Défaitisme : Une question que je me pose…

Ouvert aux commentaires.

Un mail que je viens de recevoir – venant s’ajouter à des dizaines de commentaires ici sur le Blog – m’oblige à me poser une question dont certains d’entre vous connaissent peut-être la réponse.

Devant le frémissement qui s’esquisse dans la bonne direction (par exemple, la Business Roundtable remettant en question le pouvoir absolu des actionnaires), un grand nombre d’entre vous réagissent de manière désabusée, cynique, en affichant un défaitisme de principe.

Pourquoi pas après tout (tous les goûts sont dans la nature) ? Mais il me semble que ces prises de position reflètent une lassitude, un climat dépressif, qui s’accommodent mal avec le comportement dynamique qu’implique le militantisme. Il me paraît paradoxal du coup que puissent exister – comme je le constate pourtant – une attitude désabusée, un cynisme, ou un défaitisme, militants.

Je ne vois aucun bénéfice évident – ni individuel, ni collectif – à nier systématiquement que les choses puissent aller mieux. Quelle est selon vous l’explication ?

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44 réflexions sur « Défaitisme : Une question que je me pose… »

  1. On s’attache à tout, à nos habitudes de pensées, même à nos dépressions, qui peuvent sembler un refuge plus confortable que de se remettre à bouger. L’espoir, comme le désespoir, ça se cultive ! Tout vient du type de graines de pensée que l’on entretient du soir au matin…

  2. Biais de confirmation? L’effort à été tel pour parvenir à accepter la possibilité d’un avenir sombre, que l’on n’envisage plus désormais que ce ne soit qu’une possibilité parmi d’autres, plus heureuses, moins malheureuses?

  3. Bonsoir, pour ma part je pense aux désillusions à répétition que nous avons subi suite aux feintes prises de conscience de tel ou tel organisme, politique ou autre groupe influent, plus ou moins proche des « puissants », intéressé par des votes, des faveurs… bref je pense à une méfiance généralisée. Franchement c’est dur de croire qu’un Dimon peut changer après ce à quoi il a participé avec tant de détermination… franchement…

  4. C’est que tout geste « positif » implique au moins un petit quelque chose de critiquable : une dépense énergétique ou un peu de plastique, etc.
    Notre mode d’action semble donc englué dans un monde d’éléments à impact négatifs.
    Peu d’entre nous ont l’occasion de réellement « restaurer » une « ressource ». Au mieux, on les dévie vers le moins pire.
    Laisser courir les choses comme elles sont peut alors paraitre comme le moins « casse-tête ».

    Pour avoir du positif, il faut être inclus dans un élément circulaire, en terme de savoir ou de savoir-faire (les « milieux associés » de Stiegler/Simondon ne sont pas très loin). J’ai laissé l’autre jour un message sur un autre fil disant comme Brice Couturier faisait appel à une psychologue (ou équiv, des USA) qui analysait que le meilleur impact écologique n’est pas en culpabilisant, mais en donnant l’occasion du positif (je vous la fais simple). Malheureusement, l’ami Couturier laissait ressortir au devant l’individualisme alors que le message de la psy en question pouvait plutôt s’interpréter comme une « acquisition de compétence », donc une inclusion dans un « commun circulaire » de savoir. Ces « communs circulaires » ne sont pas des meilleurs savoirs, mais des savoirs résilients à l’ignorance, avec retour d’expérience avant les grosses bêtises.

    Pour le timing précis de ce « militantisme du cynisme », les divagations idéologiques et opportunistes du Macron président et de son radeau LREM n’y sont pas pour rien. Le  » ni de droite ni de gauche », outre d’être de droite et presque à balles réelles, ne propose plus de « décoincer » grand’ chose.

