53 réflexions sur « Vidéo – Éducation : les bienfaits du distanciel »

  1. Je vous rejoins en totalité sur votre analyse. Il ne m’a pas fallu attendre le Covid 19 pour mettre en pratique l’enseignement en distanciel. Je suis assez fier d’avoir été un des précurseurs dans l’obtention de certifications Cisco que j’ai obtenue en 2005 à la suite de quoi j’ai embrayé sur une certification administrateur réseau . Les moyens techniques à notre disposition à cette époque étaient loin d’être ceux d’aujourd’hui.

        1. Ma mémoire perso me rappelle que le premier ordi qu’on ait eu au boulot ,(autre que de bureau d’études d’ouvrages d’art , là on était équipé dès 1967 ) , c’était , en 1981 , un logabax ( Olivetti je crois ) , qui avait un peu l’apparence de celui qu’on voit sur la BD , mais qui a été obsolète en moins de 18 mois ( pas de disque dur , lancement avec un floppy , disquettes de moins de 5 mégas …)

          On arrivait quand même à l’utiliser pour faire la gestion des permis de construire , des autorisations de voierie, de petits calcul de structures en BA, de calcul de tracé routier simplifié ,et de série de dessins de profils en travers , pour la comptabilité administrative , analytique et la gestion financière…. Pour les autres administrations , on faisait figure d’extra-terrestres . En fait , notre ministère n’a jamais mégotté les moyens en formation et en matériel de ce côté là , et la DAO et PAO a suivi dès 1982 .

        2. Il manque dans votre liste L’ordinateur Thomson To5 et T07 qui avait été distribué par l’éducation nationale dans les écoles (je ne me souviens plus de l’année.. 1982, 1983 ? ) mais qui buggait régulièrement ! un coup de poing sur la table et ça repartait !
          J’ai découvert l’informatique avec la texas instrument 64 et encore moins connu l’ordinateur sharp PC 1212 que je possède toujours .

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          1. Souvenirs d’informatique… Je me souviens que mon association vers 1987 a acquis un Tandy (1000 ?) à l’instigation de notre architecte et au grand dam du « pool » (équipe ou piscine ?) des secrétaires qui ne juraient que par l’imprimante à marguerite. Arracher ces bandes de trous sur les côtés, c’était irrecevable par elles et par nos correspondants ! Cela devait être vers 1987. Les disquettes ressemblaient à des 33 tours souples ! Plus tard, le PC est arrivé (1989-90 et ma mère ayant acquis un Sinclair 9XX…, j’ai pris le mode d’emploi de 900 pages à la plage (!) et je suis revenu vers le pool des secrétaires pour leur faire adopter le PC. (J’avais aussi lu Michel Crozier sur le pouvoir des secrétaires !). On alla vers l’ai de l’époux d’une collègue architecte qui en avait déjà un, et elles « se laissèrent faire » ! Ce fut l’apprentissage laborieux du logiciel Wordperfect. On doubla aussi longtemps la comptabilité en six colonnes manuscrites et totalisateur en calcul mental par un bête tableau Excel, avant de faire confiance totalement à la machine et de déléguer la tâche à une « petite main » qui affirma sa compétence pour un certain logiciel de compta… sans me convaincre encore aujourd’hui.
            Cela c’est pour le professionnel. En tant que père pauvre et pas encore divorcé, je découvris rapidement le ZX81 et ses enregistrements à cassette à bande vers 1987. Et j’essayais de trouver un équivalent de la « tortue qui fait des lignes selon votre commande » enseigné à l’éducation nationale belge. Heureusement Play station et autres ont détrôné tout cela, et le père par la même occasion. Souvenirs, ai-je dit et je partage.

            1. @Chabian Le ZX81, on pouvait le monter soit même en faisant chauffer le fer à souder .
              1ko de RAM et 8 koctets de Rom. Le microprocesseur gérait le retour ligne ! de l’affichage TV par interruption (réussite de Lord Sinclair) .

