Coronavirus : réévaluation à la hausse de son impact, par Alexis Toulet

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La réévaluation du nombre de cas en Chine avec +34% d’un jour sur l’autre est supposée résulter d’une « redéfinition » de la manière de détecter le virus, la majorité des cas (> 13 000) étant des personnes dont les atteintes pulmonaires sont cohérentes avec une infection au Codiv19 mais qui n’ont pas été testées positives au virus.

En filigrane, il est possible de lire : pénurie de tests. Non seulement les chiffres des derniers jours étaient donc faux, mais encore le nouveau chiffre n’est probablement pas la vérité nue non plus : les nouveaux malades qui viennent d’être ajoutés au compte à cause d’atteintes pulmonaires révélatrices sont tous déjà atteints, pas de porteurs sains parmi eux par définition, pas même de malades encore peu atteints. C’est donc que les porteurs sains et malades encore ambigus ne sont pas encore comptés. Le véritable chiffre est significativement plus élevé.

Rien qu’en acceptant tel quel le nouveau chiffrage pourtant incomplet – 59 800 ce 13 février – et en comptant à rebours à partir des 34 100 du 7 février, on arrive à un taux d’augmentation quotidienne de 10%. Le vrai taux d’augmentation doit être supérieur.

Toutes les évaluations optimistes de ces derniers jours tombent. La province de Hubei en Chine est toujours en phase exponentielle. Peut-être aussi d’autres provinces.

La question humaine est évidemment primordiale dans la réaction à une épidémie. Mais il faut aussi parler des impacts économiques, certes incomparablement moins graves, mais potentiellement beaucoup plus étendus.

De ce que je comprends :

– Les marchés se sont attendus jusqu’ici à ce que le cœur industriel de la Chine « redémarre » relativement rapidement. Au vu des dernières nouvelles, ce ne sera pas le cas

– Pour rappel (1) « Cette semaine – au 5 février – les deux tiers de l’économie chinoise restent fermés. Plus de 80 % de son industrie manufacturière est fermée, et 90 % pour les exportateurs. L’économie chinoise représente 17 % de l’économie mondiale et est profondément intégrée dans les chaînes d’approvisionnement internationales. »

– Ceci alors que le 5 février, Hyundai était l’un des premiers (2) à interrompre sa production de voitures en Corée du Sud, faute de composants cruciaux dont l’approvisionnement issu de Chine est interrompu. L’un des premiers… mais certainement pas le dernier. Et ce n’est pas seulement l’industrie automobile qui est concernée

– D’autre part, le prix du pétrole a chuté de 12% à 14% depuis un mois, clairement en réaction à l’anticipation d’une demande moindre de la part de la Chine

===> Comme l’avance Evans-Pritchard (1), le coronavirus pourrait devenir le « cygne noir » qui coulera les marchés financiers mondiaux

Rappelons qu’un « cygne noir » est un événement négatif que personne n’avait vu venir ni inclus dans les risques, pour la bonne et simple raison que personne n’avait envisagé sa possibilité même. Un nouveau virus qui coulerait la finance mondiale en rajoutant 2020 à la liste des grandes crises financières serait exactement cela : personne à ma connaissance ne l’a inclus dans la liste des risques financiers potentiels…

(1) https://www.telegraph.co.uk/business/2020/02/05/chinas-coronavirus-not-remotely-control-world-economy-mounting2/
(2) https://www.auto-infos.fr/Coronavirus-Hyundai-va-interrompre,13452

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93 réflexions sur « Coronavirus : réévaluation à la hausse de son impact, par Alexis Toulet »

  1. Le recommandation de Zhong Nanshan a été suivie :

    « La Chine interdit « complètement » le commerce et la consommation d’animaux sauvages

    La Chine a décidé lundi d’interdire « complètement » et immédiatement le commerce et la consommation d’animaux sauvages, une pratique suspectée dans la propagation du nouveau coronavirus.

    Le comité permanent du Parlement chinois s’est réuni lundi et a approuvé une proposition « pour interdire complètement » le commerce d’animaux sauvages, « abolir la mauvaise habitude de surconsommer des animaux sauvages et protéger efficacement la santé et la vie de la population », a rapporté la télévision d’Etat. »

    https://www.20minutes.fr/monde/2725367-20200224-coronavirus-direct-alerte-maximale-coree-sud-premier-foyer-contamination-hors-chine

      1. On va moins rigoler quand on sera dans la situation de l’Italie. On est dans une situation de crise et on ne comprend pas la communication de nos ministres:

        M. Blanquer : « On ne ferme rien. »
        M. Macron : « Télétravail et fermeture des EPLE. »
        M. Blanquer : « Ok, mais les profs dans les murs, feignasses ! »
        M. Philippe : « On ferme tout, partout. »

        En tant de guerre si on a des charlots comme ça à la tête de l’état…

  2. En France, on est resté au dogme du « seul celui qui a été de près ou de loin (cas contact) en lien avec la Chine est testé »… alors que cela fait une bonne semaine au moins que plus un seul cas nouveau trouvé hors de Chine n’a de lien avec la Chine (voir les compte-rendus de l’oms qui recense l’origine de chaque cas)
    Voici la fiche explicative du tri à effectuer :

    https://www.coreb.infectiologie.com/UserFiles/File/procedures/2019-ncov-fichesoignants22janv-vf.pdf

    Pour être testé, il faut obligatoirement être lié à la Chine. Quand on ne cherche pas, on ne trouve pas… C’est visiblement la doctrine du ministère de la santé. Faudrait conseiller cela aux Italiens, ça leur évitera d’avoir une floppée de nouveaux cas chaque jour.

    Cet aveuglement va faire mal, très mal.

    1. De plus, il faut des symptômes avant les 14 jours, dont obligatoirement de la fièvre ou une infection respiratoire aiguëe. Or, il existe des cas sans fièvre, et il existe des cas d’incubation supérieur à 14 jours.

      On range tous ces cas, plus ceux qui ne proviennent pas de Chine, dans la case Grippe et on n’ en parle plus…

      Finalement c’est assez facile de ne pas avoir de cas en France…

    2. On est également très fort dans la communication. Ainsi « Face au grand public, le gouvernement veut garder la main: seul lui «communique sur l’annonce de cas confirmés, les décès, les patients guéris», et les cas possibles ou suspects ne seront pas dévoilés. » Les chinois, eux, indiquent les cas suspects…
      https://www.lefigaro.fr/sciences/coronavirus-la-france-se-met-en-ordre-de-bataille-20200223

      Du même article: « La partie cachée de l’iceberg pourrait donc être encore plus grosse que prévu: dans une étude publiée vendredi, des chercheurs du Centre des maladies infectieuses de l’Imperial College de Londres estimaient «qu’environ deux tiers des cas de Covid-19 exportés de Chine continentale sont restés non détectés dans le monde, entraînant potentiellement de multiples chaînes de transmission interhumaine hors de Chine, qui n’ont pas encore été repérées». »

      Mais bon, nous en France, on sait arrêter les nuages radioactifs à la frontière… alors les virus…

  3. On m’avait indiqué « Asialyst » comme site intéressant sur la Chine. Je retranstrit ici l’article qu’ils publient, assez équilibré me semble-t-il (correspondant sans doute à la vision médiane des gens de Hong-Kong)

    https://asialyst.com/fr/2020/02/17/coronavirus-chine-quarantaine-rime-baillonnement/

    Politique
    Publié il y a 5 jours

    **** Coronavirus : en Chine, quarantaine rime avec bâillonnement ****

    {{{Chapô}}}
    Dans cette course contre la mort depuis l’apparition en Chine du coronavirus rebaptisé Covid-19 par l’OMS, les chiffres des malades infectés ou décédés augmentent à une vitesse vertigineuse. Les autorités chinoises pensaient entrevoir en fin de semaine une décrue de la propagation du virus, mais le pic n’est toujours pas en vue. Dans le même temps, les mesures de confinement sont maintenues et renforcées. L’atmosphère sociale telle qu’elle s’exprime sur les réseaux sociaux chinois, s’est nettement tendue depuis la mort de Li Wenliang, ce docteur-lanceur d’alerte mis sous silence par le pouvoir politique, avant d’être lui-même contaminé. Le régime de Pékin continue néanmoins avec méthode d’additionner la quarantaine et le bâillonnement de la libre expression.
    {{{fin Chapô}}}

    C’est le confinement de la ville de Wuhan le 23 janvier dernier qui a véritablement lancé la lutte nationale contre le coronavirus. En l’espace de 15 jours, la Chine continentale comptait plus de 25 000 personnes contaminées, dont plus de 600 décès. Pourtant, il aura fallu la mort du docteur Li Wenliang pour que le gouvernement central comprenne qu’il y a désormais deux fronts à mener dans cette guerre contre l’épidémie : l’un concerne la santé publique, l’autre touche un autre point d’autant plus sensible et délicat, l’opinion publique. C’est alors que le confinement et le bâillonnement se sont imbriqués pour se compléter l’un l’autre dans la gestion de la crise par Pékin.

    // Isolement brutal puis reprise timide //

    Le confinement est sans doute une des mesures efficaces prouvées par la recherche pour couper la chaîne de contamination. Il existe plusieurs niveaux de confinement. La ville de Wuhan est la première à le mettre en place avant les autres centres urbains alentour, jusqu’à toute la province du Hubei. A l’intérieur d’une ville, chaque district, chaque quartier, chaque immeuble et enfin, chaque famille s’isole, jusqu’à la mobilisation nationale. Cette pratique ne s’est pas faite sans heurts, car les autorités locales ont imposé la distribution de bons de sortie, avec un nombre fixe pour chaque famille et l’objectif de limiter les mouvements de chacun. Cette mesure de restriction peut s’accompagner d’une certaine brutalité, comme le montre cette video de la BBC.

    A Hong Kong, les personnels hospitaliers ont appelé à la grève à partir du 3 février, après l’échec des négociations avec la cheffe de l’exécutif Carrie Lam. Ils demandaient la fermeture totale des frontières avec la Chine continentale afin de protéger la population. Alors que l’ancienne colonie britannique a connu l’un de ses plus grands mouvements de contestation en 2019, il est facile de comprendre que la fermeture frontalière est une revendication à la fois sanitaire et politique.

    Le 10 février, mauvaise nouvelle dans la région administrative spéciale. Deux nouveaux cas de coronavirus sont confirmés chez des voisins d’un même immeuble, la Hong Mei House à Tsing Yi, alors qu’ils n’ont eu aucun contact physique entre eux a priori. Ce qui laisse supposer que la contamination est probablement passée par l’aérosol suspendu dans la colonne d’aération des toilettes. Cette nouvelle ravive le cauchemar de l’épidémie de SRAS à Hong Kong en 2003, où 130 cas confirmés avaient été relevés dans le seul immeuble Amoy Garden (淘大花园). Par précaution, le gouvernement évacue le jour-même une centaine de familles déjà isolées depuis plusieurs jours.

    Les fonctionnaires hongkongais l’ont publiquement admis : la gestion de cette crise sanitaire devient de plus en plus difficile, car la confiance entre le gouvernement et la population est complément rompue, même si les Hongkongais sont divisés depuis la crise politique de 2019. Logiquement, l’exécutif peine à s’accorder avec les acteurs sociaux.

    Selon la tradition, le Nouvel an lunaire dure quinze jours. Le 10 février a marqué la fin des festivités et la reprise du travail. Certaines usines et les écoles situées loin de l’épicentre, donc moins infectées, ont redémarré doucement sur ordre municipal. Cependant, presque toutes les villes de la province du Hubei ont maintenu l’interdiction d’entrer dans les quartiers résidentiels, sauf pour les résidents, ainsi que la restriction des sorties quotidiennes. Pour se ravitailler en produits de première nécessité, les habitants font appel à la solidarité, ou bien font venir les marchands de légumes frais jusqu’au pied de l’immeuble. Toute personne entrée ou sortie passe par un seul portail bien gardé et est soumise au contrôle de sa température.

    La reprise de l’activité des usines devrait faire revenir une masse d’ouvriers après la fête du printemps. Mais la province du Zhejiang et la ville de Suzhou, qui compte en particulier un grand nombre d’infrastructures industrielles, ont demandé aux ouvriers de rester chez eux. Ces villes côtières fonctionnent au ralenti et filtrent toujours les habitants. Il est encore trop tôt pour mesurer les répercussions économiques, mais les sujets de conversation sur les réseaux sociaux commencent déjà à se concentrer sur les difficultés des commerces privés.

