le terrain, je suis certain qu’ils apprendraient beaucoup en complétant leur vision des choses.

    3. @ Vincent Rey, vous dites plus haut « je ne comprends pas » …
      Ah bon, ça vous arrive de ne pas comprendre ? Vous dites « je ne suis pas un intellectuel » ; pourquoi cette fausse modestie alors que vous faites des commentaires savants et se voulant démonstratifs ?
      Vous ne lisez pas les livres de Paul Jorion (que pour ma part je trouve très pédagogiques malgré la richesse des sujets abordés). Alors comment vous informez-vous sur le Net au sujet des sujets climatiques ? Selon moi, il faut que vous osiez enfin aller jusqu’au bout de votre démarche dans le doute : niez l’existence du CO2 !
      Avant Lavoisier l’humanité a vécu sans soupçonner la composition de l’air. Alors pourquoi « croire » à ce CO2 ? par un consensus idiot ?

  2. Je ne me fais guère d’illusion sur notre capacité collective à bouger pour s’en sortir tous ensemble.
    Ce serait même terriblement égoïste de bouger maintenant car NOUS sommes impactés alors que nous n’avons rien fait lorsque d’autres l’étaient.
    Cela fait des décennies que d’Afrique se meurt et qu’avons nous fait ?
    Nous bougerons lorsqu’il arrivera une catastrophe majeur traumatisant l’Occident et le concernant.
    Une canicule en 2022 de 4 semaines emportant 300000 personnes en Europe et/ou aux USA sera malheureusement peut-être nécessaire pour qu’il y ait une prise de conscience en Occident.
    Mais tant que la température nous fait mijoter à feu doux, tant que les périodes de canicules sont relativement supportables moyennant quelques aménagements horaires, quelques brumisateurs, rien ne bougera réellement collectivement.
    Vision pessimiste mais au vu de ce que je constate des réactions de mon entourage familial et/ou professionnel, il faudra attendre que toute une génération parte avant éventuellement qu’il y ait un « tous ensemble « 

    1. @jeanpaulmichel

      C’est aussi ce que je pense : https://www.pauljorion.com/blog/2013/12/06/la-strategie-du-choc-par-cedric-chevalier/

      Néanmoins, ce qu’il s’est passé en Australie l’an dernier, et le résultat de leurs élections fédérales cette année, a nettement déforcé mon argumentaire en faveur de cette « stratégie du choc ».

      Ainsi que le discours de Donald Trump sur les ruines fumantes de la ville de Paradise, en Californie.

      Et puis la seconde guerre mondiale, après le « plus jamais » de la première…

      Il semblerait qu’un groupe humain ait la capacité à demeurer indéfiniment dans le déni et l’inertie, et même de jeter de l’essence sur les flammes, quand tout brûle autour de lui. Et même quand on lui prouve par A+B que ce qu’il fait est une répétition de ses erreurs passées, et le mène au pire.

      Dès lors je me perds en conjectures sur la « taille » du choc nécessaire pour nous faire bouger collectivement…

      Et ma crainte est que la taille « nécessaire » soit celle d’un événement « terminal », c’est-à-dire comme une personne atteinte du cancer qui décide trop tard d’arrêter de fumer, en phase terminale.

  3. A 17 ans en cours d’espagnol on m’expliquait qu’en Espagne des cours d’eau historiques avec des ponts n’existaient plus à cause du réchauffement et on me montrait des photos. C’était en 1987, et les glaciers français reculaient déjà ! Du coup je n’ai jamais voulu conduire ! On m’a expliqué agressivement que si je ne conduisait pas j’allais mourir socialement c’était déjà foutu ! je me suis dit que c’était des cons et il ne m’est rien arrivé si ce n’est de ne pas me déplacer en weekend (et de ne pas me poser la question par habitude) d’aller à 50 km faire 500m de marche et de ne pas aller en vacances à plus de 100km de chez mois ! (je suis à 100km de la mer). Enfin bon j’ai vu un con à la télé aller à l’autre bout du monde en me disant qu’il m’avait ramené les images et qu’au moins j’aurais pas besoin de m’y déplacer mais tous les autres ont eu envie d’y aller !

