Le « politiquement correct » n’est pas une invention US

Ouvert aux commentaires.

Une des nombreuses organisations afro-américaines dont je reçois la newsletter me demande mon soutien ce soir parce qu’un film nigérian ne pourra se qualifier pour l’Oscar du film étranger du fait qu’un comité obnubilé par le « politiquement correct » a jugé qu’on y parle trop … l’anglais (une des langues officielles du Nigéria – même s’il s’agit bien entendu d’un héritage du colonialisme).

Notre vie est parasitée par ce nouveau puritanisme censé redresser une myriade de torts passés, certains pleinement justifiés, d’autres, largement partagés (voir le pataquès de la manifestation de dimanche : « Stop à l’islamophobie »). Quand nous réconcilierons-nous avec l’idée que l’Histoire du genre humain n’a jamais été un fleuve tranquille, mais un champ de bataille permanent ?

Cela m’a fait penser au fait que je rends visite demain à l’une de mes filles habitant les Côtes-d’Armor – que je persiste à appeler spontanément « Côtes-du-Nord » pour y avoir passé les étés paradisiaques de mon enfance.

Les  Côtes-du-Nord sont devenues Côtes-d’Armor en 1990. La Seine-inférieure est devenue Seine Maritime en 1955. La Loire inférieure est devenue Loire Atlantique en 1957.

Non, le politiquement correct, et ses ravages, ne sont pas, commodément pour nous, un délire venu d’Outre-Atlantique !

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13 réflexions sur « Le « politiquement correct » n’est pas une invention US »

  1. Par contre, ce parangon de « politiquement correct » qu’est l’écriture « inclusive », capable à elle seule de brouiller n’importe quel message, est toujours bien vue sur ce site…

    Voir à ce propos le comique (dans la forme, pas du tout dans le fond !) message de Pierre J, qui nous invente des «d’autres commentateur.e.s» (une commentatrice, c’est ringard ?), des «un.e travailleur.e» (une travailleuse, ça le fait pas ?) ou un «ayant épuisé.e» totalement hors de propos…

    Insultes, sarcasmes et malédictions bienvenues, comme d’habitude.

    1. Pas de ma part ! Il s’agit d’une destruction délibérée de la langue, autre ravage du « politiquement correct » !

      P.S. Excusez-moi, j’ai vécu 12 ans en Californie : j’ai beaucoup souffert ! (En plus, c’est ma copine de l’époque [1975], avec deux autres amies très chères, je dis ça très sincèrement [Jane et Sarah] qui ont créé le groupe de « féminisme radical » à Cambridge dans les années 1975, pratiquant la politique du bulldozer en la matière avec une absence du sens des nuances dont l’Histoire se souviendra 😉 ). J’ai été de tous les combats !

    2. Serait-ce tout autant « comique » si le message avez pris un ton plus « présidentialiste » en citant comme à chaque « grand discours » très « politiquement correct » ; d’autres commentateurs et commentatrices, un travailleur et une travailleuse, ou ayant épuisé pour lui ses droits, et pareillement pour elle, étant épuisée de constater qu’elle n’a plus, jusqu’aux deniers filets de sécurité de la solidarité, fraternité, principe d’égalité, nationale…?

      1. Non, bien sûr. Ça participe du même mécanisme : une incompréhension profonde du caractère arbitraire des signes de la langue, et plus spécifiquement de leur genre pour les langues qui en disposent.

        D’ailleurs, je m’attends à ce que ce mouvement se poursuive : un jour, quelque génie germanopratin, réalisant qu’en allemand le soleil est féminin, et la lune, masculin, criera à l’insupportable discrimination du français et nous proposera sans doute quelque chose comme «Un|une soleil resplendissant{e} brille sur le|la campagne verdoyant{e}»…

      2. @ Didier, encore un combat perdu…
        Vous parlez du soleil et de la lune, on pourrait ajouter les animaux. Quelle injustice leur est faite dans notre langue !
        Où sont ainsi les mâles des girafes, des baleines ou des pies ?
        Le français utilise souvent le « e » final » pour marquer le féminin (cf. le malaise, zut…) alors voici une solution pour améliorer : supprimer ce « e » et dire le balein, le giraf ou le pi …
        De plus dans nos armées désormais il y a mixité et une soldate peut être un soir une sentinelle. Mais pense-t-on au trauma du soldat qui doit servir comme sentinelle, à sa masculinité niée ! Alors là aussi ma solution : dire le sentinel.