  5. Environ 3/4 de l’énergie que nous consommons est d’origine fossile et cette consommation augmente. Où voyez vous que ça va mieux ? Après vous êtes peut-être dans le secret que le machin ITER va fonctionner ? Dans ce cas nous aurons toute l’énergie nécessaire pour nous en sortir, si nous faisons le choix d’arrêter d’ensevelir la planète sous les déchets (un des scénarios du rapport Meadows, vous vous souvenez ? )

  6. Il arrive qu’en faisant son bilan personnel de plusieurs décennies de militantisme on se rende compte que concrètement pas grand chose n’a changé (je ne vais pas faire la liste) et que pire la situation s’est aggravée.
    On peut dès lors comprendre des épisodes saisonniers de lassitude, d’amertume ou de cynisme.
    Se poser, se renfermer, se recroqueviller sous la couette, passer de longues heures à regarder les flammes danser dans la cheminée en caressant son chat pendant que dehors souffle la tempête. Et ne penser à rien. Se laisser sombrer dans le sommeil, paisiblement, sans se dire que peut-être il n’y aura pas de réveil.
    Ça ne vous arrive jamais ?

    1. « …. To die, to sleep,
      to sleep and perchance to dream  »
      Ambiguité de ce diptyque (rêve [mauvais] et mort, ou sommeil et [bon] rêve ).
      En appeler au sommeil pour une reconstruction qui ne marche pas dans la conscience.
      Laisser le corps parler, oui s’il ne se déphase que temporairement du réel…

  7. La définition de la folie, c’est de refaire toujours la même chose, et d’attendre des résultats différents.
    Albert Einstein

    Dit autrement, à force de fausses promesses et de vraies régressions sociales, nous avons maintenant suffisamment de recul pour savoir que la démocratie « représentative » ne fonctionne pas.

  8. un vieux proverbe : « ce à quoi l’on résiste, persiste ».
    En effet, c’est seulement à partir du moment où on commence à accepter les choses, qu’elles changent.

    Les guerres cessent fautes de combattant c’est aussi un autre proverbe !

    Individuellement et collectivement il y a un très long chemin à faire.
    Mais il n’y en a pas d’autres, accepter le fait qu’on soit dans la merde, c’est un premier pas pour s’en sortir
    !

  9. Tout ça a commencé en 83 pour les français, mais bien avant avec Thatcher, et Reagan.
    à l’époque nous n’imagions pas que ça n’irait qu’en s’empirant, nous gardions encore un espoir.
    La chute du mur, puis l’éclatement de l’URSS, et de la prise par les capitalistes, gros bonnets, de la Russie, où les gens on vu toute leur vie quotidienne se dégrader, plus d’URSS pour faire peur aux capitalistes qui ont pu être libre de tout faire à leur façon.

    Dès les années 70 certains ont commencé à penser au climat, mais nous étions tellement perçu comme (quoi d’ailleurs ?) des illuminés ? des hippies ?

    Après sont nés EELV : je n’ai jamais pu voter pour eux parce que avec le capitalisme, qui n’allait qu’en se glorifiant, s’enrichissant, et les EELV, qui de fait n’ont pas vraiment changé quand on voit leur tête de fil qui se glorifie, comme c’est la nouvelle mode : qu’il n’y plus de gauche ni de droite. Il y a d’ailleurs des désaccords profonds entre eux, rien de changé de ce point de vue. C’est une rigolade : comme si le climat n’allait pas avec une chute, ou à la rigueur, une refonte totale du capitalisme.

    L’arrêt de l’orientation actuelle de la montée en chaleur des étés, de la sécheresse (c’est d’ailleurs parlant quand on entend la météo se réjouir du soleil et chic il ne pleut pas encore cette semaine, alors que tout est sec, les champs, les campagnes, les animaux qui n’ont plus de quoi boire) n’a pas l’air dans la préoccupation première. les seules qu’ils aient est encore : enrichissons nous.

    Et le racisme sans complexe, on aurait presque le droit, la loi ne s’applique plus aux racistes (Zemmour et d’autres), ou la haine des homos dans les stades.

    Nous, les vieux ont a donné toute notre énergie… mais maintenant que pouvons nous faire ? signer des pétitions, cela me parait vain.

