Covid-19 : entre banalisation et alarmisme, par Marius Gilbert

Marius Gilbert, épidémiologue qui s’est déjà exprimé ici, s’est élevé dimanche dans une émission sur RTL Belgique contre la position défendue par Marc Wathelet. Je lui ai demandé de développer son point de vue. Ouvert aux commentaires.

Covid-19 : entre banalisation et alarmisme

paraît aussi dans La Revue Nouvelle • le 10 mars 2020
SantéSanté PubliqueAction PubliqueCoronavirus.

L’épidémie naissante du coronavirus Covid-19 touche aux peurs fondamentales de nos sociétés. Dans ce cadre, deux positions caractéristiques se sont développées qui mobilisent chacune une sélection subjective des chiffres relatifs aux décès et à la transmission de cette maladie.

“Ce n’est qu’une grosse grippe”

D’un côté, on trouve la position banalisante : “ce n’est qu’une grosse grippe, la grippe tue beaucoup plus que le coronavirus”. C’est effectivement vrai aujourd’hui, puisque la grippe saisonnière a une incidence qui fluctue entre 5 et 10% de la population et un taux de décès qui s’élève approximativement à 0.1%. En revanche, le Covid-19 est un nouveau virus contre lequel la population n’est pas immunisée. Le pourcentage de personnes infectées pourrait donc être beaucoup plus important que dans le cas de la grippe saisonnière.

Pour comparer la dangerosité des deux virus, il y a donc lieu de rapprocher les taux de décès. Pour le Covid-19, les données en provenance de Chine indiquent un taux de décès de 5.8% dans la ville de Wuhan et de 0.7% dans d’autres régions de Chine. Cette différence peut s’expliquer par la saturation des services de santé dans la ville de Wuhan, entraînant une chute dans la qualité de la prise en charge des patients. Dans de bonnes conditions de soins, le taux de décès serait donc de 0.7%. Un autre argument présenté par la position banalisante est de considérer que le décompte des cas ne tiendrait pas compte d’un très grand nombre de cas asymptomatiques qui n’auraient pas été détectés par les autorités sanitaires chinoises, et qui seraient susceptibles d’abaisser ce taux de décès.

Il est ici utile de considérer ce qui s’est passé dans d’autres pays que la Chine. La Corée du Sud a réalisé une campagne de détection et de prévention sans précédent. À la date du 8 mars, 178.189 personnes avaient été testées, pour 6767 cas confirmés et 44 décès. Le taux de décès de 0.65% confirme celui observé en Chine dans des conditions de bonne prise en charge. Mais ces données nous disent également autre chose : il n’y a pas une grande quantité de patients asymptomatiques non détectés susceptibles de faire baisser le taux de décès. Enfin, l’événement dramatique de contamination au sein du bateau de croisière “Princess Diamond” a également permis d’avoir une mesure très précise des cas asymptomatiques qui ont ici pu être échantillonnés en raison des conditions très particulières de cette épidémie, et indique ici aussi un taux de décès de 0.8% (6/705) chez les patients qui ont été traités au Japon.

On le voit, dans de bonnes conditions de traitement, le taux de décès des patient atteints par le Covid-19 est effectivement plus élevé que celui de la grippe saisonnière. C’est donc l’effet combiné d’une grande incidence potentielle et de ce taux de décès, tous deux supérieurs à la grippe saisonnière, qui justifie les mesures fortes qui sont prises pour éviter à la fois une trop grande transmission (qui augmenterait le nombre de personnes infectées) et une saturation des hôpitaux (qui augmenterait le taux de décès par personne infectée).

Mettre la société en quarantaine

À l’opposé de cette position se trouvent les alarmistes qui semblent prêts à mettre l’ensemble de la société en quarantaine en oubliant que toutes les sociétés acceptent de vivre avec un certain nombre de décès évitables, tout en cherchant à les minimiser avec les moyens dont elles disposent. Il y a, vis-à-vis de toutes les maladies, un arbitrage qui se fait entre des intérêts socio-économiques et des intérêts de santé publique et la réflexion de l’autorité publique vis-à-vis du Covid-19 n’a aucune raison d’y échapper. Selon l’European Environment Agency, il y avait, en 2016 et en Belgique, 9380 décès prématurés liés à la pollution de l’air, très largement plus que la grippe saisonnière, et personne n’a demandé que l’on arrête, d’urgence, tous les véhicules et toutes les industries pour les empêcher.