    3. La Loire inférieure, c’est le cours aval d’un fleuve avec saumons, la Loire Atlantique subit les marées jusqu’à Ancenis et bientôt St Florent avec un courant qui a doublé de vitesse en 50 ans.. bref, la Loire ne ressemble plus à rien et le changement de nom à permis à des incompétents de transformer un fleuve en aberration.

  2. Bonjour,
    Juste en passant dans votre club privé ( « Chez Jorion » entrée 4 Euros mini.)…
    Où l’on constate que les rares débats d’accès gratuits, n’ont désormais pas plus de succès que ceux à 4 Euros!
    Il y a juste un ou deux débatteurs de plus et quels débatteurs!
    Vaste réussite vraiment!
    Les penseurs à 4 Euros seraient ils donc économes en matière grise?
    C’est tout un art, à gauche, de tronçonner les branches maîtresses une fois qu’on s’y est installé!
    Mais ce n’est pas comme si l’inspirateur du changement était l’oracle qui a vu arriver la crise des subprimes!
    A moins qu’il soit seulement mal conseillé…
    Oui, oui, je m’en vais…
    Eric.

    1. Tant de bile finira par être mauvais pour votre santé. Comme l’a expliqué quelqu’un d’autre : 4€ mensuel (moins qu’un numéro de L’Obs), c’est une participation aux frais, essentiellement au maintien d’une archive contenant 33k billets et ½ million de commentaires. 4€, ça ne mérite pas un tel fromage : une théorie complète de ma supposée conversion au capitalisme : gardez le sens des proportions svp.

      Et si la qualité des débats vous semble avoir baissé, au lieu de l’attribuer au 4€, faites plutôt comme Trump : venez nous expliquer que c’est parce que votre génie fait désormais défaut.

      Prenez alors la mesure qui s’impose : revenez participer !

  3. Didier
    9 novembre 2019 à 23 h 57 min

    Il semble qu’il y a autre chose qui « participe du même mécanisme : une incompréhension profonde du caractère arbitraire des signes de la langue, et plus spécifiquement de leur genre pour les langues qui en disposent. »

    C’est la façon dont la société autant que les individus, est invitée et sont conviés, à interpréter le caractère formel ou informel d’une communication, d’un texte, du message (« présidentialiste » par exemple, officiel quoi, ou officieux)… Je dirais qu’il y a même plusieurs « genres » (presse écrite, « réseaux sociaux », courriers officiels – politiques, syndicaux, administratifs, et lettre de motivation, adresse à une administration, etc – communications orales, etc) dans la façon de partager un langage commun, avec ses règles codes, etc… s’arrangeant en Français, avec la « simplification » du dilemme dans le choix du genre dominant (masculin).

    « L’incompréhension profonde du caractère arbitraire des signes de la langue… » vient d’autant de l’évolution que certaines communications privées, personnelles, informelles, ou publiques, officielles, disposent (« disruptent ») à leur manière des règles communes (de genres) dont elles contestent l’aspect patriarcal et paternaliste par exemple… qu’il est mélangé, amalgamé, inter-changé, ou en tout cas mal interprété, le caractère informel, personnel, d’une communication et de qui (ou quoi) la partage, l’émet. Mais de la à résumer la « disruption » langagière, à la remise en question du pourquoi dans certaines langues, l’objet soleil est genré au féminin et pas en France… n’est-ce pas rajouter de l’incompréhension, à l’incompréhension du genre masculin dominant dans la langue Française, pour que finissent par ne plus s’exprimer, ou plus difficilement en tout cas, officiellement, comme communément, des inégalités, discriminations, etc… ?