              1. Oui, effectivement, je l’ai acquis à l’époque en pièces détachées peu de temps après sa sortie en Angleterre, il se prêtait un peu aux ‘bidouilles’ grâce au connecteur arrière donnant accès au bus du Z80.
                Puis vint l’Apple II lequel se prêtait merveilleusement bien aux bricolages d’interfaces grâce à ses ‘slots’ délivrant les signaux du 6502 MOS Technology.
                La micro-informatique démarra vraiment avec l’arrivée du PC d’IBM et les langages de haut niveau (Basic, C, Forth, etc..) qui permettaient de se passer du ‘langage machine’ qui sentait le soufre pour les non initiés 🙂

              2. Aujourd’hui l’équivalent est un raspberry pi et en plus vous avez mathematica gratos et illimité avec !

          2. J’ai démarré l’info (plus ou moins) sur Mo5-To7 (fin 80 début 90) en école primaire, c’était très bien pour apprendre à la fois une intro au DAO et à la programmation. On apprenait à dessiner des drapeaux nationaux en lignes de commande: Les plus doués dessinaient l’Union Jack.

  2. ll peut en être de même pour d’autres activités, …tel votre streching hebdomadaire. C’est tout bénéfice, pas besoin p. ex. de se déplacer à la salle de gym, vous avez votre propre coach à la maison….

  3. Bonjour Paul,
    Je ne sais pas si ça le fait chez tout le monde, et si oui si c’est fait exprès, mais vos vidéos sont maintenant truffées de pubs quand je les regarde via votre chaîne YouTube.

    1. Ah bon ? Pas chez moi en tout cas (c’est vrai que j’ai mis anti-pub sur mon navigateur).

      On va voir si c’est pareil chez d’autres que vous.

      1. Non , tout va bien . Par contre , et c’est inévitable sur You tube , quand la vidéo est terminée , s’affiche en incrustation , le panel des émissions qui peuvent être reliées à celle qui vient de se terminer ( c’est souvent encore du Jorion ! ) .

      2. Probablement en lien avec la généralisation de la publicité sur toutes les chaines Youtube :
        https://www.numerama.com/tech/669646-youtube-va-mettre-de-la-pub-sur-toutes-les-videos-et-garder-largent-des-petites-chaines.html

        Personnellement je passe par une instance Invidious pour accéder aux vidéos Youtube (éviter la pub et le tracking) :
        https://docs.invidious.io/Invidious-Instances.md

        Il existe des addons Firefox qui permettent de rediriger directement sur Invidious (ou Nitter pour Twitter, et je ne sais plus laquelle pour Instagram).

        Peut-être qu’un jour Paul Jorion mettra en ligne ses vidéos sur sa propre instance Peertube 🙂

    2. Installer l’extension UblockOrigin au navigateur et les pubs disparaissent de tous les sites.

  4. OK avec vos propositions mais ça implique:
    – jeunes adultes >20 ans
    – conditions matérielles compatibles ( plutôt classe moyenne ou C+ sans enfants, sans accidents de la vie pathologie) .
    – sous réserve d’Innocuité sur le développement neurologique comportemental/ apprentissage social, risques psychosociaux…