Au travers de deux intervention publiques, l’une adressée à la ministre de la Santé et l’autre à la Première ministre, Marc Wathelet s’est inquiété publiquement de l’état de préparation de notre pays et de la faiblesse de la réponse à l’épidémie alors qu’elle s’établissait sur notre territoire. Le constat qu’il tire sur l’état de notre préparation est juste. Notre pays s’est surtout assuré de pouvoir détecter les premiers cas importés lorsque l’épidémie était limitée à la Chine, mais a réagi avec un temps de retard à l’évolution rapide de la situation et n’a visiblement pas suffisamment anticipé toute une série de besoins en termes de logistique (masques, réactifs), de procédures et de communication.

En revanche, ces deux contributions portent également un certain nombre d’éléments alarmistes qui décrédibilisent complètement leur propos aux yeux de ceux qu’elles cherchent à convaincre.

À titre d’exemple, la transmission par les aérosols, que M. Wathelet met en avant comme un élément particulier de préoccupation, n’est formellement exclue par personne. Mais il y a un consensus assez large sur le fait que celle-ci n’est pas le moteur général de la transmission et le rapport de la mission de l’OMS en Chine est particulièrement clair à ce sujet. M. Wathelet cite ce rapport lorsque les chiffres vont dans le sens de son propos, mais omet de le mentionner lorsqu’ils le contredisent… quand il ne met pas explicitement en cause l’OMS pour “désinformation”. Seul contre tous les gouvernements qui mettent en place les procédures médicale dans leur pays, il estime que la transmission par les aérosols est sous-estimée, ce qui justifierait que toutes les procédures soient adaptées en ce sens.

Son raisonnement autour du taux de reproduction de base est également partiel, ne retenant que les estimations les plus élevées (4.6 et 7). Ce taux est défini comme “le nombre moyen d’infections secondaires produites lorsque un individu infecté est introduit dans une population dans laquelle tout le monde est infectable”. Mais ce nombre, dès le départ, est le reflet du niveau de contact entre cet individu infecté et cette population, puisqu’une personne infectée sur une île déserte ne contaminera jamais personne. Il ne s’agit donc pas d’un paramètre biologique (comme le temps d’incubation par exemple) mais d’un paramètre qui dépend de la structure sociale et démographique dans laquelle est plongé ce premier individu infecté. C’est une mesure utile pour comparer différentes maladies transmissibles en faisant l’hypothèse d’une structure de contacts constante, mais la mesure de ce R0 est particulièrement sensible aux toutes premières données récoltées. Les épidémiologistes obtiennent donc des estimations relativement variables selon l’épidémie, le lieu où elle se propage, la sensibilité de la détection et l’état de l’épidémie au moment où les premiers cas sont détectés et selon la méthode de calcul.

Si effectivement certains travaux ont fait état de valeurs supérieures à 4, une revue plus complète de la littérature indique que ce chiffre doit se situer entre 2 et 3. La situation italienne est très particulière, en raison de la pyramide des âges. Un article en pré-print de Hilton et Keeling, deux mathématiciens épidémiologistes renommés, montre que si l’on prend en compte la structure des âges dans l’infectiosité, ce qui semble raisonnable étant donné l’influence déterminante de l’âge sur le niveau de l’infection et la charge virale, on peut s’attendre à un R0 plus de 2 fois supérieur en Italie qu’en Chine et à des R0 très inférieurs dans certains pays d’Afrique. Notre pays semble, de ce point de vue, également relativement exposé à des R0 supérieurs à celui observé en Chine.

Un trait commun à ces deux éléments est de prendre des observations avérées mais qui constituent plutôt des cas extrêmes. Or une politique de santé publique ne peut se construire que sur la base d’hypothèses réalistes sous peine de prendre des mesures totalement disproportionnées en regard des objectifs à atteindre.

