Le combat féministe perdu de Simone de Beauvoir contre la Droite, par Jean-Baptiste Auxiètre

Simone de Beauvoir a écrit avec Le Deuxième sexe un manifeste du féminisme. Son combat est aujourd’hui perdu car la femme se retrouve non pas avec un salaire comme son mari mais avec la moitié du salaire qu’avait celui-ci, et son mari, de son côté, lui aussi. De plus, elle se retrouve avec à sa charge la plupart du temps la plus grande part des tâches ménagères. 

Cela n’a pas été le cas pour les premières femmes qui ont travaillé à des postes à responsabilité, mais l’« économie » (la Droite) s’est chargée de réajuster tout cela. La femme a cru accéder à une nouvelle liberté. Elle s’est fait avoir, et son mari aussi. 

La femme parvenant à la cinquantaine pouvait ne plus devoir s’occuper de ses enfants et acquérir une certaine liberté. Maintenant même celle-là elle ne l’a plus. Et elle ne la regagnera pas. L’homme et la femme ont perdu en liberté. 

Pour ce qui était de l’argent il était courant que les dépenses de la semaine soient gérées par la femme et que les dépenses plus importantes : vacances, achat voiture et achat d’immobilier, soient gérées par l’homme. Maintenant le partage des responsabilités est un peu plus équitable, mais avec au final des moyens qui se sont réduits. 

En forçant les gens à être en ménage, car l’individu seul n’a que la moitié des revenus nécessaires, l’« économie » (la Droite) s’est arrangée pour faire perdre aussi bien à l’homme qu’à la femme une part de leur liberté. Et là où il y a prétendument progrès ils y ont finalement tous les deux perdu en étant contraints pour constituer une entité économiquement viable, de se mettre en couple. Le femme qui cherchait à se libérer de son mari s’y retrouve contrainte économiquement car son salaire seul n’y suffit pas, tout particulièrement s’il y a des enfants. 

Certes les rôles sont aujourd’hui mieux distribués mais le pouvoir de chacun a été divisé par deux ! Le combat féministe aujourd’hui vise non plus à une libération mais à assurer une quasi égalité des contraintes pour des hommes et des femmes ayant justement perdu une part importante de liberté, ou ayant été forcés de la vendre.

Partager :

34 réflexions sur « Le combat féministe perdu de Simone de Beauvoir contre la Droite, par Jean-Baptiste Auxiètre »

  1. Texte tellement ridicule et pernicieux, type “regrets du roi déchu”, que je signale que je m’abstiens de le commenter. 🙂

    2
    1. Bonjour Chabian,

      Il me semble qu’il ne faut pas être aussi catégorique ou ne voir que le râle du mâle déchu dans cette histoire. Je ne suis pas souvent d’accord avec les posts de Jean Baptiste mais j’avais fait la même remarque dans un de mes premiers commentaires sur le blog. M’interrogeant sur le gain réel représenté par le travail des femmes – présenté comme une libération – sans prendre en considération les conséquences négatives de celui-ci (je pense en particulier aux conséquences éducatives d’un manque d’encadrement après l’école). Faut-il vraiment deux salaires pour vivre correctement maintenant ? Sûrement. Mais il me semble aussi que c’est à partir de l’analyse de Michel Leis sur l’évolution de “la norme de consommation” (deux voitures, le Sam Suffit, les vacances…) qu’on peut relativiser ce constat qui mériterait une analyse plus fine.

      Quoiqu’il en soit, il serait sans doute bon qu’un seul salaire suffise et que l’un des deux parents puisse se consacrer dans de meilleures conditions à l’éducation des enfants. Pour avoir encadré des collégiens pendant quelques années, une présence adulte le soir après les cours, ne serait quand même pas une mauvaise chose…

      Enfin, pour rebondir sur ce que dit Stievenart Jean-Marie, je m’étais fait la même remarque après les explications de monsieur Jorion sur les taux d’intérêts : c’est quand même bien foutu un système où les taux montent quand ça va bien et où ils montent aussi quand ça va mal !