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  5. Je pense qu’on entend là le point de vue du professeur. Et j’ai deux traits d’humour à verser au dossier.
    Mais d’abord, j’ai la conviction que la Socialisation est une part essentielle de l’éducation scolaire. Par la vie du groupe, on ressent une émulation et on reçoit un positionnement socialement plus complet que dans la « bande » adolescente : on est comparé au plan de l’intelligence, de la culture, du savoir de l’argent, de la politique et d’autres trésors symboliques de la société humaine. On se jauge plus complètement, et c’est dans le but aussi de s’insérer comme adulte, formant un « foyer », trouvant une « carrière »/un « emploi », bref une nouvelle valeur. Par rapport au Savoir, la socialisation n’est pas du tout anodine, elle y est imbriquée. Dans la vidéo, le mot n’est employé qu’une fois dans une phrase secondaire : (je résume de mémoire) « bien sûr, il y a ceux-là qui sont dans l’interaction, qui participent pour la socialisation ». Comme si il y avait deux populations différentes, pour deux objectifs séparés, soit le Savoir, soit la socialisation. Je suis convaincu du contraire. Et je pense donc que le distanciel grippe l’ascenseur social, laissant ceux qui ont moins de ressources sociales (aisance culturelle, etc.) et moins de ressoures matérielles englués dans leur situation de départ, sans aucun profit de socialisation dans leurs efforts « pour y arriver ». On sait qu’un grand nombre d’élèves ont abandonné le cursus et ont disparu des radars. Faute de socialisation, de ce partage communautaire dans l’apprentissage, de cette mobilisation commune, de ces échanges entre pairs ? Je le crois.
    Allégeons ce pensum avec deux traits d’humour, qui datent d’une époque héroïque. C’est Cavanna qui a dit à peu près : « un professeur, c’est quelqu’un qui a tellement eu peur de la vraie vie, qu’il n’a pas osé quitter l’école ». La pique est évidemment méprisante (et donc efficace), mais j’en retiens l’idée que le professeur ne mesure pas bien l’écolage de la « vraie vie », l’école buissonnière, et sa part dans l’apprentissage. Il est amené à surévaluer son rôle. (Cela même si c’est un puits de savoir, une compétence exceptionnelle — et nous connaissons tous plusieurs professeurs de ce niveau). Nous gardons aussi en mémoire ces professeurs qui ont été des aidants, qui nous ont encouragé à l’effort et nous ont permis à croire à notre valeur (sociale).
    Et je ne sais plus qui avait fait jadis cette analyse par comparaison : un professeur est un peu comme un responsable de poste émetteur qui, en soumettant les postes récepteurs à un examen, a décidé que, ses émissions étant de bonne qualité, il ne peut mesurer que la valeur des récepteurs. Ce qui est un raisonnement évidemment discutable.
    Voilà ma contribution, pour élargir la discussion sur l’impact du « distanciel ».

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    1. Voir « métacognition », pour les gens (en francophonie beaucoup de canadiens) qui ont pointé que le prof était en effet sembable à un émetteur et ce sont préoccupé du récepteur.
      Sur un petit dessin de caricature, on voit le prof muni d’un tuyau d’arrosage marqué « savoir »,
      visant la foule apprenante sur les bancs, laquelle se protège par une armée de parapluies.
      (l’impression de « cause toujours » qu’on les élèves au bout des 5 mn max d’attention soutenue que nous garantissent les gens qui regardent ça de près).
      D’où des « supernudges » pour que ça aille mieux : de la participation, de la classe inversée, des sondages.
      Ma petite idée là-dessus : « be sappy » (soyez séviotique, sap=sève). J’y retourne immediatement, comme on dit dans la chanson de Vian.
      Et pour finir, mes faits d’armes en PC des débuts: 6502 en 1980, puis les apple II et les Olivetti… en 1990, les HP haut de gamme avaient des fonctions en Basic dont je rêve encore sur matlab (lire les variables pendant l’exécution) et j’utilisais Illustrator sur des écrans A4 pouvant pivoter en vertical, ce qui est devenu malheureusement obsolète, comme si A4 avait faché tout le monde.

  6. Ma modeste expérience de cette année en « distanciel » complet ( avant j’utilisais les deux) est d’une part je n’ai à faire qu’à des adultes en formation continue au CNAM ou d’autre part à des étudiant en 5 année.
    Du coup quand j’ai échangé avec eux sur cette pratique ce qu’ils m’ont dit je résume, c’est bien car nous nous connaissons depuis plus de 4 ans.
    Par contre les premières années cela ne va pas du tout.
    J’ai appris par la même que pour eux le confinement ou le couvre-feu n’existaient pas puisqu’ils continuaient à se voir et aller chez les uns et les autres comme avant.
    Pour ma part j’ai trouvé cela confortable avec mes 2 écrans de pouvoir travailler comme cela, pas de déplacement, pas d’hôtel et de restaurants , beaucoup moins de fatigue.
    Je leur ai aussi fait remarquer qu’ils étaient bien plus « cool » du fait d’être dans leur environnement (tous étant très bien équipés) et qu’ils étaient aussi plus réactifs et rendaient des travaux de groupe bien plus solides et clairs.
    Donc les doutes sont sur les élèves aux collèges et au lycée pour les raisons que vous avez mis de côté Paul et sur ce que vient d’écrire Chabian, réflexions que je partage.
    Amitiés

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  7. En tout cas, j’en bénéficie en ce moment.
    Je suis en train d’apprendre :
    * Linux,
    * Python,
    * les réseaux neuronaux,
    * les principes de base des radiations gamma,
    * l’électronique appliquée, …

    Pour pas un rond (Ah la belle gratuité), à mon rythme.
    Tout ça parce-que j’ai lu un article sur la parution d’un livre : https://www.editionsgouttedor.com/single-post/la-pierre-jaune-plong%C3%A9e-dans-la-france-post-catastrophe-nucl%C3%A9aire

    Pratique.