    Alors il y a quelques individus qui font autrement, et, nouveauté dans le paysage politique français ce sont des maires communistes qui s’impliquent le plus dans la bio et la protection de leur citoyens. Et ils font recettes : des maires de toutes tendances les imitent. Et la campagne de Ian Brossat c’est faite sur ces thèmes. C’est toujours le thème principal de leur discours, mais qui l’a entendu, compris ? En tout cas pas ici. Où on nous conseille de voter Gluksman ni droite ni gauche ! comme Macron. Ou mieux de voter Macron.

    Alors certes je vous crois sincères, pour la plupart ici, dont en particulier P. Jorion, mais vous n’allez pas au bout de la logique de votre raisonnement : c’est le capitalisme qu’il faut abattre et pour ça il faut s’unir à ceux qui le combattent.

  10. Deux remarques:
    1 / Je me rappelle l’étude d’une chercheuse canadienne (sociologue ) qui portait sur les films de Walt Disney de 1937 à 2000 et quelques. Elle avait constaté que la place de la nature dans les dessins animés diminuait au fil des années. Pour les jeunes dessinateurs elle occupait une place de moins en moins importante dans leur imaginaire. Une autre étude française je crois insistait sur le fait que les jeunes enfants ont besoin de vivre dans la nature des moments forts avec des gens qu’ils aiment pour l’aimer et la protéger. Faute de quoi concluait la chercheuse on pourra toujours parler d’écologie aux enfants, ils ne comprendront rien ou à peu près.

    2 / Un conseil : regarder la chaîne YouTube : « Partager C’est Sympa ». Vous y verrez et entendrez des jeunes gens ( garçons et filles ) qui font plaisir. Et qui savent qu’il dépasser la question de l’optimisme et du pessimisme… Il faut vivre et cela n’a jamais été une promenade tranquille ni un torrent de boue. Alors, vivons ensemble !

  11. C’est délicat car en général ceux qui viennent vous voir sur ce blog savent très bien l’ampleur des changements qu’il faut pour nous sauver et pour la survie de l’espèce. Il va donc de soi que des petites marches d’escalier montées ne les satisfait pas il préfère donc nier en bloc dans l’espoir que ça fasse tout changer d’un coup malheureusement nie les petites victoires grossi juste notre probable défaite,.
    Et vous savez c’est comme les enfants qui rajoute Devant leur père à leur malheur pour pouvoir se plaindre et montrer à tout le monde l’outrecuidance de cette vie.
    Malheureusement (Pour eux) vous n’êtes pas Dieu

  12. Pour moi, pas question d’optimisme ou de pessimisme, mais seulement d’essayer d’avancer dans la meilleure direction possible, là où on se trouve. A observer autour de moi, j’ai l’impression que la perception n’est pas la même d’une génération à l’autre. Les milléniums par exemple (que je ne suis pas) sont plus sensibles aux questions d’environnement, surtout s’ils fondent une famille avec enfants par exemple. Il est moralement pas très acceptable d’être défaitiste dans ces conditions. Pour moi, les plus âgées, surtout dans les pays européens où leur poids démographique est beaucoup plus important, porte une responsabilité importante, justement pour encourager les plus jeunes à ouvrir un chemin. Mais là on but peut-être aussi sur une difficulté de la société contemporaine, où par exemple, dans le travail, une sorte de rivalité est instaurée en jeunes et moins jeunes… encore un effet de cet mentalité de compétition mortifère entre individus….

  13. le principe de réalité vient parfois offenser les désirs profonds narcissiques.
    pour ma part, je préfère voir le verre à moitié plein plutôt que dans le fruit.

  14. Sur le défaitisme.
    Lorsque les discours nous répètent sans cesse que nous sommes au bord de l’effondrement ou de l’extinction, même si le but est de nous conscientiser, il est compréhensible que l’on finisse par perdre l’espoir et la force de se battre. Ces discours alarmants deviennent parfois contre-productifs. On connait la capacité performative du langage dans un sens comme dans l’autre, positif ou négatif. Alors, peut-être qu’il conviendrait d’essayer la méthode inverse en mettant l’accent sur les solutions, les pistes et les réalisations positives qui nous éviteraient le chaos final.

