Courrier reçu : Le pôle Nord libre de glaces… avec 15 ans d’avance

Bonjour, en avant-première, une photo historique prise par un drone embarqué sur le navire océanographique Polarstern (Allemagne): le Pôle Nord très exactement avant-hier 19 août 2020. La grande couverture de glace a disparu !

Donc les prévisions que le « Pôle Nord serait libre de glaces vers 2035 » sont hélas largement dépassées (car la fonte en ce lieu va durer jusqu’à fin-septembre au minimum …).

Heureux weekend quand même !

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33 réflexions sur « Courrier reçu : Le pôle Nord libre de glaces… avec 15 ans d’avance »

    1. « Telle qu’évaluée du 1er au 15 août, les températures de l’air au niveau de 925 mb (environ 2500 pieds au-dessus du niveau de la mer) étaient supérieures à la moyenne sur une grande partie de l’océan Arctique, avec des températures de l’air jusqu’à 7 degrés Celsius (13 degrés Fahrenheit) au-dessus de la moyenne sur la Pôle Nord. Les températures étaient de 1 à 3 degrés Celsius (2 à 5 degrés Fahrenheit) inférieures à la moyenne dans la région de la mer de Sibérie orientale  »

      La différence devrait-elle être moins grande entre les degrés en plus du nord et ceux en moins du sud ?
      ( Je pense que oui et c’est un indice mais sûrement à prendre avec des pincettes.)

      1. Ben voici la situation actuelle des températures de surface (2m) ; quand on tombe à 0° en Arctique en cette saison, il ne peut généralement rien en sortir de bon ; ice tea :

        https://climatereanalyzer.org/wx/DailySummary/#t2

        Cliquez et jouez sur les autres variables situées sur la gauche, notamment l’anomalie des t2…

        De toute façon, j’avais déjà alerté à ce sujet… C’est ce qui se passe en mer de Barents qui déstabilise absolument tout, et même l’inlandsis du Groenland n’y résistera pas à terme…

  1. Bon-Jour à tou-te-s,
    Voici ce qu’il me vient de partager :
    « Dédicace néguentropique »
    Quand toute la glace aura fondu
    D’aucuns diront : « Qu’avons-nous fait ? »
    Au-delà des mots entendus
    Restés sourds à tous nos méfaits !

    Malgré les effets perceptibles
    D’ampleur toujours plus sidérante
    Peu de gens sentent l’irrésistible
    Sortie de nos vies décadentes !

    Combien de catastrophes encore
    Et jusqu’à quelle proximité
    Devront endurer tous nos corps
    Pour les changements faciliter ?

    Changement de paradigme d’abord
    Révolutions dans nos pratiques
    Alignement de tous nos corps
    D’évolution néguentropique !

    Bon voyage dans la Vie !

  2. La perte record de glace au Groenland est une menace pour les villes côtières du monde entier
    Les données de deux nouvelles études donnent aux scientifiques une idée beaucoup plus claire de ce qui contribue à l’élévation du niveau de la mer.
    L’année dernière, le Groenland a battu de 15 % son record de perte de glace en 2012, signe étonnant qu’un des principaux facteurs de l’élévation du niveau de la mer pourrait s’accélérer.

    À elle seule, la perte de glace de la plus grande île du monde est responsable de plus de 20 % de l’élévation du niveau de la mer depuis 2005, selon de nouvelles données publiées jeudi. Cela inclut les glaces qui se détachent de la terre et qui flottent au large, ainsi que les glaces qui fondent directement dans l’eau. C’est aussi à peu près la même contribution que celle de tous les autres glaciers du monde réunis.

    Une autre étude sur l’élévation du niveau de la mer publiée mercredi corrobore cette conclusion. Elle révèle également qu’un autre 40 % de l’élévation des océans depuis 1993 peut être attribué à la hausse des températures, qui provoque l’expansion de l’eau.

    Ensemble, les résultats sont importants au-delà de la seule communauté des scientifiques qui étudient la glace. Une fois que celle-ci devient de l’eau, elle entame un voyage qui la mènera au port de New York, à la plage de Miami, à Tokyo, à Shanghai, à Londres et aux autres villes côtières vulnérables du monde, où les marées sont plus hautes et les risques d’inondation plus importants.