    //Pékin s’enferme et le président se dévoile//

    Le soir du 10 février, la chaîne étatique CCTV a diffusé les images de Xi Jinping se promenant masqué et accompagné dans le district pékinois de Chaoyang et échangeant avec les personnels hospitaliers de Wuhan en vidéoconférence. C’était la première apparition publique du président chinois depuis le début de l’épidémie. Son objectif : démentir la rumeur de délocalisation du Comité central du Parti sous la menace du virus. Depuis le premier décès dans la capitale à la fin du mois de janvier, la ville de Pékin est entièrement désertée. Le peuple chinois est enfin assuré grâce à ces images télévisuelles qu’il y a toujours un pilote dans l’avion.

    La veille, la municipalité de Pékin publiait une circulaire avec dix mesures de prévention, dont l’application signifie la clôture de la capitale à son tour. Les Chinois donnent un nom à cette politique : une « gestion en circuit fermé » (封闭管理). Ces mesures obligent toute personne arrivant à Pékin à s’enregistrer immédiatement et à être sous observation ; tous les quartiers résidentiels contrôlent chaque entrée et sortie de leurs habitants ; les activités publiques sont suspendues ; et on veille strictement sur les locations immobilières et sur leurs locataires.
    Dans son dernier discours, Xi Jinping a appelé toute la population à se mobiliser contre cette « guerre du peuple ». Parmi les points essentiels à retenir selon l’agence officielle Chine Nouvelle : « renforcer le contrôle global dans le domaine social » et « renforcer le travail d’orientation de l’opinion ».

    {{{ENCART }}} §§§§ Héros malgré lui §§§§

    Li Wenliang, ophtalmologiste, 34 ans. Le 30 décembre 2019 vers 17h, dans un groupe de 150 médecins sur WeChat, il écrit : « 7 patients atteints de SRAS confirmés au marché Huanan, en urgence quarantaine dans notre hôpital. » Le jour-même, le Bureau de Santé et d’Hygiène de la municipalité de Wuhan diffuse une circulaire sur les réseaux : « Il n’est permis à aucun service ni à aucune personne de diffuser des informations concernant des patients hospitalisés sans autorisation. »

    Le contenu des conversations entre les confrères est diffusé sans floutage des informations personnelles. Le 3 janvier, le Dr. Li est convoqué au commissariat de police du district, où on l’oblige à signer une lettre de rappel à la loi après qu’il a avoué être à l’origine de ce que la police qualifie de « rumeur ». Et il repart.

    Pendant le mois de janvier, le nombre de personnes infectées augmente tous les jours sans que des mesures de prévention strictes soient prises par les autorités sanitaires. Le 20 janvier, les assemblées plénières du Congrès du Parti Communiste de la province du Hubei touchent à leur fin, et il est impossible de maintenir l’ambiguïté sur la contagiosité du virus. Le gouvernement central dépêche à Wuhan l’honorable académicien et épidémiologiste Zhong Nanshan. Le Dr Zhong confirme alors que l’infection s’effectue par simple contact humain : la protection s’impose donc, surtout dans les milieux médicaux. Mais il est trop tard pour beaucoup de médecins et d’infirmiers (selon le dernier chiffre du 11 février, 1716 personnels médicaux ont été infectés, dont 6 sont morts, le Dr Li compris). Li Wenliang est lui-même contaminé sans le savoir lors d’une consultation ophtalmologique d’une patiente infectée mais asymptomatique. A partir du 13 janvier, il est hospitalisé, ses collègues et ses parents ont les mêmes symptômes.

    Dans son lit d’hôpital, le Dr Li accepte l’interview d’un journaliste du magazine Caixin, le 1er février. Le dernier résultat des tests confirme son infection, il est soigné par injections d’antibiotiques, d’antiviraux et d’immunoglobulines. Il faut que sa famille paie ces médicaments, se déplace pour les acheter ou les fasse livrer par la pharmacie. A eux seuls, les médicaments lui coûtent environ 50 à 60 000 yuans (plus de 6 000 à 7 000 euros). Sur son lit, le Dr Li indique qu’il n’est pas certain que cette somme puisse être remboursée. Selon des sources internes, l’hôpital a reconnu le lien direct entre son décès et le risque professionnel, et a indemnisé sa famille après sa mort.

    Le 5 février, le Dr Li envoie un message au journaliste de Caixin, en disant que son état n’est pas stable et même s’aggrave. Quand le journaliste lui demande s’il souhaite réclamer une réhabilitation auprès des pouvoirs publics, il répond (selon l’article du tribunal) : « Je me sens soulagé. A mon avis, il ne devrait pas y avoir une seule voix dans une société saine. Je ne pense pas que les pouvoirs publics devraient interférer à tout moment. » Le 7 février au petit matin, l’hôpital de Wuhan confirme le décès de Li Wenliang.
    {{{fin ENCART }}}

    //Un cri sans voix//

    Les réseaux sociaux en Chine jouent un rôle crucial dans cette crise. Tandis que quelques journalistes étrangers restent encore sur place et que les journalistes chinois sont débordés, les informations essentielles et les contestations des habitants sont relayées par les réseaux sociaux. Par exemple, le secrétaire général du Parti de Wuhan, Ma Guoqiang annonce dans la presse officielle que jusqu’au 9 février, la municipalité a contrôlé plus de 3 371 quartiers et villages, soit plus de 4 millions de familles, avec un taux d’examen individuel sur l’ensemble de la population à hauteur de 98,6 % (voir la capture d’écran ci-dessous). Quelqu’un poste cette information sur son compte WeChat avec un commentaire : « Chanceux, je fais partie des 1,4 % restants. Je vis probablement à l’autre bout de la ville, et vous ? Si vous êtes comme moi, cliquez ici, et dites la vérité sur Wuhan. » Dans la journée, avec plus de 100 000 vues et likes, un nombre incalculable de personnes ont répondu positivement à sa question. Les récents limogeages de Ma Guoqiang, du patron du Parti du Hubei et de deux responsables du Bureau provincial de la Santé suffiront-il à regagner la confiance des habitants ? Comment évacuer le doute et la méfiance ? Le confinement crée et maintient une tension depuis deux semaines, et le décès de Li Wenliang a fait ouvert les vannes : la compassion et la colère jaillissent sur les réseaux sociaux. Le pouvoir central, lui, reste intact.

    C’est que Li Wenliang est la seule personne que l’on puisse nommer et dont on puisse raconter le récit en entier parmi les plus de 1 700 décès causés par l’épidémie. Quand la mort nous rattrape avec une telle vitesse sans que nous puissions avoir le moindre répit, et que les centaines de malades attendent devant les lits des hôpitaux encore tièdes, pendant que les services n’ont même pas le temps d’emballer les corps sans vie, Li Wenliang et son chemin parcouru – de son vivant jusqu’à son agonie – nous renvoie à chaque victime de ce fléau, même aux détails près. Lui seul incarne toutes ces victimes. Il est le miroir de nos peines.

    La cérémonie très simple organisée par ses collègues et les habitants de la ville leur a offert pendant cinq minutes la possibilité éphémère d’oublier leur combat quotidien. Le visage de Li Wenliang en blouse blanche sur la photo est devenu le symbole unique de cette guerre. Il est à la fois le soignant et le malade, le savant qui prédit cette catastrophe et la victime de son déni. Sa tragédie démontre ce qu’il en coûte de bâillonner les paroles : on peut contenir la colère du peuple dès lors que le pouvoir musèle les défenseurs des droits ou les lanceurs d’alerte. En revanche, réduire les scientifiques ou les médecins au silence n’empêche pas le virus de se répandre partout.

    Li Wenliang fut une des rares personnes qui accepte les interviews des journalistes à visage découvert. C’est un détail souvent ignoré dans un pays où peu de personnes osent parler sans cacher leur identité. En acceptant cinq médias pendant son hospitalisation, sa franchise et son authenticité ont offert aux journalistes un bol d’air frais. Il répète très souvent avoir eu peur après la convocation de la police, non pas pour la faute qu’on lui reprochait, mais pour l’éventuelle sanction de la direction de l’hôpital. Le fait d’être réintégré aussitôt au travail après cet incident nationalement connu fut un soulagement pour lui.

    Dès lors que la nouvelle de son décès s’est répandue sur la toile, la colère et le sentiment d’injustice ont déferlé de tous bords. Les internautes exigent une réhabilitation officielle. Non seulement, il est élevé au rang de héros, mais on le magnifie comme lanceur d’alerte, terme assez à la mode en Occident mais rarement utilisé en Chine. Ces cris de mécontentement peu communs durent le temps d’un week-end, où tous les médias officiels en Chine lui consacrent la Une ou un dossier spécial, tandis que dans les pays occidentaux, les revendications sur la liberté d’expression et les critiques contre le pouvoir central affluent ouvertement sur les réseaux sociaux. Il est fascinant de voir que le pouvoir laisse passer ces cris de douleurs et de colère, mais il est beaucoup plus prudent face aux demandes de réforme politique.

    Une pétition signée par les intellectuels et professeurs chinois les plus reconnus a circulé à l’adresse du Premier ministre chinois Li Keqiang. Elle contient cinq revendications, dont l’une est de décréter le 6 février « journée de la liberté d’expression », et d’abolir les réglementations pénales qui la sanctionnent. Curieusement, cette pétition dont la liste des noms signés s’allonge sans cesse depuis quelque jours, s’est brusquement arrêtée à la frontière entre Hong Kong et la Chine, puisqu’elle ne se trouve pas sur le moteur de recherche Baidu. Tandis que les cités deviennent des villes-fantômes et que la peur s’est installée, que les centres d’incinération de Wuhan tournent à plein régime, que les hôpitaux sont remplis de souffrants, il n’y a pas que les médecins et les infirmiers qui ne quittent plus leurs postes depuis deux mois, les cyberpoliciers aussi. Ils ne lâchent rien, ils s’attachent à appliquer la directive du gouvernement : « renforcer le travail d’orientation de l’opinion ». C’est alors qu’une rumeur se propage : « Quand viendra-t-il ce jour du blocage total de l’internet (封网)après la fermeture des villes(封城 )? »

    //Epilogue//

    En moins de deux jours, les étudiants chinois à l’étranger ont organisé spontanément des cérémonies en hommage à Li Wenliang, partout dans le monde. Dans la journée du 9 février, l’ambassade de Chine en France a publié un article consacré à la cérémonie organisée le soir même place de la Bastille à Paris, une réactivité assez rare pour être soulignée. « S’ils décrivent le Dr. Li Wenliang comme un lanceur d’alerte, écrit l’auteur de l’article de l’ambassade, c’est dans le but de le politiser : c’est mal intentionné ; le but est de diviser l’opinion chinoise et de souiller son nom, c’est donc un acte immoral. »

    Un peu plus loin, l’auteur continue : « En ce moment, il faut savoir réfléchir et trancher, en distinguant ceux qui parlent de la justice et de la compassion, et les autres qui profitent de notre faiblesse en nous perturbant au moment du deuil… Face aux ennemis, il faut savoir discerner et garder son calme, ne pas tomber dans le piège de quelques personnes. »

    Sans surprise, ce message infantilisant avait pour but de dissuader la participation à cette cérémonie. A la tombée de la nuit sur le boulevard Richard Lenoir, dans une ambiance de calme avant la tempête, une trentaine de personnes se sont réunies devant la photo de Li Wenliang, encadrée et posée au sol. Très peu d’échanges entre les participants, aux visages dissimulés derrière un masque. Que lisait-on dans leurs regards croisés par hasard ? La peur et aussi la méfiance.

    Par Tamara Lui, avec l’aide de Patrick Cozette

    Tamara Lui
    Originaire de Hongkong, ancienne journaliste pour deux grands médias hongkongais, Tamara s’est reconvertie dans le documentaire. Spécialisée dans les études sur l’immigration chinoise en France, elle mène actuellement des projets d’économie sociale et solidaire.
    Copyright Asialyst 2020

    1. Je me demande si en outre au sein même du PCC il ne commence pas à y avoir un peu de friture sur la ligne officielle. Ou comment certains commentateurs en ont émis l’hypothèse, Xi Jinping serait en quelque sorte sur la défensive. Ce que traduiraient certains papiers émanant des organes de presse du pouvoir, ou à portée de main du pouvoir central.
      Un journal aussi pro-gouvernemental que le Global Times, l’équivalent du Quotidien du peuple pour l’international, en anglais, écrit ainsi, relayant une étude :

      « On January 6, the National Center for Disease Control and Prevention (CDC) issued a second-level emergency response, which the researchers said served as a warning against mass public activity and travel.
      If the warnings had received wider public attention, the number of cases spreading nationally and globally in mid-to-late January would have been lower, said the researchers. »

      Ces faits sont connus depuis un moment, mais ils sont relayés par un organe officiel, certes destiné à un public cultivé en Chine.

      https://www.globaltimes.cn/content/1180429.shtml

      Un article de l’éditorialiste Wang Xiangwei, du South China Morning Post, ex directeur de la publication, en poste à Pékin, apporte des éléments nouveaux qui confirment qu’au plus haut niveau on savait dès début janvier et qui plus est, des mesures étaient prises début janvier. (ce qui est entre parenthèses cohérent avec ce qu’a dit Xi au directeur de l’OMS lors de leur rencontre à Pékin le président Xi Jinping.)