      (En espérant ne pas donner tort à François Ruffin quand il dit qu’à la fin, c’est nous qu’on va gagner !)

      1. “Quoiqu’il en soit, il serait sans doute bon qu’un seul salaire suffise et que l’un des deux parents puisse se consacrer dans de meilleures conditions à l’éducation des enfants.”

        En France c’est près d’une famille sur quatre qui est monoparentale. Et dans la grande majorité de ces familles, c’est une femme qui assure la subsistance et l’éduation.
        https://www.insee.fr/fr/statistiques/3676599?sommaire=3696937

        Le monde a changé.

        1
        1. Et vous vous étonnez du résultat ?

          Combien de gamins de classes populaires seuls chez eux ou dehors le soir après les cours ? Pas forcément à cause du taf des parents d’ailleurs. J’ai quelques tristes anecdotes à ce sujet et pas besoin d’aller chercher dans les banlieues. Vous croyez que la télé est la meilleure des baby sitter ? Vous croyez que la présence d’un parent dans les familles plus aisées ne favorise pas la réussite scolaire et, partant, dans le pays d’Europe où le cursus initial pèse du poids le plus lourd sur l’ensemble de la carrière professionnelle, les différences de statuts à la sortie ? Ouvrez les yeux. Et comme je crois que vous êtes enseignant – non ? – vous trouvez pas que votre présence fait la différence ?! Allez… vos gamins n’auront pas ce genre de soucis.

          J’ai suivi pendant deux ans, deux heures le soir, un profil de grand échec scolaire (redoublement CP, deux ans de retard en CM2, pas de passage en 6e, parents alcooliques, père chauffeur routier absent 5 jours par semaine, mère illettrée ou tout comme) et bien, croyez-le ou non, ça suffit pour sauver une scolarité. Temporairement en tout cas pour ce que j’en sais et assurer l’entrée au collège.

          Mais encore une fois, ne vous trompez pas de débat avec moi. Ce ne sont pas les nécessaires progrès de la condition féminine que je critique mais cette pseudo liberté consumériste qui détruit les liens et structures familiaux, entraîne la perte de savoirs-faire, vivre, être, séculaires. Et pour quoi ? Aller faire les pitres dans des activités nuisibles et inutiles pour engraisser des porcs ? Franchement… mesurez la longueur de vos chaînes ! Pensez à Bernays et au fait que les femmes ne fumaient pas, 50% de consommateurs en plus, ça commence à causer quand même.

          Le problème avec ce post vient de la confusion de deux niveaux, la liberté de la femme, et la pseudo liberté consumériste qu’on nous vend comme une libération. Rabattre l’un sur l’autre est au mieux provocateur, au pire une confusion regrettable. S’interroger sur les dommages causés ne me semble en aucune manière problématique ainsi que sur nos propres compromissions (par adhésion à la norme de consommation ) et leurs conséquences – mais c’est peut-être là que ça coince après tout ?

          En attendant, je trouve les réponses convenues, faciles et “bien-pensantes”, mais je m’attendais à pire.

          Pour info : J’ai grandi dans une ambiance d’égalité des sexes, dans les mentalités sinon dans les faits. Ma mère a brulé son soutif dans les années soixante, divorcé à la même époque avec deux enfants pour ceux qui savent ce que cela voulait dire à l’époque, remariée. Je suis né au début des années 70, j’ai fait ma scolarité dans la mixité, je me suis fait manger la soupe sur la tête par des copines tout au long de ma scolarité, bossé sous les ordres de nanas, dans des équipes parfois essentiellement féminines, pour moi et ceux de ma génération – sauf casoc’ – l’égalité est un fait, dans la vie et dans les relations de couple ou professionnelles. Et quand je vois les petits bolides de nanas de la prochaine génération, je m’inquiète pas trop pour elles !

          À bon entendeur… fin du débat en ce qui me concerne, je ne pensais pas trouver si courtes vues ici.

          (Et quand je dis un salaire ne suffit plus, ça ne vaut pas pour CloClo évidemment !)