  15.  » Une civilisation évolue de l’agriculture au paradoxe. Entre ces deux extrémités se déroule le combat de la barbarie et de la névrose. »

    CIORAN

  16. Psychologie des foules?

    Pour la bourse
    Acheter quand tout le monde vend et vendre quand tout le monde achète

    pour reprendre l’image
    Espérer quand tout le monde s’alarme et alarmer quand tout le monde s’en fout

    Si cette vision des choses est juste, vous n’avez pas finit de recevoir des mails de militants désesperés.

  17. Il n’y a naturellement aucun « frémissement », que ce soit de la part la Business Roundtable ou de la part de M. Geoffroy Roux de Bézieux qui aux dernières universités d’été du MEDEF s’étrangle d’indignation devant les inégalités de nos sociétés :

    https://www.challenges.fr/economie/universite-d-ete-du-medef-2019-climat-inegalites-conflits-quel-capitalisme-demain_671192

    Il s’agit uniquement de dire à la populace ce qu’elle souhaite entendre afin que tout puisse continuer comme avant. Naturellement plus personne n’est dupe, mais comme il n’est pas possible de sortir du capitalisme autant faire semblant de croire qu’il est possible de le réformer. L’espoir fait vivre en attendant la mort n’est-il pas ?

    Comme d’habitude notre stupidité crasse nous empêche d’éviter la catastrophe et nous ne réagirons que lorsqu’il sera trop tard. Maintenant, comment en vouloir à une espèce qui aime sincèrement ses enfants, consent dans la plupart des cas de grands sacrifices pour eux, et qui pourtant détruit sciemment leur avenir ?

    En langage pipo-managériale cela s’écrit : Homo-sapiens a attend son seuil d’incompétence.

  18. Le poète René Char écrivait dans ses feuillets d’Hypnos :
    « Nous tombons je vous écris en cours de chute, c’est ainsi que j’éprouve l’état du monde »
    mais également

    « J’aime ces êtres tellement épris de ce que leur coeur imagine de liberté qu’ils s’immolent pour éviter au peu de liberté de mourir. Merveilleux mérite du peuple. »

    Hélas aujourd’hui comme hier, de trop nombreux êtres humains préfèrent « une sécurité précaire » à une véritable liberté

    1. « Pour répondre à votre question : de fait, ces derniers jours, le compte Twitter ThinkerView a bloqué un certain nombre, impossible à déterminer, de comptes Twitter, se réclamant souvent de la mouvance anarchiste, ou de la gauche la plus radicale. Mais d’autres personnes, suite à la publication de cet article, assurent également avoir été bloqués par le même compte, alors qu’ils ne disent ni anarchistes, ni de gauche radicale.

      Contacté par CheckNews, «Sky», le cofondateur de la chaîne, dont on entend la voix dans les interviews de la chaîne, mais qui a toujours refusé de dévoiler publiquement son identité ou son visage, confirme : «Oui, depuis quelques jours, notre community manager bloque systématiquement les comptes qui nous insultent, nous diffament ou colportent toute diffamation à notre égard, en likant ou retweetant des messages.»

      Je ne le dirai jamais assez : informez-vous !

      1. Donc Paul, vous n’effacez jamais les cookies si je comprends bien. Quand je sors de mon navigateur tous les cookies sont effacés donc je ne suis pas (trop) catalogué par twitter, youtube and co. Tous les accès sont possibles, aucun blocage, sur navigateur web, s’entend. Bien sûr si vous préférez les apps comme disait Jobs, vous êtes foutu. Bien sûr je dois souvent retaper mes mots de passe, mais c’est une toute petite nuisance, pour moi bien sûr. Et bien sûr je ne peux pas poster de commentaires si mon compte est bloqué sur tel ou tel site, c’est bien la règle qui permet aux créateurs de sites de faire un petit ménage. Après tout vous aussi bloquez des commentaires par la modération, non ? C’était pour informer, selon votre conseil ci-dessus.

