« Féminicide » : Notre nouvelle sensibilité aux ordres de grandeur

Le Monde en ligne met en ce moment en premier titre : « Féminicides : mécanique d’un crime annoncé » avec, mis en avant, le chiffre de 120 mortes par an.

C’est affreux !

La difficulté toutefois est que nous sommes dorénavant (par la mauvaise grâce du coronavirus) devenus bien plus conscients des ordres de grandeur : de la taille de chaque type d’événement par rapport à tous les autres.

120 femmes assassinées en 2019 à la suite de violences conjugales, c’est par rapport aux 3.239 personnes ayant perdu la vie dans un accident de la route, 3,7% du chiffre. C’est 1,5% par rapport aux 8.100 personnes mortes de la grippe durant l’hiver 2018-19. Et c’est 0,4 % par rapport aux 28.833 décès à ce jour dus au Covid-19.

Autrement dit, ce n’est pas négligeable. Mais presque.

Chaque décès dû à une autre cause que le grand âge est, à titre individuel, déplorable et tragique, et en particulier dans un contexte de violences, mais la crise présente nous a rendus sensibles aux ordres de grandeur – une excellente chose en soi en matière de lucidité – et il faudra que nous nous en accommodions.

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37 réflexions sur « « Féminicide » : Notre nouvelle sensibilité aux ordres de grandeur »

  1. Le virus attaque en majorité les personnes de grand âge, morts évitables-« mais », pas n’importe quelle population non plus.
    Effectivement, comme je le postais la semaine passée, les ordres de grandeurs horripilent :
    les conséquences du confinement (évitable) seront à mon avis bien plus meurtrières (morts évitables elles aussi donc) au niveau mondial. Et là, on parle d’enfants. Beaucoup.
    Ce n’est pas n’importe quelle population non plus…

    1. Heureusement la baisse de mortalité due à la baisse de la pollution sera bien plus considérable que les morts dues au confinement en tant que tel.

    2. Dans les années à venir ces enfants auraient eu plus d’années de vie pour générer chacun plus de CO2 que chacun des « personnes de grand âge » mortes du Covid dans le restant de leur vie abrégée, à moins que l’écart de niveau de vie soit conservé er ne compense celà ?

  2. « Saccoutumer » à une sorte de « hiérarchisation des valeurs morales… », ou à la possible instrumentalisation de leur « inversion » (la macronie, et la TINA – sa vertu face au fascisme, à l’extrême droite – « excellent », avec les médias mainstream, en la matière – la gestion dans la pénurie, de cette crise sanitaire en attestant), dans l’acceptation de la mort, du « risque de vivre », dans un contexte d’explosion de croissance démographique et des risques en étant induits (dérèglement climatique, perte de biodiversité, etc, pouvant causer l’émergence de nouvelles pandémies…) d’un capitalisme ultralibéral aux manettes et du risque de « solitons »…, n’est-ce pas la voie du conditionnement, de notre habituation, asservissement, de notre « consentement » à l’alignement au moins disant des « valeurs morales, sociales fiscales… », qu’une IA… dont on ne serait toujours pas en capacité de comprendre, d’appréhender toute la complexité de la logique pleine et entière (causes et conséquences..) du raisonnement, pourrait vouloir « influencer » dans notre conduite à « nous faire prendre » telles décisions » politiques », sociales », « sociétales » », « économiques », « monétaires », géopolitiques »… plutôt que telles autres…?

    1. Mais non mais non. Jorion voulait juste signifier une chose relative à nos biais de perception (j’ai bien dit « biais », oui oui). Exemple : le 22 aout 1914 c’est 27000 morts côté français, une seule petite journée (à ajouter aux autres armées) –> pas une question de bien et de mal, juste un diagnostic.

      1. « Exemple : le 22 aout 1914 c’est 27000 morts côté français, une seule petite journée (à ajouter aux autres armées) –> pas une question de bien et de mal, juste un diagnostic. »

        Koissa ? Vous voulez dire presque autant que le nombre de DC du Covid (28 940 au 2/6/20) en deux mois et demi en France ? Ben vi , juste un diagnostic, et des faits.

      2. « biais de perception » n’est pas uniquement un constat, mais aussi un jugement de valeur, sur ce que le rapprochement des chiffres évoque en nous, pas le simple constat fait par le billet.
        « le 22 aout 1914 c’est 27000 morts côté français » c’est bien 27000 morts et en une journée mais c’est aussi 1914, pas 2020, est-ce un biais de perception ?