  8. Même si je pense que globalement, les arguments que vous citez vous donnent raison M. Jorion, sur l’amélioration de la qualité de l’enseignement dans la « représentativité » de son « idéal (à condition de ne pas vivre dans une « zone de non droit numérique » – zones blanches), ne pensez vous pas qu’à contrario ce soit la dégradation des rapports sociaux et « sociétaux » (dessinant l’évolution d’un certain rapport de force intergénérationnel, etc), des relations, mécanismes psychologiques, etc, en jeu dans la « sociabilisation » des plus jeunes, inter-actions essentielles à leur stade de développement pourtant, qui peuvent indirectement d’une part dévaluer ce gain de qualité, le dénaturer, et d’autre part, aggraver certaines situations d’inégalités, de précarités, de paupérisation de l’enseignement, et de condition de vies, d’accès aux savoirs, droits, difficiles…?

    1. Bien que les apparences peuvent paraître trompeuses (mon commentaire apparaissant publié à 11 h 38 min), j’ignorais à l’heure ou j’écrivis les lignes du commentaire interrogatif ci dessus, s’adressant à notre hôte… la teneur bien plus complète du commentaire de @ Chabian (dont son commentaire écrit à 10 h 17 min, ne m’était pas dispoinible à la lecture), que je rejoins. La modération/médiation numérique, digitale, qu’a à gérer notre hôte… ayant joué le rôle d’un tiers intervenant « distanciel », ne peut « on » pas s’interroger sur ce qu’il en aurait été de ces apparences trompeuses, lors de discutions, inter-réactions, etc, en présentielles…?

      1. S’il paraît qu’il est soi disant « vraisemblable » que le « virus est le maître des horloges » (Tiens donc…? C’est plus la pénurie de masques, etc, la peur d’avoir peur de manquer de stock gérés en flux tendu selon le productivisme consumérisme et « compétitif » de « civilisations » alignées au moins disant social, moral fiscal, environnemental… selon le plus haut/bas prix vendu, de « vaccins à arn/m », respirateurs, médicaments, gants, blouses, gel hydroalcooliques, réactifs de test, oxygène de réa, etc, qui restent les maîtres des horloges électoralistes, du « ras le bol fiscal », du « poujadisme »…?), ne sommes pas otage d’une « DICTATURE des émotions », de la « recherche de réponses virtuelles », elles même dépendantes de cet espace-temps digitalisé (« réseaux sociaux » inclus), si chronophage qu’il distend, déforme, dénature, à notre insu et à ce point nos inter-réactions sociales et « sociétales » du « monde d’avant », qu’il devient difficile de s’adapter à l’apprentissage/acquisition de Savoir (vivre, être, etc inclu) en distanciel du « monde d’après »…?

        1. Aux termes de « ….  » recherche de réponses virtuelles » …. » il est souhaitable d’y associer ceux de stimulus, de « récompenses artificielles » agissant comme un substitut de drogue – les « likes » des « réseaux sociaux »… ne pouvant imiter/remplacer… la complicité intimiste, intuitive, des rapports humains (non explicites, verbalisés – soit par des regards complices, des perceptions olfactives phéromonales, le touché…) en présentiels.

          1. Effectivement, notre « esprit d’escalier » (c’est déjà en haut du premier palier, que je trouve l’excellente répartie que j’aurais dû asséner immédiatement au rez !) est mis à mal par ce distanciel instantanciel ! ). Vous n’aviez qu’à faire signe à l’écran au moment même ! Ne cherchez pas le prof dans les couloirs, ne le coincez pas dans le parking , il est déjà chez lui… et tenez-vous en à votre quant à soi, votre remarque est sans oreille disponible.

  9. @Chabian
    Je complèterais en évoquant des recherches en sciences de l’éducation autour de ce qu’on appelé « l’effet maître ».

