« Étranges à tous les étages : l’escalier dans nos corps ? », par Timiota

Deux aspects étranges du coronavirus ont émergé ces derniers mois : sa mutation et ses séquelles. Le second aspect, les séquelles, me rappelle, mutatis mutandis, une étrangeté récemment perçue à l’intérieur de nos sociétés humaines.

Commençons par notre virus qui nous nargue sous sa couronne :

Le premier aspect est raconté ici par exemple (accès limité gratuit, on y mentionne notamment ces deux articles (1) et (2) en « preprint »).

Il s’agit de la présence d’une lignée plus apte que celle de Wuhan à infecter et donc à favoriser la contagion. Car certes, la très grande majorité des mutations de ce virus sont sans effet, mais cette mutation-ci semble avoir un effet, qui va dans le sens d’une plus grande contagiosité.

De fait, c’est la souche qu’on retrouve le plus aux USA,  qui a aussi sans doute fait de gros dégâts en Italie etc. Elle est basée sur le changement d’un seul acide aminé, de « D » (acide aspartique) , à « G » (glycine) [rappel : il y a 20 acides aminés codés par 3 « lettres » chacun], en position 614. Il s’agit d’un point assez critique de la fameuse protéine « spike », la protéine de la couronne, saillante, qui se lie au ACE2.

La mutation consolide surtout la protéine qui dans la forme G est un peu fragile à son n°614, et l’entrée dans la cellule, mais n’a pas l’air de changer trop l’affinité pour ACE2 (affinité => probabilité d’y »coller » dès que trouvé).

Je prends toutefois avec des pincettes l’information « dix fois plus contagieux » qui est indiquée dans ce genre d’article. Un peu comme dans les représentations usuelles des charges PCR (par exemple en nombre de cycles entre 28 et 35 dans les premiers articles d’un certain professeur marseillais), ce facteur 10 est une question de concentration de ce qu’on détecte. Et c’est souvent le logarithme qui compte,  log(concentration). Donc peut-être y a-t-il dix fois plus de virus au point de départ (chez le contagieux), mais cela ne signifie pas dix fois plus de chance d’être infecté si on reçoit une gouttelette à 170 virus au lieu de 17 virus.

Au doigt mouillé, je dirais que c’est aussi « logarithmique » à la réception, mais avec un facteur à préciser (« charge virale moyenne x10 » => « 2 fois plus de chance de contagion » , notons ce facteur  X=2 dans cet exemple, … mais si on me montrait que X est entre 1.4 et 5 je le croirais bien volontiers). Et sur le « R », ce peut être un facteur encore plus petit.

Le second aspect est la présence de personnes en longue guérison, ou plutôt en longue maladie de plusieurs mois, sans qu’on comprenne si quelque chose se remet, et de quoi il s’agit. Pour moi, c’est un mystère un peu plus curieux et déstabilisant, que celui d’avoir une maladie à « longue suite » dans un petit pour cent des cas sans décès.

Ce n’est que récemment que les anatomo-pathologistes (les « anapat ») ont trouvé des tissus bizarres au fond des poumons avec des cellules multi-noyaux fusionnés. Et les atteintes aux autres organes, celles vers le cerveau qui sont liées à l’anosmie, perte de l’odorat par exemple, commencent aussi à être cataloguées systématiquement, il faudra du temps et plus de cas pour avancer.

Mais j’aurais surtout envie, sans vouloir favoriser une des hypothèses qui traîne (« le thymus vous dis-je » par exemple dans certaines publications), de faire une analogie avec le terrorisme comme nous l’avons vécu dans le monde « occidental », notamment depuis Daech.

Au lieu d’avoir affaire à des maladies infectieuses « standard » (nos tuberculoses, typhus, et autres rougeoles), le cas du sida (bien tordu quand même) puis de la covid, ressemblent à des désordres étranges car ils font jouer les parties « silencieuses » du système, les N relations peu visibles entre organes (dont une partie ont lieu via les hormones, et une autre sans doute très grande via l’immunité). Par exemple, notre moelle abrite des lymphocytes qui y font un nettoyage « lent », faute de pouvoir circuler dans un liquide, et c’est là un des réservoirs des toxines de l’arbovirus du chikungunya.

De la même façon, il me semble que le terrorisme de Daech ressemblait peu à des choses identifiées au départ. Action à distance déstabilisant pas mal d’institutions.

