Pour comprendre l’attitude des dirigeants chinois

Dans Moïse ou la Chine. Quand ne se déploie pas l’idée de Dieu de François Jullien paru ce mois-ci chez L’Observatoire.

Pages 125 et 126 :

Il est dit dans le Livre (ou « Classique ») des Documents (« Shao gao » ± 1.000 av. J-C) que le souverain, « si profondément atteint de la vertu de respect », « prie le Ciel pour un mandat durant toujours ». Or on voit là que c’est de l’exercice même de la vertu de respect attentif, dans le gestion du monde que procède la « prière » du souverain pour un mandat que le Ciel ne pourra toujours que continuer de lui accorder tant qu’il n’aura pas démérité. Un commentateur lui-même le souligne : « […] La prière dont il est ici question est la mise en œuvre continue de la vertu, c’est-à-dire qu’elle est prière sans prier ». Prière sans prier, se réalisant dans la vie même, c’est-à-dire dans sa rectitude, et dispensant de la parole.

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7 réflexions sur « Pour comprendre l’attitude des dirigeants chinois »

  1. Des sortes d’apôtres d’une symbiose, d’une harmonie que leur position permet de toucher, qu’ils doivent représenter au plus près de leur âme et de leur être. Ils ne sont pas philosophe ni des messies d’un ordre supérieur, mais des mi-sages, mi-guides d’une vérité éphémère que leur époque porte en elle et qu’ils traduisent dans des actes.

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    1. Je vois un Socrate dans le trait 2 de l’hexagramme 2 : « Rectitude dans les quatre directions, Grandeur sans entraînement, Rien qui ne soit profitable » et un Bouddha au trait 5 : « Robe jaune, Fondamentalement ouvert »… en miroir, l’hexagramme 1 nous donne respectivement : « Dragon visible dans le champ, Profitable d’aller voir quelqu’un d’envergure » et « Dragon volant dans le ciel, Profitable d’aller voir quelqu’un d’envergure »… Il n’est donc pas faux d’y voir l’image d’un couple d’oiseaux, perchés sur une branche, l’un regardant en bas et l’autre en haut… la vivacité qui renvoie à la jeunesse? Et soit dit en passant, « l’oiseau » (ou le dragon) qui renvoie universellement à « la libido »?

      1. Ancêtre de l’automate cellulaire, sorte de boulier de la vie, la fascination pour les nombres, binaire pour le coup qui règne en maître absolu dans notre société numérique.

          1. Leibniz dit : « Au commencement était le néant (le 0) ; au premier jour seul existait Dieu ; après 7 jours (en notation binaire, le 7 s’écrit 111), tout existait, puisqu’il n’y avait plus de 0 »

            On pourrait dire qu’il n’y a là qu’une primitive partielle : s’il y en avait une en haut et une en bas, on pourrait étudier la fonction.

            Et je pense qu’elle nous dirait que le néant n’existe pas : «  au premier jour seul existait Dieu » = hexagramme 1 (la libido) ; «  après 7 jours tout existait » = hexagramme 2 (la matière).

            1. J’avais pas fait la connexion sur le coup, mais c’est vrai que les hexagrammes 1 et 2 sont les seuls qui possède un 7ème trait, respectivement: « apparition d’un vol de dragons, pas un n’est en tête ouverture » et « profitable de durablement tenir bon ». Si chaque trait fait voir « d’un nouveau jour », le coup des 7 jours de Leibniz est bien vu! (ps: il nous faut bien un socrate et un bouddha en préparation du 15ème jour!)

            2. trait 1 hexa 1 : « dragon tapi dans l’onde, ne pas agir »; trait 1 hexa 2 : « marche sur du givre, la glace solide arrive »; trait 1 hexa 3 : « pierre dressée, profitable d’être tenace comme qui demeure, profitable d’instituer des vassaux »

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