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  10. Bon, désolé mais il me semble que l’enseignement à distance consacre un pas de plus vers la disparition du corps.
    En effet il ne stimule que la vue et l’ouïe ce qui peut sembler suffisant à première vue mais est réducteur profondément de notre humanité, et pas sans conséquence sur notre être.
    Les nouveaux nés puis les jeunes enfants et même les ados ont besoin de s’incarner vraiment à travers leurs autres sens pour développer leur intelligence en sécurité. Odora, goût, touché, kinesthésie, perception 3D etc… (plus tous ces autres sens que nous utilisons sans être vraiment capable de les nommer et qui complexifient en nous et incarnent profondément notre réalité)… et que dire aussi de l’agir et de l’expérience physique des choses, guidée par un professeur accompli…
    Les étudiants, qui restent des grands enfants comme tout un chacun, n’échapperont pas à ce réductionnisme et à ces conséquences. L’une d’entre elle ne réside-t-elle pas dans la destruction effroyable de notre environnement ?

    Permettez moi donc, Paul, de douter de votre analyse et d’y percevoir un tropisme délétère d’amateur de SF…

    Bien cordialement
    Benoît Caillard

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    1. Sur les  » autres sens  » , ça n’est qu’une question de moins de 10 ans ( ça existe déjà en labo) : l’IA peut générer les odeurs , le toucher , des hologrammes ….)

      Pour les  » autres sens , j’avoue qu’ils sont un peu trop mystérieux pour moi .

      Le principal handicap ( ou plutôt danger ) de la communication virtuelle par l’IA , c’est que rien ne me permet plus d’être sur que le Paul Jorion que je vois à l’écran , est bien le Paul Jorion en chair et en os, et qu’une IA malicieuse n’est pas en train de lui faire tenir des propos qui ne sauraient être vraiment les siens .

      Car , à perdre la réalité , on court le risque de perdre la vérité .

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    2. @ Benoît Caillard qui dit … « vers la disparition des corps », une citation qui fait écho :
       » …nous devons surtout apprendre à vivre « sans » . (…) Aujourd’hui ma priorité des priorités pour la gauche, c’est de retrouver la pulsion de vie dans le pays… et en moi aussi. Par le rire, par la rage. Par la désobéissance. (..) Ma priorité, c’est être aux côtés des corps et du désir, de la vie qui ne se borne pas à une survie, qui ne se réduit pas à l’« essentiel » défini par la macronie : boulot-écran-dodo. Ma priorité, c’est de dire « oui » à la vie et « non » à ce pouvoir désormais mortifère.  » François Ruffin, le 11 mars 2021.

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      1. Cher François Ruffin, j’aimerais que votre lyrisme s’incarne dans un projet concret pour 2022….
        Bien à vous…

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  11. Pour info, toute la galaxy du « libre » fonctionne en distanciel. Vous leur devez android sur vos smartphones, Wiki, le moteur de ce site et j’en passe. Et surtout n’allez pas penser qu’ils ne sont que des « nerds » mangeur de pizza. Ils sont en train de construire le monde de demain avec les nouvelles méthodes de transmission du savoir, si la bombe climatique leur en donne le temps.

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    1. En effet, c’est une population écologiquement saine du savoir (RIP Aaron Swartz, sur laquelle Flore Vasseur a fait un bouquin…).
      Dans les systèmes écologiques, ceux qui sont sympa se retrouve des fois dans des petits rôles à cause des vilains majoritaires.

      Puisse la fermentation des fromages et vins français inspirer nos décideurs hexagonaux sur le bien-fondé des libres-fermenteurs de logiciels. Pour la Belgique, je laisse deviner les ferments de référence.

      1. Les bières belges, c’est à la levure. Mais les logiciels majoritaires, c’est aux enzymes gloutons ?

      2. « Saine » c’est un peu vite dit. Il y a dans ce secteur du libre un élitisme exacerbé qui confine parfois au sectarisme, avec la « starification » qui va de pair (R. Stallman est au libre ce que S. Jobs ou B. Gates sont au logiciel propriétaire en termes d’image, grosso modo). Si vous n’avez pas bac+12 en linux/unix, il est par ailleurs pour ainsi dire inutile de vous adresser à quantité de techniciens du secteur, qui répondrons systématiquement avec condescendance à la moindre de vos questions par un « go read the f*cking manual » tout à fait stérile.

