Une réflexion sur « Trump et les murailles de Jéricho, le 18 janvier 2020 – Retranscription »

  1. Quand Victor Hugo écrivait le poème sur les trompettes de Jéricho, il pensait clairement à Napoléon III. Et de fait, Napoléon III « le petit » a fini par tomber.

    Dix-sept ans plus tard.

    Ce Napoléon III là a bien plus de chances de perdre le pouvoir aux élections de novembre qu’autrement.

    Pour qu’il soit destitué, il faudrait que deux conditions au moins soient remplies :

    – Que au moins 20 des 53 sénateurs républicains se retournent contre lui, en pleine année électorale et alors que son taux d’approbation est au minimum stable voire en légère hausse, moyenne de 44% sur RealClearPolitics alors qu’il a déjà été en-dessous de 40%. Bref, que 20 parmi ces 53 soient des adeptes du suicide politique

    – Que la probable contre-attaque républicaine visant à montrer qu’il était raisonnable de soupçonner Biden de corruption – donc de faire pression sur un gouvernement étranger pour qu’il enquête – échoue complètement. Or, le fils de Biden est payé 50 000 $ par mois pour un jeton de présence dans un groupe gazier ukrainien alors qu’il n’a aucune compétence qui pourrait le justifier, ce qui est très probablement l’ « achat » d’accès au vice-président américain de l’époque c’est-à-dire une tentative de corruption. Et pour peu que les défenseurs de Trump ne soient pas trop mauvais, il leur suffira de montrer non que Biden est forcément corrompu, mais qu’il était raisonnable de chercher à en savoir plus… disculpant ainsi d’un coup Trump même si l’ensemble des accusations contre lui est prouvée. Il faudrait que les défenseurs de Trump soient vraiment nuls pour rater leur défense dans une situation pareille

    De mon point de vue, la question du remplacement de Trump dès cette année s’identifie exactement à la question de savoir si l’investiture démocrate sera donnée à un candidat qui ait une chance de l’emporter en novembre. C’est-à-dire Sanders, ou à la rigueur Warren – moins populaire donc plus risquée. Surtout pas Biden qui d’une part n’a aucune chance de « mordre » sur l’électorat de Trump comme le ferait un Sanders, mais encore est à la merci de ce qui peut sortir du procès de Trump devant le Sénat.

    Le scénario catastrophe serait que Biden gagne l’investiture… juste avant que le procès de Trump ne se retourne contre lui. Dans ce cas, ce serait Trump jusqu’en 2024.

    Qui serait carrément dangereux.

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