26 réflexions sur « Vidéo – L’affaire Petito : le point »

  1. Monsieur Jorion, étonnantes confidences!!! Merci pour ce témoignage. N’ayant jamais été confronté à ce genre de situation, je me pose la question « comment me serais-je comporté dans ce genre de situation »?
    Personnellement je n’ai jamais rencontré de personnes violentes dans mon entourage proche. Comment est-ce possible? Cela est-il un coup de chance? Une cécité de ma part? Ou bien est-ce que je prends mes distances de manières inconscientes ?

      1. C’était plutôt 60, mais ça me fait penser ( et peut être à d’autres ) que je n’ai pas cotisé depuis mon dernier passage en CHU .

        A vos cartes bleues ( ou or ) !

          1. @ 2Casa

            Les lacaniens sont précisément connus pour ajuster leurs prix de consultation sur la situation sociale personnelle de leur patient-e et selon la nécessité idoine de la thérapie en cours ce qui donne toutes sortes de variations possibles selon les cas. En tous les cas, c’est ce que l’on m’avait dit…est-ce toujours le cas, je ne sais ? …

            1. Salut Hervé,

              Pour tout dire, moi non plus…

              Le dernier, je ne sais s’il était lacanien, sûrement, et freudien aussi, c’était cinq euros et une bière belge.

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    1. Le drame dans les relations humaines c’est de croire qu’on a besoin de l’autre pour être heureux, pour vivre. Dès lors, on projete sur l’autre idéalisé des attentes qui ne colleront jamais avec la réalité. Et le temps faisant son oeuvre, la distorsion deviendra de plus en plus insupportable, jusqu’à l’excès.

      « En définitive, la plus part des gens se marient et sont en quête d’autres relations sociales parce qu’ils ne savent pas vivre seuls. Non qu’il faille obligatoirement vivre seul; mais si vous vous mariez parce que vous voulez être aimés, ou si vous vous ennuyez, et que votre travail est pour vous un moyen de vous oublier, vous vous apercevrez alors que toute votre vie n’est qu’une quête de distractions sans fin. Très peu réussissent à transcender cette formidable peur de la solitude; pourtant il le faut car le véritable trésor se trouve au-delà. Il y a une immense différence entre le sentiment de solitude et la solitude en tant que fait. Certains des plus jeunes élèves ignorent peut-être encore le sentiment de solitude, mais les personnes plus âgées le connaissent, ce sentiment d’être complètement coupé de tout, ou d’avoir peur, soudain, sans cause apparente. L’esprit connaît cette peur lorsque, l’espace d’un instant, il se rend compte qu’il ne peut compter sur rien, qu’aucune distraction ne peut lui ôter cette sensation de vide qui vous enferme en vous-mêmes. C’est cela le sentiment de solitude.

      Mais la solitude assumée est tout autre chose : C’est un état de liberté qui naît lorsqu’on le comprend. Dans cette état de solitude assumée vous ne comptez plus sur personne au plan psychologique, vous n’êtes plus en quête de plaisir, de réconfort, de gratification. C’est seulement alors que l’esprit est complètement seul, et nul autre que cet esprit-là n’est créatif. »
      Krishnamurti

      Quand j’ai compris cela, mais vie a changé.

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      1. Bonjour,

        l’homme est un animal social, certes nous vivons une époque ou l’individualisme est mis en valeur, un consumériste imaginant voler en slip rouge et avec une cape, cette mythologie ne fait pas partie de nos racines,

        et qui vous fait rendre unique, vous êtes la seule personne unique sur cette planète, vous vous imaginez être un Dieu finalement avec des pouvoirs que les autres n’ont pas, mais qui en réalité vous apporte des troubles mentaux, car l’homme est un animal social, il fait partie d’un collectif, d’un peuple, d’une culture, avec des racines.

        Cordialement,
        personne

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        1. Bonjour personne

          Oui, nous faisons partie d’un tout qui va bien au delà de la société et de la culture. Animal, nous faisons partie du vivant et de ce que nous appelons la nature. Mais quelle est notre place dans tout ça ? Comme disait le poète : moi, si j’y tenais mal mon rôle, c’était de n’y comprendre rien.
          Pour l’heure, j’y ai trouvé une place qui m épargne la colère et une certaine part de la souffrance, sans m’empêcher d’aimer. Mais d’aimer sans la souffrance liée à l’attachement.
          Je vous souhaite d’aimer sans souffrance.
          Au plaisir

  2. J’ajoute (peut-etre un oubli lie à la similitude) que statistiquement, ce sont les femmes qui sont victimes
    des violences conjugales dans l’immense majorité des cas.

    ***** Une suite imaginaire a ce drame: ******

    Voici une version carrement complotiste ou parano (au moins c’est clair!):

    On va se rappeler de ce temoignage et imaginer des ambiguitespendant des années.

    Comme le fait concret que les personnes connaitrons reelement, c’est cet enregistrement, cette violence de cette femme, c’est cela dont se souviendront le plus les gens. Et toutes sorte de doutes, d’indulgences se meleront au crime.