– En « local », c’est à dire au niveau de la France : Vigipirate fut un changement assez prononcé avec fouilles pour tous les spectacles, etc. choses qui n’allaient pas de soit avant, on peut aussi se rappeler de l’annulation en 2017 des feux d’artifices du 14 juillet à Nice, et certains grands concerts.

– Mais aussi il y eut des impacts sur les relations des parties prenantes en Syrie en général, avec des séquelles assez grosses, comme Hollande s’en est rendu compte quand il a vu les instrumentations de Daech par les uns et les autres s’opérer dans la période 2015-2017, déjà échaudé après qu’Obama eût laissé la ligne rouge être franchie côté Assad … c’était compliqué !).

Or là aussi, il s’agissait « d’organes silencieux » dont les relations furent déréglées : Daech exploitait une « énergie locale » qu’on aurait cru à l’abri des grands dérèglement pour cause de mondialisation : le pétrole des puits de la zone nord-irakienne ou est-syrienne. Même si c’était très à perte, il est parvenu à en faire une ressource, donc à trouver des « contractants » sans doute assez « voyous », mais c’était dans les zones impensables avant de l’avoir su.

En cela, donc, le mouvement était atypique un peu au même sens que les dérèglements que semble causer le coronavirus. Car le terrorisme d’avant Daech était un tant soit peu « explicable », dans les convulsions post-post-Afghanistan. Par exemple, Al Qaïda avait des canaux de financement explicables, à savoir les « dons » proches des « indulgences » que faisaient les riches Saoudiens pour se racheter de leur turpitudes au retour de leurs frasques en divers endroits du monde, notamment (vu qu’on s’ennuie, quand on est riche en Arabie Saoudite). Pour ce « besoin moral », la mission de « propagateur de l’Islam » (beaucoup de guillemets, et plus encore à Islam) était un apport du « bon » côté de la balance à ce titre de « pardon », pas évident pour une vue occidentale, mais compréhensible des connaisseurs du monde saoudien.

Donc, indépendamment du pangolin et de la chauve-souris comme cause « directe », j’ai l’impression qu’il y a un schéma commun,ce schéma est celui de la mise en présence d’un corps dont le métabolisme a dérivé (notre monde capitaliste / notre monde biologique) et d’un agent qui en profite autour de liens « qui allaient de soi », à bas bruit, en « tache de fond ». Et qui n’étaient pas efficacement défendus car pas attaqués dans le cadre usuel des pathogènes classiques/terrorismes « classiques ».

C’est une vue sans doute difficile à justifier rigoureusement, je la propose ici comme simple suggestion.

Pour revenir à la citation « La santé c’est la vie dans le silence des organes » (Leriche 1936), il y a en fond non pas « un » silence, mais « des » silences : ceux des « liens entre organes », Et ceux-là, multiples, sont dans la métaphore des étages, les « escaliers », communs aux étages (principal ou « de service »). Et de fait, ils ne sont pas reconnus aisément comme foyer du problème quand ils sont attaqués ou quand ils lâchent.

Raison supplémentaire de vouloir comprendre plus à fond ce qui « fait du lien ».

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40 réflexions sur « « Étranges à tous les étages : l’escalier dans nos corps ? », par Timiota »

  1. Analogie très osée mais qui ne manque pas d’intérêt, en revanche, pour ce qui concerne le terrorisme de Daech, il se conforme à un, ou des concepts, très précis en matière d’action et se réfère à un être supérieur (Allah) chargé de les guider dans leurs actions de destruction d’un ordre établi afin d’y substituer le leur !
    A ce stade de l’analyse, la question se pose de savoir si ces terroristes obéissent directement aux instructions transmises par l’être supérieur ou s’il s’agit de la mise en œuvre d’un concept intellectuel ?
    Dans le cas du coronavirus, il se comporte effectivement de manière sournoise, de façon à exploiter toutes les faiblesses de construction des organes pour se répandre et arriver à dominer l’être attaqué, la question à poser est de savoir s’il est ‘téléguidé’ de l’extérieur puisqu’il semble totalement impensable qu’un simple virus soit capable d’élaborer un concept d’attaque aussi élaboré, quoi que, peut-être l’intelligence collectives (voir abeilles, fourmis, etc..) ? 🙂

    1. Bonjour
      Question stupide, un virus a t il un système nerveux ?
      Autre question stupide, a t il un cerveau ?
      Dernière question stupide, est-il un être pensant?
      Bon je sors.

      1. Il faut lui poser la question directement , mais on a déjà déterminé ici qu’on pouvait le considérer comme presque digne d’être  » vivant  » .

