Veille effondrement #18 – NOM DE ZEUS ! Constat désabusé, par Moustache

Parmi tous les romans d’anticipation qui ont imaginé à quoi ressemblerait notre vie dans une société hypertechnicisée du futur, il y a « Ravage » de Barjavel, peut-être le plus « visionnaire », et « Un bonheur insoutenable » d’Ira Levin, dans la lignée du « Meilleur des mondes » d’Huxley, mais moins désespérant car on y trouve aussi une utopie « kropotkinienne » contrebalançant (un peu) la dystopie technoscientifique.
Hélas ce grand livre d’essence libertaire est aujourd’hui récupéré et enrôlé dans une pathétique croisade contre la vaccination et le passe sanitaire par des imbéciles fanatisés.

C’est aussi le cas de « 1984 » de George Orwell, très souvent très mal lu. S’il était parmi nous, Orwell critiquerait sans doute durement non pas la prétendue « dictature sanitaire », mais bien plutôt l’infantilisme de l’ex-citoyen devenu consommateur, qui ne sait que se plaindre quand on lui demande un effort. Pour reprendre le titre étonnant d’une BD de Martin Veyron, « Ce n’est plus le peuple qui gronde, c’est le public qui réagit ».

Spartiate face à l’adversité, Orwell a soutenu l’effort de guerre prôné par le conservateur Churchill – alors que lui-même était un authentique socialiste démocratique – , parce qu’il avait compris que la terrible situation ne laissait pas d’autre choix.

Mais autres temps, autres mœurs, la société marchande surdéveloppée nous ayant tous rendus (plus ou moins) mollassons, capricieux et irrationnels, nous manquons cruellement de l’état d’esprit combatif nécessaire pour affronter une crise grave.

Tous ces pseudo-révoltés qui défilent contre une prétendue dictature, un prétendu apartheid, qui vont, les salauds, jusqu’à s’épingler une étoile jaune ! « Ça ose tout les cons, c’est même à ça qu’on les reconnaît. »

Les gens de bonne volonté se doivent de dénoncer cette INDÉCENCE SINGULIÈRE majeure, qui est à l’opposé de la DÉCENCE COMMUNE minimale que chérissait Orwell, et qui révèle un abaissement moral inquiétant des « foules solitaires » au sein des sociétés ultramodernes.

« Comment rendre les gens conscients de ce qui se passe en dehors de leur petit cercle, voilà un des principaux problèmes de notre temps… »

Orwell posait ainsi la question qui fâche, celle que les démagogues de droite comme de gauche ne veulent surtout pas poser.

EN PLEINE PANDÉMIE MONDIALE, tout le monde devrait comprendre que porter un masque, éviter les contacts physiques, se faire vacciner, ce n’est pas seulement se protéger soi-même, c’est aussi protéger autrui.

Ce n’est pas une question de liberté individuelle, c’est une question d’intérêt général, une question de décence commune, pour le dire comme Orwell.

À la fin du XXe siècle, l’immense penseur que fut Cornelius Castoriadis constatait très justement : « Tout a été déjà dit. Tout est toujours à redire… L’humanité semblerait sourde. Elle l’est, pour l’essentiel. »

Alors quoi ? Nom de Zeus ! On n’est pas sortis de l’auberge…

Un simple citoyen (13 août 2021)

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30 réflexions sur « Veille effondrement #18 – NOM DE ZEUS ! Constat désabusé, par Moustache »

  1. On a le Peuple que l’on mérite en tant que dirigeant mon petit Moustache ! Et Lycée de Versailles.

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    1. Pour la défense du peuple, c’est pas en prenant les gens pour des cons, comme le font les politiques depuis un certain temps déjà, mensonges, reniements en tout genre et mépris de classe, qu’on les rend plus intelligent !

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      1. Je serai toujours du côté des gens qui braillent et qui même maladroitement utilisent de mauvais arguments et laissent éclater leur colère en se trompant de cible que du côté de cette bourgeoisie bobo ou conservatrice méprisante et débile qui se croit détentrice de la rationalité et de l’évidence alors qu’elle défend uniquement ses intérêts et son mode de vie d’exploiteur pollueur.

