18 réflexions sur « Vidéo – Réhabiliter la psychanalyse »

  1. Pierre Daco était un psychologue-psychiatre …belge , qui est mort assez jeune à peu près quand vous avez terminé votre seconde analyse avec Jullien ( en 1992 ) .
    Je ne sais pas comment vous avez fait pour le louper , car ça a été un des premiers grands vulgarisateurs de la psychologie et de la psychanalyse , et il a été vendu près d’un million de ses deux bouquins qui ont du faire les records de la collection Marabout ( belge aussi ).Son premier bouquin ( Les prodigieuses victoires de la psychologie) , par lui dédié à Etienne de Greef , avait d’abord été édité par Gérard et Cie , Verviers , puis repris en 1973 par Marabout . Le second ( les triomphes de la psychanalyse ) , préfacé par C . Jamont , avait été édité en 1965 par Gérard et Cie puis repris aussi en 1973 par Marabout .
    Entre Freud , qu’il revendiquait comme source initiale , et Jung dont il était clairement adepte et disciple , il essayait je crois une analyse aussi multicritères et multi-approches que possible .

    J’avais lu son premier bouquin en 1962 ( je m’en souviens parce que cette année là j’avais dévoré dans la même période « Les frères Karamazov » en une nuit , et calculé , projeté et construit mon premier pont cadre en béton armé ) ! Beaucoup de choses m’y avaient scotché et pas mal d’autres horripilé ( mais je ferais peut être la lecture inverse aujourd’hui !) . J’ai lu aussi le second vers 1980 mais ça m’a laissé moins de souvenirs et j’imagine que , pour l’un comme pour l’autre , le recul et les nouvelles avancées de la neurobiologie et du fonctionnement du cerveau doivent rendre pas mal de certitudes ou propositions caduques .

    PS : J’espère que vous traitez mieux vos analysants que votre téléphone .

      1. @Hervey

        « Avoir l’oreille fine » : d’où vient cette expression ?

        Paul Jorion a beaucoup écrit, mais comme nous le montre très bien le sujet de cette nouvelle vidéo Youtube, son œuvre n’en est pas moins fortement liée à l’oralité. De fait, tout comme le philosophe Aristote en son temps, Paul Jorion trouve en toute chose le prétexte d’approfondir ses connaissances. Qu’il s’agisse de la psychanalyse et de l’anthropologie bien évidemment, mais aussi de l’économie, de l’intelligence artificielle, de la nature, de la musique, etc. Autrement dit, si Paul Jorion nous reparle de sa rencontre avec Lacan, en 1972, c’est pour mieux souligner que, depuis longtemps (en esprit libre), il dit tout haut ce qu’il pense. Voilà.
        « Et je pose des questions. Je dis, mais moi, il me semble que ceci ou cela… »
        Si bien que, selon Oriol Ponsati-Murlà, « la philosophie d’Aristote est une succession de questions ouvertes et de suggestions qu’il nous appartient à nous lecteurs de compléter, comme si nous étions en train de l’écouter…, prêts à l’interrompre, à lui poser des questions, à l’interroger ou le critiquer à tout moment de son discours. Et n’est-ce pas cela, par définition, la philosophie ? »

        Ainsi, pendant cette étonnante vidéo, le psychanalyste Paul Jorion se met à lire à voix haute… Or lire, comme nous le rappelle Oriol Ponsati-Murlà, signifie en réalité s’écouter, soit lire à voix haute pour soi-même.
        Alors, que dire à notre tour, de ce besoin d’oralité, de dialoguer, de manifester, de témoigner oralement ?
        Et quelle voie entre oralité et écriture semble choisir Paul Jorion ? Une conjugaison des deux, probablement.
        Mais pour nous faire entendre quoi ?
        Comment réhabiliter la psychanalyse, ou bien, comment l’écriture est fortement liée à l’oralité ?

  2. Bonjour Paul,

    …Intéressant! J’ai moi-même suivi une longue analyse (avec des interruptions) avec Christian Demoulin, le psychanalyste lacanien « historique » de ma bonne ville de Liège.

    Une question qui me titille, c’est qu’il ne me paraît pas possible d’entamer un analyse sans une souffrance qui la motive.