  4. Depuis un moment je prends – presque- une crise de nerf en écoutant/regardant la météo sur la 3 : toujours en extase de plaisir pour annoncer « ah le beau temps est partout sur les plages pas de pluie » .
    la commentatrice est-elle pris de folie avancée pour se réjouir qu’il ne pleuve pas… depuis déjà plusieurs semaines… et que … chouette : toujours pas de pluie : la vie est belle.
    à moins qu’elle ne vive pas dans le même pays que nous ? à moins qu’elle ait atterri sur la Lune ou Mars et que c’est depuis ces lieux qu’elle voit la terre comme un lieu enchanté où il ne pleut pas (cependant mon raisonnement doit être faux car il ne pleut jamais – à mon humble connaissance – ni la Lune ni sur Mars).
    en tout cas cette femme si elle agit sur ordre d’une direction cette dernière est dangereusement dérangée, sinon c’est la commentatrice.
    Quant à vos théories algébriques je ne vois pas ce qu’elles démontrent qu’on ne sache déjà.

    1. Moi aussi, je constate qu’à chaque journal télévisé, les journalistes font tout pour ne pas voir l’éléphant, immense, au milieu de la pièce. La capacité humaine à s’aveugler n’a pas de limites, c’est démontré scientifiquement (notamment via les travaux sur les sectes et les théoriciens du complot).
      L’écart entre discours et réalité est gigantesque. Ca n’augure rien de bon.

      1. « La capacité humaine à s’aveugler n’a pas de limites »

        J’émets un doute sur ce point tout de même. La vague de « records de chaleur » de ces dernières semaines me semble donner à penser à la majorité des gens, d’autant que ce n’est pas simplement une information lue ou entendue dans un média, c’est quelque chose que chacun ressent très directement.

        Le fait que la Terre se réchauffe, et que ce soit de notre fait, est maintenant de notoriété publique. Même si certes il y a des réfractaires – il y en a toujours.

        Le désir que le gouvernement agisse de manière plus décidée pour protéger l’environnement et lutter contre le réchauffement climatique est largement majoritaire https://www.bfmtv.com/politique/sondage-bfmtv-rechauffement-climatique-6-francais-sur-10-jugent-que-l-executif-n-en-fait-pas-assez-1720317.html
        – 62% des Français jugent l’effort gouvernemental insuffisant. 27% estiment qu’il est « juste ce qu’il faut ». Enfin, 10% trouvent qu’il en fait trop
        – Résultats quasi identiques entre classes sociales, des cadres supérieurs aux ouvriers et employés
        – Cette majorité est plus prononcée dans l’électorat de Mélenchon, les électorats de Le Pen et Macron sont « dans la moyenne », et le seul qui soit plus partagé… est celui de Fillon, eh oui

        La question maintenant c’est le quoi : que faire. Et comment.

      2. @Cédric merci
        @Jacquot
        votre citation « Cette majorité est plus prononcée dans l’électorat de Mélenchon, les électorats de Le Pen et Macron sont « dans la moyenne », et le seul qui soit plus partagé… est celui de Fillon, » n’étant pas des plus clair (même si je n’ai aucune sympathie particulière pour les FI) j’ai donc été lire le lien, car ça me paraissait contradictoire : Le Pen préférant l’augmentation du pouvoir d’achat
        J’ai constaté que ce n’était pas des plus clairs non plus sur le lien dont les données sont dans le plus grand désordre, de plus mêlant des dates très différentes ! On ne pourrait à la fois préférer l’augmentation du pouvoir d’achat ET la préférence à plus d’action sur le climat quand ces mêmes sondés ont l’air de penser que la préférence au climat (en sous entendu) ferait baisser le pouvoir d’achat !
        En fait il faudrait faire comprendre aux Citoyens que le pouvoir d’achat et la lutte contre la pollution et la luttre contre changement climatique vont de pairs.
        Et notre cher Macron n’arrête pas de brouiller le tout dans l’esprit des Français par ses dires et actes contradictoires.
        1-les logements isolés permettent des économies conséquentes de chauffage… et cerise sur le gâteau de moins souffrir à 40 ° et même de n’avoir pas à utiliser de climatiseur
        2- arrêter de faire des offres sur les voitures électriques qui polluent (batteries) (aux classes supérieures et moyennes, les autres n’ont qu’à se brosser et payer des amendes s’ils ont le culot d’utiliser leur voiture dans les villes) mais développer les transports en commun écologiques dont le chemin de fer (et pas que les TGV), le transport coopératif (et pas par des entreprises privées qui s’en mettent plein les poches)
        3- développer les jardins potager partout (toits, trottoirs) et chacun pourrait en bénéficier pour le plaisir de les faire et de les manger.
        4- il y a encore toute la distribution de l’eau à revoir…
        5- casser détruire tous ces bitumes et bétons partout
        … je suis loin d’être exhaustif

