Tuer les animaux et les plantes ? Il faut se poser les bonnes questions, par Jean-Baptiste Auxiètre

Le fait d’être végan ou végétarien ne suffit pas à faire que l’on participe vraiment au cycle naturel.

Quand nous tuons un animal pour nous alimenter, nous l’avons d’abord fait naître, nous avons assuré sa reproduction, nous avons fait qu’il ait sa conscience de lui-même pendant un certain temps. Ce temps n’est pas éternel – pas plus qu’il ne l’est pour nous.

Si le progrès est que l’on cesse de manger l’animal, il n’aura jamais vécu ! Certes on lui aura épargné la souffrance mais aussi d’avoir vécu et joui d’en avoir eu conscience.

Éviter la souffrance de l’animal en vie est indispensable. Mais lui éviter la souffrance en lui refusant de venir à la vie est un principe que nous refusons pour nous-mêmes. Bien sûr nous nous évitons de devoir penser à la souffrance éventuelle de l’animal. Mais là encore, il s’agit de nous, et pas d’eux. Notre mortalité à nous ne nous obsède pas tant que nous sommes en vie. Or nous en avons une représentation bien plus précise que l’animal.

Quant aux plantes, manger une salade, c’est la couper avant qu’elle n’ait pu se reproduire. Certes elle n’a pas conscience d’elle-même au sens où nous l’entendons, mais éprouve quand même une certaine forme de souffrance, son rôle de se reproduire ayant été avorté.

Pour être conséquents, il faudrait que nous ne mangions des plantes que leurs fruits avec leurs graines et nous assurions que nos excréments permettent le renouvellement et la fertilisation et que nous les dispersions dans la nature aux endroits propices, et pas dans les égouts que nos toilettes surplombent.

Si nous ne mangions que du minéral, nous aurions épuisé depuis longtemps ce que la terre a à nous offrir. Seul le recyclage actuel permet la perpétuation. Le cycle naturel est donc bien que nous mangions et digérions du vivant mort ou tué dans notre estomac. C’est comme cela depuis le début des temps ! Il suffit parfois de se poser les bonnes questions.

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62 réflexions sur « Tuer les animaux et les plantes ? Il faut se poser les bonnes questions, par Jean-Baptiste Auxiètre »

  1. Certes,

    J’ajouterai que l’élevage, tel qu’il a été pratiqué jusqu’au XIX siècle a sculpté le paysage du monde, terrasse, bocages, prairies, et mis en place une interaction avec le monde sauvage, les insectes, les oiseaux, le microbisme en général, qui constituent ce que l’on appelle aujourd’hui biodiversité.

    Sans compter que les espèces domestiques constitue également une forme de biodiversité.

    Bref, nous avons constitué un monde dont nous sommes responsables, comme dirait St Ex, et la solution n’est surement pas de le laisser tomher.

    Ceci dit, nous mangeons trop de viande.

    1. Oui nous mangeons trop de viande, et même trop en général puisqu’en gros avoir 10kg de trop c’est manger 2 fois trop !

      1. Dans votre dernier chapitre :
         » Si nous ne mangions que du minéral,… »
        Je suppose que vous vouliez dire végétal, parce que dans le monde minéral, je ne vois pas bien quoi manger !…

      2. @ juannessy: les vrais minéraux sont pour la plupart déjà oxydés et non réducteurs, donc pas d’apport d’énergie possible.
        A part les émanations volcaniques soufrées par exemple.
        Sinon, il y a la cellulose, qui se mange « morte » pour bien des animaux. Mais nous sommes très mal équipé pour la manger, nous ne pouvons manger qu’une partie des molécules de la grande classe des « sucres lents ». La cellulose et la lignine, pas trop. Même si « c’est bon pour le transit » du fait des propriétés physico chimiques, on n’en tire pas d’énergie.

      3. @Timiota :

        On est bien d’accord que les sels minéraux ne vous donneront pas l’énergie d’une plaquette de chocolat , mais essayez donc de vous en passer pendant quelques semaines ( ce qui suppose que vous fassiez analyser tous vos aliments d’ailleurs , car des sels il y en a pratiquement partout ) PS : je ne peux même pas appeler un médecin à la rescousse pour confirmation , car je sais depuis peu qu’il n’y en a pas sur le blog .

  2. Dans la transition écologique, livre de Philippe Murer ( que je vous conseille c’est du ptit miel) j’ai notamment appris qu’en Allemagne il y a 300 fermes au Millevaches. 🙁

  3. Bonjour Monsieur,
    Intêressant comme point de vue, mais quel est le but de ce texte ?
    Si c’est pour démarrer une réflexion et améliorer l’ordinaire des animaux d’élevage, pas de problème,
    Si c’est pour justifier la consommation de produits d’élevage, c’est une perte de temps et une source de conflits car comme dans toute situation binaire, les passions montent vite au créneau !
    Pour la plupart des végétaliens, c’est un cheminement personnel qui les a conduits a refuser de consommer viandes et produits des animaux. Et ils se fichent que les autres en consomment !
    Par contre un certain nombre de végétaliens vont voir votre texte comme une provocation, au mieux comme une incitation à un débat « passionné ».
    Il y a un éléments dans votre réflexion qui mériterait d’être débattu ou développé, c’est si une conscience vécu temporairement vaut les souffrance associées.
    Pour ma part, à cause de certaines méthodes d’élevage intensif, je pense que certaines vies animales ne valent pas la peine d’être vécues. Et quand j’ai envie d’un bon saucisson, ben… y a un câblage dans ma tête qui dit NON.
    Cordialement
    Denis

  4. Non, les plantes n’éprouvent pas de certaines formes de conscience. Et les animaux que l’on fait naître pour l’élevage, on leur enlève très souvent, avant même de les tuer le principe même de vie.
    La seule bonne question à se poser est : ne mangerai-je pas trop de viande et que vais-je mettre en œuvre pour en manger moins ?
    Il n’y a pas à théoriser trop longtemps sur le sujet.

  5. Voilà encore un speciste qui tente de justifier son goût immodéré pour un steak frites salade.
    Non monsieur, on vous le répète encore une fois, vous n’êtes pas supérieur aux autres animaux, donc vous n’avez pas le droit de décider qui doit vivre. Etant seul à pouvoir en décider, les animaux étant dépourvu, sinon de conscience, en tout cas de pouvoir, vous êtes donc en capacité de décider à leur place. Ce qui vous confère une supériorité certaine. !
    On tourne en rond en matière de antispecisme.

