32 réflexions sur « Question de vie quotidienne : Le conditionnement des médicaments »

  1. Déjà ça :
    Le conditionnement a pour vocation de protéger le médicament contre les chocs, la lumière, les écarts de température , lui conservant ainsi sa meilleure efficacité .

  2. Je n’ai jamais travaillé dans le secteur pharmaceutiques, mais quelques explications plausibles:
    – prévenir la surconsommation et les accidents (avaler toute la boite en une seule fois).
    – garder le controle sur la chaine de production par l’emballage: pas d’infections, d’influences externes (lumière, humidité) ou de manipulations externes.
    – garder le controle sur les patients afin qu’ils reviennent plus souvent chez le médecin et/ou le pharmacien. Mais ça c’est une supposition 😉
    – gagner du temps en pharmacie: manipulation de boites et non de vrac. L’offre étant trop grande pour tout mettre en vrac.
    – permettre de fournir suffisament d’informations sur l’emballage: pour des raisons réglementaires de sécurité et d’information (https://fr.wikipedia.org/wiki/Emballage_des_m%C3%A9dicaments) , mais aussi à des fins commerciales: pour le fabriquant, c’est un moyen de se distinguer.

  3. Vous êtes marrant quand vous êtes faussement naïf 😀
    Un effet pervers de la sécu bien sûr, des produits surpackagés vendus plus cher par les labos, pourquoi pas vu qu’on peut payer !
    Faire comme aux states serait préférable ce n’est pas si courant.
    Suite à votre vidéo nos intègres et courageuses ministres de l’écologie et de la santé vont s’empresser d’imposer aux labos un alignement sur les US pour le packaging et les tarifs.
    America great again !

    1. « Un effet pervers de la sécu »
      La sécu c’est (c’était) la gratuité des soins. Une avancée considérable.
      Sauf que on avait pas compté sur un effet vraiment pervers, la boulimie du secteur privé pour le profit.
      N’inversez donc pas les perversions.

    2. qui fabrique les médicaments ? …60 % à 80 % des matières actives à usage pharmaceutique sont fabriquées dans des pays tiers à l’Union européenne, principalement en Inde et en Asie, contre 20 % il y a trente ans…
      qui possèdent les labos ? pourquoi ne pas créer des labos publics (déjà utiliser l’HP) APRES ces questions peuvent venir celles du conditionnement et l’attribution de l’AMM, des conditions de financement par la Sécu, elle devrait jouer un rôle sur ces questions : c’est elle qui paie, c’est nous qui payons.

      (La loi du 13 août 2004 relative à l’assurance maladie a d’ailleurs rendu obligatoire la présentation sous un conditionnement approprié des spécialités susceptibles d’être remboursées.
      La loi de financement de la sécurité sociale pour 2008 a prévu que le pharmacien
      délivre de grands conditionnements, quand ils existent, pour les traitements dont la durée prescrite est d’au moins trois mois)

  4. D’abord le conditionnement en 28 pilules n’a pas de sens : les mois ont 30 voire 31, donc il faut renouveler durant le mois… avec un décalage d’au moins 2 jours par mois !

    En Asie aussi c’est individuel : ce qui est sensé. Je l’ai vu en Chine, Thaïlande, Vietnam.

    quant au pourquoi en France comme ça je ne sais pas.
    Déchets énormes de boites et autres plaquettes en alu et autre qu’on ne sait pas dans quelle tri mettre : ce qui va bruler ? ou dans la boite de tri plastique etc ?

  5. On sait maintenant que les vendeurs d’eau en bouteille, fabriquent des bouteilles pas de l’eau. Un parallèle avec les médicaments peut-être pas directement, mais on sait que le « packaging  » a une forte influence sur la consommation de tel ou tel produit, et pourquoi pas sur les médicaments ? Il suffit de passer dans la loi les textes obligeant ce type de conditionnement et on peut ainsi jouer sur l’aspect de manière légale.
    On sait aussi que la meilleure médecine est de nature préventive.
    A titre personnel la vue de ces emballages me rend plutôt malade.

  6. Que fait le pharmacien US quand vous avez trois ou quatre médicaments à prendre à des heures différentes, par exemple avant, pendant ou entre les repas, et seulement certains jours de la semaine, par exemple, tous les jours, un jour sur deux, etc. ?

      1. Je n’ai jamais douté que chaque patient s’organise.
        D’après vous, le pharmacien US vous renvoie vers Amazone !