        Vivent les manifestations citoyennes chaque samedi, que vivent les ronds points ! Que les gens s’approprient encore et encore leur liberté d’expression et d’action, c’est très positif cela. A nous, aux intellectuels, d’expliquer le sens et les voies à prendre pour éviter que la foule soit bête et méchante !

        La Révolution Française et la Commune n’ont pas démarrée dans un élan de pureté idéologique primordial mais sur des considérations bien plus bassement matériel et d’exaspération.

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  2. Si l’intérêt général et la « DÉCENCE COMMUNE » en sont réduites au court-termisme d’une campagne de com’ vaccinale faisant face à une crise sanitaire et/ou « peur d’avoir peur » de ne pas atteindre « l’immunité collective », que même la science n’est pas capable de résoudre en disant « sans équivoque » qu’elle est issue, la crise… autant d’une cause nuisible des activités humaines – zoonoses, ou accidents de manip ? – que de sa gestion ultralibérale qui risque de provoquer comme conséquences nuisibles pour l’espèce… des effondrements en cascades… alors allons y gaiment dans ce sens…

    « L’abstentionniste sera t-il le prochain premier parti de France… ?

    Si la vaccination ou les doutes incertitudes, indécisions n’ont pas réussi à avoir raison de votre mémoire, vous rappelez vous de comment la macronie, et droite extrême/extrême droite, « complices du pire » ont calmé le jeu de la dérive polarisante que les Gilets jaunes, sont censés avoir comme coulpe à battre… ?

    Une prime de 90/mois distribuée à qui des plus précaires, pauvres en activité, fut réagir le personnel des services publics des CAF, qui s’inquiétaient à l’époque déjà de manquer de moyens, temps et personnels pour répondre aux problèmes de NON RECOURS non résolus – qui concernent autant la non redistribution du soit disant « pognon de dingue mis dans les minimas sociaux, qui fait que les pauvres le restent et se déresponsabilisent » au cas de « discriminations systémiques » impunies, commises à l’embauche, à l’accès aux logements, dans les brutalités commises lors des contrôles aux faciès, « manifestations interdites », par une partie du personnel du « monopole de la légitime violence de l’État » votant à plus de 50 % pour l’extrême droite.

    Alors qu’aujourd’hui, en cette période estivale, des manifestations inédites mobilisent ce que la macronie tente de caricaturer péjorativement derrière des anti-vax, et anti-pass et anti- Macron – qui prétendant qu’il n’y a pas lieu de politiser la vaccination et son « pass… » réduit toute notion de dialogue et débat démocratique à « l’État d’urgence sanitaire » et les pleins pouvoirs qu’il accorde aux dirigeant.e.s du public s’inquiétant seulement de comment lutter contre la menace de justice sociale et « sociétale »… – bien des doutes, incertitudes, indécisions et incrédulités… s’expriment…

    Les « libertés » étant brandies en étendard que choisie la macronie de dénaturer, d’attaquer prioritairement, pour prétendre que qui est contre la vaccination, le « pass… » et la macronie, est contre l’atteinte de « l’immunité collective » pour pouvoir « sauver des vies »… ont beau jeu derrière le confusionnisme que ces mobilisations expriment…

    Mais la réalité factuelle n’est-elle pas toute autre, lorsque derrière le jeu des « Libertés » auquel « on » nous invite de jouter, pour entretenir le mythique duel électoraliste opposant la macronie à l’extrême droite/droite extrême… le principe de « rupture d’égalité » (qui induit le délitement de la fraternité, de la solidarité…) que le « pass… » et l’accès au nombre insuffisant de « munitions vaccinales » pour immuniser toutes et tous « en même temps » dans le monde entier… est en train de croître… ? Qui refusent que les « vaccins… » médicaments … soient enfin passés en licence libre, comme le suggère le président des USA (M. Biden) et combien d’autres pays pauvres, émergents, ne prétendent pas de la même manière que les services hospitaliers ne manquent pas de lits de réa, pour justifier de rappeler au travers de « plan blanc » des soignant.e.s au bout du bout avec l’obligation vaccinale ?