Un travail d’équilibriste…

Suppression de tout échange avec les régions infectées, annulation de tous les transports aériens, annulation des vacances de carnaval en France et en Italie, prise de température systématique de tous les touristes à leur retour : rien ne semble suffisant aux yeux de M. Wathelet pour retarder la transmission sur notre territoire. Il préconise aujourd’hui la mise en quarantaine de toutes les personnes revenues d’une région à risque, ainsi que de ceux qui vivent sous leur toit, même s’ils n’ont pas voyagé, ainsi qu’un dépistage systématique. Tous les travaux de modélisation indiquent qu’une maladie pour laquelle il y a une période d’incubation comme le covid-19 ne peut s’arrêter par des mesures de contrôles de santé aux frontières ou aux aéroport (pour le covid-19, ce chiffre a été estimé ; des contrôles de température laisseraient passer près de 60% des cas). Ce ne serait rien d’autre que de construire une digue pour éviter que le château de sable ne soit entouré trop vite par la marée montante. Des milliers de personnes seraient ainsi privées de leur liberté de mouvement pendant 2 semaines au seul motif d’avoir été dans une zone à risque, ou de faire partie de la famille de quelqu’un se trouvant dans ce cas. Qui accepterait cela ? Et pour quel bénéfice réel ?

M. Wathelet oublie que la bonne gestion d’une épidémie repose entièrement sur l’adoption par le public des mesures préconisées. Pour que cette adoption soit bonne, celles-ci doivent doivent-être raisonnables et proportionnées par rapport au risque encouru. Si elles ne le sont pas, elles créent soit la panique, soit la défiance envers l’autorité publique et aboutissent dans les deux cas à des effets souvent contraires à ceux poursuivis initialement. L’observation de la situation italienne nous en donne un excellent exemple. Le gouvernement ayant décrété la quarantaine dans 15 provinces du nord de l’Italie, de nombreux habitants ont quitté ces zones pour rejoindre leurs familles dans le sud, contribuant inévitablement à la propagation géographique de l’épidémie. Quel sera le bilan final de cette mesure ? Personne n’est en mesure de le dire. En temps d’épidémie, les comportement individuels se manipulent avec des pincettes, de manière graduelle et proportionnée.

Quant à la question des masques de protection, on peut effectivement regretter un manque de prévoyance aboutissant à une situation de pénurie pour le personnel de santé. Mais si celle-ci est bien réelle, et qu’elle perdure dans les prochaines semaines, intituler un paragraphe “Aux masques, citoyens !” qui se fait l’écho d’une prise d’armes et considérer que les citoyens “…ont le droit de se défendre quand le gouvernement a failli à sa responsabilité de protection collective”, c’est tout simplement lancer un appel à l’incivilité dans un moment où la collectivité a plus que jamais besoin de la coopération de chacun. C’est irresponsable.

La bonne gestion des épidémies est un travail d’équilibriste qui impose une mise en regard permanente de la prévision d’un risque avec son impact sociétal, tout cela en présence d’incertitudes scientifiques. Il y a lieu de travailler chaque jour à réduire les incertitudes et à faire le tri entre les données pour conserver les plus vraisemblables. Et chaque mesure proposée doit être soigneusement pesée pour évaluer ses effets direct et indirects du point de vue épidémiologique, social et économique. Il n’y a de place ni pour la banalisation, ni pour l’alarmisme.

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28 réflexions sur « Covid-19 : entre banalisation et alarmisme, par Marius Gilbert »

    1. Généralement Haddock n’est pas avare de grossièretés! Ne risque-il pas de mourir par manque de savoir-vivre (humour belge itou)?

  1. bien sûr, aucune de ces deux analyses ne pose le problème en termes de système socio-économique et de rapports sociaux. L’union nationale et même internationale, nécessaires pour faire face à une pandémie, serait plus convaincante si la solidarité s’y exerçait réellement, si les plus riches commençaient par donner l’exemple, si les gouvernements cessaient de diminuer les budgets consacrés aux services publics et en particulier celui de la santé. Une crise sanitaire est toujours aussi une crise d’un modèle de société. Ceux qui profitent du modèle actuel espèrent s’en tirer avec des mesures draconiènes, surtout pour la population, sans que soient touchés leurs privilèges et leur domination. C’est cela qu’ils appellent la « responsabilité ».

  2. En résumé :
    Pas timbré, mais « philia-téliste ».

    (c’était le titre d’un billet que je pensais écrire autour d’une philosophie analogue à celle présentée par Marius Gilbert : faire appel aux meilleurs des gens, sans les rendre chèvre, ce qui a des conséquences longs termes certes délicates à estimer, mais qu’on ne peut rayer d’un trait de plume.)

