170 réflexions sur « Le nucléaire, c’est propre. Ça ne produit pas de gaz de serre ! »

    1. Bonjour Juannessy

      Une première réponse avec une étude gouvernementale qui date de mars 2019 déjà mis dans la file de commentaires.

      https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/cge/stockage_electricite.pdf

      avec 3 scénarios:

      On enlève donc totalement la production d’énergie fossile, on augmente la production d’éolien et du solaire, tout en maintenant constant le rapport des puissances installées éolien / solaire, qui sont respectivement de 1,67 (2015), 1,723 (2016) et 1,770 (2017), calculés à partir des données RTE concernant les puissances installées (voir les données à la fin de l’annexe).

      On étudie trois scénarios, en fonction de la part du nucléaire dans le mix électrique :
      – Nucléaire à 72%, nuc72% (i.e. on garde l’intégralité du nucléaire) ;
      – Nucléaire à 50%, nuc50% (nucléaire réduit) ;
      – Nucléaire à 0%, nuc0% (on enlève totalement le nucléaire).

      Les taux d’effacement de consommation étudiés sont de 10% , 5% , 3%, 2% et 1% ce qui modifie les besoins en stockage.
      1% représentant 3 à 4 jours de coupure.

      En parallèle il est calculé l’effacement de production en fonction de l’effacement de consommation dans les 3 cas scénarios.

      Conclusions
      L’analyse prend en compte l’effacement consommation à 1%, cela représente néanmoins plus de 3 jours et demi de coupure d’électricité par an.
      Par la suite, on prend en compte les valeurs moyennes sur les trois années des résultats de la simulation : coût total, puissance installée, capacité de stockage et effacement production.

      NUC0%
      – le coût total se situe autour de 700 Md€, ce qui représente environ 30% du PIB de la France ;
      – la puissance installée est d’environ 500 GW, soit environ 320 GW éolien et 180 GW solaire, soit une augmentation d’un facteur 23 par rapport à la capacité actuelle ; avec les limites supérieures du flux moyen d’énergie solaire de 25 W/m2
      , cela demande une surface d’au moins 7 200 km2 et du flux moyen d’énergie éolienne de 2-3 W/m2, il faut prévoir un surface de 130 000 km2, (soit 23% de la surface de la France !) ;
      – une valeur faible de l’effacement consommation conduit à une forte valeur de l’effacement production (55%) ;
      – la capacité de stockage est relativement élève (2 TWh), il se pose alors la question de sa faisabilité technique ;

      En conclusion, une telle solution énergétique est irréaliste.

      NUC50%
      – le coût total diminue de plus d’un facteur 2 par rapport au scénario précédent (nuc0%) ;
      – la puissance installée (éolien et solaire) diminue de moitié ;
      – la capacité de stockage diminuée d’un facteur 2,5 ;
      Mais :
      – les 150 GW d’éolien nécessitent 60 000 km2
      (10% de la surface de la France) ;
      – fortes valeurs d’effacement production (60%).
      Le déploiement de l’éolien sur une telle surface semble peu probable.

      NUC 72% (actuel)
      – le coût total diminue d’un facteur 2,5 par rapport au scénario précédent (nuc50%) ;
      – la puissance installée (éolien et solaire) diminué d’un facteur 2,4 ;
      – la capacité de stockage diminuée d’un facteur 2,8.
      Mais :
      – 60 GW d’éolien nécessitent 25 000 km2 (4,5% de la surface de la France) ;
      – fortes valeurs d’effacement production (70%)

      Il reste à vérifier le déploiement de l’éolien est réaliste et si un tel financement reste possible, le coût total étant de 120 Md€, soit plus de 5% du PIB de la France.

      1. Je connaissais un peu en diagonale , ainsi que quelques papiers du même tonneau de l’ADEME .

        Mais là , c’est du plus que frais et mis en hypothèses par des gens qui savent ce que mesurer veut dire .

        J’attends de voir les 6 scenarii .

        PS : si on flèche les 150 milliards de sur épargne des français en ces temps de Covid vers l’investissement énergies renouvelables , rien d’inatteignable , sous réserve d’acceptabilité par les populations concernées . Je crois plutôt que le principal juge de paix sera le prix du KWh vendu , ce qui est le résultat d’un mix intelligent et de quelques discussions sur le découplage entre prix des énergies toutes sources confondues , le tout sur un horizon temporel supportable .

      2. Concernant le pilotage de l’adéquation offre/demande dans un fonctionnement avec de l’énergie renouvelable non lissée et non pilotable

        2 techniques en cours de développement:

        – l’effacement de production
        https://lenergeek.com/2021/09/16/landes-enedis-reflex-effacement-photovoltaiques-surproduction/
        Pourquoi la surproduction photovoltaïque ou éolienne peut être dangereuse pour le réseau électrique

        – l’effacement de production
        https://lenergeek.com/2020/03/05/france-effacement-consommation-particuliers/
        En cas de pic de consommation, Voltalis peut baisser le chauffage chez les particuliers volontaires, en quelques secondes

        1
  1. Je pense que les pratiques de ces dix dernières années de RTE en relation avec le réseau interconnecté européen seront , du point de vue du lissage entre les sources électriques issues de ressources différentes , plus fondées et opérationnelles que les nôtres ou celles d’articles partisans ou incomplets .