  6. Ainsi dirons-nous qu’il y a…

    – … les civilisés, celles et ceux qui protègent ou dont les projets et les actions visent essentiellement la protection et la perpétuation de la vie sous toutes ces formes.

    – … et les barbares, celles et ceux qui détruisent la vie ou dont les actions et les projets conduisent in fine à la destruction et à l’éradication de la vie sous toutes ses formes.

    Plus commode, pour moi, désormais que gauche/droite .

    1. Il y a pas mal de carnivores et omnivores qui ne se posent pas tant de question . Il y en a même qui bouffent de l’homme cru .

    2. De façon plus générale et relativement au rôle de la technique dans les sociétés , j’ai souvent fait ici cette citation de Jean Cazeneuve ( L’ethnologie -1967 ) :

      « Distinction entre deux types de vie matérielle : celui qui consiste à piller la nature et celui qui la transforme … »

      Un peu une reprise de l’une des sentences célèbres de Delphes : « Meden agan  » ( rien de trop , jamais trop ) . C’est bien sans doute là , la meilleure attitude  » humaine » , car elle donne la clé de « mesure » et d’arbitrage entre le nécessaire et le superflu .

      De même que  » Fraternité étendue au vivant ! » doit être soumis à cette même mesure .
      On aimerait d’ailleurs que cette direction soit celle adoptée pour nos propres congénères , et qu’on évite pas exemple les tueries qui ne disent pas leur nom lors de vote par RIC pour « décider »  » librement » d’un déconfinement . Ou encore de se dispenser d’observer le code de la route …

      Mort à la bagnole qui tue la vie !

      1. Tiens, je m’instruit sur la théorie de l’évolution Darwinienne largement revue par Stephen Jay Gould ces temps-ci.
        Dans les principes de la révision, il y a le « principe boucle d’or  » (Goldilocks) : des trois ours dont elle trouve la maison, le premier est trop petit, le deuxième trop grand, et seul le 3ème est « comme il faut ». L’idée que la sélection naturelle (ou ce qu’il y a d plus général mais gardons le nom darwinien) se cale sur un « juste milieu » faute de quoi l’espèce courrait à sa perte, semble en effet universel à l’évolution. A voir en détail, pour l’instant je n’ai pris connaissance qu’en mode survol (pavé de 2000 pages de 2002 : « La structure de la théorie de l’évolution » où Gould s’écoute un peu parler, il faut bien le dire, mais si c’est que dans les 5% du début (100 pages), alors….

    3. Ça va porter à confusion, vu que beaucoup de barbares ont une cravate, et beaucoup de civilisés vont pieds nus, non, je dirais juste :

      Ceux qui se souviennent et ceux qui ont oublié…

      1. La confusion , c’est imaginer et envisager que la barbarie et la civilisation peuvent se définir par la tenue vestimentaire .

      2. « La civilisation : ensemble des caractères communs aux sociétés les plus complexes ; ensemble des acquisitions des sociétés humaines (opposé à nature, barbarie). » »

        Pour avoir marché pieds nus à Paris ou New York ( où c’est pas toujours facile à cause des conduites de vapeur qui chauffent le trottoir à 70 °c ) et conformément à la définition ci dessus, je vous confirme avoir été considéré comme un barbare.

        Dans notre état de nature, à peine descendu de l’arbre, notre respect de la vie en général était sans doute conforme à celui qu’on peut trouver chez les autres espèces.

        C’est bien la civilisation qui nous a conduit à  » éradiquer la vie sous toute ses formes  » non ?

        Je persiste :

        Si vous appelez barbare celui qui détruit la niche écologique et civilisé celui qui est proche son état naturel, cela va compliquer les choses…

        A moins que cette même civilisation puisse faire un 180 ° , moi je dis  » vive la barbarie  » et  » Back to the tree !! » ( comme dit l’Oncle Vania…)

  7. Je suis un peu sceptique sur le but de ce pamphlet. On dirait un discours à to avortement. Qui en effet justifie notre propre consommation.
    Ne soyons pas binaire, il y a élevage et élevage. L’élevage industriel, c’est mal. Élever du bétail en batterie, dans des espaces ridicules, ça ne rend heureux personne, ni les animaux, ni les consommateurs à qui on cache la réalité des conditions de ces élevages.
    Élever des vaches en plein champs leur permet quand même d’avoir un vie digne avant d’être sacrifiée.
    La question est plutôt de savoir à quel prix et quelle fréquence pourrait on manger de la viande avec seulement des vaches élevées dans des conditions correctes ?
    Autre point, la plupart des déforestations sont faites pour récupérer des pâtures, c’est inadmissible, jusqu’où iront nous ?
    Pour finir, nous sommes 7 milliards d’humains, pensez qu’il en faille plus ?
    Il est mieux de ne pas naître que de mourir dans la souffrance. Sur tout ces êtres humains, j’ai bien peur malheureusement qu’un bon nombre meurent à cause du changement climatique qui se profile. Chaleur, manque d’eau, manque de nourriture, maladies.
    Je pense que se demander s’il est bon de manger de la viande est un problème de riche, et bien le cadet de nos soucis à venir…

  8. Se poser de bonnes questions ou enclencher une casuistique assez vaine ? Posées ainsi, il est assez naturel que ces questions s’épuisent dans la merde conclusive.
    Il est clair que dans la nature tout le monde bouffe tout le monde ─ et à la fin les bactéries et autres microorganismes, virus inclus, gagnent. (Cette vérité doit déranger ceux qui préfèrent l’incinération.) La gazelle déchirée par la lionne souffre, et j’admets qu’elle a au moins eu ses moments de vie sauvage à elle, et que sa souffrance n’est pas celle d’un veau, d’un lapin, d’une poule pondeuse, d’une truie ou un cochon (ou désormais d’une vache) qui n’ont connu que des cages étroites, des enfermements ignobles avec des souffrances incommensurables dans la durée. Il y a bien un enjeu crucial pour le système capitaliste, sa gestion des affects : cacher et dissimuler ses folies horribles et absurdes (cf. ouvriers-esclaves, dark net etc.). Le travail admirable de L214 (que je soutiens) consiste à simplement dévoiler. J.-L. Godard avait fait cette remarque pour la réalité du Goulag et des photos volées d’un camion de ZEKs.