      2. @Arnould Avec ou sans cookies bloquer le compte d’une personne sur Twitter ne l’empêchera pas de regarder les vidéos Youtube.
        Répondre à coté pour éviter l’erratum c’est quand même moyen comme attitude.

  19. Je voudrais d’abord faire un pas de côté, malgré l’immense intérêt que je porte à ma petite personne et savoir si je suis un défaitiste optimiste ou un militant pessimiste …
    Au-delà des mers la question du défaitisme se pose sans doute différemment : parle-t-on assez du monde, de la guerre au Yémen, de l’implosion du Venezuela, des guerres civiles partout ? (Sauf pour le Hirak algérien, grâce à François Leclerc, et de la Colombie et les pays d’Amérique latine grâce à Johan Leestemaker ─ je remercie les deux. )
    Pour illustrer mon propos je signale cet article paru dans un journal d’extrême gauche, Le Monde, sur l’Argentine et le FMI :
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/09/09/en-argentine-le-fmi-pensait-que-son-intervention-suffirait-a-rassurer-les-marches-c-est-tout-le-contraire-qui-s-est-passe_5508021_3232.html

    Je cite : « Le dogmatisme du Fonds monétaire international s’est révélé contre-productif avec un retour à la case départ : le contrôle des capitaux et les péronistes aux portes du pouvoir, explique dans sa chronique Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde »
    « La théorie néoclassique a semblé fonctionner avec le retour de la croissance dès 2017. Un feu de paille, en fait. La suppression des subventions a provoqué une inflation incontrôlable, début d’un effet domino dans lequel le FMI a une responsabilité à la fois en tant que préconisateur, puis en tant que prêteur. (…) Même si, dans le cas de l’Argentine, une attention plus grande a été apportée aux programmes sociaux, l’institution n’a pas réellement changé de logiciel. Une fois de plus, on a tenté de faire avaler dans la précipitation une potion amère à la population, (….). Encore une fois, le consensus de Washington s’est révélé contre-productif»
    On croirait lire du Jorion !
    Alors défaitistes les Argentins ? Aujourd’hui, ils sont dans la rue pour simplement demander à manger. Depuis le triomphe sans partage de la Religion féroce, nous sommes allés de défaites en défaites, de Reagan à Trump, de Thatcher à Bolsonaro.
    Nous n’avons pas le droit d’être défaitiste, ça je l’accorde, et nul combat ne peut être gagné s’il n’est engagé.
    Mais pour ce qui est du « frémissement dans la bonne direction », je pose que nous sommes trop dans le très court terme pour juger si l’hirondelle fera le printemps. Après tout on va voir d’ici un an pour des choses cruciales sur lesquelles nous n’avons absolument aucune prise : Brexit, destin de Trump (réélection ou prison), crise financière à venir ou non…

  20. Plus aucun changement ne viendra « d’en haut », il faut trop de compromissions pour être adoubé par le système et espérer rejoindre les cercles de pouvoir. Mais chacun a le pouvoir de changer sa vie, et on peut en tirer une certaine jouissance, celle de vaincre la peur de manquer, de n’être pas dans le coup, c’est la même joie qui nous irrigue lorsqu’on réussit à arrêter de fumer, ou a tenir un régime alimentaire, quel qu’il soit.
    Le capitalisme est basé sur l’optimisation maximale des profits. Si chacun, par petits pas (c’est parfois dur de résister mais c’est le prix à payer pour être libre), arrête de consommer, le système se bloque. On ne fabrique que les produits qui se vendent. Si chacun change, la société sera changée ! Ne pas se donner bonne conscience en signant des pétitions – ça ne coûte pas assez – mais agir modestement, et y trouver du plaisir, le seul moteur à l’action. Il faut peut-être pour cela relire les philosophes grecs…

    1. Bonjour, merci pour votre commentaire. C’est en effet de cette manière (en arrêtant la consommation) que je préfère agir. De plus il plus facile de nos jours d’acheter des produits recyclés (voir le succès des appli de vente style vinted pour les vêtements ou les commerces de dépôt-vente)

      1. Les Ah et les Oh d’admiration sur le succès des sites de vente d’objets d’occasion ou de partage me font sourire. Ces sites sabotent la croissance par dessous, peut-être un des rares signes positifs dont parle Paul ?