    De plus cela permettra d’occulter l’énorme majorité des cas qui sont statistiquement sans ambiguité du tout sur la différence statistique homme/femme.

    Ou alors, pendant un certain temps, il sera suspecté et on finira par trouvé une autre personne et qu’il a fuit non pour un crime mais par peur de ne pouvoir se défendre. Et, finalement, on ne se rappelera que de cette femme violente pourtant tué. Bien sur, internet aura tord, ces defenseurs des femmes deviendront caricaturales, etc…
    (Je n’ai rien suivi de l’histoire a part entendu ce que vous avez rappelé, sauf les moyens techniques).

    Bref, on sera tombé sur un cas pas du tout représentatif mais qui aura attiré toute l’attention et finira par imposé
    partiellement une vision completement faussé des violences conjuguales. J’y pense en fait pour ce qui suit (3eme partie) surtout que cela date de tres longtemps, de 95-96

    *****************
    Excusez-moi d’être aussi cru, je sais que ce que je vais dire est vraiment insensible envers vous. Vous avez bien plus de compassion de ma part que ce que je vais dire.

    Ca tombe bien que cette situation dramatique tombe sur vous (encore desole de dire cela) car vous êtes capable de
    distinguer votre cas personnel de la réalité statistique, sociologique, de ne pas mettre dans le même sac votre
    histoire personnelle et le phénomène globale des violences conjuguales.

    2 trucs inversé qui me sont arrivés. C’est moi qui avait les problèmes sexuelles que décrivent les femmes: trop de violence a peu près « symbolique », et de devenir un peu trop une sorte de papa (insupportable).

    ******************
    Outreau, cette procedure faite d’aberration a peine concevable, c’est a dire qu’on imagine mal autant de personnel judiciaire se tromper, c’est vraiment tres etrange, même ca semble irréalisable. On se doute bien que ces personnes judiciaires sont de bonne voloné, elles n’ont pas d’implication personnel.
    Resultat pour la lutte contre la pedophilie: chute des comdamnations statistiquement enorme (les juges ont peur), discredit des victimes enorme. Alors que je me rapelle de discussions déjà en 1995 ou 1996 avec des copines et on parlait d’une femme sur 6 (je ne sait plus d’où nous venais ce chiffre).
    (Au niveau judiciaire, les enfants ont été victimes de pedophilie mais les dédomagements des adultes sont incomparable grands comparés a ceux des enfants: Pourquoi?)

  3. Paul, votre témoignage, courageux et poignant, montre que l’amour est parfois – souvent ? – plus fort que la lucidité. Et que sans l’intervention d’une personne extérieure, neutre, on ne peut voir le problème. Vous avez eu de la chance que votre médecin ait agi. Il est effectivement probable que la situation de Gabby Petito et Brian Laundrie soit du même ordre.

    Avez-vous, ce temps étant passé, et avec vos connaissances de l’homme et de la psychanalyse, compris comment vous avez pu vous trouver dans une telle situation ?

    Concernant l’hypothèse de la fuite vers le Canada, c’est risqué. Il est connu, faire de l’autostop dans ces conditions… Un téléphone prépayé, un nouveau porte-monnaie, cela se rachète. Il peut très bien logé dans un coin paumé et être ravitaillé par des amis ou des parents. Ses parents sont certainement complices pour moi. D’autres aussi. Vu la réaction de la police locale, qui est effectivement bizarrement atone, il n’y aura peut-être pas un excès de zèle pour fliquer ceux qui potentiellement peuvent l’aider.

    Les américains ont leur « affaire Grégory ». A mon avis, elle n’est pas prêt d’être résolue.

    1. L’amour plus fort que la lucidité ?
      Ou la lucidité ne serait-elle pas plutôt de voir que ce n’est pas de l’amour ?
      On a tendance à croire que s’attacher à quelqu’un.e est de l’amour mais bien souvent, l’attachement cherche simplement à combler une blessure ancienne. C’est cette illusion qui rend aveugle.

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      1. Probablement que l’un aimait, et l’autre non. Celui qui aimait ne voyait pas que l’autre n’aimait pas. Donc oui, la lucidité du premier ne lui permettait pas de voir cet absence d’amour chez l’autre. son amour était plus fort que sa lucidité.

        Lorsque vous indiquez « l’attachement cherche simplement à combler une blessure ancienne », vous décrivez plutôt pour moi la dépendance affective. Ce n’est pas de l’amour. L’amour, comme l’amitié d’ailleurs, c’est partager sans rechercher de contrepartie. Pour que cela fonctionne, il faut bien sûr que les deux soient sur le même schéma.