    Reprenons. Il y a selon moi une erreur factuelle dans le recyclage tel que décrit car même si nous nous nourrissions directement des minéraux, nos vies étant finies, le recyclage adviendrait donc fatalement. Faire croître la masse vivante et en particulier animale (sans limite et avec gaspillage), au service de 7 milliards d’humains, participe d’une certaine façon d’un extractivisme fou.
    On connait (par ex.) depuis peu la complexité des forêts et les interactions entres les arbres, les animaux les peuplant, les champignons et les microorganismes (« Tous entrelacés », dirait J.-B. Bapteste, déjà cité par timiota) et je ne dirai pas plus de salades sur les salades. Par contre étant d’accord sur la conscience de soi des animaux (plus on observe et plus on découvre combien elle est répandue) je suis en désaccord avec cet argument sophistique et niaiseux consistant à dire que l’on prive d’une vie des animaux qui auraient pu vivre.

    Un poète a parfaitement posé la question de naître pour vivre : « Ojalá yo hubiera nacido muerto » [Plût au Ciel que je fusse né mort] mais Jorge Luis Borges avait un humour très fin et toute sa vie dément ce cri.
    C’est lui qui fit cette célèbre classification « chinoise » des animaux (reprise par Foucault) et il serait bon d’y revenir d’une manière concrète. Sur notre planète il y a quatre catégories d’animaux. Les animaux domestiques de compagnie, choyés, adorés, parfois castrés et souvent étouffés par l’amour de leurs maîtres ; les animaux d’élevage par milliards destinés à notre consommation ; les animaux enfermés dans des zoos ; les animaux libres. Ceux-ci, nous les avons vu apparaître dans nos villes quand les méchants primates étaient confinés : des canards, des renards qui s’aventuraient dans nos rues. Habituellement ils sont terrorisés et ils se cachent. La faune dite sauvage, qui vit indépendamment de nous (dans les derniers interstices du monde sans nos occupations fébriles) est en voie d’extinction, c’est-à-dire d’extermination, volontaire ou non, par les humains qui se suicident aussi de cette façon.

    Oui, il est naturel que nous mangions du vivant mort ou tué mais oser dire que l’on doit élever des animaux pour leur permettre de vivre est absurde et irrecevable. C’est nier la réalité de la souffrance animale actuelle, à une échelle jamais vue, c’est empêcher un combat indispensable et vital. La lutte pour maintenir la biodiversité et celle contre l’industrialisation de l’agriculture (et de l’élevage) participent à la lutte finale, celle de notre survie.

      1. @ PAD, oui, nous sommes des animaux, ça va de soi (je parle de primates).
        La question de déterminer à quelle classe nous appartenons est plus délicate. On pourrait dire que nous sommes des animaux domestiques (mais pas toujours choyés, loin de là) en se référant au superbe livre de J. Scott, « Homo domesticus », mais on devrait sans doute répartir aussi l’humanité dans les deux autres classes (celle des zoos, c’est-à-dire nos agglomérations urbaines) et celle des animaux d’élevage (dans ce cas consommation de la force de travail, très rarement de la viande) ce qui d’ailleurs ne contredit pas Scott… En tout cas, aucun animal humain ne peut être classé dans les « animaux libres » car de même qu’un peuple qui en opprime un autre ne peut être libre, de même les Maîtres du monde ne sont pas « libres » et le jour ils arriveraient à enfin le comprendre, nous aurions alors une petite chance de nous sauver tous …

  9. En parlant de bonnes questions…

    Les huîtres sont bien vivantes quand on les mange, sans quoi…

    Vivre, c’est souffrir… Souffrir, c’est vivre…

    Le problème, c’est donc plutôt que l’Humanité, du fait de son augmentation démographique exponentielle, a imposé à la biosphère terrestre une autre façon de souffrir, hyper industrielle celle-ci, et ceci pour sa propre survie ; c’est en tout cas ce qu’elle croit, n’ayant toujours pas pris individuellement conscience de son évolution au sein d’un milieu aux limites naturelles finies…

    En nous heurtant à ces limites, nous sommes donc passés en seulement deux siècles, d’une souffrance naturelle propre à l’holocène, à une souffrance industrielle propre à l’anthropocène…

    Dit autrement, nous sommes donc plutôt passés de la vie à la survie en seulement deux siècles…

    Les vraies questions en découlant étant donc plutôt celles-ci :

    1- Comment repasser de la survie à la vie ?!

    Réponse : c’est systémiquement impossible sans une extinction aléatoire pure et « simple » de l’espèce invasive elle-même, à savoir nous collectivement…

    2- Peut-on garantir/maintenir à la fois la vie et la survie sur Terre ?!

    Réponse : oui, mais en ordonnant une prise de conscience individuelle de la situation, ce qui ne peut en passer que par une rééducation obligatoire de chacun…

    Ce sera donc, au choix : soit l’extinction collective aléatoire (hasard ou choc de complication/simplification), soit la rééducation individuelle obligatoire (chaos ou choc de complexification/diversification), autrement dit, soit le néo-holocène, soit le « noocène »… Vous n’avez hélas ! pas d’autre choix possible à ce stade, au regard de la crise systémique globale en cours, et ceci à défaut de pouvoir déplacer en beaucoup moins d’un siècle, plus de 7 milliards et demi d’êtres humains ignorants, et ceci de la Terre à l’autre exoplanète, si tant est toutefois que cette dernière soit d’ores et déjà connue…

    Pour le Blog de Paul Jorion, ce mercredi 15 juillet 2020, 11h00 du matin…

      1. Faisons cela le plus possible numériquement en libérant le champ des possibles que nous offre l’Internet…

        Mais privilégions surtout les rencontres, les expériences et les jeux de rôles dans lesquels chacun pourra devenir maître de jeu (et non du jeu), puis les mises en pratique, voire les actions collectives…

        Etc…

        Bien à vous.

      2. @PAD :

        En principe , c’est déjà imprimé car , si on se fie au titre ,  » Comment sauver le genre humain  » , si c’est l’empêcher de mourir , c’est déjà assurer sa survie ( ce qui n’est pas gagné ) et , en principe c’est aussi laisser espérer une  » vie » digne à chacun . Paul Jorion ne refusera pas d’être diffusé à 7 milliards d’exemplaires , ni son éditeur .

        Mais il faut bien reconnaitre que certains aujourd’hui ont le luxe ( le superflu ?) de discourir de leur dignité de « vie » , tandis que d’autres n’ont que l’angoisse de leur « survie » au jour le jour ( le nécessaire ? ) sans  » filets de sécurité » sociaux . Ils aimeraient bien qu’on se soucie d’eux autant que des animaux .