    Les changements dans la composition de la glace du Groenland « sont vraiment étonnants », a déclaré Thomas Frederikse, un scientifique de la NASA, à propos des nouvelles données sur la perte de glace. L’étude sur le Groenland, qu’il connaît bien mais dont il n’a pas fait partie, montre qu' »en 2019, le Groenland à lui seul a causé autant d’élévation du niveau de la mer que celle causée par tous les processus combinés en une année moyenne au cours du XXe siècle », a-t-il déclaré.

    Ingo Sasgen, de l’Institut Alfred Wegener et principal auteur du document groenlandais, s’est dit surpris que le record de 2012 ait été éclipsé en sept ans seulement. Les taux de fonte étaient en fait similaires, a-t-il dit, mais 2019 a vu moins de chutes de neige pour compenser la perte de glace.

    « Je commence à m’habituer à des taux de perte de masse de plus en plus élevés, ce qui est logique car le réchauffement se poursuit dans l’Arctique », a-t-il déclaré. « Mais ce n’est évidemment pas une bonne chose, car cela signifiera à terme que l’élévation du niveau de la mer causée par la calotte glaciaire du Groenland s’accélère ».

    Les données sur la perte de glace de l’année dernière ont été publiées jeudi par une équipe internationale dans le journal Communications Earth & Environment. L’étude fait le lien entre deux missions de la NASA impliquant des satellites qui surveillent le flux d’eau autour de la planète.

    L’expérience sur la récupération de la gravité et le climat a été lancée en 2002 dans le cadre d’une mission visant à cartographier les variations de la gravité terrestre. Elle a duré jusqu’en juin 2017, bien au-delà de sa durée de vie prévue, et a recueilli des années de données sur le rétrécissement des calottes glaciaires et la diminution des ressources en eau souterraine en détectant les changements gravitationnels les plus infimes. Une mission suivante, GRACE-FO (pour « Follow On »), a été lancée à la mi-2018, mais elle a laissé les scientifiques sans données significatives pendant près d’un an.

    Sasgen et ses collègues ont analysé ce qui s’est passé pendant les 11 mois sombres entre la perte de GRACE et le lancement de GRACE-FO. Ils ont conclu que cette période a vu un ralentissement inhabituel du taux de perte de glace. De 2003 à 2016, le Groenland a perdu environ 255 milliards de tonnes (gigatonnes) de glace par an. En 2017 et 2018, les aléas climatiques régionaux ont fait chuter ce taux de perte de plus de moitié, à environ 100 GT par an, avant qu’il ne remonte en 2019 à 532 GT.

    Frederikse, de la NASA, a mené une étude différente, publiée mercredi dans Nature, qui concilie la quantité d’élévation du niveau de la mer observée par les scientifiques et les sources de cette élévation depuis 1900. Ces travaux permettront aux scientifiques d’être plus confiants dans leurs estimations de l’élévation du niveau de la mer pour les années et décennies à venir, a-t-il déclaré. La dernière fois que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a publié une évaluation scientifique majeure en 2013, le taux d’élévation du niveau de la mer était une question délicate.

    « C’est l’une des pièces du puzzle qui manquait encore », a-t-il déclaré. « Nous pouvons dire avec plus de confiance que nous comprenons pourquoi le niveau de la mer a changé dans le passé ».

  3. Voici un article plus détaillé sur cette expédition MOSAIC qui vient d’atteindre le Pôle Nord à bord du Polarstern. Avec la photo déjà postée par notre hôte, en plus grand, d’autres photos encore – et c’est beau https://www.arctictoday.com/the-international-mosaic-expedition-to-the-arctic-has-reached-the-north-pole/

    Comme indiqué sur le site signalé par Philippe Soubeyrand, le Pôle Nord n’est quand même pas encore tout à fait libre de glaces. Reste que les membres de l’expédition ont été surpris de trouver une glace beaucoup plus fragile qu’ils ne s’y attendaient, comme il est expliqué dans cet extrait…

    « Jusqu’à 87° 30′ Nord, nous sommes passés pour la plupart en eau libre, parfois jusqu’à l’horizon », se souvient le chef de l’expédition MOSAiC, le professeur Markus Rex, de l’Institut Alfred Wegener, Centre Helmholtz pour la recherche polaire et marine.

    Les chercheurs savaient, grâce aux images satellites, que les conditions de glace seraient légères. Cependant, ils ne savaient pas si cela était simplement dû au vent et aux courants qui poussent la glace à se séparer et craignaient que la glace ne se compacte à nouveau autour d’eux. « Nous aurions alors été pris dans un piège à souris, et nous aurions pu être piégés dans la glace », a expliqué Rex.