      Fait inhabituel des paroles de Xi Jinping dites lors de la réunion du Bureau Politique permanent du PCC le 3 février, évoquant alors qu’il avait donné des ordres pour traiter l’épidémie le 7 janvier sont publiées dans Qiushi, alors qu’il faut en temps normal attendre des mois.

      L’article note qu’en novembre 2016 le ministre de la santé avait informé que le dispositif d’alerte et de prévention des épidémies et situations d’urgence sanitaire avait gagné en performance : « China had completed the world’s biggest internet-based direct reporting system for infectious disease epidemics and public health emergencies, which would enable epidemic information from the grass roots to reach the Chinese Centre for Disease Control and Prevention (China CDC) in four hours, as opposed to five days previously. »

      https://www.scmp.com/week-asia/opinion/article/3051829/coronavirus-no-chernobyl-wake-call-chinas-top-down-auto

      Résumé : des mesures furent prises en haut lieu car il existait un dispositif d’alerte hautement performant, mais tout cela s’est révélé inefficace.
      Je ne reviens pas sur les raisons de cette inefficacité. L’éditorialiste du SCMP, peu soupçonnable d’être un agent de la CIA, les donne, et elles rejoignent, en termes plus diplomatiques, celles de l’article que tu cites.

      1. Il n’ a aucune fissure au sein du PCC. La Chine a fait ses devoirs en menant un combat déterminé avec des moyens scientifiques et humains d’une ampleur inusitée non seulement pour protéger sa population mais celle de toute la planète. D’ailleurs l’OMS ne s’inquiète pas des mesures prises par la Chine. L’OMS s’inquiète plutôt met en garde contre le fait qu’au niveau mondial il va être de plus en plus difficile si d’importants moyens ne sont pas donné: https://www.arte.tv/fr/afp/actualites/coronavirus-inquietude-de-loms-litalie-ferme-des-lieux-publics-dans-une-dizaine-de

        « L’OMS est particulièrement préoccupée par l’apparition de cas en dehors de Chine « sans lien épidémiologique clair, tels que les antécédents de voyage et les contacts avec un cas confirmé »…

        Soulignant une fois de plus les mesures « sérieuses » prises par la Chine pour contenir l’épidémie dans la province de Hubei et notamment dans la ville de Wuhan, où est apparu en décembre le nouveau coronavirus, le patron de l’OMS a appelé les « autres pays » à être également « très, très sérieux ». »

      2. (suite)
        Très récemment, sur le très officiel média chinois, Xinhua She, (Agence Chine Nouvelle) est parue dans la rubrique « opinion » un papier qui semble-t-il suscite beaucoup de réactions en ce moment sur le net chinois.
        L’article en question est resté en ligne quelques heures sur le site de l’agence Xinhua, puis il a été censuré. Mais il est tout de même relayé ailleurs, puisque je l’ai retrouvé à deux autres endroits, Shenyang, au nord de la Chine, et à Shanghai.

        Il s’agit d’un texte intitulé : « Qu’on laisse les gens dirent la vérité, le Ciel ne s’écroulera pas ».

        L’article relate le cas Zhang Xiaochun, professeure de médecine à l’université de Wuhan, qui a exprimé le 3 février sur un réseau social ses doutes quant à la fiabilité du test nucléique, celle-ci de proposer alors qu’on ait recours à l’imagerie CT.
        L’auteur de l’article développe l’idée qu’il devient nécessaire de dire la vérité des chsoes, car c’est le prix à payer pour sauver des vies humaines. Et de remercier dix mille fois Zhang Xiaochun pour son intervention.

        Dans des commentaires que j’ai pu relever ici ou là, des internautes Chinois s’interrogent : comment un tel article a-t-il pu être publié ? Certains disent qu’il a forcément été validé en amont. D’autres disent que le PCC n’est pas monolithique. Un commentateur plus sarcastique écrit : »L’agence Chine Nouvelle a dit une vérité, et le Ciel est tombé. »

        http://www.rfi.fr/cn/中国/20200222-官媒新华社鼓励说真话文章也遭删

  4. Des prisons chinoises de 3 provinces différentes (Hubei, Shandong, Zhejiang) sont touchées par Covid-19.
    500 prisonniers (et gardiens) ont contracté le coronavirus.

    Les prisons sont surchargées ce qui aurait accéléré la propagation du virus d’après un avocat militant qui connait les prisons pour y avoir séjourné :

    « …Xie Yanyi, a human rights lawyer who was detained in the northern city of Tianjin as part of the “709 crackdown” on rights advocates in 2015, said that nearly every prison in China was overcrowded, allowing the virus to spread faster and wider.
    “It is very common for, say, a cell of 10 people to have 20 people squeezed in. The space for each person is extremely limited, and resources are generally scarce. Health conditions behind bars were already a concern even before the coronavirus broke out,” Xie said…. »

    https://www.scmp.com/news/china/society/article/3051858/china-sends-top-investigators-after-coronavirus-erupts-jails

  5. 17 cas confirmés trouvés ce jour en Italie. Et exactement comme je l’avais prévu au début du mois, avec juste 15 jours de retard …
    https://www.pauljorion.com/blog/2020/02/06/statistiques-du-coronavirus/#comment-759755

    Le gouvernement italien (mais le français fait pareil) attend d’avoir un cas sévère (pneumonie) pour tester la présence du coronavirus… Lorsque le test est positif, on regarde l’état de santé des « cas contacts », puis on les teste. 17 cas, et sans doute plus, car le cas hospitalisé et les 16 autres ont eu le temps d’être en contact avec un paquet de monde. Parmi ces 17 cas, 7 sont dans un état grave.

    Des situations de la sorte, il va en sortir pas mal bientôt en Europe.

    Le CDC (USA) alerte les hôpitaux sur le risque de pandémie.
    https://www.naturalnews.com/2020-02-20-cdc-official-warns-us-hospitals-be-ready-for-surge-of-coronavirus-patients.html

    1. 51 cas à ce jour en Italie. Le patient 0 était revenu de Shanghai le 21 janvier. C’est donc 1 mois après qu’il a été détecté !!! La contamination a bien eu l’occasion de se disperser…

      Combien de cas similaires en France ? Il est peut-être temps de tester tous les cas graves à l’hôpital… ne serait-ce que pour protéger le personnel médical. J’espère que le calcul du gouvernement n’est pas d’étouffer l’affaire (pas de recherche, pas de malade) jusqu’aux élections municipales, car chaque jour de retard est un multiplicateur épidémique.

  6. L’épidémie semble démarrer :
    au Japon (2 enfants contaminés dans une école, toutes mes manifestations d’ampleur sur 3 prochaines semaines sont annulées),
    en Corée du Sud (+53 cas hier, +100 cas aujourd’hui),
    en Iran (« toutes les villes seraient possiblement touchées » d’après le ministère de la santé, qui reconnait pour l’instant au moins 4 morts et 18 cas confirmés.
    Il est probable qu’elle le soit aussi au Cambodge et au Laos, mystérieusement silencieux. L’Inde ne déclare toujours que 3 cas, le Bangladesh aucun … bizarre bizarre …

    En Chine, un cluster a été découvert à l’hôpital Fuxing de Pékin (36 cas en une journée).
    https://www.globaltimes.cn/content/1180281.shtml

    Des patients préalablement considérés comme « guéris » sont de nouveau positifs au coronavirus.
    https://www.straitstimes.com/asia/east-asia/coronavirus-patient-re-hospitalized-in-chinas-chengdu-after-testing-positive-again

    Deux passagers ayant été débarqués du Diamond Princess et testés « négatifs » ont été retestés en Australie positifs … Il est fort probable qu’il y en ait d’autres, et la gestion de la sortie des passagers du Diamond Princess est à mon avis dramatique en terme de propagation du virus.
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/coronavirus-deux-passagers-du-diamond-princess-contamines-alors-quils-etaient-negatifs-au-japon_fr_5e4f92b3c5b629695f587f2c

  7. En arrêt maladie, la Chine invente l’économie du futur : http://histoireetsociete.com/index.php/2020/02/20/en-arret-maladie-la-chine-invente-leconomie-du-futur/
    Nicolas de Toledo, spécialiste du paysage de la high-tech chinoise, fait le point sur la crise sanitaire. La crise est aussi une opportunité pour expérimenter de nouvelle façon d’organiser la société. Et la Chine expérimente e-commerce, le e-delivery, le «télé-travail», la «télé-médecine», les MOOC, etc. Le monde va devenir un grand «streaming» et la 5G sera au rendez-vous pour donner de la puissance à l’ensemble.

    1. ‘e-delivery’: la pizza qui vole seule jusqu’au client, guidée par les fils du téléphone, enfin un vieux rêve réalisé. Avant, si ma femme en voulait une, elle était obligée de la faire, avec mon aide bien entendu. C’était du temps de la préhistoire.

      La supériorité de la 5G Huawei est qu’elle laisse passer les outils à travers ses moyens de transmissions (fil, fibre, champs électro-magnétique) pour les travailleurs téléopérant (*), grâce à la dématérialisation/matérialisation par téléportation quantique. Encore un progrès qui nous éloigne de la préhistoire.
      ————–

      (*): opération à distance: les médecins y sont inclus. Mais pas les kinés soignant par passes magnétiques à cause, paraît-il, des interférences. Le progrès a des limites irritantes, mais sans doute temporaires.

  8. Science & Vie – N⁰ hors série septembre 2019
    Et si… un virus mortel s’échappait d’un laboratoire?

    le journaliste qui écrit l’article imagine qu’un étudiant travaillant dans un laboratoire haute sécurité est contaminé par des animaux à la suite d’un malaise, ne prévient pas ses colègues et, rassuré par l’abscence de symptomes, part comme prévu en vacances à l’étranger…

    La suite ressemble tout à fait à ce qui est en train de se passer. Les conséquences se chifffrent en millions de morts mais ça ne résulte que des caractéristiques que l’auteur attribue au virus en question.

    Par contre le risque d’une pandémie déclanchée par un incident de laboratoire a parait-il été évalué à 0,03% par an et par laboratoire. Le nombre de laboratoires concernés (universités, militaires, industrie pharmaceutique) n’est pas indiqué mais il reste que l’hypothèse d’un tel incident ne semble pas farfelue…

  9. Voici un article de Jean-François Bouthors :

    https://www.ouest-france.fr/reflexion/point-de-vue/le-virus-et-le-super-timonier-6742291

    Le virus fait bien tourner la tête de nos journalistes. Jean- François Bouthors est éditorialiste, il s’intéresse à Poutine (semblant de retenu). Quand il écrit sur Xi Jinping, il n’y a plus de retenu, on a tous les clichés racistes, anti-dictature, anti-communistes mais aussi anti-capitalistes. Ca fait beaucoup pour un seul homme, il y a tellement de clichés qu’à la fin, on ne sait pas pourquoi la Chine est une menace pour le monde. Monsieur Bouthors pourrait postuler comme conseiller de monsieur Trump.

    1. Nicolas,

      Etes-vous déjà allé en Chine et si oui, à qui y avez vous parlé, dans quelles circonstances et où ?

      Une anecdote me concernant. En 1990 j’accompagnais un ami chinois (dont le père était membre du parti) dans une province chinoise à proximité du désert de Gobi pour me rendre dans sa famille à l’occasion du nouvel an chinois.
      Alors que nous longions un plateau rocheux il m’a désigné sur les hauteurs un endroit qui se présentait comme un ensemble de bâtiments cernés de murs. Cet ami m’a dit : c’est un laogai (camp de rééducation par le travail).

      Je l’ai cru sur parole.

      Ai-je eu tort ?

      1. Il y a une différence de 30 ans entre 1990 et 2020. Dans un pays comme la Chine, c’est équivalent à 100 ans d’évaluation. Vous savez, il y a des camps tortures français en Algérie et au Vietnam. Est-ce que je reproche à Macron ce qui a été fait avant lui ?

      2. Vous ne comprenez pas ce que j’essaie de vous dire : le système actuel est le même système qui a permis les camps qui existaient sous l’ère Mao, puis Deng, époque pendant laquelle je fus en Chine. Les méthodes, perfectionnements techniques en sus, sont restées les mêmes, avec en sus aujourd’hui un durcissement du régime, que vous semblez niez, malgré les avis convergents de l’immense majorité des observateurs familiers de la Chine.