          1
    2. Vais-je me décider à m’en mêler sans déranger ces messieurs ?
      Déjà, c’est bien rabaisser Simone. Elle a été une grande penseuse du féminisme plus qu’une activiste. C’est comme si vous disiez que Victor Schoelcher a perdu parce que l’abolition de l’esclavage a fait baisser le niveau de vie des pauvres blancs… ce qui a pu se produire, effectivement.
      Ensuite, il ne s’agit ni d’une guerre ni d’un match de foot et personne n’a “perdu” !
      Et pour devancer toute réflexion du genre “on peut plus rien dire”, les femmes ne se battent pas CONTRE les hommes mais bien POUR la Liberté, l’Egalité et la Fraternité.
      Oui, des grands mots, des grandes idées, initiées par des grands hommes qui avaient un petit peu oublié une partie de l’humanité mais le “combat” selon vous, le progrès des idées, selon moi, continue et nous n’en somme qu’au début. Libérté, liberté chérie…
      Vous mêlez des notions de justice sociale à tout ça qui ne me semblent pas bien claires… vous auriez préféré posséder encore votre esclave domestique avec un niveau de vie supérieur alors que son indépendance et sa concurrence sur le marché du travail l’ont fait diminuer ? Rejoignez le combat, faites progresser les idées, les droits humains, tout le bazar ! au lieu de pleurnicher sur les vilains capitalistes et de taper sur Simone !
      Car le droit de vote, le droit d’ouvrir un compte en banque sans son papa ou son mari, le droit à la parole, à l’autorité parentale, l’accès aux études, à la reconnaissance professionnelle, etc. c’est pas encore le Pérou mais c’est mieux qu’avant, je vous assure !

      10
      1. Bonsoir Emma,

        Vous vous méprenez si vous me lisez ainsi. J’évoquais l’éducation mais je pourrais parler aussi bien d’économie domestique (potager, DIY…) et que ce soit l’un ou l’autre qui s’y colle n’a à mes yeux aucune espèce d’importance. J’accompagnerai cela d’une bonne révision à la baisse de la norme de consommation et personne ne s’en porterait plus mal !

        Je vous souhaite une bonne soirée !

      2. Le droit de vote, le droit d’ouvrir un compte en banque sans son papa ou son mari, le droit à la parole, à l’autorité parentale, l’accès aux études, à la reconnaissance professionnelle, etc OK et je suis pour mais en étant dans une société capitaliste qui vous enjoint d’avoir un conjoint pour vous loger, ou avoir une caution qui sont maintenant des contraintes aussi forte voire plus, je ne suis pas certain que vous l’ayez vécu et j’ai beau être un homme et l’avoir subi, c’est à une majorité de femme avec enfants (ce qui n’est pas exactement mon cas mais pas tout à fait non plus) que l’on le fait subir…

      3. @Emma
        Quand vous dites “personne n’a perdu “, bien sûr que si, les hommes y perdent une part fondamentale de leur identité : la domination. Autrefois, la société était faite par et pour les hommes. Maintenant, il faut partager le pouvoir. L’érosion de la domination masculine est de très bonne augure dans la perspective de construire une société qui ne soit plus sans cesse une lutte de domination. Mais cela suppose pour l’homme de se reconstruire son identité.
        L’homme s’est souvent défini comme le contraire de la femme, comment devenir son alter ego ?