    Distribuer une prime de 90 euros/mois à qui des Gilets jaunes, ne voulait pas plus entendre parler, que de croire aux aggravations d’inégalités territoriales, scolaires, « de destin », à la hausse et amplification de la pauvreté (de plus en plus de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, qu’elles soient en activité ou pas. Plus de 400 SDF et réfugié.e.s climatiques, de guerre, « économique », meurent chaque dans nos rues.) entre milieux ruraux, milieu périurbains… cités et quartiers sensibles… et « grandes agglo » avec leur dispositif anti-SDF, etc. … logements airbnb, etc… et n’avait rien à foutre des risques du dérèglement climatique, de la perte de la biodiversité, et autres conséquences « sans équivoques » des activités humaines réconfortées, par les guerres commerciales, monétaires, de « civilisation », la « compétitivité » démographique, et un consumérisme de plus de trois planètes par ans, quand vivre dans la misère des bas salaires, « boulots de merde », le frustrait et frustre encore plus désormais (« Fin du monde/fin du mois »), est-ce que « ça mange autant de pain », que d’arrêter les politiques d’austérité, de « réformes structurelles néolibérales » du droit du code du travail de la médecine du travail du conseil prud’homal, et des services publics hospitaliers, risquant à nouveau la saturation en période ou celles et ceux des soignant.e.s des plus précaires, dans les DOM TOM… furent applaudi.e.s – propositions programmatiques « abstentionnistes » du duel mystifié… ?

    Combien coûte à la macronie et à l’extrême droite/droite extrême de défendre l’idée de vacciner prioritairement les 12/17ans, et d’inoculer une troisième dose aux « primos vaccinés », aux « publics prioritaires » (« premiers servis » et derniers à défendre les non vacciné.e.s) à risque… quand nombre des non vacciné.e.s de la « majorité silencieuse » manifestant tellement de doutes, incertitudes, indécisions, qu’elle est incapable de les formaliser sans « représentativité » politique, médiatique, réelle… qu’elle cumule tellement de facteurs multiples de comorbidité aussi inconnues que les effets secondaires à moyen et long des « vaccins… » (malbouffe, pesticides, herbicides, etc) et pathologies chroniques mal soignées et suivies… qu’elle ne peut que craindre que le « tri sélectif » des patient.e.s hospitalisé.e.s dans des services saturés… ne les épargne pas plus que celui « tri sélectif » des citoyen.e.s « zélé.e.s »… se chargeant de contrôler les « pass… » sans avoir les pouvoirs juridiques, civils de le faire (le personnel du « monopole de la légitime violence de l’État » votant à plus de 50 % pour l’extrême étant exempté et de l’obligation et du « pass… »)… ?

    Et combien cette « externalisation » de la négativité du coût/coup politique, rapporte aux « marchés », et aux parieurs spéculant sur la gestion de stock en flux tendu, et hausses… de prix d’une troisième inoculation vaccinale, de « l’utilité » du masque, des gants, blouses, respirateurs, oxygènes de réa, réactifs de tests (bientôt payant), tous biens communs essentiels à l’intérêt général et sa santé publique en rien décorrélée de la nuisance « sans équivoque » de la financiarisation du vivant… gagnant toujours plus sur les hausses de prix des « dépenses contraintes » (comme les besoins de subsistances que sont les denrées alimentaires, produits hygiéniques, énergies, transport, logement, connectivité…) et ne perdant jamais en cas d’effondrement des « marchés » (« socialisation des pertes, et privatisation des profits »)… ?

    Si la « peur d’avoir peur » qu’il puisse demain exister un « contrôle social » de leur comportement suspecté d’être « déviant », et façon de penser, motive les manifestant.e.s du week-end… est-ce que « consentir » à reculons de se faire vacciner, pour obtenir le « pass » afin d’éviter la suspension de salaire, le licenciement aussi incertain à moyen et long terme, que la résistance être pouvant mobilisé dans l’indépendance du conseil prud’homal et la justice… et autres problèmes avec les « primos vaccinés zélés », peut les « réconcilier » au fait d’avoir moins peur que le contrôle soit « sociétal »…? »

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  3. « pathétique…
    imbéciles fanatisés…
    infantilisme…
    mollassons, capricieux et irrationnels…
    salauds…
    cons… »

    Tous.
    Tous.
    Tous.

    C’est votre conception de la décence commune ? Je vous la laisse.