        Evoquer la guerre n’est pas anodin.
        Aurait-on pu voir un président de la République annoncer la guerre à « la » Covid
        Dire que notre mode de vie est supérieur et ne doit pas être changé, qu’il faut aller au théatre, se regrouper sur les terrasses, continuer à faire de grands rassemblements, laisser nos frontières grandes ouvertes, et conserver les liaisons aériennes suivant les directives de l’OMS inspirée par Bill Gates,
        que nous vaincrons car nous sommes les plus forts, que nous avons le meilleur système de santé du monde,
        qu’il faut avant tout préserver l’économie.
        Que nous sommes meilleurs que ces chinois qui ont laissé la pandémie se développer chez eux sans rien dire,
        Que nous sommes meilleurs que ces Italiens qui se laissent submerger et recourent à des techniques médiévales.

        Que nous sommes une grande nation qui en a vue d’autres et qu’en quelques semaines nous n’aurions pas plus de pertes qu’en un jour lors de la der des der !

        Qu’il fallait aller au combat avec courage, la piétaille dans les tranchées/ EPHAD, les officiers soignants dument munis de masques réservés à l’élite, pour laquelle il n’y aura pas rupture, et que notre stratégie était la meilleure compte-tenu des circonstances et de notre état de préparation.
        Celà aurai eu de la gueule !
        Mais certains (d’eux-même ou grâce à des conseillers en com) ont flairé le biais de perception …..

  3. Euh ? Est-ce que vous considérez les assassinats des décès comme les autres ? Vous les comparez à des accidents ? Faut-il vous représenter ce qu’est un délit, un crime ?
    On parle là d’à peu près 120 gars comme vous et moi qui ont exécuté une personne en principe plus faible qu’eux ! Qui ont estimé que là, ils n’avaient pas à se maîtriser.
    Et nous les hommes nous prenons cela comme un détail de l’histoire !
    Bien sur, si on prend le nombre de morts par semaine dans n’importe quel pays, chaque mort est un détail, un item statistique !
    Mais demandez-vous (et demandez-lui) si votre compagne elle n’a pas en tête que cela pourrait lui arriver de vous, qu’elle doit compter avec une insécurité permanente ?
    Je suis colère, ce raisonnement est juste odieux et tellement symptomatique du masculin.

    1. Soyez prudent : je sais de quoi je parle. Je ne m’aventurerais pas si je n’avais pas une expérience de première main de ce type d’histoire. Ne me poussez pas, je serais obligé de raconter.

      1. Il y a des maris jaloux qui disent ( A quelques mots près) pareil avant de faire l’irréparable .
        Parezempl

  4. Certes, mais le ver est déjà dans le fruit puisque plus personne ne songe à questionner le terme lui-même (sauf les juristes, qui eux ont à instruire ou plaider donc à commensurer le crime, ce qui n’aurait aucun sens pour un « mal absolu »).

    Idem pour les différents #, qui laissèrent à penser il y a peu que la condition de la parisienne était sensiblement pire que celle de la femme pashtoune au Waziristan.

    Enfin, dans la rubrique « covid » évoquons les états d’âmes de quelqu’unes de nos « belles personnes » : un bonne tranche de rire dès les première minutes (j’ai zappé sur Musique vers 2 »40) :

    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-culture/litterature-francaise-lair-du-temps-25-chantal-thomas-chaque-jour-est-un-voyage

    Notez que raccolé sur le même thème (et ton -Mireille Dumas, sort de ce corps!) Sfar se montre joyeusement déceptif

    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-culture/joann-sfar-en-premiere-ligne

    NB : Jorion, ayez le cuir épais, ça va sans doute vous pleuvoir dessus…

  5. Ce petit texte ressemble à une provocation. Mais pourquoi en ce moment ? J’avoue, pour une fois je ne comprends pas.

    1. Réjouissons-nous que ce chiffre soit si faible. Réjouissons-nous que dans un monde aussi dur que le nôtre, avec les invraisemblables pressions qui s’exercent sur les familles, sur les couples, ces accidents n’arrivent pas plus souvent.

      Chabian dit « 120 femmes mortes = 120 exécutions ». Sur quelle planète vit-il ?

      Une provocation ? Peut-être. Je suis anthropologue, sociologue et psychanalyste, et je crois que le moment est venu de parler sérieusement des questions sérieuses. Nous voulons que le monde change ? Passons à l’âge adulte pour le mériter.

      1. Une mort est une mort, elle vaut autant qu’une autre. Cela ne veut pas dire qu’on ne puisse pas comparer des chiffres.