        1. @Pascal
          La question est bien posée. Comment la société s’est-elle remise de l’abolition des privilèges ? de l’abolition de l’esclavage ? de l’interdiction du travail des enfants ?
          Toutes choses qui semblaient impossibles en leur temps et qui ont entraîné de grands bouleversements. A présent, les Nobles ne sont plus dominants (comment devenir l’alter ego d’un manant ?) ; les Maîtres n’ont plus droit de vie et de mort, ils ont du accepter le droit du travail (comment un Noir autant qu’un Blanc ? ) ; les petites mains soi-disant indispensables à l’Agriculture ou à la Mine vont à l’école… (comment les gosses de prolo comme les miens ?).
          Je ne suis pas Simone de Beauvoir ni Clémentine Autain pour théoriser mais déjà, dans les esprits, une idée simple : homme=femme c’est pas trop compliqué.
          Dans la pratique, mon colocataire a fini par nettoyer les chiottes après 3 semaines de grève ménagère. Il n’avait jamais fait ça en 10 ans. Tout s’apprend !
          (Dans notre “kolkhoze”, un homme et une femme avec de petits revenus : pas de chantage affectif, chacun a ses relations par ailleurs, il s’agit simplement de partage des tâches. Je me suis aperçue d’une chose : c’est toujours la femme que l’on blâme quand le ménage est mal tenu. J’ai su résister à la pression et laisser tout sale et en désordre sans flancher. Ça ne s’est pas toujours bien passé mais nous sommes restés bons camarades. Je crois même qu’il en est fier à présent : il ne veut rien me devoir alors qu’avant il était dans l’idée que ça le rabaissait)

          1. Mon billet ici le 10 mai 2019 : Pourquoi les femmes consacrent-elles plus de temps aux tâches ménagères que les hommes ? On a trouvé la réponse

            Un excellent article dans le Financial Times, Chore wars: why do women still do more housework ?, “La guerre des corvées”, par Gavin Jackson, résout la question à mille francs : pourquoi – quelles que soient les cultures – et même en présence d’efforts louables de part et d’autre, les femmes consacrent-elles plus de temps aux tâches ménagères que les hommes ? Gavin et sa copine Gabi ont rempli des fiches quotidiennes de budget-temps qu’ils ont fait analyser ensuite par une équipe de sociologues.

            La première raison semble aller de soi aussitôt qu’on l’énonce : les différences de salaire entre hommes et femmes conduisent à optimiser l’économie du ménage en faisant faire les tâches non-payées par celui des deux qui gagne le moins : cela “coûte moins cher” (coût d’opportunité) de faire nettoyer la maison par celui ou celle qui gagne 15€ de l’heure dans le monde du travail que par celle ou celui qui en gagne 20€.

            Seconde raison, qui à première vue va de soi elle aussi : optimiser l’utilisation du temps global du ménage en se spécialisant.

            Avant même que l’enquête commence, Gavin se dit (il ne se fait pas d’illusions) que la différence de temps constatée dans les budgets-temps sera probablement due au fait qu’il aura (inconsciemment) pu séduire sa copine à effectuer des tâches qu’il n’avait pas envie de faire. En cours de route, il constate que ce n’est pas cela : c’est surtout elle qui l’exclut de certaines tâches (nettoyage, repassage, etc.) en ne lui faisant pas confiance, en lui disant qu’il ne le fera pas aussi bien qu’elle (et qu’il faudra donc le refaire au moins partiellement).

            Gabi observe elle de son côté qu’elle a tendance à se dire à propos de telle ou telle tâche domestique : “Oui mais ça, ce n’est pas vraiment du travail”, et que c’est le décompte du budget-temps qui lui fait apparaître que si, et que chacune de ces “non-tâches” à ses yeux prend beaucoup plus de temps qu’elle ne l’imaginait. Ce qui attire l’attention sur le fait que toutes les tâches ménagères ne sont pas des “corvées”, qu’il y a des choses que l’on aime bien faire. Gavin le dit : quand c’est lui qui fait la cuisine, il ne considère cela ni comme du travail, ni comme une corvée, mais comme un divertissement, un passe-temps agréable.

            Autre constatation faite, celle-là à partir de données récoltées dans d’autres contextes, le mariage accentue l’écart dans le temps consacré au travail domestique. Explication des sociologues : par ce geste “conformiste” un couple entre dans un contexte très imprégné de “rôles de genre”, la culture ambiante modelant les comportements davantage aussitôt qu’on est marié. Effet renforçant : dans le contexte du mariage, lutter contre les stéréotypes est “épuisant” et débouche sur de véritables pertes de temps.

            Autre observation, liée ici à la venue des enfants : la capacité à consacrer de nombreuses heures au travail rémunéré, qui fait progresser rapidement en début de carrière, est davantage ouverte aux hommes aussitôt qu’apparaissent les enfants dans la famille.