    Ces inquiétudes se sont toutefois révélées injustifiées, car une fois le navire arrivé dans la région, les scientifiques ont constaté que la majeure partie de la glace avait réellement fondu et n’était pas simplement brisée par le vent. Le capitaine du Polarstern, Thomas Wunderlich, a confirmé la facilité étonnante des conditions de glace.

    « Je suis très surpris de voir à quel point la glace est molle et facile à traverser jusqu’à 88° Nord cette année, ayant dégelé au point d’être mince et poreuse. Normalement, il est sage d’éviter la région au nord du Groenland, car c’est là que se trouve la glace la plus épaisse et la plus ancienne, et pratiquement impraticable. Mais maintenant, nous trouvons de longues étendues d’eau libre, atteignant presque le pôle ».

  4. Ma boule de cristal fondu me dit que dans 250 ans, le niveau des océans aura réduit la superficie des terres émergées de 20% (toutes les plaines côtières, grosso modo jusqu’à Paris en vallée de Seine : 26 m d’altitude), et d’autant plus qu’il y aura la remontée des terres gelées qui perdent du poids et mangent sur l’océan (le contraire de la subsidence, c’est ce qui s’est produit au niveau du bouclier canadien à la fin de la dernière glaciation et à quoi on doit les chutes du Niagara, qui ne reculent très vite car elles sont « toutes fraiches » et ont la force de manger leur falaise tout fraichement montée).
    A un certain point l’albedo va stationner ou pas ? Est-ce que la machine à nuage (= l’eau) va ralentir quelque chose ?
    Le sujet des 150 prochaines années est d’apprendre à gérer des « estuaires mobiles », des « vignobles mobiles » (changement de cépage faute de changer les sols), etc. Et beaucoup de bêtise assez immobile si on extrapole sur les années récentes, zut.

    1. L’albédo ne pourra pas stationner… C’est impossible… Faut tout de suite changer à la hausse la base de la fonction exponentielle du Cristal là, tant il déforme la réalité…

      Et c’est maintenant, et non à l’horizon 150 ans qu’il faut anticiper le déplacement des populations côtières, la puissance des ouragans, cyclones, typhons, et autres évènements ne pouvant aller que crescendo…

      Sinon, il se passera la même chose que pour la Covid-19, une Humanité feignant de prendre de manière purement hypocrite, toutes les bonnes décisions…

      Craignons dès maintenant la prochaine sortie du prochain épisode El Nino (2022?), puis du suivant (2029?), puis du suivant (2036?), etc…

      1. Et pour compléter ce propos, la page de James Hansen concernant les données de mesures correspondantes :

        http://www.columbia.edu/~mhs119/Hurricanes/

        Rq. Si les atterrissages sur les cotes américaines restent assez stables en nombre, la puissance des ouragans n’a quant à elle de cesse d’aller crescendo, augmentant le risque d’atterrissages de catégories 5…

  5. Il est « amusant » de rappeler à cette occasion (en effet remarquable et même historique) qu’il y a 62 ans (août 1958), un sous-marin, l’USS Nautilus (sous-marin d’attaque nucléaire américain), passait pour la première fois SOUS le pôle nord, franchissant en 4 jours une zone de 1830 milles recouverte d’une couche de glace [continue ?] de 3 à 4 m d’épaisseur.
    cf https://www.letemps.ch/opinions/4-aout-1958-sousmarin-nautilus-traverse-pole-nord-banquise

    Ceci dit, les commentaires ci-dessus semblant s’abstenir de donner des chiffres d’élévation effective du niveau de la mer, je me permets de citer ici l’article Wikipedia à ce sujet : « 3mm/an, voire 60 centimètres d’ici 2100 (7,5mm/an), voire même jusqu’à 2,4 mètres (30mm/an), d’après une nouvelle technique de modélisation… » et si tout le Groenland fond : 7 m. C’est moins que ce qu’ont subi les gens qui ont construit les mégalithes à Carnac (+/-20 m si je me souviens bien en assez peu de temps), mais du moins eux pouvaient changer de résidence sans avoir sur le dos les avocats des propriétaires de leur nouveau terrain…

  6. C’est vrai, j’ai sorti des chiffres au hasard en ce qui me concerne.
    Et je me souviens que lors des premières données sur le Groenland à 2 ou 3 mm/ an, je me disais aussi que c’était assez bénin.