        Certaines structures tentent certes de vulgariser et de rendre accessibles ces technos ( les principales distributions linux fonctionnaient encore il n’y pas si longtemps presque exclusivement en lignes de commandes, on peut reconnaitre que ça a plutôt bien évolué sur ce point ces dernières années) mais le retard en la matière demeure considérable par rapport au secteur propriétaire.

        Mention particulière pour Android, qui est certes une distribution linux mobile modifiée par Google, avec tous les inconvénients que l’implication d’un GAFA peut supposer, notamment bien sur quant à la collecte plus ou moins clandestine de données (et si ce n’est pas Google directement, ce sont les applications que celui-ci met à disposition via son store).

  12. si la référence d’enseignement idéal c’est le tutorat à Cambridge, la question qui se pose alors c’est son coût (pour l’élève – ou sa famille).
    On y retrouve ainsi la différence entre université et grandes écoles (donc prépa).
    Ce qui rend un peu hors sol la démonstration d’un enseignement « enrichi » par la distance.

    Ceci dit, le nombre de tutos youtube qui m’ont permis de me sortir tranquillement de situations improbables (carte d’identité coincée dans un tambour de machine à laver, changement du groupe de sécurité de mon cumulus sans le vider – non je ne vous fais pas la liste intégrale…) témoigne de l’intérêt réel de l’enseignement à distance.
    Encore faut-il qu’il soit asynchrone, ce qui n’est pas le cas de votre témoignage.

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  13. Bonsoir,

    Il n’est pas question de s’opposer entièrement à votre analyse. L’outil informatique peut dépanner, mais l’enseignement, ce n’est pas cela. C’est découvrir un lieu avec des odeurs, une histoire, des visages, des sourire. C’est rencontrer des gens, flirter, discuter avec un professeur après un cours, aller boire un café avec des amis ou même avec des professeurs, aller à la BU après un cours pour effectuer des recherches, rentrer chez soi avec la douce odeur de l’hiver ou du printemps lorsque l’on finit tard le soir… Une université n’est rien sans tout cela.

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  14. Je pense qu’il conviendrait de demander leur avis aux principaux intéressés que sont, à mon sens, les élèves, voire les étudiants… ( bien avant celui nécessairement plus corporatiste des professeurs!).
    Et je m’étonne qu’aucun intervenant ne s’appuie sur des exemples proches pour dresser un bilan un peu moins « ravi » de la mise en place de l’enseignement dit « distanciel »…
    Serait-ce dû à l’âge des intervenants qui n’auraient plus d’enfants en âge de fréquenter le milieu scolaire et même estudiantin…
    …Ou à leur milieu social qui leur ferait oublier que nos têtes blondes n’étudient pas toutes à Cambridge ou à Yale…
    Mais je raille un peu , ça dort le matin!
    Tout ça pour dire que ma fille de 16ans (jamais contente mais c’est une ado…) qui est en seconde dans un lycée pas trop mauvais de la petite couronne, n’a pas le même enthousiasme que Paul en ce qui concerne la capacité des adultes à instaurer puis à maîtriser des modes de transmission qui les dépassent totalement .
    On pourrait pointer les failles du système une par une, mais je ne veux ennuyer personne, alors pour résumer:
    -défaillances incessantes des matériels et des plateformes (même sans incendie de data centers…)
    -multiplicité des opérateurs (chaque prof utilisant un hébergeur différent ou même plusieurs et ils sont nombreux!)
    – incapacité des professeurs à prendre en compte les cas particuliers d’enfants mal ou peu équipés.
    – multiplication par deux ou trois des temps de présence habituels devant l’écran.
    – Non prise en compte des messages d’appel au secours des élèves qui craquent.
    – Harcellement distant par obligation de pratiquer des activités de groupe en temps de confinement
    (travaux en équipe exigés pour éviter les surcharges de correction)

    Je suis pourtant certain, comme vous tous, que le travail distant pourrait être une merveilleuse façon d’améliorer le niveau de l’enseignement . Mais à mon sens et en regardant ce que ma fille, pourtant passionnée par ses études, doit supporter, c’est exactement l’inverse qui se produit pour la majorité des élèves du secondaire.
    Vous me direz sans doute que ma fille n’est pas représentative de tous et toutes, et je vous répondrai que vous avez raison,
    sa détermination à réussir malgré tout, est supérieure à la moyenne, c’est pourquoi j’ai tant de crainte pour ses camarades…

    Eric.