      2. Le système américain, de stockage des traitements médicamenteux à usage personnel , me semble plus pratique et plus économique à priori. Surtout si les médicaments sont délivrés en cohérence avec le traitement concerné.
        Plus écolo ? Peut-être existe -t’il des flacons en plastique recyclé adaptés au stockage des médicaments ? Ou bien des flacons en verre comme ceux utilisé en phytothérapie ? Les boîtes contiennent plus de notices indigestes (une fois les recommandations utiles délivrées à raison, mais bon en 4 ou 5 langues étrangères merci pour le « papyrus »)… que de cachets.
        Un peu lourdissime toussa, toussa, à l’heure du « dématérialisé »…
        Certains fabricants sont plus ingénieux et ont déjà commencé à « réduire la voilure », question papier alu et volume des contenants, à raison.

  7. Bonjour
    Il y a plusieurs éléments de réponse.
    Le conditionnement varie en fonction de la méthode de conservation du produit, bien sûr.
    Mais la mise sous blister avec feuille d’aluminium avait été favorisée pour aider une entreprise spécialisée dans ces techniques ( il me semble que c’était SIDEL,mais sans garantie)
    Cependant il y a des particularités en France, car les pharmaciens n’ont pas le droit de déconditionner et de mettre le nombre exact d’unités prescrites par le médecin. On ajuste ainsi au nombre de boîtes supérieur le plus proche. L’intérêt des patients et de l’assurance maladie ne s’y retrouve pas. D’autres intérêts y gagnent.
    De plus la possibilité d’ajuster au nombre exact améliorerait l’observance car elle permettrait au patient de savoir si il a bien pris son traitement, et au médecin de vérifier éventuellement. Le déconditionnement est pourtant accepté dans les hôpitaux et cliniques, avec des boites e grande contenance gardées dans la pharmacie de l’établissement. Il n’y a donc pas de risque de toxicité par ingestion massive.
    Enfin le (boisage) me semble être à la discrétion des laboratoires dont la vocation écologique est improbable.
    Les conditionnements à 7, 24 ou 28 unités sont liés à la mise sur le marché de médicaments contre l’ulcère gastrique qui étaient d’une durée de 28, 42 ou 56 jours. Des technocrates géniaux ont ensuite décidé que tous les mois de l’année avaient 28 jours,y compris quand on avait des problèmes autres que digestifs!
    Je m’arrête là car là j’ai vu beaucoup trop d’imbécillités de ce genre dans ma carrière de médecin, et je serai trop long.
    (Plus de détails sur demande!)

  8. Dans la mesure où les progrès de la productivité font que d’ores et déjà une grande partie des métiers que nous pratiquons sont plus punitifs que productifs (on pourrait faire la même chose plus efficacement autrement) comme vous le relevez déjà souvent, écartons donc la problématique du coût du travail de notre réflexion. De toutes façons, entre manutention en officine et manutention en transport, la balance n’est pas évidente.

    Sur le plan de la pollution par des matières à recyclés nous sommes clairement perdants. Alors pourquoi s’embêter avec de telles emballages ?
    1°) Peut-être que cela permet d’identifier plus efficacement les quantités consommées ? Ai-je pris 36 ou 42 de ces pilules ? Avec une plaquette à emballage individualisé vous pouvez éviter de recompter les 180 ou 174 pilules restantes pour obtenir la réponse.
    2°) Les pilules étant emballées séparément elles ne rentrent en contact avec l’environnement que durant le bref instant qui sépare leur déballage de leur utilisation. Avantages :
    2.1°) On limite la pollution de l’environnement par des produits chimiques généralement tout aussi toxiques que ceux de lubrizol.
    2.2°) On limite la pollution des médicaments par des composants extérieurs ;
    2.2.1°) en particulier des êtres vivants qui pourraient apprécier les excipients ;
    2.2.2°) ou des réactions à la cinétiques lentes (par exemple oxydation des matières actives d’un solide -> diffusion faible).
    Du coup, les médicaments se conservent mieux. Et ne serait-ce les DLUO inscrites dessus, ils peuvent souvent se consommer de très nombreuses années après leur mise sur le marché. J’ai le souvenir d’un médecin donnant, à son grand effarement, une boîte de médicament à mon épouse périmée depuis plus de dix ans.
    3°) Un médicament est toujours parfaitement identifiable grâce à son emballage. Pas de confusion possible (échange avec une autre pilule présentant quelque similitude).
    4°) En évitant contaminations et mélanges ainsi, il fut un temps ou non médicaments non utilisés étaient recyclés par des associations de pharmaciens à destination de populations moins outrageusement favorisées.