      3. @ PIerre-Yves Dambrine

        Les sinologues français comme Jean-Philippe Béjà ne sont pas les seuls observateurs de la Chine. Il y a aussi des universitaires comme Remy Herrera. Quand on lit les premiers, on a l’impression de lire le Figaro:

        – Xi Jinping, le « dirigeant le plus autoritaire » depuis Mao, « président à vie », « prince rouge ». Bref beaucoup de procès d’intention

        Quand on lit Rémy Herrera ou des sinologues russes, on a une autre vision:

        – Xi Jinping, auteur du concept « communauté de destin pour l’humanité », Garant d’une gouvernance fondée sur le droit dans tous les domaines, édifier un pays de droit socialiste et garantir l’impartialité sociale et la justice ainsi que les droits de la population, etc.

        On a quand même le droit de comparer ces deux visions et de choisir la vision qui nous semble le plus proche de la réalité. Les idéologues et les adeptes du péril jaune et de Fu Manchu, poubelle…

      4. Nicolas
        « Communauté de destin pour l’humanité » est une très belle formule, que je fais volontiers mienne, mais des paroles à la réalité il y a un abîme.
        Comment voulez-vous qu’on le prenne au sérieux une telle formule dans la bouche d’un dirigeant qui pratique le culte de la personnalité, fait de la censure une méthode de gouvernement, où l’on peut être emprisonné sans procès, et partage avec les autres dirigeants des grandes puissances une même vision du développement fondé sur la guerre économique ?

      5. Dans la bouche de PIerre-Yves Dambrine, Xi Jinping pratique le culte de la personnalité, c’est un dictateur en puissance. Franchement comment une personne qui étudie le chinois et étudie les textes peut débiter autant d’âneries ?

        Rappelons le contexte de l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir. Il y a eu une crise tout au sommet de l’état : la corruption menace la Chine. Les structures de pouvoir autocratiques, qui permettent à des élites d’affaires de s’unir sans entrave avec des hauts fonctionnaires, peuvent mener la corruption à une échelle spectaculaire. Certains chefs du parti communiste étaient devenus plus puissants que le président chinois. On peut citer par exemple Bo Xilai qui a mis le président chinois sur écoute.

        Xi Jinping est arrivé au pouvoir dans ce contexte. A son crédit, la direction de Pékin semble reconnaître les dégâts malins entretenus par une confortable, népotique, corruption jusqu’aux niveaux les plus hauts du Parti communiste et dans les entreprises publiques géantes nationales. Xi Jinping est arrivé à la conclusion qu’une purge était nécessaire. Environ 75 000 membres du parti ont été examinés. 20 000 ont été sanctionnés. Des réseaux corrompus énormes comme PetroChina ont été examinés.

        Il y a un article dans le guardian qui explique si Xi Jinping arrive à imposer ses idées en Chine, le capitalisme démocratique libéral occidental aurait un formidable concurrent idéologique avec un attrait planétaire: https://www.theguardian.com/commentisfree/2015/jun/01/war-peace-depend-china-domestic-success?CMP=share_btn_fb

        Je suis surpris que des personnes comme PIerre-Yves Dambrine (qui connaît bien la Chine) ne remettent pas les choses dans le contexte. C’est dingue ça !

      6. Ce que vous oubliez de dire c’est que cette purge à permis de faire le vide politique autour de Xi Jinping.
        La chasse à la corruption visait bien sûr à se rallier un soutien populaire, mais aussi à éliminer tout adversaire politique.
        IL y a moins de corruption en Chine mais avec pour résultat une soumission aveugle au leader, puisque les avis divergents ne sont plus permis au sein même du PCC. Ce disant, je ne justifie pas la corruption, je dis simplement qu’une lutte anti-corruption qui n’est pas assortie d’une réforme qui instaure dans le même temps des contre-pouvoirs stérilise le débat politique nécessaire à l’émergence et à la promotion des meilleures solutions pour faire face aux défis. Nous venons d’en avoir la démonstration avec la crise du coronavirus, où des autorités locales, pétrifiées à cause de leur soumission aveugle au pouvoir central, n’ont pas pu et su prendre les mesures qui s’imposaient pour éviter une grave crise sanitaire.

      7. Je poursuis : le pouvoir central lui-même n’a pas souhaité traiter en priorité cette crise sanitaire, car la priorité des priorités était « la stabilité sociale » et le renforcement de la discipline du parti.

      8. Et moi je suis surpris qu’il existe aujourd’hui des néo-staliniens ou nostalgiques du maoïsme, la 5 G en plus ! Quel monde magnifique.

      9. @PIerre-Yves Dambrine

        C’est toujours assez décevant de discuter avec les gens qui ont des idées arrêtées, incapable d’ouvrir l’esprit.

        Xi Jinping est venu au pouvoir avec un seul but: éradiquer totalement la pauvreté, pour la première fois dans l’histoire de la Chine. Il a fait la promesse solennelle de sortir de la pauvreté tous les résidents ruraux vivant en dessous du seuil de pauvreté actuel d’ici fin 2020. Et le nombre de personnes vivant dans la pauvreté dans les zones rurales a été réduit de plus de 10 millions chaque année. Pour Xi Jinping, c’est le plus important. Il se contre-fiche des insultes depuis l’étranger. Il a le soutien de la population.

        Il sait très bien que les journaux comme le NYT pratique la guerre de l’information en politisant le coronavirus. Le NYT a publié un article sous le titre originel « Death of American Fuels Concern Over China’s Approach to Coronavirus » : https://web.archive.org/web/20200208094005/https://www.nytimes.com/2020/02/08/world/asia/china-coronavirus-american-dead.html
        L’article présente plein d’insinuations provocatrices contre le pouvoir chinois. Mais l’équipe éditoriale a éprouvé le besoin de modifier le contenu à cause des plaintes quant à l’intégrité journalistique. Le nouvel article est ici: https://www.nytimes.com/2020/02/08/world/asia/china-coronavirus-american-dead.html
        Le ton reste de type guerre de l’information contre la Chine.

  10. Quelques statistiques (notamment sur la létalité) :
    https://twitter.com/Conflits_FR/status/1229720020676235264/photo/1
    https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/age-mortalite-tendance-a-la-baisse-ce-que-nous-apprend-la-nouvelle-etude-sur-le-coronavirus-covid-19_3832349.html

    80,9% des cas sont bénins, 13,8% sont des cas graves, et 4,7% critiques. Grosso-modo, la moitié des « critiques » décèdent, puisque la létalité moyenne est de 2,25%.

    L’épidémie semble démarrer au Japon. Elle est bien évidemment à craindre dans les pays avec une surveillance insuffisante (Cambodge, Laos). En Iran, 2 personnes sont mortes du virus. Elles n’étaient pas dans les statistiques du l’OMS, ce qui signifierait que l’Iran ne teste que … lorsque la personne décède !
    http://www.rfi.fr/fr/ticker/nouveau-coronavirus-fait-deux-morts-iran

    Autre exemple : aujourd’hui en Corée du Sud, sur 20 nouveaux cas, 15 sont liés au patient 31, une femme de 60 ans ayant assisté à une cérémonie religieuse. Pour un cas « cluster » connu, combien sont non connus ?

    La crainte de l’OMS que d’autres foyers se déclarent, notamment dans les pays sans structure médicale suffisante, semble juste.

    Il se dit de plus en plus que la durée d’incubation pourrait aller jusque 24 jours, et que le taux R0 de réplication serait plutôt entre 3 et 4 au lieu d’entre 2 et 3 comme supposé actuellement. Avec le manque de fiabilité du virus, il va être difficile d’éviter la pandémie ! D’ailleurs, notre ministre aurait dit (pas trouvé de lien) qu’il fallait s’y préparer.

    Une étude publiée par une université chinoise sur le site ResearchGate (qui a été par la suite effacée dudit site, il n’est décidément pas bon d’être lanceur d’alerte par là-bas) soupçonne que le patient 0 serait une chercheuse d’un laboratoire de virologie de Wuhan mordue par une chauve souris infectée, et qui aurait été sous surveillance sans doute pas assez longtemps (sous estimation de la durée d’incubation). Pas lu le document, si cela intéresse quelqu’un, ce serait celui-là : https://web.archive.org/web/20200214144447/https://www.researchgate.net/publication/339070128_The_possible_origins_of_2019-nCoV_coronavirus

    Un média officiel dément …
    https://www.globaltimes.cn/content/1179675.shtml

    Fake news, or not fake news ?

  11. Suivi du Diamond Princess :
    Total de cas confirmés, jour par jour, sur 3711 passagers et membres d’équipage.

    25 janvier 2020 : 1 cas suspect débarqué lors de l’escale à Hong-Kong, mais testé négatif.
    1er février 2020 : 1ère quarantaine au large de Naha, levée rapidement.
    3 (ou 4) février 2020 : le cas suspect de Hong-Kong est de nouveau testé, et cette fois-ci confirmé. Le navire est mis de nouveau en quarantaine à Yokohama.
    5 février 2020 : +10 cas confirmés. Total : 10. Total testées : 31
    6 février 2020 : +10 cas confirmés. Total : 20. Total testées : +71 → 102
    7 février 2020 : +41 cas confirmés. Total : 61. Total testées : +171 → 273
    8 février 2020 : +3 cas confirmés. Total : 64. Total testées : +6 → 279
    9 février 2020 : +6 cas confirmés. Total : 70. Total testées : +57 → 336
    10 février 2020 : +65 cas confirmés. Total : 135. Total testées : +103 → 439
    11 février 2020 : +39 cas confirmés. Total : 174. Total testées : +53 → 492
    13 février 2020 : +44 cas confirmés. Total : 218. Total testées : +221 → 713
    15 février 2020 : +67 cas confirmés. Total : 285. Total testées : +217 → 930
    16 février 2020 : +70 cas confirmés. Total : 355. Total testées : +289 → 1219 (73 asympt)
    17 février 2020 : +99 cas confirmés. Total : 454. Total testées : +504 → 1723
    17 février 2020 : 14 cas confirmés sur 300 américains évacués.
    18 février 2020 : +88 cas confirmés. Total : 542. Total testées : +681 → 2404
    19 février 2020 : +79 cas confirmés. Total : 621. Total testées : ?

    Si l’on compte en plus le passager débarqué à Hong-Kong le 25 janvier, et les 14 (pour l’instant) américains confirmés après leur débarquement, nous sommes à 636 cas.

    L’épidémiologiste japonais Kentaro Iwata déplore les conditions mises en œuvre à bord pour la quarantaine du Diamond Princess, et considère que le virus peut être « partout » sur le bateau.
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/coronavirus-a-bord-du-paquebot-diamond-princess-un-medecin-denonce-le-chaos_fr_5e4d0378c5b6eb8e95b51bae

    Il est évident qu’en touchant son smartphone avec des gants potentiellement contaminés, on contamine ledit téléphone (que l’on utilisera sans gants plus tard …). Pour moi, la contamination peut aussi venir par l’intermédiaire du plateau repas (plateau, vaisselles, couverts, …) lorsqu’ils sont créés en cuisine puis transportés aux passagers par les membres d’équipage malades dont les règles d’hygiène de base ne sont pas respectées. Il n’y a donc pas uniquement l’air conditionné qui pourrait être la cause de la contamination.

    Un chauffeur de taxi qui avait transporté des passagers du DiamondPrincess est infecté (gravement) par le CoVID-19.

  12. @ Toulet Alexis

    Il y a bcp de choses dans votre message. J’essaye de répondre sincèrement:

    1°) Souveraineté sur de Russie et de Chine

    Pour beaucoup de Russes, Poutine a sauvé et redresé la Russie du bourbier de l’ère post Gorbachev et de l’ère Eltsine. Période où la Russie subissait dépecage et pillage au service des intérêts occidentaux. Les Russes n’oublient pas cette période humiliante et dramatique où l’espérance et le niveau de vie des Russes ont diminué. Poutine part en 2024, il est en train de préparer sa transition. L’idée est de renforcer l’état providence et le partage de la prospérité. Pour cela, il faut plus de ‟cohésion nationale” et plus ‟d’écoute des besoins des citoyens”. A l’opposé de ce qui se pratique dans les pays occidentaux ; tout particulièrement en France, où nos dirigeants n’éprouvent aucune hésitation à faire crever les yeux ou arracher les mains de leurs concitoyens lorsqu’ils manifestent contre la dégradation de leurs conditions de vie…

    En Chine, il faut lire les livres de Xi Jinping : « La gouvernance de la Chine ». Au lieu de passer leur temps à lire exclusivement des études sur la Chine rédigées par des étrangers, on devrait étudier l’analyse dressée par le pays lui-même. Xi Jinping a développé le concept de «communauté de destin pour l’humanité», une conception intégrée, allant des notions économiques fondamentales aux conclusions directes vis-à-vis des relations entre les pays, cette œuvre est à même de servir de base solide sur le long terme à la politique extérieure de la Chine, dans le respect des intérêts des autres pays. Les Américains s’opposent à cette idée de Xi Jinping en répondant : «Le monde n’est pas une “communauté mondiale”, mais une arène où les nations, les acteurs non gouvernementaux et les entreprises s’élancent et rivalisent pour remporter la mise». Grotesques !