            Conséquence cette fois du moindre temps consacré aux tâches ménagères par les hommes : un temps de “loisir” leur est offert qu’ils ne consacrent en réalité pas à se reposer ou à se divertir mais à poursuivre une éducation permanente à la maison, qui leur permettra de progresser à un rythme accéléré dans leur carrière… ce qui contribuera à accroître la différence de salaires au sein du ménage… alimentant ainsi le cercle vicieux, du fait de la tendance (coût d’opportunité) à attribuer les tâches non-payées à celui des deux qui est le moins payé.

            Indépendamment donc de choses qui seraient d’ordre “naturel”, du genre “l’intuition d’une femme est meilleure que celle d’un homme sur comment répondre à la demande inattendue d’un bébé”, ce qui explique la différence constatée dans le temps consacré aux tâches ménagères est essentiellement dû à un mécanisme auto-renforçant découlant d’un principe élémentaire : “le temps c’est de l’argent”. C’est-à-dire, spécialisons-nous au sein du ménage dans les comportements qui gaspillent le moins le temps et qui permettent de faire davantage d’économies. Les progressistes parmi nous appelleront cela “la sacro-sainte rationalité économique”, et les conservateurs, pour qui le monde marchandisé et monétisé va de soi, “le simple bon sens”.

            1. Cela me fait penser qu’il existe un parallèle entre “Que la banque centrale annule la dette” et “Que les hommes fassent la moitié des tâches ménagères” : il y a en arrière-plan de ces deux souhaits un mécanisme spontané d’optimisation qui rend les deux choses quasiment impossibles. Ce qui ne veut pas dire – comme je l’ai rappelé l’autre jour – qu’ayant mis le modèle du mécanisme à plat, avec ses différents facteurs bien en vue, il n’y ait pas l’un ou l’autre de ces facteurs sur lequel on puisse agir.

              1. Paul ! ce sophisme gâche la démonstration. La Dette, grâce à vous, je l’ai bien compris, ne relève pas de la volonté individuelle et se manipule difficilement.
                Le partage des tâches, en revanche, ne met en jeu que 2 individus (volontaires en général) et des tas de solutions assez simples à trouver : payer : un ou une employé(e) de maison si le salaire est OK / répartir : “toi tu fais le bricolage, moi je fais la cuisine” / faire à égalité : “c’est ton tour de descendre la poubelle”, etc. Gavin et Gaby ont un bon compromis où chacun semble trouver sa place, très bien. Cela donne un portrait sociologique intéressant sur le sujet mais loin d’un exemple universel.
                Est-ce une question de génération ou de milieu social ? Dans mon entourage beaucoup de femmes sont les moteurs économiques en plus des servantes attitrées de leurs maris et enfants. Le compagnon, même chômeur, n’en foutra pas plus que quand il était actif.
                Le problème, c’est l’idéologie, l’idée que les hommes “perdent” au change dans l’égalité homme-femmes, tout comme les petits Blancs pensent “perdre” au change dans l’émancipation des Noirs. Sans cette idéologie paternaliste, vous ne pensez pas perdre quelque chose qui en réalité n’existe pas : votre supériorité.

                1. Oui, mais aucun homme ne vivra jamais ce miracle de sentir croître en lui, et de le voir venir au jour, un autre être humain ! Rien ne pourra jamais compenser pour lui une injustice aussi fondamentale.

                  P.S. Je plaisante bien entendu. Mais à peine… Voire même pas du tout…

                2. Salut Emma,

                  En tout cas de ce que je peux constater du haut mon balcon, c’est que certains hommes qui ont les moyens préfèrent franchement trouver des épouses plus jeunes, venant de pays où les femmes sont “psychologiquement” comme celles que l’on trouvait dans le passé ici, à savoir, docile, dépendante, se cantonnant à leurs rôle de femme, sachant recevoir, entretenir le nid, et s’apprêter, toujours aux petits soins avec “son homme”, avec comme corolaire le droit à l’utilisation de la CB et la protection en tout endroit et en tout temps, et cela va s’en dire, le MARIAGE.