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  4. Il y a une sorte de clivage imbécile maintenant bien installé. Ceux qui manifestent sont des antivax individualistes qui font le lit du complotisme et la chienlit de l’extrême-droite. Ceux qui plaident pour la vaccination, même obligatoire, sont les complices de la dictature Macroniste et du lobby Big-Pharma et de la Haute bourgeoisie financière.
    Des deux côtés, il y a une sorte d’aveuglément qui se renforce au-delà de toute limite.
    Les manifestants se réclament du refus d’un pouvoir méprisant. Ils ne sont pas clivés anti-vax provax, mais surveillance / contrôle de la vie privée et privation des libertés élémentaires, sans débat parlementaire, en exerçant un chantage à l’accès aux retrouvailles sociales. Ils sont dans une ligne de défense des petites gens, contre les écotaxes, contre le 80 à l’h, contre la casse de l’hôpital, le désert médical, etc. Globalement, contre le recul social. Qui ne veut pas le voir ? Qui manifeste son mépris sans vergogne sur ces gens-là ?
    Mais les gens vaccinés ne sont pas pour autant des macronistes. Ils ont fait un choix de la protection collective, ou de leur protection individuelle, dans un contexte d’inefficacité de l’Etat dans la « guerre » contre le virus. Ils l’ont considéré comme le moindre mal pour un retour à la vie « normale », ce qui est aussi espéré sur le plan social et économique.
    Le problème c’est que « les petites gens » n’ont plus aucune confiance dans les institutions, qu’il leur parait sain d’être abstentionniste ou même votant du RN. Et que personne ne les représente effectivement.
    De ce point de vue, le mépris affiché est contreproductif. Et que l’on ait une gauche dans le camp de la surveillance et de la répression et une population dans le camp de la droite extrême est une façon de se fourvoyer totalement qui envahit l’opinion dans sa totalité. Il faut en sortir ! si ce n’est pas trop tard.
    (Je recommande le film « Retour à Reims – fragments ». Pour comprendre ce qu’il s’est passé dans la confiance des petites gens après le travail idéologique contre le PCF de Georges Marchais)

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    1. Les opposant confondent tout.
      Sur la surveillance:
      Ils se gavent de réseaux sociaux qui les profilent à foison mais ont peur d’un fichier, pourtant public et dûment encadré et d’obligations sanitaires.
      Sur la notion de biens publics commun: ne réalisent pas que la santé de Tous leur est indispensable pour la vie en société.
      Sur le principe des vaccins: Ne réalisent pas que le vaccin est le seul moyen efficace pour se protéger et protéger les autres, allies à des gestes barrières simples même si casse pied sauf à reconfiner strictement.
      Se sont donc des individualistes voire des égoïstes.
      Et comme ils sont souvent pris dans des cercles d’informations fermés et truffés de mensonges ils ne réalisent pas le danger et la souffrance auxquels ils s’exposent ou dont ils seront responsables (coupables) pour autrui.
      Ils rejettent le vaccins parce qu’ils l’associent à tort au modèle economique (capitalisme +libéralisme) parce que (oh surprise) si une entité économique (ici des entreprises privées) réalisent un bien utile indispensable à la société (les vaccins et ou médicaments) cela généré (oh surprise) des profits énormes.

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      1. Vous confirmez le clivage que je décris.
        Votre agressivité vis-à-vis des autres est explicite.
        Votre argument en votre faveur (« le vaccin est le seul moyen efficace pour se protéger et protéger les autres, allies à des gestes barrières simples même si casse pied sauf à reconfiner strictement ») est bien ce que je dis : Il ne se comprend que dans un contexte d’inefficacité de l’Etat. Il ne convaincra pas les autres, donc vous écrivez « Ils ne veulent pas comprendre que le vaccin est le seul moyen… »

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        1. Vous vous méprenez, il n’y a pas de mépris dans mon propos ou ce que je pense des anti passe sanitaires ou des anti vaccins (ce second groupe étant inclus dans l’autre).
          Et je pense que c’est une caricature que de reduire cette opposition aux manifestants comme du mepris, ou une compromission de classe ou d’identité politique.
          En ce qui me concerne Plutôt de la colère contre la partie libertaire-cadres sup et de la tristesse pour les autres.
          Je ne pense pas que le clivage que vous évoquez soit réductible à court terme sur le sujet, notamment parce qu’ Emmanuel Macron est un des acteurs principaux et qu’il cristallise le rejet (pour de très bonnes et de très mauvaises raisons).