      2. À ce que j’ai compris, le coronavirus c’est juste un paquet de protéines (acides aminés) dans une poche, qui arrive à s’arrimer sur une cellule à nous parce qu’il a à sa propre surface quelque chose qui ressemble à une clé qui trouvera sur la surface de notre cellule quelque chose qui ressemble à une serrure. Il va alors déverser son jus dans la cellule qui reproduira son complément qui ne sera rien d’autre que de nouvelles copies de lui-même.

        Tout ça sans cerveau, sans intentions, juste parce que certaines protéines (en raison de leur forme) permettent à d’autres protéines en goguette de s’emboîter dans elles – ce qu’on appelle « récepteurs ».

        (Corrigez-moi si nécessaire : je n’y connais rien, j’essaie de comprendre).

      3. Le vivant = Suite d’émergences, dans une bouillie riche en énergie à dégrader.
        Codicille : on ne jette pas les vieilles (premières) solutions, on les laisse « en perruque » de tout ce qui suit.

        Un processus auto-reproductif a du commencer dans un gradient de divers potentiels, le long de molécules capable de s’aligner.
        Et d’une autre molécule capable de passer le long de la ligne et de commencer l’embryon d’un métabolisme.
        Par la suite, ce métabolisme a évolué vers une forme « tuyau » (fil avec une caractéristique topologique en plus.
        Ce qui a déterminé intérieur, extérieur, métabolisme progressif.
        Mais voyez vous notre système digestif, qui a gardé l’aspect tuyaux à deux bouts malgré ses curiosités sans fin (une bouche qui sert à respirer avec une glotte censée faire le tri !, une niche à bactérie dans le petit intestin, riche et vivant en diable, une « réserve » dans le gros intestin, ou au contraire il faut stopper les réplications des organismes (de même , ne pas le dire aux enfants, mais l’urine est quasi stérile).
        Le vivant est l’ensemble des processus « néguentropiques », qui ajoutent de l’organisation en dissipant l’énergie disponible, et des formes d’organisation ayant une reproduction d’ordre moléculaire. Ca me semble ainsi se distinguer d’autres processus auto-reproductifs et dissipatifs aussi, mais minéral par exemple (dendrites…) et sans similarité moléculaire exacte, seulement une similarité organisationnelle. Je ne jurerais pas qu’il n’y ait pas un aspect minéral auto-catalytique pas si loin du vivant toutefois. Qui aurait imaginé que la nature pourrait faire un réacteur nucléaire sur terre 1 500 000 000 années avant nous ? (voir celui d’Oklo au Gabon, trouvé quand nous livrâmes du minerai gabonais aux russes, qui s’inquiétèrent de n’y trouver que 0,68% d’U235 au lieu du standard sur terre de 0,72% de mémoire, Oklo avait pris de l’avance sur Flamanville).

  2. Informations et réflexions, ou suggestions, qui donnent à penser, merci.

    Une réserve concernant le caractère novateur de Daech, qui a innové surtout par deux choses avoir désigné un calife ce que les autres mouvements djihadistes n’avaient sauf erreur jamais fait et encore et surtout avoir tenté concrètement d’établir un Etat en s’assurant le contrôle effectif d’une certaine portion de territoire – ce qui au final causa sa perte, les armées des Etats n’étant jamais aussi efficaces que contre d’autres Etats, alors qu’elles peuvent avoir les plus grandes peines du monde à faire de la contre-insurrection efficacement. Bref, davantage de « culot », davantage de massacres, et une erreur stratégique fondamentale qui lui fut fatale. C’est à peu près tout.

    La capacité à déstabiliser des institutions à distance était déjà le fait d’Al Qaeda, mais en beaucoup plus grand. Cette organisation a réussi à pousser la nation la plus puissante au monde à se transformer intérieurement en réduisant ses libertés (Patriot Act, Homeland Security), à épuiser dans deux longues guerres débilitantes à la fois ses finances (plusieurs trillions de dollars, jusqu’à un quart peut-être du total actuel de la dette publique américaine), mais encore sa volonté d’intervenir militairement pour défendre ses intérêts (population américaine désormais opposée à toute intervention sérieuse à l’extérieur), partant aussi sa capacité à intimider ses adversaires (puisque les Américains en ont par dessus la tête des aventures militaires, tant que vous n’attaquez pas d’Américains directement, vous êtes à peu près tranquilles)… en termes de capacité de déstabilisation elle jouait dans une toute autre catégorie que Daech, même si cette dernière certes a tué beaucoup plus.