    Pour l’étymologie : Phil-atélie semble avoir été construit avec Philo (amateur) et atélia, qui semble dire « franchise » (liberté pour ce qui vient de loin ? A-télia ? ) alors que c’est télia qui voudrait dire affranchissement (la taxe pour aller loin ?).
    Mon jeu de mot « philia-téliste » voudrait dire « qui a comme but (télos) la philia :
    L’antidote à l’excès qu’on risque en se barricadant en mode survivaliste doit être balancé (compensé) par la pensée pour nos prochains. Et « nos prochains » sont, comme on dit dans les brevets « caractérisés en ce que » ils ont besoin d’un service de soin qui ne soit pas complètement KO. Le mode « freinage » est donc à doser, mais avec cette constante de temps de 10 jours qui est devant nous, il faut reconnaitre que ce n’est pas évident.
    Appliquer des mesures graduées (fermer les lycées et pas les écoles par exemple, et seulement dans les zones où plus de X cas sont déclarés) pourrait aider. Idem pour les commerces, spécifier que les approvisionnements restent faits à 100% mais que dans les zones à contagion, on restreint à 1 client pour 30m² la présence (ca fait un client tous les 5 ou 6 m, 30 clients dans un petit supermarché (1000 m²) 300 dans un hyper (10 000m²).
    etc.

    1. Je conteste votre étymologie du mot Philatélie.
      Je constate d’abord que votre explication est conforme à mon Larousse étymologique Dauzat (1938).
      Soit, comme vous :
      Phil : amour. Atélie : absence de charge ou d’impôt, construit avec le ‘a’ privatif et le grec ‘télos’: charge, impôt.

      Ça n’a pas de sens. Ou bien beaucoup trop, philatélie= ceux qui aime les exemptions fiscales. Comme le mot date du 15 Novembre 1864 dans ‘Le collectionneur de Timbres-Poste’, je doute que les manœuvres financières des cabinets du même mot, visant à vous éviter une trop douloureuse note en faveur du budget de l’État, existassent déjà.
      Or un timbre est une taxe. Elle d’ailleurs acquittée quand le timbre est oblitéré, empêchant son réemploi frauduleux. Avant l’invention du timbre (Louis 11, probable) le prix du transport était acquitté à la délivrance du paquet. Les lettres étaient en effet envoyé par paquet. Les deux parties en étaient souvent quittes par un coup de Rouge ou un petit verre de prune ou grillote (60 degrés), à la table de la cuisine. La tradition, bien que sans objet, a perduré jusqu’à notre époque. Mais si on n’ouvre pas le placard où est camouflé la bouteille alors que l’occasion est bonne, quand le fera-t-on ?…

      Il vaut mieux admette que le ‘a’ est une simple lettre euphonique. Philtélie ne me semble pas faire tache parmi les noms à racine grecque. Mais nous, français, avons toujours aimé le compliqué.

      Mon Dauzat s’est fait surprendre, de bonne foi sans doute mais quelle étourderie !

      1. Non Dauzat ne s’est pas trompé ! Souvent dans ces néologismes à base grecque, créés par des amateurs il y a des raccourcissements sémantiques (métonymie) , en ce cas assimiler un objet et une généralité.
        C’est un mot nouveau de 1864 (plus ou moins bien formé, certes) et en deux clics on peut comprendre le a privatif car chance, dans ce cas, l’explication nous est donnée :
        http://www.philatelie-epernay.fr/IMG/pdf/Historique_et_origne_du_mot_Philatelie.pdf

      2. Merci. Convaincu.
        Dommage.
        J’étais si content de pouvoir opposer la négociation, révolver sur la table, dans l’ arrière salle enfumée d’un tripot -ce qu’est un officine d’allègement fiscal- à la convivialité d’un coup de rouge, à la bonne franquette…

        Je repasserai aussi sur les timbres, 1849 si jeune.

