« Pourquoi les explications complotistes semblent-elles avoir une audience croissante ? », par Alexis Toulet

« Pourquoi les explications complotistes semblent-elles avoir une audience croissante ? »

Je n’ai pas « la » réponse, et je soupçonne que les causes sont multiples. Quelques pistes que j’explorerais, sans ordre particulier :

– Le niveau éducatif moyen en France chute

Je renvoie aux diverses comparaisons internationales, aux comparaisons douloureuses entre le contenu des enseignements aujourd’hui et il y a quinze ans, sans parler de la comparaison avec ce qu’il en était il y a trente ans.

Il serait intéressant de vérifier si le complotisme connaît une telle fortune dans des pays comme Japon ou Corée du Sud – bref ces pays où au contraire le niveau moyen d’éducation monte. Je ne serais absolument pas surpris que les explications complotistes y aient moins de public.

Ce n’est pas par hasard, ni par caprice, que les partisans du régime républicain ont toujours considéré l’éducation comme « après le pain, le premier besoin du peuple ». Un consommateur, un sujet, peuvent éventuellement être ignorants. Un citoyen ne peut tout simplement pas se le permettre. Ce qui suppose que l’Etat considère l’éducation, mesurée par ses résultats et sa performance, comme l’une de ses missions les plus sacrées.

===> Comment imaginer qu’une chute continue pendant trente ans soit sans conséquence ?

– Les journalistes ont un niveau moyen assez déplorable

Lorsque l’on entend ou on lit un journaliste sur un sujet que l’on se trouve connaître, le plus souvent, « ça fait mal aux oreilles ». Cette expérience bien partagée suggère très fortement que cette règle s’applique aussi aux sujets que l’on connaît moins. Simplement, on a davantage de mal dans ce cas à détecter l’incompétence.

Naturellement, il y a des exceptions. Trop rares.

===> Comment imaginer que propulser des ignorants journalistes soit sans conséquence ?

– La nature des médias pousse à la superficialité

Argument certes connu, mais qui n’en est pas moins vrai. Moins de lecture, plus d’écrans. Moins de temps, moins de « rumination » (que conseillait Nietzsche), plus de papillonnage donc plus de lieux communs et de pièges conceptuels qu’une réflexion un peu plus approfondie donnerait une chance d’éviter

===> Comment la superficialité pourrait-elle être sans conséquence ?

– Les croyants deviennent plus rares, sans que les véritables athées se multiplient, mais plutôt au bénéfice du « marais » qui se trouve entre eux

Souvenir d’un sondage – je n’ai plus le lien – sur la croyance à l’astrologie et autres idées de ce genre, qui montrait qu’en France, les deux groupes les mieux protégés sont d’une part les catholiques pratiquants, d’autre part les athées convaincus, tandis que les personnes dont les positions sur le sujet sont intermédiaires, ou peu définies, sont particulièrement sensibles.

===> Il serait intéressant de savoir si la vulnérabilité aux explications complotistes elle aussi pourrait être maximale chez ceux qui à la religion ne disent ni « Oui », ni « Non »

Partager :

82 réflexions sur « « Pourquoi les explications complotistes semblent-elles avoir une audience croissante ? », par Alexis Toulet »

  1. C’est tellement plus confortable de penser qu’il y a un GRAND TOUT ( le complot peut être ce grand tout) qui s’occupe de nous.
    En creux le complot rassure ces adeptes angoissés découvrant leur finitude.
    Alors il faut bien un dessein intelligent, que diable.
    A toutes celles et à tout ceux qui n’ont pas connu l’angoisse +++ je vous promet que notre propre cerveau est capable de tout pour nous faire avaler la pilule des crises à répitition et se multipliant et se croisant dans le « Soliton » décrit par Paul Jorion.