    A partir de 2001, c’est comme si le lion américain se battait contre lui-même, les coups qu’il donnait ne diminuaient pas le nombre de ses adversaires mais bien sa propre force. Et il ne faut pas croire que c’était là un simple « coup de chance » de la part de l’organisation Al Qaeda, une conséquence inattendue et bienvenue d’une attaque terroriste menée sans plus de plan que de faire le maximum de dégâts. C’était bien une stratégie consciente et voulue par son chef Oussama Ben Laden. Celui-ci poussait la méprisante confiance dans la stupidité des chefs de son ennemie l’Amérique jusqu’à expliquer publiquement dans le détail sa stratégie, certain que pas un des dirigeants américains n’aurait un éclair de compréhension « Mais nous faisons ce qu’il attend et il a raison cela nous blesse ! Nous devons arrêter de nous laisser manipuler par notre ennemi »

    Voir le discours de Ben Laden rendu public le 30 octobre 2004 (1)
    [début de citation]
    Tout ce que nous avons mentionné nous a permis de provoquer et d’appâter facilement cette administration. Tout ce que nous avons à faire, c’est d’envoyer deux moudjahidin à l’endroit le plus éloigné à l’est pour soulever un morceau de tissu sur lequel est écrit Al-Qaida, afin d’y faire courir les généraux pour faire subir aux États-Unis des pertes humaines, économiques et politiques sans qu’ils n’obtiennent pour elle rien de notable, si ce n’est quelques avantages pour leurs entreprises privées.
    Cela s’ajoute à notre expérience de l’utilisation de la guérilla et de la guerre d’usure pour combattre les superpuissances tyranniques, puisque nous avons, aux côtés des moudjahidin, saigné la Russie pendant 10 ans, jusqu’à ce qu’elle fasse faillite et soit contrainte de se retirer dans la défaite.
    (…) Par exemple, Al-Qaïda a dépensé 500 000 dollars pour l’événement, alors que l’Amérique, dans l’incident et ses suites, a perdu – selon l’estimation la plus basse – plus de 500 milliards de dollars. Ce qui signifie que chaque dollar d’Al-Qaïda a fait perdre un million de dollars par la permission d’Allah, sans compter la perte d’un grand nombre d’emplois. Quant à l’ampleur du déficit économique, il a atteint des chiffres records astronomiques, estimés à plus d’un trillion de dollars.
    Et ce qui est encore plus dangereux et amer pour l’Amérique, c’est que les moudjahidin ont récemment forcé Bush à recourir à des fonds d’urgence pour poursuivre la lutte en Afghanistan et en Irak, ce qui est la preuve du succès du plan faire-saigner-jusqu’à-faillite – avec la permission d’Allah, et rien n’est trop grand pour Allah.
    [fin de citation]

    Il ne fallait pas être grand clerc pour comprendre la stratégie « secrète » d’Al Qaeda vis-à-vis de l’Amérique, puisque son chef avait suffisamment confiance dans l’aveuglement de ses ennemis pour oser se vanter publiquement devant le peuple américain de suivre cette stratégie et d’appliquer cette ruse !

    Les Romains disaient « Ceux qu’il veut perdre, Jupiter commence par les aveugler » Ben Laden a islamisé la formule en remplaçant simplement « Jupiter » par « Allah ».

    Et rien n’est trop grand pour Jupiter.

    (1) En anglais ici https://www.aljazeera.com/archive/2004/11/200849163336457223.html

  3. Une différence:
    Qui a créé Daech et qui l’a instrumentalisé? ( sans doute pas les mêmes et pas tout le temps).
    Ces mêmes questions au sujet du virus n’ont pas de sens.

    1. Bonjour

      Vous me rassurez, je me demandais si je n’étais pas en plein délire covidesque.
      Un rêve éveillé.

  4. Certains terroristes ont plus en commun « grand banditisme + desespoir » que Allah, mais c’est juste mon point de vue.

    L’organisation terroriste étant juste alors le signal + le mode d’emploi pour mettre en oeuvre son apoptose individuelle, et finir dans la lumière.

    Et la fin des contrôles indépendants abordés plus haut, remplacés par des pseudo contrôles, c’est le Syndrome Immuno Déficient Acqui, mais là aussi, dans le vide de quoi se mets il en place, d’où vient la volonté mortifère qui va vouloir cela et l’organiser à cette échelle ?

    Hari Seldon au secours !

