Un dimanche ordinaire, par Laurent Jetzer

Journée ensoleillée propice aux promenades : partout sur les petites routes de la Drôme, des cyclistes aux tenues impeccables, des motards aux tenues rutilantes, les affairements d’un repas familial en ce dimanche de Pâques après les recherches enfantines des chocolats exotiques… rien ne change.

Il est loin le temps des regroupements « citoyens » (sic) d’il y a 20 ans où dans notre petite ville frondeuse tout un chacun prenait la parole pour dénoncer les raisons de la montée du FN, les questionnements infinis sur la façon de voter au 2e tour (avec ou sans gants !). Nous pensions que la gauche de l’époque aurait pris conscience de ses reniements et qu’elle aurait infléchi vers moins de néolibéralisme.

De même lors du vote non à Maastricht, qui pour moi était un non à une Europe uniquement économique et d’un seul type d’économie et pas du tout culturelle, très loin de cette Europe de Brest à l’Oural, nous pensions qu’un infléchissement était possible.

Jamais 2 sans 3 : je m’étais déjà trompé après les attentats de 2001, pensant que les Etats-Unis auraient fait leur mea culpa et non une guerre au terrorisme. Je ne dirais pas que j’espérais beaucoup de Hollande, mais après la bêtise de la période Sarko on ne pouvait pas (immédiatement) descendre plus bas. Alors quand j’ai entendu la première fois le nom de Macron j’ai cru à un gag, une erreur de transcription, Micron oui, mais pas Macron (un reste de grec ancien du lycée).

En tout cas, je n’étais pas hypnotisé comme certains amis de gauche par cet homme qui allait « révolutionner » la société car » il connait si bien le monde de la finance qu’il saura quoi faire »… en effet.

Alors, nous voilà maintenant avec l’Irak et l’Afghanistan, la Syrie, trois magnifiques pays, terres fertiles de notre modernité depuis le néolithique qui s’abiment comme des fruits trop mûrs, une Europe amputée du Royaume-Uni, des nationalismes paradeurs pour contrer le globalisme capitaliste et des peuples qui souffrent de plus en plus et de plus en plus près de nous, un réchauffement climatique incontrôlé. 

Sans oublier le Liban, la Libye et… l’Ukraine, désormais là où la guerre passe vu notre puissance de destruction, toute reconstruction de nos sociétés de plus en plus complexes semblent vaines. Nous aurons peut-être bientôt les Balkans qui vont se rappeler à la mémoire des Européens occido-centrés. Faudra-t-il que nous vivions l’enfer d’une guerre civile, des températures de 45°c brûlant toute végétation, n’aurons-nous comme choix que de subir ou de prier ?

Profitons de ce beau dimanche ensoleillé même si une guerre nucléaire est toujours possible dans les prochains jours et puis il semble bien que dimanche prochain la météo sera mauvaise… à l’orage mais je peux encore me tromper.

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23 réflexions sur « Un dimanche ordinaire, par Laurent Jetzer »

  1. Dieu, quel imbécile ! Tout ça pour en arriver là ! La création qui s’auto-détruit ! Fallait y penser quand même, c’est d’un finaud… Une finauderie existentielle qu’on dirait, tout pour faire la vie et puis carrément plus ! Chapeau l’artiste, nous crèverons en saluant ton Glorieux Nom. Fussent-ils d’ailleurs sept, voire soixante-douze.
    Non mais ! Dieu, quel imbécile…
    Il y en a encore pour se rappeler qu’on serait sortis d’Egypte, tels que vous nous voyez. Sortis d’Egypte la fleur au dents qu’on serait ! Et aujourd’hui encore, qu’on serait ! Non, mais tu t’es vu ?
    Ta fleur elle est bien gâtée, crois-mois, toute pourrite déjà.
    Et bien la peine alors d’aller créer un Etat qui pleure sur nos morts, bien la peine pour en arriver là.
    Y’a plus rien, plus rien je te dis.
    Bonne Pâques quand même !

