« Auto-destitution » ?

Il y a onze jours exactement, au lendemain de l’audition de Robert Mueller devant deux commissions du Congrès américain, j’écrivais ceci :

Que va-t-il se passer maintenant ? Les rangs des parlementaires en faveur de la destitution du Président (impeachment) vont continuer de grossir lentement mais sûrement. Et Mme Pelosi, à la tête de la majorité Démocrate au Congrès, va continuer de répéter de son côté : « Laissons la justice avancer de son pas ! » Elle n’ajoutera pas « … ainsi que le contre-espionnage en parallèle », mais le petit pas-de-deux de MM. Schiff et Mueller hier fera peut-être que davantage de parlementaires auront compris son jeu subtil.

Je réagissais un peu plus tard, vous vous en souvenez, au fait qu’une partie de la presse – parfois même de bonne foi – avançait que lors de l’audition de Mueller, il ne s’était « rien passé ».

Ils étaient 95 parlementaires Démocrates en faveur de la destitution ce jour-là, ils sont aujourd’hui 118. Cela fait un peu plus de 2 par jour à se rallier, ce qui justifie je suppose mon « lentement mais sûrement ».

Mais un saut qualitatif a eu lieu car avec 118, c’est désormais une majorité des parlementaires Démocrates qui est en faveur de la destitution. Pas assez pour faire perdre son sang-froid à Mme Pelosi, laquelle a introduit un nouveau concept, celui de « self-impeachment », l’auto-destitution, que selon elle M. Trump ne tardera pas à réaliser, épargnant aux Démocrates les affres de leur propre guerre civile.

Avec, ces jours-ci un tueur fou mettant en pratique à El Paso, à la frontière mexicaine, le programme de M. Trump de débarrasser les États-Unis des Amérindiens originaires d’Amérique centrale, et la Bourse américaine – le seul baromètre fiable aux yeux de M. Trump – en très petite forme, en raison de sa politique commerciale de cowboy (contre l’avis de ses conseillers – mais il ne s’agit pas là d’une première), Mme Pelosi joue peut-être sur le velours !

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