    On peut noter que sur cette période , la France qui est exportatrice nette d’électricité avec l’Espagne , l’UK , …la Suisse , est importatrice nette vis à vis de ….l’Allemagne . L’explication généralement avancée est que la France n’a pas investi en production ces 10 dernières années ( dans le nucléaire en particulier avec la pénalisation supplémentaire que plusieurs réacteurs ont été mis en sommeil pour maintenance ou arrêt ) et que RTE a sauté sur la surproduction ponctuelle de l’Allemagne en énergie éolienne , pour se soulager sur ces épisodes .

    1. Non seulement n’a pas investi mais s’est offert le luxe de fermer Fessenheim, quarante ans peut-être mais classée à l’époque troisième pour la sûreté par l’ASN et que rien ne dit qu’elle ne pouvait pas encore fournir du jus -en partie exporté en Allemagne voisine- pendant dix, vingt -comme pour soixante des quatre-vingt réacteurs en service aux Etats-Unis- voire quarante ans. Un peu comme si j’envoyais ma bagnole sans reproche au contrôle technique à la ferraille. Mais l’attrait des voix écolos a été plus fort. Promesse de Hollande tenue par son bébé Macron.

  2. Il paraît qu’on est sur les rangs pour leur vendre un ou deux EPR (sur une zone sismique) mais d’ici que ça se fasse rien de tel que le bon vieux charbon. Sauf que ça ne suffit quand même pas. Faut qu’elle tourne, la machine.
    Notre « 2e usine » est à cours de jus.
    CHENNAI, 16 octobre (Reuters) – La demande d’électricité en Inde a augmenté de 4,9% au cours de la première moitié du mois d’octobre, l’offre étant inférieure de 1,4% à la demande malgré une hausse de 3,2% de la production d’électricité à partir du charbon et une augmentation de 30% de la production solaire, selon une analyse de Reuters des données gouvernementales.
    L’augmentation de l’activité économique après la deuxième vague du coronavirus a fait grimper la demande d’électricité, entraînant un déficit de l’offre en raison d’une pénurie de charbon qui a obligé les États du nord du pays à couper le courant ce mois-ci jusqu’à 14 heures par jour.
    L’augmentation rapide de la demande d’électricité et les prix élevés du charbon à l’échelle mondiale ont poussé les compagnies d’électricité à se ruer sur le charbon – la principale source de production d’électricité en Inde – en dépit de l’offre record de l’entreprise publique Coal India, qui détient le quasi-monopole de la production de charbon.
    La part du charbon dans la production d’électricité en Inde a bondi à près de 70 % au cours des quinze premiers jours d’octobre, contre une moyenne de 66,5 % pendant tout le mois de septembre, selon une analyse des données de l’organisme fédéral de régulation du réseau POSOCO.
    Selon les données du ministère fédéral de l’énergie, près des trois cinquièmes des centrales au charbon indiennes ont actuellement des stocks de charbon qui dureraient trois jours ou moins.
    Le stock moyen de charbon détenu par les centrales électriques durerait quatre jours, soit deux tiers de moins que la moyenne de 12 jours enregistrée il y a deux mois.
    Début septembre, le ministre de l’énergie de cette nation avide d’énergie avait demandé aux responsables d’envisager de réaffecter le charbon aux centrales électriques dont les stocks sont extrêmement épuisés et de réduire les objectifs d’inventaire de 14 jours à 10 jours, afin de permettre au charbon d’être acheminé vers les zones où la pénurie est la plus grande.
    Une réaffectation de l’approvisionnement en charbon au cours des deux derniers mois a entraîné une augmentation du nombre de centrales électriques disposant de 1 à 3 jours de combustible, tandis que le nombre de centrales électriques disposant de plus d’une semaine de stock a diminué, selon les données du ministère de l’énergie.
    Pourtant, le nombre de centrales électriques n’ayant plus de charbon est passé de 1 le 12 août à 18 le 12 octobre.
    Traduction par Deepl de l’article de Reuters : https://www.reuters.com/…/indias-electricity-demand…/

  3. Mesdames et messieurs ‘les politiques de couleurs vertes’, ou ceux qui semblent vouloir teindre leurs discours d’une nuance de vert, ayez l’honnêteté de décrire le scénario du futur, lequel sera immanquablement une baisse généralisée du niveau de vie, – sauf pour quelques-uns, car l’on ne peut imaginer, par exemple, le remplacement du parc actuel de véhicules thermiques par des véhicules électriques beaucoup plus coûteux et surtout l’obligation de les alimenter en énergie électrique.
    Le parc actuel de générateurs électriques exploitant les énergies renouvelables, et même le parc futur n’y suffira pas, tout comme il ne suffira pas à assumer le chauffage des habitations et la fourniture d’énergie stable à l’industrie ; il faudra donc contraindre la majorité de la population à une décroissance forte de son niveau de vie: bonne chance les gars !
    A titre d’illustration, comparons deux pays avec le même nombre d’habitants, la Belgique et Cuba, tout deux ont une population de 11 millions d’habitants, la Belgique rejette 70.592 tonnes de CO2 tandis que Cuba rejette 23.616 tonnes de CO2, soit 3 fois moins…, j’imagine mal la population belge accepter de vivre avec le niveau de vie des cubains (sans le soleil) 🙂

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