  5. L’humain n’a plus sa place sur cette planète, vous voulez croire en notre espèce je n’y crois plus depuis longtemps elle a fait trop de dégats pour s’apitoyer sur son sort. Vous voulez un bel exemple : comme tous les étés les gens profitent des parcs, des endroits où se baigner et tout les ans il y a des dechets partout ,du saccage. Si je fais des efforts pour trier, moins polluer,combien font le contraire. Je plains juste les enfants qui vont subir de plein fouet ce que leurs ainés auront sacagés. A commencer par leurs propres parents qui les auront mis au monde dans ce fatras. Peut être suis je trop pessimiste mais je pense que le réalisme est aussi de mise. Il n’y a qu’à parler autour de soi pour se rendre compte que même si les gens en parlent il ne veulent pas être priver de leurs « plaisirs » » « loisirs » et changent peu leurs habitudes. On m’a même dit on verra quand ça arrivera ou quand je parle d’enfants qui vont souffrir on me repond : ils trouveront des solutions. voilà la réalité du monde, alors pourquoi se prendre la tête pour cette espèce qui comme le dit Pacalet est vraiment le cancer de la terre.

    1. Merci. Je comprends ce point de vue « nous ne méritons pas de vivre ». Mais je ne l’accepte pas : moi, j’estime avoir le droit de vivre, et pas dans un climat catastrophique. J’estime que mes enfants ont aussi le droit de vivre de manière authentiquement humaine, ainsi que tous mes descendants. Et j’estime que mes contemporains, et leurs descendants ont le droit de vivre.

      Et je me battrai pour qu’on me reconnaisse ce droit. Et je demande à mes congénères d’arrêter de détruire la Terre, de se joindre à ceux qui veulent le changement.

      Et à ceux qui sont découragés, j’en appelle à leur responsabilité : le mal survient à cause de ceux qui regardent sans rien faire. Donc vous aussi, vous devez vous engager, au moins pour ceux qui veulent vivre et veulent que l’espèce continue à vivre.

      (ce n’est pas contre vous évidemment, j’explicite ma conviction éthique)

      1. “Jusqu’à même basculer dans un état terrestre inconnu pour notre espèce, selon certains scénarios scientifiques : la Terre-étuve.( Steffen W. et al, Trajectories of the Earth System in the Anthropocene, PNAS, August 14, 2018, 115 (33), pp. 8252-8259. “Hothouse Earth is likely to be uncontrollable and dangerous to many, particularly if we transition into it in only a century or two, and it poses severe risks for health, economies, political stability (12, 39, 49, 50) (especially for the most climate vulnerable), and ultimately, the habitability of the planet for humans.”) »

        “particularly if we transition into it in only a century or two”

        Selon certains scénarios scientifiques écrits en 2018. Scientifically approved “particularly if we transition into it in only a century or two ” ?

        L’effet de serre susceptible d’être incontrolable, en particulier si nous y entrons dans un siècle ou deux ?
        Ah bon ?

        Fichtre ! Là on est mal .

    2. « cette espèce qui comme le dit Pacalet est vraiment le cancer de la terre »

      Si on essaie de prendre une perspective de très long terme sur la vie terrestre, une Histoire qui dure depuis environ 3,5 à 3,8 milliards d’années, l’apparition d’une espèce technologique est certainement une transition fondamentale, comparable par exemple à l’apparition des cellules à noyau, à l’apparition des êtres pluricellulaires ou à la transition de la vie de la mer à la terre ferme.

      Une transition fondamentale n’a pas nécessairement que des aspects positifs. Il est même possible d’un certain point de vue de la considérer comme « cancer ».

      Ce qui n’empêche pas la vie de continuer.

      La transition fondamentale que nous représentons n’est pas sans provoquer certains dégâts collatéraux – comme probablement les transitions précédentes aussi d’ailleurs. Ces dégâts sont pour l’instant limités, comme la disparition de la plus grande partie des animaux de grande taille (les éléphants ne sont que les survivants d’une mégafaune beaucoup plus riche).