  3. En attendant il y a déjà (rapporté à la population d’un pays) 4 fois plus de morts en Italie qu’en Chine.
    Et la Chine semble se préparer doucement à redémarrer ses activités.
    En Europe il me semble illusoire d’imaginer un scénario différent de l’Italie à partir du moment où les systèmes de santé seront tous complètement saturés.
    Ou alors il faudra radicalement laisser tomber les malades et le service soignant. Au nom de quoi ? De la préservation des indices boursiers ?? De la préservation d’un taux de pollution élevé ??? Du football ????
    Bref, quitte à mettre en place une « quarantaine », autant l’instaurer un peu trop tôt que beaucoup trop tard non ?

    1
    1. A l’échelle de la Chine toute entière il y a moins de morts en Chine toutes proportions gardées, mais dans l’épicentre de l’épidémie, à Wuhan (11 millions d’habitants), la situation était comparable à celle que connaît aujourd’hui l’Italie. Même saturation des hôpitaux, avec les mêmes conséquences dramatiques.

      1. Wuhan serait révélatrice de l’évolution de l’épidémie lorsque les réactions de défense face au virus sont trop molles et trop tardives.
        Le stoïcisme européen qui à prévalu jusqu’ici présente dans cette perspective un aspect fort inquiétant…

    1. Nuance : si Taïwan est de culture chinoise , l occupation japonaise à transformé les mentalités. Et aller à Taïwan c est se sentir au Japon dans tous ses aspects quotidiens ( ordre, propreté, organisation etc). La lutte contre le coronavirus à Taïwan est plus à mettre en relation avec les mesures japonaises que chinoises (du continent)

      1. Les mesures japonaises en l’occurrence ont été catastrophiques dans la première phase de l’épidémie au Japon.
        Alors expliquer le « cas Taïwan » en évoquant une influence positive du Japon me paraît très hasardeux.

  4. @ PY Dambrine, Deux îles, deux pays partageant la même approche sanitaire et des résultats remarquables. Au Japon pour une population de 120 millions d’habitants et la plus importante proportion de personnes âgées au monde, le nombre de cas et de décès est très faible . L’approche est quasi identique à Taiwan et au Japon et je me permettais simplement de souligner la grande proximité de ces deux îles . Compte tenu de ce qu’est Taiwan , on ne peut pas comparer la situation en Chine avec celle de Taiwan, tant sur l’hygiène, l’organisation, la population etc.
    Pour le Japon parler de mesures catastrophiques semble dérisoire au vu des bons résultats, et si il y a eu du retard à l’allumage rien de catastrophique et en aucun cas comparable avec la situation italienne ou chinoise.
    J’en profite pour remercier Paul Jorion pour publier ce billet, très équilibré.

    1. Pour faire la part des choses entre Taiwan et le Japon, ne pas oublier que les deux sont des iles et ont une gestion « national » (whatever it means for Taiwan, que le WHO/OMS ne peut en principe contacter directement, c’est pas génial ) .
      C’est sans doute un facteur logique de conscientisation des gens, modulo les importants facteurs culturels.
      On ne peut pas se dire « c’est partout autour », car on a psychologiquement le contrôle des ports (& aéroports ).
      A voir pour la suite : y aura-t-il une île-nation fortement touchée ? (assez au Nord puisque le sud est moins touché). Albion au hasard. Pour l’Islande, hub de vacanciers sans doute, qui passe une nuit à Reykjavik j’imagine, c’est raté: 60 cas pour une nano-population de moins de 400 000 de mémoire.

  5. À Lyon les chauffeurs de bus, selon « le capital », qui sont particulièrement nerveux en général car leur métier est nerveusement harassant, ne veulent plus vendre la monnaie par peur de se faire contaminer.

    D’un côté c’est bien que quelque chose nous dépasse ça nous remet à notre place mais certains comportements risquent de faire bizarre.

    1. Rassurons nous, notre cher président dans la force de l’âge vigoureux et travaillant sans cesse pour les intérêts de son peuple est SURprotégé par nos impôts.

  6. BON !

    L’alarmiste que je reconnais être bien volontiers, va devoir, une fois n’est pas coutume, s’opposer à ce type d’assertion, présentée hélas ! ici, sous couvert d’une énième signature scientifique… Décidément ! Cela n’en finit pas !