        120 morts de violences conjugales par an, c’est 120 de trop, tout le monde est d’accord. Mais pour les 30 millions de personnes vivant en couple en France cela représente un taux annuel de 4 dix millièmes d’un pour cent. Laissez tomber la langue de bois politiquement correcte qui interdirait de dire que c’est un chiffre très faible.

      2. « 120 morts de violences conjugales par an » c’est plus juste que d’annoncer « 120 femmes assassinées », car s’il y a sans doute des femmes « assassinées » dans le lot, ce n’est certainement pas le cas de toutes et probablement pas le cas de la majorité.
        Pourquoi voudriez-vous si vous avez décidé de tuer votre compagne, le faire au cours d’un épisode de violence conjugale ?
        et le faire vous-même. Il y a bien d’autres moyens ou circonstances.
        Parce que les crimes passionnels sont beaucoup moins réprimés ?
        Ce serait une bonne stratégie, mais celà semble de moins en moins vrai, la subversion des structures de notre société étant en cours à bas bruit depuis longtemps par des mouvements d’opinion, repris dans les médias complaisants ou en recherche de lectorat, dont cet article, est l’une des nombreuses manifestations.
        « 120 » à chaque fois, mais n’y-t-il pas des hommes qui meurent dans des violences conjugales ?
        Certes il s’agit d’un ordre de grandeur inférieur.
        Mais que penser quand un président de la république gracie, pour se faire bien voir à son avis de l’opinion, une femme condamée pour l’assassinat de son mari, alors que la justice lui avait à juste titre refusé la légitime défense.
        C’est le signe d’une volonté pervasive de casser les codes de la société en particulier en matière familiale.

        Que penser aussi de la promotion du terme féminicide ?
        Va-t-on au nom de la théorie du genre réserver le terme d’homicide au meurtre de mâles ?
        (ou plus tendance et en jouant sur l’allitération au meurtre d’homosexuels ?)
        Va-t-on réserver le terme de féminicide aux meurtres conjugaux ? de quel droit ?
        Va-t-on s’interdire de compter le nombre de « féminicides » dus aux accidents de circulation ? (bien plus nombreux ?)
        ou au Covid ? Qui semble avoir une légére retenue dans son taux de féminicide parmi ses homicides.
        (bon ce ne sont pas des meurtres, mais des morts quand même !)

        Les ordres de grandeurs sont apparents si on compare les chiffres et l’actualité simultanée pourrait le permettre, mais le fonctionnement médiatique concentre journellement tout sur un sujet, en sorte que cette mise en perspective et sa conséquence émotionelle ne me semble pas avérée pour le public en général.

        Ce qui provoque l’intérêt et l’émoi ce n’est pas le nombre de morts en absolu, mais c’est une certaine conviction que ces morts seraient (au moins en grande partie) évitables.
        D’où le rejet par les politiques qui l’avaient pratiquée de la peine de mort.
        D’où la prolifération des ronds-points, l’obligation de la ceinture et l’interdiction du téléphone au volant.
        La campagne voudrait qu’un meilleur accueil et de meilleures possibilités matérielles soient offertes par la société (perçue comme riche et protectrice) aux personnes coincées économiquement dans une relation interpersonelle dégradée et devenue violente.
        Il y a sans doute une marge de progrès imortante.

      3. Bis : c’est vrai qu’il y a un seuil psychologique à 100 000 morts , et que c’est psychologique et que les hommes ( les femmes ?) sont comme ça …

        Je me demande ce qu’une IA ferait de ces données , et quel affect lui serait nécessaire pour en juger .

      4. Il y a des morts violentes et des morts naturelles. Non, cela ne va pas. Les morts du virus sont elles naturelles ou violentes ? Elles ne sont pas « ordinaires ».
        Il y a des morts volontaires et des morts involontaires. Non, cela ne va pas. Les morts de la pollution (évitées par la pandémie, souligne Paul) sont-elles volontaires ? Elles sont tolérées et non attribuées.
        Il y a des morts accidentelles et des morts inévitables? Non cela ne va pas. 1/3 des morts d’accident de voitures n’ont vécu aucune collision. Sont-ce des suicides ? Il y a les overdoses, les sauts dans le vide : accident ?
        Il y a le déni de la mort, qui nous est ordinaire. Il y a la banalisation de la mort, qui est le biais qui nous occupe actuellement.