    Or, s’agissant des psychanalystes « médiocres », j’en connais, et je les connais bien, au moins deux, dont je ne sais s’ils sont médiocres ou pas, qui ont fait leur analyse pour de prétendus intérêts intellectuels, toute souffrance exclue. Ce que j’appelle ici une prétention intellectuelle est aussi typique d’un certain nombre de diplômés de psychologie, comme si devenir thérapeute était une garantie que l’on se porte bien psychiquement.

    À supposer que ceci soit exact, la voie intellectuelle ou « technicienne » dans laquelle certains s’engagent pour devenir psychanalystes ne pave-t-elle pas le chemin de la médiocrité?
    Ce qui soulèverait une autre question: le ou les psychanalystes plus anciens qui les ont certifiés n’ont-ils pas oublié de questionner la chose?

    Il y a comme une histoire de la poule et de l’oeuf dans cette histoire, qui me paraît valoir aussi pour votre historique de la médiocrité en psychanalyse. La responsabilité des pères.

    So what?

    1. C’est la question de la demande. Un analyste doit refuser une analyse en l’absence d’une véritable demande formulée par un sujet humain adhérant (s’identifiant) aux phrases qu’il prononce. Si quelqu’un me dit dans l’entretien préalable : « J’hésite entre devenir architecte et psychanalyste », je lui répondrai : « Revenez me voir quand vous serez sûr de vouloir devenir architecte ». Vous me direz « C’est une réponse de maître Zen plutôt que de psychanalyste », et je vous répondrai : « Non, mais je suis d’accord avec vous que c’est l’endroit où les deux se confondent ».

      Par ailleurs, si vous me dites « X a été l’analyste de Y pendant n années, et pendant ces n années, Y n’a exprimé aucune souffrance et X n’en a entendu aucune chez Y », je vous dirais : « La singularité a eu lieu ! Les robots intelligents sont parmi nous, laissez-moi vous présenter X et Y ».

  3. Pas fini de regarder et pas beaucoup de temps mais je vais tout regarder.
    Super!
    Je connais enfin un objectif ou l’objet, souvenir de sa vie, enfant, bebe, de la psychanalyse!

  4. Qu’est ce qu’il y a de plus dans « Ce que vous avez dis qu’il l’a siderer », avec autre contexte analogie, etc…? Le dire autrement? Je suis curieux!

      1. 21min21sec, je note pour moi la date.
        Bon je n’ai pas compris et je vous demande pas plus d’informations d’apres ce que vous dites.

        Je vous donne mon hypothese: c’est que vous avez parlé comme quelqu’un qui ne jouait pas un rôle,
        une comédie, il n’en avait pas besoin.

        Je precise, pour les autres, que j’y connais absolument rien a part des livres qui ne m’ont pas inspiré.