  21. Au risque de faire grincer quelques dents, je crois que l’on assiste surtout aux limites des effets réels de la pensée sur le déroulement et les choix.
    Nous ne manquons pas de cerveaux sur cette planète mais le système, (c’est à dire nous) préfère élire des Trump, des Salvini ou des Johnson et bien d’autres encore.

    Nous sommes encore dans un espace où nous pouvons réfléchir et penser à des solutions et la peur qui nous envahie est celle du fait que nous sentons que cela ne sera bientôt plus le cas.

    Peut-être faudrait-il tenter autre chose.
    Peut-être faut-il redéfinir ce qu’est l’intelligence. Car pour l’instant, c’est surtout annoncé et définit comme étant le fait d’inventer un nouveau moyen de faire beaucoup d’argent. C’est le modèle qui s’impose presque partout sur cette planète. La corruption permettant de ramener les brebis égarées dans le droit chemin sous peine de les priver de tout.
    Cette intelligence est même curieusement devenue artificielle.
    C’est à dire que toute tentative d’envisager une autre possibilité de faire autre chose que de l’argent peut dorénavant être qualifiée de bêtise ou d’absurdité. Trop fort…!

    Il ne vous ai pas paru curieux que tout ce qui n’est pas numérisable soit devenu obsolète…?
    Les pays dit « démocratiques » n’ont plus peur de la pensée des individus, ils savent la manipuler, la contourner et la mettre en défaut lorsqu’elle tente de trop se défendre. Les chiens aboient et la caravane passe…..tranquillement.

    Il faudrait qu’une part (même petite) des budgets de nombreux pays soit attribuée à créer des systèmes différents, autres, et que celui qui semble le plus efficace ou porteur d’avenir puisse émerger. Sauf que sur chaque euros aujourd’hui, le système attend sa rente rendant impossible une autre voie.

    Dès lors, sortons le Champagne et faisons la fête jusqu’au bouquet final…! Youpi..!

  22. « Je ne vois aucun bénéfice évident – ni individuel, ni collectif – à nier systématiquement que les choses puissent aller mieux. Quelle est selon vous l’explication ? »

    Ça c’est tout à fait évident. Il n’y a aucune possibilité d’être efficace en étant dépressif.
    Mais on ne choisi pas d’être dépressif.
    Ca vous tombe sur la gueule, ca vous écrase, ca vous annihile. Les chantres du wellness peuvent toujours te donner des sentences culpabilisantes qui vous enfonce encore un peu plus. Il est clair que quand on est au coeur d’une authentique dépression, on a besoin d’aides actives, bienveillantes et formées. Force est de constater que ce n’est pas facile à trouver.
    En tout cas, au coeur du combat politique radical, il ne semble pas y avoir de place ou de temps (les seules 4 dimensions dont il me faut espérer qu’il en existe d’autres) pour cela.
    Peut-être est-ce parce que Clément était un copain. Peut-être est-ce parce que Rémi était à proximité lorsqu’il reçut le fatal TNT. Peut-être est-ce à cause des 11000 grenades, hectolitres de lacrymo, gaz incapacitants, LBD, les milliers d’insultes, menacés, coups de pressions, lâchage, traîtrise, incompréhensions qui ont écrasé nos rêves en actes.
    Peut-être est-ce la certitude que nous sommes partis pour nous fourre sur la margoulette comme disait Léo.
    Peut-être sont-ce des blessures précédentes.
    Peut-être sont-ce mes propres insuffisances.
    Peut-être est-ce un peu tout cela et plein d’autres choses encore.