    2°) Les problèmes au Xinjiang

    Il y a une politique de diabolisation de la Chine. On utilise les problèmes au Xinjiang et au Tibet pour dénigrer la politique chinoise. Et dans cet optique, la presse occidental ment énormement.

    Sur le Tibet, de nombreuses études universitaires démontent la propagande occidentale avec une étude démographique. On peut consulter ce site pour plus d’informations : http://tibetdoc.org/

    Sur le Xinjiang, la Chine est accusée par les médias occidentaux d’incarcérer 1 million de personnes (soit un Ouïghour sur dix). Souvent sans aucune preuve ou source n’est mentionnée.

    Il faut savoir que la Chine fait face à une menace islamiste réelle sur sa population et son territoire. Ces menaces ont été proférées publiquement, vidéo à l’appui, par des membres de Daesh. Il y a eu des attentats sanglants. La Chine, comme la Russie, souhaite traiter le problème à la source, et ne laissera pas des djihadistes sur-entraînés rentrer en Chine. La Chine rééduque certains de ses citoyens ouïghours qui sont tentés de se radicaliser sur son sol. Le programme de déradicalisation chinois a été lancé: la Chine identifie pro-activement les membres à risque de la société du Xinjiang, voire déjà radicalisés, qui pourraient constituer une menace pour la sécurité de ses autres citoyens, et elle les inscrit de manière responsable dans des programmes de déradicalisation approfondis, pour leur retirer le lavage de cerveau qu’ils ont subi. Au cours de cette période, ces personnes reçoivent également une formation professionnelle, afin qu’elles puissent réintégrer la société une fois libérées.

    La Chine a invité des représentants de pays musulmans à visiter ces infrastructures. Ces experts n’ont pas signalé de violation de droits de l’homme. Au contraire, on a entendu des commentaires positifs quant à ces programmes. C’est pour ça que 37 pays soutiennent la Chine : https://www.lexpress.fr/actualite/monde/37-pays-soutiennent-la-chine-accusee-de-detentions-arbitraires-dans-le-xinjiang_2089412.html

    3°) « Interdiction aux Français comme aux Européens de tenter de rattraper leur retard ! Sinon, punition contre le commerce européen en Chine ! »

    La Chine n’interdit rien. Elle défend ses intérêts: si les pays européens interdisent Huawei, la Chine fait de même pour les entreprises européennes.

    En réalité, les Américains ne veulent pas de Huawei, non pas à cause des menaces de sécurité. La vraie raison pour laquelle les États-Unis ne veulent pas que quiconque achète les produits Huawei est qu’ils sont la seule grande entreprise de réseau que les États-Unis ne peuvent pas « convaincre » de leur fournir des portes dérobées. Ces derniers jours, l’affaire Crypto AG, une opération de la CIA/NSA/BND, est fuité au Washington Post. L’histoire réchauffée de Crypto AG est une subtile calomnie contre Huawei et même du russe Kapersky. Les États-Unis veulent montrer aux Européens que les produits de télécommunication peuvent être manipulés, tout comme les États-Unis ont manipulé Crypto AG pour espionner les Européens. Les États-Unis ont donc fait pression sur convaincre Boris Johnson, mais les menaces ont irrité le gouvernement britannique.

    Les produits Huawei sont assez bons, relativement bon marché et facilement disponibles. Ils sont tout aussi buggés que les produits des autres fournisseurs d’équipement. Les pays européens ne craignent pas la Chine, ni même l’espionnage chinois. Ils savent que les États-Unis font de même à une échelle beaucoup plus grande. Les Européens ne voient pas la Chine comme une menace et ils ne veulent pas être impliqués dans l’escalade entre les États-Unis et la Chine.

    4°) Le problèmes en mer de Chine

    Sujet très difficile… Je reviendrai quand j’aurai le temps.

    1. « Trente-sept pays, dont la Russie, l’Arabie saoudite et la Corée du Nord, ont écrit à l’ONU pour soutenir Pékin, après la lettre envoyée par une vingtaine de pays, principalement occidentaux, pour dénoncer les internements dans la région chinoise du Xinjiang.  »

      No comment.

      1. Et oui, vous avez bien lu. Des pays musulmans comme le Pakistan, l’Arabie Saoudite et même l’Algérie n’ont pas critiqué le programme chinois. Bien évidemment, un pays comme l’Arabie Saoudite ne respecte en rien les droits de l’homme, mais c’est un pays influent qui inspire beaucoup de respect de la part de la communauté musulmane internationale. Et ce pays a l’obligation religieuse de s’exprimer si leurs coreligionnaires se voient opprimés. L’Arabie Saoudite n’a formulé aucune plainte pour ce qui concerne le programme chinois, du fait qu’aucune oppression n’y est à déplorer. L’on peut donc en conclure que les critiques hystériques formulés par certains pans des médias occidentaux vis-à-vis de ce programme de déradicalisation constituent des infox.

        Par contre, des médias des pays musulmans ne sont pas tendres avec Macron et son séparatisme musulman: https://orientxxi.info/magazine/du-separatisme-communiste-au-separatisme-musulman,3638
        De la manipulation avant les élections munipales…

      2. Nicolas,
        Il n’y a aucune plainte de la part de l’Arabie saoudite à propos d’une population musulmane en Chine, donc pour vous cela prouve qu’il n’y a aucune oppression à déplorer au Xinjiang. Pourtant dans votre paragraphe précédent vous admettez que l’Arabie Saoudite ne respecte pas les droits de l’homme.

        Il ne vous vient pas un seul instant à l’esprit que c’est justement parce que en Arabie Saoudite les droits de l’homme ne sont pas respectés que l’Arabie Saoudite ne porte plainte.

        Fort heureusement des défenseurs du régime chinois comme vous ne convainquent plus personne, surtout avec des arguments comme les vôtres. Sauf peut-être quelques anciens Mao ou staliniens …. ou encore ceux qui font profession de propagandiste à titre professionnel ou bénévole 😉

    1. Les chocs entre puissances, dans ce cas des superpuissances, font partie de la nature des choses. C’est un facteur permanent de la vie de l’humanité, toujours à surveiller naturellement.

      L’arrivée du Codiv-19 c’est autre chose. Un événement particulier, dont il n’est pas encore clair si son impact sera limité, quoique douloureux, ou s’il pourrait être brisant.

  13. Mise à jour logistique

    1. Les transporteurs maritimes rapportent des pertes sérieuses (1) du fait des nombreux navires qui doivent rester à l’arrêt vu la diminution du commerce mondial causée par Covid-19 :

    « On se souviendra de février 2020 comme d’une période de perturbation historique des chaînes d’approvisionnement physiques dans le monde entier, alors que le coronavirus anéantit le commerce.
    (…)
    Tous les signes indiquent qu’il y a eu une dislocation majeure des chaînes d’approvisionnement mondiales et du commerce des matières premières », a déclaré Caroline Bain, économiste en chef des matières premières chez Capital Economics. Pour certains produits, « les données de février ne feront qu’empirer ».

    2. Parmi les produits dont les chaînes d’approvisionnement sont fortement menacées… les médicaments (2), sachant que la Chine produit environ 70% de tous les principes actifs de médicaments utilisés dans le Monde. Enfin, plus précisément elle les produisait, avant le Covid-19

    « L’inventaire tampon moyen pour l’industrie pharmaceutique est de trois à six mois. Cependant, cela ne dit pas tout. M. Gaurav a mentionné que la Chine est responsable de la production de 40 % des ingrédients pharmaceutiques actifs (API) pour le monde pharmaceutique. De plus, la Chine fournit 80 % des matières premières clés (KSM), qui sont les produits chimiques des API, à l’Inde. Au total, cela représente 70 % de tous les principes actifs dans le monde.
    De ce fait, le risque de perturbation est encore plus élevé dans l’industrie pharmaceutique. Si les entreprises peuvent disposer de sources alternatives pour les médicaments eux-mêmes ou les ingrédients actifs, même ces fournitures nécessitent probablement des ingrédients provenant de Chine. Tout comme d’autres articles hautement spécialisés, les produits pharmaceutiques nécessiteraient des mois de délai pour la mise en place de nouvelles installations de fabrication. »

    3. S’agissant plus précisément des producteurs de médicaments génériques indiens, qui dépendent largement de principes actifs importés de Chine (3)

    « Les fabricants indiens de médicaments génériques pourraient être confrontés à des pénuries d’approvisionnement en provenance de Chine si le coronavirus s’éternise
    (…)
    « Nous sommes bien placés avec huit à dix semaines d’inventaire clé en place », a déclaré Debabrata Chakravorty, responsable de l’approvisionnement mondial et de la chaîne d’approvisionnement pour Lupin Ltd, ajoutant que la société dispose de quelques fournisseurs locaux pour les ingrédients. »

    La grande question, c’est donc bien la DUREE de l’épidémie. Si elle est vraiment sur le point d’être maîtrisée, comme le pouvoir chinois dit le croire, peut-être la vie pourra-t-elle reprendre rapidement son cours normal en Chine, les industries être redémarrées suffisamment rapidement pour que les stocks intermédiaires suffisent à éviter les pénuries ?

    Mais si les Chinois ne peuvent reprendre le travail normalement pendant encore plusieurs mois, alors même si d’autres foyers importants de Covid-19 n’apparaissent pas ailleurs qu’en Chine, l’impact économique mondial risque bien d’être brisant.

    En tout état de cause, l’estimation de Bruno Le Maire la semaine dernières comme quoi le coronavirus pourrait coûter « 0,1 point » de croissance à la France en 2020 est tellement optimiste qu’il est difficile de l’interpréter autrement que comme une plaisanterie plutôt sotte. Les seuls touristes chinois représentent plus de 4% des revenus du secteur touristique en France (c’est-à-dire 7% du PIB), soit 0,3% de l’économie française rien qu’à eux seuls. Le ministre de l’Economie croit-il donc que leur absence sera le seul impact en France, même dans le scénario le plus optimiste ?

    (1) https://www.bloomberg.com/news/articles/2020-02-15/ships-are-skipping-china-and-it-s-causing-turmoil-for-trade
    (2) https://logisticsviewpoints.com/2020/02/12/coronavirus-automotive-pharmaceutical-supply-chains/
    (3) https://www.cnbc.com/2020/02/13/reuters-america-update-1-indian-generic-drugmakers-may-face-supply-shortages-from-china-if-coronavirus-drags-on.html

  14. https://www.bfmtv.com/international/coronavirus-un-bateau-de-croisiere-debarque-ses-passagers-l-un-d-eux-est-teste-positif-au-virus-1859263.html

    « Le paquebot de croisière Westerdam a trouvé un accueil dans un pays pauvre, le Cambodge:
    L’épidémie de coronavirus continue de s’étendre, et l’inquiétude grandit. Notamment depuis le débarquement, vendredi au Cambodge, des 1455 passagers du MS Westerdam. Une Américaine de 83 ans a en effet contracté le virus après avoir quitté le navire de croisière, rapporte le New York Times.

    « Ce bateau américain, interdit jusqu’alors dans cinq ports asiatiques par crainte du Covid-19, est resté en errance en mer pendant plus de 10 jours. Le Cambodge a finalement accepté de l’accueillir, pressé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), au vu des résultats négatifs du dépistage.
    « Seuls 20 passagers ont été testés »

    Le navire a donc pu accoster jeudi soir, le Cambodge se félicitant d’accorder « plus d’attention aux droits de l’Homme » que d’autres pays, a déclaré l’homme fort du royaume, régulièrement pointé du doigt par les observateurs internationaux en matière de liberté d’expression ou de liberté de la presse. »

    Si le paquebot avait été cambodgien, est-ce qu’il aurait pu débarquer ses passagers aux Etats-Unis?

  15. Voici une réponse de l’ambassadeur de Chine à certains propos irresponsables: http://histoireetsociete.com/index.php/2020/02/16/reponse-de-lambassadeur-de-chine-en-france-a-certains-propos-irresponsables-concernant-lattitude-de-la-chine-dans-sa-lutte-contre-le-coronavirus/

    « Très franchement, qui au monde, pourrait faire face à une épidémie d’une telle soudaineté et prétendre en venir à bout dans la décontraction ? Dans leur gestion de l’ouragan Katrina de 2005 et de l’épidémie de Grippe A de 2009, les Autorités américaines ont dû faire face à d’innombrables problèmes. Pourtant, personne n’a alors songé à les imputer à leur régime politique ou au Capitalisme… D’autres blâment « l’absence totale et délibérée de transparence du Gouvernement chinois dans sa communication sur l’épidémie » alors que c’est exactement le contraire. »

    1. A l’époque de l’ouragan Katrina les critiques adressées au gouvernement des Etats-Unis, ont été très vives. Vous semblez l’avoir oublié.