        Il y a les morts de la domination. En ce sens, les morts de femmes par des hommes, les morts racialisés de la police blanche, les morts prolétaires de la police de l’élite, les morts civiles des guerres sont du même ordre : sans privilège de la domination, elles n’auraient pas eu lieu.
        Il y a le déni de la domination par les dominants. Les hommes en sont spécialement friands. Les exploiteurs aussi. Les racistes également : les morts (du travail, du couple, du lynchage) sont des accidents, il faut les banaliser et incriminer la participation de la victime.
        Ne tombons pas dans ce biais !
        Un crime, un assassinat n’est pas une exécution ? Allons-y pour les nuances, mais sans perdre le principal… sans créer de la confusion généralisée.

      5. Si j’en étais mort, ce n’aurait pas été une exécution. Ç’aurait été une très sale affaire qui a très mal tourné.

        P.S. Comme j’ai parlé hier dans une vidéo d’une tentative de meurtre à laquelle j’ai réchappé, je précise que je parle ici d’une tout autre affaire : je parle ici de violences conjugales

      6. « Il y a le déni de la domination par les dominants. Les hommes en sont spécialement friands. Les exploiteurs aussi. Les racistes également : les morts (du travail, du couple, du lynchage) sont des accidents, il faut les banaliser et incriminer la participation de la victime.
        Ne tombons pas dans ce biais ! »

        Oui, je suis d’accord Chabian, et dans ce cas, cela s’appelle l’abus de sa force, que celle ci soit physique ou liée à une position de pouvoir ET qui n’est pas la force mais bien la faiblesse mortifère et délétère en acte, de fait ! Mais il y a les faits, et il y a le pathos, et l’exploitation aussi qui en est fait ie l’instrumentalisation et cela existe aussi de façon indéniable. Les biais existent de part et d’autres .

  6. Oui mais alors est-ce que l’auteur dirait du décès de George Floyd, et des « seulement » quelques centaines de morts par an des suites de bavures policières aux États-Unis : « ce n’est pas négligeable. Mais presque. » si l’on compare au Covid19 ?

    Question subsidiaire : est-ce que le fait d’être un homme, vieillissant – et donc plus à risque face au COVID19 – influence le raisonnement ?

    1. Sur le rapport entre les hommes et les femmes chaque année d’expérience d’une vie compte du même poids.

      Question subsidiaire : est-ce qu’utiliser un pseudonyme plutôt que son vrai nom influence le raisonnement d’un commentateur ?

      1. Cher Paul Jorion,

        Je tiens à apporter une clarification à mes propos. La phrase « Question subsidiaire : est-ce que le fait d’être un homme, vieillissant – et donc plus à risque face au COVID19 – influence le raisonnement ? » n’avait pas pour but d’être une attaque ad hominem, mais simplement de questionner l’influence du fait de n’être pas être concerné de par sa catégorie sociale par les violences aux femmes dans votre raisonnement. Je fréquente ce blog car vos réflexions de manière générale m’intéressent, et je souhaite garder un esprit constructif. Mes excuses donc pour la formulation, maladroite.

        Je lis ce matin les différentes réponses que vous avez apportées. Vous dîtes que chaque vie compte du même poids. Je suis d’accord. Mais vous semblez également penser que toutes les morts sont aussi tragiques. Or, comme le dit en substance Larissa dans son commentaire de 0h13, ces 120 morts ne sont pas 120 faits divers isolés – mais la face visible d’un rapport hommes-femmes intrinsèquement violent qui fait système et qui affecte, avec diverses intensités, la moitié de la population humaine.

        De même qu’il n’y a pas de raison d’opposer fin du mois et fin du monde, je ne vois pas de raison de minorer ces 120 morts aux, par exemple, millions qui s’annoncent face aux catastrophes climatiques qui s’annoncent, d’autant que certaines dynamiques se croisent. N’y a-t-il pas dans les journaux tout un tas d’autres choix éditoriaux à critiquer avant celui-ci ?

      2. « ces 120 morts ne sont pas 120 faits divers isolés – mais la face visible d’un rapport hommes-femmes intrinsèquement violent qui fait système et qui affecte, avec diverses intensités, la moitié de la population humaine. »

        Je ne suis pas polémiste de métier mais anthropologue. Ce que je vois, c’est 120 décès par an, donc 4 dix-millièmes d’un pour cent des gens concernés. J’en tire donc la conclusion qui s’impose : les rapports entre les hommes et les femmes en France sont remarquablement pacifiques. Ce dont je me réjouis.

        Et à titre d’être humain, j’exprime toute ma sympathie aux victimes, celles qui sont mortes et celles qui ont survécu – dont je fais partie.

  7. Je suis philosophe, ouvrier, conseiller et médiateur en environnement et favorable au féminisme. Et je suis toujours en colère. Très sérieusement. Car il faut aussi que les hommes changent pour que le monde change. (Je n’amoindris aucunement vos compétences).