    La succession des crises +++ ne sont elles pas tout simplement un effondrement multiple ?
    Effondrement de la biodiversité
    Effondrement des valeurs
    Effondrement des …….. à chacun de compléter

  2. Merci pour cet article qui pointe les médias de façon juste. Mais on pourrait ajouter que ceux-ci font plus d’effort pour traquer les fake news, quelle que soit leur marginalité, qu’a verser dans de l’information de qualité. C’est en effet plus simple de donner de l’importance à l’improbable pour se refaire une virginité sur son dos (en se faisant son grand pourfendeur à peu de frais). Beaucoup d’hommes politiques utilisent ce biais pour passer leurs idées en préférant les débattre face à des inepties plutôt que face à des argumentations bien pensées. L’importance donnée au fake news est aussi une manipulation commode.
    En fait, chacun voit midi à sa porte, ce qui exclut par là même la pensée des autres dans la réflexion de chacun, et inactive ainsi toute construction politique possible (au sens noble du terme d’invention collective de la société). On s’échange des polémiques plutôt que des arguments, avec des opinions coulées dans l’airain que rien n’ébranlera pas même la contradiction des faits.
    Le monde des médias organise des débats frelatés sur le modèle des sectes, où l’on discute du sexe des anges, et où, sous prétexte de meilleure compréhension ou d’exposition des opinions (confondues avec des faits), on vous propose de multiples illustrations, de multiples analogies qui ne sont que répétition, sous une autre forme, de ce qui a déjà été dit et qui n’ont, en aucune circonstance, valeur d’argument. Pourtant c’est ce qu’on voudrait vous faire croire. Plus ces illustrations d’un même propos sont multipliées, plus la personne se croit fondée à y croire.
    Soit il faut supposer que les journalistes sont en laisse, soit il faut leur reconnaître un certain analphabétisme . Or, nous les voyons souvent s’exposer au détriment de l’interviewé, se focaliser sur des psychologismes, surjouant la question supposée lourde de conséquences, par des mimiques exacerbées, exposant des sondages bidon en guise de fait, faisant sans arrêt la confusion entre « étude » et « sondage ». On les voit aussi souvent égrener pléthore de questions qui n’en sont pas, prétexte à passer en fait des affirmations sous-jacentes, permettant de glisser, subrepticement sous le tapis, une vérité supposée qui s’avère souvent contre-vérité.
    De quelle nature sont ces laisses? Sont-ce des longes qui les relient à leur « maître » ou sont-ce les fils d’une marionnette inféodée à son propre carriérisme et que l’exposition pousse à jouer les starlettes . On voit bien combien le journaliste cherche à attirer les consensus à lui (rejetant par un conservatisme serein, tout ce qui est alternatif ), à se pâmer du regard des autres, à fuir comme la peste tout ce qui l’obligerait à s’émanciper des ses biais cognitifs. On ouvre les parapluies dès l’avènement de la moindre incongruité, pour mieux la nier. L’exemple le plus flagrant se trouve dans le traitement du paradigme actuel de la dette, qui fait fi de toute réalité pour resservir les vieilles lunes d’avant 2007; comme si la crise bancaire n’avait pas eu lieu et comme si les politiques monétaires étaient restées inchangées, et comme si le futur devait être confondu avec le passé en niant le présent et l’irréversibilité de certaines évolutions.
    Cela amène une pensée où les actes n’ont pas de conséquence puisqu’ils sont toujours supposément réversibles , et où seules comptent les opinions qui déterminent les « vainqueurs ». Peu importe ce que ces opinions engendrent comme action, puisque tout est supposé réversible donc « corrigible » (c’est du copier/coller avec un principe de marché qui exprime que toute réalité peut s’inverser à travers le retournement des prix). Cela permet de se payer le luxe d’être amnésique . C’est ainsi que le libéralisme en prônant « la gagne » , l’idéologie entrepreneuriale, la prise de risque survalorisée, les premiers de cordés, le vainqueur et la dévalorisation de tous les autres considérés comme des vaincus (des « loosers » dont il ne faut rien apprendre ni attendre de bien), a finit par fabriquer en fait des « Narcisses » fort peu avisés et des mauvais gestionnaires oublieux par inconséquence narcissique de l’irréversibilité de certains phénomènes qui devraient obliger à un changement de paradigme.