      3. Trop juste!

        « Ils aimeraient bien qu’on se soucie d’eux autant que des animaux « , de compagnie, plus de 4 milliards d’euro par an pour la France, ce qui laisse une marge de manoeuvre non négligeable, pour solliciter, chaque personne s’offrant un animal de compagnie, d’un euro ou plus.
        Ceci afin d’assurer une chance de survie de leur compagnon et de la nôtre accessoirement, par la diffusion internationale de ce livre!

        https://www.fayard.fr/documents-temoignages/comment-sauver-le-genre-humain-9782213716848

  10. Quel beaux paralogismes!

    En lisant cela, j’ai une petite pensée pour les petits poulets qui « habitent » à côté de chez moi. Bien sagement répartis dans 5 hangars à une moyenne de 20.000 individus dans chaque. Il n’auront pas vécu jusque ce qu’il puissent se reproduire mais on aura tout fait pour les maintenir en vie jusqu’à la fin: 6 semaines… A l’aide de nombreuses médications, vitamines et contrôle de l’air ambiant. Est-ce que cette vie vaut d’être vécue? Un bon éthologue dirait que non: pas de lumière du jour, pas de structure sociale, pas de possibilités de mouvements libres et naturel.

    Un jour une connaissance me disait: « Et bien, ces poulets vivent à la campagne, quand même! ». Nous lui avons rétorqué: « Quelle campagne? Ils arrivent poussins dans un camion fermé et climatisé et repartent quelques semaines plus tard dans des cages chargées sur un semi-remorque, en plein courant d’air (c’est pas grâve, ils mourront avant de devenir malades), en direction vers leur destin funeste de poulet de supermarché. La seule campagne qu’ils auront la chance de voir est celle lors de leur dernier trajet vers l’abattoir , si ce n’est pas la nuit comme souvent « . La campagne, ils s’en foutent, ils la détesteraient: ces races sont si fragiles qu’elles ne résistent pas à l’air libre.

    La même chose vaut pour l’élevage des porcs. Bref, arrêtons d’idéaliser l’élevage sur celui d’une vache ou un taureau paissant dans une prairie pendant plusieurs années: ce ruminant le plus polluant en méthane n’est pas celui le plus important en nombre d' »âmes ». En occident, le gros chiffre d’individus composant notre alimentation est composé d’animaux avec un cycle de vie très court et à l’écart de la lumière du jour. Je mettrais beaucoup de citadins et même de campagnards de moins de 50(?) ans qui ont vu dans une prairie un porc ou des poulets destinés à la consommation. Ce genre d’élevage a quasiment disparu (excepté pour la viande labellisée bien plus coûteuse).

    La viande est devenu un produit de … consommation. En étant intégré dans la chaine de production, il a perdu sa valeur sacrée qui faisait qu’il n’était que consommé le dimanche, tout comme son prix relatif a bien diminué. C’est qu’au prix de la déconnection entre la production et la consommation que les mangeurs de viande ont perdu la valeur symbolique de celle-ci (Idem d’ailleurs pour la salade, nous n’oserions pas prendre une salade avec une ‘mauvaise mine’ dans un magasin, quitte à ce que le prix soit bradé, voire à être gratuite, mais nous le ferions bien chez soi avec ses propres légumes cultivés, qui à enlever les mauvaises parties, sachant l’effort qu’il nous a coûté). J’ai le sentiment que les processus de production de masse ont ‘déshumanisé’ l’animal et je me pose la question si cet animal en milieu concentrationnaire a conscience de lui-même?

    Vous souhaitez manger de la viande? Eh bien, laissez le vivre dignement l’animal, attachez-vous à lui et tuez-le! Votre steak ou votre poulet roti auront une toute autre saveur…

    PS: Je l’avais déjà énoncé ici: https://www.pauljorion.com/blog/2019/10/31/si-vous-voulez-manger-de-la-viande-abattez-votre-bete-par-jpc/

  11. Tout être vivant se nourrit d’autres êtres vivants, cela fait partie du recyclage tel que cité par Jacques Seignan ci-dessus. Nous, humains, avons donc besoin de glucides, protides, lipides, vitamines, minéraux pour le bon fonctionnement de notre corps.

    Le débat n’est donc pas de savoir s’il faut être végétarien, végétalien ou carnivore, mais dans ce qu’il est nécessaire d’avoir pour notre fonctionnement. Et là, la réponse est celle que nos ancêtres ont trouvée depuis des centaines de milliers d’années : si l’on veut avoir une alimentation locale et non transformée industriellement, il faut être omnivore. Notamment à cause de la vitamine B12, nécessaire au fonctionnement des connexions neuronales, qui n’est présente et assimilable naturellement que dans les produits animaux.
    https://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/DossierComplexe.aspx?doc=vegetarisme-vrai-faux-on-ne-trouve-de-la-vitamine-b12-que-dans-les-produits-animaux-faux

    Maintenant, il est évident qu’il n’est pas nécessaire de manger trop de viande, car elle consomme beaucoup de ressources naturelles (terre, eau) pour être produite. Tout comme, soit dit en passant, les produits cosmétiques (sont-ils tous utiles ?) et les vêtements (sont-ils aussi tous utiles ?). Personnellement, je mange un peu de viande, mais je tourne sur deux pantalons et zéro cravate par an, et je n’utilise aucun cosmétique excepté du savon, shampoing et dentifrice (comme déodorant, une pincée de bicarbonate de soude suffit) ; cela compense largement ma consommation carnée.

    Du coup, je peux me permettre d’acheter de la viande bio, qui a un cahier des charges certes très insuffisant quant à la maltraitance animale, mais de toute manière meilleure que la viande non bio. Et mes œufs proviennent de mes poules, qui elles, ont une vraie vie de poule : un parcours suffisant avec de l’herbe, de quoi faire un bain de poussière, des petites bêtes ou des pissenlits, mourons, herbes à avaler. Je nourris même une poule stérile acquise il y a deux ans.

    Pour donner un exemple de l’insuffisance du cahier des charges bio : pour avoir des œufs bio, il faut que les poules est un parcours en plein air. Je connais (indirectement, via une collègue) un élevage de 19 990 poules (au dessus de 20 000, la réglementation change) dans un grand bâtiment le long d’un grand champ où les poules peuvent faire leur parcours herbeux. Le problème, c’est qu’il n’y a à peine que 10 % qui sortent, celles qui sont suffisamment proche de la porte pour « la voir » et voir qu’il y a un dehors ! Dans ce type d’élevage, 90 % des œufs bios ont été pondus par des poules qui restent enfermées.

    1. Pas si simple il ne suffit pas d’avoir tous les nutriments et les vitamines et il y a beaucoup de choses qui nous échappent , ceux qui sont nourris par perfusion perdent la moitié de leur poids alors qu’il recoivent tout ce qu’il faut en quantité suffisante

  12. Merci de nous signaler que dans ce cas l’appellation bio n’est que supercherie, mais ça rassure les dècérébres des grands centres urbains.

