Kamala : une assurance anti-AOC

“AOC” dans mon titre, c’est “Alexandria Ocasio-Cortez”, la gauchiste de choc du Parti démocrate, d’origine portoricaine par ses parents – ce qui la rend sinon “black”, mais tout juste, en tout cas “colored” selon les critères du système à caste des États-Unis.

Dans un excellent article de Lauren Martinchek dans Medium, “Why Joe Picked Kamala”, pourquoi Joe [Biden] a choisi Kamala [Harris, comme colistière dans sa course à la présidence], la commentatrice fait le calcul suivant : Kamala devient Vice-présidente en 2020, Présidente en 2024 (Biden sera trop vieux pour se représenter), réélue en 2028. Ce qui interdit à AOC de se présenter à la présidence avant 2032 : douze ans de paix pour Wall Street.

Bien vu Mme Martinchek !

Le Wall Street Journal : “Alors que Harris rejoint Biden sur le ticket, Wall Street soupire de soulagement”

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28 réflexions sur « Kamala : une assurance anti-AOC »

  1. Disturbant:
    https://www.moonofalabama.org/2020/08/why-has-joe-biden-chosen-kamela-harris.html#comments
    Article du 14 Août, 17h10 UTC

    Mériterait de passer au ‘Canard enchainé’ dans la rubrique ‘Les apparentements terribles’, si elle existât encore.
    Pas trop sur le texte, mais le même extrait du WSJ, même photo et même découpe.

    Plus fort, le lunaire écrit:
    “Le titre du Wall Street Journal laisse entrevoir une réponse potentielle, mais mon intuition est qu’il y a plus que cela.”

    Et Paul de lui souffler son intuition à lui: A.O.C.

    C’était dans la série “Les grands esprits se rencontrent”.

  2. Ma perception de la chose.

    En politique, le candidat est sélectionné en fonction de
    – Son histoire, sa personnalité
    – Sa position stratégique (perçue ou effective) dans le réseau/caste le plus puissant qui assurera au réseau/caste qui l’a sélectionné de conserver/gravir sa position hiérarchique.

    1. @ Lecteur

      Le critère N° 1, c’est que la future candidate ou le futur candidat soit millionnaire au pire et multimillionnaire au mieux, sinon aux USA, l’adoubement par les marchés financiers ne se fera pas ( selon la loi électorale ploutocratique tacite de l’offre financière et de la demande réciproque de pouvoir illimité ).

  3. Si Wall Street soupire de soulagement c’est que AOC état la seule opportunité pour les USA de se retrouver.

    Dommage

  4. C’est fou ca quand on y songe !
    Les 2 plus grandes “démocraties” de la planète , a savoir ( pour ceux qui n ont pas suivis et ils sont nombreux ) les Indes et les USA , vivent toutes 2 sous un système de castes !
    Après on se prend pour les champions , mouahahahahah !!!!
    Qu’en pensent nos concurrents constamment vilipendés !???

  5. La suggestion concernant le rôle anti-AOC de Kamala Harris est intéressante, mais je crois que le choix d’AOC comme vice-présidente aurait créé bien des ennuis à Biden, à la fois au sein du centre et de la droite du parti démocrate, et de la part milieu des affaires et des finances qui aurait au moins en partie soutenu Trump, rendant l’élection de Biden plus problématique. Une autre idée : Kamala Harris pourrait jouer un rôle important dans les actions juridiques contre Trump, à la fois à l’attaque et dans la défense contre les mesures engagées par Trump pour conserver son trône. Qu’en pensez-vous ?

    1
    1. Bien vu sans doute : en effet dans les entretiens qu’elle accorde depuis sa nomination sur le ticket, Harris est revenue à plusieurs reprises sur le fait que son ancien “ministère de la Justice”, celui de Californie, est le second en taille aux États-Unis après celui du gouvernement fédéral, la mettant “presque” à égalité en termes de séniorité avec Barr.

    2. Il faut avoir au moins 35 ans pour être candidat.e à la présidence ou vice-présidence. C’est dans la Constitution !

  6. L’assurance anti-AOC ne muscle pas l’assurance anti-Trump.
    Dans une Amérique meurtrie et abimée par les derniers désastres, cette perception des faits peut même affaiblir encore plus le sursaut démocratique attendu, attiédir la campagne chez les démocrates et reconduire “le personnage” dans ses fonctions.
    Une redite en quelque sorte de l’échec de la campagne précédente.