  23. Occupé à couper des oignons dans la cuisine du bateau pendant la tempête, on jette quand on peut un oeil dehors, peut-être que ça va mieux, ou pas, en attendant reste des oignons à couper…

  24. Le bénéfice évident de n’avoir aucun espoir est de n’être jamais déçu. Tout simplement.

    Maintenant, plutôt que de s’affairer à combattre de toute ses forces l’adversaire ou d’attendre un quelconque revirement heureux de sa part, peut-être faudrait-il s’inspirer d’arts martiaux tels que le judo ou encore l’aikido, et se contenter d’accompagner l’adversaire dans sa propre chute. Le drame, c’est qu’on sait très exactement comment faire cela, mais qu’il y a résolument peu de monde pour vouloir le faire, et ceux qui le font sont désignés par la vindicte populaire comme marginaux. La société a manifestement ce qu’elle mérite.

    1. @Dissonance
      … l’aïkido a ma préférence.
      Avec une certaine tournure d’esprit, les faibles aïkidokas utilisent la force, la puissance, l’énergie de leurs agresseurs…
      utilisation gagnante !
      (alors que les gagnants judokas sont plus tôt du genre balaises: catégorie nécessaires, ce qui n’est pas le cas en aïkido)
      Cette tournure d’esprit n’est pas trop difficile à acquérir, il faut surtout se défaire de l’idée rabâchée que c’est toujours le plus fort qui l’emporte.
      Ceci, tant au niveau individuel que collectif.

      Du coup, le slogan « l’union fait la force » devient obsolète, ce qui devrait rendre optimiste !

      1. @adoque

        Je ne suis pas sur qu’il n’y ait pas de catégories en aïkido pour les raisons que vous dites. Je pencherai plutôt pour l’idée que le judo est passé d’art martial à sport de compétition, tandis que l’aïkido non. Quoi qu’il en soit, pour avoir pratiqué le judo plusieurs années durant, je peux vous assurer que le principe d’utiliser la force de son adversaire contre lui est également un fondement de cette pratique, même si ce n’est pas très net dans les images qui passent à la télé.

    2. @Dissonance
      « … la force de son adversaire contre lui … »
      Certes… la nuance, c’est qu’en aïkido, la force n’est pas utilisée « contre lui », mais « pour » lui, car il va sentir, donc comprendre, que son agressivité n’est pas de mise puisque finalement, c’est lui qui en pâtit.

      « Utilisation gagnante »… pour les deux. Cependant, il n’est pas impossible que l’agresseur mette du temps pour comprendre 😉
      ce qui nous ramène au vif du sujet, en se donnant la peine de transposer !

  25. Les choses ne pourront pas changer sans un changement radical de paradigme. Ceux qui auraient le pouvoir de provoquer le changement sont les “gagnants “ du système actuel et n’ont donc aucun intérêt à changer. Le changement ne pourra avoir lieu que par une révolution radicale ou une catastrophe planétaire d’envergure.

  26. Défaite victorieuse ( Ils perdent toutes les batailles sauf la dernière et gagnent la guerre)
    https://www.pauljorion.com/blog/2019/09/12/boris-johnson-en-prison/

    Le malheureux Boris de Pfeffel en prison?
    Réponse de son journal fétiche et fidèle soutien « The Telegraph »:

    « Tout se déroule selon les prévisions: une fois Boris en prison, il ne pourra plus demander une extension de l’article 50. »

    https://www.telegraph.co.uk/news/2019/09/02/matt-cartoons-september-2019/

    Dans son soutien aveugle à Boris, l’ensemble des articles politiques de ce journal sont marqués par l’absurdité des réflexions. Un cas exemplaire de désinformation. J’espère que Matt n’est pas dupe.

  27. Ce militantisme dépressif c’est celui du co-détenu de Papillon qui n’a plus la force de s’évader, qui n’a plus la force de réver de s’évader.
    Il faut une nuée de Papillons et mon cher PJ vous êtes un joli spécimen.
    Les amis du blog de PJ doivent continuer à réver : c’est contagieux !

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