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  5. Quand on ne peut pas se faire vacciner
    Vers le 15 juillet, je suis allée voir mon médecin pour faire un rappel antitétanique(tous les 10 ans et je pars habiter à la campagne en septembre)
    Il me fait un vaccin regroupant plusieurs autres
    Je me suis retrouvée couverte de petites cloques pendant quelques jours.
    J’en parle au chirurgien qui doit me faire une hanche toute neuve et ne voit pas de contre-indication(opération : 19 juillet)

    au bout de quelques jours , j’ai des boutons qui grattent et brûlent (je suis déjà en rééducation)
    là, on me donne des cachets pour les allergies médicamenteuse (à tout hazard) et cela fonctionne
    Maintenant, comme je ne sais pas à quoi je suis allergique, on me demande de faire des tests
    (6 mois de délai à lyon sud)
    et un mot de mon médecin généraliste (qui n’a rien vu)
    la secrétaire du médecin (qui a vu les boutons) m’a dit que celui-ci me rappellerai , cela doit faire plus d’une semaine et à d’autres chats à fouetter et est en général injoignable
    J’ai donc abandonné l’idée de me faire vacciner

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    1. Ca vaut peut être le coup de continuer d’essayer d’avoir un avis medical de votre généraliste sur le bénéfice risque dans votre situation plutôt que de renoncer. La période estivale explique peut être ce retard de sa part.

  6. Chronique du Trégor…

    >> « Des deux côtés, il y a une sorte d’aveuglément qui se renforce au-delà de toute limite. »

    Bonjour j’ai bien apprécié cette notion d’aveuglement ou d’enfermement réciproque, qui conduit à une opposition bien trop radicale des esprits. Au coeur de la cité, dans le bistrot hétéroclite ou tout le monde se retrouve, il y eu des effets de manches, des mots vaches des insultes et certains habitués, après avoir explosés, ne sont plus là. Cela fait un vide. Et pourtant ils sont encore accueillis sans controle avec bienveillance.

    >> « Les manifestants … ne sont pas clivés anti-vax provax, mais surveillance / contrôle de la vie privée et privation des libertés élémentaires… Ils sont dans une ligne de défense des petites gens… globalement, contre le recul social.

    A la permancence anti-pass, face à la mairie, chaque soir (c’est peut etre une spécificité de la région assez engagée) c’ est un lieu d’échange sur la démocratie etc.. on y retrouve les acteurs des gilets jaunes. Et aussi une NRJ plus provoc comme le panneaux « les motards ont plus de kougnaman que les bistrotiers! » en référence à l’abandon du contrôle technique des 2 roues.

    La police est passée : une brigade sympa qui a pris le temps de lire et d’échanger. Je les ai remercié de leur bienveillance pour certains concerts, plus fest noz que concert, avec ses danses en rondes, il y a peu sur la place devant la mairie…
    Ils semblent dépassés. Quand j’ai évoqué le renforcement du pass selon une missive du prefet à suivre, (plus de limite basse des 50…) il est clair qu’ils ne pourront pas suivre et qu’ils n’en ont pas comment dire? le désir!

    Alors?? ca fera probablement une sorte de simulacre car si nombre de citoyens vont respecter, il n’y aura pas de controle, ou pas assez pour que cela soit crédible, et le peu de non vax qui se trouveront dans le tas, auront plus de chances de se prendre un vent, car entre « okpass » il n’y aura plus de distanciation…

    En conclusion, je ne comprends toujours pas pourquoi le gouvernement s’est mis dans une telle galère, d’autant que en mode hors pass il y a les écoles pour l’instant les entreprises, métros.. trains de banlieue.. magasins.
    Je trouve la solution suisse (pas de pass mais maintient des distances pour tous) plus réaliste (car on n’en sait a priori pas encore assez sur la transmission entre vaccines) et politiquement bien plus repectueuse de l’égalité, sachant que le sentiment d’injustice est un très puissant détonateur 🙂

    (Et la je me demande qui sont les stratège conseil du grand manitou.. )

    Dites moi ce que vous en pensez, si je me trompe.. 🙂 remettez moi dans le droit chemin, amen!