    Mais le narcissisme a aussi la conséquence de tuer le politique dont l’intentionnalité est censée être tournée vers autrui et le bien commun. Il est remplacé par du clientélisme (à visée « lobbyistique ») de regroupements d’intérêts (où l’on se caresse dans le sens du poil) et dont les revendications principales s’expriment contre les intérêts des autres. De ce narcissisme ne nait que « la division pour régner » et l’autoritarisme du vainqueur pour fonctionner, pas de la politique. On est dans le vertigo des premiers de cordée qui construisent l’histoire à partir de selfies, oubliant les sacrifices des sherpas qui ont construit le camp de base (ou la triche de l’hélicoptère qui les a propulsés en haut).
    Je me souviens que ma famille (à la fois communiste et très chrétienne) concevait la prière chrétienne dans un souhait fait pour autrui; si l’on demandait quelque chose pour soi, c’était un péché. L’égocentrisme enfantin jouait alors d’hypocrisie pour entrevoir qu’est-ce qui pourrait faire du bien aux autres, tout en ayant quelques retombées positives pour soi. L’abnégation reste une qualité qui se construit pas à pas; c’est du culturel. Et c’est à partir de là, qu’à mon sens le « politique » naît, loin de ses propres intérêts bien compris (promus par le libéralisme basé sur un égoïsme forcené jusqu’à l’autisme). Car cela constitue une injonction à se décaler vers le vécu des autres (et non se recentrer sur soi) pour entamer un dialogue où s’échange, certes des opinions pour se connaître, mais dont la finalité (qu’est la construction d’un socle de légitimité collective à ses opinions) , pousse à aller au-delà des polémiques. Il faut accepter de sourcer d’où vient ce que l’on pense au risque d’être remis en question, d’être obligé d’argumenter, de modifier sa pensée.
    Or le narcissisme amène un culte, car la personnalité se refuse à l’introspection tout autant qu’au regard interrogateur d’autrui (craignant ce qui pourrait altérer son prestige); elle érige des postulats comme barricade à ne pas franchir et des intérêts personnels incontournables, inaliénables, ininterrogeables, auxquels vous devez souscrire pour entrer en communication avec elle. Autant de dogmes dont la personne ne peut plus sortir au point de s’inscrire de façon moutonnière dans les consensus les plus forts lui permettant de se sentir toujours du côté du « manche ». Le narcissisme amène du panurgisme . L’échec de la politique française a tété de faire élire 3 narcisses successifs à la tête de l’état et tous trois ont manqué toute occasion de changer le paradigme libéral des politiques publiques, sacrifiant le court terme au long terme sous l’injonction des marchés pour aboutir à un échec abyssal. Le pays se « ringardise » dans un contresens historique total par rapport au contexte international et manque sciemment les opportunités d’initier les remédiations à plusieurs crises: énergétique (à venir), sanitaire (présente et sans doute nous réservant quelques autres épisodes à venir), financière (qui n’en finit pas), climatique (comme bombe à retardement), écologique (comme détonateur puisqu’on continue de fabriquer n’importe quoi, à n’importe quel prix, dans une crise de surproduction dont on se demande si le but véritable n’est pas la production de déchets plutôt que celle de biens) .
    Partout les passions des narcisses managériaux se déchaînent pour réclamer plus de courts termes encore, et empêcher que ne se réfléchissent des systèmes pensant le long terme. C’est tout simplement qu’ils redoutent que ces systèmes ne redonnent du cadre et s’imposent de façon normative à leur action. Le narcisse veut rester dans l’hubris …et lutte contre l’intelligence, l’honnêteté, les hommes de bonne volonté, la remédiation. Orgueil et démesure ne doivent pas avoir de limite dans le libéralisme, mais la nature se venge…