      1. Yogi Bhajan « Nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle; nous sommes des êtres spirituels vivant une expérience humaine. »
        …Paul, je vous aime beaucoup et je vous lis (presque) tous les jours mais
        Là…Je vous laisse à vos questions existentielles à propos du packaging de vos blister…
        Business is business…
        Les affaires sont les affaires…

        Sinon je vous propose de visionner le film Knock très rigolo
        http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=248962.html
        Après vous pouvez surfer sur:
        https://www.compagnie-des-sens.fr/huiles-essentielles/
        ou encore
        https://www.ayurvedaalasource.com/
        et en finale…Vous mettre définitivement en accord avec « Nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle; nous sommes des êtres spirituels vivant une expérience humaine. »
        Ps ; Quand vous passez à Bxl, je vous renouvelle ma proposition de venir chez moi manger des frites ( mdr)

      2. Vous êtes très gentille mais vous n’avez pas plutôt des croquettes aux crevettes ou un toast aux champignons (on trouve des frites en France, bien que le sujet d’un de mes prochains billets « Vie quotidienne » sera : « Pourquoi les restaurants français (honorables) se fichent-ils de savoir s’ils servent de bonnes frites ou des frites absolument immangeables ? »).

  9. J’ai un peu le sentiment que ces 2 façons de faire (US vs EU) reflètent dans ce domaine comme dans d’autres la tendance à considérer, au nord-ouest de l’Atlantique, que c’est au consommateur de savoir ce qu’il fait et de gérer le risque lui-même (dans une certaine mesure évidemment), alors que l’approche EU serait plutôt de type préventif , prêtant le flanc à des critiques du type  » on infantilise les gens ». Une amie ayant vécu près de 10 ans au US me décrivait un phénomène similaire par rapport à la publicité au crédit à la consommation et ses garde-fous (ou son absence de garde-fous aux US , en l’occurence ). En Belgique par exemple, les médias diffusant des publicités pour des offres de crédit sont tenus de diffuser également les mentions légales relatives au surendettement (« emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent », etc.), et les organismes de prêt agréés son très encadrés, Elle était elle-même surprise de voir comment les pouvoirs publics « surprotégaient » les citoyens, selon ses propres mots. Le reflet d’une approche différente de la liberté/responsabilité individuelle, en somme…

  10. On pourrait argumenter que les embalages volumineux, difficiles à ouvrir et surchargés d’inscriptions multicolores et souvent en relief participent à l’effet placebo (mais pourtant les médicaments homéopathiques sont vendu dans des embalages réduits au strict minimum.)

    Si le Médiator avait été remis à ses victimes dans un embalage neutre, Servier pourrait plaider que ce n’est pas son produit qui a été utilisé par les plaignants du procé en cours. Par ailleurs on peut imaginer que certains pharmaciens des États Unis ou d’ailleurs ne se privent pas de remplacer les pilules coûteuses par des imitations ne contenant aucun principe actif (l’Organisation mondiale de la santé estime qu’environ 50% des médicaments vendus sur Internet sont des médicaments falsifiés, contrefaits ou non autorisés.)

    1.  » on peut imaginer que certains pharmaciens des États Unis… »

      Pour les Etats-Unis, je suis sceptique : les pharmacies sont essentiellement des chaînes à l’échelle nationale.

  11. Quelques prix au kilogramme :

    Satellites et spatial en général : 30 000 à 300 000 € / kg
    Drogue illicite (Cocaïne) : 50 000 à 75 000 € / kg
    Drogue illicite (Cannabis) : 3 000 à 25 000 € / kg
    Avion de combat Rafale : ~10 000 € / kg
    Médicaments licites hors « paramédical » : 1 000 à 15 000 € / kg
    Smartphones et informatique : 200 à 2 000 € / kg
    Avion civil Airbus A380 : ~416 € / kg
    Véhicule automobile moyen : 12 à 30 € / kg

    Ce classement inattendu fait bien voir quels sont les secteurs de croissance prévisibles dans une économie contrainte par les coûts de transports. On voit que les médicaments sont très bien placés, surtout si l’on tient compte du fait qu’il s’agit de marchés de masse mondiaux, que leur consommation est régulière, récurrente, souvent obligatoire, et souvent remboursée, même quand il s’agit de produits à l’efficacité douteuse, voire même franchement nocifs (cf Mediator et autres)…

    A part pour l’industrie spatiale (pour l’instant !), les prix au kilogramme sont fortement corrélés avec l’opacité des financements du secteur, ainsi que le degré de capture de la régulation publique, de corruption et de criminalité qu’on y constate.

    Quant aux conditionnements des médicaments, ils ont parfois, ou souvent, une logique technique, mais qui semble de toute façon anecdotique par rapport à la logique du secteur pharmaceutique dans son ensemble. Il s’agit, pour toute société d’ambition démocratique, d’un pan massif et critique de l’économie. Un pan à problèmes, de toute évidence…

    1. Soyons sérieux, Paul : un truc qui vaut 15 000 €/kg, ou plus, on ne le met pas dans un vieux flacon à l’étiquette mitée ! Surtout si ceux qui vous l’ont vendu vous ont bien fait comprendre que ce n’est pas si cher, finalement, puisque c’est le seul moyen de prolonger un peu votre vie…(*)

      On le met plutôt sur un coussin en velours rouge, avec un galon doré, sous un couvercle en cristal, comme un parfum précieux (qui vaut d’ailleurs bien moins cher au kilo) !