    1. @PAD :

      Dans la liste des certificateurs , je connais bien Nature et Progrès car ma fille en a été une cheville ouvrière à Uzès puis Alès pendant 10 ans .

      Je ne sais pas où ça en est mais longtemps , alors que Nature et Progrès faisait figure « d’ayatollah « du bio , ses adhérents ne pouvaient pas afficher leurs produits comme Bio , car cette autorisation passe par une procédure payante ( et pour chaque nature de produit , ce que ne pouvait se permettre beaucoup des petits producteurs affiliés ) . Les moins malaisés contournent d’ailleurs cet handicap en acceptant de payer dans le cadre du label AB , et ils affichent alors leurs produits bio sous la double certification avec bonheur .

      A noter aussi que N et P couple sa démarche « technique du produit » avec une approche « sociale éco responsable  » qui l’a vite fait partenaire de la Confédération Paysanne depuis plus de 40 ans , en particulier dans le bras de fer avec les OGM .

  13. L’Humanité se trouve dans une position unique parmi le vivant sur terre. Elle réplique le vivant sur lui-même en s’aidant de la technique et de la science. Cette prouesse n’est rendue possible que par l’existence du langage, qui constitue la colonne vertébrale de l’humanité, que nous avons répliquée sous la forme de la technique et de la science.
    Le sous-produit de la reproduction c’est la production de nouvelles substances, au sens large, qui peuvent servir à prolonger le vivant.
    S’il existe un cycle du vivant, c’est celui de la reproduction. Tous les niveaux de complexité du vivant s’interpénètrent avec chacun son cycle dans une symphonie magistrale que nous sommes sur le point de balancer à la poubelle.
    Une remise à zéro dont nous connaissons l’existence, contrairement au reste du vivant sur Terre.

  14. Quand « l’animal social », espèce humaine omnivore colonisatrice, refusant d’assumer, se « repentir », parce qu’elle risque d’être en voie d’extinction, en est réduite à végéter, à être et avoir l’air figé, à végétaliser même ses espérances de vie en bonne santé, et sa légitime colère par rapport aux inégalités, injustices, sans cesse complexifiées… ou « en même temps » façon « monde à voir »… en est instrumentalisée à préférer camoufler derrière le « commensalisme », son aspect prédateur, paritaire, suicidaire… quelles bonnes question restent à poser à qui préfère faire souffrir dans la « cohabitation avec la mort », des animaux ou des plantes (les virus, pandémies, restant dans le fait « qu’il y a du bon, dans le coté obscure de la force » ?)…?

    Quelles consciences d’être vivant, ou quelles définitions de cette conscience de la vie, seraient en capacité de comprendre, de justifier, d’excuser… à quoi en est réduit, l’ultime prédateur de la biodiversité existant sur terre, se voulant incarner le pays de la déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen, dans ce discours si commenté aujourd’hui, d’un premier ministre…? Serait-ce sa jeunesse au « monde à voir » du vivant, sa régénérescence à la vitalité, qui pourraient toutes deux s’épancher quotidiennement sur la résolution d’interrogation pareille …?

    « Est-ce que la création de « 300 000 emplois jeunes » à destination des citoyen.e.s qui vont sortir du cursus scolaire, à la rentrée, dans un contexte de crise sociale et « sociétale » jamais vu… est réellement « faire du social » comme il est dit sur les plateaux des médias mainstream, félicitant le discours du premier ministre… ?

    Est-ce que la dictature du « monologue du machin social » permet qu’on lui réponde, par les interrogations suivantes… ?

    Est-ce que répartir ces « créations d’emplois » (loin d’un CDI, de la sécurité économique…..) dans des services publics de proximité, en lieu et place de non remplacement de fonctionnaires territoriaux, de « dégraissage systémique » du personnel de la fonction publique territoriale (dégraissage cher au cœur des néolibéraux), territoires dont les inégalités structurelles et conjoncturelles (scolaires, d’accès à la santé publique hospitalière, de transport en commun, etc. Affaire Dexia, et de problème de compensation des dotations de l’État, à la fin de l’autonomie budgétaire – Taxe d’habitation, impôt de production, etc) entretiennent et aggravent le « séparatisme »… équivaut à « faire du social », au sens d’une « planification » de cohésion « sociétale », et de cohérence de solidarité dans la réponse qu’attendent les habitant.e.s de territoires les plus désœuvrés (Seine Saint-Denis, etc, dont la limite des politiques austéritaires de la santé publique, de « réformes structurelles » fut atteinte par les records de taux de moralité due à la Covid-19 par exemple), souffrant de désertification des services publics, etc. ?

    Est-ce qu’attribuer aux propriétaires privés d’entreprises et d’actions (dans la grande distribution alimentaire, l’industrie agroalimentaire), assistés sans contrepartie (« immorale optimisation fiscale », flat tax, suppression partielle de l’ISF, baisses des impôts sur production, sur société, baisses des cotisations sociales patronales, annulation/socialisation des dettes fiscales, sociales, morales, occasionnées par le confinement, mais creusant « en même temps » les déficits des régimes des retraites, de l’assurance chômage, explosant d’autant les dettes publiques, nationalisation des salaires défiscalisés et désocialisés d’employé.e.s – ne finançant plus donc le modèle social solidaire – retraite, chômage, santé, etc – blanchiment de l’impunité des fraudes fiscales, morales environnementales… avec le « droit à l’erreur, les « externalités négatives polluantes, aggravant le dérèglement climatique, la perte de biodiversité…) est-ce que leur attribuer le droit (et devoir tant qu’on y est…?) d’user et d’abuser « d’emplois jeunes » (comme le travail gratuit des chômeur.e.s, stagiaires… et « l’armée de l’ombre ». Alors que de l’autre coté de la rue, l’assistanat sert à remplacer le personnel par des caisses automatisées désocialisées, défiscalisées, favorise « l’ubérisation et ordinisation » du travail segmenté à la tâche, des savoirs et services publics privatisés, digitalisés dématérialisés, et de l’emploi se précarisant, quand il ne disparaît pas… quand de ce coté de la rue, mis en lumière ce patronat et discours politique, veut baisser de 20 % les salaires, ne plus payer de majoration aux heures sup, disposer à sa guise des RTT, ne plus laisser choisir la date de départ et la durée, des congés payés, aux salarié.e.s…) équivaut à « faire du social » au sens le plus noble et démocratique de l’intérêt général, au sens de ne pas rajouter de la misère (comme le fait « d’inciter » les pauvres, les gens en situation de NON RECOURS, a accepter du « bénévolat contraint », travail gratuit, contre l’ouverture du droit au RSA… ?), à celle du monde croissant de la pauvreté, précarité, insécurité, de ne pas profiter de la croissance des inégalités structurelles et conjoncturelles pour en privatiser des bénéfices et dividendes indécents, illégitimes (comme pour la spéculation à découvert, faite sur la hausse ou baisse des stocks gérés en flux tendu, et des prix, des masques, respirateurs, médicaments, manque de lits de réa, denrées alimentaires …) ?