      1. Pour des raisons techniques et une ligne défectueuse au possible, je ne peux visionner la vidéo.
        Wall Street et la finance sont le moteur du changement climatique (en gros) et donner de l’air à cette machine pour mieux nous étouffer ne me parait pas être le ticket gagnant. Donc, ce qui me gêne dans cette stratégie complotiste (le terme convient tout à fait) quelque peu guillerette ne semble pas vous gêner.
        Bon, c’est ainsi.
        Il faut espérer que l’électeur américain n’en sera pas peiné, AOC non plus.

  7. En politique “à l’ancienne” (donc en oubliant les urgences qui nous assaillent) :
    – AOC devrait passer par un ministère pour “être rodée” à l’exécutif, elle n’a vu que le législatif :
    par exemple “ministre” du travail (Secretary of Labor), de la Santé ou de l’éducation, pour endurcir dans son côté social sa capacité à trouver des compromis qui fassent sens dans les multiples impasses du système états-unien.
    – Puis (jors d’une alternance par exemple) passer comme sénatrice (ou gouverneure ? là pas idée), ou à la tête d’une agence sociale (Medicare ou autre, ou celles qui ont tutelle de Freedie Mac et Fanny Mae, ou celle de la Protection des consommateurs, ou passa Elisabeth Warren) ou environnementale (montrer ainsi ce qu’il y a de Greta en elle, dans la terminologie du jour)
    – En enfin passer à la candidature.

    Condition :
    Tout ça suppose que le parti Démocrate reste un bon parti, à l’inverse du GOP (= Républicains) qui s’est polarisé à l’extrême et y risque son âme sinon son existence (comme toutes les notabilités, elles survivent une douzaine d’année, le temps d’en avoir vraiment marre des barbons, sauf révolution globale et encore, dans notre Est Européen, ça n’a pas été un changement complet, sauf pour une grosse poignée d’opportunistes)?
    Or qu’est-ce qui protège le parti Démocrate d’une perte de sens comme nos partis socialistes européens ? Dès lors que les lobbys continueront d’obtenir les bons plans et les bonnes prébendes, que Wall Street sera servie, et que les GAFAM continueront de monter un monde parallèle d’information qui “encaste” les gens, les risques d’évaporation démocrates sont, systémiquement parlant, réels. Certes, le bipartisme semble d’airain, et on peut ajouter dix ou quinze autres “certes” d’apparente stabilité, mais en cas de reprise d’une autre “guerre de Sécession”, pus interne encore celle-là (une forme ou une autre de guerre civile larvée), j’aimerais que les partis sociaux-démocrates aient voix au chapitre.

    Mais je crains que le risque d’évaporation face à un ensemble à la dynamique perverse que je décrirais comme {la réalité et sa violence potentielle + la représentation GAFAMienne d’icelles et la canalisation des réactions qui s’ensuivent}, soit un risque réel. Et dans ce cas, AOC aurait du mal à se positionner de part ce qu’on lui verrait de “conflictuel” dans son passé.

    Elle aurait aussi, évidemment, la capacité d’âme d’être à la hauteur d’une nouvelle unification, comme l’aurait eu, si l’histoire du pouvoir masculin ne l’avait pas retenue à l’époque, Eleanor Roosevelt.

    1. timiota,
      il est souhaitable que les deux parties politiques vermoulus, incestueux et corrompus des USA soient remplacés au plus vite.
      Je pressens le GAFAMU (GAFAM Union) et la Buisiness Roundtable comme deux forces pouvant prendre le relais.
      L’un étant le proxy des citoyens et services (la gauche actuelle) et l’autre celui des ressources et des biens matériels (la droite).
      Un remake de la dualité corps – esprit pour nous balancer joyeusement dans le mur du changement climatique.

    2. Quand je suis aux Etats-Unis, je remarque invariablement une chose: entre Démocrates et Républicains, il n’y a pas (il n’y a plus) en dehors d’un disours souvent hypocrite ou politiquement correct, de grandes différences (en général) , car les gens aspirent tous à la même chose: bien ganger leur vie, réussir leurs études, faire carrière….et cela sans trop se soucier des problèmes qui découlent de la misère des noirs ou des pauvres.
      Ce qui a errodé, entre autres le PS ou la socialdémocratie, c’est justement cet esprit de monter au plus vite dans l’ascenseur social. Le journal Le Monde a publié, il y a quelque temps, une statistique concernant le changement de population au sein l’électoral du PS. Il se fait peu à peu la même chose aux USA. Je pense que les Démocrates ont trop et trop souvent joué avec les attentes et espoirs des gens, alors que H. Clinton s’est bien rempli ses poches grâce à Wall Street, son mari aussi.