      1. Ah non, je n’ai pas oublié. Les critiques étaient vives, on voyait des morts flotter dans les rues, mais à aucun moment, on mettait en lien le régime politique et les manquements du pays le plus puissant du monde.

  16. Le point sur la censure en Chine autour de Covid-19 :

    « … Le gouvernement chinois met tous les moyens à sa disposition pour balayer les critiques sur sa gestion de la crise sanitaire. Ce n’est pas sans rappeler la propagande du pouvoir soviétique après la catastrophe de Tchernobyl », conclut Jean-Philippe Béja, spécialiste de la Chine. Rétention d’informations au début, communications rassurantes puis censure… Plusieurs observateurs font une analogie entre la crise que traverse le régime autoritaire chinois et la catastrophe nucléaire de 1986, qui avait mis en lumière les failles d’un régime soviétique moribond. A une nuance près : « Une différence est notable,.. A l’époque, Gorbatchev était disposé à lancer des réformes pour moderniser l’URSS et tendre vers un régime moins autoritaire. Avec Xi Jinping, c’est tout le contraire. »

    https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-covid-19-pour-eviter-un-tchernobyl-chinois-pekin-mene-une-guerre-de-l-information-sur-les-reseaux-sociaux_3822953.html

    1. Les explications de monsieur Béja sont à tirer par les cheveux… Le gouvernement fait ce qu’il peut. C’est tellement facile de critiquer la Chine, mais si ça arrive en France, ce n’est pas sûr que les décisions du gouvernement français soit aussi efficace. Dans les années 1995, je ne sais pas combien il y a eu de morts avec la vague de chaleur en France. Qu’à fait le gouvernement français? Et bien, il a censuré les informations. Non, la censure n’est une spéficité chinoise…

      1. Je vous signale que le sujet de ce billet c’est le coronavirus. Qu’il est apparu en Chine, et que cela a quelques conséquences …
        Si à chaque vous qu’une question pour paraît sensible vous nous répondez, oui, mais il y a ça ici, ça là, et encore ça là-bà, on finit par ne plus pouvoir discuter de rien.

        Mais libre à vous de défendre mordicus la position du gouvernement chinois.
        Personne ne dit que traiter une épidémie est chose facile, la Chine fait des efforts évidents.
        Seulement, si aucune critique n’est possible, on risque d’éluder les problèmes, et c’est ainsi que trois semaines ont été perdues en Chine …. Le nier, c’est nier les faits. On aide pas la Chine en disant : « tout va bien ».

      2. PS.
        Je ne trouve pas du tout absurde la thèse de Jean-Philippe Déjà.
        j’étais moi-même en Chine lorsque Gorbatchev était sur le point de quitter la scène politique Russe.
        En Chine alors beaucoup m’ont fait la remarque que Deng Xiaoping avait eu une réaction différente face à une crise qui venait d’avoir lieu, en l’occurrence le mouvement de la place Tian An’men.
        Deng Xiaoping a réprimé dans le sang, Gorbatchev devant la catastrophe de Tchernobyl a eu une autre attitude, qui a consisté à lancer la perestroïka.
        La Chine a fait l’inverse, elle a préféré jouer la carte du capitalisme d’Etat plutôt que de faire une réforme politique. Il n’y a pas eu de 5ème modernisation en Chine. Pourtant, à l’époque, certaines personnes, comme Wei Jingsheng qui avaient souffert de la révolution culturelle, l’ont réclamé, sur le mur de Xidan. (mur on l’on collait les « da zi bao », situé sur la grande avenue qui traverse Pékin d’est en ouest.

        Du point de vue économique l’ouverture de la Chine au monde a été une réussite. Mais cette réussite a un prix : la Chine en obtenant un statut de grande puissance a maintenant une responsabilité planétaire. C’est très bien, mais à la condition que soit entamée une réforme politique, la réforme économique produit les mêmes erreurs que celle qui ont et sont toujours commises en Occident.

        Ce qui est triste et inquiétant, c’est qu’aucun dirigeant des grandes puissances ou pays disposant de vastes ressources, n’est aujourd’hui à la hauteur des enjeux planétaires. Trump, Poutine, Xi Jinping, Modi, Bolsonaro, aucun pour racheter l’autre. Ils font tous des politiques qui consistent à dilapider les sources précieuses et rares de la planète Terre. Une minorité de terriens s’enrichit au delà de toute mesure pour un objectif de croissance qui ne mène nulle part.

      3. @ Dambrine Pierre-Yves

        Je n’ai pas vu ce message. Je ne cherche pas à défendre quoi que ce soit. Je souligne juste l’incompétence de ces sinologues à comprendre un pays. Ca fait trente ans que j’écoute Béja et ça fait 30 ans qu’il raconte des conneries sur la Chine. Un moment, il faut dire stop ! Je n’ai jamais vu de spécialiste sur les Etats-Unis donner des avis sur tout ce qui touche les Etats-Unis. Justement, le thème, c’est le coronavirus. Et sur ce thème, je ne vois pas en quoi les propos de Béja permettent de comprendre la situation. A ce que je sache, il n’est pas spécialiste en virus, non ?

      4. Ah bon, il faut être spécialiste d’un sujet à chaque fois qu’un sujet est abordé dans l’actualité ?
        SI l’on vous suit, les citoyens n’ont plus leur mot à dire si le sujet n’est pas de leur domaine de compétence.
        C’est la négation du débat démocratique.

        Jean-Philippe Béjà est un sinologue citoyen, que cela vous plaise ou pas. Et il connaît bien la Chine.

      5. @ PIerre-Yves Dambrine

        Demandez aux Russes de ce qu’ils pensent de Gorbatchev: il est officiellement suspecté de trahison :

        « Un membre de la Chambre Publique de la Fédération de Russie, Georgy Fedorov, a envoyé une requête au procureur général Iouri Tchaïka lui demandant de vérifier le contenu des conversations entre les dirigeants de l’URSS et le président des États-Unis dans le cadre des articles du Code pénal concernant la «trahison» et la «divulgation de secrets d’Etat » et, si nécessaire, d’engager des poursuites.

        Cette requête a été motivée par des transcriptions déclassifiées de conversations téléphoniques dans lesquelles les chefs politiques, à savoir Mikhaïl Gorbatchev et Boris Eltsine, donnent des informations à George HW Bush à propos de la destruction de l’URSS. »

      6. Nicolas,
        Ce que vous dites n’est étayé sur aucune preuve, et il n’y a pas eu de procès, si tant est qu’il puisse y avoir un procès équitable dans un pays, la Russie, où la justice est aux ordres du pouvoir.

        Gorbatchev a évité que la chute de l’union soviétique se termine par un bain de sang, rien que pour cela il mérite notre respect et même notre admiration. Il a signé le traité de réduction des armes stratégiques, ce même traité qui aujourd’hui vole en éclats.
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Traités_Start_de_réduction_des_armes_stratégiques

        Vous ne répondez pas sur le fond de mon analyse, qui consiste à dire que tous les gouvernants de ce monde partagent une vision commune du développement, fondé sur une croissance aveugle, par delà les différences nominales de régimes politiques.
        Toutes les puissances, petites et grandes sont confrontées d’une manière ou d’une autre, à soit une absence de démocratie comme en Chine, en Russie, …. soit à une régression démocratique, comme aux USA, et dans beaucoup d’autres pays, y compris la France. Le problème est donc général.

        Les élites, les gouvernants, sont incapables de répondre aux défis immenses : réchauffement climatique, destruction de la biodiversité, inégalités sociales.
        Il y a plusieurs causes dont l’une est que le système global est un système capitaliste, ce système a différentes couleurs locales, plus privatif ici, plus étatique là, mais toujours avec les mêmes effets : dilapidation des ressources naturelles, et production de fortes inégalités sociales.

        Comprenons-nous bien, je ne fais pas une fixation sur la Chine, toutes les grandes puissances sont responsables devant les terriens de ce qui est en train de se passer, qui est la possible extinction de l’espèce humaine.
        Seulement, j’aborde le cas chinois, car, comme j’essaie de vous le dire, il est une partie d’un problème global.

      7. @ PYD

        Béja un sinologue citoyen? Laissez moi rire. Il ne s’exprime que sur les difficultés de la Chine. Il ne dit jamais de telles choses sur la France. Il connaît très la poudre dans les yeux du voisin.

        Si de telles personnes conseillent la France, il n’y a rien d’étonnant que la France perde de l’influence un peu partout.

      8. Nicolas,
        La différence entre vous et moi c’est sans doute que vous vous préoccupez de l’influence des Etats comme si c’était une fin en soi ; ce qui m’intéresse c’est le sort de l’humanité dans son ensemble et le sort de chaque être humain.
        La dignité humaine est-elle respectée dans telle ou telle situation ?

        A quoi cela sert-il d’avoir de l’influence dans le monde si c’est pour en faire un mauvais usage ?
        Ce que je dis là s’applique bien entendu à n’importe quel pays. Votre optique est nationaliste, or c’est un fléaux dont il faut se débarrasser. La course à l’influence et à la puissance mènent le monde à sa perte.

      9. @ Pierre-Yves Dambrine qui écrit « La différence entre vous et moi c’est sans doute que vous vous préoccupez de l’influence des Etats comme si c’était une fin en soi ; ce qui m’intéresse c’est le sort de l’humanité dans son ensemble et le sort de chaque être humain ».

        Je ne préoccupe pas forcément des états, mais je pense que seuls les états sont capables d’organiser la paix, la solidarité et l’égalité entre les humains. Pourquoi quand on parle pays, vous pensez à nationalisme ? Historiquement, la notion de nation est une idée de gauche. On voit bien qu’une institution supranationale comme l’Europe n’apporte rien en terme protection sociale. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’Europe n’est pas une nation. Un pays n’est possible qu’en présence d’un ensemble de citoyens liés par des liens de solidarité tels qu’ils permettent de dégager un intérêt général. Ce sont ces liens de solidarité qui empêchent la majorité d’écraser la minorité. Ces liens de solidarité inconditionnelle et impersonnelle sont le fondement de la construction nationale. Ils se sont forgés dans chaque pays au cours de longs siècles, dans un processus au cours duquel une langue, un droit, des institutions civiles et politiques, une sociabilité, un rapport au divin, une littérature, une musique qui étaient au départ celle d’une partie minoritaire de la population sont devenus le patrimoine commun de l’immense majorité sinon de la totalité des citoyens. C’est le fait d’avoir ce patrimoine en partage qui permet à chacun de nous de voir dans son compatriote, même inconnu, même indigne, un autre soi-même. Pourquoi croyez-vous que lorsqu’un Français est blessé quelque part dans le monde, tous les Français sentent que quelque part c’est leur problème ? L’Europe n’est par contre pas une nation, et elle ne le sera pas de sitôt. On peut constater chaque jour qu’il n’y a pas de solidarité inconditionnelle entre européens comme elle existe entre les citoyens d’une même nation.

        Dans cette idée de nation, seuls les présidents russe et chinois ont réfléchi sérieusement en plaçant la souveraineté comme principe au dessus de tout. Et ils ont raison: en droit international, il n’y a pas de démocratie pour les peuples sans reconnaissance de leur souveraineté sur leur territoire, leurs ressources et sans remise en cause donc de tous les pillages coloniaux. La politique d’ingérence américaine est un danger pour le monde.

      10. @ Nicolas

        Je me sens proche de votre défense de l’idée de nation et du principe de la souveraineté, mais je voudrais vous mettre en garde sur un point important.

        Quand vous écrivez « Dans cette idée de nation, seuls les présidents russe et chinois ont réfléchi sérieusement en plaçant la souveraineté comme principe au dessus de tout » vous acceptez comme si elles étaient entièrement sincères leurs proclamations diplomatiques. Or, elles sont largement démenties par les faits.

        Même si on accepte de mettre le manteau de Noé sur les conditions de la réunion de la Crimée à la Russie, en disant comme Giscard d’Estaing et d’autres anciens hommes d’État européens que c’est un « cas spécial », que dire du comportement du PCC qui :
        – Place une chape totalitaire sur un petit peuple pour cause de différence religieuse, envoyant le dixième d’entre eux en camps de rééducation
        – Respecte tellement la souveraineté de ses voisins asiatiques qu’il capture toutes leurs îles qui l’intéressent
        – Attire les pays les moins développés dans des contrats léonins avec des promesses d’argent frais
        – Vise en établissant un monopole pratique des infrastructures 5G non seulement son développement économique comme c’est naturel mais une capacité d’espionnage et d’influence universelle

        Évidemment, il y a quelque chose de savoureux à voir led États-Unis s’en inquiéter, étant donné qu’ils faisaient exactement la même chose il y a encore quelques années – Cisco, NSA… – et tentent de continuer. Mais si vous voyez deux fauves s’entre déchirer, avez vous la moindre raison de croire l’un ou l’autre qui proteste n’être qu’un paisible herbivore ?