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    1. Merci de ce témoignage concret (comme aussi celui de Josette juste dessus). Et de votre expression « ca fera probablement une sorte de simulacre  » : c’est juste cela ! C’est une guerre (sans moyens) pour sauver le simulacre…

  7. Voir les romans de John Brunner :  » Sur l’onde de choc (1975) » ,  » Le troupeau aveugle (1972)  » et  » Tous à Zanzibar (1968) . Une trilogie dystopique à l’époque devenue documentaire . Comme les films  » Soleil vert (1973)  » ou  » Idiocracy ( 2006)  » .

  8. Réflexion N°1 comme cela en passant : Utopie ? Tout serait utopique pour qui ne songe même pas à user du terme pour qualifier le capitalisme.

    N°2 . Redéfinir le mot démocratie. Pour cela tresser ensemble les deux notions suivantes plus sans doute quelques autres.
    Car les citoyens en réclamant qu’on ne touche pas à leur liberté, ce que l’on peut comprendre et avec quoi on est d’accord, réclament peut-être surtout le droit d’être informés, de penser et de participer aux prises de décisions

    – Dans son Anti-manuel d’écologie, Yves Cochet s’inspire d’un auteur dont j’ai perdu le nom pour expliquer que :
    L’interaction spéculaire permet de comprendre que l’individu averti de la catastrophe ne se demande pas s’il veut changer sa vie mais ce qu’il ferait au cas ou un certain nombre d’autres le feraient aussi. Il ajoute que les dirigeants du monde se demandent si leurs amis et leurs rivaux politiques partagent ou non la croyance de l’imminence de la catastrophe

    – S’inspirer aussi des conférences de citoyens ou de consensus. Relire articles de Jacques Testart.
    Il faut croire aux vertus des conférences de citoyens ( ou de consensus) qui offrent cette remarquable et stupéfiante particularité de rassembler sur des conclusions quasi unanimes, dans l’intérêt général, des personnes aux intérêts a priori divergents à qui on a pris soin de donner une formation de haut niveau.
    Si les gouvernants ne les organisent pas – de toutes façons ils les ignorent quand ce n’est pas pire ( voir convention climat ) – que les citoyens s’emparent donc de l’idée et les organisent eux-mêmes.

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  9. pour fonctionner correctement , homo-sapiens a manifestement besoin d’un équilibrage plaisir-déplaisir légèrement>1
    cet équilibre s’est rompu au XIXeme et a été acté début du XXeme quand certains ont pu mettre en œuvre diverses abominations …..
    depuis , dans une anthropocène « effondrée » (et non pas en voie d’effondrement) , chacun s’invente des dérivatifs pour se détourner du réel qui ne nous ne fera pas de cadeau.
    nous sommes depuis 2007-2008 , dans le sauve qui peut , donc aucune action collective de survie n’est possible.
    l’anomie s’installe , l’adaptation individuelle ou de groupes partiels se fait en fonction des moyens accessibles à chacun d’entre eux (allusion aux différents discours écolo-centrés , souvent anti-nomiques).
    la gestion de cette pandémie en est un éclatant exemple +++
    les solutions ont pu exister , les hommes ne s’en sont pas saisies … car cette satanée « pulsion de vie » l’amène au seul crime que sa psychologie lui permets : « la légitime défense » . l’idéologie « capitaliste  » vit de ce fond de commerce comme d’autres systèmes d’exploitations antérieures et futurs comme peuvent l’imaginer certains pour le futur proche .
    cette psychologie est devenue trop archaïque pour lui permettre de regarder un peu astucieusement les choses et envisager des solutions qui devront être totalement révolutionnaires , au sens où homo-sapiens a fait le tour de lui-même et ne sait plus que faire avec ces vieilles idéologies devenues « circulaires » , ne produisant plus d’attitudes permettant de construire autre chose que cette satanée répétition.
    Copernic , où es-tu ? pour nous amener à considérer que ni la terre , ni même maintenant le soleil ne sont des références fiables ….
    Nous sommes déjà tombés au pied de la falaise de Senèque ….