      La question est de savoir quelle sera l’étendue finale de ces dégâts, sachant qu’ils menacent de gravement s’étendre. Nous n’aurons été un cancer QUE si nous n’arrivons qu’à nous faire disparaître, en détruisant une partie de la biosphère au passage.

      La réponse est entre nos mains… et elle n’est PAS déterminée d’avance.

      Et ce n’est pas prioritairement en se privant de tel ou tel plaisir ici ou là que l’on peut trouver des solutions et les appliquer. C’est au niveau d’ensemble, c’est-à-dire politique.

      1. « Et ce n’est pas prioritairement en se privant de tel ou tel plaisir ici ou là que l’on peut trouver des solutions et les appliquer. »

        Il y en marre de ces bouffeurs de homard, des buveurs de vin, de ti ponch et de téquila à point d’heures, et des fumeurs de barreau de chaise made in Havane qui ruinent la planète et leur santé à l’insu de leur plein gré, infâmes jouisseurs invétérés.
        Du plaisir ?
        Non, on vous a dit !
        Plus de sexe hot hot hot, plus d’alcool, ni de cuir et de banane flambée, oualou macache buller le narguilé dans le jacuzzi et le massage au santal. Ni de homard, ni de bisque, sauf de rage, et encore moins des crevettes, quand aux garennes en sursis …Couic les pinpins !

        Bisque, bisque, rage, t’aura du cirage.

        Va chercher bonheur…

  6. Proposition 9 : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». Proposition faite par Jacques Chirac le 2 septembre 2002 à Johannesborg lors du quatrième sommet de la Terre ( Terre qui n’était d’ailleurs pas invitée lors de ce sommet).

  7. Je crains hélas que le chaos sera inévitable, il règne un tel déni, une telle méconnaissance de la situation, parler du réchauffement climatique est devenu un sujet tabou aujourd’hui!
    On passe pour un prophète de l’apocalypse quand on veut simplement prévenir du danger, on veut sauver les espèces, la vie, et on se fait gazer par des fous, critiquer par des mécréants…A quoi bon continuer me dis-je parfois, pourquoi s’investir autant, certes, ce doit être viscéral, mais quand on constate si peu de résultats probants…
    Finalement ce blog sert d’exutoire à celles et ceux qui pensent encore, une thérapie de groupe face à la bêtise humaine infinie.
    La fuite dans le Finistère nord est plus que probable, et je regarderai ce monde s’effondrer par la fenêtre.
    Allez, au mois d’août, je retourne à Molène! (non, désolé, il n’y aura pas assez de place pour tout le monde!)

  8. Hors sujet.

    Certaines réactions Britt à la nomination de Boris Alexander de Pfeffel Johnson à la fonction de Premier Ministre sont curieuses pour un continental. Selon ces critiques, le parti Conservateur aurait commis un coup de force envers la constitution Britt, car de Pfeffel (Boris) n’a pas été élu à ce poste, ou plus précisément il n’a pas été élu POUR ce poste. Le fait qu’il soit membre du Parlement ne compte pas et n’entre pas en ligne de compte. Selon la constitution Britt, avant les élections législatives un parti nomme un leader qui sera le Premier Ministre en cas de succès de ce parti aux élections. On reconnaît là un principe essentiel à la démocratie Britt: l’assise incontestable du Premier Ministre en personne contre-balance l’autorité du parlement, autorité quasi-totale sauf en matière de dépense.

    On peut voir les choses sous un autre angle: la constitution Britt n’admet pas le vote indirect. La critique des Brexiters et d’autres envers le système politique européen est qu’il n’est pas démocratique: trop de personnages influents dans les rouages politiques européens ne sont pas élus directement à leurs postes.

    Je crois que c’est un principe démocratique sain. Il évite les chevauchements entre fonctions qui devraient être électives et nominations politico-administratives en petit comité, même si ce comité est composés d’élus. La qualité d’élu ne vaut que pour lui-même. Elle n’est pas transférable ou extensive.

    Faut conclure: l’Europe n’est pas démocratique. Ne pas trop exagérer : elle s’en approche mais beaucoup de chemin reste à faire.

    1. S’il faut parler de choses curieuses quant à l’élection de Johnson à la tête du parti conservateur, donc au poste de premier ministre britannique, personnellement ce qui m’a vraiment « scotché » c’est ce petit incident tiré d’un article sur la version anglaise du Spiegel allemand https://www.spiegel.de/international/europe/what-a-prime-minister-boris-johnson-could-mean-for-europe-a-1278073-2.html

      Un chapitre local du parti conservateur se réunit en une petite fête. Voici une dame âgée, qu’il est assez facile vu le contexte d’imaginer très respectable et très comme il faut, qui déclare que « Boris Johnson est un idiot » en donnant quelques arguments bien sentis pour appuyer cette déclaration.