        Le souci de la souveraineté, qu’on la recherche au niveau européen comme Macron, ou au niveau national, ne peut consister à choisir un maître plutôt qu’un autre !

        S’agissant de Macron, qui plaidait à la conférence de Munich pour que les Européens construisent leur indépendance technologique notamment dans le domaine de la 5G, l’ambassade chinoise en France a réagi au quart de tour… elle est immédiatement passée aux menaces ! (1)

        « Si, par souci de sécurité, le gouvernement français a réellement besoin de fixer des contraintes aux opérateurs, il devrait établir à cet égard des critères transparents et traiter toutes les entreprises de la même manière. Nous ne souhaitons pas voir le développement des entreprises européennes dans le marché chinois affecté à cause de la discrimination et du protectionnisme de la France et d’autres pays européens à l’égard de Huawei »

        Interdiction aux Français comme aux Européens de tenter de rattraper leur retard ! Sinon, punition contre le commerce européen en Chine !

        L’impérialisme chinois est plus jeune que l’américain, mais plein d’ardeur et d’autant plus désireux de mettre les bouchées doubles. Nous sommes bien coincés entre deux impérialismes.

        Et le Bernie Sanders chinois, où est-il ? En camp de travail, j’en ai bien peur…

        (1) http://www.opex360.com/2020/02/17/la-technologie-5g-va-t-elle-mettre-lotan-en-peril/

      11. « la souveraineté au dessus de tout »
        C’est justement ce principe qui me semble très dangereux. Je précise que ne ne suis pas contre l’existence des Etats et des nations. Ce sont des ensembles effectivement tissés de liens solidaires, mais ces liens servent malheureusement trop souvent des objectifs qui n’ont rien de solidaire, comme la compétition économique mondiale…. la guerre, ….
        Au nom de la souveraineté érigée en absolue indiscutable, le fait est qu’on accepte et justifie même que des des peuples ou des catégories de gens de ces peuples soient privés des droits fondamentaux, et parfois de toute dignité. AU nom du nationalisme on en vient à trouver normal qu’après tout la liberté d’expression en Chine n’est pas non problème. Non, elle est notre problème, et pas qu’en Chine, en France, et partout dans le monde. Je suis un membre de la nation française, mais aussi un citoyen du monde.

  17. Le douzième cas français est un britannique qui faisait parti de ceux ayant vécu au chalet des Contamines, mais qui, comme cinq autres, avait été testé négatif au coronavirus. Comme c’était un cas « contact rapproché », les six avaient été mis en quarantaine dans un hôpital à Lyon.

    Or, 7 jours plus tard, alors qu’il était en confinement strict, il est positif au coronavirus. Cela signifie donc que le premier test était un faux négatif, peut-être parce que la charge virale était trop faible.

    Je me suis demandé pourquoi on mettait en quarantaine des gens qui avait été testés négatifs (cas également de nos français rapatriés de Wuhan). Et bien, tout simplement parce que le test est peu fiable lorsque l’on est en phase d’incubation.

    Il y a pourtant quand même des cas qui ont été positifs au coronavirus tout en étant asymptomatiques (73 actuellement sur le Diamond Princess).

    Le 3 février dernier, le Japon avait déjà remarqué que les tests étaient peu fiables, y compris sur des personnes montrant les symptômes.
    https://www3.nhk.or.jp/nhkworld/en/news/20200205_04/

    3 personnes précédemment testées négatives se sont retrouvées positives quelques jours après. Par exemple, une femme testée négative un jeudi avec de la toux et de la fièvre, puis positive le samedi suivant alors qu’elle développe une pneumonie.

    Cela expliquerait pourquoi la Chine a recalculé le nombre de cas confirmés et de morts, en tenant compte des radios pulmonaires en plus des tests, car elle a dû conclure également au manque de fiabilité des-dits tests.

    Et maintenant, la population des Contamines sera-t-elle re-testée ?

  18. Non, les chiffres des derniers jours ne sont pas faux. La Chine a ajouté une nouvelle catégorie d’infections. Cela ne concerne que la province du Hubei. Désormais, les personnes, qui présentent des symptômes de pneumonie , sont considérées comme atteintes du COVID-19. Ces critères s’appliquent rétroactivement aux personnes décédées. Les personnes qui ont simplement une grippe sont aussi comptées positivement.

    Ce changement a été mal communiqué. Les motifs ne sont pas clairs. Les autorités n’ont peut-être pas confiance dans les tests pour identifier le virus. Une autre raison est que les malades ne se sont pas déplacées à l’hôpital.

    Il faut savoir que la Chine est toujours un pays en voie de développement. Le système de santé universel n’existe pas. Les Chinois ont une assurance, mais cela ne rembourse que 50%. Le gouvernement veut payer 100% des coûts liés au coronavirus. Cette nouvelle méthode permettrait au gouvernement de prendre à charge plus largement.

    1. Dans cette affaire on déplace le problème du diagnostic sans le résoudre, car d’après certains experts qui se sont exprimés sur la question, le diagnostic par radio pulmonaire n’est pas déterminant, pas plus que ne l’étaient les tests sérologiques, pas très fiables non plus. Bref, on est dans le flou.

      Peut-être faudrait-il comparer les chiffres des morts de la grippe saisonnière à Wuhan des années précédentes, ou dans le Hubei, avec les chiffres des morts attribués à Covid-19 aujourd’hui. Ce serait un moyen plus sûr il me semble pour déterminer quels sont ceux qui sont vraiment morts de Covid-19. Pour avoir au moins un ordre de grandeur.
      Encore faudrait-il que ces chiffres des morts de la grippe saisonnière existent, et qu’ils soient bien entendus divulgués s’ils existaient.

      Concernant la prise en charge financière des malades du coronavirus c’est effectivement un des éléments qui a pu entrer en ligne de compte dans la décision des autorités sanitaires chinoises de changer de méthode.

  19. Interrogé récemment (à une date sur un lieu non communiqués dans l’article de la BBC cité sur RFI) à propos de Li Wenliang, l’épidémiologue chinois Zhong Nanshan , ému, a déclaré qu’à l’avenir les médecins qui diront la vérité ne seront plus pénalisés.
    Outre ses prévisions relatives à l’évolution de l’épidémie, il a exprimé le souhait que l’on promulgue une loi très contraignante pour interdire la consommation d’animaux sauvages.
    http://www.rfi.fr/cn/中国/20200215-李文亮-钟南山指医生以后讲真话不会再受罚

    Un autre article, de RFI, signale que la police à partir du 12 février a convoqué toutes les personnes qui ont signé la pétition demandant la liberté d’expression qui a circulé sur les réseaux sociaux, il leur été demandé de supprimer leurs signatures.

    Depuis le 12 Février également un grand nombre des photos, informations, commentaires relatifs à Li Wenliang ont été retirés des réseaux sociaux Weibo et Weixin. On peut cependant encore trouver des documents et photos sur Li Wenliang, mais c’est parce que dès le soir les internautes les postent à nouveau, et cela jusqu’à aujourd’hui 15 février.

    A ce jour le groupe d’enquêteurs dépêché à Wuhan par le pouvoir central pour enquêter sur les réactions du public à propos de toutes les questions relatives au docteur Li Wenliang, n’a pas remis ses conclusions.

    http://www.rfi.fr/cn/中国/20200215-推李文亮逝世日为-言论自由日-警方又忙约谈与删除

  20. Petit rappel,
    Petit rappel,
    Grippe espagnole + de 40 millions de morts (pour environ 1 milliard de terriens);
    grippe asiatique 4 millions de morts;
    grippe de Hong-kong 2 millions de morts;
    virus HIV jusqu’à aujourd’hui environ 40 millions de morts et ce n’est pas fini;
    pneumonie infantile, chaque année 500 à 600.000 enfants de moins de 5 ans en meurent de part le monde !

    Cordialement.

  21. Les autorités chinoises annoncent que le chiffre des contaminations annoncé n’inclut pas les personnes asymptomatiques (1)

    «
    Le vice-président Zeng Yixin de la Commission nationale chinoise de la santé a déclaré lors d’une conférence de presse le 14 février que les compte-rendus quotidiens de pneumonie causée par le nouveau coronavirus n’incluaient pas les personnes asymptomatiques ayant été testées positivement au virus.

    Le nombre de personnes infectées en Chine a atteint 63 851 (à 1 heure du matin, heure du Japon), mais il devrait encore augmenter si l’on inclut le nombre de personnes ne présentant pas de symptômes.

    Il a déclaré que bien qu’il ait été demandé aux institutions médicales de signaler le traitement des patients atteints d’infections asymptomatiques dans les deux heures suivant leur découverte et de les isoler pendant 14 jours, il ne s’agissait pas de cas médicaux et qu’il n’était donc pas nécessaire de les divulguer au public : « Sans symptômes tels qu’un éternuement aigu, il est peu probable que la maladie se propage », a-t-il ajouté
    »

    Le chiffre des contaminations est donc significativement supérieur. Non seulement les contaminations non détectées, ce qui tombe sous le sens, mais même les détectées.

    Je trouve l’argument « Sans symptômes il est peu probable que la maladie se propage » très inquiétant de la part d’un officiel chinois. Étant donné que les épidémiologistes disent le contraire.

    Certes, il est question d’isoler ces personnes pendant 14 jours. Mais si c’est avec l’idée que bof c’est juste pour la forme, ça risque de ne pas être vraiment appliqué dans le monde réel.

    (1) Source https://www.jiji.com/jc/article?k=2020021401001&g=int

    1. Il y a donc maintenant officiellement deux comptabilités distinctes, celle divulguée au public, et l’autre.

      Tout cela me semble-t-il s’inscrit dans un contexte politique qui consiste à ‘wuhaniser’ la lutte contre l’épidémie :
      on fait le pari en haut lieu que l’épidémie restera circonscrite à la province du Hubei qu’il s’agit alors d’isoler, le temps qu’il faudra, du reste de la Chine et du monde, en y plaçant des hommes de confiance de Xi jInping, l’un à la tête de la province, et l’autre à la tête du parti à Wuhan. La stratégie de lutte contre l’épidémie devant avant tout répondre à un objectif politique : éviter à tout prix que l’exaspération de la population prenne une forme politique à Wuhan, laquelle pourrait se propager dans le pays.
      Soit dit en passant un nouveau chef de la région Hong-Kong et Macau qui dépend du Conseil d’Etat, connu pour ses méthodes musclées, vient d’y être nommé, l’exécutif de Hong-Kong ayant mal géré le début de la crise. IL s’agit là aussi de reprendre la main à Hong-Kong.
      Autrement dit, les autorités sont bien conscientes que la situation n’est pas sous contrôle à Wuhan : pour preuve les hôpitaux eux-mêmes sont des vecteurs de contamination importants. Idem sans doute pour les quarantaines… IL n’y a que des moins mauvaises solutions en attendant que Covid19 régresse.
      J’espère me tromper et que l’épidémie puisse être jugulée rapidement à Wuhan et au Hubei, mais cette attitude des autorités centrales ne semble malheureusement pas indiquer que ce soit le cas;

    2. « Je trouve l’argument « Sans symptômes il est peu probable que la maladie se propage » très inquiétant de la part d’un officiel chinois. Étant donné que les épidémiologistes disent le contraire. »

      Notre gouvernement, notamment par la voix de son ministre de la santé, et sur le site internet officiel, disait aussi la même chose. Depuis, cela a été retiré du site. Mais pas des paroles et des actes …

      Car l’action mise en place, qui consiste à ne pas surveiller la frontière, montre bien que l’état d’esprit est le même : asymptomatique = non contagieux.

      Or des cas qui sont asymptomatiques, il doit y en avoir un paquet. Sur le bateau Diamond Princess, j’espère qu’ils vont pouvoir faire tous les tests et compter ainsi le nombre d’asymptomatiques. D’ailleurs, le français contaminé en est un. Il a été testé du fait de son âge avancé (80 ans), il était donc dans la population à risque élevé. Rappelons que sur ce bateau, les soupçons sont venus après la découverte d’un cas après son débarquement à Singapour ou Hong-Kong, je ne sais plus. Il y en avait hier 218.