    1. « Je suis philosophe, ouvrier, conseiller et médiateur en environnement et favorable au féminisme. Et je suis toujours en colère. Très sérieusement. Car il faut aussi que les hommes changent pour que le monde change. »

      Oui, nous sommes tous, chacun et chacune, en potentialité, susceptibles d’évoluer et de nous ouvrir à autrui et à nos différences ie nous réconcilier aussi par cet acte, de fait, avec notre propre altérité ie sensibilité aux modes d’expression si différents, différence d’univers unis -vers ? why not ?

  8. – 120 femmes assassinées en 2019 à la suite de violences conjugales
    – 52000 plaintes pour des viols et des agressions sexuelles en 2019
    – Sur la période 2006-2016, les particularités des injures sexistes sont des accentuations des caractéristiques des injures dans leur ensemble. Ainsi les femmes sont encore plus nettement surexposées aux injures sexistes qu’aux injures en général : leur taux de victimation (3,8 %) est près de 10 fois supérieur à celui des hommes (0,4 %)

  9. Alors dans ce cas les morts des violences policières 1 par mois en France et 1004 en 2019 aux USA c’est très peu comparativement aux personnes arrêtées par les policiers. Je ne comprends pas la cohérence de votre raisonnement qui est d’ invisibiliser les 120 victimes qui décrivent tout un système d’oppression de la société patriarcale française et d’inégalités en santé dans le travail dans l’espace public etc.

    1. Plusieurs commentateurs, comme vous aussi, mettent en cause mon raisonnement. Je raisonne souvent mais dans ce billet il n’y a pour une fois précisément aucun raisonnement, ce qu’un des premiers commentateurs a d’ailleurs très bien saisi :

      Mais non mais non. Jorion voulait juste signifier une chose relative à nos biais de perception (j’ai bien dit « biais », oui oui). Exemple : le 22 aout 1914 c’est 27000 morts côté français, une seule petite journée (à ajouter aux autres armées) –> pas une question de bien et de mal, juste un diagnostic.

      « Diagnostic », pas « raisonnement » !

      1. Au sens propre , le diagnostic c’est la détermination d’un état ( ou une maladie ) d’après ses symptômes . Si les « symptômes  » ( données) sont les nombres de morts sans raisonnement implicite sous jacent , que signifie alors au cas particulier , « détermination  » ?

        On n’attrape pas « n’importe quel « poisson avec « n’importe quel  » filet ?
        Celui qui choisit le filet a déjà quelque chose derrière la tête ( raisonné ) et a choisi implicitement les poissons qui l »‘intéressait  » . Sinon pourquoi se soucier du nombres des morts de toutes races ?

        Je me trompe ,ou je donne ma langue à l’IA ?

  10. Les morts par féminicide sont à comparer à la partie visible d’un iceberg. Partie visible , partie immergée.
    La violence conjugale est elle en augmentation , la violence en général est elle en augmentation?

    Les morts de maladies cardio vasculaires sont la partie visible de l’iceberg de la pollution de l’air.
    Ne pas oublier que pour le Covid19 , quand le cœur ne tient plus le choc , la fin est proche.

    Gamin, j’ai été chercher les enfants d’une frangine que le mari battait. Le type bougeait , il était mort .
    La violence , consciemment ou pas , il y a ceux qui la commettent ,et ceux qui la provoquent .
    La violence n’est pas qu’un événement ponctuel , c’est un cycle infernal dans lequel il faut tout faire pour ne pas rentrer.

    1. Je pensais être en bas de fil , pas en haut , désolé.
      En bas , au fond de la classe , ça m’allait bien.

      1. Surtout qu’une idée en engendre d’autres. Et qu’un commentaire suivi d’un autre commentaire laisse à penser qu’il peut en être là réponse .
        Chronologiquement , le fil commence à Asclépios.

      2. J’ai changé l’ordre de présentation. Il y a eu récemment des billets suscitant des centaines de commentaires, et il fallait dérouler 10 minutes avant de trouver les commentaires les plus récents.

  11. Les rapports de force social, physique, sexuel, entre mâles et femelles sont instables, ce que la mise en scène construite du genre montre, comme les bouleversements en cours de ces rapports.
    Dans les affaires dites de vie privée, localement, sexe, alcool, pathos sont souvent de mise. Dépendances diverses, théories du consentement, notion d’emprise, mènent la danse macabre.
    Ne faudrait il pas considérer que chaque partenaire est victime d’un engrenage dont la mécanique des forces lui échappe, même si au final les tribunaux comme l’opinion jugent les parties avec leur outils de préhension.

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