      (*) Novartis vient de mettre sur le marché le Zolgensma, à 2,25 millions de dollars pour une injection unique qui sauve la vie de certains bébés souffrant d’une maladie génétique rare, l’amyotrophie spinale. C’est moins cher que le produit du concurrent Biogen, le Spinraza, qui doit être administré tous les 4 mois, toute la vie, à 375 000 dollars par an (750 000 dollars la première année).

      La concurrence a du bon, quand même, hein !

  12. Votre conditionnement d’une plaquette avec 7 cp me fait penser à un traitement où le jour de la semaine est indiqué de l’autre côté du blister, je me trompe ?
    Il est question dans certains commentaires d’une « surprotection » du consommateur mais il me semble qu’il ne faut pas oublier que l’essentiel de la consommation des médicaments est le fait de personnes d’un certain âge pas toujours très attentives. Les piluliers, utilisés aussi en France, pourraient permettre de ne pas se tromper dans la prise des médicaments mais ceci suppose effectivement de déconditionner les médicaments (interdit aux pharmaciens comme rappelé par un autre commentateur) et puis quelles conditions d’hygiène pour manipuler les cp, quelles conditions de conservation ? Vous seriez étonné par le nombre de personnes qui ne connaissent pas le nom de leurs médicaments (pour l’hypertension, le diabète ou autre maladie chronique), parole de médecin… Le fait de disposer de boîtes bien identifiables est censé limiter le risque d’erreur… c’est une des hypothèses que je formule.

  13. Un ami qui travaille dans le milieu des médicaments me glisse à l’oreille :
    La lutte contre la falsification des médicaments est d’actualité en Europe. Touts les boîtes délivrées ont un numéro unique stocké dans une base, le pharmacien lorsqu’il délivre doit s’assurer que le produit n’est pas falsifié grâce à ce numéro, la boîte est elle même protégée contre l’ouverture.
    https://www.france-mvo.fr/
    La réglementation est devenue très contraignante mais protège le patient.
    Comment faire la même chose avec des comprimés en vrac distribués dans des flacons par le pharmacien ?

  14. Si ça peut vous intéresser je viens de comprendre pourquoi les oiseaux que je nourris devant la fenêtre de ma chambre faisait tomber plein de graines c’était vexant en plus en ricanant 😀
    en fait ils préfèrent les manger quand elles sont en train de germer ! Bien gonflé 🙂

    1. Et en plus ils ( hirondelles des fenêtres et autres à huppés) font ça pour les plus grosses espèces comme un magnifique couple de pigeon couleur ivoire joliment parés venu de je ne sais où ! Je suis sûre qu’il y a une société de pigeons dans les villes je suis sûre qu’il y a une société de pigeons méconnu dans les villes 😛
      C’est complètement hors sujet désolé

  15. Le problème de la taille de la boite viens en partie des mentions mises dessus certaines obligatoires d’autres indicatives du laboratoire à chaque médicament, plus de pouvoir écrire dessus un rappel de la posologie par le pharmacien, plus de pouvoir y glisser une notice là aussi obligatoire qui parfois à une taille significative malgré des petits caractères ou parfois justement des plus gros pour les personnes âgées pour être plus lisible. Enfin ça et le reste vu plus haut : une successions de bonnes intentions au départ pour en arriver à une aberration.

  16. Bonjour,
    Malgré ce gaspillage éhonté, le conditionnement des médicaments par plaquette plutôt qu’en flacon vrac améliore la sécurité des patients notamment en évitant les surdoses par ingestion massive. Cf ces articles et d’autres de la revue médicale indépendante Prescrire, que l’on ne peut certainement pas accuser d’être à la solde des labos!
    https://www.prescrire.org/fr/3/31/23552/0/NewsDetails.aspx
    https://www.prescrire.org/fr/3/31/55018/0/NewsDetails.aspx

  17. Cette question de vie quotidienne a donné lieu à la question écrite n° 22742
    de M. Jean-Claude Lenoir (Orne – Les Républicains)
    publiée dans le JO Sénat du 14/07/2016 – page 3156 au Sénat.
    https://www.senat.fr/questions/base/2016/qSEQ160722742.html
    Question qui a été suivie d’effet.
    https://presse.inserm.fr/les-benefices-de-la-vente-dantibiotiques-a-lunite/29613/
    L’étude elle même, pour les anglophones, est là :
    https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0184420

Les commentaires sont fermés.