    Mais comme on dit au café brésilien confiné : Vous me remettrez bien un petit coup d’Antarctique, non ? (lui qui était censé ne démarrer sa fonte que lentement, mais on ne connaissait pas bien la dynamique des plaques glacières assez grandes près des côtés; on commence à comprendre qu’elles voient de l’eau qui se réchauffe par-dessous et pourraient en être fondantes de plaisir.)

  7. La banquise qui fond, c’est de l’eau de mer. Elle ne change rien au niveau des océans. Maigre consolation. Il en va tout autrement avec les glaciers. En particulier l’immense et gigantesque calotte qui coiffe le Groenland. Comme déjà relevé dans les commentaires, il semble bien que pour elle aussi, ce soit fichu QUOI QUE NOUS FASSIONS. Nos descendants -combien seront-ils alors?) devront donc s’accommoder d’une terre passablement rétrécie, de surcroit de ses parties parmi les plus habitables et les plus habitées.
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/08/18/la-disparition-definitive-de-la-calotte-glaciaire-du-groenland-de-plus-en-plus-probable_6049214_3244.html
    A noter que ce genre d’étude, où le conditionnel est encore de mise, est généralement corroboré quelques mois ou quelques années plus tard par d’autres où non seulement le doute n’est plus permis, mais où les estimations -« pessimistes »- sont encore revues à la hausse.
    N’oubliez pas les glaçons pour le whisky!

    1. Tu as raison le conditionnel est encore de mise :

      Extrait :

       » Dire que la calotte glaciaire a atteint son point de non-retour, c’est une chausse-trape à éviter, tempère toutefois le glaciologue. Le point de non-retour, nous en sommes très proches, mais le Groenland ne fond pas du jour au lendemain ». De plus, les scientifiques s’appuient sur les données dont ils disposent, mais ces informations sont récupérées à partir de satellites assez récents. L’étude de l’évolution de la calotte glaciaire sur une trentaine d’années est donc à relativiser. « Observer trente ans de la vie d’un glacier, c’est être plus proche de la météo que de la climatologie », explique Gaël Durand. »

  8. Où sont les climato-pseudo-sceptiques qui déclaraient partout dans la presse que les prédictions scientifiques étaient alarmistes ?

  9. Découvertes intéressantes en paléoclimatologie et paléobotanique:
    https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/climat/dans-un-climat-plus-chaud-les-plantes-absorberont-plus-de-co2_146912

    « Le premier intérêt de cette découverte est de tordre le cou à une énigme. Les indices utilisés auparavant par les paléo-climatologues (fossiles de coraux, d’arbres, études des sédiments et des forages arctiques) attribuaient en effet à l’atmosphère du Miocène une teneur en CO2 de 300 ppm (parties par million de molécules de CO2 par m3 d’air) similaire à celle que connaissait le monde en 1850 mais avec une température de 3 à 7°C supérieure. L’examen des stomates des feuilles fossilisées et leur comparaison avec des feuilles actuelles corrigent cette évaluation erronée en ne laissant place à aucun doute : la teneur en CO2 était bien à l’époque de 450ppm compatible avec ces températures élevées. »

    « Les scientifiques tiennent donc des témoins de la réaction des plantes à un climat plus chaud. Leur examen ressemble à une bonne nouvelle. Les arbres s’adaptent et deviennent plus efficaces pour capter le CO2. »

    « Cette « fertilisation » est déjà constatée actuellement. La hausse continue des teneurs en CO2 provoque un « verdissement » de la planète. C’est ce que nous apprend par exemple l’exploitation des images satellites de 1980 (début des images satellitaires) à aujourd’hui telle que rapportée en 2019 dans Nature. De 52 à 59% des surfaces végétales de la planète connaissent ainsi un allongement de la saison annuelle de croissance. »

    1. « Des solutions (énergies renouvelables, transports durables, etc.) existent pour faire reculer plus durablement le « jour du dépassement de la Terre », rappelle le Global Footprint Network. Selon l’institut, une réduction de 50 % de l’empreinte carbone permettrait de repousser la date de quatre-vingt-treize jours tandis que réduire de moitié les gaspillages alimentaires la ferait reculer de treize jours. Et d’indiquer : « Si nous reculons la date de cinq jours par an, l’humanité pourra vivre dans les limites de notre planète avant 2050. » »

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