  5. « Michel-Ange acheva ensuite cet état de souffrance propre à tout être humain condamné à évoluer sur Terre, en sculptant dès 1526 pour le sarcophage de Julien de Médicis, Duc de Nemours, l’allégorie de La Nuit, aux yeux fermés d’un visage sculpté de profil et entouré du Multiple de la nature, le coude trébuchant le long de la cuisse comme pour signifier l’évanouissement fatal ; l’allégorie de La Nuit représentant vraisemblablement une femme dont le sein gauche présenterait tous les symptômes visuels du cancer du sein [2]. »…

    https://www.pauljorion.com/blog/2016/11/24/du-crepuscule-a-la-nuit-de-medicis-de-lelection-de-donald-trump-symptome-politique-philosophique-et-psychologique-dune-crise-systemique-globale-hors-de-controle-au-symptome-climatique-par/

    Et le « simple » fait de regarder cette(ces) sculpture(s) « fait du lien »… Cancer, Climat, Covid ?! 3 x hélas !! Même combat !! Tic Tac Tic Tac… ZZZzzz…

    1. Bonjour

      Merci pour le lien je vais le lire.
      Quant à la nuit, j’irai voir également.
      En photo, et si Dieu me laisse échapper au C, en présentiel (j’adore ce nouveau mot découvert lors de téléconférences tt aussi éprouvantes que les pas télé)

      1. Au « présentiel » correspond – j’ai découvert cela aujourd’hui – le « distanciel ».

        Que de nouveaux mots et d’expressions ! À chaque nouveau fléau qui tombera sur nous, notre vocabulaire sera multiplié par deux !

  6. Intéressant, en « lien » avec le Vivant!
    « Le langage permet à l’imagination de jouer entièrement sur le mode fictif, déconnectée de l’univers physique immédiat »

      1. Oui, là (Bapteste) c’est pas que les escalier de service, c’est l’histoire de la maçonnerie et de la menuiserie, dans les petites et grandes largeurs.
        En aperçevant l’autre jour les arc-boutants de Notre-Dame (de Paris) en réfection post-incendie, donc soutenus par des grands renforts en demi-lune faits de bois,
        je me suis demandé comment les anciens montaient les arc-boutants. Je suppose que c’est bien connu, mais on est avant le génial Brunelleschi, qui avait pigé comment monter le dôme de Florence en porte-à-faux « juste ce qu’il faut » et en double couche pour que cela tienne jusqu’à consolidation des bords quelque part au centre.

      2. @Timiota :

        Arkao doit avoir des lumières. Ce que j’ai pu découvrir de mon côté , c’est que l’apprentissage des bonnes techniques en construction de cathédrales ou plus modeste , s’est fait au prix de nombreuses catastrophes de chantiers et de morts de compagnons , ayant parfois conduit à l’interruption des travaux pendant plusieurs décennies ( pas pour honorer les morts , mais parce qu’il n’y avait plus de fric et de mécènes ) .

      3. Vous m’en demandez un peu trop en ces temps de déconfinement me laissant peu de temps de cerveau disponible.
        Au doigt mouillé et d’après des vieux souvenirs d’école:
        -Arcs-boutants (et voutes) montés sur coffrage en bois (niveau CP d’un animateur du patrimoine en milieu scolaire 😉 )
        -Apprentissage des bonnes techniques par expérimentations successives, retour d’expérience, diffusion de la connaissance au sein d’une corporation avide de nouvelles prouesses architecturales (contrairement à une légende tenace, le Moyen Âge est un monde largement ouvert et interconnecté à l’échelle du continent européen – voire au delà).
        Tout ça sans laser, juste un fil à plomb et une équerre.
        -Les accidents de construction, plutôt en fin de période:
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Saint-Pierre_de_Beauvais
        Beauvais, le 737 max de l’architecture gothique ?

    1. Bonjour

      En somme le C serait somatique?
      Bon, je sais, je pose une question totalement à côté de la plaque.
      Mais, il y a tjs un mais en France, on autorisé m’a doctement asséné que j’étais guéri et que le reste était somatique donc pur fruit de mon imagination.
      J’ai donc appris que les migraines, les douleurs neurologiques et autres, les narcolepsies, les différentes fantaisies digestives, etc. étaient cela même.
      J’en suis fort aise.
      Mais ça ne résout que la brillante et docte déduction.

  7. Bon-Jour à tou-te-s
    et Merci de faire réfléchir aux mystères de la Vie
    à la fois aux échelles interstitielles et organisationnelles !