    Dans un contexte (électoraliste, car d’autres élections vont venir ponctuer l’attente de celle de 2022, du duel mortifère des prochaines présidentielles donc), ou le besoin, au niveau des territoires, d’accroître le niveau des dépenses sociales, et de dépendre des compensations étatisées, par rapport aux crises sociales et « sociétales », et au risque de recrudescence d’infections mortelles, et/ou graves au coronavirus, va cliver les enjeux politiciens, et des « temps de cerveaux disponibles » qu’àne vouer un « culte féroce » aux doutes, incertitudes de leur « ras le bol fiscal » « poujadisme », bas instincts, que sonde sans arrêt la « dictature des émotions », comme si le fascisme, qu’il soit en col blanc, ou en col bleu, n’avaient pas pour les deux, des définitions « irréconciliables », ne pouvant trouver « consensus » dans le dialogue, pour s’entendre sur le terme commun qu’ils ont du mot « social »… ?

    En attendant… de ne pas recevoir de réponse… Que les choses soient claires. Je me souci autant des 700 000 jeunes qui vont affronter, à la rentée… la dure et cruelle réalité d’une crise sociale et « sociétale » d’ampleur titanesque, que des futures générations de jeunes qui se retrouveront les années d’après, dans le « monde à voir » dans la même gestion dans la pénurie de la pérennité d’une situation de crise, de choc permanent, que des moins jeunes, qui sortis l’an dernier, depuis la « crise des subprimes », craignent que leurs « destinés » soient celle des galères, des esclaves…

    Le « roi te touche et te guérit », « de l’autre coté de la rue » nommé « président Macron », collaborant actuellement avec « l’ex-usurpateur d’identité » de président… oups… de « illustre anonymat d’un inconnu »… alors ministre de la gauche, qualifia « d’inégalités de destin » les cas de NON RECOURS, la non redistribution de la solidarité aux ayants droit au RSA, alors que président, il insista sur le « pognon de dingue mis dans les minimas sociaux, qui fait que les pauvres et se déresponsabilisent », alors que 30% des bénéficiaires » du RSA, ne le touchaient pas, par méconnaissance de leurs droits, et « abstentionnisme » de défense politique de ceux ci, par peur d’être ostracisé, etc – Le NON RECOURS concernent aussi, comme l’indique le défenseur des droits, le fait de ne pas savoir, avoir la connaissance de ses droits, et de porter plainte lorsque les discriminations à l’embauche, dans l’accès au logement, les brutalités policières commises lors des contrôles aux faciès, « manifestations interdites », sont la fatalité, « destinée » de votre quotidien…

    Et les « promesses » gouvernementales, de renforcer, maintenir provisoirement, le dispositif d’aides aux familles des plus démuni.e.s, d’offrir le repas universitaire à 1 euro, pour les étudiants boursiers, risque de ne pas plus les concerner, qu’ils doivent résister avec force à la « tentation consumériste » d’incitation à aller convaincre leurs parents d’aller les dépenser dans les mêmes grandes surfaces » décrites plus haut, pour acheter des pots de patte à tartiner, pattes, etc à 1 euro, ou pour se précipiter pour acquérir des consoles de jeu, au même prix, comme par hasard, que le montant de la « revalorisation temporaire » des minimas sociaux, haussés pour leur permettre d’affronter la crise sanitaire… »

  15. Rapporter les problématiques de l’agroalimentaire à des questions de modes de consommation, c’est bien tout ce que le capitalisme espère pour s’offrir une n-ième échappatoire. En effet le prisme du mode de consommation est essentiellement individualiste et complique fortement la possibilité de s’organiser collectivement. Elle renvoie encore et toujours à la vertu des consommateurs, vertu proprement illusoire dès lors qu’ils sont plongés dans un système dans lequel celle-ci n’est pas récompensée, et même éventuellement sanctionnée.

    A l’inverse, interroger les modes de production offre quantité de perspectives bien plus fécondes. La « bonne question » n’est plus alors de savoir s’il faut manger plus ou moins de viande, ou plus ou moins de fruits et légumes mais comment et pourquoi sont-ils produits? Le GIEC a publié l’année dernière une information qui aurait à mon sens du faire les gros titres de l’ensemble de la presse mondiale, au lieu de quoi elle est quasiment passée inaperçue: A l’échelle mondiale, 30% des denrées alimentaires sont gaspillées. Et là encore il ne faut pas se tromper d’enjeu: Que des consommateurs puissent acheter puis jeter des denrées pour quelque raison que ce soit est un épiphénomène. Le fait est que consommées ou pas, ces denrées avaient été produites de toute façon. Un autre fait est que dans une économie marchande, il est parfaitement inconcevable de distribuer gratuitement des denrées (pas au sens jorionesque, c’est à dire en finançant ces distributions indirectement, mais bien en les réalisant sans aucune contrepartie). Il est au contraire préférable de détruire les invendus afin de maintenir les cours du marché. Ce que la filière ne se prive pas de faire d’ailleurs, dès la sortie du champs.

    Depuis des décennies on nous fait avaler que sans l’agro-industrie, les famines se multiplieraient, mais cette assertion est doublement fausse, puisqu’en effet cela fait maintenant plusieurs siècles, c’est à dire depuis bien avant l’invention de l’agriculture intensive, que la quasi-totalité des famines frappant le monde ne le font pas à cause d’un mode de production défaillant mais du fait de causes exogènes, guerres et épidémies humaines notamment. Et par ailleurs l’agro-industrie nous a plongé dans ce paradoxe infernal qui consiste à vivre à la fois dans une crise de surproduction systématique (les fameux 30%) sans que pour autant les famines et la malnutrition ne soient endiguées. Et pour cause, celles-ci s’expliquent bien mieux par la spéculation financière et par l’hégémonie de l’économie marchande que par toute autre raison.