  22. Les conditions de travail très difficiles des personnels hospitaliers à Wuhan, le manque d’équipements basiques (masques ; combinaisons ) et la nécessité aussi d’utiliser des équipements parfois très coûteux (poumons artificiels, perfusions ..) pour assurer la survie des personnes les plus atteintes :

    https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/coronavirus-a-wuhan-des-medecins-mal-proteges-qui-travaillent-dans-la-peur-147a70998eb1ff1b587931888226d4b5

    https://www.scmp.com/news/china/society/article/3050339/coronavirus-clad-protective-suits-wuhan-doctors-battle-outbreak

  23. Suivi du Diamond Princess :

    Total de cas confirmés, jour par jour, sur 3711 passagers et membres d’équipage.
    5 février 2020 : +10 cas confirmés. Total : 10
    6 février 2020 : +10 cas confirmés. Total : 20
    7 février 2020 : +41 cas confirmés. Total : 61
    8 février 2020 : +3 cas confirmés. Total : 64
    9 février 2020 : +6 cas confirmés. Total : 70
    10 février 2020 : +65 cas confirmés. Total : 135
    11 février 2020 : +39 cas confirmés. Total : 174
    13 février 2020 : +44 cas confirmés. Total : 218 Total des personnes testées : 713 (bien sûr, ce sont les plus suspectes qui l’ont été en premier).

    La grande majorité des passagers ont plus de 60 ans, et certains ont des maladies longues durées (diabète, insuffisance cardiaque, …). Le gouvernement japonais est dans l’incapacité de pouvoir réaliser plus de 300 tests par jour. Il souhaiterait cependant d’ici au 18 février en faire 1000 par jour, mais cela semble être la capacité maximale du système de santé japonais.

    https://www.courrierinternational.com/article/sante-coronavirus-la-tension-monte-autour-du-diamond-princess-en-quarantaine-yokohama

    Extrait :
    « [i]Face à cette situation, le gouvernement japonais a décidé d’examiner environ 3000 passagers, qui n’ont pas encore été dépistés. “Pour diagnostiquer 1000 personnes par jour, nous allons demander de l’aide à l’Institut national des maladies infectieuses, ce qui renforcera au maximum la capacité de test des universités et des entreprises privées” auxquelles le gouvernement a déjà fait appel, a déclaré le ministre de Santé Katsunobu Kato, cité par la chaîne publique NHK. Le gouvernement espère y procéder à partir du 18 février, la veille de la fin prévue de la quarantaine.
    Jugée très coûteuse et technique, cette opération faisait pourtant débat au sein même du gouvernement. “Dans l’état actuel des choses, il est difficile de tester tous les passagers”, avait admis lundi le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, cité par Asahi Shimbun.[/i] »

    Ce bateau a « l’avantage » d’être en quarantaine complète, les passagers sont confinés dans leur cabine, il n’y a donc aucune autre infection possible en provenance de l’extérieur. On se rend compte que, lorsque la densité de la population est importante, la contagion est très importante, et ce, malgré le confinement. A lui seul, il risque de saturer le système hospitalier de toute la région de Yokohama.

    C’est un modèle réduit fiable de ce qu’est capable d’être une épidémie de ce coronavirus.

    1. Samedi 15 février 2020 : +67 cas confirmés. Total : 285.

      Total des personnes testées : 217 + 713, soit 930 personnes.

      Impressionnant la progression de la maladie, alors que tout le monde est confiné depuis 10 jours !

      1. … mais dans un système « trop » ventilé, amha, donc portant les virus dans les salles diverses et variées avant que ce soient passées les deux heures et qqs pour « sécher » les vilaines protéines de surface de CoVid19. (Ca se réhydrate mal, donc c’est « mort » une fois sec…)

    2. Dimanche 16 février: +70 cas confirmés. Total: 355

      Total des personnes testées: 930 + 289 = 1219. Total des testés asymptomatiques: 73.

  24. Voici des infos qu’on ma donné

    J’ai passé une partie de l’après-midi à discuter avec un monsieur qui vit à Hong-Kong (sa mère vit au ici) . Les infos de premières mains me semblent intéressantes. D’après lui les chinois ont fermé une région de 400 millions d’habitants ce qui donne une idée de la gravité de la situation. Au sein de cette région ce trouve la silicon valley chinoise comptant 65 millions d’habitants environ.
    La maladie a ceci de désagréable que l’on peut avoir l’air en pleine santé et s’effondrer mort dans la rue. Du coup là-bas c’est chaud, les gens enferment chez eux les personnes infectées (ou soupçonnées de l’être). Dans la rue des Tanks qui aspergent tout de désinfectant sur des kilomètres à la ronde. Simultanément il y a une épidémie de grippe aviaire. Il y a encore des détails mais voilà l’essentiel

  25. Je trouve la seconde saison époustouflante , quel rebondissement , quelle apothéose , l’épilogue nous réserve sans doute encore moult surprises !
    Probablement la série de l ‘année !

    1. Plutôt un « clap de fin » suivant Sylvestre Huet, qu’on ne peut pas taxer d’être mal informé.
      https://www.lemonde.fr/blog/huet/2020/02/11/integrite-scientifique-affaire-peyroche-clap-de-fin/
      (il est passé à Franc culture hier mercredi matin, avec d’autres).
      En revanche, un peu de rififi à Paris-Saclay, puisque les élections de la première moutures des instances finales vient d ‘avoir lieu et que ça ne s’est pas passé comme prévu : la liste « vraiment à gauche » UDHE/CGT a eu la majorité des voix mais pas des sièges, grâce aux MCF en gros. Et la procédure pour voter sur les « nommés » devient bien sûr très importante. Et se fait dans un cadre dérogatoire en attendant les Règlements intérieurs définitifs. Quelques grains de sable alors que Antoine Petit a décidé d’attiser les feux :
      Il a cette fois-ci comparé les scientifiques à … des footballeurs, il faut une « ligue 1  » … et les autres.
      Misère !

  26. Nous sommes confrontés à une épidémie mal identifiée, la science tâtonne , il n’y a rien de vraiment établi sur les origines de la maladie, ni sur ses modes de contamination, ni sur les tests, ni sur les chiffres. Et on ne sait pas encore quels sont les traitements symptomatiques qui marchent le mieux.
    Cela fait énormément d’incertitudes. Seul le code génétique a été dévoilé en un temps record, hélas la génétique est loin d’être le seul facteur sur lequel on puisse intervenir pour juguler cette épidémie.

    – sur ses origines, on présume qu’il s’agit de la chauve-souris, puis le pangolin comme vecteur direct de la transmission aux humains ; il a été question du fameux marché aux poissons, crustacés et autres animaux sauvages de Wuhan, puis on a évoqué d’autres foyers éventuels, le fait est qu’on ne sait pas encore (le saura-t-on jamais ?) d’où et comment c’est parti, le virologue Guanyi (voir billet « Coronavirus, du rififi en Chine » avait lancé comme une boutade lors de son enquête que c’est comme si la scène du crime avait été détruite. Quid des animaux primo-contaminants ? Ont-ils été conservés pour examen ? Un fonctionnaire zélé n’a-t-il pas tout fait disparaître pour ne pas avoir d’histoires ? (du moins le crut-il…)
    – Sur ses modes de transmission : on a cru d’abord que le seul vecteur est le vecteur aérien par contact rapproché, puis l’on dit maintenant que les matières fécales peuvent porter Covid19 ; des personnes âgées, mais pas que ; aux dernières nouvelles la période d’incubation varierait de 0 à 24 jours (article à paraître de Zhong Nanshan, virologue de référence du ministère de la santé de Chine). Rapellons que pour l’heure les quarantaines en vigueur en Europe et dans bp d’endroit sont de 15 jours…
    ; aux dernières nouvelles il y a aussi le problème de la non fiabilité des tests, aux dires aussi bien des médecins chinois que des US dont l’exportation du test qui y a été mis au point vient d’être stoppée net en attendant leur perfectionnement.
    A tout cela s’ajoute un facteur politique. La censure n’a pas cessé depuis que Xi Jinping a décrété que la situation était très grave. Elle a même repris de plus belle.
    S’agissant de l’aspect économique, les injonctions en Chine sont contradictoires, le pouvoir central serait désireux que la production reparte, mais les provinces freinent si j’en crois au moins un article décrivant la situation des usines travaillant pour la firme à la pomme ainsi que l’article du jour paru dans Le Monde.
    Bien entendu je ne suis pas épidémiologue, ni virologue, je ne peux me fier qu’à ce que rapporte la presse. Toujours est-ils que les plus avisés, les experts, manifestent eux-mêmes leurs incertitudes. Le directeur général de l’OMS la veille ou l’avant veille du jour où les chiffres chinois font un bond suite au changement de méthodologie mettait en garde au niveau mondial quant à la gravité potentielle de la situation, cela malgré les chiffres qui semblaient alors encourageants …en Chine….

  27. J’ai confiance dans les chiffres des autres provinces que le Hubei, où les effectifs de contamination sont, par rapport à la population, 30 à 100 fois moindres, donc le système hospitalier pas saturé. Cas extrême, Tianjin, où j’habite: 15 millions d’habitants, OMS hier 12/02 : 106 cas confirmés, 308 suspectés (plus que n’importe où, on a eu le temps de bien examiner). Et le seul endroit où les chiffres montent vite est le Hubei. Vu de ma petite province calme, aussi bien les mesures extrêmes de contrôle de la population (on en est à cerner des pâtés d’immeubles de barricades pour obliger les habitants à passer par un point de contrôle) que la parano des gens qui s’enferment et n’osent pas aller travailler créent la catastrophe, plus que le virus.

    1. Vous avez les articles du Monde, de Libé, de l’Express, et bien d’autres journaux qui rapportent les cas d’habitants de Wuhan qui n’ont pas été testés ? Beaucoup ont été dirigés vers des espaces (gymnases, centres d’exposition, locaux du PCC, ….) pour mise en quarantaine où l’hygiène est loin d’être optimale.

      Les chiffres peuvent-ils être les bons à partir du moment où une partie de la population passe à travers les maillages trop gros d’un filet tendu par des autorités locales soumises à des injonctions contradictoires : désir de juguler l’épidémie et « politique du chiffre » pour atteindre les objectifs centraux ?

      1. Je ne contredis pas. Il est certain que le système sanitaire de Wuhan est submergé et que les chiffres dépendent autant de la capacité à mesurer que du réel. Mais ailleurs, avec un nombre de cas qui ne dépasse pas l’alerte saisonnière (moins de 500 confirmés ou suspectés à Tianjin pour 15 millions d’habitants, moins de 1000 à Pékin pour 21 millions, dont une toute petite proportion loin des hôpitaux) on peut avoir confiance dans les chiffres. Note: le rapport quotidien de l’OMS donne maintenant les populations par province.

  28. Pas tout à fait convaincu.
    Avant le « changement d’indicateur », la courbe se calmait déjà.
    Sauf à être pessimiste que ce soit déjà le nombre de test qui ait été limité (1 million de test ?) , il est possible que le second chiffre existait dans des colonnes autres et n’a été réuni au CoVid19 « bona fide » que hier.
    Sur une province de la taille de la France en hiver sur tout un mois disons, il y a bien comme ordre de grandeur 20000 grippes saisonnières avec atteinte aux poumons qui donnerait une réponse positive au CT scan (le test limité qui dit juste la présence d’inflammation pulmonaire par Computer Tomography, test qu’on peut faire à la chaine genre 100 par jour sur une machine 24/24, un espèce de scanneur à RX 3D de mémoire).
    Une hypothèse « moyenne » est alors que la « vraie » courbe est la courbe d’avant décalée du facteur qui vent d’apparaitre (x1.35 environ) depuis le début. C’est juste un décalage sur la courbe en log (ma préférée). Certes il implique que les « indisciplinés sont statistiquement plus nombreux, mais à part ça, si on avait pu reconstituer l’allure de la nouvelle courbe depuis le début, elle aurait le même type de saturation.
    Une autre hypothèse un peu moins sympa est que tels districts un peu plus reculés n’ont pas voulu faire paniquer les gens et n’ayant peu ou pas de test et seulement sur la base des symptômes ont joué la carte d’un orage à laisser passer, avec quelques victimes en plus ou en moins dans leur département d’urgences respiratoires, où de toute façon on est déjà bien masqué/protégé pour le personnel. Et ils ne sortiraient du bois que maintenant, révélant des foyers bis de taille pas très contrôlable mais dans des zones néanmoins soumises à fortes restrictions (Hubei ?). Je ne crois pas que l’exponentielle soit un bon modèle au vu du sras et des données qu’on a déjà pu avoir. Que ça puisse être un cygne noir à carburateur mal réglé et qui « ratatouille » en donnant des à-coups (comme la courbe du sras) me paraitrait plus plausible. Ca laisse la place à des incertitudes énormes, en effet.
    Notamment dans les pays Vietnam/Malaisie etc. pour les mois à venir.

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