    Je ne suis qu’ingénieur-chercheur, mon diplôme datant déjà de quelques années, voire décennies il est vrai, mais cela ne m’empêche absolument pas de raisonner aujourd’hui, voire plus…

    1- et pour commencer, afin de taire une bonne fois pour toutes, ce type d’affirmation/comparaison grossière en mars 2020 : si, il existe des gens (bénévoles, chercheurs indépendants et scientifiques) sur cette fichue planète, qui militent activement, corps et âme, contre vents et marées, et ceci depuis de très nombreuses années, en faveur d’une décroissance forte de l’ensemble de nos économies industrialisées, outrageusement responsables de l’ensemble de nos émissions de quelques 207 gaz à effet de serre, pour la plupart extrêmement polluants et dangereux pour la santé ; personnellement, j’appelle en vain de mes vœux un arrêt total de ce fichu système depuis des années (vous retrouverez d’ailleurs sur le Blog de Paul Jorion l’ensemble de mes billets depuis 2014), ensuite

    2- le calcul actuel du taux de mortalité dû à la maladie Covid-19 ne veut strictement rien dire, pour la bonne et simple raison que cette crise biologique ne fait que commencer, et il est fort probable d’ailleurs que le SARS-Cov-2 oblige l’ensemble de la communauté scientifique à devoir remettre en cause le mode de calcul officiel existant (il serait grand temps car le problème que nous rencontrons aujourd’hui ne concerne pas que ce virus) ; en outre, comparer des résultats de mesures réalisées dans des conditions radicalement différentes devrait au contraire alerter votre attention, car dans le cadre des résultats obtenus dans des régions chinoises autres que Wuhan justement, c’est bien hélas ! le confinement et le dépistage obligatoire des chinois qui se révèle être ici la clé, ce que les données en provenance du « Princess Diamond » viennent confirmer, car : confinement en cabine et dépistage obligatoire pour tout le monde, y compris donc pour les cas asymptomatiques qui du même coup font partie intégrante de l’équation, eh bien ce n’est plus du tout le taux de mortalité de la maladie Covid-19 que l’on mesure ici, mais bien celui du virus SARS-Cov-2, et ce sont forcément deux résultats radicalement différents ; levez honnêtement la main ceux qui froncent bêtement les sourcils en lisant ceci ! Etonnant que vous soyez d’ailleurs si nombreux, car on vous parle bien tous les jours du taux de mortalité de la grippe et non de celui du virus influenza ! Et c’est là toute la subtilité crasse, maladroite et/ou dangereuse de la désinformation en cours ; alors qu’à Wuhan justement, Région 0 si j’ose dire du déclenchement de cette épidémie mondiale hors norme, c’est bien le taux de mortalité provisoire de la seule maladie Covid-19 qui nous est communiqué depuis des mois maintenant ; les médecins chinois ayant donné l’alerte dès décembre dernier, et ayant été lâchement arrêtés pour cela au motif du non respect de la sacro-sainte civilité chinoise, étaient loin de se soucier de la présence ou non au sein de la population de porteurs asymptomatiques hélas ! bel et bien contagieux, et les autorités chinoises encore moins lorsqu’elles ont décidé de boucler tardivement entièrement cette région ; en outre, ils ne disposaient pas non plus, de plus de deux mois d’informations circulant librement sur le Net et pouvant les aider dans leurs démarches d’établissement des diagnostics…

    Rq. si l’on est sans le savoir l’un des nombreux porteurs asymptomatiques du virus SARS-Cov-2 (ce camouflage naturel pour ainsi dire rendant ce virus aussi sournois), on ne va donc pas pour autant se faire dépister puisqu’on ne présente à cette heure aucun des symptômes propre à la maladie Covid-19, mais l’on reste toutefois bel et bien sacrément contagieux… Enfin

    3- tous les jours nous évoluons sans jamais nous soucier de la grippe ; chacun de nous a peut-être été plus d’une fois dans sa vie, notamment enfant, l’un des très nombreux porteurs asymptomatiques du virus influenza, cela n’a pas influencé pour autant le taux de mortalité de la grippe saisonnière qui lui ne semble pas vouloir dépasser à ce stade les 0,4% ; or, ce n’est hélas ! plus du tout le cas dans le cadre du calcul provisoire du taux de mortalité du Covid-19, puisque compte tenu de l’urgence sanitaire incontestable, données asymptomatiques et données symptomatiques se mélangent désormais joyeusement aux quatre coins du globe, sans que cela ne choque personne, ou presque… Voilà en tout cas pourquoi le taux de mortalité de la maladie Covid-19 se révélera progressivement nettement supérieur au taux de 3,4% annoncé récemment par l’OMS !