      Avant d’ajouter : « Bien sûr je voterai pour lui ».

      Voilà qui suggère que pour beaucoup des 160 000 membres du Parti conservateur qui l’ont élu, ce ne sont pas compétence et sérieux qu’ils recherchaient avant tout, mais plutôt quelqu’un qui « en veuille » et puisse imposer une direction sans plus tergiverser, sans plus de prudence.

      Danton disait en septembre 1792 « il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ». Oui, il y a quelque chose d’une Révolution dans le Brexit. Et les Brexiteurs-à-tout-prix qui arrivent au pouvoir, ce sont les audacieux qui l’emportent sur les prudents, les purs qui remplacent les modérés. Car la Patrie est en danger – enfin, ils le pensent.

      A Londres, ce sont les Jacobins qui viennent d’arriver au pouvoir.

  9. @ Arkao,
    Vous aimez persifler (cf. les réfugiés climatiques en Bretagne…). Dans ma banlieue il fait ~40° C dehors et ~29 °C dans la maison. Je n’ai plus guère envie de plaisanter et si je vous semble acerbe, j’estime que j’ai des raisons pour exprimer mes sentiments ouvertement.
    Je lisais avec toujours beaucoup d’intérêt vos commentaires étayés et pertinents ─ je partageais vos idées ─ mais désormais vous êtes devenu une sorte de mystère pour moi, le jour où vous avez été explicite sur votre climatoscepticisme. D’ailleurs si j’admets parfaitement un pseudo pour des personnes encore en activité, il me semble dommage de ne pas être plus explicite sur votre (visiblement riche) parcours. Je partage avec vous l’idée qu’il y a une sorte de crise sociale dans la science (journaux aux mains du fric ; pression imbécile pour publier ; compétition et course à la productivité et surtout financements etc.) mais selon moi vous en profitez pour jeter le bébé avec l’eau du bain.
    Je propose une expérience de pensée. Après le Protocole de Kyoto (1995), un rapport de force aurait vraiment permis d’agir tant qu’il était encore temps. Sans se poser de questions sur des faits largement établis (avec toutes les imperfections habituelles, hésitations, retours, toutes les fourchettes sur les chiffres, tout ce que la science moderne a fini par imposer comme standard de vérité et qui donne prise à des incompréhensions systémiques de la part des imbéciles comploteurs), on aurait ainsi pris des mesures drastiques pour réduire les GES (y compris le CO2). Votre position est de dire qu’il n’y a pas de preuve sur la cause anthropique du réchauffement, donc au fond, il n’y avait rien de fondamental à faire : juste quelques adaptations et patienter jusqu’à l’inversion, le refroidissement. Des gens comme vous auront été et sont encore, des complices involontaires d’une entreprise funeste (celle des Marchands de doute) qui nous a conduit dans le mur.
    Ma conclusion est acerbe : tant pis !