    La production agroalimentaire de masse ne nous protège pas de la famine, elle s’intègre entièrement dans le mode général de production capitaliste. Couplée à la division extrême des tâches, elle rend les individus dépendants d’un mode de consommation conçu pour mieux les asservir par ailleurs. L’industrialisation conduit le paysan à devenir, selon l’expression de J.P. Berlan un « techno-serf » qui doit s’endetter sur plusieurs générations pour surproduire des denrées qui de ce fait ne le rémunèrera même pas correctement.

    1. Vous auriez du défiler avec nous contre les OGM dès 2000 et plus tôt pour certains ,qui avaient vite perçu qu’au delà de l’incertitude sanitaire et de l’atteinte à la diversité biologique , le péril économique et sociétal ( asservissement des agriculteurs , main mise capitaliste sur l’industrie agro-alimentaire , prise du pouvoir sur l’organisation de la consommation , situation de monopole ..) était le piège le plus pernicieux .

      Comme il y a une morale parfois , Bayer qui a cru acheter la poule aux œufs d’or en s’offrant Monsanto pour 63 milliards de dollars , connait aujourd’hui l’enfer . Il faudra bien un vaccin anti covid Bayer pour sauver la barque .

      1. @juannessy

        En 2000 entre deux années estudiantines j’apprenais dans la douleur comment fonctionne l’industrie agroalimentaire, de l’intérieur. On ne peut pas être partout. Mais l’information brute ne fait pas tout. Il faut du temps pour la digérer et pour l’articuler au moyen de connaissances dans d’autres disciplines. J’ai développé quelques idées depuis.

        En parlant d’idées, voici une interview très intéressante d’Isabelle Attard , dont je partage pas mal de considérations. Une des rares personnalités politiques à conserver encore mon estime.

      2. Vu cet entretien d’une néo-anarchiste ….après un mandat de députée . Un peu verbeux et littéraire et hors sol . Rien de nouveau sous le soleil anarchiste qui échouera toujours ( comme toutes philosophies ou  » mouvements ou courants de pensées ) s’il se prend pour le centre de la galaxie . Je ne reviens pas sur mon souhait de voir marier , via la responsabilité , le corps anarchiste et la raison philosophe , le je et le nous :

        https://www.pauljorion.com/blog/2012/10/16/les-forces-collectives-proudhoniennes-un-complement-a-misere-de-la-pensee-economique-par-jacques-langlois/#comment-371430

  16. a noter que Henry Ford, quand il voulu mécaniser pour faire la ce qui en 1908 allait être la Ford T, envoya (vers 1905 de mémoire) des gens aux abattoirs de Chicago voir comment on avait « automatisé » ou plutôt « rationalisé » l’équarrissage des carcasses de bœuf etc.
    De fait, c’est le frigo qui ajouté au train (le compresseur marchait à vapeur ? faudrait que je me renseigne, en 1905 on est à l’apogée de l’utilisation de la vapeur, avec des locos à 200 km/h en record du monde, la Mallard, etc. ) ajouté au train, donc, fait qu’on peut acheminer des monceaux de viande fraichement abattue depuis les plaines de l’Ouest, en 2 ou 3 jours.
    On est donc bien dans un monde extractiviste, que l’on s’intéresse au boeuf ou au pétrole. Bien sûr, si on parle d’un petit bout de champ du Jura où Alaguillaume élève 3 veaux dans un joli petit champ, ce n’est pas la même chose. Mais une fois l’exode rural accompli et 99.8% de la population n’ayant pas la moindre idée de comment soigner le bétail (pas sûr que je doive mettre les élèves de « véto » dans le lot) , on est dans une logique extractiviste si on donne de la viande plus d’une ou deux fois par semaine à toute la population : le facteur 500 est incontournable (0.2% d’éleveur /99.8% de non éleveur, en simplifiant. 100 000 en France en gros)

    1. Je propose la construction d’un abattoir Porte de Versailles avec expositions et visites pédagogiques .. On achevait bien les chevaux à la place du Parc G. Brassens.

    2. Pour vous inspirer:  » le sang des bêtes  » de Georges Franju (1949) – 22 min:
      C’est le croisement de la modernité et du monde ancien autour de l’abattoir.

    3. Tout ceci est très bien expliqué dans « Cochonneries » : la chaîne de « déconstruction » de l’animal (disassembly line), inspirant la chaîne de construction des voitures ; l’essor du rail doublé de l’invention de la chaîne du froid 365 jours par an ; sans oublier l’invention du salpêtre > nitrates > nitrites pour la pseudo-conservation (mais qui curieusement a permit d’accélérer drastiquement les processus de fabrication, utiliser des animaux jeunes et d’arroser l’europe en charcuterie dès le début du XXe siècle) :
      https://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Cochonneries-9782707193582.html

      Un peu de lecture en ligne également :
      https://www.lesechos.fr/2013/07/chicago-le-grand-abattoir-1098499

  17. Étant donné qu’une moyenne de 5 kilos de protéines végétales est nécessaire pour produire un kilo de protéines animales, continuons, en dépit de toutes diversités, mais par amour de la nature, de multiplier les animaux et en proportion les surfaces de production végétales, car 690 millions de personnes souffrent de la faim, et 2 milliards souffrent d’insécurité alimentaire. La bonne question ne serait-elle pas, avant toute chose, en tant qu’animal questionnant, à l’adresse à ceux qui s’y damnent:
    https://vimeo.com/415308656
    https://diacritik.com/2020/07/10/40-jours-dans-un-abattoir-qui-se-soucie-des-damnes-de-la-viande-steak-machine/

  18. Si vraiment vous voulez éviter de tuer des salades, ne consommez pas de viande, combien de salade dans un steack ?
    Sur la conscience d’eux-même des animaux, je crois que vous projetez, la conscience de soi implique un mental dont les animaux ne sont pas dotés.
    Les hindous sont végétariens et survivent sans problèmes.
    Sinon pour vous distraire, je vous suggère d’aller voir ce qu’en disent les participants du pranic world festival: https://www.breatharianworld.com/fr?fbclid=IwAR1YIJgwcJE-Euj5rr9PNIaBa-lU7tLh7dGhVVxQkqoOHAwt1dWezCFGPZg4