  4. Bonjour Mr Jorion,

    Vous avez raison, j’ai une certaine tendance à me faire de la bile pour l’avenir du Blog de Paul Jorion,
    Probablement parce qu’il m’apparaissait comme un espace d’échange irremplaçable…
    Et sans doute, ma santé est t-elle, comme elle le sera à l’avenir,
    Impactée par d’autres déconvenues en ces temps troublés …
    Mais en vérité, ma santé à bien moins d’importance à mes yeux que mes convictions.
    Et c’est surtout à moi, plus qu’à votre forum, que le génie fait défaut!
    Ma participation ne saura décidément lui en léguer la moindre parcelle.
    Car je suis convaincu que le génie est une trompeuse invention ,
    Qui fait passer le travail et la passion pour un don divin,
    Et celui qui les posséderait pour un Dieu.
    J’en suis désolé, mais plus que de génie, c’est un souffle neuf qui fait ici défaut.
    Et mes 4 sous n’y changeront jamais rien, puisque je ne suis pas entendu.
    Je comprend fort bien le soucis financier que vous évoquez,
    Et n’entends point même soupçonner un quelconque profit sur le dos de vos plus fidèles participants!
    Mais constatez seulement comme une somme ridicule peut dégrader la valeur des idées,
    Moins qu’un n° de l’Obs! Fichtre! De grâce consultez vos propres archives,
    Les propos en étaient d’une tout autre portée, non d’une pipe!
    Et la comparaison devrait à l’évidence, fâcher les plus fidèles d’entre nous!
    Mais il est vrai que de toutes choses, la critique est facile,
    Et qu’il convient aussi d’apporter quelques soins à l’indispensable édifice,
    Eu égard à son caractère audacieux tout autant que fragile:
    Pour ce faire, il faut avant tout se poser les bonnes questions,
    Quelles ont été les causes du succès du Blog de Paul Jorion?
    Comment en réduire les coûts de fonctionnement tout en accroissant son rayonnement?
    Je n’ai pas envie de répondre à la première question, même si j’ai mon idée…
    Chacun peut le faire à sa façon et avec sa propre sensibilité.
    Pour le coût de fonctionnement, Paul nous dit que l’archivage est un poste décisif,
    Dont la prise en charge augmente à mesure des années et qu’il convient de rentrer un budget supérieur.
    Et bien-sûr, tout le monde peut comprendre le problème quand il est posé de cette façon.
    Je connais un artisan plombier qui fait face au même problème que Paul Jorion:
    Si ,si, vous allez voir…
    Parvenu à l’apogée de sa carrière, il constate que la prise en charge
    De travaux neufs, est de plus en plus difficile avec les années,
    Car les travaux d’entretien des installations réalisées précédemment
    L’accaparent à un tel point qu’il faudrait qu’il embauche un second apprenti.
    Mais il comprend très vite que c’est un cercle infernal, et qu’il va bientôt devoir choisir
    Entre faire du neuf et ne faire que de l’entretien…
    Tous les artisans plombiers ont d’ailleurs le même problème,
    Et en arrivent aux mêmes conclusions, terminant invariablement leur carrière
    En ne prenant que les travaux d’entretient.
    Le problème, c’est que Paul jorion n’est pas plombier, lui…
    Notre Paul jorion, je veux dire, celui qu’on aime tous ici je crois,
    Donne un peu d’espoir à chacun, même si c’est de plus en plus difficile,
    Et si tout le monde n’est pas d’accord sur la manière de le faire,
    Depuis plus de dix ans tous le monde le suivait et surtout,
    Tout le monde pouvais lui parler, et là était la principale clef de son succès.
    Bien plus que son orientation politique,
    Et ne lui déplaise, peut-être même plus, parfois que le contenu de ses propos!
    Beaucoup de gens attendent un je ne sais quoi de lui, peut-être un signal.
    Certains aussi voient en lui un sage, une référence à des valeurs universelles.
    D’autres enfin le voient comme il est vraiment, et ont seulement peur de le voir tomber.
    Alors bien sûr, les archives c’est important.
    Mais les écrits passés ne sont rien à côté de ceux qui sont encore à naître.
    Et le poids des belles paroles passées ne doit pas entraver la marche des idées.
    La sauvegarde du passé est chaque jour plus lourde,
    Il importe donc d’opérer une sélection sévère mais juste,
    Permettant de sauvegarder l’essentiel simplement,
    En le rendant utile et exploitable.
    A cet effet, il serait sans doute possible d’éditer a faible coût,
    Une sorte d’almanach du « blog de Paul Jorion » à parution annuelle voire bisannuelle
    Et vendu à l’usage des contributeurs comme du public.
    L’ouvrage rendrait compte de la progression des idées débattues sur le blog,
    Et permettrait de faire écho aux idées de Paul Jorion,
    Sans oublier d’élargir aux dires des intervenants les plus appréciés.
    Ce travail périodique effectué, il devrait être possible d’augmenter
    Substantiellement les revenus de la « Fondation Paul Jorion »,
    Et la rendre à même de changer d’hébergeur pour un plus concurrentiel,
    Ou à défaut de s’en passer tout bonnement, pour l’archivage au moins
    En écrasant les données anciennes après remise en forme périodique.
    Bon, j’en rajoute un peu avec ma fondation »Paul Jorion »,
    Mais qui sait…
    Des fois que les idées de Paul Jorion deviendraient universelles…
    Chacun pourrait peut-être l’y aider,
    Après un léger dépoussiérage à gauche, à droite…
    Mais chaque chose en son temps.
    Amicalement,
    Eric.

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