                  Une autre forme de partage des tâches quoi… Qui fait bien tiquer sérieusement les femmes du coin plus tendance.

                3. Salut Emma,

                  “Le partage des tâches, en revanche, ne met en jeu que 2 individus (volontaires en général) et des tas de solutions assez simples à trouver : payer : un ou une employé(e) de maison si le salaire est OK / ”

                  Alors l’exploitation et la défausse des tâches ingrates ne sont condamnables que dans le couple – si possible de l’homme envers la femme apparemment – en revanche, jouer sur les différentiels de salaires et exploiter les pauvres, ça ne pose pas de problème… Bel esprit !

                  (Je fais la même à mon pote blindé avec ses domestiques, c’est énervant hein ?! 😉 )

                  Et après on s’étonne jusque sur ce blog que les classes populaires votent FN ! Ben si la gauche c’est ça, faut pas chercher…

                4. Chère Emma
                  Je ne peux que témoigner de mon expérience masculine de plus de 50 ans.
                  Si à bien des égards, avec ma femme nous avons trouvé un certain équilibre (une certaine équité ) pour ce qui est de faire les courses, la cuisine, charger et mettre en route le lave vaisselle. Ça commence à se gâter avec la machine à laver le linge et ça dérape avec le ménage.
                  Il me semble qu’il y d’abord l’éducation que j’ai reçu avec une mère au foyer dont la maison était son “royaume “. Jamais elle ne m’a demandé de prendre un balais et encore moins de nettoyer les toilettes. J’avais pour modèle masculin, mon père dont le “royaume ” était hors de la maison ; le boulot d’usine d’un côté et 36 ans de mandat de conseiller municipal. Ça pèse lourd dans une éducation.
                  Mais il me semble qu’il y a aussi une différence dans la manière de vivre le monde. Un pragmatisme plus dominant chez les femmes et une forme plus prégnante “d’intellectualisme” (politique, refaire le monde. ..) cher les hommes. Mais c’est peut être aussi le résultat d’une éducation.
                  Enfin l’expérience de quelques décennies
                  m’invite à penser qu’il y véritablement un rapport différent à la notion de propreté. En gros, les mecs sont plus souvent dégueux que les filles, et s’accommodent plus facilement d’un environnement jugé sale par la gente féminine. Je me suis toujours demandé si la toilette intime intériorisée chez les femmes et extériorisée chez les hommes, ne favorisait pas une attention plus soutenue à la propreté chez les femmes que chez les hommes ? (Ma femme n’est pas d’accord).
                  Je crois tout de même que le facteur culturel et l’éducation sont primordiaux dans le maintien de cette inégalité.

    3. C’est bien pour ma part un regret que ce combat soit perdu mais je voudrais qu’on le comprenne pour la suite et pour le continuer.

  2. Le progressisme récupéré par le capital vous fera toujours regretter les effets des causes que vous défendez.
    La féminisation des emplois dans l’éducation, la justice, la médecine etc … a abouti à un effet de paupérisation de ces emplois.
    Vous avez le même résultat avec le divorce de masse dont le résultat « famille monoparentale » est un effet concernant essentiellement les femmes.
    Utopie, naïveté et/ou manipulation? Le résultat est le même. Le capital est le seul gagnant.

  3. A ces hommes qui ont des regrets, la solution est donc toute trouvée : qu’ils renoncent à travailler, adoptent ces tâches si simples que sont la cuisine, l’entretien du linge, l’entretien des enfants, l’entretien de l’épouse, l’entretien des relations familiales et amicales, l’entretien des sols, l’entretien des meubles, l’entretien des sols, l’entretien des sanitaires, l’entretien des conserves, congelés et confitures, et la bonne organisation combinée et programmée de tout cela par une bonne prise en charge mentale le soir au moment de retrouver l’épouse au lit, pour laquelle ils auront veillé à se faire beau et propre.
    En principe (théorique), le salaire féminin unique devrait mécaniquement augmenter. Si du moins la cause avancée est bien la bonne. 🙂

    3
    1. Pour l’augmentation du salaire féminin et pour la liberté de l’individu et non pas du ménage qui est une construction de droite !