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  10. « Etoile jaune » suivi d’un bon mot de Michel Audiard dans la même phrase ; faute de goût ou humour noir?
    https://www.lexpress.fr/culture/des-ecrits-antisemites-de-michel-audiard-exhumes-70-ans-plus-tard_1951887.html
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    René Barjavel / Si j’étais Dieu…
    « Si je mets dix hommes sur une île déserte, la loi d’attraction va les rassembler en deux groupes, et la loi d’opposition leur inspirer des idées absolument contraires sur la façon d’organiser l’île. Si un groupe pense « nord », l’autre groupe, par réflexe immédiat, pensera « sud ». Et ils commenceront à ramasser des cailloux pour se convaincre réciproquement en se les envoyant sur la figure. Si un des deux groupes se montre plus fort et absorbe l’autre, une force d’opposition va naître en lui, grandir et le couper de nouveau en deux ou en plusieurs morceaux. C’est la loi! Ce n’est pas cela qui fait le malheur des hommes. Ils pourraient entre l’attraction et l’opposition, trouver un équilibre et vivre en paix, comme le soleil et les planètes. Ce qui les rend malheureux, c’est le bonheur. L’idée qu’ils s’en font, et de besoin de l’attraper. Ils s’imaginent qu’ils sont malheureux aujourd’hui, mais qu’ils pourront être heureux demain, s’ils adoptent certaine forme d’organisation. Chaque groupe a une idée d’organisation différente. Non seulement il se l’impose à lui-même, à grande souffrance, mais il cherche à l’imposer à l’autre groupe, qui n’en veut absolument pas, et qui essaie au contraire de lui faire avaler de force sa propre cuisine. Et chaque individu croit qu’il sera heureux demain, s’il est plus riche, plus considéré, plus aimé, s’il change de partenaire sexuel, de voiture, de cravate ou de soutien-gorge. Chacun, chacune attend de l’avenir des conditions meilleures, qui lui permettront, enfin, d’atteindre le bonheur. Cette conviction, cette attente, ou le combat que l’homme mène pour un bonheur futur, l’empêchent d’être heureux aujourd’hui. Le bonheur de demain n’existe pas. Le bonheur, c’est tout de suite ou jamais. Ce n’est pas organiser, enrichir, dorer, capitonner la vie, mais savoir la goûter à tout instant. C’est la joie de vivre, quelles que soient l’organisation et les circonstances. C’est la joie de boire l’univers par tous ses sens, de goûter, sentir, entendre, le soleil et la pluie, le vent et le sang, l’air dans les poumons, le sein dans la main, l’outil dans le poing, dans l’oeil le ciel et la marguerite. Si tu ne sais pas que tu es vivant, tout cela tourne autour de toi sans que tu y goûtes, la vie te traverse sans que tu retiennes rien des joies ininterrompues qu’elle t’offre. »

    du même en 1973
    « Mais la crise actuelle est un avertissement. Elle montre à tous ce que j’ai écrit dans Ravage il y a trente ans : la VIE même de notre société dépend de l’énergie. La fin de l’ère du pétrole arrive sur nous à la vitesse du Concorde. Si nous ne nous hâtons pas de préparer ses lendemains, un jour tout s’éteindra et s’arrêtera, et nos enfants, après une crise terrible qui résoudra le problème de la surpopulation, retrouveront le cheval et l’âne, et cette forme essentielle de l’énergie qui s’appelle l’huile de bras. Peut-être est-ce là le véritable progrès, celui que cherche et pressent une partie de la jeunesse. Mais elle risque de le payer abominablement cher. »

    1. Deux écrivains, qui furent aussi deux collabos à leur manière. Beaucoup d’artistes, et notamment issus de milieux populaires, sont passés de la dénonciation de la misère à la collaboration, recherchée et soutenue par les allemands (ici aussi en Belgique occupée).
      Puis l’éponge est passée et la carrière est (re)venue.
      Le texte de Barjavel commence bien, sur le clivage, mais passe à l’individualisme puis au bonheur de l’instant…