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    1. Je suis instit, père d’une fille au lycée et d’un fils en 1ère année d’école d’ingénieur donc j’ai aussi ma petite idée sur le sujet !
      Oui, l’informatique et l’internet révolutionne l’éducation depuis un petit moment, le distanciel en fait partie.
      Au lycée, mon fils n’ouvrait pas ses manuels scolaires et quand son père lui demandait pourquoi, il me répondait : « Mais papa, j’ai téléchargé une appli sur mon smartphone et j’ai tout le programme de seconde dessus ! » Les manuels scolaires sont obsolètes et finiront de disparaitre avec les derniers enseignants nés avant la révolution informatique.
      Mais l’informatique ne fait pas tout et mon expérience m’a appris qu’il serait bon qu’elle n’arrive à l’école que dans l’enseignement secondaire, voire le supérieur. Les enfants qui arrivent à l’école primaire aujourd’hui à l’âge de 3 ans, ont des parents qui sont nés avec l’informatique et à la maison les écrans font partie de la l’environnement quotidien. Pour qu’un enfant ait envie d’apprendre, faire comme papa et maman est très important. Alors quand un enfant ne voit pas ses parents lire des livres ou écrire avec un stylo, l’école lui semble un monde étrange dépourvu de lien avec sa réalité quotidienne. Autre limite, nous voyons arriver des enfants en déficite de vocabulaire, voire de syntaxe alors que les parents ont un vocabulaire normal. Une des hypothèses qui demanderait à être vérifier, c’est le temps que passent les parents sur leur écran et qui bouffe le temps d’interaction avec leur enfant…
      Mon fils en 1ère année de prépa ingénieur en informatique suit la totalité de ses cours en distentiel soit 6h de cours par jour. C’est très très dur ! Comme, il dit : après 1h devant ton écran tu commences à décrocher. Certains profs ne sont pas non plus toujours à la hauteur et en distantiel c’est encore pire. L’isolement de ces jeunes de 18 ans, livré à eux-mêmes est pour certains une catastrophe. Sur l’ensemble de la promo, les résultats du premier semestre sont très en dessous de ce qu’ils pouvaient être en présentiel.
      Oui, cela va tout changer mais il va y avoir de la casse !

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  15. 1 / J’ai entendu les arguments de Paul Jorion dont le plaidoyer en faveur de l’enseignement  » hors la présence physique du prof  » vaut sans aucun doute qu’on le considère. Pour moi, il s’agit de la relation d’expériences dans le cadre de l’enseignement supérieur que je ne connaîtrais pas, mais cela m’intéresse car tout m’intéresse. Je me souviens de mes années d’instituteur en classe unique notamment et de militant des pratiques pédagogiques Freinet et coopératives qui nous permettaient fièrement d’affirmer que dans une classe que chacun ne réussit que si toutes et tous réussissent ensemble.
    Cette idée pourrait peut-être prévaloir chez les étudiants si d’aventure l’on attendait d’eux qu’il proposent des changements significatifs originaux.

    2 / Autre remarque. Je lisais hier sur le site  »Reporterre » la tribune de Matthieu Amiech intitulée :  » Le rêve de M. Macron : franchir le mur écologique par la numérisation intégrale « .
    https://reporterre.net/Le-reve-de-M-Macron-franchir-le-mur-ecologique-par-la-numerisation-integrale
    En voici le chapeau :  » On va continuer à innover et à accélérer », répète M. Macron. L’auteur de cette tribune dénonce la « grande illusion de la dématérialisation, qui ne permettra jamais à nos sociétés de freiner leur course à l’abîme ». Et s’insurge contre le parti pris des  »technobéats » aussi erroné qu’effrayant.  »
    Alors, faire reposer le plus possible l’enseignement sur le numérique ? Peut-être mais au risque de rencontrer très rapidement les limites matérielles de la planète et au risque également que le marché s’invite et dicte ses lois.