    2. Bonsoir Chabian,

      Je recommence, désolé.

      Il me semble que c’est vous qui avez un problème avec la perception de la réalisation offerte par le travail (sans parler de la socialisation évoquée dans un précédent billet) qui est, croyez-le, tout-à-fait dispensable. Je l’ai fait pendant cinq ans, en Normandie, m’occuper de ces tâches que vous dénigrez implicitement et cela ne m’a posé aucun problème. Ménage, lessives, courses, jardinage, bricolage, le tout pour gratter les quelques sous que nous n’avions pas. C’est bien plus cool que de se fader les casse… pieds qui volent en escadrille partout.

      Sans doute un des enseignements majeurs du confinement en ce qui me concerne, le bonheur c’est la fin des rapports sociaux contraints, ce qui était appelé ailleurs “socialisation”.

      Alors à tous ceux qui se félicitent de cette “libération” qui n’est qu’un enchaînement supplémentaire à une norme de consommation, ce retour à un actif unique, quel qu’il soit dans le couple je le répète, devrait être envisagé sans le recours à des clichés. Éducation, accompagnement scolaire, économie domestique : jardinage, conserves, confitures, enfin, fouillez vos souvenirs… ça manque pas ça ? Plutôt que d’aller marner pour faire des trucs inutiles et nuisibles ?

      La véritable question soulevée par Jean Baptiste étant : est-il normal qu’un seul salaire ne suffise plus à faire vivre une famille et quelles sont les conséquences (positives cf Emma ou négatives cf JB ou moi) sur les autres domaines de la vie d’un couple qui, au passage, n’est pas nécessairement hétéro, dans ce cas-là, on fait comment ?!

      Mais 50/50 ça marcherait aussi…

      Pour ce qui est des points marqués facilement auprès des dames en refusant de réfléchir objectivement à la question, je renvoie ces messieurs aux tâches qu’ils n’accomplissent pas, et moi, si ! 😉

      Bonne soirée !

      https://youtu.be/jzmQcdw9IPU

  4. C’est du “mansplaining dans le mansplaining”. (explication d’un homme sur les difficultés de l’explication d’un homme [telles que démontées par S. de Beauvoir] sur les difficultés de la vie, disons)
    Mais dans le cas de figure, les ennemis de mes ennemis ne sont pas mes amis.

    En revanche, la loi du salaire de survie pour une majorité, afin de garder la concentration des richesses dans un petit nombre de mains, est une constante.
    Pour valider l’outrance proposée, il faudrait vérifier que l’émancipation n’est presque plus à l’ordre du jour et la mobilité sociale vraiment éteinte.
    Dans une telle limite, on serait en effet pas très loin de la logique paternaliste de Speenhamland, le système qui proposa un “revenu gratuit” aux ouvriers anglais en proportion du nombre de bouches qu’ils avaient à nourrir (entre 1795 et 1832, donc en plein début de révolution industrielle au R.U.), mais mais … à condition qu’ils restent dans la paroisse de leur ressort et dans le métier que la vie leur a assigné au moment de se soumettre à ce système. Donc gel total de l’émancipation et fabrication d’une trappe à pauvreté associée à l’oisiveté, qui laissera deux siècles de traces (jusqu’à ce jour donc) dans les attitudes idéologiques anglaises. (Source : Karl Polanyi, La Grande Transformation + wiki “Speenhamland”)

  5. Scandale actuel que peu ont relevé, il s’agit de l’opposition de l’Exécutif à tous les amendements présentés concernant la nouvelle loi concernant la réforme de l’allocation adulte handicapé.
    L’Exécutif a pour cela procédé à un vote bloqué, avec bien sur, l’approbation quasi unanime de ses députés ’play Mobil’ selon l’expression de François Ruffin… 🙂
    https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/deconjugalisation-de-l-allocation-adulte-handicape-a-l-assemblee-le