    J’applaudis à :  » Pour revenir à la citation « La santé c’est la vie dans le silence des organes » (Leriche 1936), il y a en fond non pas « un » silence, mais « des » silences : ceux des « liens entre organes »…  »

    J’ai une dédicace à l’eau vivante qui pourrait bien résonner ici, à vous de me dire ? :
    « Dédicace eau vivante »

    20, 40 et 250
    Sont des multiples essentiels
    Qui donnent à la Vie sa charpente
    Par son eau vivante matricielle !

    Dans ces cocons prennent naissance
    De petites consciences de lumière
    Qui entre elles et par résonance
    Vont donner forme à la matière !

    A l’échelle des molécules
    On trouve une organisation
    Qui va permettre à nos cellules
    D’assumer toutes leurs fonctions !

    Puis regroupées dans nos organes
    Elles participent à des systèmes
    Qui ne peuvent pas tomber en panne
    Quand ils n’échangent que des « Je t’aime » !

    Belle leçon pour les humains
    Qui ensemble font grandir leur être
    Pour ouvrir mille et un chemins
    Imprégnés d’en-Vie de re-naître !

    Signature : luami
    « Médiateur de l’innovation
    Qui allie raison et passion
    Pour mieux vivre le temps restant
    Et en partager les instants ! »

    Bon voyage dans la Vie !
    http://luami.viabloga.com

  8. Cette réflexion via les analogies entre notre corps, organisme biologique, et notre société, organisme social, est passionnante et enrichissante.

    J’ai moi-même écrit ceci le 30 avril dernier :

    « Quand le système immunitaire tue le malade

    L’un des modes d’action du coronavirus est de provoquer une sur-réaction du système immunitaire, un « orage de cytokines », qui empêche les alvéoles des poumons de remplir leur office et peut foudroyer le malade.

    N’est-ce pas ce qui arrive à nos pays ? La France, pour se défendre, a arrêté presque complètement son économie. Ne s’agit-il pas d’une semblable sur-réaction, qui risque de l’asphyxier, de mettre en péril sa vie-même ?

    L’organisme « croit » bien faire en mobilisant son système immunitaire contre le virus, celui-ci se mettant à synthétiser en grand nombre des cytokines qui signalent et combattent le virus. Nous avons collectivement cru bien faire en concentrant nos efforts sur l’accueil des malades Covid-19 dans les hôpitaux. Mais n’avons-nous pas involontairement provoqué l’équivalent d’un orages de cytokines : un orage de signaux d’inquiétude qui empêche l’économie de remplir son office, étouffant l’organisme national tout entier ? Les milliards déversés jouent le rôle de l’oxygène des respirateurs qui maintiennent en vie le malade. Mais se rétablira-t-il ? Il ne faudrait pas que l’oxygène vienne à manquer ni que le coma dure trop longtemps. »

    1. J’ai moi même , pas plus tard qu’hier, fait un gros caca en forme de Covid19, et c’est en tirant la chasse que je m’en suis débarrassé.
      Les analogies ont ceci d’intéressant qu’elles sont faciles à comprendre , mais elles sont dangereuses si le parallèle n’est pas opportun .Elles restent néanmoins toujours passionnantes par leur capacité à créer des hypothèses.
      En confinant , au delà d’avoir sauvé des vies plutôt que l’économie à court terme , on a surtout évité une saturation capable de faire exploser le système de soins, donc « on «  a bien fait et non pas «  cru bien faire ».
      Ce qui détruit l’argument qu’on a sauvé que des vieux.
      Quel pire crainte qu’un monde sans possibilité de se soigner , où les gens vivraient dans la peur de tomber malade …pas bon pour le commerce, çà , si ce n’est pour les produits qui permettent d’oublier.

      Reste la question d’un organisme qui ne servirait pas de son système immunitaire , voir qui s’en servirait trop .
      De trop , je dirai que cet organisme à affaire a une illusion d’optique .
      Le futur de la recherche médical dira.