    2
    1. « sacrifiant le court terme au long terme sous l’injonction des marchés » …
      Vous aurez compris que j’ai voulu dire exactement l’inverse

  3. Charlie, ou Le Complotisme (des
    soupes aux champignons du 9/11 jusqu’au jardin philosophique).

    (…) Despite this, Charlie is feeling philosophical. “It’s been a journey. I now see a lot of conspiracy theory as a warped virus; it distorts things and makes you see the world in paranoid terms. I’m now in an interesting position, there are very few people who have escaped conspiracy theory. They hijack people’s minds and I want to stop them.”
    So maybe this is Charlie Veitch 4.0, the conspiracy buster.
    But if that’s the case, he should watch his step because if there’s a lesson here, it’s not to mess with a furious, faceless bunch of geeks with modems. Perhaps it’s best not to get involved at all. I mean, it’s rare you meet a happy conspiracy theorist.

    One beautiful example of the conspiracy theory’s widening gyres of paranoia was the community’s attitude to their own overblown reaction to Charlie’s mutiny.
    “They said it proved I was definitely CIA or whatever,” Charlie laughs, “and that this was all planned three years ago, so that as the ten-year anniversary of 9/11 came around, I would announce that it wasn’t an inside job. After that I’d get loads of death threats, and people would be able to say, ‘Oh, look at the Truthers, they’re just a bunch of nutters.’”

    You have to hand it to the New World Order; they know how to get shit done.

    https://www.vice.com/en/article/qbwyjq/the-conspiracy-theory-community-are-dangerous-enemies-to-make

  4. les explications avancées me semblent partielles: qui de l’extension de l’individualisme (promu par le capitalisme) ? quid de de la fin du mythe du progrès ? quid de la médicrité des dirigeants/élites.
    Par exemple beaucoup de commentaires (et apparemment beaucoup de vues) autour du « documentaire » Hold-Up. Clairement une compilation d’approximations, de mensonges et de théories fumeuses; mais en même temps peu de réelle réflexion sur l’existence et le succès d’un tel « objet » au delà de « ma bonne dame les réseaux sociaux », « les méchants complotistes.. ». Et si l’explication était tout simplement à chercher du côté de la gestion de la crise épidémique: mensonges (masques, tests.), injonctions contradictoires (« partez en vacances »..), manipulations (changements incessants des indicateurs), décision absurdes (1km, non les libraires ferment..), infantilisation (attestation, « il ne faut pas lâcher la bride »). On prend les gens pour des idiots, des « enfants » et des délinquants en puissance. Une partie réagit comme des idiots, des « enfants » et des délinquants en puissance.
    http://neotopia2017.blogspot.com/

    1. @JT
      V.B

      5-L’extrême-droite sort du bois

      Mais il y a également d’autres choses graves dans ce documentaire. La présence de Valérie Bugault et Silvano Trotta doit être dénoncée. La première gravite dans les sphères d’extrême-droite et a été proche de Soral puisqu’elle avait accepté d’assurer des formations pour Égalité et Réconciliation, le mouvement d’Alain Soral :

      NB : elle a même dérivé un temps du côté du Blog Jorion, la Valoche. On ne sait pas si elle aura aussi servi de conseiller juridique à Soral pour ses diverses SARL – bien françaises hein, c’est ça qui compte, au bout du compte.
      https://www.pauljorion.com/blog/2010/06/10/pour-un-changement-de-paradigme-du-droit-des-affaires-par-valerie-bugault/

      1
  5. Je synthétise mon intervention précédente, peut-être quelqu’un rebondira:
    Le complotisme (ou les complotismes) = symptome de la prise de conscience dans le peuple que quelque chose ne tourne pas rond, mais que les éléments nous manquent pour y voir plus clair…

    1
    1. Pour le moment , on peut même encore raccourcir votre synthèse en s’arrêtant à :  » un symptôme de la prise de conscience que quelque chose ne tourne pas rond  » .

      1. non.
        Si vous êtes sérieux, ce dont je doute, c’est inconséquent.
        Si vous plaisantez, ce que je soupçonne (sic!), c’est idiot.
        Toujours résister à la tentation du bon mot.