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  2. Et oui, quand on fait tout de travers, c’est comme les impôts on finit toujours par payer la note, dixit Michel Audiard.
    Et là, on peut dire que l’on a mis le paquet depuis une bonne trentaine d’années, sur tous les plans , politique intérieure française, politique étrangère mondiale, climat etc .
    Tout de travers en France depuis les présidences Sarko, Hollande et Macron, l’extrême droite progressant à chaque élection sans pour autant remédier aux causes pourtant archi connues de cette montée, Marine Le Pen n’est qu’un des produits du macronisme et on demande aujourd’hui de voter pour celui qui l’a fait monter, ubuesque !
    Tout de travers aussi avec toutes les guerres d’intervention de type néocolonial comme le souligne l’auteur de l’article, Irak, Afghanistan, Libye etc qui ont donné du grain à moudre, des armes et de l’or à des groupes comme Daech, guerres menées sous la direction de Washington juste après la guerre du Kosovo et la chute du mur de Berlin au début des années 90.
    Tout de travers également cette sortie du rideau de fer où l’occident a soutenu le pantin Eltsine qui a fait sombrer économiquement la Russie et qui a trouvé ensuite un certain Poutine comme sauveur, Poutine un ancien du KGB !
    Tout de travers sur l’Ukraine depuis 2018 et le début de la guerre civile dans le Donbass, une incapacité incroyable à faire respecter les accords de Minsk dont ni Washington ni Kiev en définitive ne voulaient ce qui, de mon point de vue, a décidé Poutine à entreprendre cette folie meurtrière.
    En définitive cette guerre d’Ukraine aujourd’hui était tout sauf imprévisible et même d’anciens très hauts responsables américains avaient vu juste, tous les ingrédients y étaient .
    Et pour le réchauffement climatique, inutile de chercher une solution en restant dans le système actuel, c’est mission impossible !
    Joyeuses Pâques, quand même.

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    1. @l’arsène Pour l’évolution climatique il vaudrait mieux chercher à s’y adapter, de toutes manières les éventuels bénéfices de la lutte contre le réchauffement climatique ne dépendent pas essentiellement de notre attitude mais de l’action globale au niveau mondial !
      Quand à l’Ukraine, il ne faudrait pas être surpris que de hauts responsables américains l’aient anticipée et y voit un moyen comme un autre, certes maintenant un peu cahotique de renverser Poutine et de tenter d’assujettir un pays concurent au niveau géopolitique.

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    2. Je ne vois pas en quoi le fait de laisser passer Le Pen, son référendum sur la préférence nationale, l’interdiction du voile, sa police avec présomption de culpabilité pour l’éborgné, va régler les problèmes dont vous parlez. De plus, qui va payer la note dont vous parlez en préambule ? Et bien c’est nous, les citoyens lambdas. Sûrement pas Macron !

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      1. @Jojo
        Bien sûr que Le Pen ne peut pas être la solution, elle n’est qu’un sous-produit du néolibéralisme représenté par les Macron and co, elle ne fait qu’exploiter la misère et les déclassés comme Trump en 2016.
        Et pour paraphraser Bossuet, il est pathétique de voir certains déplorer les effets dont ils chérissent les causes, ils sont partout sur toutes les chaines !

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  3. J’aurais encore mis l’effondrement de la biosphère et l’épuisement des ressources sur ce tableau réaliste et non pessimiste comme encore beaucoup l’imaginent car pas encore réveiller d’une croissance illimitée dans un monde limité.

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      1. C’était juste mon ressenti pendant une balade de 20 km à vélo entre une nature « primesautière » comme un madrigal du 16e, ce que je voyais des autres humains et moi.
        Enfin, pour moi dans la tristesse réside la beauté, en musique baroque cette fois.
        Quant à Melancolia, il semble que ce soit le fou qui est lucide et qui apporte son énergie aux autres quand les autres n’en ont plus et deviennent fou.

  4. Ci dessous extrait d’une conversation FB assez représentative de ce que je rencontre en ce moment :

    « Je vous entends. J’entends aussi les gilets jaunes prisonniers politiques et interdits de vote, j’entends les professionnels de santé suspendus, j’entends les chômeurs radiés, et puis j’entends les trompettes de la peur au JT… Les confinements foireux, les pass, les obligations vaccinales… c’est de la maltraitance voulue par les cabinets Américains liés aux labos, payés avec notre pognon…
    C’est plus moi qu’il faut convaincre, c’était les macronistes avant le premier tour. Ou étiez-vous ? Ou étiez-vous ? Ou étiez-vous ???? Pas sur les ronds-points, pas sur les manifs qu’on s’est tapé tous les samedis avec les potes qui en arrivent aujourd’hui au même choix que moi
    A venir à moi à l’époque, me dire quoi penser des agissements de Macron, vous en avez oublié de réveiller ceux qui étaient endormis par les médias collabos…
    Laissez-moi tranquille maintenant. Je hais ce mec bien plus que l’autre folle. Et puis si elle est élue, alors peut être que les gens bougeront leurs culs biens assis pour aller manifester ailleurs que dans leur salon!? Peut-être qu’on sera assez nombreux pour leur montrer qu’on est pas d’accord !? Et peut-être qu’on reprendra la Bastille.
    C’est plus moi qu’il faut convaincre, vous vous réveillez trop tard. Entre la haine et la peur, la haine m’a envahi.
    Et qu’on ne s’y trompe pas, je continue mon combat contre les deux ! Pour moi ce sera pareil, je défendrais toujours mes valeurs. Je souhaite juste changer d’adversaire pour quoi soit plus nombreux. »