      1. Tomber dans le scatologique, c’est-à-dire le repoussant, est une façon de se boucher le nez et en même temps les yeux et les oreilles, et donc de s’aveugler soi-même.
        Le confinement a sauvé des vies et arrêté l’épidémie, bravo !, mais qui peut dire combien le « quoi qu’il en coûte » de Macron va nous coûter, y compris en terme de vies humaines ?
        On aimerait être prophète pour le savoir…

      2. @ Monod
        Vous avez vu comme l’impact de notre propre culture influence la perception de l’autre?
        Chez les paysans , évoquer la merde n’est pas un problème d’ordre scatologique ( au contraire , le fumier est reconnu pour ses vertus ) .
        Par contre , pour la grande bourgeoisie ( je vous juge pas , on choisit l’endroit de sa naissance) , le mot » caca  » lui même est à prendre avec les pincettes du vocabulaire sophistiqué ).
        J’espère qu’au moins vous savez changer des couches 🙂

      3. @ Monod
        Comprendre ,bien évidement , «  je ne vous juge pas , on ne choisit PAS son milieu de naissance ».
        Vous reconnaissez que « Le confinement a sauvé des vies et arrêté l’épidémie, » .C’est déjà un bon point .
        Après , vous poser une question essentielle .Votre goût de la polémique a dû bon tant que l’on ne tombe dans le piège du dialogue de sourd.
        Combien le «  quoiqu’il encoûte «  de Macron va nous coûter ? En matière économique , Personne ne sait , je vous l’accorde.Cher , très certainement .Mais moins cher que la non prise de conscience du désastre où nous conduit le primat de l’économique sur le vivant.
        En matière de vies humaines , j’ai envie de vous rassurer, même si je ne suis pas prophète . Il y a dans la vie des choix qui portent bonheur , d’autres qui présupposent que le sacrifice non voulus des uns fera le bonheur des autres.

    2. Bonjour

      J’ai une belle chance, je n’ai pas eu de symptômes respiratoires.
      Par contre j’en cru un moment en inventer.
      Eh non je les découvre chez les autres plus ou moins du même ordre.
      Pour ce qui est de la mobilisation, j’ai donné et continue à donner dans le cadre de trois maladies immunitaires ou para immunitaires.
      Pour ce qui est du déchaînement, mon système nerveux se déchaîne allègrement, une neurologue y a même perdu ses petits.
      Désolé de m’étaler ainsi mais je cherche désespérément l’aide que je n’ai tjs pas trouvé dans le corps médical.
      Dois-je aller à Lourdes ?

      Bien cordialement

      1. Au blog ici , c’est mieux que Lourdes , et on a même un prophète . La procession d’âmes et de corps en quête de guérison s’allonge de jour en jour , comme le nombre de patients en hôpital psychiatrique depuis le déconfinement ( source , un CHU de la Loire ) .

        Les tarifs du blog vont augmenter .

  9. Faire un parallèle entre covid19 et daesh rend la situation un peu plus dramatique …parce que cela invite au moins deux questions :
    – verrons nous un jour la fin du terrorisme ?
    – en comprendrons nous un jour tous les rouages?
    Mais cette analogie fait cogiter .

    Cogiter , c’est l’occasion d’occuper son cerveau .Par les temps qui courent , c’est une bonne chose .
    L’idéal étant de cogiter sur le thème de la lutte anti covid , l’espoir faisant vivre , histoire de joindre l’utile à l’agréable.

    On a tous un jardin où puiser nos références pour comprendre le monde .
    Vu de mon jardin , les choses sont simples .

    Comme a bien compris Monod à travers ses lectures , nous avons plusieurs cerveaux ( à ne pas confondre avec duplicité).
    Plus la situation est dangereuse , plus l’instinct de survie fonctionne à plein régime.
    Dans nos vies modernes , encore marquées au niveau organique par la vie de nos ancêtres très très lointain,
    certaines réactions physiques sont inappropriées , mais dues à nos compétences de survivants.
    De ce que j’ai compris, Le covid actuel attaque tous les organes dans les cas les plus graves .D’ou l’envie de le comparer à une multiplicité de stress qui finissent par devenir un grand stress , impliquant une sur-réaction de l’organisme( orage ) .
    Le dernier mot reviendra aux chercheurs :

    https://www.letemps.ch/sciences/coronavirus-sattaque-lentier-corps

    1. Bonjour

      Orage est bien le terme.
      Mais aussi dans les cas dis bénins.
      Quand donc aura t on le temps de s’y pencher.
      Je fatigue, plus de 3 mois de yoyo orageux.

      Bien à vous.

  10. Cette tentative ( un peu hasardeuse ) pour comparer un organisme social avec l’organisme corporel humain , via les agents parasites susceptibles de les agresser dans certaines conditions , me renvoie à trois domaines que je prends plus volontiers en repère :

    – conditions d’un système vivant autonome : besoins fondamentaux , communication , organisation , valeurs unificatrices . Dans mon cinéma , il peut alors y avoir faillite quand le système devient défaillant pour alimenter correctement , s’agissant de société : la philia , la créativité , l’organisation et l’anticipation partagée d’un avenir imaginable .