  19. « Le fait d’être végan ou végétarien ne suffit pas à faire que l’on participe vraiment au cycle naturel. »
    -> Ils défèquent pourtant comme les autres, non ? Plus sérieusement, que faut-il tuer et manger pour participer « vraiment » à ce « cycle naturel » ? Peut-on se contenter des animaux non humains ? Vous voyez le problème ?
    « Quand nous tuons un animal pour nous alimenter, nous l’avons d’abord fait naître, nous avons assuré sa reproduction, nous avons fait qu’il ait sa conscience de lui-même pendant un certain temps. Ce temps n’est pas éternel – pas plus qu’il ne l’est pour nous. »
    -> Vous tuez tous les animaux que vous mangez ? Je ne le crois pas. D’autres le font pour vous, entre autres pour vous épargner l’horreur du spectacle et la pénibilité de la tâche. Vous voyez la différence ? Et, en suivant votre raisonnement, s’i l’on peut tuer ceux que l’on fait naître, on peut tout aussi bien tuer…
    « Si le progrès est que l’on cesse de manger l’animal, il n’aura jamais vécu ! Certes on lui aura épargné la souffrance mais aussi d’avoir vécu et joui d’en avoir eu conscience. »
    -> Vous croyez vraiment qu’il vous en voudra de ne pas être né pour vous nourrir une fois tué à la puberté (s’il a de la chance) après une vie courte exécrable et une mort prématurée ?
    « Éviter la souffrance de l’animal en vie est indispensable. Mais lui éviter la souffrance en lui refusant de venir à la vie est un principe que nous refusons pour nous-mêmes. Bien sûr nous nous évitons de devoir penser à la souffrance éventuelle de l’animal. Mais là encore, il s’agit de nous, et pas d’eux. Notre mortalité à nous ne nous obsède pas tant que nous sommes en vie. Or nous en avons une représentation bien plus précise que l’animal. »
    -> Donc vous vous mettez à la place de plus de 60 milliards d’animaux terrestres qui sont massacrés chaque année pour décider à leur place qu’ils doivent naître pour souffrir et mourir prématurément dans des conditions atroces et vous vous refusez le droit de décider à leur place de ne pas vivre et mourir dans ces mêmes conditions atroces ? Tout ça alors que ce n’est pas nécessaire, uniquement pour votre petit plaisir gustatif ou autre ? Vous êtes vraiment sérieux ?
    « Quant aux plantes, manger une salade, c’est la couper avant qu’elle n’ait pu se reproduire. Certes elle n’a pas conscience d’elle-même au sens où nous l’entendons, mais éprouve quand même une certaine forme de souffrance, son rôle de se reproduire ayant été avorté. »
    -> Nous y voilà, le fameux argument dit du « cri de la carotte » :
    https://www.vegan-france.fr/blog/le-cri-de-la-carotte/
    https://www.insolente-veggie.com/le-cri-de-la-carotte/
    http://www.cahiers-antispecistes.org/quelques-reflexions-au-sujetde-la-sensibilite-que-certainsattribuent-aux-plantes/
    « Pour être conséquents, il faudrait que nous ne mangions des plantes que leurs fruits avec leurs graines et nous assurions que nos excréments permettent le renouvellement et la fertilisation et que nous les dispersions dans la nature aux endroits propices, et pas dans les égouts que nos toilettes surplombent. »
    -> Si c’est ça ce que vous entendez par « participer vraiment au cycle naturel », go for it, Rien ne vous empêche d’essayer.
    « Si nous ne mangions que du minéral, nous aurions épuisé depuis longtemps ce que la terre a à nous offrir. Seul le recyclage actuel permet la perpétuation. Le cycle naturel est donc bien que nous mangions et digérions du vivant mort ou tué dans notre estomac. C’est comme cela depuis le début des temps ! Il suffit parfois de se poser les bonnes questions. »
    -> Mais non, il suffit de de devenir végane.
    Un conseil, au lieu de vos appels à la tradition et de tous ces sophismes pour vous donner bonne conscience, cultivez-vous sur le sujet : il faut sortir de la Doxa (je vous rappelle que 99% de la population consomme des produits animaux), également quand il est question de notre petit plaisir gustatif! Ne pas consommer de produits animaux est très simple et enrichissant. Cela demande juste un peu de courage. Pour la B12 que certains mentionnent : aucune honte à se supplémenter. On se supplémente bien avec de l’iode dans le sel, et les animaux d’élevage sont saturés de vitamines, antibiotiques et autres médicaments pour qu’ils survivent avant qu’on ait décidé de les tuer… Bref, si se poser les « bonnes questions » c’est déjà connaître les réponses, on n’est pas sorti de l’auberge-caverne.
    Personne n’ignore que l’être humain a aussi été cannibale, mais fort heureusement, la morale évolue…
    Ps. je n’ai pas l’envie d’entrer dans un débat passionné. Je me répète: renseignez-vous sur le sujet, lisez des livres, et pas seulement de « carnistes » convaincus (comme Porcher, Ariès, Wolff..), mais également d’antispécistes et véganes, il y en a de nombreux et d’excellents (Corine Pelluchon, Florence Burgat, Valéry Giroux, Mélanie Joy, Sue Donaldson, Will Kymlicka, Peter Singer, Gary Francione, Charles Patterson, les Cahiers antispécistes etc.) Le problème ne peut pas être résolu dans un débat sur un forum, mais il nécessite tout notre attention et une mise entre parenthèses de nos préjugés.

  20. Ne négligeons pas ceux qui n’ont pas la parole.
    Par exemple les poissons, aucune raison de croire qu’ils n’ont pas de conscience.

    Et surtout Phyton. Les plantes ne sont pas comme nous, certes pas faites à notre image. Elles vivent, croissent, se reproduisent et meurent bien souvent trop violemment. Elles ont donc sûrement une forme de conscience, de sentiment de soi.
    Que nous ne le connaissons pas n’est pas une preuve de son inexistence. Tout au plus, un témoin de nos lacunes et insuffisances.
    Globalement, elles sont une formidable usine de synthèses chimiques, toutes indispensables à la vie sur terre.
    Il faut respecter et protéger Phyton, le grand oublié depuis Noé.

    1. Oui, on estime à 1000 milliards le nombre d’animaux aquatiques massacrés chaque année pour notre plaisir. Il ne faut pas les oublier.
      Pour les plantes, c’est plus compliqué que ne le laissent supposer les « carnistes » convaincus. Il n’a jamais été établi que les plantes souffrent, contrairement à la légende urbaine qui conforte nos habitudes et la doxa:
      https://coteboudreau.com/2014/09/13/ethique-vegetale-1/
      Si on se soucie des plantes, il faut commencer par ne plus consommer de produits animaux pour qui la souffrance est clairement établie scientifiquement.
      De plus se nourrir de plantes est bien plus efficace puisque une calorie animale nécessite plus de calories végétales etc.: manger directement les plantes épargne donc plus de plantes.
      Et un régime alimentaire basé sur les plantes est équivalent pour la santé à un régime basé sur la viande.

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