      1. Bonsoir, je ne connais pas beaucoup de griefs à l’encontre de Barjavel en raison d’une « supposé » collaboration. J’ai vu passé les qualificatifs de « Pétainiste » et « réactionnaire » au motif qu’il aurait développé une idéologie du retour à la terre. Mais personnellement je ne lui jetterai pas la pierre pour cela.
        Quant à sa définition du bonheur « individuel », tout le monde peut bien la partager sans que cela ne cause de tort à personne. Donc cela me va aussi.
        Globalement j’ai ramené cette citation sur l’inévitable division des êtres humains entre eux car:
        -cela soulage de se dire que c’est inévitable
        -et que votre commentaire plus haut m’y a fait penser.
        Mais ce que dit également Barjavel c’est qu’une forme d’équilibre doit être possible et c’est là qu’on attendrait nos représentant. Or la machine à diviser la société a encore donné un grand coup avec le passe sanitaire. Ma réaction à chaud avait été la suivante:
        « On aurait pu reprendre le terme “Billet de Santé” mais pour être en santé le vaccin n’est pas une condition suffisante, car l’usage veut que pour recevoir un “Billet de Santé” il faut ne pas être potentiellement contagieux, or avec le passe sanitaire vaccinal il n’y a pas de preuve. Il faut donc le considérer comme un passe-droit car vous n’avez pas le droit de potentiellement contaminer les autres sauf si vous êtes vacciné. »

        Mais sans doute que mes espoirs sont vains et que la conciliation des différentes parties est impossible dans un monde en contraction. Donc mieux vos hacher menu la société, ce sera plus facile ensuite pour la décimer.

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      2. « Deux écrivains, qui furent aussi deux collabos à leur manière.  »

        Jusqu’en 42/43, il n’y avait que des collabos à leur manière en France, surtout par passivité… On attend que ça passe et que d’autres fassent le boulot.

        Les résistants passifs ou actifs sur le territoire étaient une extrême minorité, et ceux qui ont pris le maquis encore moins.

            1. Il n’y a pas de collaboration passive, la collaboration nécessite une action, pour atteindre un objectif. Un procureur de la partie adverse aurait sans aucun doute demandé une condamnation pour résistance passive.

              1. Ah bon

                Ne rien faire vous classe dans quelle catégorie ?

                Par exemple ne rien faire actuellement pour changer la société dans la lutte contre le réchauffement ou la pollution ?

                Soyons claire ne rien faire vous classe de facto dans le camp des abrutis. Non ?

                C’est pareil pour la 2 WW …

                Je ne réclame pas de peine ni n’émet un acte d’accusation mais je nomme les choses

                1. Diable, quel vilain colérique vous faites.
                  Hormis le fait que je n’aime pas beaucoup quand on établit des catégories à la hache genre collabo ou (ou exclusif) résistant. Ca ressemble un peu trop à un procès de groupe et c’est jamais très juste.
                  Je vous dis que si vous voulez nommer les choses il ne faut pas les nommer de manière impropre en mélangeant les fruits pourris et les fruits vert dans le même panier.
                  Vous ne faites qu’accentuer les clivages et c’est contre-productif.
                  Il y a deux types de gens, ceux qui ne catégorisent pas et les autres. 😛
                  Bonne soirée!

  11. Post-scriptum du 24 août à mon Constat désabusé du 13 août 2021
    Ce texte était d’abord une protestation raisonnée contre la récupération révoltante de George Orwell par toutes sortes de complotistes, « antivax » et autres sectaires et illuminés. C’était aussi le simple rappel d’une banalité de base, que d’aucuns semblent méconnaître aujourd’hui : en période de pandémie, se protéger soi, c’est aussi protéger autrui. Ce n’est pas une question de liberté individuelle, c’est une question de santé publique.
    Plusieurs personnes m’ont spontanément et sympathiquement (sympathie : sentir avec) fait part de leur accord avec mon texte. Et j’étais très heureux, et pas peu fier aussi, que Paul Jorion le publie sur son blog ( c’était déjà le cas en 2010 pour mon tract du 1er mai, « Titanic amer ».
    Mais à ma grande surprise, dans les commentaires, c’est l’incompréhension, plus ou moins hostile, qui domine, quand ce n’est pas la mauvaise foi. N’ayant aucun goût pour les polémiques oiseuses, qui ont tant de succès sur le Net, je dirai simplement avec le grand Molière : « Il n’y a point de pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre. »

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