    Mais peut-être faudrait-il donner la parole à un systémicien pour une fois, afin de remettre tout le monde d’accord sur ce point… Certains se disent plus responsables que d’autres, ici ou ailleurs, en participant à la censure de certaines informations/déclarations au profit de la sacro-sainte civilité ! Dans ce cas, depuis quand l’abandon des populations à leur propre sort au regard d’un tel danger, fait-il désormais partie de cette sacro-sainte civilité, et en quoi cela répond-il « au besoin de la collectivité de la coopération de chacun » ?

    L’appropriation du droit de penser par une minorité A est désormais probablement pire encore que l’accaparement du droit de propriété par une minorité B, surtout si A et B ont un intérêt commun inavoué à savoir cohabiter, ce que ces mêmes minorités qualifient désormais de savoir-vivre…

    De savoir-vivre ??? Dites les gens, pincez moi si je fais erreur, mais n’est ce pas ce savoir-vivre justement qui nous a conduit au bord de l’extinction ???

    Moi je crois plus que jamais en mars 2020, qu’HURLER L’ALERTE si souvent annoncée en vain par le passé, par des bénévoles, des chercheurs indépendants et des scientifiques, doit être désormais bénéfique bien au delà de ladite collectivité, mais pour l’Humanité toute entière, et que c’est bien sur les ruines de la sacro-sainte civilité pour le moins honteuse, que l’on essaiera de panser notre biosphère terrestre, tout en construisant la survie et la paix des populations de demain !

    Aussi, laissez donc hurler les gens POUR UNE FOIS !

    1
  7. M. Marius Gilbert serait-il Normand ? Au fond cette expertise est du type : peut’ ben qu’oui, peut’ben qu’non. Qu’apporte-t-elle ?
    Il y a bien sûr des informations précises et détaillées mais qui par honnêteté scientifique indiquent également les paramètres encore mal cernés : la 1ère partie « banalisation » se conclut par une remarque banale : oui, c’est plus dangereux que la grippe.
    Dans la 2ème partie « alarmisme », il est montré qu’en l’état actuel des études les incertitudes sont grandes avec des estimations variables selon les conditions etc. … Conclusion provisoire : oui, c’est contagieux mais on ne connaît pas encore très bien les paramètres type R0.

    Dans d’autres domaines d’expertise, ce genre de balancement ne serait pas admissible car visiblement il est impossible d’avoir encore tous les paramètres avec suffisamment de données et de recul. Bien sûr un expert qui balance et conclut qu’il ne faut ni banaliser, ni alarmer, n’aura jamais totalement tort. Au contraire de M. Wathelet dont les positions seront en mesure un jour d’être vérifiées ou contredites (le cœur de la démarche scientifique).
    Après avoir tenté cette critique (que je soumets à la critique), je veux rappeler que le billet de M. Gilbert sur Ebola était remarquable.

    Au long de toutes les interventions, analyses, proclamation et autres que l’on peut voir sur les divers médias (télé, journaux, blogs…) un point commun apparaît : tout étant constamment en accélération, le pire semble pour nos contemporains d’attendre, de patienter, d’être dans l’expectation. C’est typique de notre XXIe siècle mais seuls les vieux nés dans le siècle dernier peuvent s’en rendre compte.

    Je ne nie pas que nous ayons énormément plus de moyens pour anticiper et prévoir qu’au XXe..
    L’exemple du tableau donné par Alexis Toulet ( https://www.pauljorion.com/blog/2020/03/06/pourquoi-perdre-une-seule-semaine-de-plus-avant-de-lutter-serieusement-contre-covid-19-pourrait-couter-1-000-vies-en-france-par-alexis-toulet/ ) en fournit la preuve.
    Le 6 mars il était prévu (hypothèse Italie) que le 9 mars il y aurait 1325 cas et le 10, 1762 : nous étions à 1412 lundi soir. Le 22 mars selon l’hypothèse Italie il y aura ca 54000 cas ─ mais selon l’hypothèse Chine il n’y en aurait eu que 10830. C’est par ailleurs un point crucial pour comparer les politiques mises en œuvre (avant les récentes décisions italiennes).
    Je vais alors donner mon opinion de citoyen (et sans expertise !). Les conclusions d’Alexis Toulet se renforcent de jour en jour, et en particulier je n’arrive pas à comprendre (et admettre) que le gouvernement maintienne les élections municipales. Quels experts l’ont conseillé ?