    Des tas de gens « pensent » ainsi, et discuter avec n’avance pas à grand chose.

    Alors oui, profitons de ces rayons de soleil, le muguet est en avance, la huppe est arrivée, mais pour la première fois depuis 30 ans, les hirondelles manquent à l’appel…

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    1. @ Thomas Jeanson

      Rassurez-vous M.Macron a tout prévu. Il va inventer la  » fête de la nature  » qui sera le 4° samedi du mois de mai s’il est réélu.

      1. Et les 364 autres jours, ça sera réellement sa fête, à la nature : on diminue les cotisations annuelles des chasseurs pour aller tuer les oiseaux protégés ; on promet d’arrêter le glyphosate pour finalement le renouveler ad-vitam ; on remet les néonicotinoïdes tueurs d’abeilles ; on ne prend que 20 mesures sur 150 proposées par la convention citoyenne ; on permet des dérogations préfectorales sans passer par la commission environnement pour accélérer des travaux ou des constructions qui pourraient être gênées par des espèces rares végétales ou animales ; etc, etc…

        Cinq ans d’écologie Macron, on connait ! Le coup de la peinture verte, Hulot s’en rappelle encore.

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    2. Breaking news !

      La personne dont j’ai cité le texte va finalement s’abstenir au lieu de voter MLP ( on s’est mis à trois amis qui se connaissent pour le plaquer au sol avec des arguments massues ) on lâche rien.

      Toujours pas d’hirondelle…

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    3. @Thomas Jeanson.
      Comme je vois autour de moi que nombreux sont ceux qui étaient de gauche et qui hésitent désormais carrément entre Le Pen et l’abstention. Je comprends, mais un peu tard, pourquoi Jorion n’a eu de cesse de lutter contre le Poutinisme et les théories complotistes-covid-19. Parce que le complotisme et la bouillabaisse en matière de politique étrangère : ça mène à Le Pen.
      Je ne remercie pas ici certains blogueurs et intellectuels de gauche qui semblent tout à fait excités à l’idée de la possible élection de Le Pen et qui prennent sans doute ça comme une super situation à analyser. Et, quand aux youtubeurs et autres économistes qui s’excitent avec leur souverainisme à deux balles depuis des années, ils commencent enfin à assumer leurs idées et à appeler ouvertement à voter Le Pen. Au moins, c’est plus clair. (Je ne citerai aucuns noms).

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  5. Bien dressés

    Pourquoi ruer?
    La barre ne paraît jamais vraiment infranchissable,
    Une litière fraîche et des gratouilles,
    Des friandises de temps en temps,
    Et pourtant…
    Lassitude d’avoir à fournir encore une impulsion
    Devant un obstacle qui grandit encore un peu plus,
    Après qu’on l’ait une fois de plus franchi,
    Et qui fait douter de l’utilité du saut lui-même,
    Douter même du parcours tout entier.
    Ces obstacles savamment disposés,
    Qu’on franchit vaille que vaille, sous la cravache,
    Deux pointes douloureuses aux flancs et à l’âme.
    Hop! Pour la République, Encore!
    Hop! Pour la démocratie, Bravo!
    Quelle brave bête!
    Et quel merveilleux cavalier!
    On a raison de dire de l’homme,
    Que sa plus belle conquête est sa monture.
    Voyez la belle obéissance de la bête à son maître,
    Et qui ne choisit jamais de sauter la clôture du parcours,
    Alors qu’elle est si basse,
    Et que si hauts sont les obstacles.
    Mais les animaux ne sont pas Animalistes,
    Alors pourquoi les humains seraient- ils Humanistes?

    Peut-être parce qu’ils sont bêtes?
    Eric.

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