    1. @Jacques Seignan
      Persiflage ou humour à prendre au deuxième degrés ?
      PJ a beaucoup d’humour, pas toujours facile à détecter (et nous, vous et moi, s’y sommes laissés prendre plusieurs fois 🙂 ). Je suis la voix de mon maitre 🙂
      Je reconnais avoir le post un peu compulsif (à la limite du trollisme) et souvent trop laconique, d’où certains malentendus.
      Sur les températures actuelles, je suis comme vous, j’en ressens dans ma chair les effets avec la barre des 40°C dépassé sur mon chantier (que j’ai pu fermer heureusement), 34° C au bureau et température inconnue dans ma chambre vu que j’ai oublié mon thermomètre sur le dit chantier.
      Cela dit, il ne faut exagérer la portée de nos échanges ici. Malgré la bonne fréquentation du blog, nous restons dans le cadre de discussions entre gens « de bonne compagnie » qui n’ont pas (les discussions) d’influences concrètes et immédiates sur les affaires du mondes (ça c’est le boulot de Paul avec ses livres et ses conférences).
      Ce qui est important c’est ce que nous faisons concrètement, par nos gestes du quotidien (quand on se sent Colibri), par notre engagement syndical, associatif, politique.
      Pour dire que je ne fais pas ici de prosélytisme, mais que je prends plaisir (certains pourraient penser malsain) à susciter des débats par des petites piques irritantes.
      En conséquence, le « mystère » de ma personnalité n’a pas beaucoup d’intérêt.
      Je déplore que, comme lors de discussions familiales ou entre collègues de travail sur certains sujets (ex: le traité de Maastricht, l’évènement Charie-Hebdo, le climat, l’élection présidentielle de 2017), une polarisation excessive se mette en place. Pour ou contre, bien ou mal, vérité ou mensonge, Lepen ou Macron, gentil ou méchant.
      Franchement, ça j’aime pas. Rien de pire pour se fâcher entre amis.
      Mais pour vous rassurer, bien qu’ayant des doutes sur l’origine anthropique du réchauffement climatique, j’ai toujours voté, voté « à gauche » (la rose, la rouge, la verte et leurs mélanges selon les circonstances), et toujours adopté dans la mesure du possible un comportement éco-citoyen (parce qu’évidemment la justice sociale et l’environnement ne se résument pas à la question du CO2). Comme quoi l’être humain, c’est complexe. Et c’est bien comme ça.
      Armistice ?

      1. @arkao
        « Je reconnais avoir […] souvent trop laconique, d’où certains malentendus. »

        Faute(s) avouées, complètement pardonnées, pour ma part.. car il y a bien pire (ne cherchez pas trop loin) !
        Hors sujet, mais… je regardais une interview d’un ex directeur d’Alstom: celui-ci, racontant ses péripéties, expliquait qu’il était vital d’être un minimum ambigu dans ses déclarations, faute de quoi vous êtes immédiatement catégorisé voire excommunié.
        Comme vous le relevez: Paul Jorion est un exemple, un maître, capable de continuer son chemin sur la corde raide, encore invité dans les médias, trouvant encore des éditeurs pour ses livres, évitant la mise à l’index par « decodex »… et pourtant, s’il livrait le fond de sa pensée, brut de décoffrage… alors…
        On va dire qu’il fait preuve d’un courage, habile, intelligent.
        D’autres que lui, plus radicaux dans la forme, mais pas moins valeureux, naviguent moins bien et finalement se trouvent moins entendus.
        A chacun son style donc, conservez le vôtre 😉

      2. @arkao, en complément…
        PJ sait aussi se servir de la diversité des tempéraments, la preuve !
        Et il ne s’en prive ni s’en cache 🙂

      3. @ Arkao, je ne refuse jamais une main tendue et j’ai déjà eu l’occasion de dire que je vous estime.
        Moi aussi j’ai toujours voté à gauche mais désormais je ne vote plus : j’ai passé l’âge de me faire prendre pour un con.
        Bien sûr votre position sur le réchauffement anthropique me paraît participer d’un mouvement terrifiant qui veut nous empêcher d’agir et inutile de continuer plus avant cette polémique entrain de devenir vaine ─ de fondre ?
        Par contre, un point de désaccord reste plus important entre nous : comment aborder les différends. Ce refus de toute polarisation est bienvenue pour des sujets secondaires mais à mes yeux pas pour des problèmes essentiels. Tel macron ou lepen : la polarisation n’existe qu’en apparence et pour moi elle doit exister entre ceux qui refusent ce choix néfaste et les autres. Il y a beaucoup de périodes dans l’Histoire où la polarisation devint inévitable.

  10. @ Jean-Luce Morlie,
    Dans ma jeunesse j’étais un « jeune mâle blanc » (catégorie « incommandable » selon un psy recruteur perspicace) et je me suis affronté à des « vieux mâles blancs dominants». Avec l’âge, j’ai rejoint le club auquel tu appartiens également et dans la même sous- catégorie : Vieux Mâle blanc, ratiocinateur, qui sait tout sur tout (et inversement) mais qui heureusement est résolument progressiste sur des positions radicales anticapitalistes.
    Sur le blog de Paul Jorion, cette espèce n’est pas en voie de disparition et elle pullule !