        On ne peut pas être dans un schéma de possession (le vocabulaire ne nous aide pas, puisque l’on parle de SA femme, de SON mari ou de SES enfants), mais dans un schéma d’inclusion à une communauté où chaque membre à le droit à sa liberté d’évoluer selon ses propres projets. Ce qui signifie d’accepter l’autre comme il est, et non comme on souhaiterait qu’il soit. Bien sûr, pour qu’une communauté fonctionne, chaque membre se doit de suivre les règles de base, notamment le respect des autres membres comme de soi-même, ce qui implique des contraintes.

  4. Monsieur Jorion,

    Puis-je vous demander si vous avez envisagé cette autre hypothèse développée sur cette page FB.
    https://www.facebook.com/bea.rogo.3/posts/2032224510268636
    Je me permets également de revenir sur ce que vous dites dans votre deuxième vidéo : « Des gens les ont vus dans la rue, essentiellement elle, donner des coups ».
    Le témoignage de la personne qui appelle le 911 est très clair : « he slaps her »
    https://edition.cnn.com/videos/us/2021/09/20/911-call-gabby-petito-brian-laundrie-santiago-tsr-sot-vpx.cnn
    https://www.fox13now.com/news/local-news/why-do-you-have-to-be-so-mean-witness-heard-petito-ask-laundrie-during-incident
    Il est intéressant aussi de signaler que, sauf erreur de ma part, Petito n’a jamais été officiellement diagnostiquée comme souffrant de TOC. De là à dire que Brian lui aurait lui-même fourré ça dans le crâne…

    Votre vision de cette affaire semble fort orientée, sans doute suite à votre expérience malheureuse mais ça ne devrait pas vous empêcher de rester vigilant et impartial.

    1. Oui, effectivement, la suggestion, cela existe. Mais il me paraît impossible de convaincre – alors que c’est faux – une personne de dire de son propre mouvement (pas d’admettre quand on le lui propose comme une hypothèse) qu’elle s’est énervée hors de proportion parce qu’il entrait dans la voiture avec des pieds sales – et qu’elle sait qu’elle a un problème de santé mentale de ce côté-là. 

      J’ai employé dans la discussion l’expression « jeunes proprets à qui on donnerait le bon dieu sans confession », la tentation est grande de prendre cette apparence comme argent comptant, j’en conviens, et d’autant plus grande que Brian Laundrie est plus que probablement l’assassin de la malheureuse Gabby Petito et que cela ne coûte pas cher du coup d’en faire un monstre, mais le psychanalyste sait qu’il ne peut jamais en rester à ce niveau de lecture, et je considère que c’est le grand mérite des policiers d’avoir posé à l’écoute de tout ce que les deux ont pu dire (et que nous connaissons entièrement), le même diagnostic exactement que j’aurais posé moi  : « jeune homme victime de violences conjugales dans le cadre de la maladie mentale de sa compagne ».   

      1. P.S. La preuve est faite qu’il n’est pas inintéressant de s’intéresser à des cas comme celui-là – outre le fait que le psychanalyste n’a bien entendu pas la tentation de rejeter comme futile tout ce qui tomberait dans la catégorie « fait divers », comme serait tenté de le faire la personne « bien élevée ».

        D’abord parce que cela conduit à se poser la question : quelle est la proportion de violences conjugales pour lesquelles la police serait justifiée de la classer au premier abord, comme ce fut le cas ici, comme « incident dû à la maladie mentale » ?

        Ensuite, est-ce que le fait que c’est le plus souvent la mort de la femme qui met fin à la confrontation violente ne s’explique pas essentiellement par une différence dans la force physique, quelle que soit la personne qui a lancé la bagarre ? Cela a été mon expérience d’anthropologue de découvrir qu’au bout d’une enquête, les explications de type psychologique sont souvent balayées par des explications rendant bien mieux compte des faits et qui sont de type « matérialisme vulgaire » (explication « banale » liée au cadre lui-même), comme G. Delbos et moi avons pu le montrer dans La transmission des savoirs (1984), pour la taille des familles (contraintes imposées par le type d’exploitation), ou la composition des équipages (le nombre de producteurs par rapport au nombre de consommateurs). On a vu le même « matérialisme vulgaire » à l’œuvre dans cette enquête sociologique sur la répartition des tâches ménagères où il apparaissait que la distribution dans les tâches entre femmes et hommes s’expliquait parfaitement par une double spécialisation selon la force physique d’une part, et l’adresse d’autre part, sans devoir invoquer des raisons psychologiques ou idéologiques.

      2. Je pense qu’il est possible au contraire de conduire une personne (peut-être déjà fragile psychologiquement) dans des états de stupéfaction et l’amener à questionner sa propre santé mentale. En particulier dans un lieu confiné, où ils ne voyaient personne d’autre et ce, depuis plusieurs mois.
        Les méthodes sont connues: emprise, gaslighting, menaces, manipulation,…
        Sans pour autant tirer des conclusions hâtives, pouvons-nous raisonnablement estimer que tout ce qui est énoncé dans la vidéo ci-dessous serait faux ? (les 50 premières secondes peuvent être passées).
        https://www.youtube.com/watch?v=1i7j_vBW_r4&ab_channel=RebeccaZung

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