      1. … entre Démocrates et Républicains, il n’y a pas (il n’y a plus) en dehors d’un disours souvent hypocrite ou politiquement correct, de grandes différences (en général)

        Là, pour être à côté de la plaque, vous êtes vraiment à côté de la plaque : la polarisation est telle qu’il n’y a plus aucun point de convergence entre gens qui s’affirment Démocrate et Républicain :

        En bleu, les électeurs s’affirmant “Démocrate”, en rouge, “Républicain”.

      2. Paul Jorion
        S’affirmer “Démocrate” ou “Républicain” ne veut rien dire. Ca fait partie des écrans de fumée. Ce qui compte c’est l’attitude réelle du citoyen américain, et cela laisse place à des futures surprises.
        Bonne nuit!

        1. S’affirmer “Démocrate” ou “Républicain” ne veut rien dire

          Non bien entendu, pourquoi quoi ce soit veuille dire quelque chose ? Votre commentaire en est un bon exemple.

      3. Helas, c’est quand même Felix qui a raison.

        Il n’y en a que pour le Dieu fric (Wall Street ou Energie), et comme cela n’a pas été remis en question, la divergence porte sur tout ce qui n’est pas “objectivable” et relève du “sacré” (choix éthico-religieux, choix anthropologiques) ou du “purement stratégique” (appartenance ethnique).
        D’où la violence et le caractère irréconciliable de cette opposition, qui n’est plus objectivement débatables/arbitrables (les question traditionnelles de l’économie politique).
        Pis, la non-rationalité (au sens de non objectivable) et l’attachement maintenant affaire d’identité personnelle à ces croyances (irrationalité) finissent par rendre toute objectivation de ce qui était pourtant objectivable impossible. De là le sentiment “perçu” des citoyens.

        Toutefois, il n’est pas sûr du tout que Kamala soit “maîtrisable” par Biden, et si d’aventure il l’emportait (mais comme le dit Obama c’est une machine à perdre), ce serait quand même le chaos à la direction des US. Car Kamala échapperait bien vite à ses créateurs, et risquerait de se montrer plus radicale, encore, qu’AOC.

  8. Autant dire 12 ans d’immobilisme ! C’est pourquoi, tous sur ce blog nous souhaitons fougueusement la réélection de Donnie pour que les États-Unis d’Amérique du Nord continuent à redevenir grands encore et longtemps. Amen.
    (NDT, heureusement qu’il y a les élections aux États-Unis d’Amérique du Nord et, dans un registre différent, le football et les courses cyclistes)

  9. Paul,

    Il y a un vide, un néant entre vous, qui vous preoccupez de l’avenir, et wall street qui s’occupe de l’avenir… de wall street.

    Dans le film ” The big one ” , Michaël Moore rencontre plusieurs CEOs , dont celui de Nike. Même vide palpable. Les gagnants au jeu de l’économie ne voient plus le reste, plus du tout.

    A moindre échelle,  en défendant mon activité associative, j’ai perçu le vide sous mes pieds, le moment où je comprends que l’interlocuteur est si loin que tout discours est sans aucun effet.

    Je ne sais pas si nous ne voyons pas le même monde, ou bien si nous n’avons pas les mêmes yeux.

    Toujours est il, que ce gouffre me parait impossible à combler par la compréhension.

    Il y a quelque chose de définitif et de racorni dans ces postures, et je vois pas comment cette situation pourra évoluer positivement dans le calme.

    1. Je ne comprends malheureusement rien à ce que vous me dites (m’objectez peut-être ?) Dans ce cas-là, je connais la réponse : “J’aurais peut-être dû mettre des émojis quelque part…”.

    2. Aaaah
      Faire naître la foi chez les autres c’est possible paraît il
      N’en dépendez/demandez pas trop .

  10. Thomas, soyez direct : la situation aux États-Unis d’Amérique du Nord et plus généralement vis-à-vis des “gagnants au jeu de l’économie” ne pourra sérieusement changer de direction que par des affrontements armés. (Un peu comme celui toujours en cours en Syrie ?) En tous cas, pas par des élections ou par des manifestations dans les rues aussi massives soient-elles, même si ça commence comme ça et que ça se prolonge sur une longue période. (NDT : lire “le talon de fer”). Ai je bien “traduit” ? Sinon, je suis prêt à bafouiller mon repentir le plus sincère ; peut-être même accomplir ce pèlerinage à pince jusqu’à Oświęcim.

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