    Je fus donc surpris et déçu de découvrir tes positions sur le réchauffement climatique …
    Vas-tu devoir bientôt manger ton chapeau ?
    Je sais bien que non : tu veux douter de tout mais apparemment jamais de tes idées ─ exactement comme Arkao.
    Je veux remettre en exergue une citation qui résume tout.
    Tu écris le 22 juillet à 22h19 min (billet sur coup de Jarnac / Momentum) :
    « Le CO2 anthropique n’est pas responsable du changement climatique, le réchauffement augmente la quantité de CO2 dans l’atmosphère. Nous vivons une vaguelette de réchauffement comme il y en a d’autres depuis le petit âge glaciaire, dans une tendance au réchauffement qui débute sous Louis 14 [sic : ça fait cool d’écrire 14 comme le carbone ?]. »
    Il est difficile de résumer mieux le négationnisme « scientiste » le plus crétin qui sévit partout (avec affolement) sur tous les réseaux sociaux. En particulier utiliser une boucle de rétroaction pour l’établir en cause inversée. Bien sûr personne n’a jamais dit que le seul responsable soit anthropique, juste que la composante était devenue dominante sur toutes les autres. Personne n’a jamais nié les cycles : juste souligné que ladite vaguelette est soudaine, amplifiée et brutale. Mais inutile d’argumenter : tu es inaccessible au débat. Tu sais tout (y compris que l’on peut « couper » une centrale nucléaire … waw !)
    Je crois que la « vaguelette » va marquer les esprits et j’en profite merci à Cédric pour ce billet de synthèse.

    Au fond, à te lire, j’ai vraiment l’impression que malgré l’étendue de tes connaissances et champs d’expertise, tu as des lacunes sur ces domaines que tu évoques à longueur de commentaires. As-tu vraiment étudié, la physique, la chimie, la physique chimie et la thermodynamique ? Comment est-il possible de si peu savoir hiérarchiser les faits scientifiques discutés ? J’imagine que oui, puisque tu as tout approfondi.
    Quel dommage que tu te sois enfermé dans cette entreprise néfaste, tout comme Arkao. Un effet de l’âge ?

    Mais heureusement, le vent se lève : la jeunesse veut vivre ! Vos ratiocinations seront sans effets.

  11. Chères toutes, cher tous,

    Tout pareil que jeanpaulmichel

    Au vu de mon entourage lettré et éduqué et shoooooté au pétrole et son corrolaire le confort
    dernière action en date se sont les instalations de clim.

    Mes voeux de l’an 2000 se terminait par la citation de Jules Renard :

    « Le temps perdu ne se rattrape pas alors continuons de ne rien faire ».

    Du coup je me sent responsable ils ont pris mon message d’après fin du monde « 2000 oblige » au pied de la lettre, ils ne fonts toujours rien, Qui va au USA dans le Grand Canyon, Qui va en Nouvelle Zelande, qui va à Naples pour les moins riches (les loosers) et nous nous essayons de passer la frontière bretonne en douce pour Roscoff en Septembre, après Roscoff en juin.

    C’est pas grave on fera mieux (l’humanité) la prochaine fois.

    Avec toute ma tendresse, Pierre de la tribu des Queralt’s

  12. @ Jacques Seignan
    Raté votre prise de calmants du matin ? Une contrariété, comme glisser sur une peau de banane?

    D’ac, mon ironie est mal placée car ils sont coupables, surtout Arkao qui a fait rater le protocole de Kyoto. Pour Jean-luce, on comprend bien que votre bienveillance brouille votre jugement. Mais débarassée de ces oripeaux, votre mercuriale est sans appel. A juste titre, d’ailleurs, une faute de raisonnement aussi grave -la chaleur (du soleil) crée le CO2- est impardonnable.

    Maintenant, il faut agir et le choix est plutôt restreint.
    D’abord faut les déclarer ennemis de l’humanité, les priver du droit de mendier et les cantonner au plus aride du désert d’Atacama. Mais c’est encore trop bon.
    Je propose les 2 fusillés devant le front des troupes. Pour relever les âmes défaillantes, rien de mieux. Ou bien un saut à l’élastique de 280m, avec un élastique trop long naturellement.

    Je suis sûr que votre rage, ô combien justifiée, vous conseillera le meilleur….

      1. @ Michel Lambotte, exactement ce que j’essaye de dire… Dans des systèmes complexes avec boucle de rétroaction,s il est loisible d’en choisir une qui s’oppose la tendance générale. Donc nous sommes soumis à ce flot d’infos ramassées sur Net sans hiérarchisation ni au fond, fine compréhension. Cela dit je sais que vous pouvez me tacler en disant que vous êtes agrégé de physique…

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