      2. Option 1 : pour vous donc inconséquence ; pour moi , ne pas faire dire aux gens et aux choses ce qu’ils ne disent pas ou pas encore .

    2. Il s’agit de correler des éléments d’information épars disponibles à bas bruit, qui ne rentrent pas dans le schéma, éventuellement en allant les chercher (G..gle) et de générer de l’information pour rendre l’ensemble plus cohérent, ce n’est pas un manque de rationalité, mais au contraire une exigence supérieure de cohérence.
      exemple :
      – soumission d’un médicament en vente libre depuis 20 ans à prescription le 15 janvier 2020.
      – Existence d’un Labo P4 à Wuhan.
      – insistence depuis 5 ans par Bill Gates auprès de l’OMS et des décideurs étatiques sur le risque de pandémie et indifférence à la préparation par nos gouvernants depuis 10 ans.
      – Déclarations sur les masques.
      – conseils de défense quasi-quotidien.

      De même les intentions de coup d’Etat prêtées à Trump sont une recherche d’une cohérence.

      1
    3. Votre intervention précédente parle, à propos du complotisme de rationalité construite « après coup » , en quelque sorte, une fois le discours mainstream construit et déversé en flots continus sur la plèbe. Une reconstruction des faits, révélant ainsi une forme de réactivité, qui cherche à s’emparer de bribes d’informations embusquées dans l’historiette des discours dominants (véhiculée à l’aide d’éléments de langage).
      C’est sûrement très vrai , d’autant que l’on voit que le milieu journalistique, sous prétexte de « vulgarisation », fabrique un récit plutôt que d’exposer des sources objectives (et non tronquées) pour ensuite en livrer une analyse personnelle. La deuxième chose c’est que pour se donner l’habillage de l’objectivité, peu d’entre eux acceptent d’afficher l’aspect personnel et relatif de leurs analyses.
      Cela engendre du doute et nourrit la subversion des discours en leur prêtant une intentionnalité cachée ; Intentionalité cachée qui d’ailleurs a aussi une part de vérité dans le fait que beaucoup de médias n’exposent pas clairement au grand jour leur ligne éditoriale. (on sait tout juste par habitude s’ils sont de droite ou de gauche et encore, dans les faits cela dépend de la définition que l’on donne et qu’eux donnent à ces appartenances)
      Mais il doit y avoir aussi l’effet de la sidération des analystes face à ce qu’ils n’auraient pu imaginer de notre époque, et qui n’ont d’autre choix alors, pour ne pas trop se désavouer, que de verser dans un discours fondu dans l’urgence et bricolé de multiple façon, sans avoir ni les données complètes, ni les analyses de fond adéquates.
      Une des interventions de Juanessy m’avait fait comprendre à propos des cellules de crises, qu’il y a une culture de l’urgence dont la finalité est le palliatif pour éviter de trop grandes catastrophes, avec des experts de l’intervention, et une culture de la planification qui s’appuie sur des diagnostics de long terme et fait plutôt appel à des consultants.
      Or telle la cigale prise au dépourvu, nos politiques font faire le travail de long terme, à des experts du court terme pour élaborer des orientations qui leur permettent de donner le change face à l’opinion, mais qui cachent mal que la réflexion de fond, et les remédiations n’y sont pas. (multiplication des commissions théodules) . Faire faire du long terme à des experts du court terme, c’est mettre un emplâtre sur une jambe de bois, c’est mal utiliser leurs compétences, c’est produire de l’enfumage qui engendre le doute et la défiance.
      Il y a tout de même un espoir dans le fait que les gens certes abandonnent les journalistes, mais se tournent de plus en plus vers les intellectuels. (même si ces derniers se plaignent sans arrêt d’être mal compris)

  6. Chères Toutes, Cher tous,
    Le complotisme répond pour moi entre autre à une angoisse.
    C’est un « pétage » de plomb soft pour un monde absurde ou l’injonction paradoxale conceptualisé par Watzlawick est notre lot quotidien.