    4
  6. Une autre manière de décrire l’évolution du statut de la femme, est de constater que le travail salarié réduit le temps qu’elle consacre à l’éducation de ses enfants pour donner corps à la famille, même si le marie qui travaille lui aussi peut suppléer partiellement à cette tâche, par contre elle contribue à faire fonctionner la machine capitaliste foncièrement compétitive et égoïste contribuant à réduire la composante Philia dans nos sociétés occidentales.
    Ce lien “qui n’a pas de prix” tombe dans la catégorie des services et se retrouve soumis aux lois du marché que détiennent les capitalistes.
    L’effet collatéral de la lutte des femmes pour obtenir un statut d’égal à égal avec les mâles, c’est la marchandisation de la Philia.

    1
  7. Mouais …Y a encore du boulot .

    Je ne suis pas certain de comprendre clairement ce que ce billet a voulu signifier . En tous cas , il n’a rien démontré .

    Une femme n’est pas un homme . Un homme n’est pas une femme . Mais cela ne les prédestine pas . Ils sont ” libres et égaux en droits “selon nos convictions républicaines …et selon Jésus Christ ( et les femmes ne s’y sont pas trompées qui sont le principale vecteur de la diffusion de la nouvelle doctrine ).

    L’égalité proclamée n’est atteignable qu’en ayant les outils de l’indépendance de chacun . En Libéralisme philosophique et en chrétienté cette indépendance ( liberté) est garantie par la “propriété individuelle” . Dans nos société “l’appropriation” se fait par le “revenu” . C’est donc très naturellement en s’assurant un revenu personnel par le travail que les femmes garantissent leur “affranchissement” de la servitude aux hommes ( dont certains passent outre par la force violente , cf féminicides).

    Certains couples partagent suffisamment de respect mutuel pour mutualiser un ou deux revenus et ce sont les plus solides et heureux .

    Un bon nombre font ” banque à part” et ça peut marcher .

    Ceux que la gestion du budget commun divise , sont inquiétants . C’est sans doute chez eux que la répartition des tâches ” d’intérêt commun” est alors source conflictuelle permanente .

    Il est exact que la “charge mentale” des activités ménagères est majoritairement plus lourde du côté féminin , même si c’est largement moins pire qu’autrefois . Selon moi , c’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi les divorces s’initient le plus souvent par les femmes qui en ont ” ras le bol” quand leur compagnon s’installe dans son petit confort bourgeois sans même reconnaitre qu’elle les porte à bout de bras . Ils n’ont alors que ce qu’ils ont mérité . On peut juste espérer que les enfants sont déjà assez grands pour ne pas continuer à peser sur leur mère .

    Les mères comme les pères ont un rôle pour donner des fils et des filles qui respecteront leurs compagnes et compagnons plus tard . Il me semble que c’est paradoxalement plus facile dans les familles nombreuses ,où la nécessaire participation générale à la marche de la maisonnée est requise de facto .

    PS : Si on veut dépasser le débat mal engagé de la relation homme femme par le travail , c’est bien en fait le sujet du travail en tant que support de liberté qu’il faudrait poser , et les acteurs du problème ne se limitent alors pas à un conflit des sexes .

    2
  8. Le vrai combat féministe aurait simplement consisté à exiger que les femmes (ou les hommes) dites “au foyer”, dont le job est souvent (pas toujours) 20 x + exigeant que d’oeuvrer (tout en laissant les gosses à la nounou et le ménage à tel ou tel employé domestique émigré d’un pays plus ou moins lointain) touchent un véritable salaire, et pas un salaire de misère, mais bel et bien un véritable salaire.

    Le vrai machisme était là, dans le fait de ne pas considérer, statutairement, le travail de la femme au foyer comme du vrai “travail” (sous prétexte que, soit disant, il “allait de soi'”, était “naturel”, ne requiérant aucun “métier” – la transmission des savoirs, tout ça tout ça…).
    Machisme reconduit – tout particulièrement en France – au coeur du féminisme même, en mode turbo.

Les commentaires sont fermés.