    1. @Jacques
      Je crois que Véran croit (un peu) ce qu’il dit, même si ça a 95% de chances d’être faux.
      Oui, si on freine le R0 et que le facteur journalier daigne baisser à 1.15, alors on ne sera à 6000 « que » le jour du second tout, avec « seulement » 4000 places d’assistance respiratoire à prévoir dans la quinzaine suivante, parce que nous aurions su « lisser », « écrêter » le pic.
      Si nous nous enduisons tous de goudron, de plume et de gel hydroalcoolique, alors certes nos sens légèrement bouchés et notre entendement légèrement altéré pourraient croire une quelconque propagande mettant en avant ces bas chiffres (genre on va séparer les malades sans précédent respiratoires des autres, façon de dire qu’ils étaient … »darwiniennement » destinés à clamser).
      Sinon, avec le facteur 2 tous les 2,5 jours et 12,5 jours restant jusqu’à l’élection, nous serons à 1600*32 (2 puissance 5 puisque 2,5*5=12,5) donc plus prêt de 50 000. Et nous aurons besoins de 30 000 places d’assistances respiratoires, qui seront … darwiniennement attribués dans l’ordre aux startupers, aux énarques, aux directeurs d’école de commerce, et aux familles des grands groupes du CAC 40 ainsi que des compagnies d’assurance. Derrière l’acaryote le bâton.
      J’aimerais avoir tort, et pas que métaphoriquement.

      1. @ timiota, en tout cas la solution doit venir du CNRS voulu à la sauce darwinienne par son PDG, M. Petit ! C’est cohérent, non ? 😉
        [Quelle injustice pour le génial Darwin, libérateur de l’humanité contre les bêtises des religions, que son nom ait donné un qualificatif devenu (à juste titre) infâmant.]

    2. A noter : ce soir 1784 cas confirmés ; dans la colonne hypothèse Italie, le 10 mars : 1762. Faut-il calculer le % d’écart ?

      Que dire de plus pour convaincre les gens que la situation va devenir difficile pour notre système de santé et que nous avons les données depuis le début ?
      Que nous avons sans doute perdu du temps.
      (On peut d’ailleurs supposer que les cas apportés par les supporters de la Juventud de Turin lors du match sont noyés dans les chiffres globaux : bon calcul cynique permettant au business du foot de ne pas perdre de fric ce jour-là. Merci qui ?)

  8. Les conflits guerriers mondiaux font davantage de morts et personne en parle.
    Au vu du manque de médecins, la télé médecine arrive. Il y a aussi les fumeurs, si vous fumez vous ne serez pas remboursé par la sécurité sociale et la mutuelle
    Dimanche si vous n’allez pas voté, M. de Rugy avait clairement annoncé une amende.

    1. M. de Rugy pourrait annoncer des amendes s’il le voulait, il restera difficile de voter dans les bureaux de vote qui n’auront pas leurs assesseurs réglementaires.

      Croiser dans sa journée quelques centaines de personnes venant voter, qui plus est si l’on est pas nécessairement des plus jeunes, comme la plupart des assesseurs, s’agira-t-il d’une bonne idée le 15 mars, avec plusieurs milliers de cas Covid-19 dans le pays, et un nombre indéterminé de cas non détectés ? Certainement pas.

      Combien d’assesseurs seront-ils assez confiants dans la parole gouvernementale pour prendre quand même le risque ? C’est à voir.

  9. Remarque:
    +11% (10,7 exactement) de nouveaux cas (+977) en Italie pour le 10/03 (au total 10149 cas, et 8514 ‘actifs’).
    Soit moitié moins que ces derniers jours, 20 à 25% depuis le 2/03.
    Début de fléchissement ou ‘hasard statistique’ ??

  10. Ce monsieur qui disait que ce que demandait Wathelet était idiot et impossible est aujourd’hui démenti par les faits…

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