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  16. Conclusion générale : réserver le distanciel à haute dose aux plus de 18 ans .

    Avant même le confinement ( mais c’est devenu la règle depuis ) , comme je suis plus ou moins dans l’assignation à résidence , j’appréciais l’enseignement à distance via zoom en suivant les conférences de l’Université du Temps Libre d’Annecy . On est d’ailleurs mieux installé chez soi pour entendre ou prendre des notes . Au fil de cette année , je me suis aperçu d’ailleurs que les conférenciers , une fois qu’ils ont apprivoisé la bête , étaient sans doute eux même plus concentrés et clairs sur leur sujet, car pas interrompu trop souvent par les bavards de service . Un autre avantage est de pouvoir disposer du podcast pour réentendre ou voir les passages où on a été un peu distrait .

    Exemple récent, pour les amoureux du boson de Higgs :

    https://www.youtube.com/watch?v=ZGTE7gi6k_0

    1. Après  » l’après Covid » ,  » l’après Einstein  » ?

      Hier , le CERN depuis Genève , annonce « des resulfatas intrigants » qui , dans le cadre de l’expérience LHCb , pourraient remettre en cause le modèle standard de la physique d’Einstein .

      Cette expérience a découvert une anomalie en comparant deux types de désintégration des  » quarks beauté » .

       » Si une violation de l’universalité de la saveur des leptons devait être confirmée , cela impliquerait un nouveau processus physique , comme l’existence de nouvelles particules ou interactions fondamentales » , explique le professeur Chris Parker , de l’université de Manchester et porte parole de cette expérience LHCb.

      Rappel : Dans le modèle standard , l’univers est constitué de 12 constituants de base appelés particules fondamentales et  » gouverné » par 4 forces fondamentales ( gravité , électro-magnétisme, forces forte et faible )

  17. @R.P. 11h20 :
    …  » Alors, faire reposer le plus possible l’enseignement sur le numérique ? Peut-être mais au risque de rencontrer très rapidement les limites matérielles de la planète et au risque également que le marché s’invite et dicte ses lois.  » …

    Je propose à cette occasion en or offerte au « marché » le développement d’une économie d’échelle gigantesque… en gros , mondialement , un cours / un transmetteur. (bien entendu agréé par le collège des spécialistes reconnu à l’époque de création)
    Pour illustrer , en France ( et ailleurs où ce sujet serait au programme , post-synchro traduction par I.A. ) , le cours d’ « Histoire de France » ( H majuscule forcément..) à découper en tranches compatibles avec le niveau estudiantin concerné… transmetteur unique à recruter pour cette unique prestation par .. , disons concours , ou ..mieux « faire offre à due concurrence » . Bonus: un contrat pour légères mises à jour annuelles.
    Ah oui , j’oubliais..dans le cas concerné , aucun doute qu’on pourrait encore réduire les frais en ressortant les archives , qui feraient assurément l’unanimité , elles , du regretté Henri GUILLEMIN (1903-1992) ..quasi tente ans déjà!

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  18. En fait le problème du distanciel tel que nous le vivons c’est qu’il est contraint et qu’il y a tout lieu de s’inquiéter des effets à long terme sur des gens déjà psychologiquement fragiles.
    Bienfait collatéral, de jeunes gens échapperons peut-être au nihilisme et aux pulsions de morts de leurs petits camarades (mais je crains l’inverse en vérité).
    https://vimeo.com/337113260
    Attendre le positionnement de la NRA sur le sujet, pour penser/faire l’inverse !

  19. En écoutant Annie Le brun cematin, ne faudrait il pas aussi considérer le télétravail, le télé enseignement des formes toujours plus fortes de télé-réalité cad de réalité appauvrie par l’image /écran qui réduit l’expérience sensorielle (le son au loin, la mouche qui va se poser sur l’épaule du professeur les réactions des autres etc. C’est pourquoi il me semble que le gain éventuel n’est qu’apparent et vecteur d’un perte de sensibilité et de sociabilité.
    https://www.franceculture.fr/emissions/linvitee-des-matins/le-capital-des-images-la-societe-en-spectacle-avec-aurelien-bellanger-et-annie-le-brun

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