  5. Bah, faire de la retape ! votre lecture est péjorative ! C’est aussi le cas par les publications (dont Lacan jouait avec « poubellications ») c’est la demande de reconnaissance du « milieu » (même si ça fait mafieux), cela a des incidences sociales et économiques, jeu de l’offre et de la demande etc. Il fut un temps où il fallait quelque entre-gens pour dénicher un psychanalyste : absent aux abonnés des pages jaunes, pas de plaque professionnelle. Ça fait un bail que les plaques dans la rue signalent des existences, la radio, la Tv, l’internet disent « machin, psychanalyste » la démocratisation est là, mais ça ne dit rien de la qualité du prétendant psychanalyste. Il fut un temps où un rituel convoquait un prétendant et quelques vieux jaugeait du témoignage du prétendant avant de lui attribuer le « label » dont la valeur était limitée à l’association de 1901 où tous étaient regroupés, l’IPA ! Lacan a voulu faire du ménage et a proposé une procédure en 1967 pour « savoir » ce qui poussait certains à basculer de l’analysant à l’analyste…Si l’expérience montée façon usine à gaz, n’a pas manqué de produire des effets divers, macache bono pour en faire un savoir autre que singulier du cas par cas, avec les limites de la fabrique du cas, résistante à l’universalisme, crédo scientifique ! Il fut un temps où on nommait psychanalyse pure ou didactique ce qui se différenciait de thérapeutique, à savoir retour à l’équilibre antérieur ou guérison symptomatique, mais vivre sans symptôme ça n’existe pas, après il y en a d’exploitables, (un bon comptable peut-il échapper au symptôme obsessionnel ?)et d’autres d’embarrassants…(phobie des poules dans une ferme !). D’évidence il existe ce que vous nommez « psychanalyste médiocre » encore que bien malin quand ça ne fonctionne pas de trancher de quel coté la mise a fait défaut, car la « méthode » ne tient qu’à un fil celui « dite(s) ce qui vous passe par la tête » exercice extrémiste quand on a passé une vie déjà à faire attention aux conséquences (face à la famille, aux amis, aux collègues, aux voisins, aux flics, aux juges, aux médecins, aux enseignants, aux supérieurs, aux enfants, aux conjoints etc.). Cette offre de liberté « sous contrainte paradoxale d’impératif (le « s ») n’est pas du goût de tout le monde ! C’est un combat !
    Alors quand vous parlez de psychanalyse « réussie », à l’aune de quoi cette réussite peut-elle être jugée et par quel tribunal de raison ? Terminable, interminable, finie, infinie, vous qui parlez en revendiquant de vous laisser dire par association, ne convoquez vous pas quelque oreille en distanciel pour vous écouter et vous renvoyer sur votre blog mais par écrit, ce qui en est entendu ?
    Ceux qui se sont échiné depuis un siècle à reprendre les cas de Freud pour lire où ça avait coincé ont bien sûr pris appui sur les notes de Freud. Freud notait pour y comprendre quelque chose dans ce qui se passait puis pour en témoigner auprès de la communauté « scientifique ». N’empêche que ça les amenés à devoir vocaliser en viennois la musique des signifiants pour en tirer d’autres effets que la transcription fossilisait. L’orthographe est droite, le signifiant s’éclate.
    Le transfert ça court les rues en aveugle, mais un seul laboratoire sait l’isoler : le cabinet du psychanalyste. Une fois ce transfert là bouclé, il court les rues supposément éclairé !

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    1. Alors quand vous parlez de psychanalyse « réussie », à l’aune de quoi cette réussite peut-elle être jugée et par quel tribunal de raison ?

      À l’aune de la satisfaction du client, comme partout ailleurs, non ? Faisons simple !

      N’est-ce pas la généralisation de l’insatisfaction du client qui a conduit les psychanalystes à vouloir mettre de côté cette vérité élémentaire ?

      Terminable, interminable, finie, infinie

      130 ans de psychanalyse et la question n’a toujours pas été tranchée ?

      Imaginez le plombier qui, à la question : « Quand aurez-vous terminé ? », répondrait d’un air rêveur : « Terminable, interminable, finie, infinie… »

      1. La satisfaction du client…pente consumériste sans la garantie décennale du plombier, car la vie fuit…
        Bien sûr si vous éliminez d’emblée les gros chantiers, les petites fuites peuvent vite trouver une solution, modèle psychothérapie d’inspiration psychanalytique de réputation assez interventionniste avec un cahier des charges borné. L’avantage du client satisfait est qu’il fait de la publicité après la parenthèse refermée. Pas certain que la satisfaction du client trouve en miroir celle du consulté, sinon sous la forme d’un contrat de départ qui a ses apories.
        « pour finir encore et autres foirades » vient après Godot !
        130 ans de capitalisme et la question n’a toujours pas été tranchée ?

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        1. La satisfaction du client… pente consumériste

          Le souci de satisfaire le client précède le consumérisme de plusieurs milliers d’années certainement. Pourquoi ne dites-vous pas plus franchement que le souci de ne pas satisfaire le client a une valeur thérapeutique 😉 ?

          130 ans de capitalisme et la question n’a toujours pas été tranchée ?

          Ah oui ? Vous couvrez d’une même admiration le capitalisme et le freudisme ?

          1. J’aurais tendance à proposer que l’analysant sinon le client devrait pouvoir être considéré comme satisfait ( et l’analyste aussi ) quand son problème est « suffisamment tranché » , trouvant là une application « numérique » d’un des principes socratique : jamais trop .

            Parce que je ne vois pourquoi ayant été malade et guéri , on ne pourrait pas retomber malade .

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