    Alors, Je me demande maintenant si la dépendance et/ou l’adhésion au complotisme répond à une et ou plusieurs pulsions ?
    J’emploie dans le fil de l’écriture le terme dépendance et il y a certainement quelque chose de notre coté morbide dans notre addiction au sensationnel aux nouvelles dans la temporalité de l’immédiat n’est il pas ?
    Si toutes ces choses inter agissaient comment pourrions nous garder raison ?
    Que faire du vivre ensemble quand mes amis virent sur le versant sombre de la post vérité et/ou de la réalité alternative ?
    Je sais pas vous mais j’ai beaucoup de gens instruit, éduquées de tout horizon social qui tombent sous le charme des nouvelles sirènes et qui me trouve horriblement vieux jeu.
    Que faire quand la rationalité n’a plus de prise ?
    Merci pour vos propositions.

  7. Les journalistes des médias de masse ont tous la même origine sociale, la même formation (formation bidon souvent, « les petits soldats du journalisme » de François Ruffin), bénéficient du même ascenseur social (avec l’interview du président de la République au sommet, c’est à dire qu’il faut être le plus complaisant possible pour grimper). Impossibilité de faire un papier critique sur les annonceurs du journal sous peine de voir celui-ci arrêter d’annoncer. Le rédacteur chef ne laisse passer que les papiers politiquement correcte, qui ne feront pas de vague (la fête de la châtaigne qui réjouit plutôt que l’affaire Clearstream qui fâche). L’industriel propriétaire du média utilise son joujou pour diffuser des idées qui soutiennent ses intérêts, tout du moins ne s’ y oppose pas. Chaque rédacteur chef copie les titres de l’autre, de peur de rater le scoop. Et pour les jeunes journalistes qui voudraient sortir du lot, la précarité (ou MDP mais les places sont rares).
    Cela (et d’autres explications dont je ne me souviens plus) font que les différents médias de masse promeuvent une pensée unique de faible qualité. Depuis longtemps (voir les critiques de Bourdieu).

    Concernant le documentaire, il me fait penser aux documentaires complotistes sur l’attentat du World Trade Center (2001), dont on entend plus parler aujourd’hui. Et j’ai du mal à voir dans l’élection de Trump en 2016 et l’augmentation de ses partisans en 2020 les effets positifs des documentaires complotistes.

  8. Quand vous avez, en « direct live » à la télé (sur LCI à l’instant) des « chien.e.s de grade » qui répondant en substance à la problématique de la distribution de vaccin – en parlant de celui financer par le patriarcat à la Trump – par rapport au peu de nombre qui va pouvoir être disponible, conservé difficilement (chèrement quoi), etc… dans l’immédiat… que vu les dizaines de millions de Français.e.s défiant.e.s, désobéissent.e.s envers la vaccination (obligatoire…?) et notamment celle de la covid-19… dire « tant mieux, vu qu’il n’y en a pas pour tout le monde… ça en fera plus pour le reste »… croyez vous vraiment que ce qui leur permet d’afficher un sourire éclatant en affirmant cela avec une aisance indécemment cynique, est le fait « qu’on peut rire de tout avec tout le monde »…. ou que « l’entre-soi » parisien n’ai jamais mieux servi que quand il peut rire seul (avec « l’immunité de la horde » dirons nous) de tout les degrés que le sarcasme de ce qu’il arrive à faire croire être de l’humour… lui permet de distraire « l’opinion »…. de l’inconnu concernant les « bénéfices/risques » (à long terme…) encore concernant ce vaccin, mais pas que… inconnus qui d’ailleurs motivent une partie croissante des Français.e.s suspectant non pas un complot… une conspiration… mais un risque dans le manque de transparence dans la gestion néolibérale de la crise sanitaire, « sociétale », sociale… des réactions réjouies des « marchés » boursiers… (les adeptes « purs et dures » – genre secte – des « théories complotistes », n’étant devenus qu’une infime minorité, dans toutes les raisons de douter, d’être incertain.e.s, indécis.e.s sur de plus en plus de domaines)…?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.