    – équilibre stable et équilibre instable ( cf. Loi de Newton où l’équilibre est une question d’évolution de l’énergie potentielle )

    – Lois fondamentales de la physique qui laissent une place à l’inattendu , au hasard , quelque soit l’espace , l’infiniment petit étant étrangement comparable à l’infiniment grand ( même si on y a détecté des lois différents !)

    Je ne sais pas si c’était la question , mais c’est ma réponse !

    1. Bonjour

      Votre réponse me plaît et me fait réfléchir.
      A ma manière je la résume en trois mots : spiritualité, énergie, imprévisibilité.

      Cordialement

  11. Je ne comprends pas bien si mes commentaires sont ou non pris en compte.
    Désolé mais si il y a eu message je l’ai sans doute raté.
    Trop épuisé.

    1. Je ne comprends pas non plus pourquoi la touche répondre est si aléatoire. Il y aurait il des privilèges d’initiés ?

  12. J’ai demandé à Google de traduire les deux liens ci-dessus.
    Qui pourrait me les traduire en français trivial ?

    1/ Les isolats du coronavirus SARS 2 (SARS-CoV-2) codant pour une mutation D614G dans la protéine de pointe virale (S) prédominent dans le temps dans les régions où il se trouve, ce qui implique que ce changement améliore la transmission virale. Nous avons donc comparé les propriétés fonctionnelles des protéines S avec l’acide aspartique (SD614) et la glycine (SG614) au résidu 614. Nous avons observé que les rétrovirus pseudotypés avec SG614 infectaient les cellules exprimant ACE2 de manière nettement plus efficace que ceux avec SD614. Cette plus grande infectiosité était corrélée avec moins de perte de S1 et une plus grande incorporation de la protéine S dans le pseudovirion. Des résultats similaires ont été obtenus en utilisant les particules de type virus produites avec les protéines SARS-CoV-2 M, N, E et S. Cependant, SG614 ne s’est pas lié à ACE2 plus efficacement que SD614, et les pseudovirus contenant ces protéines S ont été neutralisés avec des efficacités comparables par le plasma convalescent. Ces résultats montrent que SG614 est plus stable que SD614, cohérent avec les données épidémiologiques suggérant que les virus avec SG614 transmettent plus efficacement.

    Récemment, un nouvel isolat du virus du SRAS-CoV-2 portant une mutation ponctuelle dans la protéine Spike (D614G) a émergé et a rapidement dépassé les autres en prévalence, y compris l’isolat original de SARS-CoV-2 de Wuhan, en Chine. Cette variante de Spike est une caractéristique déterminante du clade (A2a) le plus répandu des génomes du SRAS-CoV-2 dans le monde. En utilisant des données phylogénomiques, plusieurs groupes ont proposé que la variante D614G puisse conférer une transmissibilité accrue conduisant à une sélection positive, tandis que d’autres ont affirmé que les preuves actuellement disponibles ne soutiennent pas la sélection positive. De plus, dans le clade A2a, cette mutation est en déséquilibre de liaison avec une variante de la protéine ORF1b (P314L), ce qui rend difficile de discerner la signification fonctionnelle de la mutation Spike D614G à partir de la génétique de la population seule.

    2/ Ici, nous effectuons une mutagenèse dirigée sur une protéine de pointe optimisée par un codon humain pour introduire la variante D614G et produire des particules lentivirales pseudotypées SARS-CoV-2 (virus S) avec cette variante et avec la pointe D614. Nous montrons que dans plusieurs lignées cellulaires, y compris les cellules épithéliales pulmonaires humaines, ce virus S portant la mutation D614G est jusqu’à 8 fois plus efficace pour transduire les cellules que le virus S de type sauvage. Cela fournit une preuve fonctionnelle que la mutation D614G dans la protéine Spike augmente la transduction des cellules humaines. De plus, nous montrons que le variant G614 est plus résistant au clivage in vitro et dans les cellules humaines, ce qui peut suggérer un mécanisme possible pour l’augmentation de la transduction. Étant donné que plusieurs vaccins en développement et en essais cliniques sont basés sur la séquence initiale (D614) de Spike, ce résultat a des implications importantes pour l’efficacité de ces vaccins dans la protection contre cet isolat récent et très répandu du SRAS-CoV-2.

    1. Ça , ça doit être dans les cordes d’un intervenant périodique ici du surnom de PSDJ .

      Sinon voir Timiota comme phase intermédiaire de langage accessible , mais ça dépend des jours .

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